Onze ans après « TITANIC », Sam Mendes réunit Kate Winslet et Leonardo DiCaprio pour l’adaptation d’un roman de Richard Yates : « LES NOCES REBELLES ».
Situé au début des années 50 dans le Connecticut, c’est l’histoire d’un couple, deux personnes quelconques, mariées trop vite, sans ambition ou talent particuliers. Elle tente encore de s’arracher à cette vie de renoncements et de médiocrité qui s’ouvre à elle et rêve d’une échappée romantique à Paris. Lui est un petit employé content de son sort. Des gens comme les autres, dont Mendes brosse un portrait cruel et sans faux-semblant, qui fait de son film un spectacle âpre et amer de la vie de couple, quand l’amour a disparu ou n’a peut-être jamais existé. Winslet est magnifique dans ce personnage aliéné et toujours à cran, dont chaque mouvement de révolte sera voué à l’échec. Caprio lui donne une parfaite réplique en petit macho égoïste et coléreux. Leur couple, bien rodé par James Cameron, fait des étincelles. D’ailleurs, « LES NOCES REBELLES » n’est-il pas aussi l’histoire d’un naufrage ? À leurs côtés, la crème des seconds rôles de l’époque : Kathy Bates, autre rescapée du Titanic, en agent immobilier pénible, David Harbour en voisin opportuniste, Zoe Kazan émouvante en petite secrétaire se contentant des restes, Dylan Baker en collègue pleutre et surtout Michael Shannon extraordinaire en jeune homme interné en HP, à la lucidité cruelle n’épargnant rien ni personne. Ses quelques scènes sont inoubliables. « LES NOCES REBELLES » est la lente agonie d’un mariage qui s’achèvera de façon dramatique. Sidérant de désespoir !