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samedi 3 janvier 2015

Critique 550 : SPIROU N° 4003 (31 Décembre 2014)


Pour ce dernier numéro de 2014, Benoît Brisefer a les honneurs de la couverture, tandis que sur le bandeau Matthieu Sapin (c'est de saison...) nous promet une aventure inédite de Rita Cerveau.

J'ai aimé :

- Benoit Brisefer : Le gorille blanc (2/9). Benoît Brisefer et M. Dussiflard sont perdus avec le pilote de leur avion en pleine brousse africaine, suite au sabotage de leur appareil. Il semble que des trafiquants d'animaux en veulent aux protecteurs de la nature. Pendant ce temps, tonton Placide rencontre le président du Mulundi dont il doit assurer la protection.
Contrairement à ce que j'avais cru (mais je suis loin d'être au point avec ce personnage), il ne s'agit pas d'une aventure republiée mais bien d'un inédit, comme je l'ai appris dans le prologue de cet épisode, qui revient sur la création et la carrière de Benoît Brisefer.
L'histoire est en tout cas plaisante (même si ça commence juste), et les dessins de Pascal Garray sont à la fois efficaces et élégants, tout à fait dignes de ceux de Peyo ou Walthéry.

- Une aventure de Spirou et Fantasio : La grosse tête (5/9). Le succès de l'adaptation au cinéma du roman de Fantasio monte à la tête de Spirou et la situation dégénère même lorsqu'il séduit Louise Garoin, dont s'était épris son ami.
Le récit complet de Makyo et Toldac poursuit son bonhomme de chemin en dispensant son lot de rebondissements : il s'agit en fait moins, jusqu'à présent, d'aventures que d'une réflexion sur ce qui pourrait causer la perte du duo formé par les héros. C'est surprenant mais fort bien développé.
Téhem est toujours aussi impeccable au dessin, proposant lui aussi une version originale des personnages dans une mise en scène à la fois simple et dynamique.

- Mélusine. La série possède un charme toujours aussi efficace, mais Clarke commence quand même un peu à s'essouffler avec son feuilleton sur le trafic dans l'école.

- Beasts : Chassez le naturel et le rhino revient au galop. Giemsi revient nous parler de la savane africaine avec cette fois un rhinocéros et un éléphant dont la gourmandise coûtera cher à un braconnier : la leçon de morale est dispensée avec humour et un dessin irrésistible.

- Givrés ! Amalric et Madaule offrent un gag bien senti sur les différentes festivités de l'année et la gueule de bois qui les accompagne.

- Capitaine Anchois. Floris nous donne une double dose avec un gag pleine page et un strip à la fin du numéro, et dans les deux cas c'est un régal.

- Rob. James et Boris Mirroir ne baissent pas le pied avec encore deux gags savoureux où on a la confirmation que le robot a recouvré tous ses moyens, comme peuvent en témoigner Clutch et son patron.

- Zizi chauve-souris. Trondheim et Bianco réunissent leurs deux personnages et leurs retrouvailles ne manquent pas de ce délectable mauvais esprit qui me plait tant.

- New Year. Bianco, seul cette fois, s'en donne à coeur joie pour le passage en 2015 et railler l'hyper-productivité de Trondheim.

- L'Atelier Mastodonte. Obion essuie un nouvel échec cuisant avec ses jeux de mots (laids) face à Trondheim. Le même Trondheim est croqué avec piquant par Benoît Féroumont dans un gag similaire à celui de Bianco une page avant.

- Tash et Trash. Dino fait péter les feux d'artifices : à manipuler avec précaution (et à déguster sans modération).

- Dad. Le papa de Nob tente d'entraîner ses filles pour une sortie en luge : un bide cuisant, mais cela n'atteint pas longtemps le héros - et donne au lecteur une nouvelle superbe page. (Voir ci-dessous :)

En direct de la rédak permet de faire le point sur les projets en cours de plusieurs auteurs de la revue (très alléchant : Vehlmann annonce un nouveau tome de Seuls, Bravo la suite du Journal d'un ingénu...) et on apprend aussi la publication future de plusieurs nouveaux one-shots de Spirou et Fantasio (par Bravo donc, mais aussi Zidrou et Frank puis Hardy, Tarrin, Yann et Schwartz).
Les aventures d'un journal revient sur le n° 2000 de la revue, en 1976, qui, visiblement, ne fut pas très inspiré.

La semaine prochaine, tremblez : Les cavaliers de l'apocadispe reviennent !

mercredi 24 décembre 2014

JOYEUX NOËL !

Amis lecteurs, je vous souhaite un
JOYEUX NOËL !

J'espère que vous serez tous gâtés, et que vous passerez ces fêtes
en bonne compagnie.

dimanche 21 décembre 2014

Critique 544 : SPIROU N° 4001-4002 (17 Décembre 2014)

 

C'est encore une fois un numéro double cette semaine pour fêter Noël : l'occasion de revenir sur le "bug" du n° 4000, de nouvelles réjouissances et de reprendre le cours normal de certaines séries.

Avant d'explorer le contenu de ce numéro, faisons le point sur les deux titres à suivre :

- Une aventure de Spirou et Fantasio : La grosse tête (4/9). Après l'échec de son livre, Fantasio retrouve le moral grâce au succès de son adaptation cinématographique. Avec Spirou, il part se mettre au vert chez le comte de Champignac. Mais un dîner mitonné avec quelques champignons spéciaux va révéler des tensions entre les amis...
Makyo et Toldac soulignent dans ce nouvel épisode les conséquences de l'entreprise de Fantasio : il y a de la jalousie dans l'air entre le reporter et son ami groom, et le comte de Champignac n'est pas épargné. Le récit rebondit de manière jubilatoire (la rivalité possible entre les héros n'ayant été que rarement exploitée, aussi bien dans la série régulière que les hors séries). Jusqu'à présent, en tout cas, cette histoire est un vrai plaisir à lire.
Les dessins de Téhem conservent, eux, cette capacité à renouveler l'aspect des personnages tout en insufflant un dynamisme à la narration.

- Benoît Brisefer : Le gorille blanc (1/9). Monsieur Dussiflard, le chauffeur de taxi, a gagné un voyage au Mulundi et offre à Benoît de l'accompagner. Lors du trajet en avion, ils croisent tonton Placide qui se rend également dans ce pays pour y assurer la sécurité du président en visite d'Etat. Mais une fois sur place, les choses se gâtent pour nos deux touristes...
La revue nous propose la relecture du tome 14 de Benoît Brisefer, une des créations emblématiques du génial Peyo (mais qu'il avait rapidement abandonné pour se consacrer à Johan et Pirlouit puis Les Schtroumpfs). C'est le fils de Peyo, Thierry Culliford, avec Luc Parthoens qui sont aux commandes du scénario avec un premier épisode qui est déjà très entraînant.
Les dessins de Pascal Garray s'inscrivent dans la ligne de ceux de Peyo puis de Wasterlain : à défaut d'être très personnel donc, le résultat est tout de même très abouti, élégant et rétro.

Pour le reste du programme, j'ai aimé :

- Le royaume.  Benoît Féroumont poursuit son gag hilarant sur la famille royale de Belgique en revenant à l'époque de sa série : 2 planches très efficaces, dans lesquelles on savoure le style si expressif de cet excellent auteur.

- Dans les coulisses du n° 4000. Munuera nous apprend dans quelles circonstances sa fille a terminé le gag du n° précédent.
- Les Campbell : Révélations et mensonges. Le même Munuera nous propose aussi un nouvel épisode inédit de sa série de pirates, où il revient sur la révélation de la véritable identité du terrible Morgan : ceux qui apprécient le trait si délié et énergique de l'artiste seront conquis.

- Le Choc. Guillaume Bouzard nous explique, lui aussi, comment il a pu écrire et dessiner Les tuniques bleues dans le n° 4000 : c'est marrant, au point qu'on souhaiterait vraiment qu'il remplace Cauvin et Lambil au moins une autre fois, sur la durée d'une histoire complète.

