RSS

Archives de Catégorie: LES FILMS DE NICOLAS CAGE

« THE SURFER » (2024)

Tourné en Australie par l’Irlandais Lorcan Finnegan, « THE SURFER » est une véritable curiosité, un bad trip dans l’âme d’un Américain (Nicolas Cage) revenu sur les lieux de son enfance pour racheter la maison de sa famille au-dessus de la plage.

À peine arrivé, Cage est violemment rejeté par une secte de surfeurs locaux, menés par le charismatique gourou Julian McMahon. De jour en jour ou de semaine en semaine, on ne sait pas vraiment, Cage va être isolé, dépouillé de tout, assoiffé et affamé, jusqu’à ressembler à ces clochards hirsutes et à moitié fous qui errent dans les environs. Est-il réellement en train de vivre toute cette descente aux enfers ou n’est-ce qu’un retour en arrière dans son inconscient ? Il revoit le suicide de son père quand il était ado, il participe à des rituels d’initiation pour entrer dans le « culte », mais semble toujours se débattre dans un rêve éveillé. Cage traduit parfaitement cet état de semi-somnambulisme, d’hébétude, qui laisse à penser qu’il n’a en réalité jamais remis les pieds sur cette plage inaccessible, qui lui est aujourd’hui interdite. Reste à savoir s’il s’agit d’un pur délire paranoïaque, d’un cauchemar très élaboré, ou d’une tentative désespérée de sortir de ses traumatismes d’enfance. C’est très bien filmé, Cage dans un de ses bons jours, occupe l’espace avec intensité et énergie. Le regretté McMahon, décédé l’année suivante, est exceptionnel dans ce personnage bigger than life, mégalo et pervers. Un film bizarre, pas toujours d’une folle clarté, mais où il est possible de se laisser submerger sans trop se poser de questions.

NICOLAS CAGE ET JULIAN McMAHON
 

« DREAM SCENARIO » (2023)

Écrit et réalisé par le Norvégien Kristoffer Borgli, « DREAM SCENARIO » fait partie de ces films destinés aux festivals et qui fait (un peu) penser au travail de Michel Gondry.

Nicolas Cage, professeur d’université sans ambition, commence à apparaître dans les rêves de… toute l’humanité. C’est au début étrange mais plaisant, il devient un centre d’attention. Mais soudain, il se transforme en serial killer – toujours dans les rêves – et il est rejeté par tout le monde, même sa propre famille. Le démarrage est tellement intrigant et déjanté, qu’on reste suspendu au déroulement de cette folle aventure, jusqu’à ce que le film se mette à rabâcher, à piétiner et à perdre le spectateur en route. En fait, on se rend compte trop vite que l’histoire va tourner en rond et qu’il n’y aura aucune explication. Cage, enfin débarrassé de tout ajout capillaire, est quasiment méconnaissable en quidam velléitaire et médiocre, qui devient d’abord une idole puis finit en paria surnommé Freddy Krueger ! Il a de bons moments, accepte des scènes très embarrassantes, comme cette amorce d’adultère avec une jeune femme excitée par ses rêves érotiques avec lui, qui s’achève en éjaculation précoce doublée de flatulences. On ne pourra pas lui reprocher d’être frileux pour le choix de ses rôles ! À ses côtés, une distribution sans grand relief malgré la présence de l’excellente Julianne Nicholson (qui ressemble étonnamment à une jeune Shirley MacLaine) en épouse de moins en moins stoïque ou Dylan Baker en vieil ami snob et couard. « DREAM SCENARIO » est donc – malgré la sympathie qu’il peut susciter – une déception. Trop abscons, pas suffisamment drôle, et dont le discours qui se veut satirique sur les médias et les dérapages informatiques tombe à plat. Dommage…

NICOLAS CAGE
 

« LONGLEGS » (2024)

Écrit et réalisé par Osgood Perkins, fils d’Anthony, « LONGLEGS » se place ouvertement dans la lignée du « SILENCE DES AGNEAUX », avec son serial killer et sa jeune agente du FBI comme protagonistes. On sent une volonté d’originalité trop ostentatoire dès le début et on se lasse vite d’une image ingrate au format changeant et filmée en focales courtes.

