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dimanche 21 août 2016

Critique 995 : SPIROU N° 4088 (17 Août 2016)


Ah, quel plaisir ! Fabien Vehlmann et, surtout, le trop rare Denis Bodart sont de retour avec un récit complet (8 pages), Meteorman, un splendide hommage aux super-héros d'antan. C'est un événement qui suffit à lui seul l'acquisition de la revue, dont ce numéro comporte également (et pas que pour les abonnés, comme je le croyais depuis depuis le début) une nouvelle partie du poster géant de Lucky Luke par Achdé.

J'ai aimé :

- Harmony : Indigo (3/8). Harmony, Eden et Payne découvrent, avec effroi, le nouvel entraînement auxquels ils sont soumis, à des fins militaires. Si l'un refuse de s'y soumettre, les deux autres seront privés de distraction. Même Steinman regrette d'avoir accepté la récupération du projet.
Matthieu Reynès mène toujours aussi bien son affaire : la narration est décompressée mais permet d'apprécier pleinement le calvaire des trois gamins. L'auteur ne cache pas ses influences, mais les a bien intégrées à son récit. Par ailleurs, comme il l'explique dans son interview en préambule, il fait l'effort de produire de façon soutenue sa production pour que les lecteurs impatients suivent la série : le troisième tome est d'ores et déjà annoncé pour début 2017.

- Autour d'Odile. Madaule s'amuse, à sa manière très ingénieuse, du faible débit des messageries dans ce gag en un page très réussi.

- Meteorman : Le Héros sous l'oreiller. Le jeune Tom reçoit du vieux Jack un cadeau inestimable : un fragment de l'extra-terrestre Meteorman qu'il a vu s'écraser sur Terre avant d'en devenir le pacificateur. Lorsqu'il rencontre le justicier venu d'ailleurs, Tom accepte de lui rendre ce bout de lui-même s'il lui permet quelques distractions. Jusqu'au jour où il doit choisir d'honorer ou non sa promesse...
Seulement huit pages, mais quelles pages ! Relire Denis Bodart est un privilège qui ne se boude pas tant l'artiste est rare (sa dernière livraison date d'il y a plus de deux ans pour le dernier épisode en date de Green Manor !). Avec son complice Fabien Vehlmann, depuis 2000, il a quelquefois produit de courts récits fantastiques, des variations sur les super-héros (un registre qui inspire visiblement le scénariste depuis quelque temps - voir son récent Supergroom avec Yoann).
Le résultat est magnifique, avec une morale digne d'une fable, qui interroge autant le jeune héros que le lecteur. Graphiquement, c'est évidemment un régal. Espérons qu'on n'aura pas à attendre encore deux ans avant de retrouver cet immense dessinateur dans les pages du journal.

- Le Voyage à travers les siècles (5/6). Salma et Libon abordent les voyages modernes, les motivations des globe-trotters : une page encore très dense, et rigolote. L'idée aurait mérité une série régulière au-delà des six semaines prévues. Suite et donc, hélas ! fin la semaine prochaine.

- L'Atelier Mastodonte. Obion s'y perd un peu avec le scénario que lui a donné Trondheim, tout aussi embrouillé avec sa création. Nob est indigné par un sous-entendu de Frédéric Niffle sur sa succession. Deux doubles bandes très réussies : une bonne semaine donc.

- Tash & Trash. Dino adresse un clin d'oeil à Peyo et aux Schtroumpfs : inhabituel mais toujours drôle. / Zizi chauve-souris. Bianco et Trondheim continuent le dialogue surréaliste entre Suzie et ses grands-parents : marrant, mais toujours aussi frustrant, avec même le risque que les auteurs tirent un peu trop sur la corde...

En direct de la rédak donne la parole à Vehlmann et Bodart pour parler de leurs intentions avec Meteorman. La semaine prochaine, Les Tuniques bleues reviennent pour leur 58ème aventure (et leur 60ème tome !).
Les aventures d'un journal évoquent la création de la Schtroumpfette, qu provoqua le courroux de Nine Culliford, la femme et coloriste de Peyo.

Et sur ces mots se concluent mes articles du journal de "Spirou" : je reste abonné à cette parution, mais n'en rédigerai plus de compte-rendu puisque, c'est décidé, ce blog s'arrêtera à sa millième critique, dans quelques jours (j'aurai alors l'occasion de vous en dire plus sur la suite).
Merci donc à tous ceux qui auront lu ces entrées sur la revue, en espérant qu'elles vous auront donnés envie de l'acheter (voire de vous y abonner). Vive "Spirou" : "Ami partout toujours" ! 

dimanche 14 août 2016

Critique 983 : SPIROU N° 4087 (10 Août 2016)


Le Petit Spirou est en couverture pour un récit complet de 6 pages : une nouvelle occasion de constater la déchéance terrible de Tome et Janry, le tandem qui a réalisé les meilleures aventures de Spirou et Fantasio (après Franquin), aujourd'hui littéralement incapable de produire ne serait-ce qu'un gag drôle... Cédric est présent sur le bandeau (un autre exemple de BD "pour enfants" affligeante, et écrite par un septuagénaire - cherchez l'erreur...).

J'ai aimé :

- Harmony : Indigo (2/8). La firme Sigmacorp a isolé ses recherches dans un complexe à l'écart de tout. Plusieurs adolescents sont testés, mais seuls deux sont retenus pour suivre la même formation que Harmony. Toutefois, les partenaires financiers de la compagnie exigent des résultats rapides, ce qui signifie une formation plus dure...
Mathieu Reynès développe son récit avec une belle habileté et assume ses références avec brio : comme il l'explique dans l'interview en préambule de ce nouvel épisode, il est influencé par le manga mais aussi les comics super-héroïques. L'ambiance tendue alterne avec un rythme plus posé. Graphiquement, les personnages sont très expressifs, les décors soignés, le découpage dynamique. C'est très efficace. (Et pour info, l'auteur est déjà en train de réaliser le tome 3 : la suite devrait donc arriver vite, en 2017).

- Le Voyage à travers les siècles (4/6). Salma et Libon ont mis l'humour en veilleuse pour ce nouveau chapitre : c'est un peu dommage mais ce sacrifice était sans doute inévitable avec la somme d'infos à diffuser. Espérons quand même que la suite sera à nouveau plus drôle.

- Capitaine Anchois. Nouveau trésor en vue, mais il faut composer avec les allergies de Louis : Floris ne force pas son talent pour ces deux pages, mais son humour fait mouche.

- Rob. Clunch accepte, par amour pour Clémisse, de fuir ses parents en leur laissant Rob : James et Boris Mirroir livrent deux nouveaux doubles strips rigolos, où la lâcheté du couple comme le sort pathétique du robot font la paire.

