Affichage des articles dont le libellé est Septembre. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Septembre. Afficher tous les articles

dimanche 4 octobre 2015

Critique 719 : LES GARDIENS DE LA GALAXIE #9 (Septembre 2015)

Critique en retard... Tout simplement parce que j'ai beaucoup hésité avant d'acheter ce numéro de la revue. J'ai finalement craqué... Et voilà que je replonge dans un crossover, après m'être juré qu'on ne m'y reprendrait plus.
En avant, donc, pour la première partie de Black Vortex.
*
 Les Gardiens de la Galaxie #9 :

La revue est divisée en deux parties : la série Star-Lord et l'épisode Les Gardiens de la Galaxie / X-Men sont consacrés à l'histoire du Vortex Noir, je vais donc écrire une critique commune. Rocket Raccoon et Nova poursuivent des récits indépendants.

- Star-Lord #8 : Le Règne du Vortex Noir (3) (Sam Humphries / Freddie Williams II, Paco Diaz) :

- Les Gardiens de la Galaxie / X-Men : Le Vortex Noir (1) (Sam Humphries / Ed McGuinness, Kris Anka) :

Après avoir sauvé Peter Quill alias Star-Lord des griffes de son père J-Son alias Mr Knife et des Bouchers, Kitty Pryde accepte désormais de vivre avec lui en sillonnant le cosmos. Mais avant cela, elle le convainc de reprendre à Mr Knife le Vortex Noir.
Pour accomplir cette mission, les Gardiens de la Galaxie (Rocket Raccoon, Drax, Gamorra, Groot, Venom, Captain Marvel) et les X-Men (Tornade, le Fauve, Magie, les premiers X-Men - Scott Summers, Jean Grey, Bobby Drake, Warren Worthington III, Laura Kinney) sont appelés à la rescousse.
Mais qu'est-ce que le Vortex Noir ? Un miroir créé par un Céleste, légué au peuple Vikardi, qui permet à ceux qui s'y soumettent de devenir plus puissants, pour le meilleur et le pire...

Sam Humphries est donc aux commandes de ce crossover, avant de le partager avec les scénaristes des séries concernées (comme Brian Michael Bendis pour Les Gardiens... et les X-Men). L'idée n'est pas très originale : il s'agit de confronter une tripotée de héros et de vilains à un artefact cosmique capable d'en faire des êtres surpuissants, quitte à réveiller leur côté obscur.
Les méchants veulent en profiter pour se venger et dominer, les bons pour éviter cela. Mais parmi ces derniers, certains ont aussi envie de saisir l'opportunité d'accéder à une force supérieure pour être plus efficaces : c'est le point le plus intéressant car le plus équivoque.
Néanmoins, était-il nécessaire d'impliquer autant de personnages dans cette histoire ? Mr Knife, les Bouchers (qui deviennent les Saigneurs, après avoir succombé au Vortex Noir), Thane (le fils ridicule de Thanos), les Gardiens de la Galaxie, et un bon paquet de X-Men, ça fait beaucoup de monde - et la présence des mutants apparaît forcée (même si on devine que pour le Fauve, l'artefact représente un instrument tentant à bien des égards, en premier lieu pour corriger ses initiatives récentes, comme d'avoir ramené du passé les premiers X-Men).
Quoi qu'il en soit, l'épisode spécial (d'une trentaine de pages) qui noue les retrouvailles les Gardiens et les X-Men et présente leur affrontement contre Mr Knife, les Saigneurs et Thane manque d'intensité et s'avère presque dispensable, tout cela aurait pu être amené plus directement, sans passer par ce prologue.
Espérons que Bendis donnera plus de nerf à tout ça et surtout que le dénouement ne soit pas anecdotique (il semble que les Gardiens seront substantiellement impactés).

Graphiquement, Star-Lord est affreusement dessiné par Freddie Williams II et Paco Diaz (qui le supplée sur 8 pages). 
Ensuite, Ed McGuinness, en petite forme (22 pages), se partage l'épisode des Gardiens et des X-Men avec Kris Anka, lui aussi peu inspiré (8 pages). Ils ne sont pas aidés par une colorisation criarde de Marte Gracia et Marcelo Maiolo.

- Rocket Raccoon #7: Le Froid (1) (Skottie Young / Felipe Andrade) :

Rocket et Groot se sont échoués sur la planète Fron, au climat glaciaire. Après avoir été attaqués par des Nogu, des grands loups aux morsures empoisonnées, ils sont sauvés et recueillis par les indigènes peu hospitaliers. Mais Groot se meurt et Rocket doit, pour qu'il s'en sorte, voler le jaune d'oeuf de la reine Nogu...

Skottie Young nous embarque dans une nouvelle aventure en deux parties (suite et fin dans le prochain n°) à peine moins pétaradante que les précédentes : le suspense concernant l'état de Groot est vite installé et accroche le lecteur simplement. Le décor choisi, hostile au possible, participe aussi à l'efficacité du récit.

Pour les dessins, c'est Felipe Andrade (qui sera l'artiste régulier de la série lors de son relaunch) qui s'en occupe, toujours secondé par le coloriste Jean-François Beaulieu. Le résultat est superbe, moins cartoony qu'avec Jake Parker, mais aussi stylisé. 

- Nova #25 & 26 : Carte de membre & Regarde qui a pris le bus ! (Gerry Duggan / David Baldeon, John Timms) :

Carnage en a après Sam Alexander qui lui a avoué (lors de la saga Axis) qu'il était Nova. Alors que l'ado renoue avec une vie plus conforme à son âge, il doit repartir au combat contre cet adversaire...

Gerry Duggan conclut l'épisode spécial (le #25) et enchaîne avec une intrigue impliquant Carnage, un vilain issu de l'univers de Spider-Man. Les motivations du méchant pour qu'il s'en prenne au héros ne sont même pas définies, et la psychologie de Sam Alexander est sommairement traitée. C'est médiocre au possible.

Mais les dessins n'arrangent rien et laissent même pantois : si David Baldeon représente Sam comme un gamin à peine sorti de l'enfance, John Timms en fait un jeune homme qui paraît dix ans de plus ! Dans les deux cas, le trait est laid, et les couleurs de David Curiel sont vraiment dégueulasses.

J'ignore ce que donnera le relaunch de la série, mais ça ne sera pas difficile de faire mieux.

Bilan : holala... A part Rocket Raccoon, rien de bien fameux. Le crossover du Vortex Noir n'est guère prometteur, même si Bendis va sûrement relever le plat. Nova est toujours aussi affligeant. La seule consolation après une lecture aussi pauvre, c'est que la suite ne peut pas être pire.

vendredi 2 octobre 2015

Critique 718 : SPIROU N° 4042 (30 Septembre 2015)


Le Marsupilami revient pour sa trentième aventure et a donc droit à la couverture : c'est parti pour six semaines qui ne me ravissent pas. Rob figure sur le bandeau.
 C'est Obion qui signe La Semaine de Spirou :
c'est triste à dire mais cet auteur 
devient aussi pénible, avec ses calembours, que Laurent Ruquier.

