Sorti la semaine dernière, j'avoue avoir eu la flemme d'écrire la critique du dernier numéro de The Nice House on the Lake de James Tynion IV et Alvaro Martinez. Mais est-ce vraiment le dernier numéro ? La réponse est dans la question : non. Et après une parution vraiment très longue et usante, j'avoue que cela a provoqué ma frustration.
mercredi 4 janvier 2023
THE NICE HOUSE ON THE LAKE #12, de James Tynion IV et Alvaro Martinez
mardi 15 novembre 2022
THE NICE HOUSE ON THE LAKE #11, de James Tynion IV et Alvaro Martinez
mercredi 28 septembre 2022
THE NICE HOUSE ON THE LAKE #10, de James Tynion IV et Alvaro Martinez
Et c'est là qu'on en revient à The Nice House... : si DC avait, simplement, interrompu la publication au sixième épisode pendant six mois (comme pour The Human Target), alors Alvaro Martinez aurait eu le temps de produire ses épisodes tranquillement et le lecteurt aurait repris le cours de la série avec l'assurance d'avoir la seconde moitié du récit d'une traite. Au lieu de quoi, on eu six épisodes, puis deux, puis plus rien pendant quatre mois. Et on croise désormais les doigts pour la suite... Mais le n°11 ne sortira qu'en Novembre et le 12, normalement, en Décembre.
Ces retards ne sont pas dûs qu'à Martinez : on devine évidemment, en voyant ses planches une nouvelle fois extraordinaires, qu'il a tout donné. C'est envoûtant, effrayant, le découpage est admirable, et les couleurs de Jordie Bellaire sont exceptionnelles. Non vraiment, The Nice House... est une série visuellement hors du commun, avec une ambiance intense, un look sidérant. C'est une expérience esthétique, audacieuse, mais jamais gratuite, jamais m'as-tu-vu, toujours en phase avec le récit, son atmosphère, sa narration.
Seulement, Martinez a aussi profité des interuptions pour faire quelques conventions, signer des autographes, dessiner pour des fans, sortir un artbook. C'est une partie du métier d'aller à la rencontre des lecteurs, c'est de la promo, et ça fait plaisir aux artistes de voir les fans. Je n'ai aucun problème avec ça, et si DC laisse faire, c'est qu'ils savent l'impact que ça aura sur la périodicité du titre.
En revanche, en tant que lecteur, c'est un peu plus embêtant, car The Nice House... n'est pas un comic-book très facile à suivre, avec son casting très riche, son intrigue très tordue, sa narration spéciale. A chaque arrêt de plusieurs mois, il faut faire l'effort de se replonger dans cette histoire noire, cauchemardesque, exigeante. Il faut avoir en tête les rebondissements, reconnaître les personnages - ce qui n'est pas du tout évident avec le traitement graphique et la façon d'écrire de Tynion IV (qui, comme beaucoup de ses confrères, n'offre aucun résumé des épisodes précédents ni trombinoscope pour rappeler qui est qui - c'est aussi la responsabilité des editors de la série, Marquis Draper, Chris Rosa et Marie Javins !).
Prenons un exemple simple et qui, je pense, parlera à tous ceux qui suivent The Nice House... en floppies : je ne me souvenais plus du tout que Ryan épiait Walter et Norah depuis le précédent épisode - et pour cause, en quatre mois, j'ai lu beaucoup d'autres choses et il est impossible (sauf si vous êtes hypermnésique) de se rappeler de ça. J'ai dû donc de replonger dans mes singles et mes propres critiques avec leur résumé, car j'étais à la rue, paumé. Je défie quiconque de ne pas être dans la même situation.
C'est bien dommage, parce que, une fois, qu'on est au point, l'épisode est captivant. La découverte de cette salle des commandes, la suggestion que Walter dépend d'individus qui seraient très contrariés en apprenant qu'il ne maîtrise pas tout, le jeu macabre des invités qui s'amusent à se tirer dessus et à ressuciter, l'intrusion de Ryan dans la salle des commandes et tout ce qui s'ensuit jusqu'à la fin, conséquences directes de cette intrusion... Tout ça est absolument terrifiant, électrique. Et donc le cliffhanger est glaçant, irréversible.