- L'Atelier Mastodonte. Obion serait-il devenu invisible ? Il met Trondheim à l'épreuve lorsque Frédéric Niffle passe par là. Pas renversant, les gags de la semaine (au diapason de toute la revue en fait), mais la chute du double strip de Trondheim est "savoureuse" (les guillemets s'imposent, vous comprendrez pourquoi en sachant ce qu'il y a au bout des doigts d'Obion).

- Tash & Trash. On est bien peu de choses dans l'univers et Dino philosophe avec à-propos à ce sujet. / Zizi chauve-souris. Suzie est encore une fois dépitée quand elle espère découvrir une photo de son père chez ses grands-parents : Le lecteur, lui, n'est pas dépité par la nouvelle bande de Trondheim et Bianco (même si j'aimerai plus qu'un strip par semaine).

- Dad. Où Dad fait "aplouf" devant Bébérinice qui a voulu nourrir des canards... Et où Nob fait bien marrer le lecteur avec cette page imparable. (Voir ci-dessous :)

En direct de la rédak donne la parole à Janry : sans intérêt (sinon, donc, de nourrir les regrets des fans de sa grande époque). La semaine prochaine, un événement : le retour de Denis Bodart aux dessins d'un récit complet de huit pages, écrit par Fabien Vehlmann !
Les aventures d'un journal revient sur la série Les paparazzi de Cauvin et Luc Mazel, qui renoua avec le succès grâce à ce titre, avec l'aide de Will et Deliège.

(Et, comme prévu, j'ai laissé tomber la critique du Spirou de Frank Pé et Zidrou : cinq pages encore joliment dessiné, mais d'un vide abyssal. Merci bien, mais cette arnaque a assez duré.) 

Les abonnés ont droit à la deuxième partie du poster Lucky Luke dessiné par Achdé.

dimanche 7 août 2016

Critique 971 : SPIROU N° 4086 (3 Août 2016)


Après la parution du premier tome 1 l'automne dernier, Harmony revient pour huit semaines. A partir de ce numéro aussi, on peut, si on est abonné, commencer à collectionner un poster en quatre parties de Lucky Luke dessiné par Achdé (le résultat final promet d'être vraiment très grand), un avant-goût du prochain album écrit par Jul prévu pour la rentrée. 
La semaine de Spirou par Sti et Priou
et Animal lecteur de Salma et Libon sont excellents :
très frappants chacun dans leur genre...

J'ai aimé :

- Harmony : Indigo (1/8). William Torres dirige un programme secret avec pour "cobaye" Harmony encore enfant et déjà détentrice de pouvoirs télékinésiques. Il tente d'oublier la mort de sa propre fille et la fin de son couple dans le travail jusqu'à ce son supérieur, Steinman, lui retire le projet et le licencie subitement, après avoir conclu un accord financier avec un mystérieux partenaire...
J'avais apprécié le premier chapitre des aventures de l'héroïne écrite et dessinée par Mathieu Reynès, malgré quelques longueurs et beaucoup de questions en suspens. Ce nouveau volet commence de façon déroutante puisque l'histoire se déroule plusieurs années dans le passé. Autant prévenir tout de suite : si on ne lit pas l'interview de l'auteur en préambule, impossible de deviner que William Torres est Nita, le colosse barbu qui a recueilli Harmony dans le tome 1.
Les cartes sont complètement rebattues mais le scénario semble solidement construit et voué à être développé sur le long terme. Il faudra donc être patient. Mais cette entame est accrocheuse, toujours aussi bien mise en images. Et puis cette création à la fois originale et aux influences multiples mérite d'être soutenue.

- Une aventure de Spirou et Fantasio : La lumière de Bornéo (4/13). Où il est question de l'identité en passe d'être dévoilée du mystérieux peintre dont les toiles exposées à la galerie Bernard sont très convoités... De Spirou découvrant avec stupéfaction un secret de Fauvette, la fille de Noé... Noé qui a bien du mal avec son ourang-outang, le fameux Bornéo... Tout comme le comte de Champignac et Follicule avec son éco-quad...
Tout le monde est à la peine dans ce quatrième épisode, moi le premier : ça n'avance pas, je me lasse des (trop) nombreux mystères de l'histoire, de ces quatre intrigues pour l'heure toujours sans lien apparent. 30 pages pour ça ?! Alors certes, c'est joli, mais il va falloir que ça bouge sinon j'abandonne. Il est déjà acquis que ce one-shot est un échec (surtout après celui, jouissif, de Feroumont) : Pé et Zidrou sauveront-ils les meubles ?

- Le Voyage à travers les siècles (3/6). Salma et Libon poursuivent leur rigolote leçon d'Histoire en abordant les transports et leurs influences sur l'évolution du monde. C'est un chouia moins drôle mais quand même distrayant et, au-delà de la blague, instructif.

- Rob. Le père de Clunch, comme sa mère, se demande ce que leur fils trouve à sa fiancée, Clémisse : pour ma part, je trouve la série toujours aussi bien menée, piquante sans être méchante. Encore deux doubles bandes gagnantes par James et Boris Mirroir.

- Le Club des Huns. Où Attila est carrément expulsé ! Dab's, lui, est solidement installé dans le top des titres les plus drôles du journal. Vous avez dit : "Lapin !" ?

- Les Campbell : La Race. Inferno est présenté à une puissante amicale d'aristocrates désirant se débarrasser de la concurrence commerciale : les pirates. Prometteur, et réjouissant de voir que, cette fois, (enfin !) Munuera et la rédaction proposent les épisodes de la série à intervalles plus réguliers et rapprochés : la lecture est grandement fluidifiée.

Cartes blanches. On découvre qui a gagné le premier prix du concours "A chacun sa bulle", dans la catégorie 10-13 ans, du festival de Puteaux : cette planche du Royaume de Feroumont a été effectivement bien dialoguée (les couleurs trahissent davantage l'âge des participants, mais c'est mignon).

- L'Atelier Mastodonte. Tonton Freddy revient faire peur à la bande : même Trondheim se laisse impressionner ! Et Toulmé se montre très (trop !) prudent... Peut-être bien le début d'un nouvel arc narratif. C'est alléchant : l'atelier en plein flip collectif et irrationnel, voilà qui peut inspirer des gags savoureux.  

- Tash & Trash. Dino livre un strip toujours aussi fulgurant et terrible. / Zizi chauve-souris. Trondheim et Bianco présentent enfin Suzie à ses grands-parents : mémorable !

- Dad. Papa en monde Boney M : traumatisme pour Roxane et Ondine ! Le gag est élémentaire mais le résultat est très marrant : du très bon Nob. (Voir ci-dessous :)

En direct de la rédak donne la parole à Achdé qui s'explique sur son méga-poster pour les abonnés et évoque (à peine) le prochain Lucky Luke écrit par Jul. La semaine prochaine : Le petit Spirou part en vacances (bof - beauf ! - d'avance...).
Les aventures d'un journal revient sur le premier disque des... Schtroumpfs : une nouvelle occasion d'être sidéré par le merchandising affligeant de Peyo, dès 1965. 