C’est extrêmement lent, nettement prétentieux, pas toujours très clair dans le déroulement de l’enquête, les personnages n’ont aucune épaisseur et on suit tout cela d’un œil indifférent, voire somnolent. L’héroïne, la peu expressive Maika Monroe, est une « rookie » dotée de pouvoirs psychiques lui permettant de « sentir » les suspects (idée pas suffisamment exploitée), qui est liée, sans le savoir, au tueur surnommé « Longlegs » (Nicolas Cage) qui massacre des familles entières sans jamais se rendre sur les lieux du crime. Comment ? C’est bien tout le problème de ce scénario abscons, laborieusement développé : on s’en fiche ! Pour passer le temps – qui semble très long – on essaie de comprendre la démarche de Cage (également producteur), qui s’est rendu tellement méconnaissable, qu’il ressemble à… Mickey Rourke. Avec son visage entièrement recouvert de prothèses, son affreuse perruque pendouillante, il adopte une horripilante voix haut-perchée. On ne comprend rien à ce personnage, ni à ses origines, ni à son but, cela se voudrait une sorte de Charles Manson revu et corrigé par un émule de David Lynch. On reconnaît Blair Underwood en agent du FBI, Alicia Witt la seule à faire une composition intéressante, dans le rôle de la mère de notre héroïne possédée par le démon. Quand le film s’achève, on a la curieuse sensation de n’avoir rien vu, comme un rêve qui se dissipe dès qu’on se réveille.

NICOLAS CAGE
 

« RENFIELD » (2023)

« RENFIELD » de Chris McKay, basé sur le personnage créé par Bram Stoker dans son roman « DRACULA », est une tentative de mélange de genres partant tous azimuts, pour un résultat disons… inégal.

Au 21ème siècle, toujours esclave du comte, Renfield (Nicholas Hoult) lui fournit des corps pour se nourrir, mais décide de se défaire de cette emprise toxique. Il rencontre une petite fliquette hargneuse (Awkwafina) et doit affronter un gang de narcotrafiquants féroces menés par la redoutable Shohreh Aghdashloo qui s’associe à Dracula (Nicolas Cage). Le postulat de départ est déjà particulièrement dur à avaler, mais le ton adopté, faisant feu de tout bois, finit de désorienter le public le plus friand des films de vampires. On passe du gros comique qui tache aux effusions les plus gore, en passant par des touches d’émotion et des gunfights et bastons dignes d’un film de Hongkong. Que tout cela se mixe harmonieusement tiendrait du miracle et… il n’en est évidemment rien. C’est le plus souvent ridicule, laborieux, voire pénible et seuls certains comédiens attisent le minimum de curiosité requis pour aller jusqu’au bout. Hoult est sympathique en larbin candide et malmené qui utilise les insectes comme potion magique, Awkwafina est pour le moins inhabituelle avec son physique à mille lieux des canons hollywoodiens. On est toujours heureux d’entendre la voix inimitable de la belle Aghdashloo en caïd implacable. Mais la cerise sur le gâteau, c’est bien sûr Cage dans le rôle de Dracula. Lâché en roue-libre, il apparaît heureusement assez peu, ce qui permet de mieux supporter son jeu délirant et hors-contrôle. Il se délecte de jouer de ses grandes dents pointues, de jeter des œillades sataniques à ses victimes et de brailler à la moindre occasion. Le fan de « Nic » sera certainement comblé. « RENFIELD » est un film franchement raté, hystérique et vain.

NICOLAS CAGE ET AWKWAFINA
 

« FROIDE VENGEANCE » (2019)

Écrit et réalisé par Shawn Ku, « FROIDE VENGEANCE » est une des innombrables séries B que tourna Nicolas Cage à travers le monde, lors d’une période frénétique de sa carrière. Tourné au Canada, c’est un polar de vengeance aux décors assez miteux, aux seconds rôles décourageants.