- Marzi. Marzena Sowa et Sylvain Savoia avait osé détourner leur héroïne avec audace dans le précédent n°. Ils nous la ramènent, telle qu'en elle-même, très attachante, pour évoquer Noël. Cette bd a un charme fou.

- Choc. Si vous aviez cru que Colman et Maltaite avaient vraiment démasqué le célèbre adversaire de Tif et Tondu la semaine dernière, c'était bien mal les connaître : une page réjouissante et superbement dessinée.

- Minions. Didier Ah-Koon et Renaud Collin avaient, eux, envoyé un de leurs minions dans la préhistoire : il est temps de le rendre au présent avec cette page savoureuse, merveille d'humour décalé (et sans parole).

- Animal lecteur. Le titre de Salma et Libon a droit à 2 pages et comme toujours livre une réflexion douce-amère sur le métier de libraire : mine de rien, ces récits, qui peuvent passer facilement inaperçus à cause de leur situation (une colonne à côté du sommaire chaque semaine), sont très bien vus.

- Les poissards. Deux nigauds nordiques sont obligés de se carapater après avoir accidentellement blessé leur chef : le trop rare mais formidable Thierry Martin nous offre 4 pages excellentes, très drôles, dont l'action sautillante et le dénouement sont un vrai bijou.

- Opération Noël. la revue a toujours été attachée aux contes de Noël (on en trouve un, rare, par Franquin, dans le Méga Spirou qui vient de sortir ces jours-ci), et cette année, ce sont Maïa Mazaurette et l'illustrateur Florent Sacré qui s'y collent : très beau, touchant. Mission réussie.

- Dans la hotte des ménagères. Isa ironise, avec beaucoup d'à-propos et de mordant, sur le sexisme des cadeaux de Noël : son récit de 3 pages est délectable (avec un clin d'oeil aux prix Nobel récemment décernés).

- La magie de Noël. Sti et Denis Goulet se penchent sur le sort de deux lutins qui ont agressé Oui-Oui et braqué une banque ! 4 planches très marrantes, avec une morale implacable.

- Rob. Le robot incite Clutch à dégoter un job, même pour les fêtes. Une fois la chose faite, il va cependant le regretter. James et Boris Mirroir sont toujours aussi inspirés avec leur série qui est devenue une de mes préférées de la revue.

- Viu. Ruben Del Rincon (lui aussi trop rare) nous gratifie d'une superbe histoire, en 5 pages, visiblement autobiographique : je défie quiconque de ne pas être à la fois ému et le sourire aux lèvres à la fin.

- Billy Brouillard. Guillaume Bianco, en pause de Zizi chauve-souris, en profite pour ramener son propre héros, un gamin qui rêve d'un cadeau bien spécial. Décidément, j'aime beaucoup ce que fait cet auteur, qui sait traiter des enfants en évitant toute mièvrerie.

- L'Atelier Mastodonte. Obion continue de draguer Mathilde Domecq, qui en profite avec une réjouissante malice. Alfred, lui, continue de se chercher et sombre bel et bien dans la crise existentielle. Encore un sans-faute pour ce titre unique en son genre.

- Tash et Trash. Dino, toujours en forme, nous sert un strip jubilatoire. / Capitaine Anchois. Floris n'est pas en reste avec sa bande de pirates crétins.

- Dad. Et comme d'habitude, Nob ferme le ban avec un nouveau magnifique gag de son héros. Il nous gâte au-delà du possible, signant aussi la somptueuse couverture du n° (voir ci-dessous la version complète et non lettrée). 

En direct de la rédak revient sur les "égarements" de quelques auteurs dans le précédent numéro, et Jérôme Jouvray (un des membres de L'atelier Mastodonte) explique la règle des 180° (mais tous ses collègues ne sont pas d'accord...).
Les aventures d'un journal revient, pour sa part, sur les efforts de Franquin quand il s'agissait d'honorer Noël pour la revue (certains découvriront là une planche rare du Nid des Marsupilamis), alors même que les fêtes religieuses étaient loin de le passionner.

Un bien beau numéro. 

samedi 13 décembre 2014

Critique 540 : SPIROU N° 4000 (10 Décembre 2014)

 (NB : la couverture n'est pas en anglais, mais je tenais à un scan 
la montrant intégralement, et je n'en ai trouvé que sur le site 
www.spiroureporter.net - site que je vous recommande d'ailleurs !)

Le voilà, le fameux et déjà mythique n° 4000, avec une belle et marrante couverture en deux panneaux (couverture et 4ème de couverture) par Yoann et Vehlmann !

77 ans d'existence (et une interruption durant la 2nde guerre mondiale) pour l'hebdomadaire : un exploit qui valait bien un numéro double spécial de 100 pages. 

Bien entendu, on trouve la suite d'Une aventure de Spirou et Fantasio : La grosse tête (3/9) et la fin de Lady S. : ADN (6/6), mais la dernière page de ces deux épisodes donnent déjà le ton pour la suite puisque les auteurs s'en sont donnés à coeur joie pour déconner.

En effet, la rédaction, en plus de convoquer le gratin de ses auteurs, a conçu ce n° comme si tout avait dérapé durant la fabrication. L'idée est amusante, le résultat inégal, mais quand c'est réussi, entre les mains des plus talentueux, c'est jubilatoire.

On doit évidemment se fader du Cauvin (8 pages pour trois de ses séries), et certains autres promettent un dénouement à leur pitrerie la semaine prochaine (Buck Danny Classic, Lucky Luke, Choc, Minions), qu'on est plus ou moins impatient de découvrir (ok pour Choc et Minions).

La bonne surprise, c'est donc surtout que la crème des auteurs de la revue se sont fendus d'une ou plusieurs pages de circonstance et sont très en forme. On en attendait pas moins de Benoît Féroumont (avec une version du Royaume croustillante), de Nob (qui fait équipe avec Alfred pour deux pages merveilleuses de son Dad), de Sowa et Savoia (qui démasquent Marzi avec culot).

Les cavaliers de l'Apocadispe sont au top, mais de manière inhabituelle : Libon produit cinq pages irrésistibles, et récidive avec Salma pour Animal lecteur. Mélusine de Clarke sort en boîte et ça ne manque pas de sel non plus.

On part encore plus loin dans le délire quand Vehlmann dessine une page de Seuls (c'est moche, mais rigolo) ou quand Bouzard s'empare des Tuniques bleues. Et Jousselin se/nous régale avec Imbattable, toujours aussi fabuleusement inventif.

Trondheim et Bianco s'échangent les rôles pour Zizi chauve-souris. James et Boris Mirroir offrent carrément trois pages à Rob. Et Yoann et Vehlmann nous font cadeau d'une aventure inédite en 6 pages de Spirou, très réussie.

Bon, il y a des trucs qui fonctionnent moins bien, ni drôles ni inspirés (Yann et Henriet en particulier pour une page d'assez mauvais goût). Mais c'est vite oublié avec L'Atelier Mastodonte, Tash et Trash, Capitaine Anchois, Zombillenium (ou plutôt Poneyllenium...), Katz...

Dommage aussi que Bonhomme ou Schwartz n'aient voulu/pu faire qu'un dessin (même si c'est toujours ça et qu'ils s'en sortent bien). 

En tout cas, on finit cet exemplaire avec le sourire : bien joué, la rédak ! 

Un dernier mot, par Nob :  


PS : faîtes bien attention aussi à ce qui se passe dans les bas et hauts de page, vous allez bien rire !

samedi 6 décembre 2014

Critique 536 : SPIROU N° 3999 (3 Décembre 2014)


C'est le chat Katz, de Del et Ian Dairin qui est à l'honneur cette semaine, avec deux pages rien que pour faire des bétises - et il est en forme !  

