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Archives Mensuelles: Mai 2019

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DEVINEZ QUI A 89 ANS, AUJOURD’HUI…

CE89

 

« CREED II » (2018)

« CREED II » de Steven Caple, Jr. est donc le second « CREED » ou le 8ème  « ROCKY », au choix. C’est sans enthousiasme particulier qu’on retrouve le fiston d’Appolo, personnage falot et sans grand charisme, mais avec une curiosité jamais émoussée qu’on renoue avec le vieux Balboa, surtout qu’il se retrouve face à face avec Drago (Dolph Lundgren), 34 ans après « ROCKY IV ».CREED 2.jpg

Michael B. Jordan va affronter Florian Munteanu, le rejeton de celui qui tua son père sur le ring. Le film est donc une sequel du 4ème  « ROCKY », tout en reprenant la trame scénaristique de « ROCKY III – L’ŒIL DU TIGRE » au détail près. Si Sylvester Stallone, physiquement très (trop) retouché, est toujours aussi émouvant dans le rôle de sa vie, Jordan manque vraiment d’épaisseur, et c’est plutôt à Drago et à son fils, avides de revanche, qu’on s’intéresse dans la première moitié. Il faut dire que Munteanu est impressionnant en boxeur musculeux et mutique, véritable machine-à-tuer formatée par son père depuis l’enfance. Et Lundgren n’a jamais été meilleur que dans ce rôle d’ex-champion déchu et humilié. Le film est assez plan-plan, il s’embourbe trop souvent dans les scènes familiales terriblement ringardes de Jordan et de sa copine enceinte, se contente beaucoup trop de répéter les vieilles ficelles de la franchise, mais il n’est pas déplaisant et s’inscrit sans problème dans les travées des précédents. Maintenant a-t-on vraiment besoin d’un énième « ROCKY » ? Rien n’est moins sûr. À noter qu’on retrouve Brigitte Nielsen (« ROCKY IV ») et Milo Ventimiglia (« ROCKY BALBOA ») dans de brèves mais cruciales apparitions.

À voir donc, pour le complétiste de la saga du boxeur de Philadelphie, sans en attendre autre chose qu’un blockbuster bien fichu mais tout de même très répétitif.

 

PEGGY STEWART : R.I.P.

STEWART

PEGGY STEWART (1923-2019), ACTRICE DE SECONDS RÔLES ESSENTIELLEMENT APERÇUE DANS DES SÉRIES TV OU DES SERIALS.

 
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Publié par le 31 Mai 2019 dans CARNET NOIR

 

« L’ENFER EST POUR LES HÉROS » (1962)

HELL

STEVE McQUEEN

« L’ENFER EST POUR LES HÉROS » de Don Siegel s’inscrit nettement dans les travées du « ATTACK ! » de Robert Aldrich (1956) et ressemble fort à un long épisode de l’excellente série TV « COMBAT ! », qui démarra la même année.HELL2.jpeg

Situé en 1944 en France, le scénario suit une poignée de soldats américains chargés de détruire une position allemande, dans un effort désespéré et dérisoire, vu leur nombre. Au-delà d’une histoire vue et revue, d’un traitement en huis clos à ciel ouvert, le film vaut surtout pour sa galerie de personnages et son noir & blanc tranchant qui transforme les visages en masques boueux d’outre-tombe. Steve McQueen n’a pas à proprement parler le premier rôle, il tient sa place dans une distribution « chorale », mais il joue certainement le personnage le plus fascinant et énigmatique. Indiscipliné et désagréable, il incarne un psychopathe mutique ultra-professionnel, en tension permanente et imperméable à toute humanité. Siegel semble nous dire qu’un « héros » n’est rien d’autre que cela et que c’est avec des « Reese » qu’on gagne les guerres. C’est un des plus beaux rôles de McQueen, un de ceux où ne filtrent aucun maniérisme, pas l’ombre d’un tic de jeu. Une machine à tuer dont l’héroïsme final tient de la démence suicidaire. Autour de lui de bons acteurs comme Harry Guardino, L.Q. Jones (à peine visible, au début) ou James Coburn, excellent en caporal myope pétri de doutes et aussi hélas, de moins bons comme le fade Fess Parker et les insupportables Bobby Darin et Bob Newhart dans des emplois comiques s’intégrant affreusement mal à l’ensemble. Ils gâchent bon nombre de scènes et ternissent un film qu’on aurait bien aimé qualifier de chef-d’œuvre. Mais on les voit beaucoup trop pour cela et c’est une vraie faute de goût ! Malgré ce défaut, malgré des moyens manifestement insuffisants, « L’ENFER EST POUR LES HÉROS » s’efforce au réalisme : les soldats meurent en hurlant de douleur et en perdant leurs tripes. C’est un film honnête et souvent puissant, à voir de toute façon pour la performance de McQueen qui joue Reese comme un mort-vivant au regard halluciné. Il ne tombe le masque qu’une seule fois, lorsqu’il revient secoué d’une sortie nocturne, et affiche une expression d’enfant perdu et vulnérable.

