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Archives Mensuelles: juillet 2023

PAUL REUBENS : R.I.P.

PAUL REUBENS (1952-2023), CONNU POUR LE PERSONNAGE POUR ENFANTS PEE-WEE HERMAN, UNE CARRIÈRE BRISÉE PAR DES SCANDALES
 
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Publié par le 31 juillet 2023 dans CARNET NOIR

 

« VIVRE SA VIE : FILM EN DOUZE TABLEAUX » (1962)

ANNA KARINA

Écrit et réalisé par Jean-Luc Godard, dans sa meilleure période, « VIVRE SA VIE : FILM EN DOUZE TABLEAUX » est typique de ce qu’on appela la Nouvelle Vague et suit quelques jours du quotidien d’une jeune paumée (Anna Karina) qui, fauchée et désœuvrée, finit par sombrer dans la prostitution.

Comme son titre l’indique, le film est divisé en 12 chapitres séparés par des intertitres et ne lâche pas « Nana » d’une semelle : qu’elle passe de client en client, qu’elle discute avec un vieux philosophe dans un bistrot, qu’elle fasse le tapin sans joie ni tristesse. Si on est sensible au charme fragile et incertain, à l’accent de Karina, on sera d’autant plus réceptif à ce film à la grammaire bousculée, aux longueurs inexpliquées (l’écriture en temps réel d’une lettre en gros-plan, le long extrait de « LA PASSION DE JEANNE D’ARC »), qui semblent ne rien apporter au portrait de l’héroïne. Grâce à la photo réaliste de Raoul Coutard, on replonge dans le passé, on redécouvre ce Paris d’antan, ces cinémas, ces cafés. Et, à condition d’être bien disposé, on se laisse entraîner dans le sillage de cette « pauvre fille » qui semble ne rien attendre de la vie et s’accroche mollement à de vagues rêves de cinéma. Elle répète d’ailleurs qu’elle a joué dans un film d’Eddie Constantine, ce que Karina fera réellement trois ans plus tard, toujours sous la direction de Godard, dans « ALPHAVILLE ». Amusante prémonition… « VIVRE SA VIE » sans être une œuvre immortelle, est un bel hommage à sa muse et laisse entrevoir, sans s’appesantir, la sinistre réalité de la prostitution dans les années 60. Et à la fin du voyage dans le temps, Nana connaîtra le même sort que Belmondo à la fin de « À BOUT DE SOUFFLE », couchée sur le pavé.

À noter : c’est le futur réalisateur Peter Kassovitz qui joue le jeune amant d’Anna, mais sa voix est postsynchronisée par Godard lui-même.

SADY REBBOT ET ANNA KARINA
 

INGA SWENSON : R.I.P.

INGA SWENSON (1932-2023), CHANTEUSE ET ACTRICE DE TV DES ANNÉES 60, VUE AU CINÉMA DANS « MIRACLE EN ALABAMA »
 
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Publié par le 30 juillet 2023 dans CARNET NOIR

 

« THE WATCHER » (2022)

Conçue par l’auteur/producteur Ryan Murphy d’après des faits réels survenus dans la grande banlieue new-yorkaise, « THE WATCHER » est une mini-série de 7×45 minutes qui se présente d’abord comme une énième histoire de maison hantée façon « AMITYVILLE », mais se développe bien différemment au fil des épisodes.

