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lundi 11 avril 2016

Critique 863 : MAN OF STEEL, de Zack Snyder


MAN OF STEEL est un film réalisé par Zack Snyder, sorti en salles en 2013. 
Le scénario est écrit par David S. Goyer, d'après une histoire imaginée par lui-même et Christopher Nolan, adaptée du personnage de Superman créé par Jerry Siegel et Joe Shuster. La photographie est signée Amir Mokri. La musique est composée par Hans Zimmer.
Dans les rôles principaux, on trouve : Henry Cavill (Clark Kent/Kal-El/Superman), Amy Adams (Lois Lane), Michael Shannon (Zod), Lawrence Fishburne (Perry White), Russel Crowe (Jor-El), Kevin Costner (Jonathan Kent), Diane Lane (Martha Kent).
*

La planète Krypton, jadis couronnée de gloire pour ses nombreuses conquêtes spatiales, est aujourd'hui condamnée car ses régents ont épuisé ses ressources naturelles et ont perverti le système par des expériences eugéniques. Seul Jor-El, notable et savant, met en garde ses dirigeants contre ces dérives et la fin proche, mais il est ignoré. 

Le général Zod tente un coup d'état pour préserver l'élite de leur monde, mais Jor-El refuse de le soutenir dans cette manoeuvre. Zod est arrêté et condamné à l'exil dans la zone fantôme, une poche spatio-temporelle, avec ses acolytes.

Pour assurer la survie de son fils unique, Kal-El, Jor-El le place dans une capsule en injectant dans le corps du nourrisson le codex (un ensemble de données contenant toutes les gènes des kryptoniens) et l'envoie en direction d'une planète lointaine mais habitée : la Terre.
Krypton se meurt et implose.  
Jor-El
(Russel Crowe)

Les années passent. Kal-El est désormais un homme de 33 ans qui sillonne la Terre en vivant de boulots ingrats dans des régions hostiles. Doté de pouvoirs hors du commun des mortels, il disparaît dès qu'il en use pour se reconvertir ailleurs. On comprend qu'il apprend encore à maîtriser ses capacités surhumaines qui lui permettent de voir à travers les objets, d'entendre tout, de projeter des rayons thermiques par les yeux, de faire de prodigieux bonds, en plus d'une force colossale.
Clark Kent/Kal-El
(Henry Cavill)

Ces qualités qui sont autant d'handicaps pour s'intégrer ont gâché son enfance et son adolescence, durant lesquelles il a été souvent moqué et persécuté par d'autres enfants, malgré l'amour de ses parents adoptifs, un couple de fermiers formé par Martha Kent et Jonathan Kent (qui trouvera la mort dans des circonstances dramatiques, après une dispute avec son "fils" - dispute à l'origine de son errance actuelle).
Jonathan et Martha Kent
(Kevin Costner et Diane Lane)

Toutefois, Clark parcourt le monde avec un autre objectif : depuis que Jonathan Kent lui a montré des années plus tôt la capsule spatiale dans laquelle il a été trouvé, il cherche d'autres traces susceptibles de provenir de Krypton. C'est ainsi que dans le Grand Nord, alors qu'il travaille parmi des scientifiques et des militaires, il découvre, pris dans les glaces, un vaisseau bien plus grand avec un dispositif lui donnant accès à des messages enregistrés par Jor-El. 
Superman
(Henry Cavill)

C'est aussi dans cet endroit qu'il fait la connaissance de la reporter du "Daily Planet", Lois Lane, qui apprend qu'il est un extra-terrestre - sur lequel elle va mener une enquête ensuite.
Lois Lane
(Amy Adams)

Clark/Kal comprend, grâce aux Mémoires de son père, qu'il tient ses pouvoirs des différences énergétiques entre Krypton et la Terre et que, grâce à cela, il peut devenir le protecteur et le guide de son monde d'adoption, en revêtant l'habit et le blason de ses ancêtres.
Perry White
(Lawrence Fishburne)

