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samedi 12 septembre 2020

EMPYRE : AVENGERS - FALLOUT #1, de Al Ewing et Valerio Schiti


Empyre est terminé. Enfin... Pas encore puisque deux épilogues sont parus ce Mercredi pour vraiment boucler l'intrigue en racontant ses conséquences. Enfin... Pas vraiment non plus. Car c'est la clé de l'afffaire, Al Ewing (et Dan Slott dans Empyre : Fantastic Four - Fallout #1) tease le futur et donne une perspective qui faisait défaut à leur saga. Valerio Schiti achève, lui, en beauté sa prestation.


Hulkling a mis sa grand-mère, R'kll sous les verrous. Elle lui raconte comment elle a sacrifié sa fille, Anelle, et infiltré les Kree. Mais elle prévient aussi son petit-fils contre les humains, certaine qu'ils le trahiront un jour...


Hulkling et Wiccan se remarient en grandes pompes à bord du vaisseau-amiral de la flotte Kree-Skrull devant un impressionnant parterre d'invités. Ils fêtent le couple et savourent leur victoire contre les Cotati. Thor porte un toast avec Tony Stark et Captain America au défunt Captain Mar-Vell.


Mais tout le monde n'est pas satisfait de l'issue de ce conflit : Abigail Brand gifle Carol Danvers pour l'avoir tenue à l'écart et annonce la dissolution de la Divison Alpha dans la foulée. L'ambiance se fige et oblige à une remise en question des héros.


Reed Richards admet qu'il faudrait que Avengers et Fantastic Four se concertent davantage à l'avenir devant un danger semblable. Et qu'il leur faut soutenir Hulkling, désormais garant de l'alliance Kree-Skrull.


Hulkling, en privé, blame le Super-Skrull et Captain Glory pour leur conduite durant la guerre. Mais, dans le futur, l'alerte de R'kll se confirme...

A la lecture de ce premier épilogue, deux sentiments se dégagent : d'abord, celui que Al Ewing est bien plus à son aise quand il écrit seul et qu'il anime des personnages confrontés à des choix qu'à des grandes batailles ; ensuite que Empyre a sans doute surtout servi à préparer un prochain event.

Ce dernier point est à double tranchant. Si on considère tout cela positivement, il est évident que Al Ewing prend les commandes avec l'aval de son éditeur pour mener les Avengers vers une prochaine grande aventure. D'ici à penser que Ewing va remplacer Jason Aaron à l'écriture de la série Avengers, je ne sais pas, mais il a de toute évidence des plans précis que Guardians of the Galaxy ne lui suffira pas à développer (même si ce titre va sûrement exploiter, comme on l'a lu dans son dernier numéro, la situation post-Empyre).

Par contre, si on estime cela plus négativement (plus lucidement ?), on ne peut pas s'empêcher de trouver que consacrer tout un event comme un Empyre juste pour préparer une prochaine saga est quand même limite. Si des efforts avaient été faits, aussi bien de la part des auteurs que de l'équipe éditoriale, pour construire une histoire un peu plus rigoureuse, le lecteur en aurait autrement profité. D'où cette impression de "tout ça pour ça".

Ewing est certes un scénariste qu'il faut suivre car il a du talent (son run sur Immortal Hulk en ce moment et ses Guardians of the Galaxy en attestent). Mais c'est encore un talent frais, qui a besoin de s'affirmer, de maîtriser des blockbusters. Auparavant, il a quand même été cantonné à des séries B comme USAavengers (ex New Avengers) ou Ultimates (quand ce nom ne servait plus que de marque, sans rapport avec l'oeuvre de Millar), avec des personnages de troisième rang et un ton inégal. Au contact d'un autre jeune auteur prometteur (quoique moins supporté par Marvel), Jim Zub, et d'un vétéran, Mark Waid, il a ensuite co-écrit Avengers : No Surrender, avec ses seize épisodes mouvementés mais un peu passés à l'as juste avant la reprise des Avengers par Aaron. Un CV qui ressemble beaucoup à celui d'un apprenti.

Empyre a souffert d'un manque flagrant d'expérience pour animer une saga de ce calibre, avec trop de parlotte, pas assez d'action (ou alors trop vite expédiée), pas assez d'ampleur. Cet épilogue ne corrige pas cela. Mais il a le mérite de revenir vraiment sur les conséquences de ce qui vient de se passer (ce que néglige souvent les events Marvel). Des scènes comme le savon que passe Abigail Brand à Carol Danvers ou l'appel de Mr. Fantastic à davantage coordonner les efforts des héros sont des ajouts précieux. Et le twist final est alléchant (je ne le spoile pas).

Il m'a aussi semblé que Ewing manifestait un intérêt pour les Young Avengers. La position de Hulkling et Wiccan, les présences de Kate Bishop, America Chavez, Speed, Marvel Boy (même s'il fait désormais partie des Gardiens de la galaxie) cela ressemble à une réunion de famille. Est-ce là son prochain projet, puisque le scénariste a laissé entendre que Marvel couvait ses Jeunes Vengeurs pour un retour imminent ? Et le projet sur lequel travaille déjà Valerio Schiti ?

Car l'artiste italien est déjà au boulot sur une nouvelle série. Bien entendu, il n'a rien dévoilé, mais il se montre très à l'aise (comme toujours, pour tout ce qu'il dessine) pour animer ces personnages dans cet épisode. Schiti est le grand gagnant de cet event : il a prouvé sa capacité à produire ses épisodes en temps et en heure (les terminant même avec de l'avance !), il peut représenter n'importe quel héros, a designé avec brio les vilains, et n'a pas lésiné sur les décors et les appareils.

C'est une grande satisfaction, même si, pour ses fans de la première heure (dont je suis), ce n'est pas franchement une surprise. Schiti est vraiment un dessinateur qui s'est formé à la Marvel way, dont la progression a été constante, qui est très flexible (en ayant collaboré avec des scénaristes très différents) et qui sort de cette saga sans être rincé. Avec Pepe Larraz, qui a changé de statut grâce à House of X, Schiti est l'artiste-phare de Marvel (impression renforcé avec les départs de David Marquez, Chris Samnee).

Cet épilogue entretient des regrets. Et devrait instruire Marvel sur l'échec des events écrits à deux ou en collége plus large (façon Avengers vs X-Men - après lequel des gens comme Ed Brubaker avait exprimé leur frustration, et avait quitté l'éditeur). L'avenir nous dira si la leçon est retenue.

samedi 27 juin 2020

EMPYRE : AVENGERS #0, de Al Ewing et Pepe Larraz


J'ai longuement hésité avant d'entreprendre la lecture de ce premier prologue à la saga événement Marvel de cette année car je ne suis plus très friand de ce genre d'histoire. Mais le fait que ce soit dirigé par Al Ewing (dont j'ai découvert l'excellent Loki : Agent d'Asgard, durant le confinement) et dessiné par Pepe Larraz a eu raison de ma réticence. Un démarrage prometteur, même si le récit est très référencé (donc pas forcément très reader's friendly).