J'ai aimé :

- Une aventure de Spirou et Fantasio : La grosse tête (2/9). Le livre de Fantasio est un échec en librairie, mais un coup d'état au Bretzelburg va peut-être lui permettre de rebondir car, en participant à une oeuvre en faveur des victimes de ce putsch, il rencontre un producteur de cinéma qui pourrait financer son adaptation...
Makyo (qui détaille de manière très instructive la rédaction du scénario et son rapport à l'oeuvre de Franquin dans une interview en préambule à l'épisode de la semaine) et Toldac continuent de s'amuser avec les références à des classiques des aventures de leur héros. Si le récit demeure accessible pour ceux qui n'ont pas lu les histoires citées, il est évident qu'on prend plus de plaisir en les connaissant. En tout cas, tout ça se lit très agréablement.
Au dessin, Téhem livre des planches très dynamiques, et impose son design des héros avec efficacité.

- Lady S. : ADN (5/6). Pour que son père puisse regagner les Etats-Unis (et elle aussi), Shania accepte d'aider la CIA à récupérer la formule du Dr Grevitz. Problème : l'ancien cobaye du savant rôde toujours dans les parages et un agent allemand aussi...
Aymond nous entraîne sur un rythme beaucoup plus soutenu vers le dénouement de son histoire en servant d'ultimes rebondissements. On regrette un peu que l'intrigue n'ait pas, comme ici, davantage privilégié l'action auparavant. Si le dénouement (la semaine prochaine) ne fait guère de doute, ça reste bien fichu.
Visuellement, c'est très soigné et très classique, mais en vérité surtout très cohérent car Lady S. est un produit aussi convenu qu'habile.

- Mélusine. C'est toujours l'effervescence dans l'école, mais les élèves ont trouvé un moyen de détourner la vigilance de l'inquisiteur : Clarke réussit un très bon gag.

- Katz. Deux pages pour le minou gaffeur de Del et Ian Dairin qui vont faire un sort à un lapin : toute la séquence est bien fichue et la chute vraiment très drôle.

- Rob. Le robot de James et Boris Mirroir revient sur le devant de la scène après le petit feuilleton autour de son faux bug. Résultat : 4 strips impeccables, avec à la fin du dernier une réflexion savoureuse.

- Imbattable. Pascal Jousselin donne, via son héros, une savoureuse leçon à un chasseur. Comme d'hab', le découpage du gag est d'une virtuosité extraordinaire. Et puis c'est toujours réjouissant de voir un chasseur se prendre du plomb dans les fesses... 

- Zizi chauve-souris. Trondheim et Bianco opposent leur gamine à une bête sauvage prête à en découdre : ces trois strips sont très marrants, avec là encore une chute malicieuse à souhait.

- L'Atelier Mastodonte. Jousselin met en scène un bien beau trompe-l'oeil en jouant sur le prochain n° de la revue et l'anniversaire de Trondheim. Ce dernier enchaîne avec une séquence bien sentie aussi. La série continue son sans-faute.

- Tash et Trash. / Kahl et Pörth. Deux gags similaires pour Dino et Ztnarf : malheur aux pauvres chatons (donc, gare à toi, Katz) ! Très drôle là aussi.

- Dad. Et, comme d'habitude, la 52ème page de Nob et son Papa en pleine séance de gym à la maison. Que dire ? C'est encore parfait, drôle, beau : on ne peut pas lutter ! (Voir ci-dessous :) 

En direct de la rédak donne la parole à Del et Ian Dairin (j'apprends qu'il s'agit d'un couple aussi dans la vie) et ils répondent à un lecteur (le zézaiement des escargots est irrésistible). Mais surtout on a un teaser pour le n° 4000 de la semaine prochaine, qui promet énormément (et qui tient ses promesses, car je l'ai déjà reçu et feuilleté : c'est un vrai feu d'artifices !).
Les aventures d'un journal revient sur la brève carrière des Bogros de Makyo, série qui a souffert de la comparaison avec les Schtroumpfs malgré un postulat différent et intéressant.

Les abonnés sont heureux : ils reçoivent avec ce n° une carte de voeux Dad par Nob et elle est extra ! 

samedi 29 novembre 2014

Critique 532 : SPIROU N° 3998 (26 Novembre 2014)


Cette semaine débute la pré-publication d'Une aventure de Spirou et Fantasio par... Makyo, Toldac et Téhem, La grosse tête, qui s'étalera sur 9 n°. 
J'ai aimé :

- Une aventure de Spirou et Fantasio : La grosse tête (1/9). Spirou découvre que Fantasio rédige un roman, dont il refuse de lui dévoiler le contenu avant sa publication. Lorsque le soir de la sortie de l'ouvrage, fêté au siège des éditions Dupuis, Spirou commence à le lire, il s'aperçoit que Fantasio s'est inspiré d'une de leur célèbre aventure mais en arrangeant les faits à son avantage...
En parallèle de la série régulière, Dupuis a confié depuis quelques années à des équipes artistiques inattendues la possibilité de réaliser un one-shot avec Spirou et Fantasio : cela a donné de grandes réussites (dont le sommet est Le journal d'un ingénu d'Emile Bravo) et même permis d'installer Vehlmann et Yoann sur le titre.
Cette fois, c'est Makyo avec Toldac qui s'en charge : il s'agit d'un hommage au classique de Franquin, La mauvaise tête, dont ce premier épisode offre une relecture accrocheuse et malicieuse. Téhem a la charge des dessins (après qu'un premier artiste ait été testé sans succès) et il donne une version personnelle mais très réussie des personnages.
Très prometteur.

- Lady S. : ADN (4/6). Grevitz, qui a avalé sa potion, devient fou furieux et Shania parvient à le neutraliser avec difficulté. Il lui faut maintenant trouver un moyen de rentrer en Amérique...
Aymond attaque la dernière ligne droite de son récit en bouclant une des deux pistes narratives. Il dose habilement ses révélations et coups de théâtre, même si, en fin de compte, tout cela ne dépasse jamais un classicisme certain. Au diapason, le dessin est solide mais sans éclat.
C'est bien fait, mais il ne faut pas en attendre davantage (ce qui n'est déjà pas mal).

- Mélusine. Les professeurs de l'école de magie font appel à un inquisiteur pour démasquer le coupable, mais celui-ci use de méthodes un peu trop radicales : Clarke tire un peu sur la corde avec son feuilleton, mais la série reste marrante.

- Zizi chauve-souris. Trondheim et Bianco ont séparé leurs deux héroïnes mais produisent trois strips exploitant brillamment la situation : c'est drôle, avec à chaque fois d'excellentes chutes.

- Rob. Clunch redémarre son robot et s'aperçoit qu'il l'a bien roulé dans la farine en jouant la déglingue : James et Boris Mirroir sont toujours aussi bien inspirés avec leurs gags.

- L'Atelier Mastodonte. Grosse crise existentielle pour Alfred, qui ne sait plus qui il est. Mathilde Domecq enfonce le clou avec jubilation. Toujours un régal.

- Dad. Nob produit une page très émouvante et n'en finit pas de prouver qu'il survole les débats : c'est bien simple, quand Dad est absent du sommaire, je fais la grimace. Mais quand je découvre une nouvelle page, même si le reste de la revue est moyen, je reste heureux. (Voir ci-dessous :)  

En direct de la rédak donne la parole à Simon Léturgie qui a réalisé le bonus pour les abonnés cette semaine (un petit récit, Perdus, écrit avec son père Jean, à confectionner soi-même : une vraie merveille qui aura certainement une suite). Et il y a également un teaser pour l'imminent 4000ème n° de la revue (dans deux semaines).
Les aventures d'un journal revient sur la carrière de Pat Mallet, qui passa par le studio Jijé, et qui produisit une oeuvre considérable en surmontant son handicap (la surdité).