Pour finir, si j'ai bien deviné, dans deux semaines (pour le n° 4088 donc), j'ai l'impression qu'on va avoir droit à un événement avec un récit complet inédit dessiné par Denis Bodart d'après une histoire de Kid Toussaint...

dimanche 31 juillet 2016

Critique 964 : SPIROU N° 4085 (27 Juillet 2016)


Les Campbell ont droit à la couverture : Munuera va nous révéler les circonstances de la naissance d'Ittaca. Le bandeau indique le retour des Tuniques bleues, avec un récit complet signé Clarke (l'auteur de Mélusine).

J'ai aimé :

- Une aventure de Spirou et Fantasio : La lumière de Bornéo (3/12). Spirou retrouve son vieil ami Noé qui lui confie sa fille, Fauvette ! Pendant ce temps, le comte de Champignac et son compère Follicule découvrent un champignon inconnu...
Nous voici arrivés au quart de cette aventure (au moins en termes d'épisodes), et il faut bien avouer que le récit ne décolle toujours pas, après 25 pages : le scénario de Zidrou (qui n'a pas été interrogé une seule fois au sujet de ce projet dans le journal, ce qui indique qu'il n'a été qu'un exécutant pour Frank Pé) explore toujours trois pistes narratives (Spirou en congé, Champignac et le champignon noir, les tableaux mystérieux de la galerie Bernard) sans qu'on sache où elles nous mènent, à quand elles vont (certainement) se rejoindre.
Pé se fait plaisir graphiquement, et certaines scènes sont effectivement très belles, mais ce one-shot ne me convainc pas.

- Maggy Garrisson : Je ne voulais pas que ça finisse comme ça (6/6). Maggy découvre enfin la solution autour de l'album-photo et du pistolet utilisé par Alex. Celui-ci écope finalement d'une peine légère...
Lewis Trondheim et Stéphane Oiry conclut là leur histoire : leur refus de toute action spectaculaire est un parti-pris qui peut déplaire, mais qui donne à leur travail une rigueur, une sobriété et une densité épatantes. Un nouveau cycle est annoncé : à bientôt Maggy !

- Les Tuniques Bleues : Des bleus et des Dalton. Blutch et Chesterfield sont chargés de recruter de nouveaux soldats : ça tombe bien, il y a une bande qui est déterminé à aller au combat. Sauf qu'il y a un léger problème sur la santé de ces engagés...
Clarke rend à son tour hommage aux héros de Cauvin et Lambil, après Zidrou et Maltaite, dans le cadre d'un album spécial qui paraîtra à la rentrée (avec un lot d'auteurs exceptionnels : Bodart, Blutch, Henriet...), et le scénariste-dessinateur de Mélusine s'est amusé avec des Dalton qui ne sont pas ceux auxquels on croit. La narration énergique et le dessin vif emballent ce récit complet de 6 pages très divertissant.

- Autour d'Odile. Madaule livre un nouvelle page au découpage atypique mais correspondant bien au gag : c'est inoffensif mais amusant.

- Les Campbell : La race. Tandis que Carapepino complote avec l'ambassadeur de France, il se souvient de la naissance mouvementée de Ittaca, la fille de Campbell et Fanny...
Munuera produit un nouvel épisode jubilatoire : la narration en deux temps (passé, présent) est soutenu par ce dessin formidablement pêchu. La morale est bien sentie et explique subtilement pourquoi les ambitions de Campbell et de son frère Inferno ont divergé.

- Capitaine Anchois. Floris est un de mes chouchous : j'adore son humour absurde et crétin, ses anti-héros. C'est répétitif (toujours une chasse au trésor foireuse) mais drôle.

- Beasts ! Giemsi met en scène un désopilant dialogue entre un furet magouilleurs et des fonctionnaires écureuils. Son dessin féroce souligne cet humour unique.

- Rob. James et Boris Mirroir font les présentations entre Clémisse et a mère de Clunch, perturbés par le robot : le break qu'ont fait les auteurs leur a bien profité car les nouveaux gags sont inspirés, profitant aussi de la situation.

- L'Atelier Mastodonte. Mathilde Domecq est la nouvelle victime de la quête du "nervous point" par Obion et Nob, mais, attention à eux, elle sait se défendre ! Obion est ensuite témoin d'une nouvelle invention excentrique de Tofépi. Deux doubles strips très réussis.

- Tash & Trash. / Zizi chauve-souris. Dino nous sert un strip d'une case philosophique. Trondheim et Bianco continue de faire durer le plaisir avec la rencontre de Suzie et ses grands-parents.

En direct de la rédak donne la parole à Clarke au sujet de son récit complet des Tuniques bleues : il y rend un hommage appuyé à la série. La semaine prochaine : le deuxième tome d'Harmony commence sa pré-publication.
Les aventures d'un journal revient sur la création de la série Le vieux Nick de Remacle, sauvée par Maurice Rosy car Charles Dupuis n'y croyait pas.

Les abonnés ont droit à un joli stripbook écrit et dessiné par Sergio Salma : Le monsieur qui ne voulait pas voyager. Un récit très touchant.

dimanche 24 juillet 2016

Critique 959 : SPIROU N° 4084 (20 Juillet 2016)


Ralph Azham a les honneurs de la couverture, pour son 2ème épisode (sur neuf). Un bandeau indique la visite d'une graineterie par Jean-Yves Duhoo et Le Labo
Thierry Martin signe un superbe édito cette semaine.

J'ai aimé :

- Une aventure de Spirou et Fantasio : La lumière de Bornéo (2/12). Spirou, qui a claqué la porte du "Moustique", raconte à Fantasio son intention de se reposer et se consacrer à la peinture. En passant devant l'affiche d'un cirque, il reconnait un vieil ami, Noé, qui se trouve justement à l'aéroport pour accueillir une passagère...
Ce deuxième épisode est identique au premier : les dessins de Frank Pé sont superbes, et il a l'occasion dans l'interview qu'il donne en préambule d'expliquer comment ce qu'il voulait montrer a permis à Zidrou (ça aurait été bien de donner la parole à ce dernier aussi...) de construire le scénario. Mais, alors qu'ont déjà été publiées 18 planches, l'histoire reste très nébuleuse. Avec encore dix chapitres à venir, rien n'est joué mais espérons juste que ce one-shot ne soit pas qu'une démonstration visuelle...

