
« LE VIRGINIEN »

« KID GALAHAD »
On a souvent parlé sur « BDW2 » du caractère « difficile » de Charles Bronson, de sa solitude, de ses silences qui pouvaient durer des heures, de sa méfiance innée envers autrui. Dans une interview, le réalisateur italien Sergio Sollima qui l’avait dirigé dans « CITÉ DE LA VIOLENCE », expliqua tout cela de façon très simple. Selon lui, dans son enfance, Charley avait été : « Un vilain petit garçon » et ne s’en était jamais tout à fait remis. Avec son faciès slave, marqué, ridé avant l’âge, sa taille plus que moyenne, Bronson s’inscrit dans une lignée de vedettes américaines (assez peu fournie), dont le physique était aux antipodes des canons de leur époque : Wallace Beery, Edward G. Robinson, Paul Muni, James Cagney, Spencer Tracy ou même Bogart. La forte personnalité et le talent d’acteur avant la beauté et l’élégance. Dès son apprentissage au théâtre, Bronson fut mis en face de ce problème. Quand les directeurs du Pasadena Playhouse lui offrirent le rôle principal de la pièce « COMMAND DECISION », ils mentionnèrent dans un bulletin interne : « Nous l’avons donné à Charlie parce qu’il est si laid, qu’il n’aura probablement plus jamais de premier rôle ». Mais le cas de Bronson est plus compliqué qu’il ne paraît. Compensant ce visage fascinant mais répulsif pour certain(e)s, il affichait volontiers un corps de statue grecque et était connu dans le privé pour ses nombreuses conquêtes féminines. Pour simplifier : une tête de tueur et un corps de jeune premier qu’il entretenait avec un soin maniaque ! Cette supposée « laideur » fut souvent mentionnée dans ses films ou téléfilms, parfois comme moteur de son personnage. Ainsi dans un épisode de la série « THE MILLIONAIRE », il est amoureux d’une aveugle et lorsqu’elle recouvre la vue, il prend la fuite, persuadé qu’elle sera horrifiée de découvrir son visage !

« DONATO & DAUGHTER »
À ses débuts, André De Toth accentue l’aspect simiesque de ses traits dans « L’HOMME AU MASQUE DE CIRE » et « CHASSE AU GANG ». Dans « SHOWDOWN AT BOOTHILL », Bronson est tellement complexé par son physique et sa petite taille, qu’il en est devenu un tueur.
Dans un épisode de « EMPIRE », un ivrogne le traite « d’homme le plus laid de la ville », dans « LE MAÎTRE DU MONDE » et « LE CALIFORNIEN », ses rivaux parlent de sa « sale gueule ». Le père de sa jeune fiancée dans « L’ANGE ET LE DÉMON », le trouve vieux et moche. Dans « IL ÉTAIT UNE FOIS DANS L’OUEST », Jason Robards dit de lui « Il a une gueule qu’on n’oublie pas ». Bronson lui-même ironise sur son physique dans « SOLEIL ROUGE » et « ACT OF VENGEANCE » (où il affirme avoir une tête de bulldog !). Seules ses femmes Harriet Tendler et Jill Ireland affirment l’avoir toujours trouvé beau dans leurs mémoires respectives « CHARLIE & ME » et « LIFE WISH ». Mais l’amour est aveugle ! Notons tout de même que dans l’amusant « C’EST ARRIVÉ… ENTRE MIDI ET TROIS HEURES », Jill traîne Charley devant un miroir et lui demande froidement : « Vous vous trouvez beau ? ». Mais on le sait, la beauté cachée des laids, se voit sans délai.

« COMBAT ! »