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Archives de Catégorie: LES FILMS DE TOM BERENGER

« HATFIELDS & McCOYS » (2012)

Inspiré de faits réels entrés dans l’Histoire américaine, « HATFIELDS & McCOYS » relate en 4 heures, dispatchés en trois épisodes, la haine tenace et féroce qui a opposé deux familles du Kentucky au lendemain de la guerre de sécession, à la suite d’un simple différend qui s’est envenimé.

Réalisée par Kevin Reynolds, qui avait déjà souvent travaillé avec Kevin Costner, cette mini-série est d’une authenticité maximale (bien qu’elle fut tournée en… Roumanie) et décortique, étape par étape, une logique de guerre qui mènera au carnage pur et simple. L’image est blafarde, les paysages sont sans grandeur, mais le scénario est implacable et les personnages sont parfaitement dessinés. Dans le rôle de « Devil » Anse Hatfield, patriarche buriné, taiseux et impitoyable, au point d’être prêt à abattre un de ses propres fils (séquence magistrale au bord de la rivière), Costner offre une de ses meilleures prestations, sans jamais céder à l’héroïsme hollywoodien. Bill Paxton joue son rival alcoolique et sans caractère, Tom Berenger, méconnaissable, est exceptionnel en brute épaisse sans états d’âme. Les personnages féminins sont loin d’être négligeables, particulièrement la toujours remarquable Mare Winningham en mater familias courageuse ou Jena Malone en peste fauteuse de trouble. Mention à l’inquiétant Andrew Howard jouant un chasseur de primes abject et cruel. On suit, sur une trentaine d’années, la lente descente aux enfers de ces hommes frustes rongés par la haine, qui ont ramené la guerre dans leurs foyers après la reddition du Sud. On admirera la précision de la réalisation, le réalisme des batailles et la direction d’acteurs sans la moindre faille. Les deux Kevin n’ont pas tourné que des chefs-d’œuvre ensemble, au fil des années, mais « HATFIELDS & McCOYS » est sans doute leur plus bel accomplissement commun.

KEVIN COSTNER, MARE WINNINGHAM ET TOM BERENGER
 

« À LA RECHERCHE DE MR. GOODBAR » (1977)

Écrit et réalisé par Richard Brooks d’après le best-seller de Judith Rossner, « À LA RECHERCHE DE MR. GOODBAR » télescope le savoir-faire d’un tough guy hollywoodien de 65 ans avec l’Amérique de l’après-Vietnam et de l’avant-SIDA.

Est-ce le panorama réaliste d’une jeunesse livrée à elle-même ? D’une perte des valeurs qui faisaient « l’America great » ? Le portrait d’une jeune femme opprimée par sa famille et son enfance traumatisante et qui se libère trop vite, trop fort ? Ou est-ce la vision réactionnaire et partiale d’un homme, Brooks, confronté à une génération qu’il juge sans la comprendre ? Tout à la fois, probablement. Centré sur Diane Keaton, qui enseigne le jour à des enfants sourds-muets et la nuit, se transforme en nymphomane cocaïnée, le scénario ressemble à une longue chute libre, de plus en plus sordide, de plus en plus sinistre. Les amants de Keaton sont, pour la plupart, des détraqués, des losers de tous milieux. C’est un monde sans amour, sans joie que s’évertue à dépeindre Brooks et la fin est une véritable descente aux enfers sous une lumière stroboscopique. Le film est trop long, trop répétitif, le message trop lourd et Keaton, omniprésente se laisse aller à ses tics de jeu sans aucune retenue. Parmi les seconds rôles, il faut subir le cabotinage narcissique du jeune Richard Gere, déjà insupportable, le jeu très Actors Studio de Tuesday Weld en sœur dévoyée. Tom Berenger est excellent en ex-taulard gay et tourmenté, véritable ange de la mort. On aperçoit Brian Dennehy en infirmier. « GOODBAR » a vieilli, l’enchaînement de tubes disco est lassant, les séquences fantasmées sont trop nombreuses et vaines. Le film, invisible depuis des décennies, gâche le souvenir qu’on pouvait en avoir.

À noter : lors de sa première rencontre avec Gere dans un bar, Keaton est en train de lire « LE PARRAIN » de Mario Puzo, elle qui incarna Kay dans le film de 1972.

