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Affichage des articles associés au libellé franco-belge

Vigilantes t1 à 4 [Gaudin/Crosa/Paitreau]

•••• Contrairement à mes pronostics, la série intitulée Vigilantes , de J ean- C harles G audin, R icardo C rosa et S téphane P aitreau, est une aventure de super-héros très premier degré.  En effet, les séries de super-héros écrites par des auteurs français que j'ai pu lire, m'avaient habitué à une certaine prise de distance avec ce type de personnage.  Tout le contraire de Vigilantes qui évoque l'une des équipes d'adolescents inventées par E nid B lyton, lesquels auraient rencontré le sorcier Shazam .  Il y a une telle naïveté dans cette histoire, que j'ai longtemps pensé que le scénariste J ean- C harles G audin préparait une sorte de retournement de situation, à la manière d' A lan M oore lorsqu'il a repris la destinée du super-héros britannique Marvelman .  Mais non !        Reste une aventure que j'aurais aimer conseiller aux jeunes lecteurs, si les actes du vilain de l'histoire n'étaient pas ce qu'ils sont. En dehor...

SHI (t2), ou l'ambiguïté du message

•••• L e deuxième tome de la série de Zidrou et J osé H oms continue de faire la démonstration d'une maîtrise dans l'art de captiver, grâce à une narration qui enchaîne aussi sûrement les péripéties que le lecteur. Quand bien même sommes-nous en terrain connu, le dosage des scènes choc et des coups de théâtre induit une assuétude contre laquelle il est difficile de lutter. Bravo !         C ependant, au-delà de la trépidante aventure qu'on nous raconte, j'ai été frappé, et surtout troublé par le message implicite que j'y ai vu. Diffus lors du précédent album [ Pour en savoir + ], il s'affirme avec celui-ci. .... À première vue, il s'agit du thème toujours fécond de rendre justice soi-même, alors que la société dans laquelle on vit s'y refuse. En vertu par exemple ici, d'une sorte d'immunité de classe (qui traverse les siècles). Vengeance plus que justice d'ailleurs, en ce qu'elle n'épargne personne, aveuglément guidée par la...

SHI t1 [Zidrou/Homs]

•••• E ntraîné d'entrée de jeu par la saisissante couverture de J osé H oms, et tenu en haleine par ses toutes aussi magnifiques planches, que j'ai lues d'une traite, je suis complétement passé à côté des nombreuses faiblesses du scénario. Lesquelles ne me sont apparues qu'au moment de réfléchir au billet critique que j'avais envie d'écrire sur ce premier album - intitulé Au commencement était la colère - d'une série annoncée en 4 tomes. Cela dit Zidrou , et c'est tout à son honneur de scénariste, n'est pas plus étranger à cette situation que son complice. Tout le talent de José Homs s'exprime dans cette case, onomatopée comprise C'est d'ailleurs à mes yeux un talent, que de réussir à faire oublier au lecteur que l'histoire qu'on lui propose repose sur des fondations aussi ténues. En très exactement deux pages et un coup de théâtre, ils ferrent celui qui voudra bien entamer la lecture de leur album pour ne plus jamais ...

Katanga t.01 : Diamants (Nury/Vallée/Bastide)

..... R éflexe pavlovien , le Katanga évoquera sûrement toujours pour moi l'un des moments forts de la « geste » de B ob D enard, mercenaire emblématique (et relativement médiatique) des années 1960. Et l'album de F abien N ury (scénario), S ylvain V allée (dessins) et J ean B astide (couleurs) s'appuie en effet sur une belle bande d' Affreux lancée dans une « chasse au trésor » pleine de rebondissements (et ce n'est que le premier tome d'un triptyque). Difficile de résister lorsque la 1 er planche d'un album est aussi réussie F abien N ury & S ylvain V allée entament Diamants (titre du premier album de la série) en prenant le risque d'un récit très didactique. Mais là où d'autres auraient peut-être épuisé la patience des lecteurs les deux compères - qui n'en sont pas à leur coup d'essai - captivent. Ce prologue très réussi laisse place, après 11 planches, à l'intrigue proprement dite qui démarre sur les chapeaux de roue...