Alors que Lois Lane décide de diffuser les informations qu'elle a collectées sur Clark via internet, après que son rédacteur en chef, Perry White, ait refusé de publier son article, et que Martha Kent retrouve son fils qui rentre à Smallville, le général Zod et sa troupe approchent de la Terre (ils ont échappé à la zone fantôme suite à la déflagration causée par l'implosion de Krypton). En parasitant tous les systèmes de communication, il lance un ultimatum : il exige que Kal-El lui soit remis sinon il procédera à de terribles représailles.
Zod
(Michael Shannon)

Lois est arrêtée par l'armée à cause de son article. Cela et la menace de Zod motive Clark à se rendre aux autorités pour qu'il soit livré à Zod. Mais celui-ci lui a tendu un piège et un médecin kryptonien lui impose des examens pour savoir où il a caché le codex. Zod a en effet le projet de transformer la Terre pour en faire une nouvelle Krypton, quitte à exterminer tous les humains qui s'interposeront.
Jor-El et Kal-El

Avec l'aide de Lois et des ultimes messages holographiques de Jor-El, Clark/Kal réussit à échapper à ses ennemis qui le poursuivent et l'affrontent. L'environnement terrestre désoriente les kryptoniens comme leur semblable avant eux et ils battent en retraite. Mais ce n'est qu'un repli stratégique avant une nouvelle offensive plus spectaculaire : déployant deux machines en deux points opposés de la Terre, Zod commence à terraformer la planète pour la rendre habitable par les siens et éliminer ses occupants actuels.
Superman

Superman, comme le surnomment les médias, et l'armée ripostent en détruisant d'abord ces engins. Seul Zod se dresse encore sur la route de Kal-El et leur affrontement sera terrible, causant des dégâts énormes et imposant au héros une décision radicale mais traumatisante pour neutraliser le général. 
Superman et Lois Lane

Je vais être tout à fait franc : n'étant ni un grand fan de Superman, encore moins de Zack Snyder (le réalisateur de ce reboot, après celui en 2006 mis en scène par Bryan Singer), et pire que les deux précédents réunis de Christopher Nolan (producteur et co-scénariste ici), je ne m'étais pas déplacé en salles lors de la sortie de Man of Steel il y a trois ans.

Hier soir donc, j'ai décidé de donner sa chance au produit lors de sa diffusion sur TF1, dans une disposition finalement idéale puisque je n'attendais rien de ce film qui, bien qu'ayant été un gros succès commercial, a été accueilli modérément par la critique à l'époque, et que la précédente version (celle de Singer) ne m'avait franchement pas convaincu (histoire bancale, interprétation transparente, réalisation sans souffle).

Si je n'aime pas Zack Snyder, c'est parce que celui que certains ont osé présenter (sans rire) comme un "visionnaire" m'a toujours agacé avec ses effets maniérés au possible (abus de ralenti) et ses précédentes adaptations de comics (l'affreux 300, d'après le roman graphique de Frank Miller ; Watchmen ou l'impossible transposition sur grand écran du chef d'oeuvre d'Alan Moore et Dave Gibbons). J'aime encore moins Christopher Nolan, qui représente pour moi la caricature du l'auteur de blockbusters "intelligents alors que ses films sont interminables et prétentieux (à l'exception de ses deux premiers opus - The Following/Le suiveur et Memento - mais sinon ses trois Batman et Inception sont imbuvables). Quant à Superman, c'est un personnage qui ne m'inspire pas de mauvais sentiments mais dont j'ai lu trop peu d'histoires passionnantes (hormis Superman : Secret Identity de Kurt Busiel et Stuart Immonen).

Tout ça fait beaucoup de handicaps, mais quand on regarde un film avec a priori si peu d'atouts, on sait qu'on sera vite indulgent ou découragé. Au pire, ce sera une nouvelle occasion ratée. Au mieux, on sera positivement étonné.

Et contre toute attente, j'ai été favorablement cueilli par ce long métrage, même s'il n'est pas sans défaut, mais comporte suffisamment de qualités pour compenser.

