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Archives de Catégorie: ZOMBIE MOVIES

« SUBSTITUTION : BRING HER BACK » (2025)

« BRING HER BACK » des Australiens Danny & Michael Philippou est un des films d’horreur les plus extrêmes, les plus cinglés et malsains de ces dernières années. Un tourbillon de démence qui entraîne jusqu’aux tréfonds de l’inconscient.

À la mort de leur père, un ado (Bill Barratt) et sa demi-sœur aveugle (Sora Wong) sont confiés à Sally Hawkins, ex-assistante sociale qui vient de perdre sa fille. Mais tout part en vrille dès le début, ou presque. Dans la maison, vit aussi un jeune garçon muet (Jonah Wren Phillips) qui a tout du zombie et semble séquestré. La suite, il faut la voir, si on a le cœur bien accroché et l’âme pas trop sensible. Le scénario laisse délibérément des zones d’ombre, des questions sans réponse quant à la sorcellerie et les horreurs qui se sont déroulées dans l’endroit. De plus en plus glauque et irrespirable, le film provoque un authentique malaise et montre ses choses atroces, sans jamais céder à la série B. Hawkins est prodigieuse de malveillance et de d’hystérie, dans ce rôle qui ferait passer Norman Bates pour un enfant de chœur. Elle porte le film et la moindre de ses apparitions fait littéralement frissonner d’appréhension. Quelle actrice ! Parmi les jeunes acteurs, tous excellents, on retiendra Phillips absolument terrifiant et pathétique dans ce personnage de possédé scarifié et cannibale, toujours prêt à exploser dans le gore et la violence. « BRING HER BACK » est une œuvre unique, qui malmène et secoue et laisse le spectateur horrifié et mal à l’aise. N’est-ce pas le but ultime de tous les grands films d’horreur ?

BILL BARRATT, SALLY HAWKINS, SORA WONG ET JONAH WREN PHILLIPS
 

« ÉVANOUIS » (2025)

Trois ans après l’étonnant « BARBARE », l’auteur-réalisateur Zach Cregger confirme sa voix nouvelle dans l’univers de l’horreur avec « ÉVANOUIS », qui part d’un postulat pouvant évoquer Stephen King, mais qui trouve rapidement son style propre.

17 enfants ont disparu la même nuit. L’institutrice (Julia Garner) est soupçonnée mais mène sa propre enquête. Elle est aidée du père d’un de ses élèves (Josh Brolin) et découvre la présence en ville d’une sorcière (Amy Madigan) qui utilise les gens comme des missiles à tête chercheuse. Scénario dément, déconstruit en faisant sans cesse machine arrière pour adopter différents points de vue, comme un puzzle en mouvement. L’intérêt est constamment relancé par un montage efficace et surtout par la qualité du casting qui offre des rôles substantiels à d’excellents comédiens manifestement impliqués : Garner en jeune femme alcoolique et autonome, seule face à une ville entière, Brolin en père maladroit, Benedict Wong en proviseur malchanceux et Austin Abrams parfait en junkie opportuniste et insalubre. Mais c’est Madigan qui se réserve la part du lion : en sorcière dévastée par le cancer, la peau parcheminée, coiffée d’une horrible perruque rousse, elle incarne cette « mangeuse d’âmes » avec une délectation qui crève l’écran et fait froid dans le dos. Le film, par ses excès, ne manque pas d’humour et finit par faire rire de ses effets gore, de ses dérapages dans la folie pure. On ne s’ennuie pas une seconde et Cregger est définitivement un nom à suivre.

JULIA GARNER, CARY CHRISTOPHER, AMY MADIGAN ET JOSH BROLIN
 

« 28 ANS PLUS TARD » (2025)

Danny Boyle avait ravivé les zombies en 2002 avec « 28 JOURS PLUS TARD », il a poursuivi son œuvre avec « 28 SEMAINES PLUS TARD » (2007) et revient avec « 28 ANS PLUS TARD » qui ouvre sur une ou plusieurs autres continuations.