SOUL MAN (David Chauvel/Denys/Hubert)

…. C onséquence du succès de la série-concept « Sept », et de l’envie de travailler avec des gens qui n’avaient pas trouvé de place dans les 7 albums publiés alors, D avid C hauvel – directeur de collection – et G uy D elcourt big boss des éditions qui portent son nom ont imaginé « Le Casse ». • La série-concept : six albums, racontant six hold-up , dans des univers complètement différents.   …. Ecrit rapidement (en 1 mois), afin de palier la défection d’un autre scénariste, C hauvel s’associe avec le dessinateur D enys pour ce troisième album de la série intitulé : Soul Man . Dans un entretien le scénariste, habitué aux polars, raconte que jusqu’à la cinquantième page il ne savait comment se terminerait son one-shot . Deux fins se disputaient la place.  Cette tension et la contrainte de temps se ressentent d’ailleurs dans l’album.  Toutefois rien de bâclé, ni du côté de l’intrigue ni du côté des planches. D enys y fait un travail de toute beauté. Dy...

Zone Blanche (Série TV) S01-E08

.... Z one Blanche , dont le début ( Pour en savoir  +) m'avait bien plu, confirme ma première impression au terme des 8 épisodes de sa première saison. S'appuyant sur des fragments de séries plus ou moins récentes, certaines citations semblent bien plus que des coïncidences, Zone Blanche ne se contente pas d’accommoder les restes. Fussent-ils de qualités, et si tant est que cette impression ne soit pas seulement le fruit de mon imagination, mais en tire une substantifique moelle. Le dernier épisode, tout en résolvant l'enquête qui parcourt cette saison - l'enlèvement d'une adolescente - donne à voir celle-ci (la saison en question) dans une perspective nouvelle, tout en ménageant une fin ouverte sur une deuxième saison pleine de promesses.  .... Inattendue dans son dénouement (du moins l'a-t-il été pour moi), et plutôt originale dans sa totalité, particulièrement dans le flou entourant la localisation géographique de Villefranche et son climat pres...

Zone Blanche : Saison 01 - Episode 03

Un spéléologue amateur sort traumatisé d'un de ses périples. Il affirme avoir perdu son amie dans un labyrinthe de grottes souterraines. Laurène, chargée de l'enquête, écoute son témoignage et s'efforce de démêler le vrai du faux. Qu'est-devenue la jeune femme ?  . ... C e troisième épisode confirme tout le bien que je pensais des deux premiers ( Pour en savoir + ). Ainsi que mes réserves. Confirmant l'ambiance gothique, tout en rationalisant (?) avec beaucoup de talent et d'astuce les enjeux de cette nouvelle enquête, Zone Blanche s'inscrit de plus en plus dans la filière du divertissement à base de « cul-terreux » (s'il s'agissait d'une série U.S. , j'aurais dit redneck ) - ici dans une version ardennaise - et d'isolement rural. En proposant des épisodes aux enquêtes « auto-contenues » captivantes, tout en alimentant un fil rouge ambitieux, la série franco-belge ménage le court terme, tout en préparant une intrigue d'...

Zone blanche (RTBF/France 2)

.... A près deux épisodes (sur 8) menés tambour battant d'un scénario qui palpite entre whodunit et fantastique rural forestier, le constat est simple : Zone Blanche - série télévisée franco-belge - démarre très joliment.  Pour le dire vite, on est pas loin d'un Twin Peaks version Grand Est (toutes choses égales par ailleurs) mâtiné d'un peu de Jordskott (la série télévisée suédoise).  À tout le moins, la galerie de personnages vaut largement celle qu'avaient inventée  Lynch & Frost en leur temps, et la nature vaut bien celle décrite par H enrik B jörn.   Villefranche est une petite ville isolée au cœur d’une forêt gigantesque, un labyrinthe vert de milliers d’hectares rendant toute télécommunication hasardeuse. Cet endroit pas tout à fait comme les autres a ses zones non cartographiées, ses crimes, ses disparitions et autres mystères à élucider et un taux d’homicide six fois supérieur à la moyenne nationale… mais à part ça tout va bien. Pour vei...