Tony Stark se réveille en sursaut au QG des Avengers après avoir fait un rêve évoquant la guerre entre les Kree et les Cotati. Il reçoit dans la foulée un appel de Captain Marvel car un message télépathique appelle les héros à l'aide dans la zone bleue de la Lune. Sur place, un gigantesque jardin a éclos, gardé par une sentinelle Kree.


Celle-ci est abattue grâce à l'intervention du vrai gardien des lieux, le Swordsman - ou plutôt sa réincarnation Cotati. L'ex-Avenger conduit ses amis auprès du fils qu'il a eu jadis avec Mantis, Sequoia, qui convainc Thor de provoquer une averse pour que la végétation produise enfin de la nourriture.


Quoi (le petit nom du messie céleste) résume ensuite la menace qui pèse sur l'endroit et la Terre car les Kree et les Skrulls, pourtant ennemis de toujours, se sont alliés pour décimer les Cotati et leurs complices. A la tête de l'armée ennemie : Hulkling, le fils de Captain Mar-Vell, ex-Young Avenger.


Iron Man accepte de s'opposer avec les Avengers contre les Kree et les Skrulls. Sans savoir que les Fantastic Four ont pris le parti inverse... Et c'est donc parti pour une saga cosmique qui puise dans les classiques Kree-Skrull War (Roy Thomas/Neal Adams) et Celestial Madonna (Steve Englehart, Roy Thomas/Jim Starlin). Il faudrait donc avoir bien réviser avant de se plonger dans cette aventure...


Sauf que Al Ewing accomplit un formidable boulot de mise à jour pour ceux qui ne se souviendraient pas de tout ou même n'auraient pas lu ces précédentes sagas. Le scénariste réussit le tour de force d'intégrer un résumé exemplaire dans un seul épisode et on a toutes les clés en main pour saisir les enjeux de l'histoire à venir : les origines de Hulkling, celles de Quoia, la mort et la résurrection du Swordsman, l'implication des Avengers, la situation des Cotati à la base de tout cela. C'est vraiment remarquable.

Ewing est le énième scénariste en vue à tenter de produire un event Marvel digne de ce nom. Dès qu'un de ses auteurs perce auprès de la critique et du public, l'éditeur semble le tester en lui soumettant ce défi sur lequel beaucoup se sont cassés la figure, car à force de publier une saga tous les ans (parfois plus), en usant des mêmes ficelles (comme le sacrifice d'un héros, ou plusieurs), il faut beaucoup d'indulgence pour encore croire que ça peut fonctionner. Le dernier event que j'ai lu et apprécié remonte à Fear Itself, il y a neuf ans (!), et ce n'était pourtant pas un chef d'oeuvre. Depuis, j'ai survolé Original Sin, lu bien après sa parution Secret Wars, zappé Secret Empire...

Ewing a, semble-t-il, eu les coudées franches, comme en témoigne les renvois à des sagas vieilles de plus de quarante ans. En faisant le pari de convoquer des événements aussi anciens, mais en s'échinant à les synthétiser pour contextualiser son intrigue, le scénariste s'inscrit dans une continuité louable, qui donne de la profondeur à son propos, rappelle le vécu des personnages. Je me répéte, mais Ewing parvient à condenser cela de manière exceptionnelle, claire, efficace. Il ne mise pas sur un point de départ artificiel (comme Original Sin de Aaron ou qu'il aurait eu le luxe de développer dans la série Avengers (comme Hickman quand il préparait Secret Wars), il souligne que ce qui va se passer découle de faits anciens et semble inéluctable.

La narration est aussi assez singulière puisque Ewing choisit de passer par une voix-off, celle de Tony Stark/Iron Man. Le vengeur en armure a souvent joué le rôle de semeur de troubles, notamment avec les deux Civil War (la première en endossant le costume du méchant, la deuxième en se posant en rebelle), mais Ewing le postionne de manière plus troublante (et troublée), via une astuce un peu grossière mais ingénieuse  : il a fait un rêve, qui ouvre l'épisode, et qui préfigure tout ce qui suit, manière de suggérer qu'il va falloir être méfiant avec les apparences. Et la dernière page le confirme puisqu'on voit que les Kree et les Skrulls ont le soutien des Fantastic Four (un tie-in à la saga indique que les X-Men sont aussi de leur côté) ! 

L'autre élément qui incite à rester prudent est le duo formé par le nouveau Swordsman et son fils, l'autoproclamé messie céleste (comme sa mère, Mantis, fut la madonne céleste). En les installant dans la zone bleue de la Lune (où existe une poche d'oxygène), devenue un vaste jardin cultivé par les Cotati, on a le sentiment d'un paradis en danger. Mais, dans le même temps, l'ouverture de l'épisode nous instruit sur le fait que cet Eden est né d'un bain de sang, d'un génocide. Par ailleurs, la façon de s'exprimer de Quoi laisse planer le doute : ce jeune dieu joue sur la corde sensible (Thor est présenté comme son "oncle"). Comment ne pas vouloir l'aider ? Mais aussi cela n'est-il pas trop beau ? L'attitude belliqueuse de Captain Marvel (une fois de plus mise en avant, ce qui ne va pas aider à la rendre sympathique, comme Marvel le souhaiterait tant, à l'image du film dont elle a été la vedette - il faudrait quand même que l'éditeur songe à aligner ces deux versions, en positif ou en négatif) contribue définitivement à envoyer les Avengers en guerre.

Enfin, il faut admettre que l'affaire est très séduisante grâce au dessin. Pepe Larraz est désormais une star chez Marvel, son statut a complètement basculé depuis House of X, c'est l'artiste qu'on emploie dans le grandes occasions (il sera aussi de la partie pour l'event mutant, X of Swords). On peut trouver ça frustrant, personnellement j'aimerai qu'on le voit plus souvent, sur un titre régulier. Mais il semble pris dans la même roue où, jadis, Steve McNiven ou Olivier Coipel furent enfermés.

Malgré cette réserve, ses planches sont superbes. Larraz sait à merveille poser une action et y insuffler une énergie folle, on est absorbé par le fil de l'histoire grâce à son découpage spectaculaire, la luxuriance de ses images (la végétation de la zone bleue rappelle évidemment celle de Krakoa). Et il anime les personnages avec majesté. Donnez-lui, comme ici, les Avengers et, à l'instar des X-Men, il les dote d'une superbe incroyable. L'entrée en scène du Swordsman a une gueule épatante. Le résumé de la situation par Quoi est admirablement retracé par des compositions qui n'ont rien à envier à un Alan Davis des grands jours (d'ailleurs le trait de Larraz, rond, vigoureux, expressif, fait penser à celui du maître). Et les couleurs de Marte Gracia se marient à la perfection avec son encrage bien appuyé.