Après 19 ans de prison, où il servit d’alibi à son boss qui était le véritable coupable, le voyou Cage (joué par son neveu Bailey Coppola dans les flash-backs) est libéré parce qu’il est atteint d’un mal incurable. Il retrouve son fils et entreprend de se venger de ceux qui l’ont trahi. Le scénario est d’une banalité à peine croyable, les dialogues d’une platitude inouïe et les séquences d’action – qu’il s’agisse de fusillades ou d’empoignades – sont faibles et mal réglées. On serait tenté de donner un zéro pointé à l’entreprise, s’il n’y avait ce twist qui se déroule lors d’une visite au cimetière et qui, reconnaissons-le, « cueille » complètement. C’est la seule idée valable de tout le film, mais elle est plutôt bonne. Cage, bouffi et l’œil vacant, abuse d’improvisations, d’expressions grand-guignolesques et ne semble pas concerné par ce qui se passe autour de lui. Sa relation avec une prostituée (Karolina Wydra) est ridicule. Dans cette distribution de fantômes, seul s’en sort Benjamin Bratt, qui donne un peu de chair à son personnage de traître sympathique. On ne sait pas trop à quoi peut bien servir un film comme « FROIDE VENGEANCE ». Pas à distraire le public, en tout cas. À permettre à « Nick » d’engranger quelques dollars ? Pas suffisamment pour qu’il soigne un minimum son interprétation ! Les complétistes de l’acteur déjanté seront au rendez-vous et trouveront sûrement quelques plans de leur idole pour les contenter. Les autres, qu’ils ne se dérangent pas…

NICOLAS CAGE, BENJAMIN BRATT, NICOLE MUÑOZ ET KAROLINA WYDRA
 

« THE FLASH » (2023)

« THE FLASH » d’Andy Muschietti, inspiré d’un comics DC, se focalise sur le plus jeune des membres de la Justice League of America, Barry Allen (Ezra Miller), pas encore tout à fait accoutumé à son superpouvoir, à savoir, une vitesse phénoménale capable de faire remonter dans le temps et de modifier l’Histoire.

Alors que sa mère (Maribel Verdú) a été assassinée et son père (Ron Livingstone) accusé à tort, Barry va remonter jusqu’au jour fatidique pour empêcher ce malheur. Mais il tombe sur une version teenager de lui-même et… perd ses pouvoirs ! À partir de là, le scénario prend de l’ampleur, introduisant des univers parallèles, des super-méchants venus de Krypton et même le personnage de Batman. D’abord celui de Ben Affleck mais aussi celui de… Michael Keaton pour finir par celui de George Clooney ! Il faut s’accrocher un peu pour suivre, mais le scénario est lisible, truffé d’enjeux intéressants, les CGI sont inédits (les courses folles des deux Flash) et de protagonistes attachants. Sans oublier l’humour, pas trop potache, qui permet au film d’échapper au ridicule. On se laisse porter pendant 144 minutes, les séquences d’action sont bel et bien là, pour le fan irréductible, mais pas trop longues ni envahissantes. Le happening final, dans un délire orgiaque d’effets numériques, fait se croiser tous les avatars de Superman (George Reeves, Christopher Reeve ressuscité et même Nicolas Cage dans un film qui n’a pourtant jamais été tourné !) et de Batman depuis Adam West jusqu’à Clooney dans un caméo sympathique. On s’amuse des face à face entre les deux Barry très bien dialogués, on s’émeut de revoir Keaton « back from the dead » et les retrouvailles entre le Flash et sa maman dans un supermarché sont touchantes. En passant le générique de fin, on a même l’apparition en bonus d’Aquaman/Jason Momoa ivre-mort. Cela reste un film de super-héros, certes, mais qui a su trouver un juste équilibre.

EZRA MILLER
 

« UN TALENT EN OR MASSIF » (2022)

Écrit et réalisé par Tom Gormican, « UN TALENT EN OR MASSIF » part d’une idée amusante sans être d’une folle originalité : l’acteur Nicolas Cage, au bout du rouleau, totalement ringardisé, se retrouve embarqué dans une aventure en Espagne à cause d’un narcotrafiquant (Pedro Pascal) qui est son fan n°1.