- Maggy Garrisson : Je ne voulais pas que ça finisse comme ça (5/6). Maggy aide Wight dans l'affaire des dents en or, sur le point d'être résolue. Puis elle reçoit la visite de l'ex-employeur d'Alex, Barney Cross. Pour innocenter son amant, Maggy est convaincue qu'elle doit retrouver à qui appartenait l'album photo qu'elle avait récupéré aux enchères des containers...
Avec la même rigueur, Lewis Trondheim progresse lentement mais sûrement vers l'épilogue de ce 3ème tome. Maggy procède avec la même méthode que son scénariste, sans se précipiter, mais ce rythme lancinant réussit à captiver parce que Stéphane Oiry densifie, avec son découpage précis, le récit. Fin de l'aventure (et du premier cycle) la semaine prochaine.

- Le Voyage à travers les siècles (1/6). Pendant six semaines, le duo Sergio Salma-Libon, à qui on doit le strip Animal lecteur, vont retracer rien moins que l'histoire de l'humanité. Une page suffit pour évoquer "les origines" et fournir déjà de bons gags. Très prometteur.

- Le Labo : La graineterie. Jean-Yves Duhoo est allé visiter le muséum d'histoire naturelle du Jardin des Plantes à Paris, fondé en 1822 par André Thouin. La parution de cette série est irrégulière certes, mais à chaque fois, c'est passionnant, instructif sans être scolaire. Une forme de BD documentaire, avec une sorte de morale habile.

- Autour d'Odile. Discutant avec deux amies, la pauvre Odile constate que Roland, son prétendant, est bien moins efficace que les autres chevaliers... Madaule livre un gag en une page rigolo, quoiqu'un peu plat.

- Rob. Tiens, qui revoilà ! J'avais cru comprendre que James et Boris Mirroir faisaient un break pour se consacrer à des projets séparés, mais apparemment ils se sont ravisés : je retrouve avec plaisir Rob, Clutch et sa copine en route pour rendre visite à la mère du garçon.

- Imbattable. Pascal Jousselin produit un gag muet où, pour une fois, son super-héros n'évitera pas la casse... La virtuosité du découpage est toujours impressionnante, et même si on n'a droit qu'à une page, ça permet de patienter en attendant la parution d'un premier album (repoussé à début 2017).

- L'Atelier Mastodonte. Obion, Jousselin et Nob se sont mis en tête de trouver le "nervous point" de chaque membre de l'atelier. Jousselin échoue lamentablement à énerver Feroumont. Par contre, Trondheim n'a besoin de personne pour rouspéter contre tout et n'importe quoi. L'argument est très futile mais ça reste marrant - et certainement amené à être développé dans les prochains épisodes.

- Zizi chauve-souris. Suzie et sa mère arrivent chez les parents de cette dernière : Trondheim et Bianco livrent leur 279ème strip. Publié ainsi, c'est certes frustrant, mais quand même très drôle.

En direct de la rédak annonce avec Lewis Trondheim un concours en relation avec le nouveau tome de Ralph Azham pour la fin de l'année. Dans quinze jours, Achdé commencera à dévoiler un gigantesque poster en quatre parties de Lucky Luke. Et la semaine prochaine, retour des Campbell.
Les aventures d'un journal revient sur le parcours de Frank Pé pour expliquer qu'il a finalement peu produit de BD à cause d'autres centres d'intérêts.

Les suppléments pour les abonnés consiste en deux cartes postales avec Les Campbell (superbe) et L'Atelier Mastodonte (par Obion, sympa).

mercredi 13 juillet 2016

Critique 949 : SPIROU N° 4082-4083 (6 Juillet 2016)


Numéro double "Spécial Vacances" avec donc 100 pages, dont un cahier de jeux de 17 pages, et le début de la pré-publication du Spirou par... Zidrou et Frank Pé (qui signe la couverture dont la seconde partie occupe le 4ème de couverture de la revue) et aussi du nouveau tome de Ralph Azham de Lewis Trondheim.
L'édito, marrant, est signé Guillaume Bouzard.

Le sommaire est divisé en deux parties puisque, pour l'occasion, les auteurs ont produit des planches (ou des hauts de page) en relation avec le thème des grandes vacances. Parlons d'abord du programme classique.
J'ai aimé :

- Une Aventure de Spirou et Fantasio : La lumière de Bornéo (1/12). Suite à un reportage en Palombie où ils dénoncent un scandale écologique, Spirou et Fantasio rencontrent la nouvele rédactrice en chef du journal "Le Moustique" qui refuse le publier en l'état pour ne pas froisser les annonceurs publicitaires. Spirou, outré, démissionne !
Après, donc, le 55ème tome de la série-mère (par Yoann & Vehlmann, La colère du Marsupilami) et un one-shot (par Feroumont, Fantasio se marie), voici une nouvelle aventure (hors continuité) de Spirou et Fantasio : dire qu'au début des années 80, Dupuis avait échoué à produire des albums à la chaîne avec le groom en en confiant les histoires au duo Cauvin-Nic et Yann-Yves Chaland... 
Le risque avec cette profusion de projets est à la fois de provoquer une certaine confusion et d'aboutir à des récits inégaux, et ce n'est pas prêt de se calmer. Alors que penser des premières pages du travail de Zidrou, au scénario, et Frank Pé, aux dessins ?
Ce début est intriguant : trois pistes narratives sont lancées, apparemment sans lien entre elles. Je me méfie de Zidrou (auteur de Tamara, mais par ailleurs loué pour ses autres efforts), mais visuellement, Pé, artiste rare, amoureux de Franquin (à qui il rend un vibrant hommage dans l'interview ouvrant l'épisode), est au sommet de sa forme (même si je ne comprends pas pourquoi il a ajouté des lunettes à Spirou).
C'est alléchant, même si après le formidable Feroumont, et une parution étalée sur 12 semaines (!), je suis prudent.

- Maggy Garrisson : Je ne voulais pas que ça finisse comme ça (4/6). Maggy se débarrasse définitivement de Sheena et Alex de Pula. Mais les conséquences sont lourdes : l'amant de la détective est incarcéré, accusé de meurtre. Maggy se replonge dans le boulot : elle a une piste dans l'affaire de l'album-photo et Wight a besoin d'elle dans le dossier des pompes funèbres...
La série de Trondheim et Oiry prend un malin plaisir à pratiquer l'art du contrepied comme en témoigne la sortie de scène de Sheena. Le scénario préfère ausculter le résultat des actes de Maggy et Alex. C'est déroutant, mais loin d'être déplaisant. Graphiquement, le traitement est toujours d'une extrême rigueur. Epatant.

Ensuite, place aux pages "vacances", où se distinguent particulièrement :

- Magellan. Marie Gloris Bardiaux-Vaïente et Ruben Del Rincon livrent 5 pages sur l'expédition du célèbre navigateur portugais au XVIème siècle : j'aime bien ces petites leçons d'histoire, prodiguées avec fluidité et toujours impeccablement illustrées.

- Dad : Camping. Nob nous gratifie d'un mini-récit de 4 pages où Dad emmène ses filles faire du camping. Je n'éventerai pas la chute mais les gags abondent, très drôles, et l'auteur glisse même une critique bien inspirée par le sort des migrants. 