Empyre s'annonce donc sous les meilleurs auspices. Sa réalisation est d'ailleurs déjà bouclée puisque Valerio Schiti, qui dessine la saga centrale, n'a pas chômé durant le confinement (et ceux qui ont pu voir ses pages ont été vivement impressionnés). Avant d'embarquer, il sera intéressant de lire l'autre prélude, Empyre : Fantastic Four (disponible le 8 Juillet et dessiné par... R.B. Silva - Marvel ne perd pas le Nord en recrutant l'artiste de Powers of X), pour comprendre pourquoi ces derniers ont pris le parti adverse des Avengers.

mercredi 27 mars 2019

MCU (MARVEL CINEMATIC UNIVERSE) TIMELINE

Et si on révisait un peu notre MCU un mois avant
la sortie en salles de Avengers : Endgame ?


Naissance des Pierres d'Infinité à la suite d'irrégularités cosmiques
prééexistantes à notre univers.


Le Collectionneur et le Grand Maître prennent vie
en même temps que la planète pensante Ego.


Chute d'une météorite de Vibranium sur Terre, 
qui deviendra la ressource du Wakanda.


- 2988 :
Odin empêche la destruction des Neuf Royaumes par
Malekith et les Elfes Noirs. Il emprisonne sa fille Héla qui
s'était retournée contre lui.
- 965 :
- Après une bataille contre les Géants des Glaces, il adopte Loki.


1940 :
Johan Schmidt devient Crâne Rouge à cause d'un sérum
du Super-Soldat défaillant.


1942 :
Crâne Rouge trouve le Tesseract en Norvège.


1943 :
Steve Rogers devient Captain America.


1945 :
Capture de Arnim Zola.
"Mort" de Bucky Barnes.
Captain America affronte Crâne Rouge qui se téléporte
sur Vormir grâce au Tesseract.


1949 :
Bucky Barnes, récupéré par les Russes, devient le Soldat de l'Hiver.


1978 :
Ego prend forme humaine et rencontre Meredith Quill sur Terre.
Elle donnera naissance à Peter Quill/Star-Lord.


1984 :
Hank Pym met au point la combinaison de Ant-Man.


1987 :
Thanos adopte Gamora et Nebula dont il a tué les parents.
Janet Van Dyne est piégée dans le Monde Quantique.


1988 :
Mort de Meredith Quill.
Peter Quill est recuelli par Yondu Udonta.


1989 :
Démission de Hank Pym du S.H.I.E.L.D. à qui il refuse
de livrer le secret de ses particules rétrécissantes.
Assassinat de Howard et Maria Stark par le Soldat de l'Hiver.


1995 :
Retour sur Terre de Carol Danvers en tant que Captain Marvel.
Rencontre avec Nick Fury.
Découverte de la présence de Skrulls infiltrés.


2005 :
Exposition aux rayons Gamma de Bruce Banner qui devient Hulk.


2010 :
Prise d'otage de Tony Stark en Afghanistan. 
Création de la première armure de Iron Man.


2011 :
Affrontement Thor-Loki.
Tony Stark devient consultant pour le SHIELD.
dans le cadre de l'Initiative "Avengers".


2012 :
Bataille de New York entre les Avengers et Loki allié aux Chitauri.


2013 :
Retour de Malekith pour la conquête de l'Ether.


2014 :
Affrontement entre Captain America et le Soldat de l'Hiver.
Nick Fury et Black Widow découvrent que le SHIELD est infiltré par l'HYDRA.


2015 :
Les Gardiens de la Galaxie affrontent successivement
Ronan l'Accusateur puis Ego.
Captain America et le Faucon capturent le Soldat de l'Hiver.


2015 :
Création de Ultron par Tony Stark et Bruce Banner.
Ultron est vaincu par Vision, né de la fusion 
de la Pierre de l'Esprit et de l'Intelligence Artificielle
J.A.R.V.I.S..


2016 :
Vote de la loi de recensement de super-héros.
Schisme au sein des Avengers.
Stephen Strange part au Népal apprendre la magie auprès de l'Ancien.


2017 :
Le Dr. Strange piège Dormammu dans une boucle temporelle et sauve la Terre.
Hank Pym avec l'aide de Scott Lang et Hope Van Dyne ramène Janet Van Dyne 
du Monde Quantique.


2017 :
T'Challa devient Black Panther et roi du Wakanda.
Son cousin Killmonger lui dispute le trône.


2017 :
Mort d'Odin. 
Hela affronte Thor, Loki, Hulk et Vakyrie.
Destruction d'Asgard.


2018 :
Thanos rassemble les Pierres d'Infinité.
Extermination de la moitié de la population de l'univers pour rétablir l'équilibre.
Nick Fury envoie un S.O.S. à Captain Marvel.
Ant-Man est coincé dans le Monde Quantique.


2019 :
"Avenge the Fallen."

dimanche 10 mai 2015

Critique 614 : AVENGERS - NIGHTS OF WUNDAGORE, de David Michelinie, Mark Gruenwald, Steven Grant et John Byrne


AVENGERS : NIGHTS OF WUNDAGORE rassemble les épisodes 181 à 187 du premier volume de la série, écrits par David Michelinie (# 181-184) avec Mark Gruenwald et Steven Grant (pour l'intrigue des # 185-187) et dessinés par John Byrne, publiés en 1979 par Marvel Comics.
*
- Avengers # 181-184 (Histoire et dialogues de David Michelinie, dessins de John Byrne) - En rentrant au manoir des Avengers après une séance au cinéma, Wonder Man et le Fauve sont attaqués par le nouveau système de sécurité de la demeure, installé par Scott Lang (un employé de Tony Stark).
Une réunion est organisée par Henry Peter Gyrich, l'agent de liaison du gouvernement qui est présent pour annoncer aux Avengers que, s'ils veulent conserver leurs privilèges, leur groupe ne doit plus compter que sept membres, choisis par l'administration en place. 
L'équipe sera donc composée de Iron Man, la Vision, Captain America, Scarlet Witch, le Fauve, la Guêpe et (surprise) le Faucon (ce qui provoque la colère de Hawkeye).  
Très vite, ils sont attaqués par une force extérieure qui s'en prend psychiquement à Quicksilver puis Scarlet Witch. Leur adversaire est localisé grâce à sa signature énergétique par Jocaste, l'androïde, et se révèle être un vieux gitan qui déclare être le père de Pietro et Wanda (dont la généalogie a toujours été incertaine).
Au terme d'une brève bataille, ils acceptent de le raccompagner en Transie dans l'espoir dans apprendre plus.
Peu après, Clint Barton croise la route de l'Homme-Absorbant en cavale et cherche à l'arrêter. Leur affrontement dégénère vite et les Avengers viennent à sa rescousse. Au terme d'une lutte qui cause beaucoup de dégâts sur les docks, les héros échouent pourtant à capturer leur adversaire qui voulait gagner l'Amérique du Sud à bord d'un cargo en ayant pris une jeune femme en otage.

- Avengers # 185-187 (Histoire de Mark Gruenwald et Steven Grant, dialogues de David Michelinie, dessins de John Byrne) - Wanda et Pietro ont gagné la Transie avec Django Maximoff, le vieil homme russe qui prétend être leur père. La nuit venue, dans l'auberge où ils se sont arrêtés, Wanda reçoit la visite du mystérieux magicien Mordred, prêt à lui révéler toute la vérité sur son passé familial. Mais c'est un piège car cet inconnu sert une entité malfaisante en provenance du mont Wundagore voisin et en relation avec les expériences du Maître de l'Evolution. Lorsque Quicksilver découvre la disparition de sa soeur, ils alertent les Avengers.