L'Odeur des garçons affamés (Loo Hui Phang & Frederik Peeters)

Texas, 1872. Oscar Forrest, photographe, répertorie les paysages de l'Ouest pour le compte du géologue Stingley. Entre Oscar et Milton, jeune garçon à tout faire du groupe, s'installe une relation ambiguë. ... Alors qu'autour de l'expédition, rôdent un inquiétant homme en noir et un Indien mutique.  …. S i L oo H ui P hang a écrit un western éloigné de ce à quoi une grande partie du genre nous avait habitués, en lisant L’Odeur des garçons affamés j’ai senti comme une affinité certaine avec le « western » écrit quelques années plus tôt (1983) par W illiam S . B urroughs, intitulé Parages des voies mortes * (Place of Dead Roads). Même place accordée à l’onirisme & à la magie, présence affichée et revendiquée de l’homosexualité, et de façon plus anecdotique chez B urroughs (mais pour le coup très saisissant) du truquage photographique. Reste que le scénario du western dessiné par F rederik P eeters est loin, très loin, d’être un plagiat du roman de B urr...

Je, François Villon t.02 (Luigi Critone/Jean Teulé)

François Villon fait la rencontre de Colin de Cayeux, chef des Coquillards, brigands pervers et sanguinaires. Pour être initié, Villon doit réaliser trois chefs d'oeuvre : un vol scandaleux, un crime écœurant et un présent abominable.    • En terre étrangère   .... O mbre portée de l'adaptation en bande dessinée de son roman homonyme, J ean T eulé - un homme qui fait du chiffre avec des lettres – avait « envie de raconter (son histoire) de manière plus rock’ n’ roll que les essais historiques qui ne touchent qu’un public confidentiel » a-t-il déclaré au magazine LIRE dans sa 449ème livraison.  Marche supplémentaire dans la vulgarisation, hors du cercle restreint des livres sans image, la BD de L uigi C ritone, dans son deuxième tome (2014), emprunte un tour beaucoup moins résilient que ne le laissait entendre le premier.  L’amoralité serait-elle la pierre à aiguiser de l’esprit de François Villon trouvère, made in gangsta , pris entre la « la ...

Je, François Villon t.01 (Jean Teulé/Luigi Critone)

Son père pendu, sa mère enterrée vivante, François Villon connaît les pires atrocités de la vie dès son plus jeune âge. Recueilli par le chanoine de Saint-Benoît, il est envoyé dans le meilleur collège de Paris. Mais à ses études, il préfère la poésie, l'hypocras et la fornication. • Mais où sont les neiges d'antan (entre rap & « Mai 68 ») ?   …. L uigi Critone dans ce premier tome (sur 3) dépeint un Moyen Âge âpre, où il ne fait guère bon vivre ; même vu au travers de notre vingt-et-unième siècle pourtant sérieuse troublé.  Heureusement, François Villon – qui a pourtant rencontré très tôt les « taxis de la réalité absolue » - est un sacré numéro.  Un genre de rappeur (mais plein de reproches) situationniste qui rime sa vie et n’hésite pas à jouer (donc) un « Mai 68 » avant l’heure (et bien plus court).  .... Sans véritable enjeu dramatique, L uigi C ritone (et J ean T eulé, l’auteur du roman dont il s’inspire) réussit pourtant à captiver grâc...

Les Vieux fourneaux (Lupano & Cauuet)

• Bilan du monde, pour un monde plus humain   …. O u l’Histoire de France revue et corrigé (dans tous les sens du terme) par les souvenirs de Vieux de la vieille version 2.0 (dans les gencives) ; adeptes du happening « situ » et de l’humour vache. Nostalgie & fuite en avant rythment les trois tomes des aventures de ces trois mousquetaires (qui comme chacun sait sont quatre), au gré de l’imagination d’un W ilfrid L upano (décidément très très bon), et des dessins d’un P aul C auuet que je découvre, et dont le talent vient de lui faire gagner un lecteur. Cette historiographie, des 60 dernières années, sur le mode du rire ne fait pas l’économie (non financiarisée) d’un regard tout aussi espiègle sur notre époque et ses contemporains. Poil aux seins ! Carte vermeil et carte au trésor se conjuguent au plus-que-parfait pour maintenir, vaille que vaille, le cap au cœur d’un Pays de Cocagne où coule la Fontaine de jouvence .  Ô Capitaine ! Mon Capitaine !

