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lundi 1 août 2011

Critiques 249 : CRUX, de Mark Waid, Chuck Dixon et Steve Epting

Crux est une série créée et écrite par Mark Waid en 2001 et publiée par CrossGeneration Comics. A partir du #13, Chuck Dixon remplace Waid comme scénariste. Steve Epting signe les dessins (avec des fill-in assurés par Paul Pelletier, Andy Smith et Paul Ryan). La série compte trente épisodes, mais seuls les 18 premiers ont été collectés en trois albums (deux autres avaient été annoncés mais n'ont jamais été publiés), et a été interrompue en 2004, suite à la banqueroute de l'éditeur.
Crux, Volume 1 : Atlantis Rising.

Les Atlantes vivent à l'abri des regards humains dont ils se sont auto-proclamés les protecteurs et guides, en raison de leurs supériorités physique, technologique et scientifique. Ce peuple se prépare à un rituel, la "transition", censé accéler encore leur évolution. Mais le processus déraille et la civilisation atlante est détruite. Un mystérieux étranger réveille six d'entre eux, qui découvre que dix mille ans se sont écoulés, que la race humaine a disparu, que des monstres les pourchassent et que la Terre est devenu un parc touristique exploité par la compagnie Terra Cognito. Alors qu'ils ne sont pas des guerriers, Capricia (une métamorphe), Tug (un colosse télékinésiste), Zephyre (dôtée d'un hypermétabolisme lui permettant de se déplacer et d'apprendre à grande vitesse), Galvan et Gammid (deux jumeaux maîtrisant le spectre électromagnétique) et Verytin (un gamin médium) tentent de comprendre ce qui s'est passé...
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Parmi toutes les séries éditées par CrossGen, Crux était la plus proche du registre super-héroïque et il n'est donc pas étonnant que ce soit une création du scénariste Mark Waid, auteur rompu à ce genre (on lui doit entre autres de fameux runs sur Flash pour DC Comics ou Fantastic Four pour Marvel Comics). La série est un team-book avec son lot de personnages dôtés de pouvoirs extraordinaires, issus d'une civilisation avancée et exotique (les Atlantes), obligés de s'allier pour faire face à une menace de grande ampleur.
Le style de Waid est reconnaissable : il excelle à camper des héros qui sont davantage des aventuriers, des explorateurs, des savants, que de purs justiciers, aux caractères affirmés et avec une dynamique de groupe très vivante. Une autre des originalités de Crux vient du fait que le leader de l'équipe est une femme (Capricia) qui apprend à diriger ses compagnons au fil de leurs aventures, en commettant des erreurs, et ignorant que l'étranger à qui elle doit, comme ses partenaires, son réveil est en fait son ancien compatriote Danik.
Waid utilise le personnage de Geromi, employé de la compagnie Terra Cognito, comme un point d'ancrage pour le lecteur, un individu normal auquel chacun peut s'identifier, qui prête assistance au groupe tout en n'en sachant guère plus qu'eux sur les raisons du cataclysme s'étant abattu sur la Terre. Le procédé n'est pas nouveau mais efficace, à l'image de l'entreprise.
Car, en vérité, Crux, si elle n'est pas une série désagrèable à lire, ne décolle pas vraiment (un comble pour un volume inaugural qui s'intitule Atlantis Rising, soit l'ascension d'Atlantis). Ces six premiers épisodes posent beaucoup de questions mais n'apportent aucune réponse (ou si peu) : comme exposition, c'est un peu long, même si on ne s'ennuie pas trop. Alors que Waid n'est pas un adepte de la narration décompressée, son écriture ici tourne au ralenti. C'est un mélange curieux de mythologie, de folklore, de fantastique et de super-héroïsme, mais où les combats d'usage sont rares, l'introspection domine (au point qu'un épisode entier s'attarde sur les pertes subies par chaque membre à cause de la "transition"). Tous ces éléments ne produisent pas vraiment d'éclats, manquent un peu de nerf et de relief, même si c'est juste assez intriguant pour continuer. En vérité, on a l'impression d'une série et d'un auteur qui s'économise... En attendant de grandes manoeuvres pour la suite ?
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Steve Epting dessine les cinq premiers chapitres, encré par Rick Magyar et mis en couleurs par Frank D'Armata : l'artiste livre des planches magnifiques qui sont pour beaucoup (l'essentiel même) dans l'intérêt qu'on peut accorder à Crux. Les personnages ont cette allure propre aux créatures d'Epting, inspiré par des classiques comme Alex Raymond, Nick Cardy, John Bellamy, ou John Buscema. Les décors sont également sompteux, donnant lieu à des double-pages mémorables. Et le découpage est à la fois simple et très élaboré, avec des compositions très intelligentes. Paul Pelletier assure une prestation digne du titulaire au 6ème numéro, plus sobre que ses récents (et indigestes) travaux.
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Comme souvent avec les productions CrossGen, c'est visuellement épatant mais narrativement plus incertain. Néanmoins, Crux est assez atypique pour faire l'effort de lire la suite, pour savoir si le projet tient ou non les promesses avancées par une équipe créative de premier plan.  
Crux, Volume 2 : Test of Time.

