Et voici donc la dernier album que j'ai acheté dans la collection Marvel Gold disponible dans les hypermarchés Carrefour pour 3,99 E. Le programme est curieux dans la mesure où il débute par un épisode de Secret Warriors issu du run de Jonathan Hickman (ici dessiné par Alessandro Vitti), qui plus est rattaché à l'event Siege (2010). Qui n'a absolument aucun rapport avec la suite, écrite par Matthew Rosenberg et majoritairement dessinée par Javier Garron à l'occasion de l'event Secret Empire (2017-2018) et sur laquelle je vais concentrer mes commentaires.
mardi 20 juin 2023
Collection Marvel Gold - Carrefour : SECRET WARRIORS, de Matthew Rosenberg et Javier Garron
mercredi 25 mai 2022
ELEKTRA : BLACK, WHITE & BLOOD #4, de Matthew Rosenberg et Alberto Albuquerque, Peach Momoko, Kevin Eastman et Freddie E. Williams
mercredi 10 février 2021
FUTURE STATE : DARK DETECTIVE #3, de Mariko Tamaki et Dan Mora, Matthew Rosenberg et Carmine di Giandomenico
Saud retournement de situation extrêmement défavorable dans le dernier épisode, Future State : Dark Detective sera la meilleure production de cet événement. En trois épisodes, le niveau n'a non seulement pas baissé mais, au contraire, il s'est maintenu et a progressé.
C'est de très bon augure pour la reprise de Detective Comics par Mariko Tamaki le mois prochain car elle écrit Batman d'une main experte. Elle a en outre parfaitement su exploiter le contexte futuriste et cauchemardesque pour pousser le héros dans ses retranchements et ainsi founrir au lecteur une histoire palpitante.
Ce qui épate, c'est la constante lisibilité du scénario : on n'est jamais perdu, on suit tout l'intrigue à travers le regard de Bruce Wayne, on a peur pour lui, on jubile à chacun de ses progrès, c'est parfait. La réflexion qui accompagne l'histoire sur la vidéo-surveillance comme arme décisive de l'organisation para-militaire de Gotham offre un écho à notre société et bien que tout cela se passe en 2027, donc dans pas si longtemps, c'est tout à fait crédible déjà aujourd'hui.
Surtout ce qui me ravit, c'est que Bruce Wayne se débat avec un ennemi invisible. Et donc son combat a une dimension pathétique, dérisoire : il lui faut remonter le fil et, ce faisant, il se se rend compte qu'il a participé à la création de ce régime de terreur. Batman devient son pire ennemi : peut-il venir à bout de la menace quand il l'a lui-même conçue en quelque sorte ? Fascinant.
Alors que Future State exploite parfois paresseusement son ambiance dystopique, comme un décor de circonstances, une sorte de test pour ses personnages, le récit de Tamaki ne se perd pas en route et montre comment le meilleur détective cu monde (des comics) doit revenir à l'essentiel, en étant démuni (technologiquement, physiquement), pour non seulement se sauver mais aussi, peut-être sauver la ville, le monde.
Bien entendu, cette réussite ne serait pas aussi éclatante sans le dessin de Dan Mora. Il produit des planches spectaculaires et généreuses, avec un soin remarquable apporté au décor justement. Sa Gotham City est ouvertement inspirée par l'esthétique de Blade Runner, avec ses façades illuminées de néons, ses couleurs aveuglantes. A priori tout le contraire de ce qu'on attend d'une histoire de Batman, héros nocturne, louvoyant dans l'ombre.
Mais Dan Mora réussit lui aussi un tour de force en parvenant à ménager des ténébres dans cet environnement. Et par ce constrate, il installe une ambiance intense, où Batman doit plus que jamais se cacher, agir discrètement. Un exemple saisissant réside dans la scène où il essaie d'attraper des nano-drones pour ensuite les pirater : les appareils explosent, mais Batman réussit à les hacker, sans toutefois empêcher d'être ciblé.
Dark Detective permet aussi à Dan Mora de mettre en scène une des rares rencontres entre deux personnages de séries estampillées Future State. Bruce Wayne croise brièvement la route du Next Batman et le dessinateur croque habilement la méfiance entre les deux hommes, qui ne se connaissent pas même s'ils agissent dans le même camp.
Le trait puissant et expressif de Mora capte les émotions violentes qui animent les personnages et illustrent les tensions permanentes dues au contexte, comme lorsque la fille de Noah passe un savon à Bruce ou que Bruce s'aperçoit de la surveillance effective de l'immeuble de Noah (démontrant ainsi que sa parano est fondée). Des moments forts qui ponctuent le récit et sont idéalement représentés.
