« BRING HER BACK » des Australiens Danny & Michael Philippou est un des films d’horreur les plus extrêmes, les plus cinglés et malsains de ces dernières années. Un tourbillon de démence qui entraîne jusqu’aux tréfonds de l’inconscient.
À la mort de leur père, un ado (Bill Barratt) et sa demi-sœur aveugle (Sora Wong) sont confiés à Sally Hawkins, ex-assistante sociale qui vient de perdre sa fille. Mais tout part en vrille dès le début, ou presque. Dans la maison, vit aussi un jeune garçon muet (Jonah Wren Phillips) qui a tout du zombie et semble séquestré. La suite, il faut la voir, si on a le cœur bien accroché et l’âme pas trop sensible. Le scénario laisse délibérément des zones d’ombre, des questions sans réponse quant à la sorcellerie et les horreurs qui se sont déroulées dans l’endroit. De plus en plus glauque et irrespirable, le film provoque un authentique malaise et montre ses choses atroces, sans jamais céder à la série B. Hawkins est prodigieuse de malveillance et de d’hystérie, dans ce rôle qui ferait passer Norman Bates pour un enfant de chœur. Elle porte le film et la moindre de ses apparitions fait littéralement frissonner d’appréhension. Quelle actrice ! Parmi les jeunes acteurs, tous excellents, on retiendra Phillips absolument terrifiant et pathétique dans ce personnage de possédé scarifié et cannibale, toujours prêt à exploser dans le gore et la violence. « BRING HER BACK » est une œuvre unique, qui malmène et secoue et laisse le spectateur horrifié et mal à l’aise. N’est-ce pas le but ultime de tous les grands films d’horreur ?