Alors que Panini Comics vient de republier une partie de ces épisodes dans la nouvelle version de sa revue Marvel Classic (les épisodes 181-182 et 185-188. Pour trouver les épisodes 183-184, il faut se procurer l'Anthologie Nous sommes les Avengers, publiée pour profiter du film Avengers : l'ère d'Ultron), je me suis procuré ce recueil pour relire ces histoires découvertes, il y a bien longtemps dans un double album chez Arédit.

L'intérêt principal de cette saga est d'avoir clarifié pour la première fois les origines familiales de Scarlet Witch (Wanda Maximoff) et Quicksilver (Pietro Maximoff), et il est intéressant de s'y replonger au moment où Rick Remender dans sa série Uncanny Avengers procède à leur remaniement (plus motivé, semble-t-il, pour enquiquiner la Fox que pour des considérations artistiques puisque le studio, qui exploite les mutants au cinéma, empêche les studios Marvel d'utiliser le terme "mutants" dans la franchise Avengers sur grand écran). 

Toutefois, avant d'en arriver au coeur de l'album, David Michelinie, seul aux commandes, a le temps de développer une première intrigue aussi instructive et palpitante quand il met en scène Henry Peter Gyrich forçant les Avengers à réduire leur nombre pour continuer d'agir dans la légalité.
Déjà, à cette époque (mais en vérité, c'est comme ça depuis toujours), on pouvait constater que l'équipe accueillait tout le monde et que sa composition variait régulièrement. La chose amusante réside dans le fait qu'à peine reconfiguré, le groupe évolue tout de suite puisque Scarlet Witch est neutralisée, puis que Hawkeye a droit à un dernier coup d'éclat dans la bagarre contre l'Homme-Absorbant à laquelle participe Ms Marvel, avant que la Vision soit obligé de rester de garde et que Wonder Man le supplée sur le terrain. Bref : essayer de figer les Avengers dans leur nombre est impossible, il y en a toujours un qui traîne avant de partir, un autre qui déclenche une baston avec un fugitif, un autre qui doit rester à la maison...
Michelinie s'en amuse volontiers quand, excédé, Captain America téléphone au Président des Etats-Unis afin que les Avengers puissent porter secours à Quicksilver en Transie.

L'affrontement avec Carl Creel (l'Homme-Absorbant) est spectaculaire et fondé sur des motivations atypiques pour cet adversaire (il veut fuir pour refaire sa vie loin du bandistime). Et les relations entre les héros sortent elles aussi de l'ordinaire (comme lorsque Jocaste tente de trouver du réconfort auprès de la Vision qui a la tête ailleurs, ou que Hawkeye exprime son amertume d'être exclu du groupe après l'avoir loyalement servi, jaloux aussi d'être remplacé par un débutant sans pouvoir comme le Faucon). Michelinie réussit à animer tout cela en peu de pages, via des scènes rapides mais souvent touchantes (même si Janet Van Dyne reste l'archétype de la femme soumise à son compagnon Hank Pym, à qui elle promet des retrouvailles torrides quand elle le retrouvera après chaque mission pendant que lui passera son temps dans son laboratoire). 

Puis, donc, on arrive au plat de résistance du recueil et à une redistribution des rôles : Michelinie se "contente" de dialoguer les épisodes 185 à 187 sur une intrigue de Steven Grant et (surtout) Mark Gruenwald (bien connu pour avoir été un scénariste et un editor très au fait de la continuité Marvel pendant une dizaine d'années). Le but des auteurs est clair : il faut définir les origines de Wanda et Pietro, rattachées jusqu'ici à deux personnages du Golden Age, Miss America et the Whizzer.

Evidemment, aujourd'hui, tout amateur des comics Marvel lie Scarlet Witch et Quicksilver au mutant Magnéto, mais cette parenté n'a été établie qu'après ces épisodes (et à nouveau modifiée récemment). Gruenwald et Grant mêlent donc à cette histoire généalogique une bonne dose de magie, d'aventures, et d'action dans un cadre exotique (un pays fictif d'Europe de l'Est, décrit avec force clichés), avec comme figurants des personnages et des éléments au diapason (le Maître de l'Evolution, Mordred, l'ouvrage de magie noire Darkhold).

Même si la représentation de l'univers gitan et un dénouement mélodramatique à l'excès suscitent des sourires ironiques, le récit se déroule sur un rythme soutenu et l'équipe d'Avengers, même si leurs pouvoirs sont moyennement bien exploités (à l'image de Ms Marvel, qui ne sert vraiment pas à grand-chose), agit avec efficacité. On trouvera même dans ces chapitres la base de sagas futures comme celles que développeront John Byrne (dans son run des West Coast Avengers, avec l'arc Darker than Scarlet) et Brian Michael Bendis (avec la saga House of M), à partir des névroses de Wanda. 

Les dessins sont signés par John Byrne qui officiait à l'époque aussi sur Uncanny X-Men (écrit avec Chris Claremont). On peut légitimement considérer sa prestation comme un document rare puisque celui qui a tellement brillé chez Marvel n'a illustré qu'exceptionnellement les Avengers (il les mettra en scène ensuite, mais de manière secondaire, lors de son run sur Fantastic Four) alors qu'il aurait pu en être un des grands artiste.

Sa prestation est magistrale, avec un découpage très énergique, des compositions très vigoureuses (remarquablement mises en valeur, évidemment, dans les scènes de combat - le sommet étant atteint lors de la bagarre contre l'Homme-Absorbant).
La capacité de Byrne pour camper n'importe quel personnage, découper de façon claire et tonique chaque instant, informer visuellement le lecteur sans le noyer de détails, reste un modèle du genre. Il s'offre même de purs morceaux de bravoure (comme lorsqu'il s'agit de montrer tous les Avengers convoqués par Gyrich autour d'une table, ou quand l'Homme-Absorbant devient un géant après avoir pompé la puissance d'un cargo, ou quand Wanda est possédée par Chton).

La surprise vient de l'encrage où il ne bénéficie pas de son complice Terry Austin, mais d'abord de Gene Day (honnête mais sans plus) puis de Klaus Janson (sur le # 182) : celui qui n'assistait pas encore Frank Miller sur Daredevil offre un coup de main étonnant mais convaincant, avec des effets sur les lumières et les textures remarquables. Puis Dan Green réalise les finitions pour la suite, avec beaucoup de soin. 

Plus de 35 ans après leur parution, ces épisodes ont conservé une force et une fraîcheur intactes, leur narration demeure un exemple de fluidité et de densité, bien loin des modèles actuels, avec un graphisme percutant et élégant à la fois. Parfait donc pour les nostalgiques du Silver Age mais aussi assurément encore très impressionnant pour ceux qui découvriront cette saga.

jeudi 7 mai 2015

Critique 612 : AVENGERS 2 - L'ERE D'ULTRON, de Joss Whedon


AVENGERS : L'ERE D'ULTRON (Age of Ultron, en v.o.) est le deuxième film consacré à l'équipe de super-héros (après le premier sorti en 2012). C'est aussi le 11ème film adapté d'un comic-book Marvel produit par Marvel Studios et distribué par Disney (après Iron Man 1, 2 et 3 ; Captain America 1 et 2 ; Hulk 1 et 2 ; et Les Gardiens de la Galaxie).


