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Archives de Catégorie: LES FILMS DE NAOMI WATTS

« THE DESPERATE HOUR » (2021)

Réalisé par l’inégal Philip Noyce qui tourna jadis l’excellent « CALME BLANC », « THE DESPERATE HOUR » est un modèle de film à minuscule budget qui s’appuie sur un high concept tiré par les cheveux pour arriver, tant bien que mal, à une durée de 84 minutes.

Pour le fan inconditionnel de Naomi Watts, c’est un bonheur total : elle est absolument seule à l’écran pendant toute la durée du métrage, constamment en mouvement, courant dans les bois avec son téléphone portable. Isolée du monde (cette forêt, pourtant pas très loin de chez elle, semble gigantesque !), sans moyen de transport, elle tente d’obtenir des nouvelles de son fils soupçonné d’être un preneur d’otages meurtrier dans l’enceinte de son lycée. L’ado perturbé est-il coupable comme le pense la police ? Naomi se met à douter, Naomi se fait une entorse, Naomi craque, mais elle n’arrête pas de courir. À 53 ans, quelque peu lissée numériquement, elle tient une belle forme physique et occupe tout l’espace, ses « partenaires » n’étant que des voix parmi lesquelles Michelle Johnston et Jason Clarke. Seuls ses deux enfants apparaissent brièvement ainsi que son défunt époux en flash-back. Le suspense étant tout de même très monotone, on se fatigue assez vite de ce scénario trop prévisible (généralement dans un film, quand tout accuse quelqu’un c’est… qu’il est innocent) et dépourvu de vrais rebondissements ou de climax pour relancer l’intérêt. Reste donc Miss Watts « seule en scène » comme le furent avant elle Tom Hardy dans « LOCKE » ou Jake Gyllenhaal dans « THE GUILTY ». Elle a du métier, un don de sympathie et fait le show à elle seule, jusqu’à cette conclusion banale et décevante. À voir par désœuvrement sans rien en attendre, comme une balade en forêt pas très palpitante.

NAOMI WATTS
 

« THE IMPOSSIBLE » (2012)

Il est difficile de se faire une opinion bien tranchée sur « THE IMPOSSIBLE » de J.A. Bayona, et encore moins d’exprimer clairement les réserves qu’il suscite après coup.

À travers l’histoire (vraie) d’une famille en vacances, le scénario se concentre autour d’un tsunami qui ravagea la Thaïlande, en optant pour une narration « réaliste », quasi-documentaire, sans rajouter de péripétie hollywoodienne. Tout est misé sur l’émotion brute, la volonté de survivre à tout prix, l’amour pour ses proches, le refus obstiné de mourir ou d’abandonner. Tout cela est édifiant et forcément émouvant, aussi suit-on le film sans ennui et dans un état de stress permanent. Ce n’est qu’après le mot « FIN », qu’on se demande à quoi tout cela a servi ? Prendre autant de peine pour recréer une catastrophe naturelle, pour décrire par le menu la souffrance physique et morale des rescapés, d’accord. Mais dans quel but ? Il n’y a pas vraiment de leçon à tirer de cette reconstitution, la famille en question est sympathique et désespérément « normale » et s’ils s’en sortent, c’est par chance plus qu’autre chose. Seul le fils aîné joué par l’excellent Tom Holland a un parcours intéressant, passant du morveux égoïste au samaritain héroïque. Bien sûr, Naomi Watts joue parfaitement la douleur et l’abnégation, arborant un état de délabrement démoralisant, Ewan McGregor a une ou deux scènes bouleversantes (le coup de fil à ses parents « cueillera » le cœur le plus endurci) et même le court caméo de Géraldine Chaplin fait mouche. À chacun de se faire une opinion, donc, selon son humeur du moment. Dans la colonne des points indiscutables, les CGI sont extraordinaires, le tsunami lui-même est impressionnant, le travail sur la bande-son est d’une formidable minutie et les stars sont totalement impliquées. On reste malgré tout sur la sensation que Clint Eastwood avait déjà traité tout cela en seulement quelques minutes hallucinantes dans son pourtant très moyen « AU-DELÀ ».

NAOMI WATTS ET EWAN McGREGOR
 

« INFINITE STORM » (2022)

Réalisé par Malgorzata Szumowska & Michael Englert, « INFINITE STORM » est une production polonaise tournée en Slovénie, inspirée d’une histoire vraie.