Le Village (Rodolphe/Marchal/Bouet)

…. S i dès le premier tome des 3 que j’ai lus j’ai immédiatement pensé au célèbre village de la série télévisée Le Prisonnier , mais il m’est apparu que la BD de R odolphe, B ertrand M archal & S ébastien B ouet n’entretenait que finalement peu de rapport avec cette série en son temps « culte » (ce qu’elle n’est plus depuis qu’elle est devenue populaire).  Sinon justement pour ceux qui la connaissent d'en prendre si je puis dire, le contre-pied.  Le Village – du moins telle que je l’ai lue – est une idée qui a plus à voir avec L'Ouvroir de Littérature Potentielle dont les membres se proposaient d’être des « rats qui construisent eux-mêmes le labyrinthe dont ils se proposent de sortir ».  Le labyrinthe en question étant ici justement le « Village » lui-même en tant que contrainte scénaristique dont il faut se servir pour produire des histoires originales et différentes les unes des autres.  Entendu que chaque album se suffit à lui-même et propose une...

Le Maître des crocodiles (Pendanx & Piatzszek)

…. Quelquefois comme chacun sait, le hasard fait bien les choses. Intrigué par le titre de cette BD et par sa couverture je l’ai empruntée sans bien entendu savoir à quoi m’attendre. …. U ne équipe réduite de documentaristes arrive l'archipel de Banyak sur la côte ouest de Sumatra et si les premiers contacts avec les autochtones ne se passent pas idéalement, finalement ça s’arrange plutôt bien. Le maître des crocodiles est une histoire qui m’a bluffé deux fois.  Ce que j’avais pris pour un scénario sur un groupe d’écologistes avec un arrière-plan géopolitique en butte à une population retranchée sur ses us et coutumes tourne assez rapidement – sans que les deux points évoqués soient négligés cela dit – en une version indonésienne si je puis dire, d’un blockbuster bien connu.  D’autant plus qu’on s’accorde à dire qu’il est le premier du genre. Et cette version indonésienne et dessinée ou plutôt peinte, est magnifiquement traitée par J ean- D enis P enda...

Maggy Garrisson t.01 & 02 (L. Trondheim & S. Oiry)

…. R écit très agréablement ficelé aux personnages plus vrais que nature, les deux premiers tomes de Maggy Garrisson séduisent aussi grâce au soin apporté à la mise en couleur et au découpage des planches.  S téphane O iry travaille l’éclairage de chaque case avec beaucoup de précision, soigne le modelé des formes, et utilise une palette de couleurs et de valeurs qui se substitue aux récitatifs d’ambiance avec beaucoup de réussite.  L’encrage n’est pas en reste, à charge pour lui de donner de la texture, d’ajouter des ombres, ou d’accentuer l’expressivité d’un visage. L’utilisation, avec une certaine constance, d’un gaufrier de 12 cases évite contre toute attente le sentiment de monotonie que l’on est en droit d’en attendre, pour induire à la place une sensation d’immersion tout à fait stupéfiante.  L ewis T rondheim fait semble-t-il, pleinement confiance à son dessinateur pour exprimer les sentiments qui traversent les personnages, et à son storytelling ...

Buffalo Runner (Tiburce Oger)

... L e western est né de la rencontre d'une mythologie, qui prend principalement sa matière première durant les années 1880 et 1890, avec un moyen d'expression, ou plutôt avec des moyens d'expression : la littérature, le cinéma, la bande dessinée, mais aussi les cirques itinérants comme celui de Buffalo Bill . C'est d'abord dans la littérature bon marché que l'une des figures emblématiques de cette mythologie fait son apparition et plus précisément dans les dime novels , ces romans à trois sous inventés par B eadle & A dams. D'abord personnage secondaire, le cow-boy puisque c'est de lui qu'il s'agit, acquière le statut d'une sorte de chevalier de la Frontière dont l'arsenal est constitué d'un six-coups, d'un bowie-knife et d'un lasso. Dès les années 1890 son rôle est "de rétablir la justice face au Mal" ( M . C . B oatright) La Frontière est d’abord un espace de peuplement, c’est aussi une théori...