SUZY DELAIR, LA PÉTULANTE ET DRÔLE ACTRICE ET CHANTEUSE DES ANNÉES 40 QUI VA ALLÈGREMENT SUR SES CENT ANS !
Archives Mensuelles: décembre 2016
« L’ARMÉE DES OMBRES » (1969)
Adapté de l’œuvre de Joseph Kessel, « L’ARMÉE DES OMBRES » est généralement admis aujourd’hui comme le chef-d’œuvre de Jean-Pierre Melville et comme étant un des films « définitifs » sur l’occupation allemande et la résistance.
Thématiquement loin de ses ‘films noirs’ nourris au cinéma U.S., mais stylistiquement assez proche (photo monochrome grise-bleutée, personnages taillés dans la masse, dialogue réduit au strict nécessaire), l’auteur se raccroche plutôt à ses souvenirs personnels de la guerre et signe un film austère, solennel, d’une lenteur délibérée, totalement dépourvu d’humour, et parfois imbu de sa propre importance. Suivant quelques mois de l’existence d’un réseau entre Marseille, Lyon et Paris, le film est constitué de longs « tableaux » d’inégale durée, dilatant certains moments comme l’exécution d’un mouchard, jusqu’à l’insoutenable et osant des ellipses assez raides. En résulte un rythme étrange, des fluctuations d’intensité, sans que jamais ne se dilue un sens de la tragédie et du sacrifice qui enrobe toute l’action. Bien sûr, malgré sa maîtrise de l’image, Melville cède à ses péchés mignons (quelques maquettes peu convaincantes et une apparition surréaliste d’un De Gaulle en carton-pâte), mais « L’ARMÉE DES OMBRES » grâce à de magnifiques morceaux de bravoure et une interprétation hors pair, n’a pris que peu de rides. Un gros effort a été accompli pour rendre Lino Ventura moins imposant physiquement que d’habitude, plus vulnérable. Il est remarquable de bout en bout, capable d’une dévotion enfantine envers son patron (Paul Meurisse) et d’une férocité absolue pour protéger le réseau. À ses côtés, Simone Signoret incarne une magnifique ‘Mathilde’ héroïne aux pieds d’argile, Christian Barbier et Paul Crauchet sont irremplaçables dans leurs meilleurs rôles. Meurisse et Jean-Pierre Cassel sont moins emballants. À noter une brève apparition de Serge Reggiani en coiffeur taiseux et un bref caméo de Nathalie Delon (« LE SAMOURAÏ ») dans une scène de bar. Pour sa vision transcendée, mais nullement idéalisée de la résistance et de ses soldats, pour ses personnages condamnés d’avance, pour l’obsédante musique d’Éric Demarsan, « L’ARMÉE DES OMBRES » mérite largement d’être devenu un grand classique du cinéma français.
BARBARA TARBUCK : R.I.P.
BARBARA TARBUCK (1942-2016), COMÉDIENNE DE TV, VUE DANS DE NOMBREUSES SÉRIES SOUVENT DANS DES RÔLES TRÈS BREFS.
HAPPY BIRTHDAY, VÉRA !
VÉRA CLOUZOT (1913-1960), ACTRICE BRÉSILIENNE QUI TOURNA TROIS FILMS, TOUS SOUS LA DIRECTION DE SON MARI H.-G. CLOUZOT.
« POURSUITE MORTELLE » (2011)
« POURSUITE MORTELLE » (titre français d’une désolante banalité pour un film qui vaut bien mieux) est une production britannique tournée dans les Highlands écossais, un surprenant mélange de survival viscéral et de polar ultraviolent, mêlant des « vrais gens » à des mercenaires et même à la mafia russe.
