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mercredi 2 décembre 2009

Critiques 119 : REVUES VF DECEMBRE 2009

DARK REIGN SAGA 1 :

Ronin & Oiseau Moqueur 1-4.
Profitant de la vague "Dark Reign", Panini a décidé de publier un trimestriel acceuillant des récits annexes, et pour commencer a eu la bonne idée de proposer l'histoire en quatre parties intitulée en vo New Avengers : the reunion, dont une preview de 8 pages était lisible dans le n° 1 de la revue Dark Reign.

Cette aventure s'intéresse donc à Clint Barton et surtout à Bobbi Morse, revenue à l'occasion de Secret Invasion où l'on découvrait qu'elle avait été remplacée par un Skrull - alien mort à sa place dans la série West Coast Avengers des années 80. Ce retour faisait en quelque sorte contrepoids à la mort de la Guêpe dans le même crossover et confirmait une nouvelle fois l'affection de Brian Bendis pour les héros oubliés ou négligés (comme Spider-Woman, Luke Cage, etc).

Mais ce n'est pas au scénariste des Nouveaux Vengeurs que l'on doit cette nouvelle production : elle est écrite par un assistant manager aux ventes de Marvel, Jim McCann, qui s'impose comme une révélation en offrant quatre épisodes de très belle facture.

Il nous raconte comment, en enquêtant sur une tentative d'attentat fomentée par les terroristes de l'A.I.M., Mockingbird renoue avec le monde, son rôle de justicière, et son amant, l'ex-Hawkeye.

Les péripéties sont entraînantes et dépaysantes, nous transportant en Espagne, mais surtout le traitement de la relation re-naissante entre les deux Vengeurs est finement conduit : créée par le regretté Mark Gruenwald en 1983 dans une mini-série Oeil-de-faucon (édité en vf dans un Récit Complet Marvel par Lug), le personnage de Bobbi Morse évoque Black Canary, avec laquelle elle partage sa blondeur, son fort caractère, et un compagnon qui est un archer au tempérament bien trempé.
Mais McCann exploite avec habileté les épreuves par lesquelles elle est passée pour en faire une femme désorientée se testant dans le danger d'une mission à haut risque et devant composer avec l'amour d'un homme qui lui tient tête mais veut surtout la reconquérir et la protéger.
C'est un régal pour les fans de Clint Barton de renouer avec lui et avec le tandem qu'il forme avec Bobbi Morse : l'histoire emprunte à la "screwball comedy", à l'espionnage façon James Bond, plus qu'aux codes stricts des super-héros (même si les héros agissent en costume - Mockingbird héritant même d'un nouveau look).
En prime, les titres de chaque chapitre font référence à des classiques du cinéma et le groupe qu'a monté Mockingbird pour l'accompagner en mission porte un nom en forme de clin d'oeil (WCA) : c'est malicieux et bien amené.

David et Alvaro Lopez illustrent ces épisodes d'un trait qui est à la fois épuré, élégant, très dynamique : on ne peut qu'espérer que ces transfuges de DC (où ils oeuvrèrent sur Catwoman) trouvent leur place toujours aussi bien chez Marvel.
Mention également à la belle colo de Daniele Rudoni, qui alterne avec bonheur des teintes chaudes et lumineuses, et d'autres gris-bleues dans une ambiance plus froide. L'équipe artistique affiche une complémentarité très agréable.

C'est une réussite, et une lecture extrèment plaisante : un choix très heureux pour un "pilote".

ULTIMATE SPIDER-MAN 70 :

- Ultimate Spider-Man 132-133 : Ultimatum (4-5).
Ce numéro est spécial à bien des égards, mais en premier lieu parce qu'il est le dernier de la série sous cette forme : en effet, à l'issue du crossover Ultimatum, des titres vont disparaître de la gamme, d'autres vont être relancés, d'autres seront créés. USM va connaître un volume 2, toujours écrit par Brian Michael Bendis mais dessiné par David LaFuente sous le nom d'Ultimate Comics Spider-Man (à paraître en Avril 2010).

J'ai décidé de ne pas poursuivre l'aventure, échaudé par les previews. Mais, pour l'heure, intéressons-nous au final offert par Bendis et Stuart Immonen.

Et quel final ! Nous avions laissé Spidey dans une situation affolante, coursé par un Hulk déchaîné dans New York dévasté par un tsunami provoqué par Magnéto et, pour corser encore plus l'affaire, avec les démons de la dimension des ténébres s'échappant du manoir du Dr Strange.
Pendant ce temps, les amis de Peter Parker - MJ, Gwen Stacy, Kitty Pryde, Kong - sont impuissants devant ce spectacle de désolation. Kitty décide de partir à la recherche de Spidey et va croiser Spider-Woman...

Deux remarques sont à formuler concernant ces deux épisodes :
- 1/ là où Bendis a échoué à bien montrer les dégâts et l'ampleur d'une invasion alien (dans Secret Invasion), il le réussit parfaitement dans USM à la fois en décrivant des images-choc et les réactions de ses personnages devant un cataclysme qui les dépasse. Ce mélange entre l'intime et le spectaculaire est saisissant et alimente des regrets sur la manière dont le scénariste aurait pu mener son crossover dans l'univers Marvel classique s'il avait été plus rigoureux.
- 2/ Cette tension dramatique, qui atteint une dimension tragique dans le second volet, est encore plus remarquablement traduite par le fait que l'épisode 133 est... Muet ! Alors qu'on attaque souvent Bendis pour ses abus de langage, ses dialogues bavards, il s'est imposé ici un redoutable exercice dont il s'acquitte avec un vrai brio.

Pour soutenir un tel défi, il faut pouvoir compter sur un dessinateur d'exception, à même de raconter en images une histoire qui se prive volontairement de parole, capable de restituer avec autant de subtilité que d'efficacité les émotions.
Et encore une fois il faut saluer ce qu'il convient d'appeler la performance de Stuart Immonen, qui relève le gant avec une aisance ressemblant à une leçon. C'est tout à fait bluffant, et à mon tour, les mots me manquent. Même si un s'impose : Respect !

Le mois prochain, un hors-série d'Ultimates nous dévoilera le sort des héros au lendemain des évènements d'Ultimatum, afin de savoir qui s'en est sorti ou non. Mais, en soi, ce numéro fait un épilogue mémorable.
DARK REIGN 3 :

- Les Vengeurs Noirs 3 : Le règne du mal (3).
Après avoir laissé l'équipe des Dark Avengers dans de sales draps le mois dernier, l'épisode nous fait mariner un peu en s'ouvrant sur un flash-back conséquent avec Osborn et Sentry.

Ce héros calamiteux qui n'a jamais vraiment trouvé sa place où que ce soit, dans les divers équipes de Vengeurs, a pourtant choisi de suivre Osborn. Pourquoi ? Comment ? La réponse proposée par Brian Bendis tient au fait que les deux hommes sont tous deux hantés par leurs démons, et si l'ancien Bouffon Vert prétend avoir maîtrisé les siens, alors Bob Reynolds le peut aussi avec Void...
Puis nous retrouvons le groupe aux prises avec la horde de démons invoqués par Morgane la fée déterminée à faire payer sa trahison au Dr Fatalis, rapatrié en Latvérie par Osborn. Ce dernier et ses sbires ne sont clairement pas à leur avantage. Et apparemment, seul Fatalis et sa magie peuvent renverser la tendance...

Le moins que l'on puisse dire est que Bendis ne lésine pas sur l'action et le grand spectacle avec son nouveau titre : l'ennemie qu'il a donnée à ses nouveaux "héros" est, il est vrai, de taille et procure quelques effets garantis sur ces deux plans.
En tout cas, le scénariste s'amuse, c'est visible et contagieux, et le résultat est d'une belle efficacité.

Il est bien aidé dans sa tâche par Mike Deodato, le dessinateur idéal pour ce titre peuplé de créatures sexyssimes et de gros bras vigoureux, mais également fourni en scènes d'ambiance où son art pour les lumières contrastées et violentes, les cadrages azimutés lui permettent de se lâcher comme lors de son passage sur les Thunderbolts d'Ellis.

Pas très nuancé, mais jubilatoire !

- Secret Warriors 2 : Nick Fury seul contre tous (2).
Le super-espions et sa bande de bleus viennent de découvrir que l'Hydra a infiltré le SHIELD depuis belle lurette et prépare la riposte.
Cependant, cet épisode fait plutôt la part belle aux méchants, et en particulier le Baron Von Strucker au courant de la découverte de Fury et à pied d'oeuvre pour une nouvelle opération.

Scénaristiquement, Bendis et Jonathan Hickman se complètent toujours aussi bien, dans un registre plus axé sur l'espionnage et le fantastique que le pur super-héroïsme : cette série est de ce point de vue une agréable surprise, même s'il faudra confirmer ce bon début. Le destin révèlé des "chenilles" par l'un des leurs ajoute du piment à l'affaire et on est curieux de voir comment tout cela va se goupiller.

Graphiquement, le style de Stefano Caselli aboutit à un résultat plus inégal : très à l'aise quand il s'agi de croquer des galeries de trognes aux expressions bien senties, son découpage reste sommaire et la colo est pénible.

- Thunderbolts 128-129 : La chute de la maison Thunderbolts (3 & 4).
Promu par Bush, Norman Osborn doit composer maintenant avec Obama pour garder ses prérogatives : il organise donc un plan afin de duper le nouveau président et se débarrasser d'un autre de ses adversaires, le Dr Samson.

Parallèlement, il recrute de nouveaux Thunderbolts : leur première mission va consister à appréhender un électron libre, fou donc imprévisible...

Comme le mois dernier, ces deux nouveaux volets sont d'une qualité assez bluffante : l'écriture nerveuse d'Andy Diggle et les illustrations de haute volée de Roberto De La Torre contribuent à faire de ce titre une production à laquelle il est impossible de résister.
Entre les manipulations d'Osborn, la composition de la nouvelle équipe et leur efficacité conjuguée, on est vraiment au coeur du "dark reign", cette nouvelle ère où "on ne fait plus de prisonniers".
Diaboliquement bon !

Il manque vraiment une quatrième série à cette revue, c'est son seul défaut, car en trois numéros, elle est déjà redoutablement attrayante.
WOLVERINE 191 :

- Wolverine : L'anniversaire.
En attendant toujours la traduction du dernier chapitre d'Old man Logan (en Mars ?), Panini meuble avec des récits divers et variés comme celui-ci et les deux suivants.