Ce 3ème opus, écrit par Alex Garland et tourné en Écosse, est plutôt séduisant à la base et bénéficie d’un excellent casting. Le problème est, qu’en 18 ans, pas mal de choses se sont passées dans l’univers dystopien des « infectés ». D’abord et avant tout : la série « WALKING DEAD », ses 10 saisons et ses spin-offs sont passés par là. Ils ont remis les zombies à la mode et ont fini par créer une sorte de fatigue du genre, un trop-plein. De fait, pendant sa première heure, « 28 ANS PLUS TARD » fait penser à un épisode de la série, en un peu plus friqué et mieux photographié. D’où une grosse difficulté à se passionner. Ces massacres sanglants, cette forteresse dans la nature, ces héros abîmés par des années de terreur, on les connaît déjà par cœur sous d’autres noms. Boyle maintient un bon rythme, mais encombre son image de chichis redondants : arrêts sur image, giclures de sang numérique, etc. En fait le film ne décolle vraiment qu’avec l’arrivée de Ralph Fiennes, en médecin vivant parmi des totems d’ossements qu’il a fabriqués lui-même. Mais c’est déjà un peu tard ! Le petit Alfie Williams est très bien en principal protagoniste, Jodie Comer parfaite dans le rôle de sa mère rongée par le cancer et Aaron Taylor-Johnson joue le père immature. Ce n°3 se laisse regarder, malgré sa durée excessive, mais hormis quelques séquences d’action bien troussées et une certaine émotion à la fin, l’entreprise demeure bien creuse. Ah ! N’oublions pas un détail qui a son importance : les zombies sont tout nus et ils courent très vite.

JODIE COMER
 

« ZOMBIE – LE CRÉPUSCULE DES MORTS-VIVANTS » (1978)

« ZOMBIE – LE CRÉPUSCULE DES MORTS-VIVANTS » de George A. Romero (avec l’aide de Dario Argento), est non seulement resté comme un cult-movie indéboulonnable, mais a défini tout un sous-genre du cinéma d’horreur qui a abouti à la série « WALKING DEAD » bien des décennies plus tard.

De quoi s’agit-il ? D’une invasion de « morts qui marchent » au teint bleuâtre, qui s’attaquent au peu d’humains restant indemnes sur terre. Un groupe, mené par deux soldats (Ken Foree et Scott H. Reiniger), un pilote d’hélico (David Emge) et sa copine enceinte (Gayleen Ross), se réfugie dans un supermarché désert où ils sont assiégés par les cannibales claudicants. Le film connut pas moins de quatre montages et cette chronique est basée sur le « Director’s cut américain ». Que dire sans être trop négatif ? Que ça a vieilli. Énormément vieilli. Que le rythme est plombant et que le film semble faire une bonne demi-heure de trop (en tout cas dans cette version-là), que les acteurs sont globalement épouvantables et que les maquillages ont pris un coup dans l’aile. Sans parler des vêtements des zombies, ridiculement immaculés ! Mais c’est à revoir dans son contexte, en se souvenant qu’en 1968, Romero avait donné naissance avec « LA NUIT DES MORTS-VIVANTS » (qui, quant à lui, est un chef-d’œuvre qui n’a pas pris une ride) à une véritable mythologie nihiliste et ultra-violente. « ZOMBIE » en est la continuation, il s’offre une séquence satirique sur la société de consommation qui apporte un semblant d’ambition thématique. Mais, quitte à s’exposer omme iconoclaste, admettons que le remake, tourné en 2004 par Zack Snyder est bien plus agréable à visionner aujourd’hui.

SCOTT H. REINIGER ET GAYLEEN ROSS
 

« UNTIL DAWN : LA MORT SANS FIN » (2025)

On se souvient de « THE PLAYER », où des scénaristes asservis défilaient devant un producer pour lui proposer des « pitches » de quelques lignes, en mixant les idées de plusieurs films. C’est exactement la même chose pour « UNTIL DAWN : LA MORT SANS FIN » de David F. Sandberg, sorte d’hybride de « EVIL DEAD » et « UN JOUR SANS FIN ».

De jeunes crétins, une cabane perdue au milieu de nulle part, des zombies sortant des murs, un savant fou à lier et un carnage qui se répète sans arrêt, rythmé par un sablier implacable. Pourquoi pas ? Cela peut procurer des frissons, d’autant que c’est plutôt bien fabriqué, que les effets horrifiques et gore sont efficaces. Bien sûr, la distribution ne présente que peu d’attrait : l’héroïne à la recherche de sa sœur disparue (Ella Rubin), ses copains complètement transparents et interchangeables. Ce genre de film n’exige pas grand-chose de ses interprètes, hormis une capacité à exprimer la terreur et à réagir à des visions horribles. Nul besoin d’acteurs shakespeariens, effectivement ! C’est donc avec plaisir qu’on retrouve le vétéran Peter Stormare dans son emploi maintenant habituel de tireur de ficelles machiavélique aux mimiques familières. Vu et revu, « UNTIL DAWN » n’est pas mauvais, il contient même plusieurs trouvailles originales qui surnagent parmi les clichés et les lieux communs. Mais inutile de chercher la perle rare ici, il faut juste se laisser porter et apprécier le Gran-8.