Avec l'aide de Geromi, l'employé de Terra Cognito, les sept Atlantes découvrent la présence d'humains en Australie. Ces derniers construisent un portail censé leur permettre d'accomplir la "transition". Mais les soldats de Negation sont toujours dans les parages et mènent la vie dure aux héros. Finalement, Gammid suit les humains tandis que ses camarades capturent un des soldats de Negation. Interrogé par Tug, il réussit à s'échapper après avoir collecté des informations sur les Atlantes...
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Ce deuxième tome ne vient, hélas ! pas redresser le cap du premier. L'histoire piétine, quand bien même Mark Waid évoque à plusieurs reprises un "grand plan" dont Capricia serait un des rouages essentiels, et qui, par conséquent, suggèrerait que la série suit aussi une direction pré-établie et de grande envergure. Il semble évident pourtant que le scénariste navigue à vue, manque d'inspiration et que son récit souffre d'un manque de souffle.
Un curieux intermède, à l'épisode 11 (dessiné par Andy Smith), sépare le tandem Verytin-Danik pour un retour dans le passé où Waid laisse entrevoir une sorte de révision de toute l'aventure, mais c'est un subterfuge qui ne fait que ralentir le déroulement de l'action. Or, Crux a déjà un gros problème de rythme et le dénouement de ce volume ne relève pas l'intérêt du lecteur.
Waid va d'ailleurs quitter le titre au terme de ce 12ème épisode. J'ignore les raisons de cette défection, même s'il est connu que plusieurs auteurs et artistes ont déserté CrossGen à cause de la personnalité de Mark Alessi, son co-fondateur. En tout cas, Waid a échoué à donner de l'intérêt à ce projet qui était pourtant son oeuvre et correspondait à ce qu'il sait si bien faire : un team-book d'aventures fantastiques. C'est Chuck Dixon, qui a écrit le magnifique El Cazador chez le même éditeur, qui le remplacera - mais on en reparlera avec le tome 3.
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La partie graphique est elle toujours impeccable et Steve Epting porte littéralement la série, même si, du coup, on a l'impression frustrante de lire un beau livre d'images plus qu'une bande dessinée digne de ce nom. Ses planches sont remarquablement ouvragées, et même la colorisation trop sombre et uniforme de Frank D'Armata ne suffit pas à gâcher le plaisir (pas plus que le fill-in très quelconque d'Andy Smith).
Dommage toutefois que Steve Epting n'ait pas collaboré avec un Mark Waid plus inspiré : un tel dessinateur avec un scénariste de ce calibre ressemblait à une de ces dream-team comme les comics en offrent parfois...
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A suivre avec les 6 derniers volets collectés en tpb, et un nouvel auteur aux commandes. 
Crux, Volume 3 : Strangers in Atlantis.

Les Atlantes rencontrent Aristophanes, qui est leur ancêtre, un moine-guerrier déterminé, et Thraxis, le dernier survivant d'une race extra-terrestre ayant combattu Aristophanes et ses troupes dans le passé. Avec ses renforts, Capricia et ses amis vont-ils pouvoir ranimer leurs semblables ? Cependant, Geromi se réfugie dans un village de style western, restauré par Terra Cognito, où il invite Zephyre et Verytin, mais où les attendent aussi Danik et deux mystérieux indigènes, aux projets inquiétants...
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C'est à partir de ce troisième tome que Chuck Dixon remplace donc Mark Waid à l'écriture de la série : dans un premier temps, son arrivée redynamise le récit où il introduit les personnages d'Aristophanes et Thraxis et dévoile un pan entier des origines des Atlantes. Mais le soufflé, en vérité, retombe vite et l'histoire sombre dans des directions fumeuses, ajoutant de nouvelles énigmes à celles initiées par Waid sans apporter de solutions, et surtout sans que le rythme soit plus trépidant, la narration étant aussi (sinon plus) décompressée.
La fin de ce volume est intriguante avec ce décor de western, franchement décalé après l'arrière-plan plus traditionnellement fantastique de la série jusqu'ici, et c'est un peu frustrant de ne pas savoir où cela va mener. En effet, comme je l'ai dit au début de ces critiques, les derniers épisodes de Crux n'ont jamais été collectés en albums (deux recueils supplémentaires furent annoncés sans avoir été publiés, et bien que Marvel ait récemment relancé certains titres CrossGen, rien n'indique que des rééditions soient envisagées)... Mais en fin de compte, j'ai été trop déçu par l'expérience pour aller plus loin ( j'ai acquis ces trois livres d'un seul coup, pour un prix modique, mais en ignorant alors que je n'aurai pas tous les épisodes : c'est une leçon à retenir - toujours se renseigner sur le contenu avant de sauter sur une occasion).
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La réunion de Steve Epting avec son scénariste d'El Cazador s'avère donc moins satisfaisante que pour leur histoire inachevée de pirates. Néanmoins, l'artiste produit encore sur ces épisodes des planches de toute beauté, au découpage plus simple (voire plus sommaire, avec de plus grandes cases, plus de splash et double-pages).
Le chapitre 17 est dessiné par Paul Ryan, encré par le vétéran Pablo Marcos, pour un résultat, en comparaison avec le travail d'Epting, très décevant.
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Crux est donc une déception : la preuve qu'une équipe créative prometteuse ne suffit pas forcèment à produire une oeuvre à la hauteur du talent de ses créateurs. Heureusement, depuis, Waid et Epting ont prouvé que cette étape n'était qu'un faux pas, mais cela résume finalement bien ce qu'a donné CrossGen : des bandes dessinées souvent séduisantes mais pas forcèment mémorables, encore moins indispensables.