Le choix de Cage n’a pas grande importance, n’importe quelle star déchue aurait fait l’affaire. Mais le bonhomme est indéniablement sympathique, prêt à tous les délires et ses face à face avec lui-même dans une version « cuir noir » sont vraiment drôles. Le problème du scénario est qu’il part dans tous les sens. Au niveau de la narration, qui part du burlesque en autodérision, se poursuit en drame familial, en histoire d’amitié entre hommes et s’achève en blockbuster cathartique. Les personnages étant tous caricaturaux, sans épaisseur humaine, le film se laisse voir avec indulgence, mais sans passion et devient de moins en moins captivant en avançant. Reste Cage attachant en anti-héros constamment débordé, qui accepte élégamment de se moquer cruellement de lui-même et de sa carrière. Pascal est très bien aussi en faux méchant un peu benêt, Sharon Horgan parfaite en ex-épouse pas trop bâclée à l’écriture. On aperçoit Demi Moore à la fin, jouant le rôle de celle-ci dans le film tiré de leur aventure hispanique (oui, oui… mise en abyme). Impossible d’en vouloir à un tel film qui traduit un amour des acteurs, d’un cinéma d’action révolu (nos deux héros discutent de leur aversion des CGI). Mais le temps paraît souvent long, les péripéties sont prévisibles beaucoup trop à l’avance et les seconds rôles n’ont aucun intérêt. À voir pour quelques répliques bien senties et de jolis paysages. Déjà pas mal…

NICOLAS CAGE, SHARON HORGAN ET PEDRO PASCAL
 

« RUSTY JAMES » (1983)

Écrit et réalisé par Francis Ford Coppola d’après le roman de S.E. Hinton, « RUSTY JAMES » est un film très particulier, hanté par le cinéma de Nicholas Ray et le mythe James Dean. La présence de Dennis Hopper, qui jouait dans « LA FUREUR DE VIVRE » n’est certainement pas due au hasard.

Vivant dans l’idolâtrie de son frère aîné (Mickey Rourke), le jeune voyou Matt Dillon, lent d’esprit mais attachant, le voit sombrer dans une dépression morbide et suicidaire. Porté par le noir & blanc sublime de Stephen H. Burum, enrobé d’une bande-son saturée de bruits étranges, de musiques dissonantes et cadré à la courte focale déformante, le film envoûte dès les premiers plans de nuages filant dans le ciel. Mais il n’a pas spécialement bien vieilli et finit par sonner le creux, voire à irriter parfois tant il est maniéré. Si Dillon – omniprésent – est lassant dans son imitation appuyée du jeu « Actors Studio », Rourke crève l’écran dans le rôle qui fit de lui une star. Il joue un loubard vieilli avant l’âge, daltonien, revenu de tout et usé, alors qu’il n’a que 21 ans. Un personnage calciné de l’intérieur au bord du gouffre, qu’il incarne tout en douceur. Autour d’eux, un excellent cast de seconds rôles : Hopper en père ivrogne, Larry Fishburne, Chris Penn, Nicolas Cage en glandeurs. William Smith est formidable en flic-Terminator implacable. On aperçoit aussi la toute jeune Diane Lane, Diana Scarwid en junkie pathétique et Sophia Coppola enfant, en petite sœur casse-pied. On ne sait pas très bien à quelle époque se passe « RUSTY JAMES », les années 50 ou 60 probablement, mais filmées comme dans un rêve magnifié. Si la facture est toujours aussi bluffante quatre décennies plus tard, le fond a vraiment perdu de son romantisme noir et semble aujourd’hui bien naïf. Mais la forme ayant largement supplanté le fond, le film vaut tout de même le coup d’œil.

MMICKEY ROURKE, DENNIS HOPPER, MATT DILLON, VINCENT SPANO ET NICOLAS CAGE
 

« PRÉDICTIONS » (2009)

« PRÉDICTIONS » d’Alex Proyas bénéficie d’un scénario assez rigoureux, même si pas toujours d’une folle clarté, et de gros moyens, particulièrement dans la seconde partie au suspense de plus en plus stressant.