PETER STORMARE ET ELLA RUBIN
 

« EN QUARANTAINE » (2008)

Écrit et réalisé par John Eick Dowdle, d’après le film espagnol « (REC.) » (2004), « EN QUARANTAINE » est un petit bijou d’horreur viscérale et surtout une prouesse technique, vu que toute l’action est censée être filmée par un caméraman de télé dans un immeuble de L.A. envahi de zombies voraces et frénétiques.

On entre doucement dans l’histoire grâce à la sympathie naturelle et l’humour de Jennifer Carpenter, une journaliste suivant la journée d’une équipe de pompiers. Puis quand tout le monde se retrouve enfermé dans le vieux building, la terreur prend le pas sur la psychologie des personnages et la construction traditionnelle du scénario. La chose qui compte, c’est de sauver sa peau, ne pas se faire mordre et quitter le bâtiment par n’importe quel moyen. La bonne surprise, c’est de voir de bons comédiens dans des rôles épisodiques, comme Greg Germann en véto maître de lui, Rade Serbedzija en gardien d’immeuble un peu louche (mais Rade Serbedzija est toujours louche !), Jonathon Schaech en pompier macho : tout le casting est impliqué, donne physiquement son maximum. Le filmage est vraiment remarquable : caméra portée, parfois gênante mais totalement intégrée à la dramaturgie, montage de plus en plus hystérique et syncopé, photo à la limite du discernable et mixage halluciné, à faire dresser les cheveux sur la tête. On ne décroche pas une seconde de l’écran et un grand coup de chapeau à Jennifer Carpenter qui démarre le film en « nana cool » et rieuse et l’achève dans la terreur la plus absolue, haletante, au bord de la syncope. Une bonne découverte, ce film, qui fait oublier qu’il est un remake.

JENNIFER CARPENTER, JOEY KING ET GREG GERMANN
 

« VENDREDI 13 » (1980)

« VENDREDI 13 » de Sean S. Cunningham, surfant sur le succès de « HALLOWEEN » sorti deux ans plus tôt, est le premier film inaugurant d’innombrables sequels, des séries télé et même des remakes et autres reboots. Pourtant, à quoi a-t-on à faire exactement ?

Une bande de jeunes se rend à Crystal Lake pour rénover un camp de vacances réputé hanté depuis 1958. Ils vont se faire massacrer un par un par un tueur d’abord sans visage. Le scénario est totalement linéaire, sans relief, sans surprises, les personnages ne sont là que pour servir de chair à machette à l’assassin et n’ont aucune épaisseur. On est même plutôt soulagés quand enfin ils se font hacher menu, tant les comédiens sont catastrophiques. Parmi eux, on a la surprise de voir un Kevin Bacon de 22 ans, doté d’un joli brushing d’époque, dans son premier rôle à peu près conséquent. Il fallait vraiment être devin pour imaginer sa future carrière ! Betsy Palmer se donne du mal dans un personnage qui n’apparaît que très tard dans l’action, mais parvient – sans trop de difficulté – à piquer la vedette à ses jeunes partenaires. Adrienne King se détache peu à peu de la bande d’idiots pour devenir un équivalent de Jamie Lee Curtis dans « HALLOWEEN ». Le talent d’actrice en moins, disons. « VENDREDI 13 » est devenu un cult movie avec le temps, mais il n’en demeure pas moins que c’est une série B fauchée, mal rythmée, d’un ennui plombant. Un seul mystère demeure : les suites sont-elles meilleures ?

ADRIENNE KING, KEVIN BACON ET BETSY PALMER
 

« IN A VIOLENT NATURE » (2024)

Écrit et réalisé par Chris Nash, « IN A VIOLENT NATURE » est un slasher canadien largement au-dessus de la moyenne du genre, pas tant par son scénario, mais surtout grâce à son style visuel maîtrisé et élégant.