DIANE KEATON, RICHARD BRIGHT ET TOM BERENGER
 

« SNIPER : ASSASSIN’S END » (2020)

Produit trois ans après l’opus précédent, et toujours en DTV, le 8ᵉ chapitre des aventures de la famille Beckett, tireurs d’élite légendaires, s’intitule « SNIPER : ASSASSIN’S END », et c’est le Canadien Kaare Andrews qui l’a réalisé.

Étonnamment, c’est une franchise sans réelle raison d’être, mais qui a toujours gardé une certaine tenue. Le présent film n’est pas à la hauteur des précédents et prend comme prétexte la fusion entre deux groupes pharmaceutiques qui se tirent dans les pattes (c’est le cas de le dire !). Pas très palpitant, dira-t-on. Notre héros Chad Michael Collins est piégé et accusé d’un assassinat politique. Il va demander son aide à papa Tom Berenger, vivant en ermite dans la forêt. Le scénario est vraiment faiblard, les séquences d’action beaucoup trop rares tombent comme des cheveux sur la soupe. Bien sûr, c’est un plaisir de revoir un Berenger septuagénaire, qui a pris un coup de vieux et semble avoir des difficultés à se déplacer. Il peut enfin – grâce aux progrès des CGI – montrer son index mutilé en gros-plan et domine sans se fatiguer toutes les séquences où il apparaît. Dans un cast disons moyen, se détachent heureusement deux personnages de méchants assez convaincants : Michael Jonsson en ex-marine psychopathe taillé en armoire à glace et surtout la Japonaise Sayaka Akimoto en tueuse d’élite des Yakusa, au regard qui tue. Grâce à eux, le film parvient à ne jamais sombrer tout à fait dans l’ennui. Étrange pérennité donc, pour cette série de films démarrée en 1993 et qui a su, discrètement, s’installer comme une sorte de série TV. À l’actif de ce n°8 donc, la qualité de certains seconds rôles (pas tous !) et une ou deux scènes d’action et de bagarre plutôt bien tournées. À voir éventuellement dans la continuité des précédents.

TOM BERENGER, SAYAKA AKIMOTO, MICHAEL JONSSON ET CHAD MICHAEL COLLINS
 

« SLIVER » (1993)

SHARON STONE

Le cinéphile sera excusé de s’être laissé pigeonner par un film dont le générique contient un impressionnant lot de promesses : un roman d’Ira Levin (« ROSEMARY’S BABY »), Joe Eszterhas et Sharon Stone, scénariste et star de « BASIC INSTINCT » l’année précédente, Philip Noyce, réalisateur du remarquable « CALME BLANC », une photo du grand Vilmos Zsigmond et une BO de Howard Shore. Que demander de plus ?

Beaucoup plus, hélas ! « SLIVER » se traîne depuis sa sortie une réputation de navet indécrottable et ce n’est pas une re-vision à tête reposée, trois décennies plus tard, qui y changera quoi que ce soit. Le scénario est censé dépeindre un monde paranoïaque ou tout le monde épie tout le monde grâce à la technologie. En cela, il voyait juste, mais en se focalisant sur le voyeurisme le plus primaire et un érotisme bon marché, « SLIVER » bâcle complètement ses protagonistes, en fait des pantins stupides, obsédés sexuels et l’unique motivation du tueur en série sera de dissimuler son impuissance ! Avec ses fausses-pistes aberrantes, ses scènes hot grotesques (et nombreuses) et sa direction d’acteurs plus que flottante, « SLIVER » est et demeure un des pires fleurons du « thriller érotique » à la mode dans les années 90. Même Sharon Stone, actrice généralement sûre, n’a jamais été aussi nulle qu’en éditrice submergée par un désir impérieux, idem pour Tom Berenger qui ne sait manifestement pas quoi jouer et n’a jamais été pire. Ne mentionnons même pas le pauvre William Baldwin au regard vide et aux muscles luisants… Que sont venus faire les vétérans Martin Landau ou Nina Foch figurants égarés dans cette sinistre galère ? Et CCH Pounder en flic inopérante ? Et Polly Walker en nympho cocaïnée ? Aucune idée. Mais… et nous, pauvres spectateurs, que sommes-nous venus traîner devant ce nanar infâme qui ne mérite certainement pas 100 minutes de notre temps ?