On va faire simple en soulignant d'abord la bonne construction du scénario : certes, le prologue est un brin longuet entre les alertes sans effet de Jor-El, la préparation du sauvetage de son fils, et la tentative de putsch du général Zod, mais comme il s'agissait de re-présenter la mythologie originelle de Superman (là où, en vérité, Bryan Singer inscrivit son Superman returns comme une suite à la trilogie de Richard Donner avec Christopher Reeves), on l'accepte parce qu'elle rend à nouveau le héros et son univers accessibles à tous (car, les fans de comics l'oublient volontiers, tout le monde n'est pas à la page avec ces personnages iconiques outre-Atlantique).

Le choix d'une narration éclatée ensuite s'avère payant : une ellipse nous projette 33 ans après la fin de Krypton, et Kal-El alias Clark Kent est désormais un adulte. On est dérouté de le découvrir en routard, sillonnant le monde dans ses coins les plus reculés, collectionnant les jobs éprouvants, cachant ses fabuleux pouvoirs. Cette errance recèle pourtant une certaine poésie et parfois la réalisation de Snyder évoque le cinéma contemplatif (mais sans voix-off insupportablement bavarde et pseudo-mystique) de Terrence Mallick (La ligne rouge, Badlands) : un mélange assez curieux mais dont l'audace intrigue de manière bienvenue. 

Des flash-backs montrent Clark enfant, adolescent, découvrant ses facultés surhumaines, entouré par des parents adoptifs aimants, persécuté aussi par des gamins qui n'acceptent pas le caractère solitaire et réservé du fils Kent. Tout n'est pas, là encore, toujours très heureux dans ces moments-là (par exemple, la mort de Jonathan Kent est pompeusement mise en scène sans produire la moindre émotion), mais explique les raisons de l'errance du héros au présent et nous épargne ses jeunes années linéairement exposées.

D'autres personnages sont ainsi habilement introduits dans ce dispositif narratif, parfois très vigoureusement redessinés : ainsi Lois Lane y gagne-t-elle en épaisseur et en dynamisme sans que sa présence accrue paraisse forcée. Plus secondairement, Perry White est bien campé (et servi par l'interprétation du charismatique Lawrence Fishburne - dont seuls de stupides intégristes se plaindront qu'il soit incarné par un acteur noir).

Quand la menace de Zod resurgit et enclenche le second acte du récit, le film prend une forme plus convenue et quelques longueurs se font sentir à nouveau, d'autant que Superman retient ses coups (parce qu'il se bat contre des kryptoniens comme lui ? Parce que Pa Kent lui a toujours enseigné de ne pas céder à violence pour régler un conflit ? Parce qu'il ne veut pas que la bataille dégénère trop et provoque des victimes humaines ?). Que le général soit secondé par quelques hommes et une femme de main contribue aussi à rallonger la sauce un peu artificiellement, et la manoeuvre, certes spectaculaire, avec les machines dure un peu trop longtemps. La baston finale entre Superman et Zod est un grand moment, où l'équipe en charge des effets spéciaux a accompli de nouvelles prouesses : la puissance des deux adversaires, les dégâts qu'ils causent, et le final dramatique forment un climax très réussi.

Sur ces derniers points, le film a suscité une polémique puisque Superman cause des morts parmi les civils et tue son ennemi, ce qui ne correspond guère à l'éthique attaché à un tel personnage. Néanmoins, Snyder et ses scénaristes, s'ils se sont peut-être laissés dépasser par leur fougue, aboutissent à cette solution (la mort de Zod) comme la seule valable dans le contexte de leur opposition, et Superman n'est pas satisfait de l'extrémité à laquelle il a été poussé. Par ailleurs, les dommages collatéraux sont expédiés, mais ont fourni l'argument pour Superman vs Batman : L'Aube de la Justice, du même réalisateur, récemment sorti, et dans lequel le Dark Knight (dont des amis ont péri à Metropolis) engage un duel contre le Man of Steel, convaincu que ses pouvoirs sont plus dangereux que rassurants pour protéger les humains (il semble, toutefois, que cette idée soit nuancée par un subplot auquel est mêlé Lex Luthor, Wonder Woman et d'autres personnages - tous invités en prévision d'un long métrage avec la Justice League... DC veut concurrencer les "Marvel movies" plus directement dans l'avenir).