Cet "anniversaire" ne brille pas par son brio, autant être clair : le scénariste William Harms (un sombre inconnu) imagine que Logan est mêlé au détournement d'un avion par des terroristes qui réclament la libération de tous les prisonniers de Guantanamo (rien que ça...) sinon ils font péter l'appareil avec ses passagers. Evidemment, avec la finesse qu'on lui connaît, le mutant griffu va prendre les choses en main...

Parfois, je me demande : qu'avons-nous fait, nous, les fans de comics, pour mériter ça ?
Oh, ce n'est pas nul, mais c'est hautement dispensable. Tout ça tient sur un timbre-poste : Wolvie tue tous les méchants et retrouve même leur boss en entendant au téléphone l'oiseau rare qu'il possède. Trop fort... Et tellement subtil.

Graphiquement, le nommé Jefte Palo livre des planches inégales mais non dénués de style, évoquant un peu Eduardo Risso. Mais, enfin, pas de quoi tomber à la renverse non plus.

Vite lu, vite oublié. Vite oubliable surtout.

- Wolverine 73-74 : L'équipée sauvage (1 & 2).
Ce dyptique relève le niveau sensiblement : il s'agit en fait de deux mini-épisodes, écrits par Daniel Way et, surtout, illustrés par Tommy Lee Edwards (ce qui a motivé mon achat).

Logan retrouve un ami chef d'une bande de bikers dont la relation avec son rejeton lui rappelle la sienne. Une guerre des gangs couve à la suite d'une embrouille sur fond de deal de drogue : ambiance série noire plus que super-héros...

Et on ne va pas s'en plaindre car, sans être un chef-d'oeuvre, c'est tout de même une réussite notable. Way rédige cette histoire sur un bon rythme, avec un sens de l'ellipse bienvenu (notamment lors du dénouement). C'est concis, tendu, sombre, économe : en un mot, efficace.

Mais bien entendu, ce sont les dessins d'Edwards qui transcendent l'entreprise : son trait nerveux, souligné par un encrage au pinceau toujours aussi bluffant, tranche avec la norme du genre. Ces planches ont du caractère, une griffe, une beauté sauvage qui sortent du lot. Ne passez pas à côté !

Conclusion : Viva TLE !
MARVEL ICONS 56 :

- Les Nouveaux Vengeurs 50 : Pris au piège.
Pour cet épisode exceptionnel, Brian Bendis et Marvel ont vu les choses en grand : près de 40 pages et un casting d'artistes prestigieux pour accompagner le scénariste. Mais, cependant, il convient d'être prudent car ce que la couverture de la revue promet n'est pas forcèment ce qu'on trouve à l'intérieur...
Dans le numéro précédent, les Nouveaux Vengeurs découvraient à la télévision la première apparition publique des Vengeurs Noirs, l'équipe formée par Norman Osborn, devenu le nouveau super-flic de l'Amérique après les évènements relatés dans le crossover Secret Invasion. Ulcéré par le détournement de leurs identités secrétes et du rôle même des Vengeurs, Clint Barton/Ronin était résolu à en découdre avec ces imposteurs.
Mais, donc, Bendis a décidé de prendre ses lecteurs à contre-pied et au lieu de leur offrir un affrontement entre New et Dark Avengers, il met en scène la revanche de The Hood - désormais en affaire avec Osborn - et son gang. On est donc un peu frustré de ne pas avoir droit à l'affiche attendu, mais question baston épique, on n'est quand même pas déçu.

Les dialogues ne sont pas avares en bons mots, et cette fois Bendis fait souvent mouche en donnant à Spider-Man quelques répliques savoureuses (comme lorsqu'il avoue que "c'était le bon temps" après que Ms Marvel ait rappelé comment Iron Man avait essayé de pièger les Nouveaux Vengeurs...).
On retrouve l'auteur en verve des Annuals de la série, gorgés d'action, menés sur un rythme soutenu, avec une vraie dynamique dans l'animation de l'équipe (qui compte quand même 9 membres : Luke Cage, Iron Fist, Wolverine, Spidey, Spider-Woman, Ms Marvel, Ronin, Mockingbird et Captain America/Bucky).
Cependant, la véritable "attraction" de cet "issue" réside dans le générique haut-de-gamme des artistes invités pour l'occasion.
Billy Tan signe l'ensemble des planches, avec un bonheur toujours aussi inégal : il abuse du copier-coller mais se montre capable de découper des séquences avec une belle fluidité juste après, il se montre approximatif dans l'anatomie mais avec une telle quantité de personnages on est enclin à l'indulgence.
Les guest-stars ont chacune dessiné une planche où se distingue un des membres du groupe, à l'exception de Bryan Hitch qui s'est fendu d'une double-planche aussi spectaculaire qu'encombrée avec les Vengeurs et la bande de The Hood.
A ce petit jeu, il y a du bon et du moins bon, et selon ses goûts, on appréciera plus ou moins telle ou telle contribution.
Pour ma part, j'ai une préférence pour les pages réalisées par David Aja (avec Iron Fist : un modèle de simplicité et de fluidité), de David et Alvaro Lopez (avec Ronin et Mockingbird : une belle énergie), et de Steve Epting (avec Captain America : élégantissime).
Je suis plus partagé avec celle d'Alex Maleev (où la colo ne gâte pas Spider-Woman), de Leinil Yu (peu inspiré avec Wolverine) et de Steve Epting (avec Spider-Man, sans grande originalité). Et mieux vaut ne pas parler de Greg Horn (pauvre Ms Marvel...) ou Michael Gaydos (hélas pour Luke Cage...).
Le final peut faire sourire (ou pleurer, c'est selon), Bendis clôturant l'épisode avec une intervention peu crédible de Clint Barton à la télé (comment a-t-il même pu accèder au plateau d'un JT sans être arrêté par le H.A.M.M.E.R. d'Osborn ?).
Où cela va-t-il nous mener ? Il serait bienvenu que les interrogations liées aux situations d'Echo (disparue depuis la fin de SI) et surtout du Dr Strange soient élucidées...
- Iron Man 10 : Dans la ligne de mire (3).
C'est un peu lassant d'incendier chaque mois cette production qui a déjà sa place réservée dans les annales des pires comics que j'ai pu lire.
Sans aucune surprise, ce nouvel épisode reste au niveau dramatiquement médiocre de ses prédécesseurs - ce qui en soi révèle la constance assez remarquable de ce titre qui depuis le début est fantastiquement mal écrit, avec des histoires insupportablement inintéressantes, et surtout extraordinairement mal dessiné par celui dont je ne m'abaisserai plus à citer le nom sous peine d'avoir un haut-le-coeur .
Circulez donc, y'a rien à voir - ou alors une vision de cauchemar qui va vous gâcher la nuit !
- Captain America (vol.5) 46 : De vieilles connaissances (1).
"Marvel Icons" donne un sens nouveau à l'expression "terre de contrastes" puisqu'après l'abominable Iron Man, une série comme Captain America redonnerait la vue à un aveugle et la foi en celui qui l'avait perdue.
Bucky est aux trousses du Pr Chin, qui a commandité le vol des restes de l'androïde John Hammond, la première Torche Humaine, afin de le ranimer. Accompagné de Namor, les deux anciens Invaders mettent le cap (jeu de mots : 100 F dans le nourrin !) sur Taïwan tandis que la Veuve Noire découvre le mobile du savant fou pour se venger de Bucky. Vengeance, vengeance !
Ces derniers temps, Namor n'a pas été très gâté chez Marvel : devenu le jouet d'Osborn, dupé par Emma Frost, le souverain retrouve sa superbe grâce à l'inspiration magistrale d'Ed Brubaker. Le scénariste a toujours su traiter dignement les guest-stars de sa série et le prouve encore une fois dans ce récit à l'atmosphère tendue.

Graphiquement, c'est également avec ravissement qu'on assiste au retour aux affaires de Steve Epting, dont le trait toujours élégant nous vaut des planches admirables, d'un classicisme imparable. Le tout sublimé par la colo d'un Frank d'Armata bien plus à son avantage ici que sur Iron Man.
- Jarvis : profession majordome.
En raison de la longueur inhabituelle de l'épisode des NA, Panini boucle la revue avec un de ces médiocres bouche-trous dont il a le secret, issu d'un Giant-size Avengers de Février 2008 (!).
Douglas Noble a voulu écrire quelques pages spirituelles mais qui sont surtout dispensables. Et accompagné d'un certain Nelson aux dessins, cet auteur nous inflige quelques planches d'un piètre niveau.

Bilan des courses : Iron Man reste le boulet de cette revue, qui, heureusement ce mois-ci, bénéficie d'un Cap de très grande facture et de NA en habits de fêtes (c'est de rigueur à quelques jours de Noël).

mardi 3 novembre 2009

Critiques 110 : Revues VF Novembre 2009


DARK REIGN 2 :

- Les Vengeurs Noirs : Le règne du mal (2).
Osborn ayant mis sur pied sa nouvelle équipe, quelle va être leur première mission ?
Sauver Fatalis n'est pas a priori l'entrée en scène idéale, sauf que Morgane est bien résolue à faire la peau au roi de Latvérie. Attention, ça va saigner !

Brian Bendis semble à l'évidence beaucoup s'amuser avec sa nouvelle équipe, et son amusement est communicatif : sa bande de crapules est quand même un ramassis de bad guys et de détraqués (quand ce ne sont pas les deux) jouissif, dont les méthodes sont d'une brutalité halluciante. Sans vouloir jouer les effarouchés, il est vrai que le logo "pour lecteurs avertis" s'impose (et pas que pour cette série).
C'est affreux, méchant, régressif mais en même temps donc étrangement drôle, et on pressent déjà le potentiel de ce titre pour bouleverser le paysage : j'ai déjà hâte de voir ce que va donner la rencontre avec les Nouveaux Vengeurs, remontés comme des coucous, le mois prochain dans "Icons".
En prime, Bendis nous offre le dialogue du mois :

Arès : - C'est Morgane la fée(...).
Venom : - Je peux la manger ?
Daken : - Pourquoi faut-il toujours que tu ramènes tout à la bouffe ?

Visuellement, Mike Deodato est déjà pied au plancher et j'adore : ça dépote sec, avec des cadrages barrés, une lumière violente, du spectacle absolu !
Et la dernière planche suggère que ce n'est qu'un début !

Enorme !

- Secret Warriors 1 : Nick Fury seul contre tous (1).
(Tiens, pourquoi traduit-on "Dark Avengers" en "Vengeurs Noirs" et pas "Secret Warriors" en "Guerriers Secrets" ? Mystère paninien...)
Et si le plus grand espion de tous les temps découvrait, avec son groupe de débutants, que le SHIELD avait été depuis toujours sous l'emprise de l'Hydra ?