Cette semaine, on a aussi droit à trois Cartes blanches, dont celle d'une certaine Laurel dont le dessin ressemble à s'y méprendre à celui de Féroumont.

lundi 24 novembre 2014

Critique 529 : SPIROU N° 3997 (19 Novembre 2014)


C'est vraiment un numéro spécial cette semaine puisqu'on a droit à un épisode exceptionnel de Spirou, écrit par Pascal Jousselin (Imbattable) et dessiné par 71 dessinateurs, sur le principe du livre dont vous êtes héros : une expérience mémorable !

Le sommaire est bien évidemment chamboulé par le récit complet à tiroirs proposé cette semaine, qui occupe une vingtaine de pages à lui seul. Détaillons un peu l'objet.

- Fantasio a disparu ! L'ami de Spirou est introuvable et le groom n'a que trois indices pour tenter de le retrouver : une photo bizarre, trois mots sur un bout de papier et une carte routière. Il enquête en compagnie de Spip.
Jousselin, qui adore (et réussit brillamment) les jeux narratifs dans sa propre série Imbattable, a reçu de Frédéric Niffle, le rédacteur en chef de la revue, une proposition taillée sur mesure pour lui : imaginer une intrigue originale avec Spirou, avec plusieurs possibilités pour diriger le récit.
Le résultat est un exercice de style brillant qui exige du lecteur une vraie participation. Les issues multiples de l'histoire sont souvent délirantes, absurdes, mais cela importe moins en vérité que l'aspect ludique du projet. Dès le 3ème (des 71) strip, on a trois directions possibles, correspondant aux indices dont dispose le héros et qui l'entraînent à chaque fois dans des aventures inattendues et fantasques. C'est très stimulant, même si je vous cache pas qu'il faut s'accrocher et que revenir en arrière pour explorer les autres pistes est diabolique. On mesure ainsi l'ahurissante somme de travail que cela a dû représenter pour Jousselin (même si certaines péripéties ont été imaginées par d'autres - il en a quand même orienté 58 au total).
Visuellement, tout le gratin des artistes Dupuis a été invité à la fête et on se régale souvent avec Yoann, Simon Léturgie, Fabrice Tarrin, Jousselin lui-même, Joub, Richard Guérineau, Delaf, Hugo Piette, Steve Baker, Arthur De Pins, Munuera, Matthieu Bonhomme, Benoît Féroumont, Denis Bodart, Olivier Schwartz, Libon, Nob, Renaud Collin, . Comme vous voyez, il y a du beau monde (et ils compensent les prestations plus moyennes des autres). Cela donne surtout envie de revoir certains dessiner Spirou un jour (pourquoi pas pour un HS de la collection "Une aventure de Spirou et Fantasio par...").

Le reste du programme est évidemment du coup plus convenu, mais j'ai aimé :

- Lady S. : ADN (3/6). Grevitz invite Shania et son père adoptif Abel chez lui mais le cocktail vire à l'aigre à cause du caractère odieux de l'hôte puis lorsque le cobaye de Grevitz fait irruption pour se venger du scientifique.
Aymond ne fait pas d'étincelles mais il conduit efficacement son récit. Chaque épisode possède un cliffhanger assez prometteur pour qu'on ait envie de connaître la suite. Graphiquement, c'est aussi classique mais, comme on le découvre dans l'interview de l'auteur en préambule, très soigné.

- Tash et Trash. Dino est encore une fois royal avec ce strip en trois cases drôlissime. / Capitaine Anchois. Floris fait aussi merveille avec un gag en un seul plan.

- Dad. Nob revient et accomplit un nouveau miracle avec cette page à la chute très drôle, superbement illustrée. (Voir ci-dessous :)  

En direct de la rédak donne évidemment la parole à Pascal Jousselin, qui explique les coulisses de Fantasio a disparu. Et la semaine prochaine démarre le récit complet de Spirou et Fantasio, La grosse tête, écrit par Makyo et Toldac et dessiné par Téhem.

Autre bonne nouvelle : l'histoire du Marsupilami (d'une affligeante médiocrité) est terminée, et plus que deux épisodes à supporter le moyen Buck Danny "Classic".

samedi 15 novembre 2014

Critique 528 : SPIROU N° 3996 (12 Novembre 2014)


Les Psys en couverture : la promesse d'un grand moment d'humour pas drôle... Contrairement à la présence sur le bandeau des Cavaliers de l'Apocadispe, enfin de retour !

J'ai aimé :

- Lady S. : ADN (2/6). Shania rejoint son père à Berlin où il a été invité par son collègue, le professeur Grevitz. Lorsqu'elle évoque avec lui la nécessité d'effectuer un test de paternité afin de faciliter sa demande d'asile politique aux Etats-Unis, Abel Rivkas lui fait une terrible révélation.
Malgré son classicisme extrême, j'aime bien cette histoire qui aligne les clichés en les assumant : Aymond, qui écrit et dessine le tout, relève d'ailleurs dans l'interview précédant l'épisode que la paternité parcourt l'oeuvre de Van Hamme (je ne l'avais jamais vraiment remarqué, mais c'est pertinent avec les exemples donnés).
Le dessin est tout aussi académique mais impeccable, avec des personnages bien campés et des décors fouillés.
(Chose curieuse quand même : on trouve dans les pages de la revue une pleine page de pub annonçant que l'album avec cette histoire est déjà disponible en librairie, ce qui court-circuite sa prépublication...)

- Mélusine. Les élèves sont interrogés par leurs profs pour trouver qui deale de la drogue dans l'école. Mélusine croit pouvoir faire face mais va avoir une surprise. Clarke poursuit son feuilleton avec un gag hebdomadaire efficace.

- Rob. James et Boris Mirroir éteignent carrément leur robot, mais pas l'humour décalé et bien senti de leur série.

- Zizi chauve-souris. Trondheim et Bianco séparent (eux aussi) leur héroïne de sa bestiole, mais leurs trois strips restent toujours aussi marrants.

- Les Cavaliers de l'Apocadispe et le produit chimique. Libon revient et déjà, ça, c'est une bonne nouvelle (même s'il n'est jamais bien loin puisqu'il illustre chaque semaine le strip d'Animal lecteur, écrit par Sergio Salma, à côté du sommaire et de l'édito). Il ne déçoit pas en livrant une nouvelle aventure (en quatre pages) avec ses trois néo-pieds nickelés, qui s'essaient à la chimie : drôlissime.

- L'Atelier Mastodonte. Féroumont nous gratifie de deux strips pour railler Trondheim : jubilatoire. Et, on est gâté, Nob enchaîne avec deux autre strips sur les risques de dessiner à l'ancienne mais aussi avec l'infographie : jouissif.
 
- Tash et Trash. Dino délivre deux cases pour un nouveau gag aussi concis que remarquable. / Capitaine Anchois. Floris a besoin d'une case de plus mais son strip est encore une fois très rigolo.

En direct de la rédak ne donne pas beaucoup de biscuit cette semaine, si ce n'est (et ce n'est pas négligeable) la réponse de Jousselin (Imbattable) à un lecteur et l'annonce pour la semaine prochaine d'une aventure inédite et interactive de Spirou, Fantasio a disparu, écrite par le même Jousselin.
Les aventures d'un journal revient sur la carrière singulière de Francis, comparse de Tillieux, auquel fut consacré un unique n° spécial.

