Écrit et réalisé par Denys de La Patellière, dialogué par Michel Audiard d’après un roman de James Hadley Chase, « RETOUR DE MANIVELLE » ressemble à beaucoup d’adaptations de l’écrivain : le Midi de France, une machination, un chauffeur manipulé, etc.
Pour résumer le plus succinctement possible un scénario compliqué, Michèle Morgan doit maquiller en meurtre le suicide de son mari (Peter Van Eyck) pour pouvoir toucher son assurance-vie. Elle est aidée d’un gigolo (Daniel Gélin) amoureux d’elle. Mais, on le sait, le crime ne paie pas. La première partie du film se traîne un peu, draine des tonnes de clichés, propose des personnages sans épaisseur. Seule s’en sort à peu près Morgan, glaciale et hitchcockienne en « salope » (elle aime bien le qualificatif !) prête à tout pour être libre et débarrassée des hommes qu’elle méprise et qui la répugnent physiquement. Gélin maussade et monocorde, paraît un peu âgé pour son rôle. La toute jeune Michèle Mercier, dans sa première apparition à l’écran, est gauche et charmante en « bonniche » naïve et crédule et François Chaumette joue les visqueux comme lui seul savait le faire. Mais malgré ces atouts, le film a du mal à maintenir l’intérêt, du moins jusqu’à l’arrivée-surprise de Bernard Blier (il n’est pas mentionné au générique-début !), délectable en flic ronchon et rentre-dedans, flanqué d’un sidekick inepte. Ses face à face avec Morgan sont excellents et bien nourris par des répliques audiardiennes plutôt salées et il sauve littéralement le film tout entier de la banalité et du ronron. À voir donc, ce « RETOUR DE MANIVELLE » daté mais point déplaisant, qui connaît quelques pointes de suspense efficaces et change brusquement de cap avec l’arrivée de Blier.