Pour ses débuts, la production de Bendis et Jonathan Hickman démarre très fort elle aussi : l'ambiance mixant espionnite et action est très agréable et originale, et le simple fait de retrouver Fury réjouira ceux à qui il manquait. Le personnage a un charisme intact(et des plans prometteurs) dans le Dark Reign.
L'intrigue est bien conduite, les dialogues accrocheurs.

Au dessin, il faut aimer Stefano Caselli. Bien que je ne sois pas client, je le trouve meilleur que sur L'Initiative (série insupportable déjà au scénario). Mais une colo un peu plus "light" ne serait pas superflue...

Séduisant.

- Thunderbolts 126-127 : La chute de la maison Thunderbolts (1-2).
(Là aussi, pourquoi pas "Coups de tonnerre" au lieu de "Thunderbolts" ? Ah, ces "Vengeurs Noirs", c'est vraiment pas l'idée du siècle en matière de trad' !)
Osborn à la tête d'une nouvelle formation, que vont devenir ses anciens agents, et particulièrement ceux qui n'approuvaient guère ses méthodes comme Songbird, Radioactive Man et Swordsman ?Disons juste qu'ils ne sont pas à la fête... Restructuration musclée en perspective !

Andy Diggle et Roberto De La Torre mettent les petits plats dans les grands avec ces deux épisodes de haute facture, réussissant à me faire vibrer comme au temps d'Ellis et Deodato.Le rythme est haletant, le sort de Songbird vous prend à la gorge et ne vous lâche pas, le tout avec un sens du dialogue rare (quelle sublime garce que cette Opale - tiens, une autre qui retrouve son nom français !).

Et graphiquement, grosse claque ! Le découpage est une leçon du genre, les personnages vivent vraiment sous le crayon déchaîné de De La Torre. C'est juste superbe.
Dommage là encore que la colo soit trop chargée : faudrait se calmer un peu sur ce plan. Quand on a des artistes pareils, pas la peine d'en rajouter !

Le bilan est très positif donc. Mais une quatrième série n'aurait pas gâchée la vue : elle aurait même équilibré la revue...
MARVEL ICONS 55 :

- Les Nouveaux Vengeurs 49 : Sans Compromis.
Luke Cage a demandé l'aide de Norman Osborn pour retrouver son enfant, enlevé par le Skrull qui s'était substitué à Jarvis. Le héros va-t-il vendre son âme au diable et récupérer son bambin ? La réponse est dans ce numéro.

Brian Bendis emballe son histoire avec énergie : il donne à Cage une nouvelle occasion de prouver qu'il n'est pas qu'une armoire à glace invulnérable mais aussi un père attentionné et un subtil stratège. Jouer n'est pas gagner pourrait être la morale de ce récit en deux parties, commencé le mois dernier, et cela s'applique aussi bien au Vengeur qu'à celui à qui il a demandé de l'aide. Chacun espérait manipuler l'autre, cela aboutit à un match nul plutôt inspiré.
Néanmoins, les hostilités restent ouvertes comme en témoigne la chute de ce chapitre et l'épisode du mois prochain promet d'être un vrai feu d'artifices : en effet, il s'agira du fameux 50ème volet des New Avengers où ces derniers affrontent les Dark Avengers, le tout illustré par un casting de dessinateurs de haute volée !

De haute volée n'est pas l'expression qui s'impose lorsqu'il s'agit de juger les planches de Billy Tan, qu'on a connu plus inspiré. Néanmoins, je serai tenté d'accabler plutôt son encreur, Matt Banning, qui a la main toujours aussi lourde.
Il est dommage, sans doute pour des problèmes de délais, que Tan ne s'encre pas lui-même (exercice où il est à l'aise). Faute de quoi, il abuse parfois de copier-coller, alors qu'il est capable d'employer de sympathiques effets visuels (comme ce travelling arrière lorsque Cage devine qui vient de loger une balle entre les deux yeux d'un Skrull).

- Iron Man 9 : Dans La Ligne De Mire (2).
Je fais l'effort de lire la série maintenant que le sort d'Iron Man est vraiment engagé avec la situation post-SI... Mais que c'est pénible !

Matt Fraction étire laborieusement deux idées sur une vingtaine de pages pour mettre en scène la vengeance d'Osborn contre Stark qui, lui, veut effacer de sa mémoire toutes les infos utiles dont le même Osborn pourrait se servir s'il le capturait.

C'est vraiment mou, dialogué sans inspiration - on a peine à croire que c'est le même auteur qui a écrit l'Annual des X-Men !

Et visuellement... Autant se taire plutôt que commenter encore une fois l'abomination absolue que nous inflige Salvador Larroca !

Une purge !

- Captain America (vol.5) 45 : La Flêche du Temps (3).
Ed Brubaker
nous livre un épisode plein d'action où Bucky/Cap doit lutter contre l'Homme sans visage et Batroc qu'il essaie d'empêcher de commettre un audacieux braquage. Cependant, la Veuve Noire découvre ce que veulent justement dérober Batroc et son complice - et pour qui. La réponse se situe dans le passé de Bucky, et même plus généralement dans les origines du Marvelverse (cherchez parmi les personnages initiaux de la Maison des Idées...).

Si le scénario reste un modèle d'efficacité et de fluidité, usant de flash-backs et de séquences d'action avec une exemplaire maîtrise, je dois dire que la partie graphique m'a un peu déçu.En comparaison avec les deux précédents volets de cet arc, Luke Ross est en-deçà de ce qu'il avait produit. Et la contribution de Butch Guice est trop discrète pour relever le niveau. Malgré tout, c'est d'une (très) belle facture !

- Fantastic Four 563 : M. & Mme Chose.
Après les obséques de la Femme Invisible, ce mois-ci est l'occasion d'un évènement plus heureux puisque Ben Grimm va épouser l'institutrice Debbie Green... Mais la jeune femme est-elle vraiment l'oie blanche qu'elle paraît être ? Son ex semble avoir des choses à dire sur son compte. Et Jane Richards la met en garde sur le bouleversement que va occasionner ce mariage dans sa vie.
Alors que Johnny Storm prend du bon temps en compagnie de la Sorcière Rouge et Tornade (ou presque...), les Maîtres de Fatalis nous font une démonstration saisissante de leur puissance : Red Richards a raison de s'inquièter de leur existence...

Mark Millar continue de s'amuser avec le quatuor : chacun appréciera la manière dont il le fait, mais pour peu qu'on soit client du scénariste, l'épisode comporte son lot de scènes savoureuses (le cadeau de la Panthère Noire à Ben Grimm) ou épouvantables (les Maîtres de Fatalis en action). Il sait poser ses pions avec malice, assez pour nous donner envie d'en savoir plus. Moi, j'aime bien.

Graphiquement, Bryan Hitch fournit une de ses meilleures prestations, sans doute bien aidé par la complémentarité du duo d'encreurs Cam Smith-Andrew Currie. Même la colo de Paul Mounts est mieux dosée. Du coup, les planches sont parmi les plus agréables à lire depuis le début du run Millar-Hitch.
Piquant et percutant.

Bilan : un bon cru, même si graphiquement, Hitch mis à part, ce numéro est mineur.

X-MEN 154 :

Deuxième mois consécutif que j'acquiers la revue, après l'histoire complète du mois dernier. Rien ne dit que ça va durer, mais enfin tant qu'on échappe à Land, c'est déjà ça. Surtout quand on a à la place Breitweiser, Acuna ou Oliver et Paquette...

- X-Men Legacy 219 : Jagannatha.Le Fléau et Charles Xavier se retrouvent pour une petite explication sur leurs parcours respectifs. Entre le mastodonte que rien n'arrête et son demi-frère cérébral, l'ambiance est tendue... Mais le plus puissant télépathe du monde a assuré ses arrières.

Cet épisode vaut surtout pour son scénario, pourtant signé par un auteur dont je ne suis guère client, Mike Carey. Des dialogues bien senties, qui retracent une large partie du passé des deux frangins, une narration fluide, et surtout un dénouement astucieux et pervers : cela donne une petite merveille.

Au dessin, le frenchie Phil Briones, présenté en couverture comme la "superstar française" (quel humour chez Panini !), présente un travail pour le moins inégal, techniquement approximatif. Quelques bonnes idées de découpage ne suffisent pas à excuser des proportions hasardeuses, un trait sommaire, que ne sauve pas l'encrage de Cam Smith. Il m'en faudra plus pour que Briones supplante Coipel !

- Uncanny X-Men Annual 2 : Reine blanche, règne noir.Le gros morceau de cette revue, qui m'a convaincu de l'acheter, est cet épisode de 40 pages écrit par Matt Fraction et co-dessiné par Mitch Breitweiser et Daniel Acuna.

Pourquoi Emma Frost a-t-elle intégré la Cabale de Norman Osborn ? On l'apprend ici dans ce récit qui révèle les liens inattendus mais originaux et à fort potentiel entre la Reine Blanche et Namor. On découvre aussi pourquoi et comment Sebastian Shaw est aux mains désormais des X-Men, comme on l'a vu dans le dernier épisode du mois dernier...

Fraction emballe son affaire avec une belle dextérité et on dévore ces 40 pages sans s'ennuyer : la relation qu'il tisse entre le Prince des Mers et la sensuelle mutante est finement décrite. On est étonné, saisi, c'est un bijou.
A quand un relaunch de Namor, digne de celui de THOR ? Ce personnage est passionnant et mériterait son titre avec une équipe artistique de première main.

Graphiquement, associer Mitch Breitweiser (pour les scènes au présent) et Daniel Acuna pour les flashbacks a de quoi surprendre, tant le style de deux hommes diffèrent. Mais qu'importe après tout le flacon pourvu qu'on ait l'ivresse !
Breit' m'a toujours séduit par son trait spontané, vif, et il restitue à merveille le charisme de Namor et la séduction d'Emma.
Acuna a été plus en forme, mais je garde de l'affection pour cet artiste dont le style est vraiment identifiable au premier regard.

Une réussite !

- Young X-Men 10 : Qui est Cypher ? & X-Men : Manifest Destiny 3 - Abomination.
Ces deux épisodes présentent un intérêt plus problèmatique pour un lecteur comme moi qui ne suit pas la revue.Les Young X-Men sont de sombres inconnus et ce n'est ce qui leur arrive ici, dans un chapitre multipliant des références diverses, qui arrangera les choses.Restent de jolies images par Ben Oliver - même si j'ai connu cet artiste plus inspiré...
Quant à la petite histoire qui clôt la marche, elle est assez anecdotique et déjà vue (énième cas de mutant persécuté atrocement). Yannick Paquette illustre ça sans démériter. Mais bon, bref, pas de quoi s'extasier non plus...