Pas de Dad par Nob cette semaine (snif !), mais Le Petit Spirou par Tome et Janry (en petite forme tous les deux). Par contre, les abonnés ont droit à la première partie d'un récit en deux volets, Craquelures, par le talentueux Bazile.

dimanche 9 novembre 2014

Critique 523 : SPIROU N° 3995 (5 Novembre 2014)


La couverture met à l'honneur Lady S., dont la prépublication du nouveau tome commence (pour 6 semaines) : comme je n'ai jamais lu cette série, créée par Jean Van Hamme et Philippe Aymond, je vais découvrir ce que ça vaut.
J'ai aimé :

- Lady S. : ADN (1/6). La situation de cette espionne est bien compliquée puisqu'elle est interdite de séjour où réside son père, un dissident communiste, qui la croit morte. Désormais détachée, la jeune femme aspire à une vie plus calme en retrouvant son paternel. Mais au moment où elle engage les formalités pour être accueillie comme réfugiée politique, un ami de la famille est mêlé à une sombre affaire d'agents dormants meurtriers.
Philippe Aymond est désormais seul aux commandes de cette production, imaginée par le créateur de XIII et Largo Winch, mais, comme il l'indique dans l'interview précédant ce premier épisode, la transition se fait en douceur : en effet, on croirait lire du Van Hamme dans le texte avec cette aventure convenue mais agréable d'espionne rattrapée par son passé. C'est efficace, mais à surveiller sur la longueur.
Visuellement, Aymond est un disciple (innombrables) de Jean Giraud : son trait classique, aux finitions soignées, n'a rien de renversant mais le rendu est solide, et son héroïne a du chien.

- Soda : Résurrection (7/7). Le capitaine Pronzini, avant de mourir, remet à Soda une clé USB contenant ses aveux et la révélation d'une conspiration d'envergure. Désormais, le flic-prêtre est comme son ex-supérieur en danger, et tous ses proches avec lui - dont sa mère...
Tome clôt son récit pied au plancher, un peu trop d'ailleurs : la séquence finale est efficace mais le lecteur doit alors avaler une somme d'infos et un cliffhanger qui s'enchaînent jusqu'à la dernière page, au risque d'un trop plein (alors que tout ce qui avait précédé relevait plus du polar d'ambiance). Il faudra attendre la suite et fin de cette aventure (déjà en cours de réalisation mais sans date de prépublication annoncée) pour, en définitive, se faire un avis.
Dan reste égal à lui-même : sa prestation aura été excellente tout du long, et la poursuite de cette épilogue confirme la maîtrise du dessinateur.

- Mélusine. Les professeurs de l'école de magie commencent à interroger les élèves pour démasquer celui qui fabrique de la drogue : Clarke feuilletonne avec drôlerie grâce à un premier suspect savoureux.

- Zizi chauve-souris. Trondheim et Bianco servent trois nouveaux strips impayables : de la difficulté de se bagarrer quand on veut s'exercer sur un ami sans maîtriser le bluff ou supporter la douleur.

- L'Atelier Mastodonte. Obion doit travailler pour réussir à mieux dessiner les chevaux (en vue de la reprise de Blueberry) : la leçon de dessin qu'il reçoit est très drôle et cruelle. Trondheim se vante de la classification de ses planches mais trouve plus fort que lui avec Nob : imparable. C'est toujours un régal.

- Tash et Trash. Dino a vraiment une imagination imparable pour conter l' 'effroyable voyage" de ses deux héros.

- Dad. Le papa emmène deux de ses filles au cinéma voir un film avec une jeune vedette qu'il a autrefois côtoyé dans un cours de comédie, mais l'effronterie des gamines va leur coûter cher. Encore une planche admirable de Nob, tant pour l'écriture que les dessins. (Voir ci-dessous :)  

En direct de la rédak, avec une interview de Delaf et Dubuc, prépare le retour de la série à succès, Les Nombrils (objet d'un fan-book dans un n° précédent), mais on trouve aussi l'annonce de la parution de l'Intégrale Esteban, en noir et blanc, de Bonhomme (j'espère que je pourrais me l'acheter bientôt, à moins que de réussir à me la faire offrir pour le fêtes...).
Les aventures d'un journal revient sur l'expérience de reportage dessiné par Congo de Gaël et Pixel Vengeur en 2004 : un projet qui aurait mérité de durer.

A voir aussi, dans les Cartes blanches de la semaine, un strip très marrant par Obion (Le magicien).
Mais, dans l'ensemble, c'est une semaine assez pauvre (Le Marsupilami est d'une nullité effarante, Buck Danny ennuyeux et graphiquement médiocre, et c'est sans parler des Femmes en blanc, Tamara, Nelson, Bulbox...). Même le bonus pour les abonnés (deux autocollants des Campbell de Munuera) est assez indigne.

lundi 3 novembre 2014

Critique 521 : SPIROU N° 3994 (29 Octobre 2014)


Hourra ! C'est L'Atelier Mastodonte qui a l'honneur de la couverture - pas plus de pages que d'habitude mais c'est bien de mettre un coup de projo sur cette BD, l'une des meilleures de la revue.
J'ai aimé :

- Soda : Résurrection 6. Soda affronte KCM dans le squatt jusqu'à ce qu'un tueur professionnel surgisse pour leur régler leurs comptes à tous les deux. L'identité du nettoyeur va surprendre le flic.
Cet avant-dernier épisode est très court (4 pages) mais réussit à relancer l'intrigue : Tome injecte de l'action et une révélation, ce qui rend la lecture très prenante.
Dan illustre ça avec son soin coutumier pour les ambiances crépusculaires, tirant le maximum de chaque plan.

- Spirou et Fantasio : Le Groom de Sniper Alley 9. Fantasio découvre le véritable trésor du labyrinthe puis, avec Spirou, trouve un moyen de duper Don Cortizone. Mais l'oncle de celui-ci, commanditaire de leur expédition a deviné leur ruse : sans rancune et en leur réservant même une sacrée surprise.
Vehlmann clôt la 54ème aventure de Spirou avec habileté et, fidèle à ce qu'il propose depuis le début de son run, un cliffhanger, ce qui a transformé la série en feuilleton - on retrouvera dans le tome 55 une vieille connaissance, trop longtemps éloignée...
Yoann a réussi, lui aussi, une superbe prestation : il s'est vraiment approprié la partie graphique, ses personnages sur cet épisode. Vivement la suite !

- Mélusine. L'affaire de la clinique de l'école se poursuit et Clarke organise une réunion des profs pour l'éclaircir : le gag est bien trouvé (la résolution du dossier est moins bien engagée par contre).

- Katz. Del et Ian Dairin livrent deux strips marrants avec leur minou : pas leurs meilleurs, mais ça reste sympa.

- Rob. James et Boris Mirroir dévoilent le double jeu de leur héros : c'est toujours drôle et je suis curieux de lire comment cela va progresser maintenant.

- Beasts ! Giemsi propose 4 planches très marrantes sur le roi de la jungle (ou presque), en train d'apprendre aux lionceaux l'art de la chasse. Le dessin est aussi enlevé que le script.

- Zizi chauve-souris. Trondheim et Bianco nous donnent trois nouveaux strips de leur mordante gamine, toujours affairée à s'endurcir, quitte à cogner un de ses amis : un vrai régal.

- L'Atelier Mastodonte. Obion va-t-il dessiner le retour de Blueberry ? Trondheim en rigole tandis que le prétendant en rêve : ce feuilleton est vraiment toujours aussi poilant.

- Tash et Trash. Dino, c'est l'efficacité poussée à son maximum : quatre cases, un gag, rien qui dépasse - impeccable, implacable.

- Dad. Vous savez quoi ? Nob reste, en définitive, le plus fort : son gag hebdomadaire est encore une fois merveilleux de finesse et de drôlerie. Avec trois fois rien (papa donne la becquée à sa petite dernière), il vous fait une planche visuellement superbe à la chute imparable. (Voir ci-dessous :)  
 

En direct de la rédak, on a droit à une interview de l'impayable Obion (la star de L'Atelier Mastodonte en ce moment), mais aussi à une annonce jubilatoire : à partir du n° 3997, on aura droit à une aventure de Spirou en 72 strips, écrite par Jousselin (Imbattable) et dessinée par 72 artistes (parmi lesquels Féroumont, Bonhomme, Bodart, ou Yoann). "Elle est pas belle la vie ?" (dixit Gaspard Proust.)
Les aventures d'un journal revient sur l'éphémère série de Tillieux, Bob Slide : une production étonnante du papa de Gil Jourdan, qui inspirera Sammy de Cauvin et Berck.