Ce sont ces sentiments extrêmes qui perturbent le plus : d'un côté, la frustration de ne pas pouvoir suivre cette série dans des conditions sinon normales, du moins plus confortables ; et de l'autre, la forte impression produite par chaque épisode, la sensation qu'une fois finie, en relisant tout ça à tête reposée, ce sera la confirmation que The Nice House on the Lake est une grande BD. Mais mal éditée.
samedi 4 juin 2022
THE NICE HOUSE ON THE LAKE #9, de James Tynion IV et Alvaro Martinez
C'est avec un sentiment étrange qu'on lit ce neuvième épisode de The Nice House on the Lake puisqu'on ignore à quand la série reprendra - mais j'y reviendrai. Car, en attendant, l'épisode en question est excellent. James Tynion IV fait bouger les choses, sans avoir l'air d'y toucher, et à la fin on ne demande qu'à voir ce qui va suivre - même si, donc, il faudra attendre. Alvaro Martinez, avec Jordie Bellaire, continue d'illustrer magistralement ce cauchemar en quasi huis-clos.
samedi 23 avril 2022
THE NICE HOUSE ON THE LAKE #8, de James Tynion IV et Alvaro Martinez
The Nice House on the Lake entre dans son dernier quart avec ce huitième épisode. Le récit de James Tynion IV évolue tranquillement, sur un rythme de sénateur, et on lit tout ça avec parfois un ennui poli, comme si la machine était grippée après le hiatus de la série. Néanmoins, grâce notamment au dessin extraordinaire d'Alvaro Martinez, on se laisse porter jusqu'à un cliffhanger qui nous réveille opportunément.
Et cette découverte, bien entendu, je vais m'abstenir de vous la révéler mais, soyez-en sûr, elle va avoir des conséquences sur la suite et fin de la série. James Tynion IV sait soigner ses sorties et rien que pour cela on sera indulgent avec ce qui a précédé dans cet épisode.
Car, avouons-le, on s'ennuie un peu. Cette impression diffuse depuis la reprise de la série, après son break éditorial, se confirme ici : la machine semble grippée, comme si le scénariste cherchait un deuxième souffle pour accrocher à nouveau le lecteur. C'est le piège, inévitable, d'une série qui mise beaucoup sur l'ambiance. Et où le lecteur en sait (un peu) plus que les protagonistes.
La narration choisie par Tynion est casse-gueule car quand on décide de donner au lecteur des éléments qu'ignorent les héros de l'histoire, le risque réside dans le fait qu'on a le sentiment que lesdits héros ne comprennent pas assez vite la situation. Ou que le scénariste gagne du temps.
Puisqu'on sait que The Nice House on the Lake comptera douze numéros, forcément on s'interroge sur la capacité de l'auteur à tenir sur la durée. Que prépare-t-il dans la dernière ligne droite ? Il est acquis, vu les premières pages de chaque épisode, se déroulant après le coeur du récit, que ça ne s'est pas bien terminé. On voit à chaque fois un membre du groupe des amis de Walter évoluer dans un cadre flou mais apocalyptique, vêtu de haillons, parfois armé, et monologuant sur sa rencontre avec Walter, l'impression première qu'il lui a fait, et le bilant de tout ce qui s'est passé ensuite.
Si à chaque fois l'épisode s'ouvre sur un personnage isolé, ça signifie que l'histoire a vu le groupe éclater et que le projet de Walter a échoué. Dans cet épisode, on suit Sarah Radnitz, qui, dans la vie d'avant, officiait en qualité de consultante - un terme assez vague mais qui l'identifie comme quelqu'un dont l'avis compte pour des décisionnaires. C'est aussi un poste qui engage l'individu qui l'exerce puisqu'il est payé pour sonder, avoir une opinion, qualifier qualités et défauts.
A cet égard, Sarah témoigne avec une acuité intéressante puisqu'elle explique n'avoir pas apprécié Walter de prime abord. Elle le trouvait condescendant, comme s'il jugeait, jaugeait, toisait les autres. Puis elle a baissé la garde, comme les autres. Au coeur de l'épisode, les deux personnages ont un échange instructif : Walter évoque son envie de satisfaire ses amis même dans la situation extraordinaire et tragique dans laquelle ils sont désormais, et pour cela il les encourage dans divers projets (constructions d'un hangar, d'un spa, d'un observatoire - même si ce dernier semble embarrasser Walter -, d'une ferme). Mais Sarah le reprend, en douceur, car, estime-t-elle, en voulant trop bien faire, l'attitude de Walter peut paraître plus dirigiste qu'encourageante. Or, un leader se doit de rester à l'écoute de chacun, quitte à laisser faire.