Bilan mitigé, mais l'Annual a le mérite d'éclairer quelques évènements récents, en plus d'être très bien fichu.


SPIDER-MAN 118 :

- Spider-Man 578-579 : Arrêt imprévu (1 & 2/2).
En allant voir si mon buraliste avait reçu MARVEL ICONS ce matin (ce qui ne fut pas le cas), j'ai feuilleté le nouveau numéro de SPIDER-MAN et là, joie ! Marcos Martin (puis Lee Weeks) était à l'honneur ! Il ne faut pas résister à l'irrésistible et j'ai donc dépensé 4 E pour me procurer la revue (que je n'avais plus achetée depuis la fin des Thunderbolts d'Ellis et Deodato).

Cette histoire complète tient en deux chapitres écrits par Mark Waid : Peter Parker prend le métro dont un des wagons est occupé par les jurés du procés d'un mafieux. Peu après, l'engin déraille dans un tunnel. Le Shoker n'est pas loin et parmi les passagers, Spidey va faire une rencontre étonnante...

C'est une petite merveille, dense, ramassé, tendu que nous a concoctés Waid : le rythme est soutenu, on ne s'ennuie pas une minute. L'action se situe sous terre, dans un climat de huis-clos oppressante, où notre héros doit s'occuper à la fois des rescapés de l'attentat, du responsable de l'accident, et de conditions météo gratinées.Waid n'a rien perdu de son sens des dialogues et de la narration : c'est un régal.

Graphiquement, Martin nous gratifie de planches magnifiques, qui témoignent d'un art de la composition, du jeu des lumières, du choix des cadres comme on aimerait toujours le voir à l'oeuvre sur cette série (à la merci de dessinateurs les plus inégaux).
Une véritable cure pour les yeux quand on doit supporter par ailleurs des Larroca, Land ou Pham.

- Spider-Man 580 : En rouge... Et gris.
On poursuit dans le haut de gamme en compagnie du mythique Roger Stern et de l'excellent Lee Weeks, pour un troisième épisode rondement mené.

Spidey doit affronter un malfaiteur aux capacités étonnantes, le bien nommé Monochromatik (une vieille connaissance pour ceux qui lisaient West coast avengers). Ce braqueur peu commun va donner du fil à retordre au Tisseur, mais il résout l'affaire avec ingéniosité...

Là encore, preuve est faîte qu'en un épisode on peut raconter quelque chose qui se suffit à soi-même, sans excès de bla-bla, avec ce qu'il faut d'action, et un joli swing. Stern connaît son affaire (lui aussi, comme Waid), et sans faire la révolution livre un récit accrocheur, extrèmement plaisant.

Weeks est comme d'habitude irréprochable : pourquoi Marvel ne lui confie-t-il pas une vraie série régulière, exposée, qui permettrait à cet artiste solide d'être reconnu à sa juste valeur ? Il possède pourtant tout ce qu'il faut : un storytelling fluide et nerveux, un trait à la fois vif et élégant - que du bonheur !

- Spider-Man : La longue route.
Pour terminer, un épisode bouche-trou qui ne paie pas de mine mais qui n'est pas si mal.

Une petite frappe jadis alpaguée par le Tisseur doit désormais assumer son passé de délinquant et sa rancoeur envers le justicier masqué. Va-t-il récidiver ?

John Arcudi livre une mini-fable très morale mais bien troussée, dont le dénouement est à la fois sarcastique et émouvant. On n'est pas au niveau de Waid ou Stern, c'est l'évidence, mais c'est habile.

Visuellement, dommage que Ramon Bachs n'ait pas le talent des autres artistes du numéro : c'est le seul point noir. Sans être catastrophique, c'est techniquement très faible.

Le bilan reste très positif - mais comment aurait-il pu en être autrement en considération des talents à l'oeuvre ce mois-ci ?

dimanche 4 octobre 2009

Critiques 103 : Revues VF Octobre 2009

ULTIMATE SPIDER-MAN 69 :

- Ultimate Spider-Man 130-131 : Suite des conséquences d'Ultimatum : Magneto provoque un raz-de-marée sur New York. Spider-Man aide comme il peut les civils lorsque surgit Hulk, tandis que Tante May, embarquée au poste de police (on l'accuse de protéger Spider-Man), découvre elle aussi l'ampleur du désastre...
Je ne suis pas Ultimatum (Loeb + Finch, c'est beaucoup trop pour ma faible constituion physique), mais il évident qu'on touche là au problème inhérent à ce genre d'event : les titres qui y sont subordonnés deviennent curieusement elliptiques et le lecteur devient lui frustré.Malgré tout, Bendis, qui n'est quand même pas un manchot réussit à nous agripper par le col pour ne jamais nous lâcher : l'improbable tandem Spidey-Hulk a quelque chose d'irrésistiblement comique, évoquant Laurel et Hardy (un gringalet très bavard et dépassé avec un colosse déphasé et imprévisible). Une réplique aussi bête que "Hulk mouillé" m'a fait rire, tout comme cette pensée du tisseur peu après : "un ami n'atomise pas son ami".
Et Immonen... Si Catherine Ringer kiffe Raymond (Domenech), je kiffe Stuart qui pourrait illustrer le bottin et rendre ça passionnant, palpitant, décapant, indispensable quoi !
C'est bientôt la fin : profitons-en - c'est pas souvent qu'une paire d'artistes comme ça procure autant de plaisir aux fans !
DARK REIGN 1 :

Panini lance sa nouvelle revue consacrée aux conséquences du crossover Secret Invasion avec cette accroche "découvrez le côté obscur de l'univers Marvel" (côté obscur quand même effectif depuis Civil War...). Et ce premier numéro a de quoi dérouter quand on détaille son sommaire : un one-shot de 30 pages, le premier épisode des Dark Avengers, et 4 (!) prologues de mini-séries (dont on ignore quand et où elles seront publiées - probablement dans des HS coûteux...).


*


- Dark Reign : Sinistre alliance. Ce one-shot, écrit par l'équipe qui a fait ses preuves sur Daredevil (avant Brubaker et Lark), soit Brian Michael Bendis et Alex Maleev, est déjà une curiosité.

Nous y assistons à la première réunion de "la Cabale", la version des Illuminati formée par Norman Osborn, devenu le nouveau super-flic des Etats-Unis, et composée d'une sacrée brochettes de vilains : Dr Fatalis, The Hood, Namor, Emma Frost et Loki. Rien que ça !
En échange de leur collaboration, Osborn promet de leur donner/restituer des privilèges divers, tout en les menaçant de les mettre au pas s'ils essaient de le doubler avec l'aide d'un mystérieux complice (dont on ne verra que la silhouette par une porte entrabâillée...).

L'identité de ce complice, suffisamment impressionnant pour clouer le bec à des cadors du crime, est d'ailleurs l'élément le plus excitant de ce très long chapitre, quoique fort bien dialogué, évoquant la réussite de New Avengers : Illuminati 1 - sans l'égaler. Qui Osborn a-t-il convaincu d'être à ses côtés pour raisonner un dieu comme Loki ? Et comment ? Voilà ce quoi alimenter quelques pronostics ? Méphisto ? Thanos ? Bendis se garde bien de répondre ou de suggérer un nom.


Graphiquement, la déception est énorme tant Maleev est méconnaissable : il suffit de comparer la manière dont il dessine Namor ici et dans NA : Illuminati 1 pour saisir l'écart entre les deux productions. Les couleurs de Dean White sont une horreur. Edifiant.

Un début moyen donc : certainement pas de quoi mériter 30 pages.

*


- Les Vengeurs Noirs 1 : Le règne du mal. Le niveau remonte sensiblement avec le premier chapitre de cette nouvelle série, pâtissant pourtant d'un titre français passablement ridicule (garder l'intitulé original aurait été plus judicieux, et aussi compréhensible).


Le pitch est classique mais c'est un exercice dans lequel excelle Bendis : on assiste au recrutement de l'équipe, celui de Vengeurs tel que voulu par Osborn. Une composition "hardcore", mélant anciens Thunderbolts (Bullseye, Moonstone, Venom), Puissants Vengeurs (Arès, Sentry) et électrons libres (Daken, le fils de Wolverine, Noh-Varr, le guerrier kree). La perversité du stratagème d'Osborn tient à leur faire endosser l'identité et le costume d'authentiques héros (Hawkeye, Ms Marvel, Spider-Man, Captain Marvel), lui-même devenant une synthèse de Captain America et Iron Man : Iron Patriot.

Mike Deodato illustre ça avec son style puissant, outrancier, sublimé par un usage de la lumière fantastique et la colo de Rain Breredo (son complice sur le run d'Ellis sur les Thunderbolts). C'est un régal et la série promet beaucoup.

*

- Suivent donc quatre prologues consacrés aux Secret Warriors (par Bendis, Jonathan Hickman et Stefano Caselli, assez quelconque pour l'instant), Agents d'Atlas (par Jeff Parker et Carlos Pagulayan - hélas ! toujours pas promis à l'édition par Panini), War Machine (qu'il faut mieux vite oublier tant c'est nullement écrit et dessiné) et Ronin et Mockingbird (New Avengers : the reunion, par Jim McCann et David Lopez, prévu pour un DR HS bientôt - excellente nouvelle, même s'il faudra débourser 5, 40 E pour la lire...).


Le mois prochain, les Secret Warriors et les Thunderbolts, par Andy Diggle et Roberto De La Torre, prendront leur quartier dans la revue. Quid du 4ème titre ? Certainement une suite de minis, mais jusqu'à quand ? Le procédé est curieux et, à mon avis, plutôt stupide, vu le nombre de productions Marvel pouvant être traduites (en premier lieu Agents of Atlas...).

*

Bref, un fourre-tout maladroit qui a de quoi surprendre pour inaugurer une nouvelle parution.

X-MEN 153 :



- X-Men 504-507 : Mal d'amour (1-4). Voilà un bail que je n'avais pas lu une revue estampillée "X", que ce soit X-Men (que j'ai abandonné après la - trop - longue saga Deadly genesis/Rise and fall of the Shi'ar empire) ou Astonishing X-Men (dont je me suis procuré les épisodes de Whedon-Cassaday en tpb). Mais en voyant que ce mois-ci était proposée une histoire complète, qui plus est illustrée par Terry Dodson, je me suis offert cet extra.

