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Archives de Catégorie: LES FILMS DE FRANCO NERO

« UN CITOYEN SE REBELLE » (1974)

« UN CITOYEN SE REBELLE » d’Enzo G. Castellari est sorti la même année que « UN JUSTICIER DANS LA VILLE ». On sait le cinéma italien de série B prompt à s’emparer des modes et des succès. Là, on peut dire qu’il a été TRÈS rapide !

Dès le départ, le scénario est brinqueballant : pris en otage pendant un hold-up, l’ingénieur Franco Nero est tabassé par les ravisseurs qui prennent ensuite le large. Devant l’impuissance de la police, Nero décide de retrouver ses… tabasseurs. En effet, il n’y a personne à venger dans cette histoire, hormis l’ego meurtri de notre anti-héros rancunier. Cela dévitalise pas mal la suite des événements, vu que l’enjeu dramatique est proche de zéro ! Nero ne joue pas un justicier implacable, mais un type lambda, toujours à cran, franchement incompétent dans son enquête ou dans les scènes d’action et pour tout dire, pas très intelligent. Il est flanqué d’un sympathique voyou (Giancarlo Prete) avec lequel il noue une amitié improbable. Ensemble, ils vont remonter la piste des braqueurs, se prendre encore quelques raclées en passant et finir leur parcours dans un hangar désaffecté – lieu de prédilection de ce genre de showdown – pour une fusillade interminable, où notre ingénieur se met à tirer comme un champion. Castellari et ses auteurs présentent la ville de Gênes comme une antichambre de New York, en proie aux malfaiteurs de tous genres, maniant la mitraillette en plein jour et laissant la police sur le bas-côté de la route. Malgré toute la volonté du monde, impossible de se passionner pour cet ersatz mal écrit, handicapé par une des pires BO des frères De Angelis et une photo déprimante. Même le minois de Barbara Bach ne suffit pas à justifier la vision de la chose. À l’arrivée, on se demande encore ce que voulait raconter « UN CITOYEN SE REBELLE » : que la vengeance est absurde et ne résout rien ou que l’homme de la rue doit acheter des armes et apprendre à se défendre tout seul ?

FRANCO NERO, GIANCARLO PRETE ET BARBARA BACH
 

« TECHNIQUE D’UN MEURTRE » (1966)

Écrit et réalisé par Francesco Prosperi, « TECHNIQUE D’UN MEURTRE » est un film international de tueur-à-gages tourné en Italie et aux U.S.A. et offrant à un second rôle américain, Robert Webber, le personnage central.

À cause d’une photo hideuse, d’une BO démoralisante, d’incessants coups de zoom et d’un montage complètement relâché, « TECHNIQUE… » est pratiquement impossible à visionner jusqu’au bout aujourd’hui. Mais étonnamment, certaines idées de cadrages ou de situations annoncent de bien meilleurs films comme « LE POINT DE NON-RETOUR » (la façon de filmer Webber en train de marcher) ou « LE FLINGUEUR » (le tueur usé et le jeune apprenti) dont il apparaît comme un brouillon bâclé entre deux portes. Dominé par Webber, qui n’a pourtant pas un rôle très écrit ou chargé de mythologie « film noir », le film n’en finit pas de finir, s’étire jusqu’à l’insupportable et aligne les séquences hors-sujet et les bagarres mal réglées. Par moments, on se croirait dans un vieux polar avec Eddie Constantine ou même… un Fantômas ! Aux côtés du hitman-en-chef, Franco Nero affublé d’un gilet rose ridicule et de lunettes obstruant son célèbre regard, joue un sidekick qu’on devine pas très fiable dès sa première apparition. On peine à croire que son film suivant sera « DJANGO » où il débordait de charisme. Dans l’unique personnage féminin, la Française Jeanne Valérie est d’une invraisemblable gaucherie. Drôle de chose donc que ce « TECHNIQUE D’UN MEURTRE » tellement mal fichu qu’il n’a même pas acquis une patine quelconque avec l’âge. C’est une pauvre Série Noire apatride dont le seul intérêt – nous l’avons dit – et d’avoir exploité quelques idées alors inédites, qu’on retrouvera bientôt dans des classiques du genre. Et le plaisir de voir Webber dans un de ses seuls rôles en tête d’affiche.

ROBERT WEBBER, FRANCO NERO ET JEANNE VALÉRIE
 

« L’EXORCISTE DU VATICAN » (2023)

« L’EXORCISTE DU VATICAN » de Julius Avery est inspiré d’un personnage réel, Gabriele Amorth, qui fut l’exorciste-en-chef directement dépêché par le pape pour des cas de possession diabolique.

