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Articles

Affichage des articles associés au libellé Bifrost

C'est vous Sannata3159 ? [Vandana Singh / Jean-Daniel Brèque]

C'est sous la très belle couverture de C élia T eboul [ Pour en savoir + ] que le nouveau Bifrost post-confinement est arrivée (sortie officielle demain, le 28/05).             Un copieux dossier sur A . E . V an V ogt, dont je n'ai lu pour l'instant que l'entretien mené par C harles P latt ; qu'il restitue sous la forme d'un article très captivant et assez hallucinant. La fascination qu'y manifeste A . E . V an V ogt pour les « systèmes » nimbe cette entrevue d'une inquiétante étrangeté digne de n'importe quelle (bonne) nouvelle de « weird Fiction ». Un registre dont il sera question avant la fin de cette entrée, puisque je m'attarderai sur l'une des nouvelles de la revue  : « C'est vous Sannata3159 ? » de V andana S ingh. La seule que j'ai lue pour l'instant. Les fanzines critiqués dans la rubrique Coin des revues , par Thomas Day laissent toujours l'impression d'avoir assisté au tabassage de quelques loustics...

Voyage avec l'extraterrestre [Carolyn Ives Gilman / Pierre-Paul Durastanti]

En lisant cette nouvelle, je n'ai pas pu m'empêcher, très rapidement, de pressentir que si le texte de C arolyn I ves G ilman utilisait - de manière si originale - un cliché indissociable du mythe extraterrestre, il ne pouvait pas ne pas y avoir de raison. D'autant que l'un des mythes fondateurs des U.S.A. , a justement eu maille à partir avec un précédent assez bien documenté.             En effet, il y a eu un abondant signalement de cas autour des enlèvements que pratiquaient alors les Indiens en lutte face à l'avancer des « visages pâles » , leur captivité, et bien sûr l'ensauvagement qui en découlait aux yeux du reste de la population.  Le tout a d'ailleurs alimentait une certaine vision du Gothique américain, et du western. Cette impression de voir se superposer ces deux « peurs » au motif unique, se trouvait accentuée par la nature même de ce que l'auteur nous racontait, à savoir un « voyage » (avec l'extraterre...

Le grand éveil [Kim Newman / Patrick Marcel]

Bay City , au début de 1962. Un détective dur-à-cuire affronte, à son insu, une menace bien plus grande que celle que fait peser H iro- H ito sur la côte ouest des États-Unis. « Hammett a sorti le roman policier du vase vénitien où il se trouvait, pour le jeter dans la rue. » Et K im N ewman y a invité Ceux des profondeurs.             « Le grand éveil » est une nouvelle relevant de ce qu’on pourrait appeler l’Esthétique de la fusion © . C’est-à-dire des récits où se mélangent les genres (science-fiction, polar, espionnage, thriller , etc. ), pour faire, eux-mêmes, genre.  Cela dit « Le grand éveil » est surtout un texte qui en a conscience, et qui pousse le mélange jusqu’au pastiche. (À consommer sans modération).  Il s’agit en effet d’une histoire de détective à la Philip Marlowe , mais qui se retrouverait au sommaire de Weird Tales . Le pulp magazine bien connu qui a accueilli, notamment, H . P . L ovecraft....

Exhalaison [Ted Chiang / Sylvie Denis & Roland C. Wagner]

La branche de la Science-fiction que l'on nomme communément « Hard science », se distingue en tant que la science elle-même y occupe un rôle essentiel. Voire le rôle principal. « Exhalaison », une nouvelle de T ed C hiang, au sommaire du cinquante-sixième numéro du trimestriel Bifrost , en est un bel exemple.             Roublarde, elle commence ainsi : « On a longtemps affirmé que l'air (d'aucun l'appellent argon) est la source de la vie. ». Si les plus attentifs n'ont pas pu laisser passer l'allusion à l'argon, la suite reste dans un registre raisonnable. Jusqu'à ce que, quelques lignes plus loin, huit pour être précis, on apprenne que « Chaque jours, [...] nous ôtons nos poumons vides de notre cage thoracique [..] ». À ce moment-là, le commutateur de notre horizon d'attente vient de définitivement basculer. L'imaginaire s'ajoute à l'imagination, et le départ est immédiat et au-delà de notre « bulle de présent » ( sic )...