Les abonnés ont droit à un beau fan-book avec les Nombrils.

La semaine prochaine, début de la prépublication du nouveau récit de Lady S. et fin de Soda.

vendredi 31 octobre 2014

Critique 520 : SPIROU N° 3993 (22 Octobre 2014)

Me voici installé dans mon nouveau repaire et donc en mesure de reprendre la rédaction des articles du MYSTERY COMICS. Tous les cartons ne sont pas déballés et le déménagement a été sportif, mais je vais tâcher d'alimenter à nouveau régulièrement mon blog. J'espère que vous tous, fidèles ou curieux de passage, continueraient à me lire (et à commenter ce que je dirais, si le coeur vous en dit).
*
 

La couverture, très marrante, met à l'honneur le retour de Zizi chauve-souris, la création de Lewis Trondheim et Guillaume Bianco, ce qui nous vaut aussi un édito savoureux par ce dernier.

J'ai aimé :


- Soda : Résurrection 5. L'enquête de Soda le mène dans un squatt reconverti en refuge pour artistes. Il l'ignore mais le terroriste présumé qu'il traque l'y attend et un tueur à gages est aussi en route pour faire le ménage.
L'épilogue approche pour ce récit (en 7 épisodes) et finalement Tome aura réussi à me mener par le bout du nez avec cette étrange poursuite au ralenti au coeur de la nuit et des bas-fonds new-yorkais sur fond de complot terroriste. On comprend aussi que ce qui est posé ici est la base pour une suite d'ores et déjà annoncée.
Les dessins de Dan servent comme d'habitude à merveille cette filature inquiétante, avec notamment de superbes pages dans le squatt.

- Spirou et Fantasio : Le Groom de Sniper Alley 8. Les deux héros touchent au but dans le labyrinthe, bien aidés par Spip, mais face à une ultime énigme.
Avant-dernière station pour cette aventure qui aura tenu toutes ses promesses et permis à Vehlmann de réussir son meilleur opus : l'exploitation du décor offre de nouvelles péripéties accrocheuses tout en ménageant des moments comiques bien sentis.
Yoann a également livré une performance exemplaire, avec même une merveille de découpage (planche 39 avec un "gaufrier" de 12 cases).

- Mélusine. Clarke feuilletonne depuis peu ses gags en se servant de l'infirmerie très spéciale de l'école des sorciers : à la clé, un nouveau gag bien malin et habilement mis en images.

- Zizi chauve-souris. Suzie Wendell et sa chauve-souris qui parle s'entraînent pour écarter le nouvel petit ami de sa mère. Il va falloir apprendre à être impitoyable et c'est pas gagné : l'adversaire est coriace et la formation ardue.
L'infatigable Lewis Trondheim s'allie à Guillaume Bianco (le scénariste d'Ernest et Rebecca) pour cette série en strips très drôle, dont l'héroïne a le caractère bien trempé - et il le faut dans cet univers bien barré. Impossible de ne pas être conquis par l'humour fantastique du projet.
Les dessins sont au diapason, soulignant toutes les qualités de l'écriture. Encore !

- Givrés ! Amalric et Madaule s'amusent sur la non-violence et c'est très très drôle, avec une chute bien assénée.

- Capitaine Anchois. Floris ne déçoit jamais : son gag offre une chute pleine de malice.

- Minions. Didier Ah-Koon et Renaud Collin dans leurs oeuvres : une idée toute simple transcendée par un traitement très efficace.

- Rob. James et Boris Mirroir continuent eux aussi à exploiter le dérèglement de leur robot et la gestion du problème par son propriétaire : c'est toujours aussi inspiré, marrant et original.

- L'Atelier Mastodonte. Lewis Trondheim joue un mauvais tour à Obion et Obion tente de rattraper le coup : la série se mue en feuilleton avec la reprise de Blueberry en jeu. Et c'est toujours aussi rigolo.

- Tash et Trash. Un nouveau bijou en deux cases.

- Dad. Toujours aussi jubilatoire : Nob sait, comme personne, marier le rire, la délicatesse, le sens visuel. Vivement l'album (prévu pour le début 2015) ! (Voir ci-dessous :)  

En direct de la rédak propose une très bonne interview de Guillaume Bianco.
Les aventures d'un journal revient sur la reprise éphémère de Valhardi dessiné par René Follet : un projet qui a vite capoté.

Bon, j'avoue que je me suis ennuyé avec Buck Danny et Pinpin reporter, et c'est pourquoi je n'en parle pas cette fois : on va voir si ça s'améliore. La bonne nouvelle, c'est que la semaine prochaine, L'Atelier Mastodonte a droit à la couverture.

dimanche 19 octobre 2014

Critique 518 : SPIROU N° 3992 (15 Octobre 2014)


La couverture met à l'honneur le Marsupilami dont la famille compte un nouveau membre : c'est parti pour une prépublication de 6 semaines (supeer...).

Voyons voir ce que le sommaire propose de plus enthousiasmant que le retour du Marsu dans sa série.
J'ai aimé :

- Soda : Résurrection 4. Soda, avec l'aide de Bab's, a identifié le terroriste présumé croisé par sa mère dans le métro. Il refait son parcours en se fiant aux caméras de vidéo-surveillance et aux drones qui espionnent la ville, mais ses recherches sont découvertes par une organisation secrète qui ordonne l'exécution du prêtre-policier.
C'est toujours sur ce faux rythme assez déroutant que Tome déploie son intrigue : le lecteur n'en sait pas beaucoup plus que Soda, si ce n'est à la fin de cet épisode. Pourtant, comme le héros, on remonte la piste de cette ténébreuse affaire avec intérêt, en s'interrogeant sur ses tenants et aboutissants. C'est davantage un récit d'ambiance que d'action.
Les dessins de Dan sont au diapason, même s'il ponctue ce chapitre avec un très bon gag visuel (planche 28).

- Spirou et Fantasio : Le Groom de Sniper Alley 7. Les deux héros, après la disparition de Poppy Bronco, poursuivent leur progression dans le labyrinthe d'Ibn Sena. Spip joue les narrateurs en résumant les obstacles tous plus tordus les uns que les autres auxquels ils ont fait face.
Vehlmann aborde la dernière partie de son aventure en employant une astuce narrative bienvenue (la narration des faits par Spip : très drôle) et en passant plus vite sur les épreuves traversées par Spirou et Fantasio. Tout ça reste très divertissant, inventif, tout en faisant référence aux classiques du genre récit d'aventures.
Yoann s'en donne vraiment à coeur joie : un monstre, un dédale délirant, des rebondissements illustrés dans de larges cases occupant toute la bande avec un soin spécial pour le décor.

- Mélusine. Il faut se méfier de l'infirmerie de l'école de magie et Clarke en tire un très bon gag à la chute savoureuse.

- Katz. Del et Ian Dairin produisent encore deux fois deux strips très rigolos avec leur chat prêt à tout pour bouffer des poissons rouges.

- Les Cavaliers de l'Apocadispe : dans la jungle. Libon et ses trois héros complètement crétins reviennent enfin pour rendre un hommage à leur manière au Marsupulami et surtout à la jungle palombienne : c'est désopilant, et on aimerait revoir ce trio d'imbéciles jubilatoire plus souvent.

- L'Atelier Mastodonte. Obion fait marcher Trondheim sur sa prétendue réussite au jeu : un régal. Puis Pascal Jousselin plonge en plein doute après avoir comparé sa dernière planche avec celle de ses collègues : brillantissime jeu en huit cases muettes.

- Buck Danny : Duel sur Mig Alley 3/10. Sonny ronge son frein à la base depuis que Buck et Tumb sont partis préparer le Mig livré par un dissident coréen. Mais il tombe dans un piège et se fait kidnapper.
L'histoire de Zumbiehl se lit bien : ça n'avance pas très vite, c'est trop bavard, et très convenu, mais pas déplaisant. Idem pour les dessins d'Arroyo, parfois maladroits (moins à l'aise avec les personnages qu'avec les coucous). Tout ça ne mange pas de pain, même si je préférerai lire autre chose, de plus neuf et original.