C'est un sans-faute.
*
jeudi 14 janvier 2021
FUTURE STATE : DARK DETECTIVE, de Mariko Tamaki et Dan Mora, Matthew Rosenber et Carmine Di Giandomenico
Future State : Dark Detective est, lui aussi, un diptyque avec deux séries au programme. D'une part, Dark Detective est écrit par Mariko Tamaki et dessiné par Dan Mora. De l'autre, Grifters est signé Matthew Rosenberg et Carmine di Giandomenico. Prime à l'action et aux premières années de la Magistrature à Gotham par deux équipes créatives inspirées.
vendredi 3 juillet 2020
HAWKEYE : FREEFALL #6, de Matthew Rosenberg et Otto Schmidt
jeudi 21 mai 2020
HAWKEYE : FREEFALL #5, de Matthew Rosenberg et Otto Schmidt
vendredi 20 mars 2020
HAWKEYE : FREEFALL #4, de Matthew Rosenberg et Otto Schmidt
dimanche 23 février 2020
HAWKEYE : FREEFALL #3, de Matthew Rosenberg et Otto Schmidt
C'est vraiment dommage que Marvel n'ait rien prévu pour donner une suite à cette mini-série (en la transformant en ongoing par exemple) car le matériel a un excellent potentiel - peut-être le meilleur depuis le run de Fraction-Aja avec le personnage de Hawkeye. C'était déjà le cas avec la mini consacrée au Winter Soldier, il y a quelques mois (par Higgins et Reis).
On peut comprendre la prudence de l'éditeur dans un marché saturé. Mais cette situation est provoquée par Marvel lui-même qui inonde ledit marché avec des dizaines de publications mensuelles chaque mois (voir la rapidité avec laquelle, suite au succès de "Dawn of X", de nouvelles séries mutantes sont désormais programmées).
En même temps, j'aurai mauvaise grâce à dénoncer le principe de la mini-série car je l'apprécie. C'est un format qui exige des auteurs une concision plus très fréquente et permet d'extraire la substantifique moëlle d'une histoire qui perdrait en intensité si elle était excessivement prolongée. C'est un exercice de style qui ne force en outre pas la main au lecteur s'il veut investir de l'argent sans se ruiner sur des mois.
Et Hawkeye : Freefall, en dehors de ses mochissimes couvertures signées par Kim Jacinto (de vrais repoussoirs), est un vrai régal, renouvelé de numéro en numéro. Matthew Rosenberg avait conclu le précédent épisode sur un étonnant cliffhanger mais il rebondit dessus avec une belle adresse (Clint explique comment il a pu être là Ronin tout en étant ailleurs, au même moment, Hawkeye). Et surtout le faux Ronin est toujours dans la nature.
Cela conduit le récit à la démonstration d'exactions de plus en spectaculaires et violentes de the Hood, et à cet égard, l'avant-dernière page est vraiment glaçante. Mais avant cela, l'humour domine, notamment grâce à un running gag désopilant, tout droit issu d'une screwball comedy, d'un vaudeville.
Les multiples crises de nerfs de Linda Carter face aux manoeuvres maladroites de Clint déclenchent le rire de manière imparable, surtout quand elle découvre le LMD (Life Model Decoy). Un autre grand moment a lieu lors du dialogue entre Clint et Black Widow : tout en se battant avec des ninjas dans Central Park, les deux anciens amants devisent sur Ronin pour aboutir au constat que Natasha Romanoff est presque déçue que Barton n'ait pas à nouveau assumé cet alias car elle le trouvait plus sexy. Ces guests sont de vraies pépites depuis le début, donnant lieu à des échanges savoureux et des situations parfaitement absurdes.
Pour les mettre en image, on ne peut rêver mieux qu'Otto Schmidt dont le trait léger et expressif fait des merveilles encore une fois. Il tire l'histoire vers la comédie loufoque sans forcer en soignant ses compositions, toujours à bonne distance du gag ou du quiproquo.
Mais l'artiste se montre aussi très à son aise dans l'action qu'il rend très dynamique, sans sacrifier les personnages. Car Hawkeye : Freefall, malgré une intrigue solide et palpitante, est avant tout character-driven, et Schmidt l'a bien compris. Son traitement de la couleur souligne cela en privilégiant toujours des nuances claires pour les scènes d'intérieur (où tout doit toujours être immédiatement lisible et efficace). Quand le soir tombe, il veille à demeurer limpide mais soigne les ambiances (encore une fois, l'avant-dernière page est terrible).
Même si ça signifie que la fin approche, on attend avec impatience la suite.