Le film est écrit et réalisé par Joss Whedon, d'après les personnages créés par Stan Lee et Jack Kirby. D'une durée de 122', sa direction artistique est signée par Mike Stallion, sa photographie par Ben Davis.
Avengers 2 est sorti en salles en France le 22 Avril 2015.

Dans les rôles principaux, on trouve : (ci-dessus, de gauche à droite) Elisabeth Olsen (Wanda Maximoff/Scarlet Witch), Samuel L. Jackson (Nick Fury), Jeremy Renner (Clint Barton/Hawkeye), Mark Ruffalo (Bruce Banner/Hulk), Robert Downey Jr (Tony Stark/Iron Man), Chris Evans (Steve Rogers/Captain America), Chris Hemsworth (Thor), Scarlett Johansson (Natasha Romanoff/Black Widow) et Aaron Taylor-Johnson (Pietro Maximoff/Quicksilver).
S'ajoute à la distribution : Paul Bettany (JARVIS/La Vision), James Spader (Ultron), Cobie Smulders (Maria Hill), Andy Serkis (Ulysses Klaw), Don Cheadle (James Rhodes/War Machine), Anthony Mackie (Samuel Wilson/Falcon), Stellan Skarsgard (Dr Erik Selvig), Claudia Kim (Dr Helen Cho), Idris Elba (Heimdall), Hayley Atwell (Peggy Carter), Julie Delpy (Madame X) et Josh Brolin (Thanos).   
*
ATTENTION ! SPOILERS !

Un an après le démantèlement du SHIELD (voir Captain America : Le Soldat de l'hiver ), l'équipe de super-héros des Avengers - Iron Man, Captain America, Thor, Hulk, Black Widow et Hawkeye - sont à nouveau en action pour prendre d'assaut une des bases de l'organisation terroriste d'HYDRA en possession du sceptre de Loki (demi-frère de Thor). 
L'objet se trouve en Sokovie, un petit pays d'Europe de l'Est, dans un Q.G. tenu par le Baron Strucker, qui rechigne à utiliser contre les héros ses "jokers", deux jumeaux "optimisés" grâce à l'arme venue d'Asgard, Pietro et Wanda Maximoff (respectivement doués de super-vitesse et d'un mélange de télépathie-télékinésie), mais ses soldats ne font pas le poids face à l'adversaire. 
Captain America et Thor à l'assaut de la base de l'Hydra en Sokovie
(Chris Evans et Chris Hemsworth)

Strucker préfère, avant de se rendre, que son bras-droit (le Dr List) efface toutes les données informatiques sur ses projets scientifiques. Mais les jumeaux désobéissent à leur maître et interviennent après sa reddition : tandis que Pietro distrait les Avengers dehors, blessant notamment Hawkeye, Wanda manipule psychiquement Tony Stark en lui montrant une vision futuriste où il cause la mort de ses amis. 
Malgré tout, les Avengers repartent en ayant récupéré le sceptre de Loki.
Tony Stark/Iron Man et Bruce Banner/Hulk débattent du projet Ultron.
(Robert Downey Jr et Mark Ruffalo)

Revenu à New York, dans la tour Stark (reconvertie partiellement en QG pour l'équipe), Tony Stark compte mettre à profit les deux jours que lui accorde Thor pour analyser le sceptre afin de s'en servir pour finaliser un programme d'intelligence artificielle grâce auquel il pense pouvoir sécuriser la Terre. 
Ce projet baptisé Ultron n'enchante pas son collègue Bruce Banner (l'alter ego de Hulk) même s'il accepte finalement de l'aider à "doper" l'unité informatique JARVIS pour créer une nouvelle génération de l'Iron Legion, l'armée de soldats mécaniques de Stark destinée à suppléer les Avengers en cas de nouvelle menace globale. 
Les Avengers et leurs amis fêtent leur victoire contre l'Hydra
(de gauche à droite : Cobie Smulders/Maria Hill, Chris Evans/Steve Rogers,
Don Cheadle/James Rhodes, Claudia Kim/Dr Helen Cho, Chris Hemsworth/Thor,
Robert Downey Jr/Tony Stark, Jeremy Renner/Clint Barton, Mark Ruffalo/Bruce Banner,
Scarlett Johansson/Natasha Romanoff). 

Les procédures de Stark et Banner échouent, mais cela n'empêche pas le milliardaire d'organiser une soirée avec ses alliés pour fêter leur victoire en Sokovie. S'y joignent James Rhodes (alias War Machine, l'officier de l'armée ami de Stark), Sam Wilson (alias Falcon, partenaire de Steve Rogers), Maria Hill (l'ex-adjointe de Nick Fury au SHIELD) et le Dr Helen Cho, une savante coréenne qui a soigné Barton grâce à un protocole révolutionnaire de reconstitution cellulaire.
Natasha Romanoff/Black Widow flirte avec Bruce Banner/Hulk.
(Scarlett Johansson et Mark Ruffalo)

Ce cocktail donne l'occasion aux héros de mieux faire connaissance : ainsi Romanoff et Banner flirtent, et les hommes de l'équipe sont défiés par Thor à soulever son marteau Moljnir (sans succès). Personne ne sait que pendant ce temps Ultron s'est auto-activé, a absorbé JARVIS et pris les commandes de l'Iron Legion afin de concrétiser le but de son concepteur de manière radicale : assurer la paix mondiale en éradiquant l'espèce humaine. 
Attaqués par le robot, encore en cours de finition, les Avengers contiennent l'assaut de ses troupes mais sans l'empêcher de s'enfuir avec les sceptre ni d'infiltrer le réseau Internet (où il va chercher un moyen d'améliorer son incarnation physique).
Mais la bataille a révélé à tous le projet secret de Stark et provoqué de vives tensions au sein du groupe.
Ultron veut se renforcer avec l'aide d'Ulysses Klaw.
(James Spader et Andy Serkis)