- Tash et Trash. Dino rend lui aussi un hommage très marrant au Marsu. / Capitaine Anchois. Floris suit la marche et y va de son strip aussi rigolo sur la bestiole.

- Dad. Nob continue son sans-faute : encore une fois, cette semaine, il a écrit et dessiné, superbement, un gag bien tourné où, pour une fois, son héros réussit à retourner la situation à son avantage, face à ses gamines. (Voir ci-dessous :) 

En Direct de la Rédak propose une interview de Sti, le dessinateur du Guide de survie dans la jungle palombienne, bonus des abonnés de la semaine, et une délicieuse réponse aux lecteurs par Mathilde Domecq. 
Les Aventures d'un Journal revient sur la première "une" du Marsupilami en 1981, tout en pointant bien le pari d'une telle série.

La semaine prochaine : Zizi chauve-souris de Bianco et Trondheim revient (c'est déjà plus emballant que le quota de gags pas drôles que nous inflige Cauvin chaque semaine).

samedi 11 octobre 2014

Critique 516 : SPIROU N° 3991 (8 Octobre 2014)


La couverture est pour (l"insupportable) Tamara, qui a donc droit à 3 pages de gags pas drôles (et pas bien dessinés). Mais heureusement, il reste de bonnes choses, comme Rob, qui figure sur le bandeau du titre de la revue.




Passons ça au crible.
J'ai aimé :

- Soda : Résurrection 3. L'enquête autour de l'homme croisé par la mère de Soda dans le métro avance et le flic, avec l'aide de son collègue Bab's, pense qu'un attentat se prépare.
Dans l'interview précédant l'épisode, le dessinateur Dan explique comment il a su s'approprier la partie graphique (ce n'est certes pas un débutant, puisqu'il a été assistant de Janry) et on appréciera la nervosité de ses pages et le soin avec lequel il soigne ses ambiances.
Le scénario de Tome connaît une accélération conséquente et bienvenue : le contraste entre la situation de son héros, obligé de cacher son job à sa mère, et la gravité de son enquête offre un cocktail détonant.

- Spirou et Fantasio : Le Groom de Sniper Alley 6. Après avoir franchi avec succès la première porte du labyrinthe d'Ibn Sina, Spirou, Fantasio et Poppy Bronco doivent affronter un nouvel obstacle.
Que dire ? De semaine en semaine, cette nouvelle aventure est réjouissante : Vehlmann s'amuse et nous avec lui, on est dans un très bon divertissement, plein d'humour et d'action.
Yoann est très bon aussi, l'intérieur du labyrinthe est superbement ouvragé et le découpage très dynamique.

- Mélusine. Clarke confirme son regain de forme avec ce gag bien mené et malicieux.

- Givrés ! Amalric et Madaule sont eux aussi dans une bonne passe : leur gag, cynique à souhait, est bien foutu.

- Rob. Le robot de James et Boris Mirroir semblent avoir grillé un fusible depuis sa récente panne, mais la série n'en est que plus savoureuse.

- Buck Danny : Duel sur Mig Alley 2/10. Buck Danny et l'armée US entrent en possession d'un Mig, ce qui va leur permettre de défier, comme il le souhaite, le redoutable Korsakov.
La parution de ce récit va donc être longue (encore 8 épisodes mais étalés sur certainement plus de semaines) : Zumbiehl est un scénariste bavard et cela nuit parfois au rythme de son histoire, mais l'intrigue promet quelques rebondissements car la situation évolue trop favorablement et trop vite pour filer droit.
Arroyo affiche quelques maladresses dans son dessin (découpage très simple, composition timide, expressivité limitée) mais en revanche, le garçon connaît son affaire quand il représente les avions.

- Pinpin Reporter. Mathieu Sapin arrive aux essais costumes de son court métrage, une bonne occasion de mater Charlotte Le Bon (heureux homme), et d'en faire profiter Frédéric Niffle. Marrant.

- L'Atelier Mastodonte. Bianco va-t-il couper les ponts avec l'atelier et la civilisation ? Pas sûr, mais rigolo. Obion, lui, se détend en jouant au poker sur le net : presque gagné, mais très drôle. 

- Tash et Trash. Un strip encore une fois épatant de concision. / Capitaine Anchois. Idem : c'est très court mais très drôle.

- Dad. On va croire que je suis soudoyé par Nob, mais, honnêtement, je ne suis jamais déçu par sa page, c'est même ce que je lis en premier quand je reçois la revue. Narrativement, visuellement, c'est toujours imparable. (Voir ci-dessous :)

En Direct de la Rédak propose une interview de Darasse, un des dessinateurs de Tamara - très dispensable donc. Mais pas contre, la réponse aux lecteurs de Mix et Remix (plus leur strip habituel) est très drôle.
Les Aventures d'un Journal revient sur une expérience menée par les mythiques Raymond Macherot et Yvan Delporte, qui ramena le dessinateur dans un registre sarcastique pour la rubrique "Carte blanche" (cette semaine, Trondheim, Lucie Maillot et Klub s'y exercent aussi).

Bonne nouvelle : la prépublication du sinistre Lucky Luke de Gerra, Pessis et Achdé est enfin terminée. Mais la semaine prochaine, c'est le retour du Marsupilami par Colman et Batem : pas sûr qu'on gagne au change.

vendredi 3 octobre 2014

Critique 515 : SPIROU N° 3990 (1er Octobre 2014)


La couverture prend de l'altitude : normal, c'est le retour de Buck Danny !


Pour les abonnés, le bonus de la semaine, c'est un stripbook de Simon Léturgie : Bro. Une petite pépite sur deux jeunes frangins qui se font tourner en bourrique, merveilleusement dessinée.
Pour le reste, j'ai aimé :

- Soda : Résurrection 2. Soda a oublié l'anniversaire de sa mère mais il lui offre des fleurs achetées à un ami vendeur dans la métro. C'est là que la maman rend à un passager un pochette qu'il a failli perdre, mais cet homme est recherché par la police...
Tome prend son temps pour installer son intrigue (qui, en fait, devrait courir sur deux tomes) et décrit New York envahi par les caméras de surveillance (et les drones), menacé par des cinglés préparant des attentats comme des spectacles. L'ambiance est décidément très noir, un peu lente mais prenante (une scène d'action mémorable à la clé).
Les dessins de Dan sont efficaces, avec un découpage très dynamique, qui exploite bien l'obsession des écrans multiples.

- Spirou et Fantasio  : Le Groom de Sniper Alley 5. Les deux héros accompagnés de Poppy Bronco découvrent l'entrée du labyrinthe d'Ibn Sina et s'y introduisent. Ils doivent à présent trouver comment franchir le premier passage secret.
Ce nouvel épisode est bref (4 planches) mais toujours aussi tonique : Vehlmann a inventé avec Bronco un second rôle en or et entraîne les personnages dans la partie purement "aventure" du récit. Pas de doute, c'est le meilleur tome de Spirou et Fantasio du scénariste.
Yoann est aussi en grande forme. J'ignore s'il est encore assisté par Fred Blanchard pour le design des décors, mais l'intérieur du labyrinthe est magnifique.

- Mélusine. Clarke reprend des couleurs et ses héroïnes avec ce gag en une page à la chute dont la logique imparable est très drôle.

- Katz. Del et Ian Dairin restent égaux à eux-mêmes avec un strip moyen et un autre très drôle (le pauvre minou et les conséquences de la consommation de popcorn).

- Captaine Anchois. Floris ne manque pas d'idées loufoques pour mettre en scène ses pirates idiots dans des situations surréalistes. Peut-être pas son meilleur gag, mais amusant quand même.

