Réalisé par l’inégal Philip Noyce qui tourna jadis l’excellent « CALME BLANC », « THE DESPERATE HOUR » est un modèle de film à minuscule budget qui s’appuie sur un high concept tiré par les cheveux pour arriver, tant bien que mal, à une durée de 84 minutes.
Pour le fan inconditionnel de Naomi Watts, c’est un bonheur total : elle est absolument seule à l’écran pendant toute la durée du métrage, constamment en mouvement, courant dans les bois avec son téléphone portable. Isolée du monde (cette forêt, pourtant pas très loin de chez elle, semble gigantesque !), sans moyen de transport, elle tente d’obtenir des nouvelles de son fils soupçonné d’être un preneur d’otages meurtrier dans l’enceinte de son lycée. L’ado perturbé est-il coupable comme le pense la police ? Naomi se met à douter, Naomi se fait une entorse, Naomi craque, mais elle n’arrête pas de courir. À 53 ans, quelque peu lissée numériquement, elle tient une belle forme physique et occupe tout l’espace, ses « partenaires » n’étant que des voix parmi lesquelles Michelle Johnston et Jason Clarke. Seuls ses deux enfants apparaissent brièvement ainsi que son défunt époux en flash-back. Le suspense étant tout de même très monotone, on se fatigue assez vite de ce scénario trop prévisible (généralement dans un film, quand tout accuse quelqu’un c’est… qu’il est innocent) et dépourvu de vrais rebondissements ou de climax pour relancer l’intérêt. Reste donc Miss Watts « seule en scène » comme le furent avant elle Tom Hardy dans « LOCKE » ou Jake Gyllenhaal dans « THE GUILTY ». Elle a du métier, un don de sympathie et fait le show à elle seule, jusqu’à cette conclusion banale et décevante. À voir par désœuvrement sans rien en attendre, comme une balade en forêt pas très palpitante.