vendredi 6 mai 2011

Critique 228 : RUSE 1 - L'AFFAIRE MIRANDA CROSS, de Mark Waid et Butch Guice

Après avoir découvert El Cazador, vestige de CrossGen, j'ai voulu poursuivre ma découverte de ce défunt éditeur en acquérant le premier tome de Ruse, série qui en compte trois. Je me le suis procuré en v.o. mais j'édite la couverture de l'édition française (Semic), qui avait traduit le titre dans un format à l'italienne parfaitement indiqué.
Ruse est écrit par Mark Waid, scénariste expérimenté, à qui on doit un brillant run sur les FF avec le regretté Mike Wieringo, et dessiné par Butch Guice, qui s'est distingué dans moults productions de qualité chez Marvel (en ce moment Captain America) et DC (Aquaman, par exemple). Ajoutez-y Mike Perkins à l'encrage et Laura Depuy Martin aux couleurs, et vous aurez une idée de la "dream team" à l'oeuvre sur Ruse, publiée en 2001-2002.
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Le héros de Ruse est peut-être moins Simon Archard, infaillible détective, que son assistante Emma Bishop, capable d'agir sur le temps en le figeant. A Partington en Angleterre, où les gargouilles sont réellement animées et planent au-dessus de cette cité en pleine révolution industrielle à la fin du XIXème siècle, la police fait souvent appel à ces fins limiers pour débrouiller des affaires criminelles. Leur résolution flatte l'égo d'Archard mais ne suffit plus à tromper son ennui.
Jusqu'à ce qu'arrive en ville la mystérieuse et troublante Miranda Cross, Baronne de Kharibast, dont la présence semble liée à des troubles parmi les notables. Rapidement en effet, le maire, le patron de la gazette locale, le chef de la police et le banquier se retournent contre Archard qui, de chasseur, devient proie. Pour ne rien arranger, Miranda ne craint pas les pouvoirs d'Emma...
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La référence à Sherlock Holmes n'aura échappé à personne, mais Mark Waid a élaboré une variation astucieuse de la créature d'Arthur Conan Doyle en nous narrant ses exploits du point de vue de sa partenaire. En transformant le Dr Watson en femme, qui plus est pourvu de charmes et de pouvoirs surnaturels, il ironise sur l'arrogance du détective génial dont il fait un homme rongé par l'ennui quand bien même il évolue dans des affaires et un cadre fantastiques.
Le procédé est habile et permet au récit d'être gentiment pimenté, même si Waid abuse de la voix-off qui ralentit l'action. De fait, Ruse ennuie un peu le lecteur comme ses enquêtes ennuient Simon Archard, poliment mais sûrement. On a parfois le sentiment que Waid s'est un peu bridé, n'osant pas traiter de manière plus sarcastique son sujet et son héros, alors même qu'il est un scénariste tout à fait capable à la fois de respecter les codes d'un genre tout en prenant ses distances (ses FF en étaient le meilleur exemple).
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En revanche il est difficile de faire la fine bouche devant la qualité exceptionnelle de l'équipe graphique, assurèment une des plus belles qu'on puisse apprécier sur un comic-book : Butch Guice et Mike Perkins ont uni leurs efforts pour livrer des planches somptueuses, aux décors incroyablement fouillés, aux personnages fortement typés et à l'allure d'une élégance fabuleuse. Le résultat est bluffant.
Laura Depuy Martin magnifie cela avec une palette de couleurs d'une admirable subtilité : c'est un régal pour les yeux.
Le 6ème épisode est réalisé par Dave Johnson et Paul Neary, sur des couleurs de Jason Lambert, sans qu'ils aient à rougir de la comparaison, même si c'est un cran en dessous - inévitablement a-t-on envie d'ajouter.
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Un titre atypique, référentielle, mais pas tout à fait abouti, qui vaut surtout pour ses illustrations impressionnantes. CrossGen produisait du matériel de qualité, à redécouvrir assurèment - et Marvel l'a compris puisqu'une nouvelle série Ruse a été commandée, toujours avec Waid aux commandes et Marco Pierfederici aux dessins.