Dans le film, Amorth doit affronter un démon, dans une vieille abbaye espagnole, qui a possédé un petit garçon. Son but ? Attirer le prêtre et posséder son âme afin de s’infiltrer dans l’Église et la détruire de l’intérieur. Tiré par les cheveux ? À peine ! Le problème majeur de ce genre d’histoires est qu’elles retombent systématiquement dans les travées du chef-d’œuvre de William Friedkin et qu’on se retrouve devant des situations vues et revues dix fois : le possédé ligoté au lit, la voix caverneuse, les messages sanglants s’inscrivant sur sa peau, etc. Difficile de prendre cela au sérieux aujourd’hui, d’autant plus que Russell Crowe, qui ressemble davantage à Bud Spencer qu’à Max Von Sydow, prend l’affaire à la légère. Il s’amuse beaucoup à jouer ce chasseur de démons roulant en Vespa, à l’œil qui frise, amateur de whisky et de mauvaises plaisanteries, ce qui est fort sympathique. Le problème est qu’il désamorce complètement toute peur ou angoisse que tente de distiller le réalisateur. Son tandem avec le jeune Daniel Zovatto n’est pas très passionnant et le reste de la distribution est d’une insigne médiocrité. Le cinéphile nostalgique sera heureux de revoir l’inoxydable Franco Nero incarnant un pape inquiet. C’est d’ailleurs lui qui crache un geyser de sang au visage d’un évêque, comme le faisait Linda Blair avec sa bile verte. Curieux clin d’œil… « L’EXORCISTE DU VATICAN » n’est pas un désastre et se laisse vaguement regarder, mais on n’y entre pas une seconde, on passe le temps à comptabiliser les clichés et à se dire, une fois encore, que n’est pas Friedkin qui veut.

RUSSELL CROWE, FRANCO NERO ET DANIEL ZOVATTO
 

« CONFESSION D’UN COMMISSAIRE DE POLICE AU PROCUREUR DE LA RÉPUBLIQUE » (1971)

Écrit et réalisé par Damiano Damiani, « CONFESSION D’UN COMMISSAIRE DE POLICE AU PROCUREUR DE LA RÉPUBLIQUE » s’inscrit dans la vague des « polars politiques » très en vogue depuis les films de Francesco Rosi et le récent succès de « Z ».

Il s’agit, en filigrane, d’une affaire de corruption au plus haut niveau du pouvoir, impliquant promoteurs immobiliers pourris et magistrats véreux. Mais, si le film s’enlise fréquemment dans des tunnels dialogués, il fait heureusement la part belle à la confrontation des deux personnages cités dans le titre : Martin Balsam, flic usé et révolté, qui va franchir le pas et devenir une sorte de vigilante en s’attaquant directement aux malfaiteurs et Franco Nero, jeune procureur incorruptible qui tente de le démasquer. Grâce à la finesse des deux acteurs dans des rôles intelligemment fouillés, ce n’est jamais manichéen, les ennemis finissent par se comprendre, voire s’estimer. Le désir de justice « sauvage » de Balsam est justifié par des flash-backs concernant l’assassinat, dix ans plus tôt, d’un ami syndicaliste, quant à Nero, c’est un individu un peu trouble, un fils-à-maman souffrant apparemment de troubles œdipiens. Leurs confrontations font tout le sel du film et aident à supporter d’interminables séquences d’enquêtes, d’interrogatoires et de seconds rôles, comme Marilù Tolo, sans aucune épaisseur. Luciano Catenacci est excellent en ordure haïssable dont on espère qu’il sera prestement éliminé. « CONFESSION… » est un bon film mêlant plus ou moins adroitement polar et pamphlet politique. Le duo de vedettes vaut certainement le coup d’œil, mais quand arrive le dénouement, on ressent comme une sorte de soulagement tant le dialogue touffu et ininterrompu finit par devenir soûlant.

MARTIN BALSAM ET FRANCO NERO
 

« LE TEMPS DU MASSACRE » (1966)

« LE TEMPS DU MASSACRE » est une des rares incursions de Lucio Fulci – spécialiste de l’horreur – dans le western. Tourné dans la campagne italienne, censée représenter le Texas et le Nouveau-Mexique, le film est d’une facture assez moyenne, compensée par un scénario judicieusement bâti et d’un trio de jeunes premiers en bonne forme.