J'ai aimé (pas grand-chose, je le dis d'entrée, ce numéro est très faible) :

- Dad. Nob livre une planche plus tendre et ironique que vraiment drôle : sa série est un trésor, qui devrait inspirer d'autres auteurs. En plus de cette écriture subtile, j'apprécie aussi le fait que les dessins, pourtant entièrement réalisés à la tablette graphique, conservent une vraie personnalité (à des lieues de nullités comme Nelson).

- Seuls : Avant l'Enfant-Minuit (4/7). La situation continue à dégénérer pour les héros, entre Dodji qui sert d'appât pour capturer le Maître-Fou et Leïla gravement blessée par la bande de la 7ème famille...
Ce qui est étonnant avec cette série, c'est sa cruauté : Fabien Vehlmann n'hésite à infliger à ses héros de vraies épreuves et, à travers elles, à tester ses lecteurs. Ce n'est pas une histoire gentille, mais habilement habillée par le dessin de Bruno Gazzotti. Le procédé est malin et rend la lecture très accrocheuse.

- Boni : Zéro chance. Le bon point, c'est que Ian Fortin propose toujours des strips bien troussés, où son graphisme acidulé dissimule à peine, là aussi, une vraie cruauté. Le mauvais point, récurrent, c'est qu'il revient cycliquement aux mêmes seconds rôles (ici, Brigitte), annulant toute progression thématique. Frustrant.

- Rob. James et Boris Mirroir font référence aux lois de la robotique édictées par Isaac Asimov, une référence sophistiquée que ne se saisiront peut-être pas les plus jeunes lecteurs. Mais l'évolution de Rob, désormais animé de l'envie de supprimer Clutch dont il aime la fiancée, donne un regain d'intérêt à cette série inégale mais méritante.

- Happy Birds. Bon, cette semaine, Trondheim et Piette ne sont pas au top de leur forme, leurs trois strips sont moins percutants, mais pas de quoi les sanctionner sévèrement : ça reste très agréable et amusant.

- L'Atelier Mastodonte. Trondheim est seul aux commandes cette semaine et se fend d'un photo-montage en quatre bandes qui cible L'Atelier Colosse. C'est bien le seul atout de ce dernier titre que d'inspirer de bons gags à son concurrent (même si je persiste à penser que ce canular devrait vite se conclure : les private jokes amusent les auteurs, mais je crains qu'elles ne lassent les lecteurs à la longue - et là, ça commence à durer un peu trop).

- Tash & Trash. Dino est toujours égal dans l'humour absurde : c'est tellement atypique et brillant que je ne m'en lasse pas.

- Game Over. Le gag n'est pas extraordinaire, mais rien que pour la dernière case (qui est aussi la dernière bande), avec un jeu de lettrage assez épatant, il vaut le coup d'oeil.  

En direct de la rédak interroge Obion sur L'Atelier Colosse : de l'art d'insister lourdement sur un projet qui n'en a pas (plus) besoin. La semaine prochaine, la revue propose un numéro spécial consacré à la fête de la science.
Les aventures d'un journal revient sur le vingtième anniversaire en 2001 des Femmes en blanc, de Cauvin et Bercovici. Le pire dans tout ça, c'est que ça dure toujours...

Les abonnés ont droit à un guide spécial Québec, illustré par des artistes de la Belle Province (parmi lesquels Ian Fortin, Delaf & Dubuc, Denis Goulet...) : sympa. 

dimanche 27 septembre 2015

Critique 714 : SPIROU N° 4041 (23 Septembre 2015)


Enfin, cette semaine, nous voilà débarrassés pour un bon moment des stupides Nombrils (ce dernier épisode est au diapason des précédents : d'une bêtise crasse dont je me demande qui elle peut faire rire, même si ses auteurs visent plus haut...). Boni figure sur le bandeau mais la création de Ian Fortin, compatriote de Dubuc et Delaf s'en sort un peu mieux.
J'ai aimé :

- Dad. L'art de la chute n'aura jamais été mieux mis en scène que dans ce nouveau gag de la série de Nob, absente depuis deux semaines de la revue.

- Seuls : Avant l'Enfant-Minuit (3/7). La situation devient critique pour les jeunes héros qui sont capturés par leurs ennemis. L'occasion pour les plus petits de la bande de briller...
Tant bien que mal, j'arrive à peu près à comprendre le récit, son contexte, ses enjeux. Vehlmann et Gazzotti donnent des clés pour cela dans l'interview passionnante qui ouvre l'épisode de cette semaine. 
L'atout majeur de Seuls demeure surtout son efficacité narrative et graphique : même si on est perdu, le récit vous accroche et ne vous lâche plus.

- Boni : Le Chien en ballon. Le petit lapin essaie de convaincre son acariâtre grand-père de lui façonner un chien avec un ballon gonflable : c'est pas gagné... Si je continue à croire que le titre gagnerait beaucoup à diversifier son casting en l'élargissant pour créer de nouveaux gags, Bon reste marrant, même si le rire qu'il suscite joue sur un sadisme étonnant.

- Les Poissards : L'Immortel. Les vikings pillent un château dans les Carpates et les jumeaux vont délivrer le propriétaire de l'endroit : mauvaise idée... Après son excellent stripbook offert aux abonnés la semaine dernière, Thierry Martin revient avec ce nouveau récit de 5 pages tout aussi jubilatoire : ce gars-là est (trop) rare mais vraiment brillant, avec un sens du gag que son art du découpage (un gaufrier fabuleusement exploité) rend irrésistible. De la très belle ouvrage, qu'on souhaiterait voir plus souvent.

- Kinky & Cosy. Nix a un humour très spécial qui ne me touche pas toujours, mais ses quatre strips de la semaine sont réjouissants, avec une noirceur épatante.

- Happy Birds. En fait, je me rends compte que les comic-strips sont redevenus très tendance : l'exercice est pourtant périlleux, exigeant une économie narrative et graphique stricte. Mais quand c'est bien fait, c'est incomparablement rafraîchissant, à l'image de la production de Trondheim (plus inspiré qu'avec son Ralph Azham qui se traîne) et Piette.

- L'Atelier Mastodonte. Jousselin et Jouvray sont à la manoeuvre cette semaine : L'Atelier Colosse est au centre des deux doubles strips, et la mise en abyme est renforcée par l'évocation du Gang Mazda (une ancienne bande animée par Darasse, Hislaire et Tome). Mastodonte ou Colosse ? J'ai choisi.

- Tash & Trash. / Capitaine Anchois. Dino et Floris sont très en forme : deux cases leurs suffisent chacun pour des gags toujours aussi absurdes et drôles.