Mal d'amour (Lovelorn) est un story-arc en quatre parties, où sont développées deux intrigues parallèles.

- Dans la première, Colossus tente de surmonter sa dépression (consécutive aux disparitions de sa soeur et de Kitty Pryde) en affrontant un gangster russe croisé il y a fort longtemps.
- Dans la seconde, le Fauve recrute un groupe de scientifiques qu'il baptise le "X Club" pour tenter de sauver la race mutante.

Ces deux récits développent des idées intéressantes en se concentrant sur des personnages moins convenus que l'omniprésent Wolverine : il s'agit de poursuivre sur la lancée du dénouement et des conséquences du Jour-M (lorsque la Sorcière Ecarlate priva nombre de mutants de leurs pouvoirs et du fait que depuis seul un nourrison mutant soit né) et de se pencher sur le cas de Colossus, brisé sentimentalement depuis la fin des épisodes d'Astonishing X-men de Whedon (Kitty Pryde y était prisonnière d'un projectile géant à la dérive dans l'espace).

Bien qu'entraînante, l'histoire avec Colossus est plus faible : elle souffre d'avoir un méchant mal défini, exploitant mal le lien qui l'unit au passé de Piotr Raspoutine, et les faisant se rencontrer grâce une coïncidence trop énorme.
Mais, en même temps, dans cette partie de l'intrigue, on assiste à un segment subalterne plus amusant où Emma Frost (qui est un peu l'opposé de Colossus sur le plan moral : une ex(?)-garce repentie par rapport à un authentique "good guy) doit faire face à la défiance de Cyclope. Cela aboutit à une longue séquence, à la fois drôle et trooublante, où elle explore la psyché de son amant et croise toutes les femmes qu'il a pu connaître avant de découvrir sa "boîte noire" - le lieu secret de ses secrets les plus intimes. Un peu de psychanalyse dans un comic-book, c'est toujours distrayant quand c'est subtilement, comme ici, abordé...
Néanmoins, le parallèle entre le bon samaritain venu de la lointaine campagne russe et cette comploteuse sophistiquée est savoureux.

En revanche, l'histoire avec le X-Club est une vraie réussite. Deux des X-Men des origines, le Fauve et Angel, à la recherche de savants peu fiables pour réfléchir à la survie de l'espèce mutante, voilà qui ne manque pas de sel. D'autant qu'ils convainquent des personnages inatendus et peu usités : par exemple ce héros issu du "golden age", le Dr Nemesis, ou Madison Jeffries apparu dans La Division Alpha, ou Yuriko Takiguchi en provenance d'une obscure série des 70's (Godzilla).
Le périple pour composer cette unité conduit Hank McCoy et Warren Worthington en Amérique du Sud puis au Canada puis au large du Japon : au moins, c'est dépaysant !

J'avoue n'avoir jamais accordé beaucoup de crédit au scénariste de ce story-arc, Matt Fraction (en dehors de sa collaboration très aboutie avec Ed Brubaker sur Immortal Iron Fist) : je vais devoir reconsidérer son cas car il fournit un excellent boulot, d'une remarquable densité et d'une belle souplesse. Il parvient à mener ses intrigues sans perdre le lecteur en route, en ménageant des scènes d'action très efficaces et spectaculaires, avec des dialogues sobres mais parfaits. En quatre épisodes, il construit un récit prenant, sans temps mort, extrèmement agréable.

En prime, comme je le disais en ouverture, la chance a voulu que ces quatre épisodes soient illustrés par le trop rare Terry Dodson (au lieu de l'infâme Greg Land). Son trait rond et souple, à la fois voluptueux et élégant, merveilleusement encré par son épouse Rachel et mis en couleur par Justin Ponsor, est un régal pour les yeux. La fluidité de son découpage ajoute encore au plaisir de la lecture, à la limpidité de la narration.

Alors bien sûr, le prologue et l'épilogue (qui voit la réapparition d'un célèbre ennemi des mutants) sont frustrants pour celui qui, comme moi, ne poursuivra pas l'expérience, Dodson ne restant pas. Et si on veut pinailler, on sent bien que cette histoire a vraiment été conçue pour l'édition en recueil.
Mais on ne peut que remercier les auteurs d'avoir si bien fait leur job et Panini d'avoir eu la bonne idée de nous vendre ceci en une seule revue : ça m'a fait plaisir de retrouver ces chers mutants, par qui j'ai découvert et aimé les comics super-héroïques quand j'étais gamin...

MARVEL ICONS 54 :
- Les Nouveaux Vengeurs 48 : L'arrangement. Cet épisode se déroule immédiatement après la grande bataille qui a opposé les surhommes aux Skrulls à New York, donc il faut avoir lu Secret Invasion pour en comprendre le contexte.

Les Nouveaux Vengeurs se réunissent, à l'invitation de Bucky/Captain America, dans le QG de ce dernier : l'occasion pour Hawkeye de présenter Mockingbird à l'équipe et pour Wolverine d'inviter Spider-Woman à revenir parmi eux. Iron Fist annonce qu'il doit se retirer pour s'occuper de son entreprise, mise à mal par le conflit qui vient de se dérouler.
Sur ces entrefaîtes débarquent Ms Marvel, Jessica Jones et Luke Cage dont le bébé a disparu, enlevé par le Skrull Jarvis. Avec l'aide des FF, le groupe va traquer l'alien pour récupérer le bambin...

Brian Bendis écrit un très bon épisode, nerveux et poignant, où l'équipe, à peine remise des évènements récents, doit affronter un nouveau drame : on n'a aucun mal à éprouver la détresse de Cage et sa femme ni la motivation des troupes pour retrouver le bébé. C'est efficace, rythmé, et le dénouement laisse entrevoir de belles promesses.

Billy Tan signe des planches parfois un peu inabouties mais son découpage est entraînant : il fait le boulot, sans génie mais avec énergie. Dommage que l'encrage de Matt Banning (tendance Danny Miki) soit un peu chargé.

J'ai bien aimé.

*



- Iron Man 8 : Dans la ligne de mire (1) - Démolition. Là aussi, il est question des conséquences immédiates de Secret Invasion.

Matt Fraction met en scène le renvoi de Tony Stark du SHIELD, remplacé par Norman Osborn et le HAMMER. Tête de Fer s'en va, sans livrer ses secrets à son successeur...

Le scénario est plutôt plaisant, même si les scènes les plus intéressantes sont celles où Stark et Osborn puis Stark, Maria Hill et Pepper sont ensembles - ce qui fait peu quand même.

L'illustration est toujours d'une laideur absolue : Larroca s'amuse à calquer des expressions de l'acteur Josh Holloway (Lost) pour Stark - c'est vraiment pathétique.

- Captain America (vol. 5) 44 : La flêche du temps (2). Ed Brubaker continue d'explorer le tumultueux passé de Bucky Barnes en relation avec l'affaire qui le préoccupe aujourd'hui.

Que veut Batroc ? Et quels sont ses complices et commanditaire ? Tout cela remonterait à une mission en Chine à la fin des années 60 et tandis que Captain America bataille sec contre le mercenaire français, la Veuve Noire enquête de son côté...

Palpitant comme toujours, cet épisode prouve une fois de plus le brio magistral de son scénariste, capable de sonder la mythologie de son héros sans larguer le lecteur qui n'en saurait pas autant que lui : on est captivé, intrigué - une leçon d'écriture !

Luke Ross poursuit son interim avec talent : son style élégant et percutant à la fois convient parfaitement au titre, qui a toujours bénéficié de grands dessinateurs - un exemple de cohérence graphique !

Bravo !

- Fantastic Four 562 : Requiem. Mark Millar nous convie aux funérailles de la Femme Invisible - celle qui menait les New Defenders et qu'a sauvagement supprimé Fatalis.

Cet épisode ouvre de nouvelles pistes sans délaisser celles qui ont déjà été lancées : Ben Grimm fait sa demande en mariage, Red se pâme devant le génie de sa fille... Et Fatalis assure qu'il ne restera pas longtemps derrière les barreaux tandis que Nu-Earth est menacée.

Le scénariste écossais joue sa partition à la perfection, sur un faux rythme : en apparence, il ne se passe pas grand'chose, mais en vérité de nouveaux dangers s'annoncent. C'est un régal, dès la première réplique : "Merci d'être venus à mes funérailles".

Bryan Hitch, désormais encré par Cam Smith et Andrew Currie, signent des planches bluffantes, quoiqu'un peu gâchées par la colo inégale de Paul Mounts (peu inspiré depuis le début du run).

Glop, glop !

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Bilan : un très bon numéro !


WOLVERINE 189 :

- Wolverine 72 : Old Man Logan (7). Avant-dernière étape de la saga... Et un nouveau sommet pour ce qui restera comme une des meilleures productions Marvel de ces dernières années.

Logan et Hawkeye avaient, dans l'épisode précédent, livré leur mystérieuse marchandise à leur client : il s'agissait de plusieurs échantillons du sérum du super-soldat remis à un agent du SHIELD... Désormais à la solde du président des Etats-Unis : Crâne Rouge !
Exécutés par leur commanditaire, nos deux héros sont conduits à la Maison-Blanche où le Red Skull admire ses trophées. Mais Logan a survécu et riposte violemment puis retourne chez lui pour payer la famille Hulk.
Là-bas, une terrible découverte l'attend, qui va marquer le retour de Wolverine...

Quelle claque encore ! Mark Millar réussit à nous livrer un nouveau chapitre ébouriffant, traversé d'images époustouflantes signées d'un Steve McNiven au sommet de son art (certes, il aura mis le temps mais bon sang, quelles pages !).
Relié à d'autres oeuvres du scénariste, comme Wanted, 1985 ou Ultimates, Old Man Logan souligne les obsessions de Millar : il est troublant de constater à quel point le thème du Mal triomphant, de la domination des super-vilains est récurrent.

Traîtée ici de manière plus décompressée et référencée au western et au récit d'aventures, l'histoire acquiert une ampleur d'une force accrue par le brio exceptionnel du dessin. Peu d'auteur finalement impose aussi franchement un univers tout en s'emparant des icônes d'une maison d'édition.

Hélas ! Le retard pris par la série va nous forcer à attendre Janvier pour lire en vf le dernier acte de cette épopée - mais ce sera un épisode plus long et qui s'annonce déjà comme apocalyptique.

*

- Wolverine : Origins 31 - Affaire de famille. Daniel Way poursuit, lui aussi, son bonhomme de chemin avec le périple du mutant griffu et de son fils aux trousses de leur vieil ennemi, Romulus.
Wolverine et Daken débarquent en Afrique au milieu d'une guerre ethnique et rencontrent le massif Cyber, également sur la piste de Romulus. Vont-ils s'allier ? Rien n'est moins sûr - mais l'épisode du mois s'achève sur un cliffhanger aussi saignant qu'intriguant...