Appelé en urgence dans sa maison natale, Franco Nero s’aperçoit que son frère (George Hilton) est devenu ivrogne depuis que leur propriété a été volée par le potentat local. Le film met un moment à démarrer, les deux héros prennent un temps fou à se déclencher, mais on ne décroche pas et ce, malgré une BO difficilement supportable. Le personnage de Nero est physiquement calqué sur « l’homme sans nom » de Leone, de la coiffure d’Eastwood, à sa barbe naissante, sa veste en mouton retourné et sa façon d’allumer son cigarillo. Mais Nero n’a rien d’un surhomme, ni d’un homme de nulle part et il en apprendra long sur ses origines pendant le déroulement de l’histoire. Hilton s’en donne à cœur-joie en borrachón constamment hilare mais tirant étonnamment droit. Le duo avec Nero fonctionne plutôt bien. Mais la vraie surprise vient du bellâtre Nino Castelnuovo, vu deux ans plus tôt dans « LES PARAPLUIES DE CHERBOURG » et qui joue ici un fils-à-papa totalement cinglé, au sadisme raffiné. Il est franchement inquiétant dans la longue séquence où il massacre Nero à coups de fouet. « LE TEMPS DU MASSACRE » souffre de nombreuses scories, comme un manque flagrant de recherche dans les extérieurs qui font tout, sauf américains, dans les costumes proprets et fraîchement repassés et dans un abus de coups de zoom qui n’arrange rien. Mais le film se situe dans la bonne moyenne du genre et se laisse regarder avec nostalgie. Ne serait-ce que pour le bruitage des coups de poing, qui claquent encore plus que le fouet. Et aussi pour ce vieux Chinois pianiste, forgeron et croque-mort, qui semble échappé d’un Lucky Luke !

FRANCO NERO, GEORGE HILTON ET NINO CASTELNUOVO
 

« L’OURAGAN VIENT DE NAVARONE » (1978)

17 ans après « LES CANONS DE NAVARONE » et toujours d’après un roman d’Alistair MacLean, Guy Hamilton en tourne une sequel située quelques mois après le premier avec un tout nouveau casting. Seuls protagonistes revenants : Robert Shaw et Edward Fox remplaçant Gregory Peck et David Niven.

« L’OURAGAN VIENT DE NAVARONE », tourné en Yougoslavie, réunit des acteurs de récents blockbusters : Shaw (« LES DENTS DE LA MER »), Carl Weathers (« ROCKY »), Barbara Bach et Richard Kiel (« L’ESPION QUI M’AIMAIT ») et même Harrison Ford (« LA GUERRE DES ÉTOILES ». Tout ce petit monde est chargé de détruire un pont stratégique en 1943. Le scénario consacre énormément de temps à présenter les personnages, à fomenter des plans, à lancer des fausses-pistes contre des traîtres. Le problème est que le spectateur a souvent plusieurs trains d’avance sur les héros et que cela tue le suspense. Si on ajoute que les séquences de nuit sont beaucoup trop nombreuses et anesthésient l’attention, on a devant soi deux bonnes grosses heures pas très captivantes, en partie sauvées par une dernière demi-heure plus enlevée et des extérieurs qui flattent l’œil. Shaw et Fox jouent bizarrement sur un ton de semi-comédie en accentuant leur côté « british », Franco Nero est très bien en agent triple, Weathers tient un rôle à la Jim Brown et le jeune Ford peine à imprimer la pellicule dans un personnage mal défini. On peut s’amuser du numéro de grizzly éructant de Richard Kiel, regretter que Miss Bach soit si peu utilisée (elle s’octroie tout de même le temps de prendre un bain !) et que la photo soit si quelconque, tout comme la BO d’ailleurs. En somme, une sequel pas très nécessaire mais nullement déshonorante qui a si peu de relation avec le film de J. Lee-Thompson qu’il n’était pas indispensable de les relier entre eux pendant le prologue.

FRANCO NERO, ROBERT SHAW, HARRISON FORD, CARL WEATHERS, BARBARA BACH ET RICHARD KIEL
 

« ET VIVA LA RÉVOLUTION ! » (1971)

Le film aurait dû s’intituler « LE PRINCE, L’IRLANDAISE ET LE TRUAND », tant Duccio Tessari s’est inspiré du chef-d’œuvre de Sergio Leone pour signer son « ET VIVA LA RÉVOLUTION ! ». Jusqu’à embaucher Eli Wallach, le señor Tuco en personne, pour jouer un bandido mexicain truculent partageant le secret de la cache d’un trésor avec un gringo. Faute de Clint occupé par ailleurs et ayant déjà donné, c’est Franco Nero qui s’y est collé.