Naomi Watts est une guide de montagne qui vit solitaire, hantée par des cauchemars depuis la mort de ses deux filles, victimes d’une fuite de gaz. Alors qu’elle part en randonnée, malgré une tempête qui fait rage, elle tombe sur un inconnu (Billy Howle) perdu dans la neige, vêtu d’une tenue estivale, à moitié mort de froid. Notre héroïne va s’acharner à le sauver, envers et contre tout, à la recherche d’une rédemption. Le sujet en vaut un autre et les auteurs ont pris le parti de signer un film essentiellement physique, s’appuyant au minimum sur le dialogue et laissant planer le mystère sur le passé de ses deux personnages. Ici, seule compte l’endurance, la volonté de survivre. On pense à des films comme « ALL IS LOST » ou « LE REVENANT » qui consistaient à contempler son protagoniste principal en train de souffrir, de grimacer de douleur, de ramper… C’est, toutes proportions gardées, un peu la même chose ici. Et il faut toute l’énergie d’une Watts de 54 ans, amaigrie et assumant ses rides, pour qu’on tienne le coup pendant la durée de l’épreuve. Son partenaire, à peine identifiable pendant les trois-quarts de l’action, ne lui est pas d’une grande assistance. La longue séquence où notre héroïne est coincée dans un trou dans la neige et s’épuise à en sortir, assaillie par les flash-backs, est ce qu’il y a de plus mémorable dans le film. Car l’ensemble laisse une impression de monotonie, de répétition, sans réelle progression dramatique, un interminable calvaire ponctué par les ahanements et les gémissements et le hurlement du vent déchaîné. Ce n’est pas mauvais en soi, mais cela nécessite – rien que pour aller jusqu’au bout – une certaine ténacité.

NAOMI WATTS
 

« THE WATCHER » (2022)

Conçue par l’auteur/producteur Ryan Murphy d’après des faits réels survenus dans la grande banlieue new-yorkaise, « THE WATCHER » est une mini-série de 7×45 minutes qui se présente d’abord comme une énième histoire de maison hantée façon « AMITYVILLE », mais se développe bien différemment au fil des épisodes.

Bobby Cannavale et Naomi Watts achètent, au-dessus de leurs moyens, la maison de leurs rêves. Ils s’y installent avec leurs deux enfants. Et, presque aussitôt, ils reçoivent des courriers inquiétants, voire menaçants signés « the watcher », se heurtent au voisinage. La paranoïa s’installe, les problèmes de tous ordres également. Ils engagent une « privée » (Noma Dumezveni) pour enquêter sur le passé de la demeure. Le scénario est un whodunit complexe, accumulant les fausses-pistes, les suspects, dans une ambiance de plus en plus instable et délétère ou chacun des protagonistes – même au sein de la famille – pourrait être le « watcher » qui hante les lieux et fait régner la terreur. C’est extrêmement bien écrit, les épisodes sont courts, multiplient les coups de théâtre, s’achèvent en cliffhangers et installent des personnalités fortes, excentriques, fragiles et, pour quelques-unes, monstrueuses. Cannavale est remarquable en brave type qu’on voit se dégrader à vue d’œil et foncer droit vers la folie. Watts a hélas, un rôle plus passif, moins passionnant. Dumezveni est excellente dans son personnage haut-en-couleur et tous les seconds rôles ont quelque chose à défendre : Jennifer Coolidge fabuleuse en agent immobilier des enfers, haïssable à souhait, Mia Farrow est terrifiante en vieille petite fille à couettes vivant avec son frère attardé, Margo Martindale est tout aussi inquiétante en grosse voisine à la fausse bonhomie et Christopher McDonald savoureux en flic démissionnaire. « THE WATCHER » se laisse regarder d’une traite, sans décrocher une seconde et s’achève en « fin ouverte », laissant sur un sacré malaise. À voir sans hésiter !

BOBBY CANNAVALE, NAOMI WATTS, TERRY KINNEY ET MIA FARROW
 

« GOODNIGHT MOMMY » (2022)

« GOODNIGHT MOMMY » de Matt Sobel est le remake d’un film autrichien de 2014, lui-même inspiré de « L’AUTRE » (1971) de Robert Mulligan.

C’est dire qu’il ne faut pas s’attendre à énormément de surprises et que le twist final est prévisible très à l’avance. Malgré tout, le scénario est bien construit, le huis clos angoissant et le décor de la maison étouffant. Deux jumeaux (Cameron et Nicolas Corvetti) sont envoyés chez leur mère, après un divorce. Celle-ci (Naomi Watts) les accueille avec un masque de gaze sur le visage, suite à une chirurgie plastique, et adopte un comportement anormal. Les deux garçons la soupçonnent de ne pas être elle-même et envisagent de s’enfuir. Il règne une vraie tension dans les confrontations entre la mère masquée (on pense aux « YEUX SANS VISAGE ») et les jumeaux de plus en plus terrorisés et sombrant dans la paranoïa. Mais parce qu’on a vu le film de Mulligan et que les films « à chute » sont très en vogue depuis « SIXIÈME SENS », on a appris à se méfier des apparences. Et c’est très finement que Sobel laisse deviner l’autre face de la pièce et les vraies relations reliant les deux frères. Les traits dissimulés pendant la moitié du film, Watts est excellente dans un rôle complexe, impossible à cerner, sans connaître le fin-mot de l’histoire. À 54 ans, l’actrice a mûri, mais n’a rien perdu de son intensité. Les jumeaux sont à la hauteur de l’enjeu. « GOODNIGHT MOMMY » est un film maîtrisé, intelligent, sans complaisance (hormis peut-être deux courtes séquences répugnantes où « Mommy » se métamorphose en monstre noir gluant). On est tenu du début à la fin, même quand on a deviné le coup de théâtre. Un film simple, qui tire le maximum d’un postulat assez maigre et dont l’épilogue s’avère émouvant.