Ultron gagne la Sokovie où il fabrique une armée de drones. Les jumeaux le rejoignent et concluent une alliance avec lui car ils veulent se venger de Stark, dont les armes ont détruit leur village et tué leurs parents (entraînant leur engagement dans l'HYDRA comme volontaires pour leurs expériences, à l'origine de leurs pouvoirs). 
Ultron est en quête de vibranium, ce métal rare avec lequel a été façonné le bouclier de Captain America : bien que ses filons sont officiellement épuisés, le robot contacte un trafiquant, Ulysses Klaw, capable de lui en procurer. La négociation est âpre mais à l'avantage d'Ultron, jusqu'à ce que les Avengers débarquent, après avoir remonté sa piste grâce à la technologie de Stark (qui a fait aussi affaire autrefois avec Klaw). 
Iron Man affronte Ultron pendant que le reste de l'équipe tente de neutraliser les jumeaux. Wanda torture mentalement Black Widow, Thor et Captain America en les confrontant aux démons de leur passé (pour elle sa formation en Russie, pour le dieu du tonnerre la décadence d'Asgard et le super-soldat le souvenir de sa vie dans les années 40). Seul Hawkeye évite l'envoûtement et éloigne les jumeaux en devançant leurs attaques. 
Mais Wanda n'a pas fini de causer des dégâts puisqu'elle déchaîne la colère de Hulk qui dévaste alors la ville voisine. Iron Man est obligé de laisser fuir les jumeaux et Ultron pour tenter de raisonner le colosse. Leur duel aboutit à la victoire de Stark mais force l'équipe à battre en retraite car la population civile et les forces de l'ordre les considèrent à présent comme un danger public.
Clint Barton/Hawkeye songe à se retirer après cette mission.
(Jeremy Renner)

Hawkeye offre alors à ses partenaires une solution de repli en les conduisant chez lui, à la campagne - l'occasion de leur présenter sa famille (il est marié et père de deux enfants, sa femme est enceinte), dont tous (sauf Romanoff) ignorait l'existence.
Les héros font le point sur la situation et leurs relations (la romance compliquée entre Romanoff et Banner, les divergences philosophiques entre Rogers et Stark), mais Thor s'éclipse pour analyser les visions qu'il a eues auprès de son ami, le Dr Erik Selvig. 

Ultron est à présent à Séoul où il a investi le laboratoire du Dr Helen Cho afin qu'elle l'aide avec sa machine de régénération cellulaire : il veut produire un nouveau corps de synthèse à base de vibranium et avec l'énergie contenue dans la gemme du sceptre de Loki. 
Une fois cette enveloppe presque prête, Ultron commence à y transférer sa personnalité mais Wanda en profite alors pour la sonder et y découvre le plan du robot. Les jumeaux, bouleversés par ce projet cataclysmique, préfèrent fausser compagnie à leur allié.

Chez Barton, les Avengers reçoivent la visite inattendue de Nick Fury, disparu depuis la fin du SHIELD, et qui les remotive pour vaincre Ultron dont il a deviné les intentions (évoluer pour être plus puissant).
Rogers, Barton et Romanoff s'en vont en Corée du Sud pour sauver le Dr Cho et Stark part pour Oslo où il pourra mieux protéger le réseau Internet et empêcher Ultron d'accéder aux codes de l'armement nucléaire. 
Natasha Romanoff/Black Widow est captive d'Ultron.
(Scarlett Johansson)

À Séoul, Captain America combat Ultron qui voient les jumeaux se retourner contre lui. Black Widow réussit à subtiliser la réplique du robot que récupère Hawkeye. Mais l'espionne est capturée par le robot qui se replie. Wanda et Pietro se joignent aux héros avec lesquels ils repartent.
Extension de JARVIS et d'Ultron à la fois, la Vision choisit d'aider les Avengers.
(Paul Bettany)

A la tour des Avengers, Stark voit dans le corps synthétique façonné par Ultron et ramené par Hawkeye une opportunité de battre leur ennemi car il pense que cette créature a intégré la bienveillance de JARVIS et la puissance de la gemme du sceptre de Loki. Mais l'activation de cette réplique ne plait pas aux autres héros. C'est Thor lui-même, qui resurgit soudainement, qui le libère avec Mjolnir. 
Le dieu du tonnerre justifie ensuite son action en expliquant qu'il a compris que les différentes pierres d'infinité sont toutes à l'origine des événements survenus dans l'univers récemment (le Tesseract, l'Éther, l'Orbe et la Pierre de l'Esprit). Le "fils" d'Ultron qui en porte une désormais pourrait donc effectivement être la solution contre le robot fou. 
Appelé La Vision, l'androïde accepte d'aider les Avengers contre son créateur et achève de les convaincre de sa valeur en réussissant à soulever Mjolnir.
D'abord alliés d'Ultron, Pietro Maximoff/Quicksilver et
Wanda Maximoff/Scarlet Witch décident aussi de l'affronter.
(Aaron Taylor-Johnson et Elisabeth Olsen)

En Sokovie, dans l'ancienne forteresse de Strucker, Ultron a planté un gigantesque pilier jusque dans les profondeurs de la terre. Ainsi, il compte soulever la ville voisine puis la laisser retomber, le choc provoquera une secousse telle qu'elle pourrait détruire toute vie sur la planète.
Tandis qu'il part "recevoir" les Avengers, Ultron laisse Black Widow dans une cellule où la retrouve Banner. Dehors, la bataille a débuté et Romanoff pousse son ami à se transformer en Hulk pour partir aider les héros.

Les Avengers s'occupent d'évacuer les habitants de la ville attaqués par l'armée d'Ultron pendant qu'Iron Man défie Ultron. La cité commence son irrésistible ascension. 
Les Avengers réunis pour le dernier round contre Ultron.
(De gauche à droite : Hulk, Captain America, Thor, Iron Man, Black Widow et Hawkeye)

Nick Fury, aux commandes d'un héliporteur et de plusieurs agents dissidents du SHIELD, arrive pour assister l'équipe auprès des civils. War Machine est aussi là en renfort. Pietro Maximoff tombe sous le feu nourri des drones ennemis ce qui fait quitter son poste, auprès du pilier central, à sa soeur jumelle, Wanda.  
La ville complètement évacué, Iron Man laisse Thor détruire avec sa foudre le pilier, ce qui pulvérise l'endroit sans créer de dommages au sol. 
Aux alentours du cratère formé par le décollage de la ville, la Vision retrouve le dernier avatar d'Ultron et le détruit, préférant donner une chance à l'humanité.
Dans la confusion, Hulk a préféré s'éclipser pour ne plus mettre en danger ses co-équipiers et les civils.

Alors qu'ils s'installent dans un nouveau bâtiment financé par Stark, les Avengers assistent au départ de Thor pour Asgard (où il va enquêter sur les Pierres d'Infinité) puis de Tony Stark (qui songe à se retirer comme Barton). Captain America devient de facto le nouveau leader, aux côtés de Black Widow, avec un groupe composé de la Vision, Wanda Maximoff, Falcon et War Machine.

Ailleurs, Thanos enfile le Gant d'Infinité et annonce qu'il va désormais récupérer les gemmes tout seul.
*
Artwork pour Avengers : Age of Ultron.

Trois ans après le premier film qui a réuni les Vengeurs, Joss Whedon a donc livré une nouvelle super-production (au budget estimé de 250 millions de $ !) avec l'ambition de faire plus fort mais aussi plus sombre, tout en prenant en compte des éléments développés dans les aventures solos d'Iron Man, Thor et Captain America mais aussi des Gardiens de la Galaxie (même si ces derniers ne sont ni présents ni même évoqués ici).