- Game Over. Midam invente une marelle explosive. Avec un dessin plus original, ses gags seraient fabuleux, mais l'exercice reste plaisant.  

En direct de la rédak donne la parole à Dubuc et Delaf qui reviennent donc sur la conclusion des Nombrils : rien de passionnant. Dans deux semaines, la revue consacrera un n° spécial à l'occasion de la Fête des Sciences (avec Gaston en couverture, pour la première fois dessiné par Yoann). La semaine prochaine, début de la pré-publication d'une nouvelle aventure du Marsupilami.
Les aventures d'un journal revient sur l'arrivée dans la revue de Germain et nous de Jannin, accueilli au départ dans Le trombone illustré de Franquin et Delporte, soit en pleine guerre interne (puisque le rédac'chef détestait cette publication dissidente).

Le bonus pour les abonnés est consternant et résulte d'un embrouillamini incroyable : il devait s'agir d'un tattoo des Nombrils, mais à la suite d'une erreur de fabrication, c'est un sticker (d'une invraisemblable mocheté). Le tatto sera offert avec le n° 4044 (était-ce bien nécessaire ?)... Tout ça donne l'impression que la rédaction ne sait plus quoi ajouter en supplément pour les abonnés.

Pour la route, une info que la revue ne donne pas mais que j'ai apprise sur spirou reporter : le prochain tome de Spirou et Fantasio, par Vehlmann et Yoann, ne sera pré-publié que début 2016, mais comptera 56 pages pour le retour attendu du Marsupilami aux côtés des héros.

lundi 21 septembre 2015

Critique 711 : SPIROU N° 4040 (16 Septembre 2015)


Katz de Del et Ian Dairin a les honneurs de la couverture et trois pages à l'intérieur : un peu beaucoup pour ce titre certes sympa mais à la drôlerie relative... L'Atelier Colosse figure sur le bandeau : j'en reparle plus bas.
La semaine de Spirou est signée par
l'excellent Thierry Martin avec Sti, dont ce ne sont pas
les seules contributions à ce numéro...

J'ai aimé :

- Seuls : Avant l'enfant-minuit (2/7). Dodji fait la connaissance de l'inquiétant Maître-Fou. Ses amis se sont réfugiés dans un chalet en pleine montagne, sans se douter qu'ils vont y être assiégés. A Néosalem, Camille reçoit une proposition inattendue de Saul...
Je ne prétendrai pas avoir compris les tenants et aboutissants de ce 2ème épisode de la pré-publication de ce 9ème tome de la série de Vehlmann et Gazzotti puisque je n'ai lu que le premier album de ce titre (reparu dans un n° de "Méga Spirou"). Mais c'est indéniablement prenant : le scénariste y développe un univers plus personnel, ambitieux, et les dessins sont d'une imparable efficacité. Difficile, pour ne pas dire impossible, de passer sous silence la qualité de cette production (même si c'est frustrant quand on ne la connaît pas suffisamment).

- L'Atelier Colosse. Obion (sous le pseudo de Boby) et un certain Frantico continuent de pirater L'Atelier Mastodonte : le projet est est vraiment déconcertant, même si l'objectif est assez clair (une manière de dire "non" au lamentable Roger et ses humains par le "youtubeur" Cyprien). Toutefois, j'ai de sérieux doutes sur l'avenir de cette initiative maintenant que son auteur et son but sont démasqués et parce que Obion continue d'intervenir dans L'Atelier Mastodonte. Les canulars, c'est comme les blagues : les plus courts sont les meilleurs.

- Boni : Le fusil à eau. J'ai été un peu sévère avec Ian Fortin la semaine dernière, mais j'aime quand bien ses strips. J'aimerai juste que le titre décolle, aille plus loin, dépasse la relation des malheurs de son héros avec un entourage qui ne renouvelle pas (après Bruno, le retour du grand-père indigne). C'est sympa, mais la série a un potentiel qui vaut mieux que cette routine.

- Cartes Blanches. Pascal Jousselin s'offre (et nous offre) un congé d'Imbattable pour produire ce gag en une page sur les destins croisés d'un critique et d'un auteur de BD : c'est très bien vu et découpé avec brio (un gaufrier comme les affectionne l'artiste). 

- Spirounizer X-700 : Walking Dad. Après avoir tapé l'incruste dans les pages de Gaston, les savants fous doivent aider leur cobaye dans celles de la série Dad de Nob. Si le résultat est moins drôle, il faut saluer l'effort des auteurs, Sti et Cromheeke, de s'amuser aussi avec des titres plus récents de la revue. Le concept est prometteur.

- Happy Birds. Trondheim et Piette nous servent trois nouveaux strips : c'est inégal, mais rien que pour le dernier, je valide. 

- L'Atelier Mastodonte. Jousselin et Jouvray se cassent le dos pour tenir les délais, tandis que Obion tombe le masque au sujet de L'Atelier Colosse (avec jeu de mots à la clé). Deux doubles strips illustrant la dualité du titre : un gag léger, un autre plus vertigineux.

En direct de la rédak donne la parole à Ian Dairin et Del, les auteurs de Katz, mais aussi à Sti (Spirounizer X-700). Toutefois, l'interview la plus intéressante de la revue est celle de Fabien Vehlmann en préambule de l'épisode de Seuls, où il se livre de façon passionnante sur sa conception du métier de scénariste. La semaine prochaine, les Nombrils auront droit à la "une" (ce qui doit signifier que cette ânerie va s'arrêter pour un moment... Mais vu ce qui va la remplacer, on n'est pas verni).
Les aventures d'un journal revient sur les retards des auteurs et artistes, avec une savoureuse anecdote de Patrice Pellerin au sujet du grand Jean-Michel Charlier.

Les abonnés sont gâtés cette semaine puisque c'est un stripbook, La bourse, réalisé par Thierry Martin qui est offert : un superbe exercice de style que ce récit de 20 bandes muettes sur un voleur au grand coeur au Moyen Âge. L'autre bonne nouvelle, c'est que l'auteur revient la semaine prochaine pour une nouvelle aventure de ses Poissards.  

dimanche 13 septembre 2015

Critique 706 : SPIROU N° 4039 (9 Septembre 2015)


Le 9ème tome de la série Seuls de Fabien Vehlmann et Bruno Gazzotti commence à être pré-publié cette semaine (c'est très agréable à lire, bien écrit et dessiné, mais j'avoue que je suis largué avec l'histoire puisque je n'ai lu que le 1er tome). Le bandeau indique que la revue consacre un hommage à Stéphane De Becker alias Stuf, dessinateur de Passe-moi l'ciel, décédé le 22 Juillet dernier.
J'ai aimé :