Ce récit suggère des développements intéressants : le tandem père-fils Wolvie-Daken, uni pour faire la peau de l'individu qui les a manipulés depuis longtemps mais ne se faisant aucune confiance, donne un suspense assez habile. Le rythme est plutôt enlevé, la lecture agrèable - même si dénué de nuances.

Après le passage de Mike Deodato, c'est le canadien Yanick Paquette (Terra Obscura) qui illustre cet arc : son trait vif, proche de la caricature, convient bien au titre et à son héros. Le découpage très simple et direct participe beaucoup au plaisir de la lecture. J'ai apprécié de retrouver cet artiste que j'avais perdu de vue depuis sa collaboration avec Alan Moore, même si le résultat est plus impersonnel.

Suite au prochain numéro - quoique je ne sois pas sûr de racheter cette revue avant Janvier pour la conclusion d'Old Man Logan.

jeudi 3 septembre 2009

Critiques 100 : Revues VF Septembre 2009

DC TRINITY 2 :
- DC Trinity 8 à 14. L'autre "event" DC sort lui aussi tous les deux mois, comme Final Crisis, mais propose une histoire d'un style complètement différent puisqu'il s'agit d'un feuilleton en 52 chapitres, réalisé par le tandem Kurt Busiek-Mark Bagley (mais dépouillé de ses back-ups dont le scénariste et les artistes sont différents).
Bien que se déroulant dans la continuité, sa lecture est beaucoup plus abordable pour le non-initié, même si Busiek s'amuse avec la mythologie DC - en premier lieu celle de la fameuse "trinité" formée par Superman, Wonder Woman et Batman.
Dans le précédent numéro, nous avions vu qu'un duo de méchants, Morgane la fée et Enigma, cherchait à incarner une trinité alternative et, tout en s'en prenant de manière détournée aux trois héros, proposait à Despero une alliance pour accomplir leur plan.
Superman, Wonder Woman et Batman vont poursuivre leur enquête pour savoir qui veut les manipuler... Et se retrouver sur la Terre d'anti-matière, une planète fonctionnant de manière opposée à la nôtre, où le Mal règne. La JLA prête main-forte aux justiciers et va combattre le Syndicat du Crime d'Amerik, comptant dans ses rangs Ultraman, Superwoman, Owlman... Quitte à provoquer des évènements qui les dépassent.
Cette saga reste un régal à suivre : l'histoire est menée sur un train d'enfer qui submerge le lecteur tout en ménageant des rebondissements jubilatoires. Busiek s'amuse (et nous distrait) génialement en dôtant ses trois vedettes de traits de caractère inattendus : ce qui en résulte est savoureux et épique ! Un vrai régal.
Mark Bagley est le dessinateur idéal pour cette entreprise : le dynamisme de son trait, la vitalité de son découpage se marient parfaitement à la furia permanente du récit. Il est en outre bluffant de voir comment cet illustrateur tout juste débarqué chez DC s'est adapté aux héros de la firme : on a l'impression qu'il les a animés toute sa vie. Il était fait pour eux !
Même amputée de ses back-ups, DC Trinity est une BD jouissive - dommage qu'il faille attendre deux mois (et payer 5,40 E) pour chaque numéro...

DC UNIVERSE HS 14 :
- Final crisis : requiem 1 - Funérailles martiennes. La publication, disons "spéciale", de FC et ses tie-in se poursuit donc dans ce nouveau numéro. Mais, reconnaissons-le, la qualité y est et cet épisode le prouve.

Peter Tomasi, accompagné par un Doug Manhke en forme olympique (mais je dois avouer mal connaître cet artiste dont je n'ai vu que le travail dans la série 7 SOLDIERS, écrite par Morrison), revient sur les circonstances et les conséquences du décés tragique de J'onn J'onzz, la Martian Manhunter, assassiné par Balance.
C'est l'occasion de se pencher également sur les faits marquants de la carrière de ce héros atypique, pilier de la JLA.
L'idée de consacrer un volet entier à cet évènement dans l'évènement est, je trouve, bienvenue car, dans la saga principale, la mort du personnage était finalement trop rapidement expédiée et noyée dans le flot des rebondissements.
Tomasi rédige tout ça avec efficacité et un certain lyrisme, sans sombrer dans la facilité. C'est intense et bien mené : que demander de plus à un scénario aussi délicat sur un thème pareil (la disparition et l'enterrement d'un super-héros) ?

Graphiquement, c'est somptueux : dès la 2ème page, on a droit à une "splash" assez extrardinaire - et le reste est du même calibre. L'encrage est aussi un modèle du genre, d'un raffinement d'orfèvre.

- Final Crisis 3 : Voici le mal. Retour à l'histoire centrale où, là non plus, Grant Morrison et JG Jones continuent pied(s) au plancher.

Jay Garrick n'en revient toujours pas du retour de Flash/Barry Allen, Mary Marvel piège sournoisement Wonder Woman dans le cadre du grand plan ourdi par Darkseid, tandis que Superman veille Lois Lane, Green Lantern se fait embarquer manu militari, et Mr Miracle, Sonny Sumo et les super-héros japonais tentent d'organiser la riposte...

La densité du récit reste assez extraordinaire et l'on est surpris de voir que tout ça tient finalement "seulement" en une trentaine de planches. En même temps, il faut être attentif et s'accrocher car l'objet est "morrisonnien" par excellence, à la fois complexe, déroutant et singulier. De l'art de manier les codes des comics mainstream avec un style unique !
Jones signe des planches comme on en voit peu dans ce type de production et ses efforts rendent complètement justice à cet univers baroque, à cette intrigue détraquée, où des figures iconiques sont vraiment malmenées. Bientôt, Pacheco viendra le seconder - ce qui ne devrait pas gâcher la vue.

- DC Universe : Transformations. Tout d'abord, huons Jérémy Manesse pour avoir traduit aussi stupidement le titre original (Last will and testament) : une initiative qui ne fait pas honneur au modérateur du forum Panono...

Puis concentrons-nous sur ce chapitre, là aussi très noir, dans lequel nous suivons Géo-Force aux trousses de Deathstroke dont il veut (et va) se venger depuis longtemps.

Les amateurs de ce que Brad Meltzer fait le mieux (un récit polyphonique et tendu) seront à la fête avec cet épisode, entrecoupée de saynètes où des héros connus du DCverse se préparent diversement à la fin du monde. Le duel pivotal entre le bon et le méchant est plein d'exagérations, de grandiloquence, qui nous rappelle que les comics de ce genre doivent autant à l'action qu'au mélodrame.

Visuellement, Joe Kubert s'est partagé le travail avec un de ses fils, Adam, pour livrer des planches inégales : personnellement, j'aurai préféré un graphiste unique, tant les styles du père (illustre) et de son rejeton se marient assez mal.

Bilan : un numéro riche, plus abondant, et de très belle facture.
MARVEL ICONS 53 :

- Les Nouveaux Vengeurs 47 : L'Empire (8). Alors qu'on était en droit d'attendre la suite de l'épisode du mois dernier avec the Hood, Bendis remet ça à plus tard pour nous livrer un chapitre plutôt inattendu.

En effet, le scénariste choisit de s'intéresser au couple Luke Cage-Jessica Jones, lorsque celle-ci a retrouvé le père de celui qui n'était pas encore son mari. Ce flash-back sert de prétexte pour évoquer leur rôle actuel de parents, dont le bébé a disparu avec le skrull-Jarvis introuvable après la bataille finale contre les envahisseurs...

Cet arc, qui en est déjà à sa 8ème étape (autant que le nombre d'épisodes du crossover Secret Invasion auquel il fait écho), est décidemment bien déroutant et inégal, alternant de très bons passages et d'autres tout à fait dispensables. C'est hélas ! le cas de celui-ci, dont le propos est vraiment anecdotique et la chute redondante avec celle d'une scène de SI.

Co-illustré par Billy Tan (en petite forme) et Michael Gaydos (guère convaincant, je trouve), il n'est même pas sauvé par ses dessins.

- Secret Invasion : Requiem 1. Le premier bouche-trou du numéro où l'on voit Hank Pym décider de devenir la nouvelle Guêpe (!) en hommage à Janet Van Dyne, morte dans SI.

C'est assez accablant pour tout dire : écrit avec ses pieds par le piètre Dan Slott (qui succède à Bendis sur Les Puissants Vengeurs dont Pym va devenir le nouveau leader) et affreusement dessiné par le toujours aussi mauvais Koi Pham, on se demande bien ce qu'on a fait pour mériter ça - une idée nulle, exécuté aussi nullement.

- Invincible Iron Man 7 : Les 5 cauchemars (épilogue). La purge continue avec ce nouvel exemple de médiocrité servi chaud par Matt Fraction au scénario et Salvador Larroca au "dessin" (même si ça fait mal d'appeler ça du dessin).

Pauvre Tony Stark : l'alcool, bientôt la disgrâce... Et une des pires équipes créatives pour l'animer !

- Captain America (vol. 5) 43 : La flêche du temps (1). Brubaker entame un nouvel arc où passé et présent s'entrecroisent... Et c'est toujours aussi magnifique !

Bucky est hanté par son passé de Winter Soldier mais aussi par des épisodes de la seconde guerre mondiale lorsqu'il agissait aux côtés des Invaders. Même la Veuve Noire, avec laquelle il a repris sa liaison amoureuse, est impuissante à l'apaiser... Et voilà que le mercenaire français Batroc resurgit pour exécuter un contrat !

Cette série reste le haut de gamme de la revue, ne décevant jamais et rebondissant une nouvelle fois pour nous embarquer dans une histoire déjà palpitante. Brubaker sait comme personne nous entraîner sur une piste tout en en creusant déjà une autre : on est saisi et impatient de lire la suite. L'essence même des comics par un grand feuilletonniste !

Luke Ross illustre ce chapitre avec un trait vif et élégant, tout à fait digne des standards imposés par les précédents artistes de la série (Epting en tête). Et les couleurs de Frank d'Armata assurent la cohérence esthétique avec une classe égale.

- Fantastic Four Cosmic-Size Special 1 : Asile de fous (2). Suite et fin du récit entamé dans le n° précédent... Et toujours aussi affligeant !

Les dessins sont aussi laids que l'intrigue est indigente. Décidemment, il me tarde de retrouver Millar et Hitch le mois prochain...

