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Articles

Affichage des articles associés au libellé bande dessinée

Lola Cordova [Arthur Qwak]

A rthur Qwak s'empare, avec cet album de bande dessinée, d'un cliché de l'ufologie et d'un nombre conséquent de lieux communs de la science-fiction, qu'il transforme en une histoire très originale, grâce à son héroïne atypique. La colorisation et le storytelling ne sont pas pour rien non plus dans le dépaysement que procurera cette aventure.             La Lola Cordova qui donne son nom à l'album a une philosophie de la vie bien à elle, qu'on découvre dès la troisième planche : « Dans la vie c'est avec mon cul que je m'en sortais. Dans l'espace, il n'y avait aucune raison que ça change ». Eh oui, Lola Cordova est donc une pute ! Et l'histoire qui va suivre tournera bien évidemment autour du sexe, car l'héroïne ne se contente pas de rencontrer des extraterrestres, mais des extraterrestres ...... libidineux. Si Lola exerce un métier que réprouve la moral, A rthur Q wuak qui ne la juge jamais, lui donne en sus, l'occasi...

Colt & Pepper t1 [Darko Macan / Igor Kordey / Fanny Thuilllier / Anubis]

Natif de Zagreb , le scénaristes D arko M acan s'est fait connaître du plus grand nombre en travaillant pour le marché de la BD étasunien. Depuis quelque temps il semble faire son trou en France , principalement chez l'éditeur Delcourt™. Lequel avait par ailleurs déjà commercialisé une partie de son travail effectué aux U.S.A . Une ouverture hexagonale récente, doublée de la publication de certains de ses premiers travaux par les éditions INUKSHUK. Il est, pour cette série, encore une fois associé à son compatriote I gor K ordey. Un dessinateur qui a lui aussi travaillé pour les puissants éditeurs du « Pays de l'Oncle Sam ». Une expérience qu'il a pour le dire vite, trouvé peu concluante. C'est finalement l'éditeur français de la rue d'Hauteville à Paris , qui s'est depuis attaché son talent. Et sa rapidité.             « Pandemonium Paragusa », premier tome de cette série qui visiblement s'installe sur les terres de la Fantasy , et aussi ...

Cher pays de notre enfance [É. Davodeau / B. Collombat]

Particulièrement passionnant, j'ai pour ma part lu les presque 220 pages de cette bande dessinée (24 €, prix unique du livre), quasiment d'une traite, Cher pays de notre enfance revient sur une page de l'Histoire de France . Une Histoire parallèle, comme le laisse entendre la couverture de l'album, où non seulement le général D e G aulle est éclaboussé, mais plus encore peut-être ; où son regard, très inquiet, porte à son extrême droite. Là où la photo officielle le montre dans une attitude bien plus régalienne, regardant sur sa gauche. Bien que familier, par goût de l'Histoire, du Service d'Action Civique ( SAC ), et de l'affaire B oulin. Voire, grâce au cinéma de l'assassinat du juge R enaud, la minutie de l'enquête qu'ont menée B enoît C ollombat et É tienne D avodeau a été un rappel salutaire. Et surtout rempli de détailles dont je n'avais pas connaissance, ou que j'avais oubliés.  Le SAC donc, service d'ordre du mouveme...

Moi, ce que j'aime, c'est les monstres t1 [Emil Ferris]

••• Prévue pour une sortie le 23 août 2018 via la maison d'édition Monsieur Toussaint Louverture , Moi, ce que j'aime, c'est les monstres , première bande dessinée de la quinquagénaire E mil F erris, bénéficie d'une publication en avant-première dans le quotidien Libération , et d'un bouche à oreille très favorable.  Après avoir lu la trentaine de pages proposée par Libération , je ne peux que me rallier aux éloges lus ici et là. Même s'il est difficile de voir où cela est sensé nous mener. Reste que la personnalité de Karen Reyes est très crédible, ce qui n'est pas rien lorsqu'on nous propose de lire son journal intime. Lequel semble s'intéresser à la mort d'une de ses voisines. Ce qui en soit n'est déjà pas banal pour une fillette de 10 ans. Mais nous ne sommes pas au bout de nos surprises, car Karen est passionnée, comme le titre de l'album le laissait entendre, par les monstres. Au point de se représenter elle-...