NAOMI WATTS, NICOLAS ET CAMERON CORVETTI
 

« PANIC SUR FLORIDA BEACH » (1993)

« PANIC SUR FLORIDA BEACH » de Joe Dante est situé pendant la crise de missiles cubains, dans une petite ville qui reçoit John Goodman, producteur de séries B fauchées, mais véritable bateleur débordant d’idées folles pour attirer le public lors de ses déplacements en province.

Alors qu’il présente un nanar bien ringard sur un homme-fourmi, que la salle est équipée de fumigènes et autres gadgets, la population vit dans la crainte de l’explosion atomique tant redoutée. Cela n’empêche pas les ados de flirter, les escrocs d’escroquer et les nanars d’envahir les salles pour le bonheur de tous. L’idée est charmante, nostalgique à souhait et sent le vécu à plein nez, photo et décors sont au diapason, mais le scénario très relâché, voire complaisant, met extrêmement longtemps à trouver sa vitesse de croisière et à se centrer sur des personnages. La seconde partie accroche donc davantage l’intérêt que la première et il est donc recommandé de ne pas se décourager en route, car le film contient de très jolis moments de nostalgie. Goodman est excellent en producer à la fois ringard et passionné, prêt à tout et n’importe quoi pour faire hurler les salles de terreur. C’est un de ses plus jolis rôles, clairement inspiré de plusieurs rois de la série B de l’époque. Tous les jeunes autour de lui sont parfaitement distribués et on reconnaît avec plaisir Cathy Moriarty excellente en starlette mûrissante et blasée, Kevin McCarthy et Naomi Watts dans des « films dans le film » très amusants ou l’inévitable Dick Miller en acteur-escroc. Le film est sincère et nostalgique d’une époque naïve et roublarde, mais il manque trop souvent d’ossature pour convaincre à 100%. Il demeure néanmoins sympathique et chaleureux et replonge dans une époque-charnière, incertaine et encore un peu innocente de l’Amérique. Les extraits de « film dans le film » sont délectables.

JOHN GOODMAN, CATHY MORIARTY ET NAOMI WATTS
 

« MULHOLLAND DRIVE » (2001)

Écrit et réalisé par David Lynch, « MULHOLLAND DRIVE » ne pouvait pas être signé de quelqu’un d’autre, c’est évident dès les premiers plans, dès les premières notes de la BO d’Angelo Badalamenti. Sur un vague canevas de film noir, une quête d’identité, le scénario s’enfonce lentement dans un cauchemar de plus en plus poisseux, aux tréfonds d’une folie suicidaire irrespirable.

Choisissant d’abord comme héroïne une jeune provinciale naïve (Naomi Watts) débarquant à Hollywood pour devenir une star et croisant la route d’une beauté brune amnésique (Laura Elena Harring) dont elle tombe amoureuse, le film fait un brutal volte-face en son milieu, redistribue les cartes et part sur une réalité bien plus sombre et sordide. On a l’habitude avec Lynch d’être dépaysé et « baladé » du début à la fin, mais on sent qu’avec ce film il atteint une sorte de plénitude, une maîtrise absolue de ses fantasmes, comme si le scénario était directement dicté par son inconscient enfiévré. C’est une œuvre hypnotisante, d’une folle sensualité, qui explore des zones inconnues de L.A. comme figées dans les années 20, balance quelques vacheries sur les moguls locaux et offre un panorama fétide du rêve américain. Dans son presque double rôle d’Alice aux pays des merveilles et de paumée à la dérive, Watts est extraordinaire. Son alchimie avec la sublime Harring crève l’écran et Lynch signe avec elles les scènes de saphisme les plus troublantes de l’Histoire du 7ᵉ Art. On aperçoit brièvement Robert Forster en flic, Chad Everett en vieil acteur bronzé et Melissa George en starlette. Justin Theroux s’est fait un look à la Godard pour jouer un réalisateur imbu de sa personne. On n’appréhende pas un film tel que « MULHOLLAND DRIVE » comme n’importe quel autre. On en pousse la porte, on y pénètre à pas feutrés et on laisse toute logique à l’entrée. C’est vraiment un trip dans tous les sens du terme, qui hante comme un mauvais rêve particulièrement persistant et qui ne dit, au fond, qu’une chose : parfois les fantasmes valent mieux que la réalité.

