PAUL WEGENER
À l’heure où sont écrites ces lignes, « LE GOLEM » de Carl Boese et Paul Wegener fête tout juste ses 100 ans. Et il demeure une expérience unique, l’aïeul de tous les films d’horreur.
Situé à Prague au 16ᵉ siècle, il s’inspire de légendes juives pour conter l’histoire d’un vieux rabbin (Albert Steinrück) qui donne la vie à une statue de glaise (Wegener lui-même) afin de repousser la menace du roi contre son peuple. Bientôt le monstre devient incontrôlable. C’est simple, direct, cela dure à peine 76 minutes, et malgré les intertitres, le jeu outré des comédiens, la magie opère toujours. D’abord grâce aux décors extraordinaires, biscornus, du ghetto qui semblent sortis d’un cauchemar, ensuite par son côté conte de fées chargé de maléfices qui touche aux terreurs les plus primales. Bien sûr, la sensibilité d’aujourd’hui sera gênée par la description des Juifs, peuple de sorciers à chapeaux pointus, pactisant avec les démons de l’enfer. Mais il faut reconnaître que les « goys » ne sont pas dépeints avec beaucoup plus de bienveillance. On pense à l’amant de la fille du rabbin, sorte de dandy précieux dont la plume de sa coiffe fait plus d’un mètre. En golem, Wegener avec sa bonne bouille éberluée, ne fait pas vraiment peur, mais il parvient à imposer sa silhouette bizarroïde. La jeune première Lyda Salmonova a un physique… d’époque, disons ! « LE GOLEM » est une véritable antiquité, qui porte en elle tous les composants ou presque de décennies de cinéma horrifique à venir, à commencer par les « FRANKENSTEIN » de James Whale. C’est une œuvre visuellement stupéfiante, aux cadrages osés, qui s’impose comme une fable excessive et onirique, à la conclusion magnifique : le plan des enfants du village assis sur le corps inerte de la créature est indélébile. À voir absolument.
LYDA SALMONOVA ET PAUL WEGENER
Patrick
28 avril 2020 at 7 h 36 min
Du trés beau film fantastique muet.
Miguel
28 avril 2020 at 11 h 01 min
je connaissais « le Golem » de Duvivier mais pas celui là. J’ai regardé un peu et les décors troglodytes sont impressionnants.
walkfredjay
28 avril 2020 at 11 h 05 min
Oui, vraiment extraordinaires ! Une sorte de rêve éveillé.
Patrick
28 avril 2020 at 11 h 17 min
« Une sorte de rêve éveillé. »
C’est souvent ce ressenti que j’ai avec les films fantastiques muets, cette impression que cela a été filmé dans un autre monde.
Marc Provencher
28 avril 2020 at 17 h 57 min
Ouais je vois, encore un de ces films bourrés d’effets spéciaux comme ‘LE VOYAGE DANS LA LUNE’…
Bon centième anniversaire, Golem !
Seb
3 juillet 2020 at 9 h 21 min
Découvert récemment et honnêtement un peu déçu: l’ensemble est daté et folklorique, loin du choc que suscitent un Nosferatu ou un Cabinet du Dr. Caligari encore aujourd’hui.