Il y a 50 ans des écoliers ont enterré des messages dans une capsule temporelle. Quand elle est exhumée en 2009, le scientifique Nicolas Cage découvre une feuille couverte de chiffres et comprend rapidement qu’ils avertissent des plus grosses catastrophes à venir et très probablement de la date exacte de l’apocalypse. On pense à « RENCONTRE DU TROISIÈME TYPE », à « INDEPENDENCE DAY », mais les auteurs n’ont pas joué les copieurs, ils ont bien campé leur action allant crescendo et leurs personnages, tous doté d’une belle humanité. Cage, sobre et intense, vivait ses dernières années de vedettariat et se montre émouvant en père veuf d’un petit garçon qui semble recevoir des messages de l’au-delà. Rose Byrne est très bien, même handicapée par un rôle moins bien écrit et parfois très irritant. Malgré ses presque deux heures, « PRÉDICTIONS » ne connaît aucun temps mort et ses morceaux de bravoure ne déçoivent nullement. On pense au crash aérien vu « de l’intérieur », vraiment saisissant, au déraillement du métro à New York tout aussi réussi, sans même mentionner la vision dantesque de la terre dévorée par les flammes de l’enfer. Rien que pour ses moments-choc, le film vaut la peine d’être vu, car il a l’intelligence de ne pas s’en contenter. La présence progressive des aliens, d’abord inquiétants puis salvateurs, est très justement amenée et le final qui évoque le film de Spielberg évoqué plus haut, ne lui est pas inférieur. Étonnante et réjouissante surprise donc que ce film signé par un réalisateur très inégal mais jamais totalement inintéressant. Celui-ci est peut-être son meilleur…

NICOLAS CAGE ET ROSE BYRNE
 

« RED ROCK WEST » (1993)

Écrit et réalisé par John Dahl, « RED ROCK WEST » est un néo-film noir, genre très à la mode dans les années 80-90, avec des films comme « SANG POUR SANG », « U-TURN » ou « HOT SPOT ». Cela se déroule généralement dans des trous perdus du Texas ou autre, avec peu de personnages, des tueurs à gages, des maris jaloux et des femmes fatales.

Ce sont exactement les ingrédients qui composent « RED ROCK WEST », où un ex-marine à la dérive (Nicolas Cage) se fait passer pour un exécuteur auprès d’un shérif ripou (J.T. Walsh) qui l’enrôle pour tuer sa femme (Lara Flynn Boyle). Évidemment, tout se complique quand débarque le véritable hitman (Dennis Hopper). C’est très bien photographié, la BO est parfaitement adéquate, les paysages désolés sont au diapason. Il règne une sorte d’humour noir : les incessants retours forcés de Cage à Red Rock, malgré ses vains efforts pour en partir, deviennent drôles, ainsi que le numéro over the top de Hopper avec son stetson et ses bagouzes. Cage, jeune et encore chevelu, est l’anti-héros idéal, pas spécialement intelligent mais opportuniste, malchanceux et aisément manipulable pour Boyle, véritable mante-religieuse sans scrupule. Walsh est formidable, comme toujours, en salopard assermenté. Sans chercher à renouveler ce sous-genre très codifié, Dahl apporte son savoir-faire sans esbroufe et sait ne pas faire durer inutilement le plaisir. Son film fait à peine plus de 90 minutes et demeure donc tendu et nerveux, jusqu’au dénouement sanglant dans l’enceinte d’un cimetière où est dissimulée une fortune dans une des tombes : clin d’œil au « BON, LA BRUTE, LE TRUAND » ? Même si quelques détails l’ancrent dans son époque de tournage, « RED ROCK WEST » n’a pas trop vieilli et s’avère efficace, cynique et amoral, comme tous les bons films noirs.

NICOLAS CAGE, LARA FLYNN BOYLE ET DENNIS HOPPER