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Articles

Affichage des articles associés au libellé science-fiction

Le miracle d'Ivar Avenue [John Kessel / Frédéric Serva]

Lue presque malgré moi, cette novelette de J ohn K essel m'a d'abord captivé par le style dans laquelle elle avait été écrite. Ici joliment traduit par F rédéric S erva. En effet, contrairement à ce que laisserait supposer la couverture ci-contre (d'un recueil où elle est cependant présente), j'ai lu ce texte dans l'anthologie Privés de Futur ( dont j'ai déjà parlé hier ). Lequel texte n'entretient qu'un rapport ténu avec la science-fiction proprement dite. Nonobstant qu'elle lui est indispensable.             Or donc, captivé disais-je, j'ai dévoré la trentaine de pages d'un récit qui se déroule dans le milieu du cinéma, et qui démarre sur la découverte d'un cadavre qui laissera circonspect l'inspecteur Lemoyne Kinlaw . Et le lecteur, s'il ce dernier ne se savait pas en train de lire une histoire de Sf. Toutefois, circonspect je l'ai quand même été quant à ce que J ohn K essel avait voulu dire avec « Le miracle d...

L'esprit de contre-addiction [Alain Damasio / Clément Vuillier]

2020 A.D. • Le contexte :             La nouvelle, inédite, intitulée « L’esprit de contre-addiction » d’ A lain D amasio est au sommaire d’un hors-série du magazine Socialter™, dont l'écrivain est aussi le rédacteur-en-chef. Un numéro qui a été financé par un appel aux dons des internautes, selon la formule bien rodée maintenant du crowdfunding . Et dont le résultat a été une campagne qui a explosé les compteurs. Voyez vous-même : 4 906 euros d’engrangés sur les 400 nécessaires. Pour comprendre, en partie, cet engouement, il faut savoir que, Les Furtifs , le dernier roman en date d’ A lain D amasio, s’est vendu (à ma connaissance) à plus de 120 000 exemplaires. Et que l’écrivain est « dorénavant une parole publique ». Du moins si on en croit la page de présentation du hors-série en question, et la notoriété du romancier qui dépasse largement les frontières de la SfFF. On a pu ainsi le retrouver dans les pages du Can...

DEVS [Alex Garland / Sonoya Mizuno]

Mini-série télévisée de 8 épisodes, écrite et réalisée entièrement par A lex G arland (même si le réalisateur des deux derniers n'est pas encore connu) DEVS débute plutôt bien.             [TW : hard-science ] Si A lex G arland mobilise dans ce premier épisode notre appétence pour le thriller , DEVS contient de bons gros morceaux de Sf. Non pas sur une simple pétition de principe, mais sur ce que D arko S uvin appelait un « novum » ou l'occasion d'une rupture épistémologique de la pensée.  Celle d'une irruption de « sense of wonder », quasi suffocante (aux alentours de 18'40''). Il faut dire que le terrain était bien préparé. Jeté in medias res , envouté par la musique et une certaine langueur (et non pas longueur), le téléspectateur prend littéralement la place d'un des personnages avide de découvrir ce qu'est DEVS. Contre toutes les apparences cet épisode n'expliquera rien, mais creusera le mystère autour de ce cen...

Avec ses yeux [Liu Cixin / Gwennaël Gaffric]

Je ne crois pas pouvoir rêver mieux, comme premier rendez-vous avec L iu C ixin, que sa nouvelle intitulée « Avec ses yeux ». Illustrée ici par R omain É tienne. Traduite par G wennaël G affric, elle a été couronnée par le Prix des lecteurs 2017 de la revue BIFROST * . Et au moment de sa sortie en Chine , en 1999, par le Prix Galaxy . Autrement dit, le prix littéraire chinois le plus prestigieux en matière de science-fiction.             Twist ou chute, j'aime qu'une nouvelle me surprenne. Si en plus elle m’embarque sur un terrain complétement inattendu .... Celle de L iu C ixin est de cette trempe. En plus d'être 100% science-fictive, si j'en crois la définition que donnait T heodore S turgeon du genre.   Et puis .... Avec ses mots,  L iu C ixin rend possible au lecteur une expérience comparable à celle que l'employé au sol du centre de navigation transmet, avec ses yeux , à la jeune femme de la nouvelle. En y laissant (en ce qui me ...