La distribution est de premier choix et offre quelques bonnes surprises là encore. Avoir attribué à l'athlétique et séduisant Henry Cavill le rôle ô combien délicat de Superman est une excellente idée : il lui donne une présence physique imposante tout en en faisant un être dépassé par ses pouvoirs, la charge de son destin. Son jeu est sobre mais intense, on est bien loin du fadasse Brandon Routh chez Singer.
Amy Adams hérite d'une version singulièrement enrichie de Lois Lane, qui ne se réduit vraiment plus à la fiancée du héros : elle prend part à l'action, permet à l'intrigue de s'articuler, et la comédienne la joue avec élégance et justesse, là encore bien supérieures à Kate Bosworth chez Singer (et même Margot Kidder chez Donner).
Michael Shannon se tire également avec brio du rôle de Zod qu'il dote d'une dangerosité crédible, sans cabotiner.

Les seconds rôles sont bien distribués, même si parfois certains des acteurs ne sont pas flattés : Diane Lane est peut-être trop jeune pour être la mère du héros (et son maquillage un peu grossier du coup) mais son couple avec Kevin Costner a de l'allure (quand bien même le comédien a donc droit à une mort particulièrement ratée). Lawrence Fishburne est impeccable, quoique le personnage de Perry White ne soit pas très développé. Russel Crowe n'est pas Marlon Brando, mais son Jor-El est lui aussi mieux développé et son interprète (qui a, semble-t-il, pu réécrire certaines de ses scènes) l'interprète avec la hauteur qui convient.

Porté par une musique très rythmée de Hans Zimmer et une réalisation bien délestée des effets souvent ridicules des précédents films de Zack Snyder, ce Man of Steel est une relecture musclée et futée de Superman, comme on ne l'attendait pas/plus.

dimanche 29 mars 2009

Critique 7 : WATCHMEN - LE FILM, de Zack Snyder

(Ci-dessus : le projet d'affiche, non retenu, réalisé par Alex Ross.)


Hier (mercredi 25 mars), j'ai donc été voir la "bête" - un peu à reculons, je l'avoue, car je tiens les Watchmen comme la BD la plus impressionnante que j'ai lue, ce genre de bouquin où plus rien n'est comme avant.
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Il n'y a pas si longtemps, on parlait de tendance "bling-bling". On peut aussi affirrmer que Zack Snyder aime ce qui brille et surtout on devine qu'il veut briller lui-même : quoi de mieux alors que de s'attaquer à l'everest de la bd moderne pour se faire remarquer ? Même s'il échouait, au moins resterait-il comme celui qui avait osé... Défi impossible?
Dans ce film de 2h40, les moyens sont là, et l’esprit comme la structure du livre sont conservés. Mais il y a quand même un petit quelque chose qui cloche.
Soyons justes : Alan Moore, le scénariste de la BD originale, n’a jamais été si bien adapté. En effet, la transposition à l’écran de son œuvre a subi des sorts divers, pour ne pas dire des outrages successifs. Si le subversif V pour Vendetta, chapeauté par les frères Wachowski, ne s’en sortait pas si mal - malgré des tics pénibles à la Matrix -, le puissant From Hell (immense roman graphique autour de l’enquête sur les crimes de Jack l’éventreur) a subi une diluation redoutable. Et que dire de La Ligue des gentlemen extraordinaires, indigne de porter le même nom qu’une des créations les plus délirantes d’Alan Moore…
Pour les Watchmen, Zack Snyder reprend la structure narrative globale du volumineux ouvrage , avec son enquête, ses flash-backs et son compte à rebours. On découvre ainsi les différents personnages à tour de rôle, avec grosso modo les mêmes séquences-clés que dans la BD, souvent retranscrites au dialogue près. A côté de ça, des coupes franches et des compressions ont été effectuées pour ne pas aboutir à un film trop long. Ce mélange de respect et de remontage est déstabilisant et ôte une bonne partie de la richesse au propos, sacrifiant ici pour se complaire ailleurs...
Le changement de nature de la catastrophe finale est assez ingénieux et même cohérent. Les décors sont également respectueux.
Mais pourtant ça grince un petit peu, voire beaucoup.