Une bande de jeunes passe un week-end dans les bois et l’un d’eux trouve un médaillon dont il s’empare. Cet acte « réveille » un zombie enterré dans la forêt, qui va entreprendre de massacrer les intrus un à un, de très horrible manière. Le scénario révèle très tôt le passé du tueur, les drames de son enfance et décrit la petite bande de copains sans sombrer dans le bête cliché habituel. Ce ne sont, certes pas, des génies, mais ils ne sont pas non plus totalement crétins et ont du répondant. Quant au monstre, le simple fait de le filmer presque toujours de dos, marchant à deux à l’heure, sans jamais s’arrêter, le rend parfaitement inquiétant, comme une sorte de Terminator échappé de « DÉLIVRANCE ». Nash tourne uniquement en plans très longs, sans musique, n’utilise jamais les « scare jumps », ce qui est tout à son honneur et fait naître l’angoisse de la lenteur-même, des sons de la nature et, bien sûr, des séquences gore pas trop fréquentes, mais particulièrement ignobles. Ainsi, le meurtre de Charlotte Creaghan, dont le tueur fait ressortir la tête… par le dos (sic) est-elle vraiment hard. Celui du forestier, passé à la scie à bois, n’est pas mal non plus. « IN A VIOLENT NATURE » ne révolutionne rien, mais prouve qu’en soignant l’écriture et le rythme interne d’un slasher, on peut encore renouveler le genre.

RY BARRETT ET CHARLOTTE CREAGHAN
 

« BLOOD CREEK » (2009)

Joel Schumacher fait partie de ces réalisateurs dont on se méfie a priori, surtout depuis les désastres que furent ses deux « BATMAN ». Dans son éclectique filmo, on peut sauver un ou deux titres dont le controversé « CHUTE LIBRE », mais le bilan n’incite pas à la réévaluation.

« BLOOD CREEK » est une drôle de chose. S’il n’avait pas porté sa signature, on l’aurait pris pour un DTV à la production plutôt soignée et au scénario débile. Cela démarre plutôt bien et la première demi-heure est même franchement intrigante, puisqu’on ignore tout des personnages, de ce qu’ils ont enduré, de ce qui se passe dans cette ferme occupée par une famille d’émigrés allemands qui ne semble pas vieillir depuis la WW2. À partir du moment où le nazi/zombie/sorcier/vampire s’échappe de sa prison, le scénario se contente d’aligner les morts violentes, le gore facile, avec pour unique souci l’efficacité immédiate. Le jeune Henry Cavill et Dominic Purcell jouent deux frères associés pour détruire le Mal incarné, auquel Michael Fassbender qu’on est bien surpris de retrouver là-dedans, prête ses traits. Enfin – façon de parler – puisqu’il est méconnaissable pendant les trois-quarts de l’action sous un masque visqueux inspiré de « HELLRAISER ». Que dire de plus de « BLOOD CREEK » ? C’est visible le temps que ça dure, la photo est belle, les F/X sont originaux et quelques séquences valent le coup d’œil (l’attaque du cheval-zombie à l’intérieur de la maison), mais cela aurait-il vraiment coûté plus cher de prendre le temps d’écrire un scénario qui se tienne ? De donner de l’épaisseur aux personnages ? De raconter quelque chose, en somme ?

HENRY CAVILL, DOMINIC WEST ET MICHAEL FASSBENDER
 

« RESIDENT EVIL : RETRIBUTION » (2012)

Écrit et réalisé par Paul W.S. Anderson deux ans après le n°4, « RESIDENT EVIL : RETRIBUTION » ressemble fort à un remake/hommage/plagiat de « ALIENS, LE RETOUR » mâtiné du folklore propre à la franchise.

Le scénario est un alignement de bastons et de fusillades, les décors sont pratiquement tous en CGI et cette fois-ci, l’ambiance est plutôt enneigée que désertique. Cela change-t-il quelque chose ? Non, pas vraiment. L’auteur ressasse les mêmes thématiques, redistribue à nouveau les cartes (moins de zombies, pas de dobermans), sombre dans une routine lassante et pas très stimulante intellectuellement parlant. Quelques images parviennent à surnager comme cette usine à fabriquer des clones à la chaîne ou ce gros monstre qui pond des œufs ressemblant énormément à ceux de la mère-pondeuse de « ALIENS ». Mais, malgré une facture plutôt soignée, l’ennui s’installe vite, d’autant plus qu’on a l’impression d’avoir déjà vu le film avant qu’il ne commence. À 37 ans, inchangée physiquement, Milla Jovovich ressort ses gros flingues et fait preuve de ses dons acrobatiques. Son apparition – ou du moins celle d’un des clones – en gentille maman au foyer est assez surprenante. On retrouve des revenants des précédents opus comme Michelle Rodriguez dans un double rôle de soldate mal embouchée et de militante anti-NRA (sic !), Colin Salmon, Oded Fehr. Mais cela accentue la sensation de tourner en rond, de revenir sans arrêt au point de départ sans que rien ne semble progresser. Incroyable tout de même d’avoir réussi à tirer autant de films d’une histoire si mince. Ce n°5 ressemble à un jeu vidéo élaboré, auquel on assiste passivement sans y participer.

MILLA JOVOVICH ET MICHELLE RODRIGUEZ