- Rob. On avait quitté les héros de James et Boris Mirroir sur un vrai cliffhanger, mais les deux auteurs rebondissent avec une ironie intacte. J'aime décidément beaucoup ce titre qui manie un humour absurde et minimaliste.

- Givrés. Amalric et Nadaule ne sont pas toujours inspirés avec leurs gags polaires, mais celui de cette semaine est bien mené, avec une chute amusante.

- Minions. Didier Ah-Koon et Renaud Collin sont, eux, toujours inventifs avec leurs improbables créatures, auxquelles leur imagination joue des tours cruels mais drôles.

- Buck Danny : Duel sur Mig Alley 1. Buck Danny et ses amis, Sonny et Yumb, survolent la Corée pour tester un nouvel avion. Sur place attend Korsakov, un aviateur russe, qui a juré la perte de Buck, en disposant d'un engin bien plus performant : le Mig.
Frédéric Zumbiehl (scénario) et Jean-Michel Arroyo ont repris le classique de Charlier et Hubinon que, je dois l'avouer, je n'ai jamais vraiment lu et suivi, n'ayant jamais été passionné par ces histoires d'avions et de guerre. Narrativement comme graphiquement, ce Buck Danny "Classic" est au plus près de sa version antérieure, même si les auteurs n'ont pas le talent de leurs prédécesseurs (de sacrées pointures, faut-il le rappeler).
Cependant, c'est plaisant à lire, rythmé, et les séquences aériennes sont spectaculaires. On va voir ce que ça donne sur la durée.

- Pinpin Reporter. Matthieu Sapin, tout à la préparation de son court métrage, a négligé ses devoirs de BD comme le lui rappelle Frédéric Niffle. Mais Charlotte Le Bon et une vieille bagnole auront raison du rédac' chef de Spirou. Comme d'hab', c'est très drôle, moins bien dessiné, et, effectivement, inspiré de faits réels.

- L'Atelier Mastodonte. Mathilde Domecq continue de provoquer, innocemment, une belle pagaille dans l'atelier. Mais Obion révèle que les artistes ne sont pas insensibles non plus au charme de leur collègue. C'est toujours, sans faute, un pur régal.

- Tash et Trash. Un strip très marrant. / Cramés. Amalric et Eluadam (alias Madaule donc) s'amusent, et nous avec.

- Dad. Nob est un magicien ! Et c'est encore meilleur de les retrouver, lui et son héros, après une semaine d'absence : ce gag est une nouvelle merveille. (Voir ci-dessous :)     

En Direct de la Rédak propose une interview d'Arroyo, le dessinateur de Buck Danny, qui a de belles références, et Sergio Salma répond joliment à un lecteur sur son passé et ses inspirations.
Les Aventures d'un Journal revient sur Jeannette Pointu, l'héroïne de Wasterlain, inspirée directement par Tintin.

samedi 27 septembre 2014

Critique 512 : SPIROU N° 3989 (24 Septembre 2014)


La couverture met la série Soda à l'honneur : le tome 13 commence à être pré-publié cette semaine, avec toujours Tome aux commandes mais un nouveau dessinateur à ses côtés.

Allez, consultons le menu.

J'ai aimé :

- Soda : Résurrection 1. Soda, flic de New York mais qui cache sa profession à sa mère en lui faisant croire qu'il est prêtre, se remémore ce qu'il faisait le 11 Septembre 2001. Les attentats hantent encore tous ses collègues et lui se défoule en boxant avec sa partenaire, Linda...
Philippe Tome n'avait plus écrit d'aventures de cette série depuis neuf ans et, comme il l'explique dans l'interview en préambule de ce premier chapitre, il y est revenu après s'être beaucoup interrogé sur les conséquences du 11-Septembre. Ces 7 premières planches ne disent rien de l'histoire à venir, même si cela s'annonce très noir.
Dan remplace Bruno Gazzotti (désormais occupé par Seuls, écrit par Vehlmann) dans un style voisin : ses pages sur fond noir sont efficaces, avec un découpage bien pensé. Tout ça est très prometteur.

- Spirou et Fantasio : Le Groom de Sniper Alley 4. Spirou et Fantasio arrivent au musée mais voient la stèle leur échapper quand deux hommes, dont le conservateur de l'endroit, s'en empare. Heureusement, l'homme consent à les laisser en disposer tandis que le comte de Champignac, de son côté, a appelé des collègues en renfort pour aider les héros dans leur quête...
Ce nouvel épisode est plus bref mais toujours aussi mouvementé : Vehlmann arrive à la seconde partie de son histoire qu'il a annoncé plus inspirée par Indiana Jones. Jusqu'à présent, c'est un sans-faute, sans doute ce que le scénariste a produit de mieux avec la série.
Yoann est également en forme, réussissant notamment une scène de fusillade complètement délirante.

- Ernest et Rebecca : La Boîte à blagues 7/7. Pépé Bestiole est de nouveau hospitalisé et Rebecca distribue les blagues qu'elle a récoltées en espérant que cela accélèrera sa guérison.
C'est la fin de l'aventure pour Rebecca : le dénouement concocté par Bianco est à la fois rapide (un petit peu trop) mais bien dosé dans l'émotion. J'ai beaucoup aimé cette histoire, une vraie découverte. Les dessins de Dalena ont été une autre révélation, qui ajoute au charme de cette série.

- Katz. Del et Ian Dairin servent deux gags très marrants : le premier respire le vécu, le second est d'un délire réjouissant. J'aime bien ce minou.

- Mélusine. Clarke s'amuse (et nous avec) avec la fée Mélisande lors d'une visite au cimetière pour un nouveau cours bien spécial. Depuis quelques semaines, les gags sont moins percutants, mais ça reste délicieux.

- Les Campbell : Sous le masque de Morgan 2/2. Campbell tombe dans un traquenard tendu par le Turc. Malgré ses efforts, il est vaincu et se rappelle quand il a découvert qui était le pirate Morgan. Itaca et Genova attendent leur père sans savoir ce qui lui est arrivé...
La seconde partie de l'épisode de Munuera offre une spectaculaire scène de bagarre et annonce une suite qui, on l'espère, ne se fera pas trop attendre. C'est donc assez frustrant niveau scénario mais visuellement, les planches confirment le talent de l'artiste dans ce registre.

- Kid Paddle. Midam livre deux planches très marrantes sur l'ingestion des liquides et leur effet cellulaire : de quoi reconsidérer la consommation d'eau et de bière... Je préfère l'auteur quand il co-signe Game Over, mais cet épisode est très bien mené.

- Capitaine Anchois. Floris donne aussi dans le récit de piraterie mais avec un humour absurde réjouissant : les personnages sont tous de sombres crétins mais leurs mésaventures (en une planche comme en un strip) sont un régal.

- Rob. James et Boris Mirroir continuent d'ironiser sur le sport. Au point d'avoir raison de leur robot ? A suivre, toujours avec le sourire.

- L'Atelier Mastodonte. Mathilde Domecq entraîne Jérôme Jouvray dans le monde de la moto, après avoir eu raison de Lewis Trondheim. Les semaines passent et cette série est toujours aussi jubilatoire, les auteurs se succédant avec un égal bonheur.

- Le Petit Spirou. M'sieur Mégot découvre le secret de la bonne humeur permanente de son élève, mais la technologie résistera-t-elle au terrible prof de sport du petit groom ? Tome et Janry réussissent un bon gag - en attendant le retour du Dad de Nob. (Voir ci-dessous :)   


En Direct de la Rédak offre une interview du réalisateur Benoît Mariage, membre du jury pour le prochain défi Spirou. Et la semaine prochaine, Buck Danny revient dans la revue.
Les Aventures d'un Journal revient sur un concours lancé en 1964 par Peyo quand il signait Johan et Pirlouit. 

Enfin, les abonnés ont entre les mains la 4ème et dernière pièce du poster Zombillenium d'Arthur de Pins (un bien beau poster d'ailleurs).