- Les Cavaliers de l'Apocadispe : prennent le car pour aller en colo. Libon est dans la place et donc, avec lui et ses trois héros nigauds, l'assurance d'une bonne rigolade. On n'est pas déçu, c'est effectivement hilarant - et après avoir lu ça, vous ne goûterez plus à de la mayonnaise tiède !

- Imbattable : Les vacances de Toudi. Pascal Jousselin revient lui aussi avec 4 pages où Toudi, le disciple de Imbattable, embarrassé par le militantisme de sa mère, commet une grosse gaffe. Comme toujours, le titre joue formidablement sur les astuces d'un découpage sophistiqué et un goût affûté pour l'absurde.

- Cascades sous le casque. Matthieu Burniat a réalisé une belle planche, au dessin superbe et à l'écriture inventive. Talent à suivre.

- Le Royaume. Benoît Feroumont nous rend Anne après une longue absence (absence pardonnée car je me suis régalé avec Fantasio se marie) : pas simple cependant pour la jolie aubergiste de partir en vacances en oubliant tout. 2 pages jubilatoires.

- Bulles airlines. Je ne suis pas franchement client du dessin de Fabrice Erre (influencé par Crumb, dont je ne suis pas fan) mais ces deux pages sont un bel hommage au pouvoir d'évasion des livres dans le cadre d'une librairie cachée dans une agence de voyage.

- Kinky & Cosy : Votre voyage de rêve. L'humour de Nix est très spécial et ne me convainc que par intermittences, mais quand il est aussi déchaîné, c'est très drôle, complètement délirant et cauchemardesque.

- L'Atelier Mastodonte. Cette semaine, Alfred signe seul les deux doubles strips dans lesquels il évoque ses voyages : les collègues apprécient moyennement et lui-même s'interroge. C'est unique.

- Tash & Trash. / Zizi chauve-souris. Dino signe encore une fois un strip en une case excellentissime. Quant à Trondheim et Bianco, toujours en voiture avec Suzie et sa mère, ils confirment leur retour en grande forme avec un strip cynique à souhait.
*
En direct de la rédak donne la parole à Kox, Ruben Del Rincon, Fabrice Erre et Philippe Bercovici qui évoquent leurs vacances les plus mémorables. Anne-Claire Jouvray nous parle de ses lectures du moment. La semaine prochaine, Le Labo revient.
Les aventures d'un journal revient sur l'autre série de Fournier, Bizu, qu'il fut obligé de mettre de côté pour se consacrer à Spirou et Fantasio... Avant de les réunir le temps d'un bref et unique crossover en 1973.

Numéro double = pas de suppléments pour les abonnés (mais on ne va pas se plaindre vu la quantité de lecture).  

dimanche 3 juillet 2016

Critique n° 938 : SPIROU N° 4081 (29 Juin 2016)


Zizi chauve-souris revient pour un troisième tome, qui sera pré-publié à petites doses (un strip par semaine). Mais pour la peine, Bianco se fend d'une belle couverture et, en prime, d'un cours de dessin irrésistible.

J'ai aimé :

- Maggy Garrissson : Je ne voulais pas que ça finisse comme ça (3/6). Maggy et Wight bouclent rapidement l'enquête de la librairie. Mais Sheena refait surface, avec son acolyte Pula, et agresse Alex. Maggy la raisonne en acceptant de lui remettre l'argent qu'elle lui a subtilisée...
Dans l'interview qui ouvre cet épisode, Stéphane Oiry, le dessinateur, confirme que cette aventure sera la dernière du premier cycle de la série, puis revient sur les détails (souvent incroyables) dont il nourrit ses plans. Cette fabuleuse rigueur associée à la tonalité plus franchement polar, cette fois, de l'histoire de Trondheim contribuent à faire de Maggy Garrisson une production de haute volée.

- Comment dessiner Zizi chauve-souris. Vrai cadeau bonus de ce numéro (bien plus que le banal supplément pour les abonnés), Guillaume Bianco nous gratifie de cinq pages hilarantes sur la manière dont il dessine son héroïne : allusions à Star Wars, présence d'une pulpeuse disciple, intervention de Trondheim, tout y est. Mais on apprend quand même vraiment comment reproduire Suzie et sa chauve-souris !

- Beasts ! Giemsi revient pour ce gag en une page sur un abreuvoir disputé : c'est très drôle, souligné par ce graphisme très expressif.

- Autour d'Odile. Madaule est lui aussi en grande forme pour ce gag d'une page où le pauvre chevalier a bien du mal à convaincre Odile des efforts qu'il déploie pour la conquérir.

- Six-coups : La fugue. Bianca est bien décidée à ne plus mettre les pieds à l'école. C'est alors que, avec Eliot, elle découvre la planque dans les bois de Mitty, son frère et Vegas, en train de préparer leur prochain mauvais coup...
Les Jouvray livrent un nouvel épisode (le cinquième) de leur western et, cette fois, posent clairement les bases pour une histoire à suivre. Exemplairement découpée, toujours aussi réjouissante, cette BD est une pépite d'or. Espérons que la suite ne se fera pas trop attendre.

- L'Atelier Mastodonte. Où l'on découvre, grâce à Toulmé et Jousselin, ce qui peut bien énerver ce dernier, pourtant un des éléments les plus tempérés de l'équipe. Tout ça sent le début d'un petit feuilleton. Pas renversant mais à surveiller.

- Tash & Trash. Dino est économe (une seule case), mais son gag est une perle. / Zizi chauve-souris. Et donc Suzie accompagne sa mère chez ses grands-parents paternels : Trondheim et Bianco commencent fort avec un strip prometteur.

- Dad. Où celui qui berce est victime de sa propre efficacité : un gag tendre et rigolo de Nob. (voir ci-dessous :)

En direct de la rédak, on continue à bien se marrer avec l'interview de Bianco. Feroumont parle de ce qu'il aime écouter et regarder. Et la semaine prochaine, numéro double "spécial vacances", avec le début de la pré-publication (pour 12 semaines !) du Spirou par... Zidrou & Frank Pé.
Les aventures d'un journal revient sur la série atypique Jeannette Pointu de Wasterlain, commencée en 1982...Dans le journal La Vie !

Les abonnés ont droit en supplément à des cartes des héros du journal - ça fait quand même un petit moment qu'on n'a pas eu un bonus digne de ce nom...

dimanche 26 juin 2016

Critique 930 : SPIROU N° 4080 (22 Juin 2016)


Cette semaine, Yoann et Vehlmann nous gratifient d'un réjouissant délire en mode super-héros - ou plutôt Supergroom ! A la fois la suite de l'essai tenté dans le n° 4068... Et peut-être le début de futurs récits complets ?