Les références citées par le cinéaste sont à la (dé)mesure du projet : il a évoqué Le Parrain 2 (de Francis Ford Coppola) et L'Empire contre-attaque (d'Irvin Kershner, deuxième volet de la première trilogie de Star Wars). Concilier ces exigences cinéphiles et le pur plaisir d'un blockbuster d'action n'était pas une mince affaire. Le résultat est une production qui ne manque pas de souffle, ni d'humour, mais souffre de coutures un peu trop grosses et d'une intrigue inégale.

La grande qualité du premier film Avengers résidait dans sa simplicité : c'était un récit en crescendo qui parvenait à réunir une demi-douzaine de héros (dont quatre avaient eu droit à leur propre production - Iron Man, Captain America, Thor et Hulk) plus un méchant (déjà présent dans le premier Thor). Certes, tout n'était pas parfait, avec des personnages parfois psychologiquement sommaires (Hawkeye surtout), un sentiment d'artificialité dans la réunion de ces super-héros. Mais pour le fan de comics comme pour le simple spectateur avide de sensations fortes ou à la recherche d'un divertissement musclé et fun, subsistaient le plaisir de voir en live les héros de son adolescence dans une aventure tonique et une collection de séquences spectaculaires jouissives (culminant avec la bataille finale, un morceau de bravoure d'une vingtaine de minutes avec une invasion extraterrestre dévastatrice en plein coeur de New York).

Il faut maintenant rappeler que Joss Whedon, qui a écrit et mis en scène ce nouvel opus, vient de la télé où sa réputation d'auteur n'est plus à faire depuis le succès de la série-culte Buffy contre les vampires (et son spin-off Angel, et dans une moindre mesure Firefly, autre production d'inspiration SF). Pourquoi préciser cela ? Parce que Avengers : L'ère d'Ultron ressemble, avec ses défauts et ses qualités, davantage à une mini-série sur grand écran qu'à un film à grand spectacle classique.

Ce que je veux dire, c'est qu'avec Age of Ultron on n'a pas un gros film mais plutôt trois épisodes mis bout à bout : la construction de l'histoire fait plus penser à un agglomérat qu'à un récit fluide de 140'. Il n'y a même pas besoin d'attendre la fin pour remarquer les trois actes qui forment l'intrigue comme autant de chapitres réunis et dont le montage souligne les transitions.

La première partie commence avec la séquence du pré-générique où les Avengers abattent une base de l'HYDRA et récupèrent le sceptre de Loki jusqu'à l'affrontement entre Iron Man (en armure Hulkbuster) et Hulk, manipulé mentalement par Scarlet Witch.

Puis une deuxième partie, que les plus sévères qualifieront de "ventre mou" du film, se déroule lorsque les Avengers se réfugient chez Hawkeye par la force des choses, à la fois parce qu'ils sont désormais considérés comme un danger public et parce qu'ils doivent se remobiliser pour trouver un moyen de vaincre Ultron et ses alliés.

Enfin, une troisième partie met en scène le groupe de héros, auquel vont venir s'ajouter Scarlet Witch, son frère jumeau Quicksilver et l'androïde la Vision, "rejeton" d'Ultron, contre Ultron lui-même, sur le point de déclencher une catastrophe pouvant détruire l'humanité.

L'écriture et la réalisation de Whedon révèlent à quel point les mécanismes narratifs des séries télé imprègnent son film. Si l'on est bien disposé, on se dit, en quittant la salle de projection, qu'on a eu droit à trois films en un. Mais en vérité, il est difficile de ne pas être gêné par un film dont les blocs narratifs sont si nettement visibles. 

Toutefois, soyons juste (ce qui ne veut pas dire qu'il faut être exagérément indulgent), il est aussi délicat d'être franchement dérangé par le contrepoint d'une telle construction et sa mise en scène. Avengers 2 n'est certes pas un film de gourmet, c'est un film de gourmand (pour reprendre une métaphore exprimée autrefois par Christophe Gans) et c'est un film généreux même s'il est un "hénaurme", excessif, surpeuplé.

Whedon a su, notamment, corriger des erreurs et des faiblesses présentes dans Avengers 1. Les améliorations les plus notables concernent la caractérisation de ses héros : c'est particulièrement remarquable dans le cas de Hawkeye, qui devient un personnage avec un vrai background, doté de dialogues sobres mais profonds, avec un impact indéniable sur l'histoire.

La dynamique du groupe peine encore parfois à convaincre, même si, sur le papier, le principe d'une équipe comme les Avengers demeure d'une désarmante simplicité (se réunir pour affronter des menaces qu'un seul d'entre eux ne pourrait vaincre). Il faut avouer que, par la force des choses et de l'interprétation de certains des acteurs, cette évidence n'est pas toujours effective : Thor et Iron Man écrasent un peu le groupe par leur puissance de feu et/ou leur importance tactique.

Mais Whedon est malin et réactif : la distribution est mieux équilibré que dans Avengers 1 et les rapports entre certains personnages sont à la fois mieux définis (avec un potentiel certain pour de futurs développements) et plus originaux. Par exemple, la complicité entre Black Widow et Hawkeye est encore plus nette, les divergences philosophiques entre Captain America et Iron Man plus marquées, et surtout la romance inattendue entre Black Widow et Hulk capte l'intérêt (même chez un fan averti car, à ma connaissance, rien de commun n'existe dans les comics).

Les dialogues permettent à tous ces faisceaux de relations d'exister très naturellement, de manière vivante, subtile. Whedon glisse même quelques punchlines efficacement drôles qui offrent des respirations bienvenues dans un récit qui ne ménage pas le public en action ou enrichissent les articulations dramatiques du récit.

Le deuxième acte du film est celui qui suscitera sans doute le plus de réserves, quel que soit le spectateur. Le rythme s'apaise d'une manière si prononcée qu'il ne peut en être autrement. Pourtant, si la manoeuvre est risquée, elle m'a semblé intelligente car elle s'inspire d'un code bien propre aux comics (grosso modo : les héros affrontent le méchant qui leur inflige une dérouillée, les héros se retirent pour panser leurs blessures physiques et psychologiques et réfléchir à une riposte, les héros repartent au combat et gagnent). 
C'est moins, en vérité, le break rythmique qui m'a dérangé que ce que Whedon fait alors de Thor - ou plutôt ce qu'il n'en fait pas : le dieu du tonnerre préfère partir trouver des réponses ailleurs, en l'occurrence auprès du Dr Selvig, personnage pénible depuis le premier film consacré à Thor, et toujours aussi mal campé par son interprète : tout cela aboutit à quelques scènes très/trop fugaces, peu compréhensibles, et qui rendent ensuite le retour de Thor à la fois trop abrupt et providentiel. Peut-être est-ce là que Joss Whedon a dû le plus couper de scènes puisqu'il a reconnu que son premier montage approchait les 180' et que la production a exigé un rabotage (le dvd permettra sans doute de revoir le film dans une version plus longue, et donc plus conforme aux souhaits du cinéaste).

