Tourné en Australie par l’Irlandais Lorcan Finnegan, « THE SURFER » est une véritable curiosité, un bad trip dans l’âme d’un Américain (Nicolas Cage) revenu sur les lieux de son enfance pour racheter la maison de sa famille au-dessus de la plage.
À peine arrivé, Cage est violemment rejeté par une secte de surfeurs locaux, menés par le charismatique gourou Julian McMahon. De jour en jour ou de semaine en semaine, on ne sait pas vraiment, Cage va être isolé, dépouillé de tout, assoiffé et affamé, jusqu’à ressembler à ces clochards hirsutes et à moitié fous qui errent dans les environs. Est-il réellement en train de vivre toute cette descente aux enfers ou n’est-ce qu’un retour en arrière dans son inconscient ? Il revoit le suicide de son père quand il était ado, il participe à des rituels d’initiation pour entrer dans le « culte », mais semble toujours se débattre dans un rêve éveillé. Cage traduit parfaitement cet état de semi-somnambulisme, d’hébétude, qui laisse à penser qu’il n’a en réalité jamais remis les pieds sur cette plage inaccessible, qui lui est aujourd’hui interdite. Reste à savoir s’il s’agit d’un pur délire paranoïaque, d’un cauchemar très élaboré, ou d’une tentative désespérée de sortir de ses traumatismes d’enfance. C’est très bien filmé, Cage dans un de ses bons jours, occupe l’espace avec intensité et énergie. Le regretté McMahon, décédé l’année suivante, est exceptionnel dans ce personnage bigger than life, mégalo et pervers. Un film bizarre, pas toujours d’une folle clarté, mais où il est possible de se laisser submerger sans trop se poser de questions.