« UN CITOYEN SE REBELLE » d’Enzo G. Castellari est sorti la même année que « UN JUSTICIER DANS LA VILLE ». On sait le cinéma italien de série B prompt à s’emparer des modes et des succès. Là, on peut dire qu’il a été TRÈS rapide !
Dès le départ, le scénario est brinqueballant : pris en otage pendant un hold-up, l’ingénieur Franco Nero est tabassé par les ravisseurs qui prennent ensuite le large. Devant l’impuissance de la police, Nero décide de retrouver ses… tabasseurs. En effet, il n’y a personne à venger dans cette histoire, hormis l’ego meurtri de notre anti-héros rancunier. Cela dévitalise pas mal la suite des événements, vu que l’enjeu dramatique est proche de zéro ! Nero ne joue pas un justicier implacable, mais un type lambda, toujours à cran, franchement incompétent dans son enquête ou dans les scènes d’action et pour tout dire, pas très intelligent. Il est flanqué d’un sympathique voyou (Giancarlo Prete) avec lequel il noue une amitié improbable. Ensemble, ils vont remonter la piste des braqueurs, se prendre encore quelques raclées en passant et finir leur parcours dans un hangar désaffecté – lieu de prédilection de ce genre de showdown – pour une fusillade interminable, où notre ingénieur se met à tirer comme un champion. Castellari et ses auteurs présentent la ville de Gênes comme une antichambre de New York, en proie aux malfaiteurs de tous genres, maniant la mitraillette en plein jour et laissant la police sur le bas-côté de la route. Malgré toute la volonté du monde, impossible de se passionner pour cet ersatz mal écrit, handicapé par une des pires BO des frères De Angelis et une photo déprimante. Même le minois de Barbara Bach ne suffit pas à justifier la vision de la chose. À l’arrivée, on se demande encore ce que voulait raconter « UN CITOYEN SE REBELLE » : que la vengeance est absurde et ne résout rien ou que l’homme de la rue doit acheter des armes et apprendre à se défendre tout seul ?