jeudi 3 février 2011

Critique 207 : EL CAZADOR, de Chuck Dixon et Steve Epting

El Cazador est une série écrite par Chuck Dixon et dessinée par Steve Epting, publiée par CrossGen Comics en 2004, et restée inachevée après 6 épisodes (suite à la banqueroute de son éditeur).
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En 1687, le navire La Misericordia est abordé par les pirates du redoutable BlackJack Tom qui enlève la mère et le fils de Donessa Cinzia Elena Maria Esperenza Diego-Luis Hidalgo. La jeune femme tue Mr Dane, le second de BlackJack Tom, et prend le commandement de la Misericordia, rebaptisée El Cazador, en achetant la loyauté des hommes à bord contre la promesse d'un trésor.
Cependant, le flibustier RedHand Harry échappe au bourreau et prend la fuite avec ses hommes. Il entreprend, alors qu'il le croise au large, d'attaquer le Cazador mais échoue et doit se réfugier sur une île pour réparer son bâteau.
C'est ainsi que Lady Sin traque BlackJack Tom tout en étant elle-même pourchassée par RedHand Harry...
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De 1998 à 2004, l'éditeur CrossGen Comics a été l'endroit où des créateurs plus ou moins confirmés ont tenté de lancer une gamme de séries formant un univers partagé. Les genres de prédilection étaient la science-fiction et le fantastique, et c'est ainsi que des productions ambitieuses comme Sigil, Crux, Negation, Ruse, avec des auteurs et artistes comme Chuck Dixon, Mark Waid, Brandon Peterson, Butch Guice, Steve Epting aux commandes.
L'aventure CrossGen touchait à sa fin quand El Cazador a été initié, un comic-book qui rompait avec les canons de la maison puisqu'il s'agissait d'une bande dessinée historique, d'aventures, de pirates, respectant les codes les plus classiques du genre.
Aujourd'hui, en lisant ce recueil des six épisodes de la série, l'expérience est des plus frustantes car l'histoire est inachevée et le livre se ferme sur la promesse de péripéties palpitantes.
Chuck Dixon s'est à l'évidence documenté et inspiré de films célèbres pour son récit, on pense en particulier La Flibustière de Antilles (1951) de Jacques Tourneur avec Jean Peters et Louis Jourdan car El Cazador présente la même spécificité d'avoir une femme comme premier rôle, une femme au caractère bien trempée, fine stratège. On devine qu'il y a un rapport entre son passé en Espagne et celui de RedHand Harry, et on peut imaginer que ces deux adversaires sur les mers auraient pu connaître une romance par la suite.
Les six chapitres réalisés sont riches en rebondissements et les séquences s'enchaînent rapidement, certaines sont de vrais morceaux de bravoure à l'ambiance saisissantes comme la mutinerie ou la course-poursuite dans le détroit menant à Ginger Island, avec un vrai suspense. Mais la qualité du script ne rend que plus frustrant le fait que cela s'interrompe brutalement après 140 pages.
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Les dessins de Steve Epting sont également somptueux : à l'époque, l'artiste avait déjà accumulé pas mal d'expérience, avec notamment un run mémorable sur Avengers dans les années 90 chez Marvel et Aquaman chez DC.
Après avoir illustré plus d'une vingtaine d'épisodes de Crux, écrits par Mark Waid, pour CrossGen, il signait son premier chef-d'oeuvre avec El Cazador, où il s'encre lui-même et collabore avec un de ses coloristes de prédilection, Frank d'Armata.
Le résultat est une oeuvre d'art : le soin avec lequel Epting dessine les costumes, les décors, les détails des bâteaux, découpe les scènes d'action et les plages plus calmes, est fabuleux. On s'y croirait vraiment, et ses épisodes rivalisent avec des classiques de la BD de pirates franco-belges comme Barbe-Rouge (de Charlier et Hubinon) ou Jérémie dans les îles (de Gillon).
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Une série à redécouvrir - en espérant, à l'heure où Marvel relance quelques titres CrossGen (comme Ruse et Sigil), qu'on en lira un jour la (véritable) fin...