- L'hommage à Stuf. La rédaction a visiblement attendu que l'émotion retombe un peu mais n'a pas fait les choses à moitié pour saluer la mémoire de celui qui a été le coloriste des Spirou et Fantasio par Tome et Janry (ce dernier étant ensuite devenu son scénariste). 
Près de dix pages, dont 3 gags de Passe-moi l'ciel (y compris le tout dernier, resté en noir et blanc), et des témoignages très dignes de Tome, Janry, Luc Warrant, Bruno Gazzotti, Dan (respectivement 1er, 2ème et 3ème dessinateurs de Soda, série que colorisait Stuf), Patrick Pinchart (ex-rédacteur en chef de Spirou).
De nombreux scénaristes et artistes ont réalisé une illustration inédite en hommage à Stuf : Bianco, Gazzotti, Warrant, Le Gall, Hausman, Follet, Dan, Seron & Wozniak, Ernst & Zidrou, Bataillon, Cauvin, De Thuin, Weyland, Hardy, Tofépi, Saive, Netch, Madaule, Krings, Gilson, Gihef & Cerise, Baker, Giemsi, Louis, De Jongh, Delile, Stedo, Kox, Pé, Darasse, Brab, Rodrique & Adam, Romaq, Dairin, Momo, Pixel Vengeur et Trondheim.
Nathalie, la compagne de Stuf, s'exprime aussi - même si, sur ce coup, sa déclaration est vraiment très mal située sur la page.
L'homme et l'artiste étaient très appréciés. RIP.

- Les Tuniques bleues : Les quatre évangélistes (7/7). Blutch et Chesterfield sont coincés par Cancrelat dans le dépôt de munitions de Pendleton. Comment leur mission va-t-elle se terminer dans ces circonstances ?
Cauvin et Lambil concluent efficacement, au diapason de tout ce qui a précédé, cette aventure, avec un dernier plan savoureux. La lecture de cette histoire aura été agréable, classique certes, mais bien menée, et un cran au-dessus de la précédente (Les Tuniques bleues se mettent au vert, pré-publiée il y a un an).

- Kinky & Cosy. Les deux gamines imaginées par Nix rejoignent le sommaire avec quatre strips à l'humour singulier : c'est parfois très drôle, mais aussi si décalé que je suis passé à côté. On va voir ce que ça donne sur la durée.

- Capitaine Anchois. Floris soumet Louis, le second du capitaine, à l'épreuve de l'hypnose : le gag est très amusant, même s'il faut admettre que la série marque un peu le pas depuis quelque temps.

- L'Atelier Colosse. Je mentionne ce nouveau titre qui pose plusieurs questions : s'agit-il d'une tentative de répliquer à L'Atelier Mastodonte ? D'un canular monté par un certain Boby ? C'est très curieux, avec des références explicites (à Niffle, Obion, Trondheim). Une expérience étrange, à suivre, même si c'est très déroutant.

- Boni : Le truc avec Bruno. Ian Fortin est à la croisée des chemins : ses strips restent rigolos, avec une cruauté étonnante, mais l'emploi (trop) fréquent au personnage de brute de Bruno commence à peser sur sa belle production. Après 40 gags, Boni aurait besoin de se renouveler un peu si son auteur ne veut pas régresser.

- L'Atelier Mastodonte. Les deux doubles strips de la semaine sont signés par Bianco et Obion, et résonnent du coup étrangement par rapport à ce qui se dit dans L'Atelier Colosse. Artistiquement, c'est très nettement supérieur, plus original, personnel. Mais le lecteur peut légitimement se sentir gêné par deux titres qui semblent s'affronter. Y a comme un parfum de guerre civile qui plane... Ou alors c'est une plaisanterie très déroutante.

- Game Over. Midam ne force pas son talent, il n'en a pas besoin : ses gags sont réjouissants, implacables.

En direct de la rédak donne la parole à Nix, le papa de Kinky & Cosy, mais aussi à Jérôme Jouvray qui répond à un lecteur à propos du récit produit pour le n° spécial "Vacances d'antan". Il faut aussi lire l'interview très instructive de Gazzotti en préambule de l'épisode de Seuls. La semaine prochaine, c'est Katz qui aura droit à la "une".
Les aventures d'un journal revient sur la création de Passe-moi l'ciel de Janry et Stuf, en 1990, lancé à partir d'une rubrique ludique intitulée Jeurêka. En 25 ans, le titre aura connu 359 épisodes.

Les abonnés ont droit à un Guide de survie par Pic et Zou comme supplément : c'est un peu mieux que les dernières semaines, mais le prochain numéro réserve une bien plus belle surprise...

dimanche 6 septembre 2015

Critique 701 : SPIROU N° 4038 (2 Septembre 2015)


C'est L'Atelier Mastodonte qui a les honneurs de le "une" (avec une superbe couverture de Jérôme Jouvray) et quelques interventions frondeuses à l'intérieur de la revue. Le bandeau indique aussi la fin de la pré-publication du nouveau (et médiocre) tome de Louca.
 Très amusante, La semaine de Spirou par Guillaume Bianco,
et le strip de Animal Lecteur par Salma et Libon est juste parfait
(jeune, on adore parler de ce qu'on aime ;
adulte, on ne parle plus que de ce qu'on n'aime pas).

J'ai aimé :

- Dad. Après la double page émouvante de la semaine dernière, Nob continue dans un registre tendre avec cet épisode qui y fait directement écho. Une merveille (une de plus).

- Les Tuniques bleues : Les quatre évangélistes (6/7). Blutch et Chesterfield ont semé les sudistes de Pendleton et reviennent à sa base pour saboter ses canons et son stock de munitions. Mais Cancrelat n'est pas loin...
Le dénouement approche et le récit reste toujours aussi bien mené. C'est assez étonnant de constater à quel point Cauvin, quand il ne cherche pas à faire rire à bon compte mais juste à bien raconter son histoire, est juste. Et l'humilité du dessin de Lambil sert le propos, sans faire de bruit mais avec quand même un travail très bien mené.

- Passe-moi l'ciel. Le gag de Janry sur les petits (et jolis) et les gros (et moches) pandas est savoureux. Mais je le signale aussi car dans le n° de la semaine prochaine, la revue consacre un bel et large hommage au regretté Stuf (mort en Juillet dernier), avec ses dernières planches, et de nombreux témoignages.

- Boni : La fée des dents. Comme toujours, Ian Fortin est très en forme, et j'ai été d'autant plus amusé par l'argument des gags qu'il coïncide avec celui de l'excellent album Astrid Bromure : Comment dézinguer la petite souris de Fabrice Parme (Editions Rue de Sèvres), dont j'ai parlé récemment et que je vous recommande chaudement.

- Rob. Après plusieurs semaines sans intérêt, la série de James et Boris Mirroir se redresse avec ce gag où les choses évoluent sensiblement (Clutch est désormais en couple, sans y croire, et la situation repositionne le robot). C'est drôle, bien vu - et prometteur.