LAURA ELENA HARRING, NAOMI WATTS ET CHAD EVERETT
 

HAPPY BIRTHDAY, NAOMI !

NAOMI WATTS, COMÉDIENNE À LA DÉJÀ LONGUE ET RICHE CARRIÈRE, ALLANT DU FILM D’AUTEUR AU BLOCKBUSTER AVEC LA MÊME AISANCE
 
3 Commentaires

Publié par le 28 septembre 2021 dans ANNIVERSAIRES, LES FILMS DE NAOMI WATTS

 

« BOSS LEVEL » (2020)

Depuis « NARC » et « LE TERRITOIRE DES LOUPS », et malgré quelques faux-pas, on garde toujours un a priori favorable pour Joe Carnahan. Aussi, « BOSS LEVEL » suscite-t-il curiosité et intérêt avec ses airs de remake de « UN JOUR SANS FIN » à la sauce SF et film d’action.

Un ex-soldat d’élite (Frank Grillo) revit sans arrêt la même journée, traqué – et tué la plupart du temps – par une petite armée d’assassins à la solde de Mel Gibson. Il faut dire que la femme de notre héros (Naomi Watts) l’a volontairement enfermé dans cette boucle temporelle, afin qu’il sauve le monde. Oui, ça peut sembler un peu bébête résumé ainsi, oui ça ressemble à un jeu vidéo (mais c’est assumé) et oui, la couche de mélo (le fiston du héros) paraît bien naïve et lourdingue… Mais le film fonctionne par son mouvement incessant, par une bonne dose d’humour noir et par une excellente gestion du principe de répétition qui aurait pu devenir assommant, mais qui parvient à tenir en haleine jusqu’au bout. Bien sûr, Grillo – également producteur – est à 55 ans, beaucoup trop âgé pour son rôle, mais il est en grande forme physique et se dépense sans compter. Peut-être manque-t-il un peu de charisme pour porter un tel film sur les épaules. Gibson, tout de noir vêtu, campe un méchant comme il en a pris l’habitude ces dernières années, et n’apporte pas grand-chose au film. Naomi Watts n’a qu’un rôle sans relief et on aperçoit Michelle Yeoh en championne de maniement du sabre, dans quelques apparitions clin d’œil. « BOSS LEVEL » est un film bien fichu mais très artificiel, où l’émotion ou plus simplement la vie, ont du mal à pénétrer. C’est une sorte de Grand-8 sanglant et survitaminé, où les têtes tombent, les corps explosent ou sont déchiquetés par les balles. Un minimum de sérieux dans le traitement n’aurait sans doute pas nui, mais tel quel, le film se laisse voir sans problème. Et se laissera probablement oublier tout aussi vite…

FRANK GRILLO, NAOMI WATTS ET MEL GIBSON

 

« OPPRESSION » (2016)

SHUTCoproduction franco-canadienne, « OPPRESSION » de Farren Blackburn est un suspense en huis clos, prenant pour héroïne une veuve (Naomi Watts) s’occupant de son beau-fils paralysé et qui se retrouve la proie de terreurs nocturnes de plus en plus stressantes.

Le scénario démarre bien, mais l’amateur devinera hélas, beaucoup trop rapidement les tenants et aboutissants de l’histoire. Il faut tout le talent de Watts pour donner de l’épaisseur à ce personnage de psychologue franchement pas très douée, qui ne voit strictement rien venir. L’auteure abuse d’emprunts très voyants à « PSYCHOSE » ou « SHINING » (l’ambiance enneigée et Oliver Platt faisant office de Scatman Crothers) et surtout de séquences répétitives et irritantes sur le mode : « Ouf ! Tout cela n’était qu’un cauchemar ». Le film est presque sauvé par son casting. Outre Watts qui se démène physiquement beaucoup et parvient à être attachante envers et contre tout, le petit Jacob Tremblay se débrouille très bien en gamin sourd pris dans l’engrenage et l’Anglais Charlie Heaton est l’attraction n°1 du film, en campant un avatar encore plus œdipien de Norman Bates, dont le visage inquiétant n’est pas sans évoquer celui de… Stephen King (on y revient !). « OPPRESSION » est à voir comme une série B sans grande imagination, ni envergure, mais qui tient à peu près la route, maintient l’intérêt jusqu’au dénouement et gère bien les nombreuses séquences nocturnes à peine éclairées. On aimerait qu’une comédienne aussi douée que Naomi Watts trouve des films à sa hauteur et cesse d’enchaîner les rôles alimentaires comme celui-ci.

SHUT2

NAOMI WATTS