Avant et après cela, Avengers 2 est un film à grand spectacle extraordinairement jubilatoire, qui donne à voir des scènes d'action, d'affrontements les plus bluffantes des productions Marvel. 
Le prologue possède même un plan-séquence formidable, si réussi qu'on ne s'en rend d'abord même pas compte avant que le mouvement continu de la caméra s'achève. L'autre grand moment de ce premier acte a lieu dans le duel titanesque opposant Hulk fou furieux, désorienté par Wanda Maximoff, à Iron Man (qui revêt alors une armure adaptée) : il est impossible de ne pas être soufflé par l'échange de coups et l'ampleur des dégâts causés par les deux héros.
Un délicieux frisson, comparable à celui qui a parcouru les fans du premier Avengers lors de la bataille finale, revient alors et Joss Whedon prouve qu'il est aussi à l'aise dans ces grandes manoeuvres, exercice de style et passage obligé du genre, que lorsqu'il filme simplement un dialogue plein de sous-entendus (dans le registre de la séduction surtout).

Le troisième et dernier acte a (presque) du mal à rivaliser avec le premier, malgré une nouvelle démonstration de force. Sans doute parce qu'on éprouve à nouveau un sentiment familier mais trop voyant, trop claqué : tout comme Loki conduisait l'armée de Chitauris contre New York dans les premier Avengers, Ultron, trahi par Scarlet Witch et Quicksilver puis Vision, mène une armée de robots contre les Avengers, dépassés donc en nombre mais point dépourvus de ressources (et de renforts opportuns, comme Nick Fury, son héliporteur, War Machine... Ne manque bizarrement à l'appel que Falcon).

La bagarre est homérique, l'ascension d'une ville entière ahurissante, Ultron est un adversaire coriace, diabolique (au moins autant que Loki, même si on ne ressentira jamais avec un robot ce plaisir coupable qu'on a avec un méchant comme le renégat asgardien, dont les motivations sont plus touchantes), mais le procédé est un peu trop grossier pour que sa répétition ne soit pas rapidement remarquée.

Par ailleurs, dans cette bataille finale, le film souffre d'un mal prévisible car intégré dans le déroulement même de l'intrigue, c'est-à-dire une distribution trop abondante. Qu'un des héros ne survive pas à cette baston (même si, dans ce domaine, il ne faut jurer de rien car il est rare qu'on meurt pour toujours chez les super-héros...) ne change rien à l'affaire : il y a beaucoup trop de monde sur scène à ce stade de la représentation et Whedon, qui ne peut pas être partout à la fois, semble s'en rendre compte en même temps que nous. Comptez bien : nous avons là les six Avengers plus les jumeaux plus la Vision plus Ultron (et son armée de robots) plus Nick Fury (et son héliporteur plein d'agents du SHIELD)... Soit plus d'une dizaine de rôles à animer ! 

Les pouvoirs de chacun sont alors diversement bien mis en scène et en évidence : Thor utilise (pour la seconde fois seulement) la foudre, on distingue à peine que la Vision peut altérer sa densité (en devenant intangible ou invulnérable) et que la gemme sur son front peut projeter un rayon, la super-vitesse de Pietro est peu (et mal) exploité (comme, du reste, dans tout le film : un grand regret quand on pense au potentiel cinématographique d'un tel pouvoir).
En revanche, lorsque Hulk se déchaîne à nouveau, que Black Widow et Captain America refont la paire, que Hawkeye réussit à nouveau des tirs à l'arc impossibles, ou qu'Iron Man vole autour de la ville dans le ciel, on se régale sans faire la fine bouche grâce à une réalisation virevoltante, un montage très dynamique, des effets spéciaux déployés avec intelligence (sur ce point, Avengers 2 échappe aux excès de beaucoup de grosses productions en ne sacrifiant jamais les personnages aux figurants et décors numériques - il y en a pourtant mais toujours mis en scène sans qu'ils éclipsent l'essentiel, sans que le spectateur soit submergé par les artifices).

Un mot sur les comédiens : à la tête d'un casting très fourni, le savoir-faire d'un directeur d'acteurs comme Joss Whedon est crucial, qu'il s'agisse de réserver aux vedettes des scènes qui les mettront en valeur ou de donner aux nouveaux visages une exposition digne de ce nom.

C'est un sans-faute sur ces plans-là : Robert Downey Jr assure toujours le show même si son Tony Stark s'est (heureusement) calmé (depuis Iron Man 3) ; et Chris Hemsworth incarne toujours Thor avec un charisme épatant (au point même qu'il semble le vrai leader de l'équipe parfois), dans un registre très sobre mais avec une présence très physique.
Les autres bonnes surprises du film sont le "couple" formé par Scarlett Johansson (de mieux en mieux à chaque film Marvel) et Mark Ruffalo (qui joue aussi tout en retenue et s'impose sans forcer), puis Jeremy Renner (c'est vraiment lui à qui ce nouvel épisode profite le plus, son Hawkeye héritant de plus de place pour s'exprimer : ce mix de lassitude et d'abnégation qu'il dégage est excellent).
Chris Evans est par contre un peu décevant (après ses formidables prestations dans les deux premiers Captain America), tandis qu'Elisabeth Olsen et Aaron Taylor-Johnson sont convaincants en jumeaux ambivalents (sans plus, mais pas moins - comme il est acquis qu'on reverra la première dans le futur, il sera intéressant de surveiller si elle peut livrer une interprétation plus intense).
James Spader a prêté sa voix (même si je n'ai pu voir le film qu'en vf, mais c'est le même comédien qui le double habituellement qui officie dans Avengers 2 et il n'y a pas lieu de finasser) et sa gestuelle à Ultron (grâce au procédé de motion capture) : une performance un peu en demi-teintes, mais pouvait-il en être autrement avec ce personnage ?
Paul Bettany, qui était déjà la voix (en v.o.) de JARVIS dans les films Iron Man et le premier Avengers, campe cette fois la Vision et on ne pouvait rêver meilleur casting tant l'acteur ressemble à l'androïde et le joue avec justesse.
La participation de Samuel L. Jackson et l'apparition finale de Josh Brolin sont frustrantes : là encore, Avengers 3 (qui devrait en fait compter deux longs métrages) permettra sans doute de corriger ça.    

En bref, Avengers : L'ére d'Ultron n'est pas un grand film, mais c'est un divertissement tout de même haut de gamme, riche en morceaux de bravoure, spectaculaire, généreux. On peut juste déplorer que son écriture soit si visible et que quelques répétitions soient trop systématiques, avec un nombre de personnages excessif.
Ces réserves ne sauraient cependant occulter la qualité première de cette super-production : on en prend plein les yeux mais sans jamais être pris pour des abrutis. A cet égard, c'est tout de même exemplaire : peu de blockbusters sont aussi puissants, possèdent autant de souffle, ont le souci de proposer des personnages et une histoire dignes de ce nom, sans se contenter de n'être qu'une suite si ébouriffante soit-elle.
Son aspect hybride, parfois bancal, mais intense et fun à la fois, est en définitive au diapason de son sujet : ce récit d'une machine conçue par un apprenti sorcier qui en perd le contrôle est une réflexion punchy et maline sur le genre dans lequel il s'inscrit, et les failles qu'il dessine sont pleines de promesses.