J'ai aimé :

- Maggy Garrisson : Je ne voulais pas que ça finisse comme ça ! (2/6). Alex, le copain de Maggy, refuse de tuer Tobias pour lui. Maggy et Wight continuent d'enquêter sur l'affaire des dents d'or et acceptent une nouvelle mission dans une librairie. Alex emmène Maggy chez sa grand-mère...
Trondheim et Oiry dévoilent dans l'interview qui ouvre ce nouvel épisode leur méthode de travail : c'est toujours instructif de découvrir comment un scénariste et un dessinateur se répartissent les tâches et de comparer avec le résultat fini. Ainsi voit-on que Oiry possède une grande marge de manoeuvre en mettant en images un script laconique, mais que Trondheim lui livre par tranches. Pour l'histoire elle-même, c'est toujours aussi accrocheur, avec ce découpage si strict mais qui densifie des scènes a priori anecdotiques.

- Spirou et Fantasio : Supergroom. En échangeant avec le comte de Champignac sur les super-héros américains, Spirou décide de s'inventer une double identité. Une pub pour le journal qui va se transformer en une aventure plus compliquée (mais très drôle et mouvementée)...

Tous deux fans de comics, Fabien Vehlmann et Yoann s'étaient visiblement bien amusés lors du récent numéro spécial "Superman vs Batman" (n° 4068) en orchestrant une rencontre détonante entre Batman et Spirou. De quoi leur inspirer Supergroom, avec à la clé un clin d'oeil au Rocketeer de Dave Stevens et à Tom Strong de Alan Moore et Chris Sprouse (fantacoptère à l'appui) : 8 pages jubilatoires, où Tintin s'en prend littéralement plein la tête... Et un twist final qui laisse espérer qu'on en reparlera.

- Happy Birds. Le titre de Trondheim et Piette a beau avoir perdu de sa superbe (tout ça tourne trop en rond), les trois strips de cette semaine sont de bonne facture, suggérant un possible et salutaire rebond.

- L'Atelier Mastodonte. Les ténors de la série continuent de revenir et redressent son niveau : cette fois, c'est Jouvray qui entraîne Jousselin dans ses délires sur les règles de la BD. La chute est ironique à souhait dans les deux doubles strips.

- Tash & Trash. Dino nous offre lui aussi un merveilleux strip, au top de l'absurde.

- Dad. Dad fait le mariole pour inciter les gens à donner leur sang et croise la charmante doctoresse pour qui il en pince : serait-ce réciproque ? Nob nous amuse mais surtout livre un gag à la chute pleine de sous-entendus. (Voir ci-dessous :)

En direct de la rédak donne logiquement la parole à Yoann et Vehlmann pour évoquer leur Supergroom. Et la semaine prochaine : le grand retour de Zizi chauve-souris !
Les aventures d'un journal revient sur une affligeante histoire en 1988 où les vieux combattants eurent la peau de Jean-Claude de la Royère, Thierry Tinlot et Thierry Martens suite à quelques blagues bien inoffensives.

Le supplément abonnés est une boîte pour cartes à collectionner. Bof.

dimanche 19 juin 2016

Critique 923 : SPIROU N° 4079 (15 Juin 2016)


Maggy Garrisson revient, pour six semaines, dans sa 3ème aventure : bonne nouvelle ! Les Campbell figure sur le bandeau : une autre bonne nouvelle !
 Vous reprendrez bien un peu d'Animal lecteur :
le colonne de cette semaine est jubilatoire.

J'ai aimé :

- Maggy Garrisson : Je ne voulais pas que ça finisse comme ça ! Maggy découvre dans une vente aux enchères de containers un album de photos de famille et se met en tête d'en retrouver le propriétaire. Son patron, lui, cherche à confondre une entreprise de pompes funèbres accusée par une veuve d'avoir prélevé et vendu les dents en or de son mari...
Souhaitons tout d'abord que le titre de cette nouvelle aventure de la détective de Lewis Trondheim et Stéphane Oiry ne signifie pas que ce soit sa dernière. Ensuite, savourons le plaisir de retrouver cette série, une grande réussite merveilleusement écrite et dessinée avec une rigueur exemplaire : ce premier épisode de 11 pages est très prometteur.

- Les Campbell : Retour aux affaires. Continuant à raconter son passé auprès de son frère, Inferno, et de leur mentor, le "Turc", en compagnie de sa femme Fanny Morgan, Campbell voit arriver tous les anciens acolytes du célèbre pirate qu'il a invités...
Alors que je craignais une publication chaotique, voilà qu'en deux semaines on a le plaisir de lire deux épisodes de la série de Munuera (bon, hélas ! il n'y aura pas la suite la semaine prochaine) : c'est un régal, avec une narration sur deux temps très maîtrisée, et un dessin superbe.

- Autour d'Odile. Madaule livre un nouveau gag amusant en un page : on devine bien que la contrainte du titre est aussi sa limite, mais c'est distrayant.

- Imbattable. Pascal Jousselin ne force pas son talent avec cette page, mais ne boudons pas notre plaisir.

- L'Atelier Mastodonte. Tofépi sert deux strips toujours aussi faiblards : c'est vraiment une recrue très décevante. En revanche, Nob donne des cauchemars à Jouvray et là, c'est déjà plus savoureux.

- Dad. Nob confirme son regain de forme avec sa page où Pandora, Ondine et Roxane, sous le regard vigilant de Bébérinice, trouvent une occupation à leur Dad : la chute est très marrante. (Voir ci-dessous :) 

En direct de la rédak donne la parole à Munuera qui se confie sur Les Campbell. On apprend le contenu du numéro double "Spécial Vacances" (n° 4082-83, le 6 Juillet en kiosque). Et la semaine prochaine : SuperGroom !
Les aventures d'un journal revient sur Le navire fantôme, une saga de François VanHamme, parue en 1941, alors que "Spirou" devait composer avec les restrictions dues à l'Occupation.

Le supplément pour les abonnés est vraiment naze : des tatoos Les Campbell... 

dimanche 12 juin 2016

Critique 916 : SPIROU N° 4078 (8 Juin 2016)


En couverture de ce 4078ème numéro, le trublion Fred Neidhardt annonce la couleur en affirmant qu'on va découvrir "le seul, le vrai, l'unique 4000ème numéro (et autres révélations !)". C'est assez drôle mais un peu maladroit quand, dans le même exemplaire, la rédaction rend (enfin !) hommage à René Hausman, comme l'indique un minuscule bandeau : il aurait plus approprié d'illustrer la couverture avec une des superbes images de maître disparu.

J'ai aimé :

- Mélusine : La ville fantôme (6/6). Les bourdes de Mélisande permettent à Mélusine de percer le mystère du grimoire de Malphastolas...
Clarke conclut son premier récit complet long format de la série et ce fut une lecture très agréable, divertissante. Que Midas Magor échappe à la sorcière et la fée invite à penser qu'on le reverra dans un prochain tome. On déplorera juste que Clarke néglige parfois ses décors alors qu'il est capable de produire des plans épatants sur ce point.

