Écrit par William Goldman d’après un roman de Ross Madonald (dont le héros se nomme Archer et non Harper), photographié par Conrad Hall et réalisé par l’honnête Jack Smight, « DÉTECTIVE PRIVÉ » relança la mode des polars noirs qui firent la gloire de Bogart. D’ailleurs, quand Paul Newman se présente en tant que « privé new school », c’est à Lauren Bacall qu’il le dit !
Le scénario, centré sur le kidnapping d’un homme riche de L.A. n’est qu’une longue enquête d’un lieu à l’autre. Harper fraie dans la faune dépravée de la côte ouest, côtoie des gourous ringards, des starlettes obèses, des gigolos, il se prend beaucoup de coups sur le crâne, mais parvient péniblement à ses fins. Sur deux heures, le film prend son temps, dérive parfois, mais le dialogue du tac-au-tac est brillant et acéré, les seconds rôles sont hauts-en-couleur. Constamment à l’écran, Newman surcharge son jeu de tics, de gimmicks, de moues et de petits apartés, ce qui le rend intrigant, mais aussi quelque peu irritant, voire tête-à-claques. Autour de lui, Arthur Hill est excellent en avocat et meilleur ami du privé, Strother Martin et Robert Webber sont de bons villains, Shelley Winters endosse crânement un personnage peu gratifiant d’ivrogne en surpoids, Robert Wagner (que Newman surnomme « Beauty » !) est parfaitement ambigu et Janet Leigh joue l’épouse fatiguée des frasques de notre héros. Le format Scope est très bien utilisé, les extérieurs sont originaux et très payants. Bien sûr, l’investigation elle-même n’a rien de palpitant et on se fiche que Harper retrouve ou pas le fameux disparu, étant donné qu’on ne voit jamais celui-ci de tout le film. Le charme est ailleurs, dans les vues de Los Angeles, dans ce mood si particulier des sixties, et dans la façon dont « DÉTECTIVE PRIVÉ » coupe définitivement le cordon avec la tradition des années 40.
À noter : Neuf ans plus tard, Newman reprendra son personnage dans « LA TOILE D’ARAIGNÉE » réalisé cette fois par Stuart Rosenberg.
Georges
28 novembre 2021 at 6 h 27 min
J’espère que la suite sera sur le site également ✌🏻.
walkfredjay
28 novembre 2021 at 8 h 40 min
Évidemment ! 🙂
Thierry
28 novembre 2021 at 8 h 10 min
L’ayant vu enfant, j’en avais un excellent souvenir. Un second ou troisième visionnage plus récent m’a quelque peu refroidi. Ce film a malheureusement subi la patine du temps, je trouve (et sa suite encore plus). Pas autant que les Tony Rome (datant de la même époque) mais c’est quand même sensible…
jicop
28 novembre 2021 at 10 h 30 min
Pas d’accord Thierry . J’ai vu les Tony Rome dernièrement ; quelle splendeur visuelle .La photo de Joseph Biroc est juste extraordinaire et le Miami des 60’s en cinemascope apporte une touche inégalable aux films . Nonobstant ce qu’on pense des films et de Sinatra ( je dis ça pour Fred au passage ).
walkfredjay
28 novembre 2021 at 10 h 37 min
Je les ai vus à la télé, il y a des siècles. Je n’en garde aucun souvenir. Et malgré mon peu d’attirance pour Frankie en tant qu’acteur, je les reverrais bien… Surtout que, sauf erreur, il y a Raquel Welch et Gena Rowlands dedans !
jicop
28 novembre 2021 at 10 h 50 min
Comme d’habitude dans ce genre de films , peu importe l’enquete , l’intrigue . Seule compte la manière de résoudre l’affaire et le microcosme décrit à travers les pérégrinations du privé . Que ce soit Bogart , Newman , Sinatra ou Elliott Gould ( ou meme Hackman dans » la fugue » ) à chaque fois une plongée dans l’histoire Américaine et , mine de rien , une étude sociologique sur ce pays . Harper ne déroge pas à la règle .
Patrick
28 novembre 2021 at 17 h 58 min
Il est pas mal ce polar même si lors d’une deuxième vision j’ai été moins séduit. Je lui préfère sa suite LA TOILE D’ARAIGNÉE.
Par contre le roman que est le 1er mettant en scène ce détective m’a ennuyé.