Plus tard, Walter rejoint Norah dans la seconde maison où il la retient et elle complète le discours de Sarah en pointant l'hypocrisie de son hôte. Forcément qu'un jour, et peut-être arrivera-t-il plus vite qu'il ne le pense, le groupe découvrira ce qu'il a fait. Toutes ses bonnes intentions ne péseront pas lourd face à l'incompréhension et à la colère que cela suscitera alors. Walter s'emporte, perdant, comme c'est l'usage, son apparence humaine, persuadé de ne manipuler les autres que pour leur bien. Mais c'est justement là son hypocrisie (son aveuglement même) : il ne fait rien pour le bien des autres, il fait tout pour son bien à lui, depuis le début de cette aventure où il a piégé ses amis en détruisant le monde et en les cloitrant dans cette villa paradisiaque.
Un troisième grain de sable va encore plus enrayer la machine de Walter et c'est Ryan qui l'incarne. Ella a remarqué, sans comprendre pourquoi, que Walter l'évitait désormais. En voyant cela, elle s'est rendu compte de manière blessante de sa position dans le groupe dont elle est la benjamine et la dernière recrue. Elle se confie à Reg qui ne trouve pas les mots pour la rassurer, aussi sort-elle prendre l'air. Ses pas la conduisent, inconsciemment, jusqu'à la seconde maison où, donc, elle va découvrir quelque chose de bouleversant.
Tout cela mériterait d'être plus dynamique, et même si l'épisode est ponctué de splash-pages avec les plans des futures installations, on a l'impression que Tynion avance avec le frein à main, comme s'il se retenait pour ne pas aller trop vite. C'est dommage, et peut-être (mais, pour le savoir, il faudra attendre le dernier épisode) en vérité sa série est-elle un peu trop longue ou manque-t-elle de matière pour douze épisodes. Mais bon, ça devrait quand même bouger davantage le mois prochain.
En revanche, si le déroulement de l'action pêche un peu par manque de tonus, la série reste incontournable par sa qualité graphique. Alvaro Martinez éblouit à chaque fois et ce numéro ne fait pas exception à la règle.
Il y a une forme d'expressionnisme fascinant dans le traitement du dessin, quelque chose de brut, mais aussi de finement ouvragé. L'image est souvent sombre, avec des à-plats noirs profonds, et les sources lumineuses dans chaque plan sont précieuses. Mais ça ne signifie pas que c'est pénible à lire car c'est toujours étonnamment clair. Tout ce qui ressort est comme dégagé à l'acide, ainsi qu'on procède en verrerie.
Par ailleurs, le soin apporté aux expressions des visages, aux attitudes, à tout le body language est épatant. On sent que Martinez a eu à coeur de donner à chacun des protagonistes une véritable identité à ce niveau-là, sans doute pour compenser le fait que ce casting fourni pouvait parfois égarer le lecteur qui a plus l'habitude d'identifier les héros sur des bases plus simples comme les visages ou les costumes. Moi-même, parfois, je ne sais plus trop qui est qui, et en fait, c'est le groupe tout entier qui devient une entité, avec un narrateur différent à chaque épisode, comme une balise pour se repérer.
Ajoutez à cela que la colorisation de Jordie Bellaire épouse cette exigence graphique, avec des jeux de teintes anti-naturalistes, qui brouillent les cartes encore davantage. Il est certain qu'une fois qu'on pourra (re)lire The Nice House on the Lake d'un trait, ce sera certainement plus facile (et pour ma part, j'attends la vf, en un seul volume, chez Urban Comics, même si ça risque de ne paraître qu'en 2023 à ce rythme - car la série va faire un nouveau break après le #9... Et on ne sait toujours pas quand sortira le #10 !).
Bref, pour résumer, un épisode un peu cahin-caha. Si le titre mérite qu'on persévère, il faut tout de même reconnaître que c'est un cran en dessous du premier acte.
mercredi 9 mars 2022
THE NICE HOUSE ON THE LAKE #7, de James Tynion IV et Alvaro Martinez
vendredi 19 novembre 2021
THE NICE HOUSE ON THE LAKE #6, de James Tynion Iv et Alvaro Martinez
vendredi 8 octobre 2021
THE NICE HOUSE ON THE LAKE #5, de James Tynion Iv et Alvaro Martinez
Le précédent épisode de The Nice House on the Lake nous laissait, pantois, sur un cliffhanger terrifiant. Ce nouveau chapitre nous ménage un peu plus mais réserve de belles surprises et confirme que la série est vraiment d'un tonneau extraordinaire. L'écriture de James Tynion IV est admirablement ciselée, plongeant le lecteur dans une intrigue fascinante, et les dessins d'Alvaro Martinez sont encore une fois d'une qualité exceptionnelle. D'ores et déjà un des sommets de 2021 !