- Autour d'Odile. Madaule livre un gag en une page très drôle : un titre sans prétention, au concept certes limité mais sympa.

- Les Scoops de Spirou. Fred Neidhardt s'est donc adonné à quelques savants calculs pour prouver aux lecteurs que la numérotation du journal est fausse. 
Mais ce n'est (heureusement) pas tout : il revient sur une célèbre histoire entre Franquin et Hergé pour s'amuser à produire une (fausse) planche crayonné réalisée en commun par les deux artistes (l'exercice est soigné, mais n'abuse personne alors que Neidhardt avait réussi une imposture plus impressionnante en concevant des planches supposément inédites de Rob-Vel). 
Puis, le farceur se moque, gentiment, de Obion (et ses jeux de mots), de Trondheim, de Nob et de Frédéric Niffle : c'est un peu frustrant car on aurait aimé qu'il aille plus loin. La grande blague qui a l'honneur de la couverture n'est donc pas vraiment au rendez-vous.

- Les Campbell : Retour aux affaires. Munuera s'engage dans de nouvelles aventures de sa famille de pirates : si on peut déjà prévoir que la diffusion sera très irrégulière (dommage... Mais si Dupuis attendait de disposer de plus de matériel avant de le publier, ce problème serait résolu et la lecture plus fluide), le résultat est superbe graphiquement.

- Hommage à René Hausman. Quatre pages sont donc consacrées à la mémoire de ce génial illustrateur, mort en Avril dernier. Morgan Di Salvia dresse une biographie brillante et plusieurs auteurs/artistes ont produit de superbes dessins : Frank Le Gall, Jean-Claude Servais, David De Thuin, Frank Pé, Marc Hardy, Olivier Saive, Thierry Martin, Alain Henriet... 
J'aurai juste aimé que le journal publie une image de Hausman en couverture.

- L'Atelier Mastodonte. Le feuilleton des poils de pinceau continue avec cette fois les contributions de Fabien Toulmé et Mathilde Domecq : l'idée ne vole pas haut, mais la déclinaison du gag est plus inspirée et permet de revoir des artistes de la série de retour après plusieurs semaines (voire mois) d'absence.

- Tash & Trash. / Capitaine Anchois. Dino et Floris servent deux strips marrants (surtout Floris).

- Dad. La mère de Ondine se venge de Dad : Nob reprend des couleurs avec cette page qui est sa meilleure depuis un moment. (Voir ci-dessous :)

En direct de la rédak donne la parole au "lanceur d'alerte" Fred Neidhardt. Matthieu Reynès nous en dit plus sur ses goûts. En attendant le retour de Théodore Poussin en 2017, Dupuis réédite les premiers albums de cette excellente série. Et la semaine prochaine, joie : Maggy Garrisson revient !
Les aventures d'un journal revient sur les renumérotations de "Spirou", l'occasion d'apprécier les calculs de Neidhardt mais aussi, plus sérieusement, de se rappeler que le journal s'est interrompu durant la guerre dans un geste de résistance face à l'occupant allemand.

Les abonnés ont droit à un chouette stripbook, Walter et Beep par les Deamo Bros, où un alien rencontre le dernier survivant de la Terre, un robot peu hospitalier.
(Les abonnés français ont aussi droit à un livret de 12 pages sur la première BD avec le judoka Teddy Riner comme héros.) 

dimanche 5 juin 2016

Critique 910 : SPIROU N° 4077 (1er Juin 2016)


Le journal de "Spirou" fête l'Euro de football 2016 avant l'heure avec un numéro spécial : le résultat est... Déconcertant puisque beaucoup d'artistes qui ont produit des planches pour la revue avouent dans la rubrique En direct de la rédak n'être pas de grands fans du ballon rond ! Moi-même, ma passion (suite à la Coupe du Monde 1998 et l'Euro 2000 gagnés par la France) a disparu à l'heure où entre scandales divers (corruptions, sextapes...) et performances inégales sont médiatisés ad nauseam. 

J'ai aimé :

- Mélusine : La ville fantôme (5/6). Mélusine et Mélisande coincent Midas Magor, magicien jaloux des sorciers, convoitant le grimoire de Malphastolas. Mais il n'a pas encore mis la main dessus...
L'épisode de la semaine, comme toujours quand la pré-publication touche à sa fin, ne compte que quatre pages : pas de quoi exercer son sens critique. Mais Clarke mène toujours efficacement son affaire, le rythme est très soutenu. Le dessins sont moins réjouissants, noyés dans des à-plats noirs bien pratiques pour ne pas représenter des décors.

Et après, c'est parti pour jouer à la baballe : selon l'intérêt que vous avez pour le foot, vous apprécierez plus ou moins ce que cela a inspiré aux auteurs. Pour ma part, j'ai aimé :

- Les pélerins. Guillaume Bouzard est lui aussi dépité par le (manque de) spectacle du foot actuel, les matchs ennuyeux. Il embarque deux amis dans une virée à Saint-Etienne, pour visiter le mythique "chaudron" du stade Geoffroy-Guichard. En trois pages, il dit bien à quel point la magie s'est évaporée.

- Calcio, amore mio ! Alfred évoque avec humour une partie de foot partagée avec des copains italiens, qui jouent pour gagner avant tout. C'est rigolo et puis c'est toujours sympa de lire les planches de cet artiste.

- Yes she can. Je ne connaissais pas Runberg (scénario) et Homs (dessin) mais leurs deux pages consacrées au foot féminin suédois sont une merveille, rafraîchissante et graphiquement superbe.

- Marzi : Cause nationale. On n'a plus souvent l'occasion de relire Marzi par Marzena Sowa et Sylvain Savoia alors on ne boudera pas son plaisir de la retrouver pour ces deux planches sur la Pologne, comme toujours subtiles et belles.

- Cette fois où j'ai vraiment bien mangé grâce au foot. Libon, c'est toujours un régal assuré et ses deux planches le confirment où, suite à un défi culinaire en relation avec des pronostics de foot, il réussit encore une fois à provoquer une franche rigolade.

- Zazou : Berlin en folie ! Mathilde Domecq se fend elle aussi de deux planches pour raconter un match Allemagne-Argentine et le peu de ferveur après la partie du public germanique. C'est fin et marrant.

- Tash & Trash. / Capitaine Anchois. Dino et Floris livrent deux strips complètement loufoques.

- Dad. Nob confirme son retour en forme avec ce 126ème gag où Papa shoote avec un peu trop d'enthousiasme en compagnie de Roxane et Bébérinice. (Voir ci-dessous :)

En direct de la rédak donne donc la parole à Bouzard, Nob, Mathilde Domecq, Olivier Saive, Runberg et Alex Lopez pour évoquer leurs pages spéciales foot dans ce numéro. La semaine prochaine, on nous promet des révélations sur le n° 4000... Et il y aura aussi l'hommage à René Hausmann.
Les aventures d'un journal revient sur les chroniques sportives de "Spirou", dont celle de Jean Corhumel qui tient une rubrique pendant plus de dix ans.