TOM BERENGER, WILLIAM BALDWIN ET SHARON STONE
 

« L’AMOUR POURSUITE » (1990)

LARGE.jpegDans les années 80, Alan Rudolph avait signé deux films assez curieux, envoûtants comme des impros de jazz : « CHOOSE ME » et « WANDA’S CAFÉ ». « L’AMOUR POURSUITE » endosse à peu près les mêmes défauts (lenteur, absence de structure dramatique, stylisation excessive) mais sans une once du charme de ses prédécesseurs.

C’est un mélange peu harmonieux de film de privé des forties et d’hommage à la mode eighties. Un scénario flasque, qui démarre sur un malentendu (notre héros bien ringard commence sa filature en se trompant d’individu) et s’enlise dans une vague histoire de bigamie totalement inintéressante, et de « privée » collant aux basques de notre enquêteur. Oui, c’est aussi consternant que ça en a l’air ! Tom Berenger n’a jamais été doué pour la comédie et ça se confirme ici. Adoptant une « grosse voix » ridicule, une coiffure gominée, alignant les grimaces et les airs ahuris, il est mauvais comme un cochon, aussi mal casté que mal dirigé. Les actrices sont belles, mais pas très gâtées non plus : Anne Archer frise le carton rouge en femme fatale à l’œil trouble, Annette O’Toole et Kate Capshaw font ce qu’elles peuvent de personnages ineptes à peine silhouettés. Seule s’en sort – mais en étant très indulgent – Elizabeth Perkins en détective au cœur d’artichaut. On aperçoit aussi Ted Levine et même Neil Young (sic !) qui ne relèvent pas le niveau. On sent par instants ce qu’a voulu accomplir Rudolph, un peu ce qu’avait mieux réussi Peter Bogdnovich dans certains de ses films : un polar ultra-cool, non-violent, plein de charme et de romance. « L’AMOUR POURSUITE » en est bien loin, hélas ! C’est un spectacle inerte, amorphe, ennuyeux à mourir au bout de seulement dix minutes et qui ne fait que s’aggraver ensuite. À éviter donc.

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ANNE ARCHER, TOM BERENGER, TED LEVINE ET ELIZABETH PERKINS

 

« SNIPER : ULTIMATE KILL » (2017)

SNIPER6.jpegUn quart de siècle après le premier film, « SNIPER : ULTIMATE KILL » réalisé par Claudio Fäh est le 7ᵉ film de la franchise destinée au marché vidéo et réunit pour la première fois les trois protagonistes « historiques » : Chad Michael Collins et les deux vétérans de 1993, Tom Berenger et Billy Zane. On notera toutefois l’absence de Dennis Haysbert dont il n’est même pas fait mention dans le dialogue.

Le scénario, bâti autour d’une chasse au narcotrafiquant en Colombie, réutilise les mêmes éléments que dans les opus précédents et concentre tout l’intérêt sur la confrontation entre deux tireurs d’élite rivaux et sur les progrès de la balistique. Passionnant, pas vraiment, mais très bien fichu et jamais fastidieux malgré son manque de substance. On est content de retrouver Berenger, sorti de sa retraite, avec une grosse moustache (il devait tourner un western en même temps !) et un sourire patelin, pour jouer ce personnage sans complication qu’il commence à bien connaître. Collins toujours un peu transparent, tient bien sa partition et la fougueuse Danay Garcia pique la vedette à tout le monde dans son rôle de fliquette obsessionnelle qui n’a pas froid aux yeux. Belle présence, jeu assuré. On risque de la retrouver dans le prochain ! On notera une volonté de choquer dans le réalisme des impacts de balles de gros calibre (tête arraché, visage explosé) et des fusils à lunette de plus en plus sophistiqués et gigantesques. Une bonne série B nullement indigne de ses prédécesseurs et une franchise qui ressemble vraiment à une bonne série TV. À suivre, donc.

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DIANA PATRICIA HOYOS, DANAY GARCIA, TOM BERENGER, CHAD MICHAEL COLLINS ET BILLY ZANE

 

« GONE ARE THE DAYS » (2018)

GONE.jpegPremier film de Mark Landre Gould, « GONE ARE THE DAYS » avec son casting de vieux stakhanovistes du DTV et son look fauché, a toutes les apparences d’une série B torchée à la va-vite, vaguement inspirée des thèmes de « IMPITOYABLE » d’Eastwood.