La Mort du capitaine Futur ! (ou le Don Quichotte des étoiles)

Publiée dans le seizième Bifrost de la série, en 1999, la novella d' A llen S teele rend un magnifique hommage à ce héros de l'Âge d'or de la SF.             Un personnage que la postérité avait définitivement tatoué dans l'imaginaire collectif hexagonal sous le patronyme de « Capitaine Flam ». Par la grâce d'un dessin animé japonais, diffusé à la télévision au début des années 1980. Depuis, l'éditeur Le Bélial' a entrepris un vaste chantier de traduction des aventures originales du Capitaine Futur [ Pour en savoir + ], qu'accompagne un dossier roboratif sur E dmond H amilton, le principal pourvoyeur des aventures de Curtis Newton , disponible dans le Bifrost n°90 [ Pour en savoir + ]. Une entreprise qui redonnera, sans aucun doute, au capitaine, son légendaire surnom.             « La Mort du capitaine Futur » est un récit à la manière de celui de « L'Homme qui tua L...

Les Nouvelles aventures de Flip-Flop [Laurent Queyssi]

Nouvelle à tiroirs, marquetée de culture populaire, aux images plus ou moins explicites, « Les Nouvelles aventures de Flip-Flop » parlera sûrement d'une voix différente à chaque lecteur.  Si son registre Fantastique demandera moins de suspension volontaire d'incrédulité que la décision de son personnage principal, la fluidité de l'histoire et la relation père-fille sont particulièrement réussies.             Si la courte préface à la nouvelle évoque A lan M oore, on peut tout aussi bien voir l'ombre de son meilleur « ennemi », G rant M orrison (sûrement évoqué dans le Tulpa de Bianca ). Scénariste lui aussi, il s'était mis en scène dans la série Animal Man , qu'il écrivait alors pour DC Comics , dans laquelle il rencontrait, son personnage, l' Animal Man en question, lequel lui reprochait tous les tourments qu'il lui avait fait subir, tout au long de son run de presque 30 numéros.       ...

L'Île, une fable de Peter Watts et Pierre-Paul Durastanti

Couronnée par le prix Hugo © 2010 de la novellette, autrement dit un texte contenant de 7 500 à 17 500 mots (selon la Science Fiction Writers of America™), « L'Île » du canadien P eter W atts, ici traduit par P ierre- P aul D urastanti ( in Bifrost n°61) est une magnifique fable. On y trouve même des animaux. En effet, outre le Chimp , le vaisseau interstellaire porte le nom d' Eriophora . Et comme la plupart des fables, elle véhicule bien entendu une morale. Récit de hard-science , entendu que je nomme ainsi tout texte où la science est un personnage à part entière de l'histoire. Voire son personnage principal. Mais aussi space opera vertigineux par l'envergure de la mission de l' Eriophora , cette nouvellette est un précipité de sidération cognitive. Pas moins ! Particulièrement divertissante, malgré son contenu très scientifique, « L'Île » semble être la partie d'un tout, qui pour cette lecture en tout cas, restera de l'ordre de l'imp...

Écouter plus fort [Léo Henry] Bifrost n°91

•• Écouter plus fort , la nouvelle de L éo H enry extraite du Bifrost n°91, est de celle qui demande au lecteur un effort d'imagination. À l'instar de ce qui est demandé à Simet Deux-Doigts Renard-d'un-Été ; personnage principal de ladite nouvelle et manière de Mowgli dans une Forêt des Rêves Bleus post-apocalyptique. Cela dit, passé le dispositif, la nouvelle m'a laissé de marbre. Même si je salue l'imagination, et l’ingéniosité à l’œuvre.

La mort de John Smith [Michel Pagel]

••• Au sommaire du 91 ème numéro de Bifrost , dit « spécial fictions », La Mort de John Smith appartient, selon son auteur à « l'Ère de la fusion ». Autrement dit un cadre galactique qui lui permet d'inclure n'importe quelle histoire de SF, mais surtout en y combinant les genres : fantastique, polar, fantasy , etc.. J'avais lu, il y a quelque temps déjà, une nouvelle appartenant à ce cadre galactique dans l'anthologie Détectives de l'impossible . Elle mettait déjà en scène Herbie-V Quinn , un « sherlock privé », c'est-à-dire une détective privé, pour le moins atypique. Ère de la fusion oblige, La Mort de John Smith mélange donc les genres, et donne à lire une nouvelle où M ichel P agel maîtrise son récit de bout en bout. Et ce n'est pas le moindre de ses talents que de réussir à nous captiver avec des ingrédients qui apparaîtront somme toute, très communs aux lecteurs aguerris. Mais si la fond de sauce est connu, son savoir-faire de romancier ...

Ex silentio d’Olivier Caruso

••• U ne nouvelle qui peut se résumer par le célèbre aphorisme de P aul V aléry : « L’homme sait assez souvent ce qu’il fait, il ne sait jamais ce que fait ce qu’il a fait. ».  S’y ajoute un contexte assez inédit ; un juriste planche sur comment indemniser de façon efficace des proches, en cas de décès d’un des leurs. Une perte ici, occasionnée par l’administration étasunienne.  Si je vous laisse imaginer la nature du proche décédé, je vous rappelle cependant qu’il s’agit d’une nouvelle de science-fiction. Parue dans la quatre-vingt-onzième livraison de la revue BIFROST. Un numéro spécial « fictions », duquel j'avais déjà donné un bref aperçu, en jugeant la nouvelle de J ean B aret [ Pour en savoir + ] très prometteuse.  Celle d' O livier C aruso, plus perverse, est plus aboutie.