On retrouve également des accents de « COMPAÑEROS » de Corbucci et de « EL CHUNCHO » pour l’aspect « éveil à la conscience politique » du peone. C’est dire si ce « Zapata western » n’a rien d’original. En soi, ce ne serait pas rédhibitoire, si Tessari n’avait pas autant bâclé le travail. La réalisation est bancale, torchée au zoom, la BO est positivement atroce, les extérieurs espagnols sont d’une tristesse à pleurer. Quant au montage, il est flasque, étiré au possible, faisant durer pratiquement deux heures un film qui aurait dû en faire un bon tiers de moins. Que dire de positif alors de « ET VIVA LA RÉVOLUTION ! » ? Le tandem Nero/Wallach fonctionne étonnamment bien, même si on sent les deux comédiens livrés à eux-mêmes. Mais ils ont du métier à revendre. Wallach en pleine forme à 61 ans, refait son numéro rodé de fripouille sympathique à sombrero, rendu célèbre par « LES 7 MERCENAIRES » ou le film de Leone. Il se démène, manie son fusil à canon scié qui explose cinq ennemis à chaque décharge en riant de ce rire qui n’appartient qu’à lui. Nero, très en verve, joue un prince russe exilé, un mercenaire aux manières fleuries et à la voix flûtée, amateur invétéré de vodka. Ils sont très bien secondés par Lynn Redgrave en journaliste irlandaise et passionaria révolutionnaire, qui leur colle aux basques et les aide plus d’une fois à sortir de mauvais pas. On reconnaît quelques visages familiers du genre comme Eduardo Fajardo en général faux-jeton et Victor Israel couvert de cicatrices. « ET VIVA LA RÉVOLUTION ! » est long, lent, très mou, mais le fan de Tuco ne pourra pourtant pas se passer d’en retrouver le fantôme le temps de quelques séquences.

À noter : Lynn Redgrave était la sœur de Vanessa Redgrave, ce qui en faisait donc la belle-sœur de Franco Nero.

FRANCO NERO, LYNN REDGRAVE, ELI WALLACH ET EDUARDO FAJARDO
 

« LETTRES À JULIETTE » (2010)

JULIET« LETTRES À JULIETTE » de Gary Winick fait partie de ces films ultra-formatés, dont on sait, rien qu’en le visionnant qu’on n’aura pas grand-chose à en dire. C’est une « rom-com » touristique de plus, dont l’unique intérêt est la partie road-movie qui nous fait visiter Vérone et la campagne italienne de fond en comble, ce qui n’est jamais désagréable.

À part ça ? Une histoire simplette, totalement invraisemblable (en 24 heures, la lettre de notre héroïne a le temps d’être délivrée en Angleterre et la destinataire a le temps d’arriver en Italie !), une petite fable puérile sur l’amour fou qui survit aux années. Amanda Seyfried – qu’on a rarement vue aussi bien photographiée – accompagne Vanessa Redgrave à la recherche de son amant perdu de vue il y a… 50 ans. On déambule donc de village en village, de déception en déception. Jusqu’aux retrouvailles finales dégoulinantes de bons sentiments. Selon l’humeur, on pourra prendre le film pour une balade inoffensive et ensoleillée ou pour un pensum à l’écriture bâclée et aux péripéties ridicules. Seyfried est drôle et fraîche, Gael Garcia Bernal est désolant dans le rôle de son fiancé agité à l’accent italo-espagnol improbable, on aperçoit Oliver Platt dans deux séquences et on s’afflige d’entrevoir Fabio Testi, quelques secondes, filmé en profil perdu, le temps d’une seule réplique. S’il existe une seule et unique raison de s’infliger ce film, ce sera pour les retrouvailles de Redgrave et Franco Nero, couple à la ville depuis les années 60 et qui ont tourné une douzaine de films ensemble. Malgré la bêtise de leurs répliques, l’embarras des situations qu’on leur donne à jouer, les deux vétérans illuminent l’écran dès qu’ils sont ensemble et justifient qu’on voie ces « LETTRES À JULIETTE ». C’est toujours mieux que rien !