Bilan : très mitigé ! Captain America survole la mêlée - c'est la seule chose à retenir.
WOLVERINE 188 :

- Wolverine 71 : Old Man Logan 6. Contre vents et marées, je continue mon plaidoyer pour le run de Millar et McNiven, dont ce nouveau volet est encore une fois éblouissant.

Logan et Hawkeye reprennent la route, poursuivis par... Un T-rex vampirisé par Venom ! C'est alors que Flêche Noire puis Emma Frost interviennent pour les sortir de ce pétrin.
Puis le duo arrive enfin à New Babylon, dominée par une statue de Crâne Rouge, et où Clint Barton va livrer sa mystérieuse marchandise. Le deal ne va pas exactement se passer comme prévu...

Le voyage proprement dit des deux héros touche à sa fin, mais les ennuis ne sont pas résolus pour autant : Millar dispose ses pions avec une habilité diabolique en nous offrant encore une fois des passages mémorables - le sort d'Hank Pym, l'apparition fugace mais déjà inquiètante de Fatalis, les allusions au passé d'Emma Frost...

Je crois que le scénariste, tant décrié pour sa manie à survendre chacune de ses productions, ne s'est quand même pas beaucoup trompé en déclarant que son Old man Logan ferait partie de ses meilleures oeuvres.
Qu'ajouter sur le travail somptueux de McNiven que je n'ai déjà dit ? Encore une fois, après déjà tant de morceaux de bravoure, il réussit à m'épater. Sensationnel, oui : une telle maestria graphique place cette bd au-delà du lot commun.

- Wolverine origins 30 : Péché originel 5. Quand on ne suit pas ce crossover Wolvie-X-men, ça devient dur de comprendre tous les enjeux et la construction de cette intrigue - même si un résumé dans le sommaire fait office de rustine.

Néanmoins, au terme d'habiles manipulations télépathiques, le Pr Xavier réussit l'impensable en parvenant à donner à Logan et son fiston un but commun : retrouver Romulus, à l'origine de leurs problèmes, et lui faire la peau.

Daniel Way propose un récit toujours animé, adroit, qui va à l'essentiel tout en s'autorisant quelques circonvolutions. C'est plaisant, même si, donc, sans lire les X-men, il manque des pièces au puzzle et cela freine le plaisir.

En revanche, impossible d'être déçu par Deodato qui livre encore une fois (avant de passer le relais à Yanick Paquette) des pages superbes où éclate son art du clair-obscur, des contrastes violents, des découpages nerveux.

Très bon numéro. Vivement le prochain !
SECRET INVASION 8/8 :

- Secret Invasion 8 : parlons peu, parlons bien, ne spoilons pas, et comme au PS, aimons-nous les uns les autres. Donc, dans le numéro de ce mois-ci, qui conclut avec fracas la saga qui a enchanté petits et grands, krees et skrulls, buzzukis et Panini, hé ben... Il s'en passe des choses !

Disons, sans en dire trop, que la Guêpe, elle a mauvaise mine. Et puis qu'Iron Man, il a l'air soucieux. Et que Thor, il est encore super-NRV contre Tony Stark. Captain America/Bucky, lui, il préfère s'en aller en tournant les talons et le bouclier, parce que c'est pas tout ça, mais c'est crevant, la guerre. Je crois aussi que plein de personnages disparus reviennent, mais je ne dirai pas qui parce que ça déchire trop sa race. Et puis, à la fin, Norman Osborn... Non, ça, je peux pas le dire : c'est trop énorme. Mais enfin, bon, le temps va se couvrir, le royaume s'assombrir... Bref, quelque chose me ddit qu'on va pas rigoler des masses dans les prochains mois. Et même qu'il pourrait y avoir encore une nouvelle équipe de Vengeurs. Et des Vengeurs Noirs en plus !
Bendis, calisse, c'est quand même un malin de chez malin, et Marvel, même avec les oreilles de Mickey, c'est déjà les Rapetou ! Tout ça pour avouer que, moi, j'ai quand bien aimé ce dernier numéro, ce qu'il annonce, et la saga en général (même si elle a eu un coup de mou au milieu).

Et Yu... Ce mec, je le kiffe trop, mais je comprendrai qu'après avoir dessiné une moyenne de cent personnages par numéro, il prenne des vacances ! Enfin, il a réussi à boucler tout ça dans les temps, en nous offrant des planches parfois assez ébouriffantes... Et rien que pour ça, je dis : chapeau Leinil (même si je ne porte pas de chapeau) !

C'était quand même mieux que WORLD WAR HULK. Je ne sais pas trop quel sera le prochain grand event de la mort qui tue, mais ç'aura été divertissant. Moins puissant que CIVIL WAR, mais bien quand même.

- Secret Invasion : Ligne de front 5 - Le règne du mal. Le titre résume assez bien la chose : il faut vraiment être possédé par une force maléfique assez puissante pour accoucher d'une mocheté pareille... Déjà mal écrite à la base, c'est vrai, ça n'aide pas !

Et si on oubliait ?

Bilan : un bon B+. Tout ça ne va pas être super-fun pour la suite, mais ce serait encore moins marrant si ça se terminait vraiment bien, non ?

dimanche 2 août 2009

Critiques 82 : Revues VF Août 2009

ULTIMATE SPIDER-MAN 68 :

- Ultimate Spider-Man Annual 3 : Comme annoncé par Bendis lui-même (et reproduit dans une postface récente de la revue), ce 3ème "Annual" d' USM s'intéresse à la sexualité de Peter Parker et MJ Watson... Tout en assurant une bonne part d'action.
Alors qu'Ultimate Mysterio fait son apparition et se débarrasse sans forcer du tisseur, l'alter ego de ce dernier s'interroge avec sa petite amie sur l'opportunité de coucher ensemble pour la première fois, ce qui donne lieu à quelques tensions entre les deux amoureux et leur entourage amical...
Bien que plus long qu'un épisode normal, cet "annual" est aussi rythmé qu'à l'accoutumée : Bendis donne une énergie bienvenue à son récit, tournant autour de son sujet en le ponctuant de séquences explosives d'une belle efficacité.
Cependant, les grincheux ou les réfractaires à BMB n'échapperont pas aux gimmicks du scénariste : voix-off nourrie, dialogues découpées et abondants... Pourtant, je n'arrive pas à les lui reprocher, l'épisode se déroulant sur un tempo tout de même assez virtuose et l'auteur se régalant à l'évidence avec son personnage et l'univers dans lequel il évolue.
Graphiquement, ce chapitre marque les premiers pas de David Lafuente : un évènement en soi puisqu'il sera le successeur du titanesque Immonen, après que celui-ci ait remplacé l'immense Bagley. J'étais méfiant avec le dessinateur espagnol et sa réputation, mais aussi craintif à l'idée que cet inconnu (au moins pour moi) passe après Immonen auquel je voue un culte.
Mais je dois reconnaître qu'il abat un travail tout à fait probant et réjouissant : il est très à l'aise dans l'action (même si la tête qu'il donne à Spidey est vraiment trop ovale) comme dans les scènes intimistes, avec à la clé quelques belles idées de découpage (comme cette double-page aux vignettes verticales). Il faudra cependant voir s'il tiendra le rythme et surtout s'il sera aussi inspiré que les deux géants qui l'ont précédé...
Une très bonne copie à laquelle je donne un A.
- Ultimate Spider-Man 129 : Ultimatum (1). Et maintenant reprenons le cours normal de nos émissions : USM embarque dans le cyclone Ultimatum. J'ai choisi de ne pas suivre ce crossover dont j'ai feuilleté quelques pages, qui ne m'ont pas emballé (je ne me prononcerai pas sur le scénario de Loeb, dont je n'attends rien de faramineux, c'est sûr ; par contre il est difficile de ne pas être repoussé par les dessins de Finch).
Cet épisode est une mise-en-bouche mais qui laisse entrevoir des éléments intéressants pour la suite : c'est moins ce qui se passe avec Peter, MJ et compagnie, ou entre la Torche Humaine, Spider-woman et le Vautour, que ce qui arrive à May Parker, tutrice de la revenante Gwen Stacy, et dont la proximité avec Spidey va provoquer le trouble, qui conduit à une chute prometteuse...
Bendis ne force pas son talent pour placer ses pions, mais il parvient quand même à conclure cet épisode sur une image forte. Pourtant, le métier de l'auteur est visible et bluffant puisqu'il arrive à nous saisir sans presque rien nous raconter... En outre, il se montre d'une exemplaire sobriété dans le texte d'où la voix off et les dialogues à rallonge ont été gommés : bel effort, Brian !
Visuellement, Immonen emballe tout ça avec une facilité qui est assez déconcertante : ce type pourrait illustrer n'importe quoi sans jamais ennuyer - et il faut lire l'interview-bonus en fin de revue dans laquelle il explique n'avoir que très peu étudié le dessin et s'efforcer de rendre justice au script ! Ce pourrait être insolent, mais ça prouve surtout la virtuosité de ce graphiste exceptionnel.
Alors oui, je suis faible, mais comment ne pas mettre un autre A ?
Seul bémol : la revue est redevenue bimestrielle... Argh ! Il va falloir attendre deux mois avant un nouveau fix !

MARVEL ICONS 52 :



- New Avengers 46 : L'Empire (7). Ce (très) long story-arc qui dévoile les à-côtés de Secret Invasion continue vaille que vaille, avec ses hauts et ses bas. Ce mois-ci, nous sommes invités à découvrir comment la communauté super-criminelle réagit à la présence des skrulls sur Terre - et peut-être parmi elle...

En délivrant Madame Masque du SHIELD, The Hood comprend que les aliens sont infiltrés dans l'agence gouvernementale. Il rassemble alors les super-vilains et interroge un agent qu'il a capturé...
Après les révèlations qu'il tire de son prisonnier, The Hood s'isole et invoque celui qui lui a donné ses pouvoirs : le redoutable Dormammu, maître de la dimension de l'ombre (et vieil ennemi du Dr Strange) !

On se demande bien pourquoi Bendis a pris tant de temps avant de s'intéresser aux malfrats dans la tourmente de Secret Invasion car, contre toute attente, il a écrit là un des meilleurs épisodes de la série, si ce n'est le meilleur tie-in du crossover. Ce volet est emmené avec beaucoup de rythme, l'ambiance tendue est très bien rendue, et le personnage de The Hood s'y révèle à la fois posé et charismatique. En outre, pour peu qu'on apprécie les récits où les méchants sont à l'honneur, c'est un régal car la galerie de vilains Marvel est haute en couleur.