Le scénario est très bien agencé, même s’il n’évite pas toujours les invraisemblances, et il entraîne dans une longue course-poursuite avec comme enjeu la vie d’une fillette kidnappée retrouvée par hasard par des randonneurs. Ça n’arrête pas une seconde et ce rythme effréné anesthésie l’esprit critique et donne envie de s’abandonner sans arrière-pensée au spectacle, d’autant plus que la réalisation de l’ex-monteur Julian Gilbey est très « américaine » et d’une belle précision. En tête d’un cast, uniformément excellent, l’énergique Melissa George trouve un rôle physique dans lequel elle insuffle une belle dose d’empathie. Sa relation mère-fille avec la petite otage ajoute un intéressant substrat humain à l’action. Sean Harris est un immonde « méchant » comme lui seul sait les camper, un tueur d’enfants à face de rat. Karel Roden est très bien en entremetteur d’un caïd russe et Eamonn Walker imposant en mercenaire ultra-professionnel. Haletant et porté par une constante volonté de surprendre avec les grosses ficelles du suspense adroitement détournées, truffé d’images marquantes (le tueur au masque de porc armé d’un fusil à gros calibre, la longue fusillade pendant le carnaval, des plans d’escalade dignes de « CLIFFHANGER »), « POURSUITE MORTELLE » est un bon film, solide et sans défaut majeur, qui paraît quelques années après sa sortie, grandement sous-estimé. Il est donc chaudement recommandé de le (re)découvrir…
À noter (ATTENTION, SPOILER !) un épilogue terriblement pervers et biaisé, qui nous oblige pratiquement à applaudir quand un horrible criminel de guerre s’apprête à dépecer vivant le kidnappeur de sa fille !
MELISSA GEORGE ET SEAN HARRIS
DEBBIE REYNOLDS : R.I.P.
DEBBIE REYNOLDS (1932-2016), CHANTEUSE, DANSEUSE ET STAR DE L’ÂGE D’OR HOLLYWOODIEN. ELLE CHANTA SOUS LA PLUIE…
HAPPY BIRTHDAY, JO !
JO VAN FLEET (1915-1996), GRANDE ACTRICE DE THÉÂTRE, MÉMORABLE DANS « LE ROI ET 4 REINES » OU « RÈGLEMENT DE COMPTES À OK-CORRAL ».
PIERRE BAROUH : R.I.P.
PIERRE BAROUH (1934-2016), AUTEUR-COMPOSITEUR ET COMÉDIEN OCCASIONNEL TOUT SPÉCIALEMENT DANS LES FILMS DE CLAUDE LELOUCH.
« LA CHUTE DU FAUCON NOIR » (2001)
Situé dans la belle carrière de Ridley Scott entre les peu passionnants « HANNIBAL » et « LES ASSOCIÉS », « LA CHUTE DU FAUCON NOIR » est un film de guerre contemporain extraordinairement bien confectionné, qui empoigne dès le premier quart d’heure et entraîne sans douceur dans un tourbillon de violence extrême et de suspense viscéral digne des meilleurs films du genre.
Après une mise en place historique et géographique (la Somalie au début des années 90), le film se concentre sur une mission périlleuse qui voit une centaine de soldats américains cloués au sol au cœur de Mogadiscio par des milliers d’hommes armés bien déterminés à les massacrer jusqu’au dernier. Le mouvement n’arrête pas une seconde, la chorégraphie des combats et la maîtrise de l’espace immergent complètement dans l’action jusqu’au malaise. La technique de filmage de Scott (plusieurs caméras en permanence, permettant un montage ultra-découpé) atteint ici de sommets de perfection et c’est hébété qu’on accueille le mot « fin ». Pas de « politique » à proprement parler, le scénario ne cherche pas à savoir qui a tort ou raison. Comme le dit le personnage joué par Eric Bana : « Ce qui compte, c’est le gars à côté de toi. C’est tout ». Tout est vu à hauteur d’homme. Ces séquences à l’incroyable dynamisme interne sont portées par un casting sans faille : des vétérans comme Sam Shepard parfait en général texan, Tom Sizemore et l’excellent Jason Isaacs, des jeunes stars en vogue comme Josh Hartnett et Ewan McGregor et une brochette de seconds rôles promis à un bel avenir : Nikolaj Coster-Waldau en tireur d’élite, Tom Hardy, Jeremy Piven, Ioan Gruffudd ou Orlando Bloom. Les images choquantes abondent, la guerre est dépeinte sans fard, comme la boucherie qu’elle est et même l’omniprésente BO d’Hans Zimmer ne cède pas à l’héroïsme hollywoodien bidonné. « LA CHUTE DU FAUCON NOIR » est un fleuron du genre.
À noter qu’il existe un « extanded cut » qui fait une dizaine de minutes de plus sans changement majeur. Pour la petite histoire, Shepard et Coster-Waldau joueront tous deux le même personnage de Butch Cassidy à deux âges différents de sa vie dans le beau western « BLACKTHORN » dix ans plus tard.
CLAUDE GENSAC : R.I.P.
CLAUDE GENSAC (1927-2016), ACTRICE DE COMÉDIE AU TIMING IMPECCABLE, CONNUE POUR AVOIR JOUÉ PLUSIEURS FOIS L’ÉPOUSE DE LOUIS DE FUNÈS.