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JAMES COBURN, HARRY GUARDINO ET STEVE McQUEEN

 

CARMINE CARIDI : R.I.P.

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CARMINE CARIDI (1934-2019), SECOND RÔLE DES SEVENTIES APERÇU DANS « LE PARRAIN » 2 ET 3, DANS DES PERSONNAGES DIFFÉRENTS.

 
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Publié par le 29 Mai 2019 dans CARNET NOIR

 

« PUSHER » (1996)

PUSHER.jpg« PUSHER » est le premier long-métrage réalisé par Nicolas Winding Refn et aussi le commencement d’une trilogie sur la pègre danoise et l’univers des deals de drogue.

Dès le début, on sent – à cause de la caméra portée, du grain très marqué de la pellicule – l’influence de « MEAN STREETS » de Martin Scorsese. Comme son aîné, Refn suit de petits malfrats de bas-étage, des ringards violents et dangereux, qui vivent de petits trafics, sans se rendre compte qu’ils sont à la merci de narcotrafiquants beaucoup plus puissants qu’eux et capables au moindre faux-pas de les réduire à néant. Le protagoniste, le toujours excellent Kim Bodnia, n’offre guère de prise à l’identification du public. C’est une brute infantile et sans affect, une vermine sans foi ni loi. Il est criblé de dettes et tombe de charybde en scylla en essayant de s’en sortir. On assiste donc à cette « course du rat » jusqu’au bout des bouts, avec une passivité non dénuée d’intérêt, tout en demeurant indifférent au sort qui l’attend. C’est bien fait, bien rythmé, d’un naturalisme à toute épreuve et l’aspect « documentaire » voulu par le réalisateur crée un style véritable. La séquence où Bodnia est torturé par ses créanciers yougoslaves est réellement éprouvante pour les nerfs. Son gros-plan final est (presque) émouvant. Autour de lui, quelques bons seconds rôles dont Zlatko Buric, en « parrain » faussement bon-enfant et Mads Mikkelsen, qui n’apparaît que dans la première moitié de l’action, en acolyte inséparable de Bodnia, aussi crétin que planche-pourrie. Avec son crâne rasé et ses tatouages, il crée un personnage totalement crédible. Un bon film donc, que ce « PUSHER », une tranche de vie, une plongée dans un milieu qu’on découvre progressivement en réalisant que rien ne change, qu’il s’agisse de New York, Rome, Paris ou Copenhague.

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MADS MIKKELSEN ET KIM BODNIA

 

« MA VIE SANS LUI » (2006)

« MA VIE SANS LUI » est l’unique long-métrage réalisé à ce jour par la scénariste Susannah Grant. Et à vrai dire, on lui sait gré de ne pas avoir insisté !CATCH copie

Mélange forcé de « romcom » (comédie romantique) et de mélodrame psychologique, le scénario décrit la vie d’une jeune femme (Jennifer Garner) à la suite de la mort accidentelle de son fiancé. Entourée des amis de celui-ci, elle va progressivement découvrir le vrai visage de l’homme qu’elle aimait et dans la foulée, tomber amoureuse de son meilleur ami Timothy Olyphant. Le sujet en vaut un autre, mais le film s’embourbe dès le démarrage dans d’assommants bavardages, hésitant entre l’humour iconoclaste et l’émotion factice hollywoodienne d’un téléfilm programmé l’après-midi. Le casting hélas, frise le carton rouge : Garner adopte un jeu mécanique et artificiel, aligne les mimiques « so cute » et s’avère rapidement difficile à supporter. Olyphant, clairement surqualifié, joue les bellâtres virils mais sensibles. Sam Jaeger, Kevin Smith, fatigant en gros geek dépressif, et la crispante Juliette Lewis, sont insupportables. Seule la grande Fiona Shaw (qu’est-elle venue faire là ?) compose un personnage à peu près intéressant de mère dure et rigide qui s’attendrit lentement.

« MA VIE SANS LUI », c’est l’équivalent sur pellicule de ce qu’on appelle de la musique d’ascenseur. C’est reposant, on voit de jolis paysages, il n’y a aucune aspérité, tout le monde est beau et sympathique et surtout très riche. Tout cela s’achève par un baiser de cinéma sur une plage de Malibu. Oui, « MA VIE SANS LUI » n’est qu’une perte de temps.