Graphiquement, Billy Tan, cette fois encré par Matt Banning, est aussi à son avantage : il a découpé ses planches en utilsant toute la largeur de ses doubles-pages, ce qui donne une grande fluidité à la lecture. L'artiste excelle aussi à représenter cette faune malfaisante soudain désorientée par la présence des skrulls. Saluons aussi la superbe colorisation de Justin Ponsor.

Une vraie réussite qui devrait se conclure le mois prochain : A+.

- Iron Man 6 : Les cinq cauchemars (6). Vous voyez cette couverture ci-dessus ? Elle est l'oeuvre du fabuleux David Aja (Immortal Iron Fist), c'est une "variant cover" de cet épisode... Et c'est la meilleure chose qui soit arrivée à ce ratage total, au scénario toujours aussi désolant et aux dessins absolument affreux.

Vous pouvez donc zapper... Après avoir pris le temps d'admirer cette magnifique image d'un authentique grand dessinateur.


- Captain America (vol. 5) 42 : L'homme qui a acheté l'Amérique (6). Ce nouveau chapitre est à marquer d'une croix blanche car il constitue à la fois la fin de cet arc mais aussi, d'une autre manière, le climax de la série depuis qu'Ed Brubaker l'a repris en main.

Une page se tourne alors que le héros étoilé met en échec le grand plan de ses ennemis, Crâne Rouge, sa fille Sin, et Arnim Zola. Le Faucon et la Veuve Noire sont également de la partie, délivrant enfin la malheureuse Sharon Carter. L'ex-Grand Directeur se fond dans la foule, après avoir été comme cette dernière le jouet des méchants. Et Bucky gagne enfin le coeur du public...

Voilà un titre où on cherche, en vain, qui ne va pas, mais tout est brillant, profond, inspiré, efficace : assurèment, et au risque de me répéter, une des meilleures productions Marvel actuelles. Brubaker fait converger tous les éléments de son intrigue en un final si évident et puissant que c'est bluffant : exemplaire leçon d'écriture !

Visuellement, Steve Epting collabore pour la première fois avec Luke Ross et leurs styles se marient si bien qu'on ne voit jamais lorsque l'un remplace l'autre : le dynamisme et l'esthétisme du dessin sont un modèle du genre.

Comme d'habitude donc : A +.


- Fantastic Four cosmic-size special 1 : Asile de fous (1). La curiosité du mois : un épisode coupé en deux (sans qu'on sache quand sera publiée la suite...), après les huit premiers épisodes de Millar et Hitch...

L'argument est d'une bêtise rare : contaminés par un virus d'une dimension parallèle, les 4F sont obligés de se mettre en quarantaine pendant48 heures. Mais la promiscuité et l'agent pathogène met à jour les rancoeurs cachées entre les membres du groupe...

(Mal) écrit par Cary Bates et (mal) dessiné par Bing Cansino, cette bizarrerie est typiquement le genre de bouche-trou imbécile que Panini nous sert régulièrement. Le seul mérite sera de rappeler à quel point le run de Millar et Hitch est bien meilleur que ce que certains pensent...

Je ne sais même pas quelle note donner à ce machin !

Bilan : un numéro mitigé, avec du très bon, et du n'importe quoi. Mais le très bon justifie l'achat quand même.

WOLVERINE 187 :


- Wolverine 70 : Old man Logan (5). Le précédent épisode s'achevait sur une promesse qui faisait saliver tous les amateurs de cet arc signé Millar et McNiven : Logan allait enfin expliquer à Clint Barton pourquoi il n'a plus sorti ses griffes depuis 50 ans et est devenu un pacifiste, brisé par un drame secret.

La révèlation est à la hauteur de l'attente et le récit qu'en fait Millar fait de cet épisode un chapitre à part dans sa saga futuriste : abusé par les illusions de Mysterio, envoyé à l'institut Xavier par l'alliance des super-vilains alors qu'elle allait décimer les super-héros, Wolverine a donc littéralement massacré tous les X-Men alors qu'il croyait combattre un assaut de criminels ! Brisé lorsqu'il comprend son erreur alors que Mysterio disparait devant lui, il tentera de mettre fin à ses jours puis se fera oublier...

Quel choc ! Cette histoire, qui jusqu'à présent progressait comme un sinueux et rocambolesque road-trip, fait une pause saissante : on est à la fois horrifié par ce qu'on apprend, ce qu'on voit, et même ému par la manière dont l'expérience a totalement dévasté un héros pourtant aussi solide que Wolverine.
Millar est un grand scénariste car il nous choque tout en sachant, comme cette fois, livrer un grand moment qui modifie profondèment la perception qu'on a d'un personnage pourtant surexploité et dont on croyait tout savoir. Old man Logan séduisait jusqu'ici par sa dextérité pure à conjuguer plusieurs sous-genres (le voyage, l'uchronie, l'aventure...), et soudain cette bd frappe vraiment un grand coup en réussissant peut-être son défi le plus périlleux : dévoiler le trauma du héros.
J'ai été soufflé.

Et comment ne pas l'être encore lorsqu'on voit les planches de McNiven ?! Certes, l'artiste met de plus en plus de temps à terminer chaque épisode (au point que dans sa postface, Jérémy Manesse craint que ces retards puissent pertuber la diffusion en vf du récit... Mais en même temps, il ne faut pas six mois pour traduire et adapter un épisode !), certes Mark Moralès doit désormais assister Dexter Vines à l'encrage... Mais quel résultat !
C'est tout simplement époustouflant : chaque vignette pourrait être isolée, détachée et être étudiée. La finesse, la densité, le détail de chaque image, la composition de chaque page sont à à couper le souffle et donnent à cette série la dimension d'un (déjà) classique.
Tant de comics sont produits à la va-vite, par des artistes techniquement improbables, qu'on pardonne tout à un McNiven quand il accomplit un tel travail.

Encore un A + pour ce "vieux Logan", ce mois-ci.

- Wolverine : Origins 29 - Péché originel (3). Il est vraiment dommage que, pour des raisons purement mercantiles, Panini ait choisi de ne pas publier le mini-crossover Original sin dans une seule et même revue, car hélas ! on voit, ce mois-ci, avec ce volet que l'histoire perd beaucoup de sa lisibilité en étant ainsi parsemé dans X-men et Wolverine...

Ayant conduit chez Charles Xavier Daken, son fils amnésique mais "programmé" pour le tuer, Wolverine attaque le Club des Damnés. Le griffu et son mentor ont compris que cette organisation était impliqué dans le conditionnement de Daken...

L'action prime dans les volets écrits par Daniel Way puisqu'après Hulk et le Wendigo, c'est au tour du Hellfire Club de subir le courroux de Wolverine. En revanche, on sent bien, si on ne suit pas (comme c'est mon cas) l'autre partie de l'histoire, relaté dans la revue X-Men, qu'il manque des éléments, sinon capitaux en tout cas importants, pour bien en apprécier tout l'enjeu.
Néanmoins, sans être exceptionnellement original, le parallèle entre le passé de Wolverine et la manière dont il veut "guérir" son fils de sa nature meurtrière est assez efficace, et la baston est nerveuse.

Gloire soit donc rendu au prodigieux talent de Mike Deodato, qui nous gratifie encore une fois de planches mémorables, à la luminosité contrastée et au découpage explosif - tout cela donne envie de lire prochainement (dès Octobre en vf dans le nouveau bimestriel Dark Reign) Dark Avengers, dessiné par le brésilien et écrit par Bendis !

Un peu frustrant donc, mais pêchu : B +.

SECRET INVASION 7/8 :

- Secret Invasion 7 : 25 pages de baston ! Ayé, les amis, cette fois, les héros - et même les malfrats - se prennent par la main pour aller dérouiller les affreux envahisseurs verts aux oreilles pointues. Mais d'abord, permettez-moi d'ouvrir une parenthèse...

Depuis les dernières élections européennes et le score de la liste "Europe écologie" puis le succés d'audience du documentaire Home, le vert est devenu très tendance. Pourtant...
... Pourtant, nos amis de chez Marvel avaient anticipé cette mode depuis longtemps : d'abord en créant Hulk, le haricot géant et aussi irrité qu'irritable, puis en lui consacrant rien moins que leur précédent et fameux crossover (l'inoubliable World war Hulk).
Alors, Dany aurait-il copié ? Bayrou aurait dû l'attaquer là-dessus !Sauf qu'aujourd'hui, la "green attitude" n'a plus la côte : Brian Bendis a décidé de boûter hors de notre planète les vilains schtroumpfs verts !Alors, comme dirait...

"Je te le dis, Brian : tu ne seras jamais Président de la République !"

Bon, revenons à nos aliens !
Cette fois-ci, donc, c'est l'heure de la bataille : les super-gentils et les super-vilains sont trop vénéres et ça va saigner ! Et vas-y que je t'éborgne le faux Hank Pym ! Et z-y vas que Nor-Vell, il fait un gros boum avant d'annoncer aux skrulls que la fête est finie ! Et que Thor, y balance un "la fureur de Mjolnir vous infligera une douleur défiant toute description, bêtes immondes !" (THE réplique !)
Ouais... Sauf que la pauvre Guêpe devient toute bizarre et colle une fucking migraine à tout le monde (et y'en a !) : damned ! Tout ça n'annonce rien de bon pour le dénouement du mois prochain...

Spectacle totalement régressif, trip halluciné : j'adore quand Bendis fait pêter les coutures ! Palsembleu (ou vert), c'est du grand n'importe quoi et pourtant, qu'est-ce qu'on s'amuse : ça tire des flêches, ça explose, ça envoie du bois et des rayons de tous les côtés - je plains le personnel d'entretien après ce bordel !"C'est fou !" - "Quel bonheur !"

Yu est également en mode overdrive : il faut plusieurs minutes pour détailler ses planches - dont une ahurissante double-page ouvrant cet épisode. C'est très confus mais au moins ça déménage bien : on sent une sorte de défoulement chez l'artiste à y aller franco. Je ne dirai pas que c'est beau, ni même vraiment bon, mais c'est efficace dans le genre et spectaculaire à souhait.

A -, parce que, certes, c'est rigolo, mais c'est quand même le cirque !

- Secret Invasion : Ligne de front - Manhattan brûle. Bon, ben, là aussi, c'est portnawak, mais en plus c'est irrévocablement laid, donc, vous pouvez zapper : inutile de vous infliger ça alors que la grippe porcine rôde sournoisement, le grouin frétillant...

Bilan : totalement grotesque mais jouissif aussi - la fin, le mois prochain promet d'être croquignolette !