Pourtant, en s’y attardant un tant soit peu, le film vaut mieux que cela. S’il n’est pas spécialement bien filmé et photographié, il parvient néanmoins à créer une réelle empathie pour son personnage incarné corps et âme par Lance Henriksen. À 78 ans, il incarne un hors-la-loi rongé par la maladie et hanté (littéralement) par son passé, qui décide d’arracher sa fille (Meg Steedle) à la prostitution avant de passer l’arme à gauche. Le premier quart d’heure du film consiste à contempler l’acteur complètement ravagé, en caleçons crasseux, en train de cracher ses poumons, de se traîner pitoyablement en parlant à un « ami imaginaire ». Il faut toute la présence et l’humanité d’Henriksen pour rendre cela supportable. D’habitude dans les westerns, les pistoleros mordaient la poussière bien avant d’atteindre ces âges-là ! On s’attend à un ultime baroud d’honneur, un grand ‘showdown’ final, mais l’auteur ne nous en fera pas l’aumône. « GONE ARE THE DAYS » est une triste histoire de rédemption, une fable crépusculaire sur la fin des temps héroïques. C’est un des plus beaux rôles de l’acteur, un des plus fouillés et il s’y montre vraiment extraordinaire, exhibant sans vanité son visage creusé, son corps usé. Seule sa voix n’a pas changé. À ses côtés, Tom Berenger est excellent en shérif calme et intelligent, Danny Trejo apparaît brièvement en incarnation de ‘Charon’ le passeur des enfers à la sauce mexicaine. Et Steve Railsback campe un « mac » haïssable au possible, une véritable vermine. De vieux mais toujours grands comédiens, réunis pour un film d’allure assez ingrate, mais tournant courageusement le dos aux poncifs du genre. C’est lent, déprimant, voire pénible par instants, mais l’admirateur de Lance Henriksen ne voudra à aucun prix manquer ce western qui lui offre enfin un rôle à sa mesure.

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LANCE HENRIKSEN, MEG STEEDLE, TOM BERENGER ET STEVE RAILSBACK

 

« FASTER » (2010)

FASTER2Parce que ce n’est pas si fréquent que cela dans ce genre de produit, parce que l’affiche n’avait rien de spécialement prometteur, il faut saluer « FASTER » pour ce qu’il est : une excellente série B d’action, au scénario hyper-travaillé, au montage nerveux et à la photo magnifique du début à la fin.

George Tillman, Jr. part d’un postulat simple (la vengeance d’un ex-taulard après dix ans derrière les barreaux) et développe adroitement une histoire alambiquée, mâtinée de whodunit, dont tous les protagonistes possèdent un background fouillé et captivant. La meilleure surprise vient de Dwayne Johnson, sorte de Terminator, de golem impavide, obsédé par sa vengeance méthodique, qu’on apprend peu à peu à connaître, alors que son humanité refait surface entre deux fusillades. Le charisme de l’acteur est indéniable, pimenté d’un sens de la nuance et du premier degré. Le face-à-face avec sa mère (Annie Corley) est absolument remarquable et digne d’un film plus ambitieux. Il est très bien entouré par Billy Bob Thornton en flic schnouffé et planche-pourrie, père d’un gamin obèse, et dans des apparitions d’une seule scène de solides comédiens comme Jennifer Carpenter ou Tom Berenger en directeur du pénitencier au début. Seule faiblesse : Carla Gugino sous-employée et surtout Oliver Jackson-Cohen exaspérant dans un pourtant beau rôle de tueur à gages narcissique se faisant payer un dollar par contrat et hanté par un handicap d’enfance. Ses scènes avec la minaudante Maggie Grace jouant sa fiancée, rabaissent un peu le niveau général. Méconnu et oublié, ce « FASTER » se doit d’être exhumé par les amateurs de polars hard boiled façon seventies, car même à l’époque, on n’a jamais vu un « héros » achever quelqu’un sur une table d’opération ! Johnson reprend le flambeau des tough guys de l’époque sans avoir à rougir de la comparaison et le scénario tient en haleine jusqu’à l’ultime image. Ce qu’on peut appeler une excellente surprise !