Le film séduira-t-il ceux qui n'ont pas lu la bd, et les comics en général? Ce problème se pose davantage que pour les Spider-Man ou les X-Men, transpositions inégalement efficaces mais plutôt divertissantes. Mais le récent succès de The Dark Knight, qui projetait Batman dans un environnement réaliste et sombre, a changé la donne et veut que le grand public soit désormais capable d'accepter des adaptations plus "adultes". Watchmen, avec son final ambigü, propose une vision similaire, donc désenchantée eet brutale sur les justiciers costumés et leur utilité dans la société.
Mais le vrai reproche qu'on peut adresser à Zack Snyder concerne sa mise en scène clinquante qui accumule toutes les éxagérations d'un certain cinéma moderne hollywoodien, qui tiennent plus du "tape-à-l'oeil", du "m'as-tu-vu" que de la réelle virtuosité : ralentis, mouvements de caméra, effets bullet-time... Bref, la panoplie complète de ce que j'ai nommé "bling-bling". Pourquoi les personnages se battent-ils comme dans un film de kung-fu de bas étage? Pourquoi se sentir obligé de faire traîner en longueur LA scène d’amour de l’histoire pour la transformer en séquence kitschissime (si ce n’est pour faire profiter les spectateurs mâles de la plastique avenante de Malin Akerman)? Pourquoi se complaire dans des effets gore qui n'ajoutent rien à l'intensité dramatique des scènes concernées ?
Un autre point qui m'a déplu (et qui me déplaît à chaque adaptation de comics sur grand écran) : l'irrespect du design des costumes.
Sans doute qu'à Hollywood, on considère que des mecs masqués et portant des capes ont l'air ridicules, mais c'est pourtant une caractéristique de ce genre de littérature. Un des éléments qui la distingue des autres et qui séduit ses lecteurs, même si ça peut sembler pathétique. Du coup, tout le monde est sapé en latex ou en cuir, porte des armures (souvent moches et encombrées de détails aussi superflus que peu visibles au final) : l'identité esthétique est sacrifiée sans raison valable... Ou bizarrement respectée, sans plus d'explication (sinon celle, vague, de l'aspect "iconique" de certains accoutrements comme ceux de Spider-man ou Superman).
Ici, Rorschach ou le Dr Manhattan ressemblent parfaitement à leurs modèles dans la bd, mais Ozymandias ou le Hibou (sans parler de Laurie...) sont (hideusement) relookés ! Comprenne qui pourra...

Le choix des acteurs est également sujet à débat. Si Patrick Wilson (Le Hibou), Billy Crudup - peu gâté par des effets spéciaux assez laids - (Dr Manhattan), ou Jackie Earle Haley (Rorschach) s'avèrent d'excellents choix, Malin Ackerman (Le Spectre Soyeux) est assez fade, Jeffrey Dean Morgan (Le Comédien) n'a que sa ressemblance physique avec le personnage à offrir, et Matthew Goode (Ozymandias) manque singulièrement du charisme trouble que nécessitait son rôle. Ce casting d'nterprétes peu connus était en soi une bonne idée, mais encore eût-il fallu qu'ils soient tous très bons et ce n'est pas le cas.
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Bref, à bien des égards, Watchmen - le film est paradoxal : je ne m'y suis pas ennuyé, globalement c'est même plutôt émérite, mais finalement des détails énervants gâchent un peu la fête. Je pressentai qu'il ne s'agirait pas d'un long métrage à la hauteur du monument de la bd dont il est tiré et on peut toujours délirer sur qui aurait été le réalisateur idéal (moi, j'aurai rêvé de Kubrick, tout simplement parce que c'était sans doute le seul capable de saisir toute la force du propos de Moore). Mais en même temps je ne peux pas non plus crier au scandale car Snyder livre un produit efficace, à défaut d'être personnel ou inspiré.
En définitive, être trop élogieux ou trop sévère avec ce film ne sert à rien. Dans le premier cas, il s'agirait d'une surestimation probable. Dans le second, ce ne serait que la confirmation de la thèse selon laquelle Watchmen était effectivement inadaptable - parce que, comme ça a été le cas pour moi, ce livre a bouleversé trop de monde pour être transposé de manière à satisfaire les fans purs et durs ET les autres.