Inspiré de faits réels entrés dans l’Histoire américaine, « HATFIELDS & McCOYS » relate en 4 heures, dispatchés en trois épisodes, la haine tenace et féroce qui a opposé deux familles du Kentucky au lendemain de la guerre de sécession, à la suite d’un simple différend qui s’est envenimé.
Réalisée par Kevin Reynolds, qui avait déjà souvent travaillé avec Kevin Costner, cette mini-série est d’une authenticité maximale (bien qu’elle fut tournée en… Roumanie) et décortique, étape par étape, une logique de guerre qui mènera au carnage pur et simple. L’image est blafarde, les paysages sont sans grandeur, mais le scénario est implacable et les personnages sont parfaitement dessinés. Dans le rôle de « Devil » Anse Hatfield, patriarche buriné, taiseux et impitoyable, au point d’être prêt à abattre un de ses propres fils (séquence magistrale au bord de la rivière), Costner offre une de ses meilleures prestations, sans jamais céder à l’héroïsme hollywoodien. Bill Paxton joue son rival alcoolique et sans caractère, Tom Berenger, méconnaissable, est exceptionnel en brute épaisse sans états d’âme. Les personnages féminins sont loin d’être négligeables, particulièrement la toujours remarquable Mare Winningham en mater familias courageuse ou Jena Malone en peste fauteuse de trouble. Mention à l’inquiétant Andrew Howard jouant un chasseur de primes abject et cruel. On suit, sur une trentaine d’années, la lente descente aux enfers de ces hommes frustes rongés par la haine, qui ont ramené la guerre dans leurs foyers après la reddition du Sud. On admirera la précision de la réalisation, le réalisme des batailles et la direction d’acteurs sans la moindre faille. Les deux Kevin n’ont pas tourné que des chefs-d’œuvre ensemble, au fil des années, mais « HATFIELDS & McCOYS » est sans doute leur plus bel accomplissement commun.