- Happy Birds. Hugo Piette, avec Lewis Trondheim, en plus de livrer trois strips succulents, propose dans le premier un découpage subtilement innovant dans ce cadre si contraignant. Ce titre s'est fait rapidement une bonne place, c'est agréable, original et bien mené.

- L'Atelier Mastodonte. Comme je l'avais teasé la semaine dernière, on peut lire les deux doubles strips de cette semaine comme une (légère) fronde contre la rédaction de Spirou, surtout le deuxième signé par Trondheim (le premier est l'oeuvre de Jouvray) : elle cible ouvertement la publication des pages (toujours aussi nulles, aussi bien scénaristiquement que visuellement) de Roger et ses humains par le "youtubeur" Cyprien (pas moins de 4 cette semaine). Mordant mais justifié. Et ce n'est pas fini (voir En direct de la rédak ci-dessous)...

- Game Over. Midam est toujours aussi bien dans son petit exercice muet et saignant.

En direct de la rédak donne donc la parole à plusieurs membres de l'Atelier Mastodonte de retour de vacances, et si le ton est majoritairement joyeux, l'avertissement de Nob et Trondheim à la fin est sans équivoque : gare à la porte ouverte aux nouveaux venus juste recrutés pour profiter de leur notoriété sur le net... Tout ça vous a (presque) un air de l'époque du Trombone Illustré où Franquin, Delporte et compagnie s'étaient rebellés contre la rédaction et son conservatisme... On va voir jusqu'où ça va. En attendant, la semaine prochaine, ce sera le retour de Seuls, l'épatante série de Vehlmann et Gazotti.
Les aventures d'un journal revient sur le 25ème anniversaire de la revue, en 1963, à l'occasion duquel, parmi d'autres surprises, Goscinny dévoila les ficelles que ses collègues scénaristes (et lui-même) utilisaient volontiers dans leurs BD.

Cette semaine marque aussi le retour (j'espère régulier) de La Galerie des Illustres où des artistes se fendent d'un dessin ou d'une planche inédite témoignant de leur passion pour la revue (et la bande dessinée en général) : c'est Jérôme Jouvray qui, en plus d'une interview, s'y colle en rendant un hommage délicieux à Spirou et Fantasio et Johan et Pirlouit.

J'aurai bien aimé vous dire à quoi ressemblait le supplément abonnés de ce n° (une plaque de porte de L'Atelier Mastodonte par Tebo)... Sauf que je ne l'ai pas reçu !

mercredi 2 septembre 2015

LES COUVERTURES DU MOIS : SEPTEMBRE 2015

Voici les 10 couvertures de comics à paraître en Septembre (en v.o.) qui m'ont particulièrement séduit.
 Wild Ends #1
par I.N.J. Culbard
(Boom ! Studios)
 Barb Wire #3
par Adam Hughes
(Dark Horse Comics)
 Astro City #27
par Alex Ross
(DC Comics)
 Bizarro #4
par Gustavo Duarte
(DC Comics)
 Justice League #44 (Green Lantern variant)
par Ivan Reis
(DC Comics)
 Prez #4
par Ben Caldwell
(DC Comics)
Secret Six #6
par Dale Eaglesham
(DC Comics) 
 Daredevil #18
par Chris Samnee
(Marvel Comics)
 Guardians Of Knowhere #4
par Mike Deodato
(Marvel Comics)
SHIELD 50th ANNIVERSARY : MOCKINGBIRD #1
par Paul Renaud
(Marvel Comics)

samedi 27 septembre 2014

Critique 512 : SPIROU N° 3989 (24 Septembre 2014)


La couverture met la série Soda à l'honneur : le tome 13 commence à être pré-publié cette semaine, avec toujours Tome aux commandes mais un nouveau dessinateur à ses côtés.

Allez, consultons le menu.

J'ai aimé :

- Soda : Résurrection 1. Soda, flic de New York mais qui cache sa profession à sa mère en lui faisant croire qu'il est prêtre, se remémore ce qu'il faisait le 11 Septembre 2001. Les attentats hantent encore tous ses collègues et lui se défoule en boxant avec sa partenaire, Linda...
Philippe Tome n'avait plus écrit d'aventures de cette série depuis neuf ans et, comme il l'explique dans l'interview en préambule de ce premier chapitre, il y est revenu après s'être beaucoup interrogé sur les conséquences du 11-Septembre. Ces 7 premières planches ne disent rien de l'histoire à venir, même si cela s'annonce très noir.
Dan remplace Bruno Gazzotti (désormais occupé par Seuls, écrit par Vehlmann) dans un style voisin : ses pages sur fond noir sont efficaces, avec un découpage bien pensé. Tout ça est très prometteur.

- Spirou et Fantasio : Le Groom de Sniper Alley 4. Spirou et Fantasio arrivent au musée mais voient la stèle leur échapper quand deux hommes, dont le conservateur de l'endroit, s'en empare. Heureusement, l'homme consent à les laisser en disposer tandis que le comte de Champignac, de son côté, a appelé des collègues en renfort pour aider les héros dans leur quête...
Ce nouvel épisode est plus bref mais toujours aussi mouvementé : Vehlmann arrive à la seconde partie de son histoire qu'il a annoncé plus inspirée par Indiana Jones. Jusqu'à présent, c'est un sans-faute, sans doute ce que le scénariste a produit de mieux avec la série.
Yoann est également en forme, réussissant notamment une scène de fusillade complètement délirante.

- Ernest et Rebecca : La Boîte à blagues 7/7. Pépé Bestiole est de nouveau hospitalisé et Rebecca distribue les blagues qu'elle a récoltées en espérant que cela accélèrera sa guérison.
C'est la fin de l'aventure pour Rebecca : le dénouement concocté par Bianco est à la fois rapide (un petit peu trop) mais bien dosé dans l'émotion. J'ai beaucoup aimé cette histoire, une vraie découverte. Les dessins de Dalena ont été une autre révélation, qui ajoute au charme de cette série.

- Katz. Del et Ian Dairin servent deux gags très marrants : le premier respire le vécu, le second est d'un délire réjouissant. J'aime bien ce minou.

- Mélusine. Clarke s'amuse (et nous avec) avec la fée Mélisande lors d'une visite au cimetière pour un nouveau cours bien spécial. Depuis quelques semaines, les gags sont moins percutants, mais ça reste délicieux.

- Les Campbell : Sous le masque de Morgan 2/2. Campbell tombe dans un traquenard tendu par le Turc. Malgré ses efforts, il est vaincu et se rappelle quand il a découvert qui était le pirate Morgan. Itaca et Genova attendent leur père sans savoir ce qui lui est arrivé...
La seconde partie de l'épisode de Munuera offre une spectaculaire scène de bagarre et annonce une suite qui, on l'espère, ne se fera pas trop attendre. C'est donc assez frustrant niveau scénario mais visuellement, les planches confirment le talent de l'artiste dans ce registre.