Trademark [Jean Baret] Bifrost n°91

••• C ourt récit à l'ère du capitalisme de consommation, la nouvelle de J ean B aret est un petit précis d'économie libidinale. À peine anticipée, l'obligation de consommer y est devenue plus qu'un injonction subliminale, une loi. Dont je vous laisse découvrir les conséquences.  Dans un très intéressant entretien [ Pour en savoir + ] l'auteur cite le philosophe D any -R obert D ufour, et l'un de ses ouvrages Le Délire occidental , en tant qu'ils ont été à l'origine de sa trilogie d'anticipation sociale à venir, globalement intitulée, comme sa nouvelle, Trademark . Une nouvelle qui vu sa brièveté n'est envisagée que comme une sorte de prologue au premier des trois romans à paraitre (intitulé Bonheur™ ). Autant dire qu'elle est frustrante.  Mais au vu de ce que fait J ean B aret des travaux de D any- R obert D ufour, il y a tout lieu de se réjouir de pouvoir acheter dès le 13 septembre 2018 Bonheur™ (20 € pour la version brochée, et 9,99...

LIGNE DE MARÉE (Elizabeth Bear/Pierre-Paul Durastanti)

.... C ertaines histoires, outre le très grand plaisir qu'elles procurent immédiatement, à la lecture, ont la faculté d'attiser l'imagination du lecteur ; et dans le meilleur des cas, de l'immerger dans le monde dans laquelle elles se déroulent. Alors qu'elles n'en sont qu'un infime fragment. Sans pour autant pouvoir la coucher sur le papier, ou via l'interface d'un blog, le lecteur la ressent dans son entièreté, la prolongeant, dans le multivers qu'est son propre monde intérieur. Ni totalement là, ni définitivement absente. Longtemps présente en tout cas. Ligne de marée , premier texte proposé en français de l'écrivaine E lizabeth B ear - qui n'est pourtant pas une débutante - grâce à la traduction de P ierre- P aul D urastanti, pour la 85 e  livraison de la revue BIFROST * , fait partie de ces histoires. Une courte mais magnifique nouvelle (saluée par les prix Hugo & Theodore Sturgoan 2008) qui je l'espère, ne sera pas...

De si tendres adieux (Romain Lucazeau)

Or donc, double programme aujourd'hui ( Pour en savoir + ).   …. L e style, en littérature, c’est comme le temps pour Saint Augustin ; De si tendres adieux de R omain L ucazeau offre la possibilité de sortir de cette aporie et d’en faire l’expérience sans avoir à l’expliquer, tant la limpidité de ce que peut être le style saute aux yeux de quiconque s’aventure dans les pages de cette nouvelle. Parue dans l’excellent quatre-vingt-quatrième numéro de la revue Bifrost ( Pour en savoir + ), elle est à la fois une belle introduction au diptyque de l’auteur – Latium – et la pente savonneuse qui ne peut qu’y conduire. En 26 pages, le romancier a réussi la gageure de me faire vivre en « temps réel » ce que vit Béréniké , personnage « précipité dans un monde horrible, un monde sans couleurs [..]. » qui « ne peut ressentir aucun étonnement, aucune surprise, aucune nouveauté. » Lire De si tendres adieux est comparable à feuilleter les pages centrales d’un numéro du magazin...

Un Espion sur Europe (Alastair Reynolds)

Pour qui aime la SF, Alastair Reynolds est un incontournable, la parfaite incarnation d’une science-fiction britannique ambitieuse renouvelant avec brio le genre usé du space opera – le Nouveau Space Opera.  L’œuvre de notre auteur se divise en deux : les textes appartenant au« cycle des Inhibiteurs » – • L’Espace de la révélation • La Cité du gouffre • L’Arche de la rédemption   • Le Gouffre de l’absolution auxquels il faut rajouter Diamond Dogs, Turquoise Days , petit volume de deux novellas , et Galactic North , recueil rassemblant le reste des nouvelles ayant trait au cycle, dont le présent texte – et les textes n’y appartenant pas.  Dans le lot : Janus, La Pluie du siècle .  Plus récemment, Reynolds a conclu sa trilogie des « Enfants de Poséidon », dont le premier tome, La Terre bleue de nos souvenirs , est paru chez Bragelonne .  En mai sortira outre-Manche sa collaboration avec Stephen Baxter, The Medusa Chronicle , faisant suite à Rendez...