Frederik Peeters & Serge Lehman : L'Homme gribouillé

L oin de moi l'idée de réduire L'Homme gribouillé aux effets de surprise qui s'y succèdent. Néanmoins, alors que cet album de bande dessinée mérite d'être lu et relu , et que dans les cas des relectures le plaisir esthétique & intellectuel va grandissant, en préserver le mystère du scénario est un supplément dont il serait fâcheux de se priver, la première fois. Un "géologue" qui ressemble beaucoup à Serge Lehman   Ainsi, si vous connaissez le travail de S erge L ehman, aussi bien ses scénarios que ses romans, et/ou si vous connaissez ceux de F rederik P eeters, cela devrait vous suffire à tenter l'aventure, sans en savoir plus. Si vous appréciez les deux, la question ne se pose même pas. Toutefois j'ajouterai que L'Homme gribouillé c'est plus de 300 pages au lavis, dans de magnifiques dégradés de gris, imprimé sur un papier Munken Polar , et serti dans une reliure dite « Integra » ; comme celle des recueils de Swamp Thing ou ...

SHI t1 [Zidrou/Homs]

•••• E ntraîné d'entrée de jeu par la saisissante couverture de J osé H oms, et tenu en haleine par ses toutes aussi magnifiques planches, que j'ai lues d'une traite, je suis complétement passé à côté des nombreuses faiblesses du scénario. Lesquelles ne me sont apparues qu'au moment de réfléchir au billet critique que j'avais envie d'écrire sur ce premier album - intitulé Au commencement était la colère - d'une série annoncée en 4 tomes. Cela dit Zidrou , et c'est tout à son honneur de scénariste, n'est pas plus étranger à cette situation que son complice. Tout le talent de José Homs s'exprime dans cette case, onomatopée comprise C'est d'ailleurs à mes yeux un talent, que de réussir à faire oublier au lecteur que l'histoire qu'on lui propose repose sur des fondations aussi ténues. En très exactement deux pages et un coup de théâtre, ils ferrent celui qui voudra bien entamer la lecture de leur album pour ne plus jamais ...

Opération Copperhead (Jean Harambat & Isabelle Merlet)

.... I nspiré en partie par l'autobiographie de l'acteur  D avid N iven, dont les extraits qui ponctuent l'album permettent de se rendre compte que J ean H arambat en a parfaitement capté l'esprit, Opération Copperhead est un petit bijou d'humour. À la fois récit d'espionnage, instantané d'une certaine manière de vivre et page d'histoire, les presque 170 planches se lisent avec gourmandise et le sourire tout du long.   Le dessin, dont l'apparente simplicité naïveté cache bien son jeu, exprime avec justesse l'état d'esprit des uns et des autres, en quelques cases, à la manière d'un strip de presse J ean H arambat concentre énormément d'informations sur la situation et ses personnages. Paradoxe d'un dessin qu'on pourrait qualifier de « dépouillé ». En outre, les choix formels de sa mise en récit donne une identité originale à son album. Je ne parlerai pas des couleurs d' I sabelle M erlet, les extraits de l'a...

KARMA City (Pierre-Yves Gabrion)

Karma City est une ville vertueuse régie par les lois universelles du karma, où l'intérêt général primerait toujours sur l'intérêt particulier. Emma List se présente aux portes de la "zone blanche" de la capitale, autorisée à entrer malgré un karma un peu négatif, elle s'écrase avec son véhicule. Ce qui ne semblait être qu'un rapport de routine pour les agents Cooper, Napoli et Asuki va pourtant se transformer en enquête de vaste envergure.   …. K arma City , théocratie laïque régie par l’idéologie du karma est une belle façon de nous projeter dans un lieu où des us et coutumes légèrement différents transforment le quotidien en étrange dépaysement.   … L’histoire, les personnages, tout y est intéressant, mais ce qui sort cet album du tout-venant culturel, si vous me passez l’expression (dans laquelle il ne faut rien y voir de péjoratif) c’est indéniablement son versant artistique.  Le dessin, le storytelling et la mise en couleur (dont un tra...