Bobby Cannavale et Naomi Watts achètent, au-dessus de leurs moyens, la maison de leurs rêves. Ils s’y installent avec leurs deux enfants. Et, presque aussitôt, ils reçoivent des courriers inquiétants, voire menaçants signés « the watcher », se heurtent au voisinage. La paranoïa s’installe, les problèmes de tous ordres également. Ils engagent une « privée » (Noma Dumezveni) pour enquêter sur le passé de la demeure. Le scénario est un whodunit complexe, accumulant les fausses-pistes, les suspects, dans une ambiance de plus en plus instable et délétère ou chacun des protagonistes – même au sein de la famille – pourrait être le « watcher » qui hante les lieux et fait régner la terreur. C’est extrêmement bien écrit, les épisodes sont courts, multiplient les coups de théâtre, s’achèvent en cliffhangers et installent des personnalités fortes, excentriques, fragiles et, pour quelques-unes, monstrueuses. Cannavale est remarquable en brave type qu’on voit se dégrader à vue d’œil et foncer droit vers la folie. Watts a hélas, un rôle plus passif, moins passionnant. Dumezveni est excellente dans son personnage haut-en-couleur et tous les seconds rôles ont quelque chose à défendre : Jennifer Coolidge fabuleuse en agent immobilier des enfers, haïssable à souhait, Mia Farrow est terrifiante en vieille petite fille à couettes vivant avec son frère attardé, Margo Martindale est tout aussi inquiétante en grosse voisine à la fausse bonhomie et Christopher McDonald savoureux en flic démissionnaire. « THE WATCHER » se laisse regarder d’une traite, sans décrocher une seconde et s’achève en « fin ouverte », laissant sur un sacré malaise. À voir sans hésiter !

BOBBY CANNAVALE, NAOMI WATTS, TERRY KINNEY ET MIA FARROW
 
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AUJOURD’HUI, IL A 76 ANS…

 

« LE SOUFFLE AU CŒUR » (1971)

Écrit et réalisé par Louis Malle, « LE SOUFFLE AU CŒUR » se situe à Dijon en 1954, pendant la guerre d’Indochine et reconstitue avec une admirable minutie le « french way of life » de l’époque, son parler, son rapport au sexe, à la culture, à la cellule familiale.

Une bonne partie du scénario se consacre à dépeindre la famille bourgeoise type : le père (Daniel Gélin), médecin sévère et dur, la mère (Lea Massari) encore jeune, sensuelle, fantasque et les trois fils, particulièrement Benoît Ferreux, ado cérébral et rebelle, qui semble échappé d’un film de Truffaut, même dans sa diction. Puis progressivement, alors que la mère accompagne Ferreux qui a un souffle au cœur, pour une cure thermale, les liens se resserrent, les tabous tombent et une relation de plus en plus clairement incestueuse fait surface entre eux. Le film fit scandale à sa sortie à cause de cette partie de l’histoire, mais ce n’est pourtant pas l’essentiel. Ce qui accroche l’intérêt et fascine aujourd’hui, c’est cette plongée hyperréaliste dans une France disparue. Massari trouve son plus joli rôle et crève l’écran de sa joie de vivre et de son amoralité sans aucune perversion. Tout le film s’articule autour d’elle. Le jeune Ferreux est très bien avec son visage buté. Tous les seconds rôles sont parfaitement cernés : Ave Ninchi en vieille gouvernante italienne râleuse, Gila von Weitershausen en prostituée chaleureuse dans une jolie séquence, Michel Lonsdale excellent en prêtre attiré par les jeunes gens, etc. Connu pour de mauvaises raisons, « LE SOUFFLE AU CŒUR » est une œuvre manifestement très proche de l’autobiographie, qui respire la nostalgie, l’éveil à l’amour et le refus des conventions. Les deux heures passent vite et le film s’achève sur un éclat de rire général qui redonne une belle vigueur à l’histoire tout en la dédramatisant.

BENOÎT FERREUX, LEA MASSARI ET MICHEL LONSDALE
 

HAPPY BIRTHDAY, KEVIN !

KEVIN CHAPMAN, SECOND RÔLE TOUJOURS GLAÇANT DANS SES RÔLES DE PSYCHOPATHES OU DE MAFIOSI
 
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Publié par le 29 juillet 2023 dans ANNIVERSAIRES

 

« LA BAIE SANGLANTE » (1971)

Écrit et réalisé par Mario Bava, ex-directeur photo et maître du slasher esthétisant des seventies, « LA BAIE SANGLANTE » est aujourd’hui un cult-movie, comme la plupart des œuvres de l’auteur.