- Kid Paddle. Midam livre deux planches très marrantes sur l'ingestion des liquides et leur effet cellulaire : de quoi reconsidérer la consommation d'eau et de bière... Je préfère l'auteur quand il co-signe Game Over, mais cet épisode est très bien mené.

- Capitaine Anchois. Floris donne aussi dans le récit de piraterie mais avec un humour absurde réjouissant : les personnages sont tous de sombres crétins mais leurs mésaventures (en une planche comme en un strip) sont un régal.

- Rob. James et Boris Mirroir continuent d'ironiser sur le sport. Au point d'avoir raison de leur robot ? A suivre, toujours avec le sourire.

- L'Atelier Mastodonte. Mathilde Domecq entraîne Jérôme Jouvray dans le monde de la moto, après avoir eu raison de Lewis Trondheim. Les semaines passent et cette série est toujours aussi jubilatoire, les auteurs se succédant avec un égal bonheur.

- Le Petit Spirou. M'sieur Mégot découvre le secret de la bonne humeur permanente de son élève, mais la technologie résistera-t-elle au terrible prof de sport du petit groom ? Tome et Janry réussissent un bon gag - en attendant le retour du Dad de Nob. (Voir ci-dessous :)   


En Direct de la Rédak offre une interview du réalisateur Benoît Mariage, membre du jury pour le prochain défi Spirou. Et la semaine prochaine, Buck Danny revient dans la revue.
Les Aventures d'un Journal revient sur un concours lancé en 1964 par Peyo quand il signait Johan et Pirlouit. 

Enfin, les abonnés ont entre les mains la 4ème et dernière pièce du poster Zombillenium d'Arthur de Pins (un bien beau poster d'ailleurs).

lundi 22 septembre 2014

Critique 510 : SPIROU N° 3988 (17 Septembre 2014)


La couverture annonce le retour des Campbell, la série de pirates de Munuera : c'est une bonne nouvelle.

Attardons-nous un peu sur ce sommaire et ce qu'il propose de bon.

J'ai aimé :

- Spirou et Fantasio : Le Groom de Sniper Alley 3. Spirou échappe de façon peu orthodoxe à un sniper en retrouvant une connaissance de son aventure sur la lune (voir La Face cachée du Z, tome 52). Puis avec Fantasio, il est reçu à l'ambassade où ils rencontrent Victor Véritas, un communicant, et Omar Jalil, à qui ils promettent de tenir une séance de dédicaces en pleine ville. L'homme est susceptible de les renseigner sur le fameux trésor d'Alexandrie...
Cette nouvelle aventure tient décidément ses promesses : Vehlmann a réussi un dosage parfait entre humour (la scène du sniper avec un hommage au "moonwalk" de Michael Jackson et la réapparition de l'hilarant Poppy Bronco) et action (et la quête du trésor en point de mire). Le scénariste glisse même quelques répliques inspirées sur les pays du Moyen-Orient libérés de leurs dictateurs mais plongés depuis dans des guerres civiles.
Yoann, lui, produit des planches très toniques (les meilleurs depuis son arrivée sur le titre), bien servis par les couleurs de Laurence Croix, avec un superbe travail sur les décors, échappant aux clichés.

- Ernest et Rebecca : La Boîte à blagues 6/7. Rebecca se fait gronder par son père après l'escapade de Pépé Bestiole, mais Ernest va tenter de sauver ce dernier en affrontant les virus qui l'accablent. De son côté, Coralie tente de faire face à la déconvenue subie face à Eric...
Bianco et Dalena n'esquivent pas la gravité des situations traversées par leur héroïne et cet avant-dernier épisode illustre parfaitement leur maîtrise : c'est subtil et merveilleusement mis en images. Du coup, on espère vraiment que Pépé Bestiole va s'en tirer et que Coralie et Eric vont se réconcilier.

- Katz. Le minou déjanté de Del et Ian Dairin revient faire des siennes. Le premier gag n'est pas très bon, mais le second offre une chute amusante.

- Mélusine. Clarke se contente de quatre cases (et autant de bandes) pour un gag très léger, mais je reste indulgent parce que je n'arrive pas à me fâcher avec cette série.

- Les Campbell : Sous le masque de Morgan 1/2. Campbell et ses deux filles, Itaca et Genova, vont faire quelques emplettes. La librairie du coin va servir de carrefour aux retrouvailles avec l'adolescente Itaca et Luca le blond, son ex-fiancé, tandis que Campbell retrouve le turc, toujours prêt à lui proposer un mauvais coup...
José-Luis Munuera propose un récit en deux parties de sa série (suite et fin au prochain n°) sur une famille de pirates, que j'avais découverte dans le Méga Spirou de Juillet (un best-of de la revue, épais mais à petit prix). Ces 7 pages ne permettent pas de se faire un avis tranché sur le résultat, mais c'est accrocheur.
Surtout, les dessins de Munuera (qui dessina Spirou et Fantasio avant Yoann, durant le bref run de Morvan) sont un régal : l'artiste, qui vient de l'animation, est à son avantage dans cet univers.

- Minions. Un gag en une page de Didier Ah-Koon et Renaud Collin, très marrant : c'est pas tout de vouloir se relaxer, mais je ne vous en dis pas plus pour ne pas vous gâcher le plaisir de la chute.

- Rob. James et Boris Mirroir livrent encore deux fois deux strips réjouissants : une réflexion bien sentie sur l'art de glander la conscience tranquille, et une autre sur la mocheté des vêtements de sport.

- Imbattable. Pascal Jousselin met en scène son super-héros qui doit former un apprenti aux pouvoirs étonnants. L'inventivité du découpage et la malice de l'écriture font de ce titre un constant enchantement.

- L'Atelier Mastodonte. Bianco, dans un tout autre registre qu'Ernest et Rebecca, prend une bonne leçon pour avoir été sarcastique. Puis Pascal Jousselin se fait mener par le bout du nez par la fille de son collègue Alfred. Toujours aussi jubilatoire.

- Tash et Trash. Un gag absurde mais encore une fois réjouissant. / Capitaine Anchois. Une pique bien sentie contre Twitter.

- Dad. Les filles à Papa ont l'art et la manière de lui faire passer certains messages. Et Nob a le génie pour produire un nouveau gag tordant, toujours aussi superbement mis en images. (voir ci-dessous :)  

En Direct de la Rédak offre une interview de Munuera et la réponse très drôle de Nob à une lectrice.
Les Aventures d'un Journal nous ramène en 1954, à une époque où Dupuis commandait à ses auteurs de faire eux-même leur promo, ce qui fournit à Jijé l'opportunité d'un gag savoureux.