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VANESSA REDGRAVE ET FRANCO NERO

 

« DJANGO UNCHAINED » (2012)

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JAMIE FOXX

Hormis la chanson du générique et la présence dans un caméo de Franco Nero, « DJANGO UNCHAINED » écrit et réalisé par Quentin Tarantino, n’a aucune relation avec le spaghetti western « DJANGO » de Sergio Corbucci et n’en est en aucune façon le remake.DJANGO.jpg

Ceci établi, si on est prêt à voir un western de près de 3 heures qui s’avère n’être pour finir qu’un pamphlet naïf et jouissif contre l’esclavage, le film peut procurer un réel plaisir et offre quelques morceaux de bravoure assez épatants. Comme il avait réécrit l’issue de la WW2 et inventé un commando de Juifs vengeurs dans « INGLOURIOUS BASTERDS », Tarantino conçoit ici un esclave insoumis qui prend les armes contre l’homme blanc et venge son peuple tout entier dans un apocalyptique showdown final. Pourquoi le film dure-t-il aussi longtemps ? Tout simplement parce que l’auteur aime s’écouter écrire et qu’il s’attarde (parfois complaisamment) dans des échanges dialogués interminables et – heureusement – souvent excellents. Et aussi parce qu’il laisse le champ libre à Christoph Waltz, fabuleux en chasseur de primes teuton élégant au langage fleuri. Bien qu’il tienne le rôle-titre, Jamie Foxx est un peu éclipsé par son partenaire, jusqu’à la fin où il prend enfin un vrai relief. Le casting est éblouissant jusqu’au plus petit rôle : Leonardo DiCaprio qui n’a jamais été meilleur qu’en ignoble esclavagiste poupin. Il parvient à générer une tension quasi-insoutenable dans les longues séquences à « Candyland ». Samuel L. Jackson, grimé en faux « Oncle Tom » est, lui aussi, superbe d’ambivalence. On reconnaît, parfois difficilement, des gueules comme Bruce Dern, Don Stroud, John Jarratt, Don Johnson, Michael Parks, Jonah Hill (hilarant en KKK râleur) ou le toujours savoureux Walton Goggins. Sans oublier « QT » lui-même dans un personnage d’Australien. « DJANGO UNCHAINED » est un film immature, parfois imbu de lui-même, un peu longuet par moments, boosté par une BO iconoclaste, mais qui mérite d’être vu, ne serait-ce que pour le numéro ébouriffant de Waltz, au sommet de son charisme déliquescent.

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CHRISTOPH WALTZ, JAMIE FOXX, LEONARDO DI CAPRIO, JOHN JARRATT ET MICHAEL PARKS

À noter : Tom Wopat qui apparaît en marshal tout vêtu de noir, est un parfait sosie, à s’y méprendre, de Fred Ward.

 

« THE LOST CITY OF Z » (2017)

S’inspirant de la vie réelle de l’explorateur anglais Percival Fawcett, James Gray signe avec « THE LOST CITY OF Z » un film ample et ambitieux, en collant à son personnage jusque dans ses plus intimes contradictions.LOST

À cause de l’Amazonie, on pense bien sûr à « AGUIRRE, LA COLÈRE DE DIEU » auquel Gray rend de discrets hommages çà et là, on pense aussi au méconnu « AUX SOURCES DU NIL » et ce n’est pas toujours à l’avantage du présent film. En optant pour une photo sombre et monochrome tirant sur le vert, due au grand Darius Khondji, l’auteur tourne le dos à l’esthétisme « hollywoodien » d’œuvres comme « MISSION » ou « LA FORÊT D’ÉMERAUDE ». Les images souvent tournées façon reportage refusent l’exotisme facile ou l’emphase. Il en résulte un film certainement proche de la réalité, mais aussi lassant pour l’œil et un brin monotone à la longue. Le thème lui, est fascinant : c’est une histoire édifiante bâtie sur l’échec, sur un rêve jamais accompli, sur un destin fracturé. Et Gray retrouve son obsession des relations père-fils en donnant de l’importance à l’aîné qui accompagne son père dans une ultime expédition qui paraît bien plus fantasmée qu’authentique. Charlie Hunnam est parfait dans le rôle de Fawcett, bien entouré par Sienna Miller en épouse opiniâtre féministe avant l’heure, par Angus Macfadyen en explorateur traître haïssable ou Robert Pattinson en bras-droit étonnamment effacé. On notera la fugitive et très anecdotique apparition de Franco Nero dans un personnage déplaisant d’esclavagiste cynique. Malgré des séquences très fortes, un dialogue soigné et l’intérêt d’une belle leçon d’Histoire, « THE LOST CITY OF Z » se déroule comme un rêve, sans marquer vraiment la mémoire ni susciter de passion ou d’enthousiasme. Comme Fawcett toujours à deux doigts de toucher enfin son « El Dorado » qui s’éloigne à mesure qu’il s’en approche, on reste frustré et vaguement déçu après le mot « FIN ».