Légion t2 : À fleur de peau [Brandon Sanderson / Mélanie Fazi]

Précédemment dans Légion : Stephen Leeds a été engagé par les Laboratoires Azari, SA. pour retrouver un de ses scientifiques. Lequel « a trouvé le moyen d'appliquer la science aux vérités suprêmes de la religion. » dixit Tobias, un aspect de Stephen Leeds. • Dans À fleur de peau Stephen est investi d'une nouvelle mission : retrouver un corps qui a disparu de la morgue. ______________             L'idée de Légion , alias Stephen Leeds a été soufflée à B randon S anderson par son ami D an W ells : Et si ..... les voix qu'entend un schizophrène, plutôt que de le pousser à la folie, lui rendaient service ?  Stephen Leeds est un surdoué, un génie, capable d'apprendre en très peu de temps quasiment n'importe quel savoir (langue, histoire, psychologie, techniques commando, etc. ). Toutefois, plutôt que d'utiliser ce savoir comme n'importe lequel d'entre nous, Stephen créé, après chaque apprentissage, un « aspect ». Autrement dit une nouvelle...

Des larmes sous la pluie + Le poids du cœur [Rosa Montero /Myriam Chirousse]

Peut-être influencée par ses lectures d'enfant des aventures de Flash Gordon , R osa M ontero s'est lancée en 2011 dans l'écriture, de ce qui deviendra bientôt en France une trilogie, de romans de Sf. « Des larmes sous la pluie » en est le premier tome. Suivront « Le poids du cœur », et « Le temps de la haine » à paraître en septembre de cette année.  Contrairement à ce que les titres des deux premiers tomes peuvent laisser penser, il s'agit bien de romans de science-fiction ; où certains ont même vu une forme d'hommage à P hilip K . D ick. Même si l'autrice explique qu'elle a plutôt choisi le mythe moderne de l'androïde pour parler de choses qui lui tiennent à cœur, au lieu d'un simple hommage à l'auteur de « Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques » .  Quand bien même Bruna Husky est-elle une réplicante de combat, et que l'ambiance emprunte largement au roman noir™ façon « Blade Runner » madrilène.  « Quatre ans, troi...

Captive State [Rupert Wyatt / John Goodman]

2028, neuf ans après le « premier contact » la Terre est contrôlée par des extraterrestres. Les différents gouvernements internationaux leur ont prêté allégeance.        Comme sources d'inspiration pour son cinquième film « Captive State » le réalisateur et co-scénariste R upert W yatt cite volontiers la révolution américaine du XVIII ème siècle, « L'Armée des ombres », ou encore « La Bataille d'Alger » .   En effet, si le film choisit un arrière-plan tout droit venu de l'imaginaire Sf, « Captive State » à tout du film de guerre dans sa phase de résistance à l’ennemi. Comme l'ont justement incarné le film de J ean- P ierre M elville et celui de G illo P ontecorvo . Presque anti-spectaculaire, à l'aune des propositions contemporaines dès qu'il est question de science-fiction cinématographique, « Captive State » offre cependant quelques moments de bravoures saisissants.  Toutefois son propos n'est pas là. Le film de R upert W yatt ...

Blues pour Irontown [John Varley / Patrick Marcel]

Ça commençait plutôt mal.  L'idée d'un détective privé du futur, fondu de ses lointains confrères des années 1930, avait tout d'un Polaroid™ bien trop souvent photocopié. Mais peut-être que cet amour des privés made in Underwood © allait-il être de la trempe du fusil de T chekhov ? Si la présence, dès les premières pages, d'une « femme fatale », semble donner le ton. Si l'ombre porté du Faucon maltais ne fera que se renforcer. La profession de détective privé semble aussi utile à l'intrigue du roman qu'un cataplasme à la moutarde sur une jambe de bois.         Une intrigue qui, nonobstant le titre du roman, tient plus de la berceuse que du blues .    Fort heureusement, J ohn V arley gratifie son roman d'une très belle idée ; au travers du personnage nommé Sherlock . Rien qui ne rattrape totalement l'ennui profond d'une enquête poussive, et  au final, sans grand intérêt. Mais les chapitres racontés par ledit Sherlock son...

Magnus [Kyle Higgins / Jorge Fornés] Paperback

Évacuons d'ores et déjà  une question légitime, s'agissant d'un billet critique : oui Magnus satisfait totalement aux critères qu'on peut attendre d'une lecture divertissante. Là où c'est un peu moins réjouissant, c'est que cette série, publiée mensuellement aux États-Unis entre juin et octobre 2017, à tout d'un simulacre baudrillardien ( made in Matrix ).  En effet Magnus surf sur des idées dont I saac A simov ou P hilip K . D ick faisaient déjà leur quotidien il y a 70 ans. Notamment les « 3 lois de la robotique » , qu' A simov a popularisées, quand bien même l'idée venait du rédacteur en chef du pulp magazine Astounding Science-Fiction , J oseph W . C ampbell. Une idée plutôt géniale dans les années 1940, mais qui aurait eu besoin d'être ajustée à notre  XXI ème siècle gorgé de code et autres « applis » .  Surtout s'agissant d'une fiction sensée se dérouler en 2050. Dommage que l'éditeur Casterman n'ait pas ju...