La semaine prochaine, la mythique série Soda revient et pour les abonnés, la quatrième et dernière partie du poster Zombillenium.

dimanche 14 septembre 2014

Critique 506 : SPIROU N° 3987 (10 Septembre 2014)


La couverture de cette semaine met à l'honneur Nelson : pas très excitant... C'est aussi le retour de Détective et Cie. Et, pour les abonnés, la 2ème partie (sur 4) du poster Zombillenium par Arthur de Pins (qui s'annonce gigantesque à la vue des 2 premières pièces).
Epluchons un peu ce sommaire, et causons un peu de ce qui vaut le plus le détour.

J'ai aimé :

- Spirou et Fantasio : Le Groom de Sniper Alley 2. Fantasio trouve un stratagème pour entrer dans l'Aswana et bénéficier de la protection de la force militaire "Gros-Nez". Il faudra bien ça pour commencer leur périple qui est très vite très mouvementé...
Ces nouvelles pages sont jubilatoires, avec un humour pince-sans-rire (l'astuce pour rhabiller Spirou en groom est bien trouvée), de l'action (on est tout de suite dans le vif du sujet). Yoann est également très en forme : comme il le raconte dans l'interview en préambule, il s'est solidement documenté pour les uniformes, les véhicules, les armes, les décors.
On dirait bien que le duo d'auteurs a (enfin) trouvé le bon bout.

- Ernest et Rebecca : La Boîte à blagues 5/7. C'est parti pour l'évasion de Pépé Bestiole, organisée par les "tripotes" et la complicité de la postière Cassiopée. Pour cette échappée nocturne, Rebecca découvre des coins de la campagne où son grand-père a vécu de grands moments...
On approche tout doucement de la fin et déjà, j'ai un pincement au coeur car je fonds devant les aventures de cette gamine avec son grand-père. Guillaume Bianco sait parfaitement doser les moments drôles, loufoques, et les autres, plus émouvants, sans jamais tomber dans la mièvrerie. Les dessins de Dalena et les couleurs de Giumento ajoutent à l'enchantement.

- Mélusine. La chute (au sens propre et figuré) est efficace, comme toujours, mais cette fois, Clarke ose l'émotion avec cette page touchante où sa jolie fée se rappelle son amie disparue.

- Détective et Cie : Retour à la case pétard. Un privé cherche, et retrouve, une jeune femme disparue, retenue prisonnière par le malfaisant Ted Bormist. Reste que l'enquêteur a peut-être un peu enjolivé son récit lorsqu'il explique comment il a sauvé la demoiselle...
Ce récit court de Fardin est très drôle et mouvementée, et son dénouement est sarcastique à souhait. Les dessins de Baron Brumaire m'enthousiasment moins, mais ça ne suffit pas à gâcher le plaisir.

- Rob. James et Boris Mirroir continuent de s'amuser (et nous avec) sur la romance entre leur héros et la conseillère de l'agence pour l'emploi, sous l'oeil goguenard du robot. Ces strips sont efficaces et marrants, d'un humour subtil.

- Imbattable. Pascal Jousselin confronte son super-héros à un savant fou et tricote encore une fois un bijou narratif, au découpage diabolique. Mine de rien, c'est du grand art, très inventif.

- Pinpin Reporter. Mathieu Sapin prépare les repérages de son court métrage au Jardin des Plantes. Du comique de situation très bien vu, mais pas super bien dessiné hélas !

- L'Ateleir Mastodonte. Guillaume Bouzard revient à l'atelier après une longue absence : de quoi provoquer un joyeux quiproquo, que Alfred va amplifier. Absurde et très rigolo. Une valeur sûre de la revue.

- Tash et Trash. Trois cases très marrantes : c'est d'une efficacité redoutable. / Kahl et Pörth. 2 cases, encore plus concis mais aussi bien senti.

- Dad. Nob livre chaque semaine une planche magique : il transforme une situation banale en un gag qui tape dans le mille, le tout superbement dessiné et mis en couleur. Quel régal ! (voir ci-dessous)

En Direct de la Rédak ne propose rien de bien notable (une interview de Bertschy, le créateur de Nelson, le retour la semaine prochaine des Campbell de Munuera).
Les Aventures d'un Journal revient sur la chronique tenue de 2004 à 2008 par Martin Winckler (successeur du Fureteur de Jean Doisy, rebaptisé Dr Je sais tout).

Bon, après, comme toujours, y a des trucs pas folichons pour remplir le programme, et je me rends compte que, depuis que j'achète régulièrement l'hebdomadaire, c'est bien là que la bât blesse : un numéro, c'est 50 pages, dont, dans le meilleur des cas, deux tiers (dans le pire, la moitié) valent le coup et le reste n'est vraiment pas au même niveau (avec des titres repris sans inspiration ou des séries originales pas terribles).
On peut s'interroger sur ce qui pourrait remplacer ces séries moins bonnes, en donnant plus de place au rédactionnel, à de nouveaux auteurs (le principe de la page "Cartes blanches" plus développée, car on y trouve souvent de très bonnes choses), des interviews plus longues et qui ne donneraient pas que la parole à la série d'ouverture (parce que c'est intéressant d'apprendre comment les auteurs écrivent et dessinent).
Mais, bon, je ne râle pas trop parce que j'y trouve quand même mon compte (surtout en étant abonné) et que, jusqu'à présent, depuis fin Juillet que suis fidèle, le bilan a été quand même positif.

jeudi 4 septembre 2014

Critique 503 : SPIROU N° 3986 (3 Septembre 2014)


La couverture met à l'honneur Spirou et Fantasio pour la prépublication de leur nouvelle aventure (leur 54ème), écrite par Fabien Vehlmann et dessinée par Yann, intitulée (finalement) Le Groom de Sniper Alley. Outre que le dessin choisi n'est pas des plus réussis, il tombe aussi assez mal car plaisanter sur les reporters de guerre après que l'Etat Islamique en Irak vient de tuer par décapitation deux envoyés spéciaux est particulièrement maladroit : peut-être que Vehlmann et Yoann ont eu l'idée de cette image avant ces atroces exécutions et que la rédaction de la revue l'a choisie sans penser à mal, mais c'est terriblement maladroit.
Peut-être qu'un petit mot à ce sujet dans le (ou des) prochain(s) numéro(s) serait bienvenu...

Je vais m'en tenir à ce que j'ai aimé, car en vérité je me suis rendu compte que pointer ce qui ne me convient pas chaque semaine aboutissait à des répétions qui sont aussi lassantes pour moi que, certainement, pour ceux qui me lisent. Et, ma foi, autant s'en tenir au positif, qui domine généralement dans la revue.