C’est indéniablement l’aïeul des « VENDREDI 13 » et autres séries B où tous les protagonistes se font massacrer par un tueur inconnu, de façon horrible de préférence. Mais ici, c’est soutenu par une intrigue « policière », avec magouilles immobilières, meurtre d’une vieille comtesse et héritiers avides. C’est d’une naïveté confondante et on comprend vite que l’identité de l’assassin intéresse peu Bava, qui préfère chiader ses cadrages, faire durer sans aucune raison la baignade de la potelée Brigitte Skay en tenue d’Ève et aligner les gros-plans gore de visages mutilés, d’étranglements ou de cadavres putréfiés. Ça peut avoir son petit charme parfois, mais malgré sa durée modeste, « LA BAIE SANGLANTE » semble durer des heures et s’attarder sur des détails secondaires (l’extermination des quatre jeunes crétins), pour s’achever par une sorte de twist sorti de nulle part qui ne résout rien. Alors, sans doute faut-il être un fan hardcore de l’œuvre de Bava pour s’extasier devant le spectacle ? C’est bien possible. Heureusement, quelques comédiens familiers aident à passer le temps : Luigi Pistilli et Claudine Auger en couple malveillant, Laura Betti délectable en tireuse de cartes indolente, Leopoldo Trieste cabotinant en roue-libre, qui parle avec son insecte apprivoisé et Isa Miranda en fauteuil roulant dans le rôle de la comtesse accrochée à ses biens. En conclusion, « LA BAIE SANGLANTE » a certainement marqué une date dans un certain cinéma italien entré dans l’Histoire. Pour les non-aficionados, c’est un pensum visuellement bancal (coups de zoom, plans flous, etc.) et scénaristiquement très faible. C’est vraiment les goûts et les couleurs…

LUIGI PISTILLI, LEOPOLDO TRIESTE, BRIGITTE SKAY, CLAUDINE AUGER ET LAURA BETTI
 

LELIA GOLDONI : R.I.P.

GOLDONI

LELIA GOLDONI (1936-2023), ACTRICE DE THÉÂTRE RÉVÉLÉE PAR « SHADOWS » DE CASSAVETES, REVUE CHEZ ROBERT MULLIGAN, PHILIP KAUFMAN.

 
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Publié par le 28 juillet 2023 dans CARNET NOIR

 

« PREY » (2022)

Écrit et réalisé par Dan Trachtenberg, « PREY » est certainement le meilleur avatar de « PREDATOR » (1987), déplaçant le mythe du chasseur venu de l’espace dans l’Amérique du 18ème siècle.

Amber Midthunder, jeune Comanche rêvant de devenir une chasseuse, se retrouve confrontée à l’extra-terrestre semi-invisible, qui massacre son frère et ses guerriers et à peu près tous les animaux passant à sa portée. Le sous-texte féministe est plus amusant que lourd, le scénario réduit à sa plus primitive expression de survival en extérieurs et visuellement, le film doit beaucoup au « DERNIER DES MOHICANS » de Michael Mann, ainsi qu’à « DANSE AVEC LES LOUPS » (le rôle joué par les immondes visages pâles parlant… français, le massacre des bisons, etc.) Ce sont de bonnes références et, si le predator met longtemps à entrer vraiment en scène, ce qui se passe avant le climax n’est pas inintéressant. D’abord grâce à la description minutieuse de la vie quotidienne de la tribu, puis à la présence et l’intensité de la jeune Midthunder, véritable « Native » qui se sort bien d’un rôle très physique qui ne cède jamais à la tentation de la super-héroïne. La seconde moitié du film décolle grâce à des séquences d’affrontements au corps-à-corps entre le chasseur venu d’ailleurs et les infâmes trappeurs littéralement mis en pièces (ce qui, vu le contexte, est tout à fait réjouissant !) et au « duel » final d’une violence extrême. « PREY » ne se contente donc pas d’être un avatar de plus d’un film anthologique, ni un actioner décérébré, il glisse un message pro-Indien, stigmatise les exactions de l’homme blanc, tout aussi prédateurs que l’alien, mais à beaucoup plus grande échelle. « PREY » est un film distrayant, bien fait et tout à fait satisfaisant.

À noter : plusieurs discrètes allusions dans le dialogue à des répliques célèbres du film de John McTiernan (« S’il saigne, on peut le tuer ») qui créent un lien subtil entre les films de la franchise.

AMBER MIDTHUNDER ET DANE DI LIEGRO