DWAYNE JOHNSON, BILLY BOB THORNTON, CARLA GUGINO ET ANNIE CORLEY
 

« REACH ME » (2014)

REACHClairement influencé par « SHORT CUTS » de Robert Altman et par la mode des films « choraux », mais aussi, encore et toujours par Tarantino (ce couple de tueurs ! ), John Herzfeld signe avec « REACH ME » un film dont la seule surprise est sa date de tournage : on jurerait qu’il a été produit vingt ans plus tôt !

Tout tourne autour d’un livre écrit par un auteur mystérieux (Tom Berenger) capable de changer la vie de ses lecteurs et de modifier leur vision du monde. À partir de là, c’est une construction en mosaïque, faisant évoluer divers groupes de personnages qui finissent par se retrouver tous au même endroit, au même moment à la fin de l’histoire. Vu, revu, rabâché, tout cela ne présente pas grand intérêt à vrai dire et ce petit côté désuet, hors du temps, n’aide pas à accrocher le spectateur. Cependant, parce que Herzfeld sait filmer et qu’il a réuni une brochette d’acteurs qu’on aime, « REACH ME » se laisse regarder, sans passion excessive, mais sans trop de difficulté non plus. Kyra Sedgwick et Lauren Cohan (« WALKING DEAD ») sont bien séduisantes, Sylvester Stallone dans un rôle à la Lancaster dans « LE GRAND CHANTAGE » semble s’amuser beaucoup et son dernier face-à-face avec un Berenger en bonne forme, vaut vraiment le coup d’œil. Thomas Jane est très bien en flic-cowboy addict à la violence, Danny Aiello est un prêtre alcoolo, et parmi les petits rôles on a le bonheur de retrouver Danny Trejo – le temps qu’il se fasse descendre – et Sally Kellerman dans une fugace figuration. Clin d’œil à Altman ? Il ne faut rien attendre de ce film complètement creux et déconnecté de son époque, dont l’apparente maestria tourne à vide, mais pour tuer le temps et pour revoir des visages familiers, on peut lui consacrer 90 minutes de sa vie, sans trop de regret.

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THOMAS JANE, SYLVESTER STALLONE ET TOM BERENGER

 

« BAD COUNTRY » (2014)

bad« BAD COUNTRY » se passe dans les années 80 et il est interprété par Willem Dafoe, Matt Dillon et Tom Berenger, trois vedettes de cette période. Couverts de moustaches-postiches, ils incarnent respectivement un flic de Bâton-Rouge dans le Sud des U.S.A., un indic et un caïd cajun.

Il y a tout pour plaire dans ce polar à petit budget, mais pour son unique film en tant que réalisateur, Chris Brinker (hélas, décédé avant la sortie) ne parvient pas à trouver son style. La mise-en-scène est d’une totale platitude, la photo inégale, le scénario n’arrive jamais à passionner ni même à donner une dimension ‘bigger than life’ à ses protagonistes. C’est donc d’un œil relativement indifférent qu’on suit ce film qu’on aurait aimé plus violent, plus stylisé, moins propret. On décèle çà et là des éclairs de réussite, comme ce « showdown » final renvoyant à « ROLLING THUNDER » ou « LES ANGES DE LA NUIT », mais tout cela reste au ras des pâquerettes et ne va jamais au fond des choses. Même la relation amour/haine entre le flic et la balance n’est pas approfondie alors qu’elle aurait dû être au cœur de l’histoire. Si Matt Dillon manque comme toujours d’épaisseur et semble se cacher derrière sa pilosité luxuriante, on a plaisir à retrouver Dafoe en ‘tough guy’ énervé. Son personnage n’est pas très bien dessiné (il a une curieuse scène avec son père malade devant le commissariat, qui semble échappée d’un autre scénario), mais l’acteur a toujours de la gueule. Dans le rôle du parrain néonazi implacable à l’élégance surannée, et à l’accent français bizarroïde, Berenger paraît plus habité qu’il ne l’a été depuis bien longtemps. On applaudit à sa bagarre avec Dafoe à poings nus, qui vient nous rappeler que « PLATOON » c’était il y a trente ans, et que les vétérans se portent à merveille. « BAD COUNTRY » peut se laisser regarder distraitement, à condition de ne rien en attendre d’extraordinaire.

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WILLEM DAFOE ET TOM BERENGER