 
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Publié par le 28 Mai 2019 dans COMÉDIES, DRAMES PSYCHOLOGIQUES

 

« NEW YORK – UNITÉ SPÉCIALE » : saison 19 (2018)

Après une saison 18 globalement décevante, la 19ème  année de « NEW YORK – UNITÉ SPÉCIALE » s’avère être une heureuse surprise. Éternel renouvellement d’une série déjà ancienne, qui renaît fréquemment de ses cendres. Pour notre plus grand plaisir.NYUS19.jpg

Cette saison est axée sur la thématique de la famille. D’abord via le personnage de Mariska Hargitay, qui voit débarquer la grand-mère (Brooke Shields, eh oui !) de son fils adoptif, bien décidée à récupérer le mioche par n’importe quel moyen. Puis au travers de l’unité elle-même, y compris le procureur Raúl Esparza qui s’intègre au groupe de flics en dehors des heures de travail. Sans compter les épisodes traitant de familles dévoyées (la secte parentale de « THE BOOK OF ESTHER »). Le quota de ratages trop pédagogiques est assez bas, et on dénombre quelques films remarquables comme « SOMETHING HAPPENED », quasi-huis clos dans le commissariat où Olivia affronte Melora Walters (extraordinaire !) dans un face à face où elle va devoir se mettre elle-même mentalement en danger pour faire craquer la victime. « THE UNDISCOVERED COUNTRY » expose la problématique de l’euthanasie et marque le départ de la série du procureur Barba, pour s’être trop impliqué. Bref, beaucoup de bonnes choses dans ces 24×50 minutes, sans oublier quelques « guest stars » de haut-vol comme trois vedettes des seventies telles que Anne Archer, Fionnula Flanagan et Rutanya Alda dans « MAMA », le bref retour d’anciens récurrents de la série comme Dean Winters (« MOOD ») ou Stephanie March (« SUNK COST FALLACY »). Hélas, cela s’achève par un double épisode à la durée absolument pas justifiée, dont les intentions sont louables (le trafic d’êtres humains entre le Mexique et les U.S.A.), mais le scénario et l’interprétation laissent grandement à désirer. Dommage… Cependant l’ultime plan de la saison montre Olivia Benson serrant dans ses bras le nouveau procureur sanglotant, installant notre héroïne dans une nouvelle image de « matriarche » bienveillante à l’empathie universelle.

Bientôt vingt ans donc, et toujours bon pied bon œil pour « NEW YORK – UNITÉ SPÉCIALE » qui traverse les années avec vaillance, non sans quelques fléchissements, mais en gardant toujours son cap et son mordant. Exemplaire !

 

HAPPY BIRTHDAY, KIM !

KIM

JEE-WOON KIM, RÉALISATEUR SUD-CORÉEN ÉCLECTIQUE, À LA CARRIÈRE IMPRÉVISIBLE. « J’AI RENCONTRÉ LE DIABLE » EST UN ÉLECTROCHOC.

 
 

« TIME AND TIDE » (2000)

« TIME AND TIDE » est un des films les plus connus du producteur-réalisateur hongkongais Tsui Hark et il est auréolé d’une réputation de film-culte depuis sa sortie.TIDE.jpeg

Dès le générique-début, il est clair que c’est brillamment filmé, que les mouvements de caméra frisent le surnaturel et que la photo est stupéfiante. Mais il faut un moment pour s’habituer à un montage frénétique, voire hystérique, si tant est qu’on s’y habitue, et qu’on renonce à comprendre les tenants et aboutissants d’un scénario totalement abscons pour s’abandonner au plaisir simple du spectacle. Et de ce côté-là, on ne se moque pas du public : fusillades hallucinantes dans un immeuble vétuste, assaut dans une gare, combats à mains nues d’une virtuosité inouïe. On en a pour son argent, mais force est de reconnaître qu’on n’y comprend vraiment pas grand-chose, qu’on a du mal à différencier les protagonistes, à savoir qui est qui pendant les scènes d’action. On voit passer un tueur à gages du troisième âge, deux femmes enceintes, des flingueurs sud-américains, on voit naître une amitié bizarre entre les deux héros autour d’une boîte à musique… On accepte tout cela passivement, sans chercher à creuser. On est parfois cueilli par une situation particulièrement insensée, comme cette femme qui fait le coup de feu tout en accouchant. Mais faute d’histoire normalement structurée et de personnages aux motivations claires, il arrive qu’on décroche et que le temps paraisse long. Nicholas Tse et Wu Bai, les deux improbables alliés, forment un duo convaincant heureusement.

« TIME AND TIDE » aurait mérité d’être aussi superbement écrit qu’il est filmé. John Woo était trop sentimental et bourré de tics parfois très kitsch, mais ses films possèdent une vraie colonne vertébrale et dégagent de l’émotion. Tsui Hark explose les carcans du genre, mais frise trop fréquemment l’abstraction.