J'ai aimé :

- Spirou et Fantasio : Le Groom de Sniper Alley 1. Don Cortizone avait aidé Seccotine (dans le tome 53, Dans les griffes de la vipère) à secourir Spirou, et aujourd'hui celui-ci réclame au groom et à Fantasio de remplir une mission pour lui : il s'agit de ses rendre en Aswana, où la guerre vient de s'achever, pour y trouver le légendaire trésor d'Alexandrie, localisé par Don Contralto, l'oncle du mafieux.
Fabien Vehlmann promet dans l'interview précédant les premières pages une histoire qui mélangera les références à l'actualité (les conflits en Syrie, Lybie) et l'aventure pure (dans la veine des Indiana Jones) : programme ambitieux mais alléchant. Le début est en tout cas tonique. 
Aux dessins, Yoann semble avoir affiné son trait et profite des couleurs de Charlotte Croix, plus nuancées. Espérons que ce bon départ aboutisse à un album plus régulier que les précédents des mêmes auteurs.

- Ernest et Rebecca : La boîte à blagues 4/7. Rebecca collecte des blagues pour Pépé Bestiole en compagnie de la jolie postière Cassiopée lorsqu'une averse les oblige à se réfugier dans la cabane dans les arbres des "triopotes". Ceux-ci se rassemblent et vont les aider dans leur tâche...
Bianco et Dalena continuent d'enchanter avec leur histoire, magnifiquement illustrée et mise en couleurs, et qui s'augmente de plusieurs personnages. La chute de l'épisode annonce un rebondissement accrocheur.

- Mélusine. Bon, Clarke n'a pas forcé son talent cette semaine, d'où un gag moins drôle et imaginatif dans la représentation visuelle, mais ça reste amusant.

- Givrés ! Amalric et Madaule donnent aussi dans la facilité, la chute de leur gag étant prévisible, mais je suis faible et je continue de trouver ça sympa.

- Minions. Didier Ah-Koon et Renaud Collin ont imaginé une nouvelle perle absurde et cruelle pour leurs créatures. C'est efficace, rapide, en 5 cases tout est dit (sans autre chose que des images et des onomatopées) : ça n'a l'air de rien, mais c'est du tout bon.

- Rob. James et Boris Mirroir livrent deux nouvelles saynètes bien senties avec leur robot et son maître (à moins que ce ne soit l'inverse...). Quelques jours après que le ministre du travail ait annoncé vouloir renforcer le contrôle des chômeurs (ah, ces vilains chômeurs ! C'est plus facile évidemment de leur courir après que de traquer les exilés fiscaux...) par Pôle Emploi, ces quatre bandes lui répondent d'une manière troublante et jubilatoire.

- Imbattable : La disparition du Z. Enfin ! Le super-héros qui défie les lois de la BD de Pascal Jousselin revient dans les pages de la revue, et en prime on a droit à une mini-aventure en 3 pages. L'auteur y démontre encore une fois son prodigieux sens de la narration et sa capacité à s'amuser en virtuose du langage du média. Vraiment imbattable !

- Pinpin Reporter. Matthieu Sapin poursuit son délire autour de Charlotte Le Bon et du court métrage qu'il veut faire avec elle. La mise en place du casting donne lieu à un gag encore une fois savoureux. C'est juste dommage que l'auteur ne confie pas ça à un meilleur dessinateur (que lui-même).

- L'Atelier Mastodonte. Cette semaine, Alfred, poussé par sa fille, achète des fournitures pour la rentrée à tous ses collègues : c'est très drôle, certainement vécu. Puis Obion fait face aux affres de la création avant de s'extasier devant Facebook : encore une réussite. J'adore !

- Dad. Nob ne faiblit pas et nous offre encore une planche épatante. Il y est question d'affaires de coeur, d'adolescence ingrate (euphémisme !) et de cinéma en 3D (qui pique les yeux). Une vraie merveille (à voir ci-dessous).   

En Direct de la Rédak fournit un abondant lot de teasers : dans les prochaines semaines/prochains mois, Soda (de Tome et Dan) va faire son retour (chouette !), le n° 3997 aura un sommaire très spécial, en Décembre arrivera le n° 4000, et pour Noël on aura droit à un nouveau Spirou par... (Makyo et Tehem).
Les Aventures d'un Journal revient sur la rentrée 1987 à l'occasion de laquelle plusieurs auteurs s'étaient bien amusés avec l'école.

Pour les abonnés, on a droit en prime à la première partie d'un méga-poster de la série Zombillenium d'Arthur De Pins (qui en prépare l'adaptation au ciné, en dessin animé).

mercredi 28 août 2013

LA COUVERTURE DU MOIS "FORUM COMICS" : SEPTEMBRE 2013

Les jeux sont faits pour l'élection de LA COUVERTURE DU MOIS "FORUM COMICS" de SEPTEMBRE 2013.

Mais avant cela, un petit mot d'explication sur la sélection spéciale de ce mois-ci :

- d'abord, j'ai réduit le choix à 12 couvertures car ça limitera la casse et évitera de favoriser un éditeur au détriment d'un autre ;
 
- ensuite, j'ai exclu, pour ce mois-ci, Marvel et DC de la sélection ! Pourquoi ? En Septembre, DC propose un "Villains Month" : toutes les séries auront pour vedette les méchants de DC (hormis les titres Vertigo). Résultat : des couvertures sans intérêt, avec seulement un portrait (en action) du méchant. DC hors-jeu, j'ai préféré écarter aussi Marvel afin, donc, de ne pas privilégier un des "Big Two". Bien entendu, c'est une décision exceptionnel, les choses revenant à la normale chez DC en Octobre.
 
- Enfin, j'avais envie depuis un petit moment de consacrer une sélection uniquement avec les éditeurs indés, pas seulement pour mon petit plaisir, mais aussi pour encourager les votants à regarder ailleurs, à découvrir des nouveautés, à élire autre chose que du super-héros.

Et maintenant, découvrons le résultat des votes :

 1/ HIT #1, d'Erik Geist, chez Boom ! :  4 voix.
 2/ CODENAME : ACTION #1, de Jae Lee, chez Dynamite : 2 voix.
 3/ SAGA #14, de Fiona Staples, chez Image : 2 voix.
 4/ BRAINBOY #1, de Juan Doe, chez Dark Horse : 1 voix.
 5/ MISS FURY #6, d'Ardyan Siaf, chez Dynamite : 1 voix.
 6/ THE SHADOW : YEAR ONE #7, de Chris Samnee, chez Dynamite : 1 voix.
 7/ SATELLITE SAM #3, d'Howard Chaykin, chez Image : 1 voix.
 8/ ARCHER & ARMSTRONG #13, de Juan Doe, chez Valiant : 1 voix.

Les couvertures suivantes n'ont obtenu aucune voix :
 
 SEX CRIMINALS #1, de Chip Zdarsky, chez Image.
 MORNING GLORIES #31, de Rodin Esquejo, chez Image.
 LAZARUS #4, de Michael Lark, chez Image.
3 GUNS #2, de Rafael Albuquerque, chez Boom !