Sur la route de Selma (Berthet/Tome)

Cette nuit-là, dans une chambre du Blue Wallow Motel, les circonstances ont offert à Kyle Lansky l'occasion de laver une lancinante humiliation. Mais le hasard, souvent capricieux, a glissé un grain de sable dans les rouages de sa vengeance. Un témoin imprévu, convaincu que l'assassinat lui sera attribué va remonter pas à pas la piste, qui sur la route de Selma, le mènera jusqu'à l'antre du vrai criminel. ... S ur la route de Selma , titre évocateur s'il en est, oeuvre dans le registre du thriller , c'est-à-dire que c'est le suspense que suscite l'attente de ce qui va arriver au personnage principal qui captive le lecteur.  Pour cela l'histoire repose sur une logique de consécution, et si les émotions que peuvent susciter les personnages ne sont pas absentes loin s'en faut, il est surtout question grâce à un scénario vraiment astucieux et une causalité inattendue, de dénoncer (toutes choses égales par ailleurs) une société pourrie. ...

Canicule (Vautrin/Baru)

« Le roman noir, c’est l’apprentissage sur le tas. C’est la vie sous la couverture. Dans l’ombre et dans la marge. Une discipline qui sied aux autodidactes, aux libres penseurs, aux doux dingues de l’utopie, aux fascinés de l’anarchie, aux ennemis de l’ordre noir. » Adapté pour le coup par B aru en une centaine de pages, Canicule de J ean V autrin (également adapté au cinéma par Y ves B oisset) est une plongée dans le "rural noir". En lieu et place des 4 copains partis descendre la Cahulawasee River dans le roman de J ames D ickey, on a Jimmy Cobb criminel en fuite qui tente d'échapper à ses poursuivants. Les gaillards et les gisquettes sur lesquels il va tomber en Beauce , n'ont rien à envier à ceux qui vivent en Géorgie dans le roman de D ickey  Délivrance (adapté par J ohn B oorman pour le cinéma en 1972).  Le roman noir nous dit T homas N arcejac, au même titre que la bande dessinée du même genre ajouterais-je "peut se ramener à trois gran...

La Princesse des glaces (C. Läckberg/O. Boquet/L. Bischoff)

... L 'adaptation en bande dessinée du roman de C amilla L äckberg : La Princesse des glaces par L éonie B ischoff (dessin) & O livier B ocquet (scénario) est un fort bel album. L'un de ceux qui produisent un intérêt certain et immédiat au travers de sa forme. Les deux auteurs ont choisi un introduction sinon original du moins l'une de celles qui qui retient l'attention. C'est en tout cas ce qui s'est produit dans mon cas : À partir de là il n'était plus question de lâcher l'histoire jusqu'à sa conclusion, d'autant que les qualités de cette dernière (que l'on retrouve dans le roman homonyme certainement) en font un véritable  page-turner (autrement dit un livre scotchant). Les deux auteurs se sont très impliqués dans cette adaptation, non seulement ils ont lu le livr. Ne riez pas, j'ai entendu il y a quelques temps S ean P enn expliquer lors d'une interview qu'il avait écrit le scénario de Gunman sans avo...

Un Hiver de glace (Daniel Woodrell/Romain Renard)

Il fait très froid cet hiver-là. Et l'avenir est sombre pour la famille Dolly. Jessup, le père, a disparu après avoir hypothéqué leur maison en échange d'une libération conditionnelle. S'il ne se présente pas au tribunal le jour de son jugement, les Dolly seront à la rue. Comment s'en sortir alors que la mère n'a plus toute sa tête et que les deux garçons sont trop jeunes pour se prendre en charge ? Tout repose sur les épaules de Ree, l'aînée de 17 ans. ... L e roman hard-boiled ( Pour en savoir + ) propose souvent une surenchère dans la sensation, relativement au roman policier à énigme ( Pour en savoir + ) qui lui, a les ambitions de l'intelligence. Ce que J ean- P atrick M anchette résumera par : "d'un côté Hercule Poirot, de l'autre Bogart : la tête et les couilles" . D aniel W oodrell se démarque de ces deux pôles, et organise son histoire autour du non-dit et du mystère, mais pas dans le cadre d'une fabulation par A + B. ...