Le supplément pour les abonnés est un foutage de gueule total : un auto-collant Euro 2016 ! Pour rigoler, lisez donc l'interview de l'inénarrable Kid Toussaint, scénariste de Magic 7, où ce brave bougre sans talent avoue que ses dessinateurs italiens se contrefichent de ses indications... Ce qui ne le démotive pas puisqu'il prévoit au moins dix tomes de sa série !

dimanche 29 mai 2016

Critique 901 : SPIROU N° 4076 (25 Mai 2016)


Le retour de la série Magic 7 (toujours aussi mal écrite par ce pauvre Kid Toussaint, avouant qu'il a les pires difficultés à à animer une histoire avec autant de personnages et à assumer ses références, et mal dessinée), ça ne vend pas du rêve. L'agent 212 sur le bandeau indique bien que quand ça veut pas...
 

J'ai aimé :

- Mélusine : La ville fantôme (4/6). Après avoir appris du bourgmestre le secret de la ville de Harrebourg, Mélusine et Mélisande repartent à la recherche du fantôme, déduisant qu'il convoite le grimoire du sorcier Malphastolas. Mais est-ce vraiment un spectre qui hante le patelin ?
Clarke a compris une chose toute bête mais efficace : avec une histoire découpée en épisodes, pour ne pas perdre l'attention du lecteur, il faut lui donner un rebondissement chaque semaine. Ainsi après avoir révélé la véritable nature de la ville fantôme, apprend-on que celui qui hante l'endroit n'est pas celui qu'on croit. C'est cette efficacité élémentaire qui rend le récit plaisant, sans négliger le graphisme qui, sans être sophistiqué, est dynamique.

- La Forêt magique. L'excellent David De Thuin revient pour un nouveau récit complet : seulement deux pages, mais toujours aussi bien inspirées, et malicieuses, sur le thème du retour à la nature. 

- Spoirou et Fantasperge. Sti anime les hauts de page du journal depuis cent numéros avec ces deux drôles de personnages qui s'échinent chaque semaine à ce que la page 13 ne soit jamais affichée. Pour fêter ça, on a droit à un gag en une page, avec Frédéric Niffle, le rédacteur en chef de la revue : très drôle.

- L'Atelier Mastodonte. Deux cadres de la série font leur retour cette semaine et s'amusent avec l'histoire capillaire relative à Lewis Trondheim. Ni Bianco ni Obion ne forcent leurs talents, mais c'est agréable de les retrouver, surtout avec Tebo en guest-star.

- Dad. Nob met en scène un moment de mauvaise humeur de son héros : le gag n'est pas renversant mais permet à la série de rebondir après de longues semaines peu inspirées. (Voir ci-dessous :)

En direct de la rédak donne la parole à Sti pour la 100ème de Spoirou et Fantasperge (et rappelle que l'auteur signe aussi pratiquement chaque édito !). Mathilde Domecq nous dévoile ses goûts (musique, télé, BD). Et la semaine prochaine, le journal propose un numéro spécial consacré à l'Euro de foot.
Les aventures d'un journal revient sur la chronique de Mister Kit de Gil Van Dessel, un passionné d'avions, y compris ceux pilotés par les nazis ! Franquin, dans un gag rageur de Gaston, aura sa peau... Après 4 ans de parution !

Pour compenser ce maigre programme, les abonnés ont eu le plaisir de recevoir en supplément un superbe poster de Lucky Luke par Matthieu Bonhomme (la version complète du dessin qui a servi à la couverture du magazine Dbd n° 102).

dimanche 22 mai 2016

Critique 895 : SPIROU N° 4075 (18 Mai 2016)


Les Psys de Cauvin et Bédu ont droit à la "une" cette semaine : RAS, c'est toujours aussi naze. Par contre, le retour de Six-Coups des Jouvray fait bien plaisir.
Salma et Libon s'interrogent avec malice
sur les reprises de héros célèbres dans Animal lecteur.

J'ai aimé :

- Mélusine : La ville fantôme (3/6). Poursuivies par des fantômes agressifs, Mélusine et Mélisande vont découvrir l'étonnante vérité sur la ville de Harrebourg...
Clarke, comme il l'explique dans l'interview qui ouvre cet épisode, est un perfectionniste en ce qui concerne le rythme de ses histoires, encore plus avec cette aventure qui n'est donc pas une succession de gags. Ses efforts sont payants, on ne s'ennuie pas, et les révélations sont bien dosées, sans négliger l'humour (grâce au personnage de Mélisande). Les dessins correspondent bien à la tonicité du récit, avec même une référence à Escher dans une scène mémorable.

- Dent d'Ours : Amerika Bomber (6/6). Hannah se prépare pour sa mission aux commandes du "silbervogel" tandis que Max/Werner découvre les coulisses de la base secrète. Mais qui est cette Eva dont les officiers nazis attendent le signal pour lancer l'attaque contre New York ?
La fin de ce tome 4 est très frustrante et il faut espérer que Yann et Henriet ne feront pas trop attendre les lecteurs pour dévoiler la suite des aventures de Hannah et Werner, tous deux dans une situation délicate. En tout cas, la série reste redoutablement efficace et intrigante. 

- Une aventure de Spirou et Fantasio : Fantasio se marie (9/9). Spirou et Seccotine bouclent leur enquête, mais le mariage de Fantasio est brisé. 
Benoît Feroumont boucle son histoire avec habileté, même si, en fin de compte, le mariage de Fantasio n'aura été qu'un prétexte - l'acolyte attitré de Spirou finit d'ailleurs dans un état lamentable alors que Seccotine s'impose comme la nouvelle vedette du titre. Appliqué à la série-mère, ce serait une révolution, mais hélas ! ce récit complet restera à part. Ce fut en tout cas une grande réussite, humoristique et palpitante, un des meilleurs de cette collection parallèle. J'en rédigerai une critique dédiée pour la sortie prochaine (le 1er Juin) en album.

- Six-Coups : Charlotte et les pickpockets. Le maire de la ville a une bien curieuse idée pour que l'on parle de sa municipalité. Le shérif néglige du coup de surveiller Vegas et les deux gredins qui l'ont pris comme partenaire...
Pour ce quatrième épisode, les époux Jouvray réussissent une nouvelle fois un épatant mini-western comique : le découpage de l'action est admirable, d'une fausse simplicité mais d'une grande fluidité, avec des enchaînements de personnages épatants. Le dessin est expressif, le scénario plein de malice : un vrai régal.

- Cartes blanches : Le piment rouge contre le gang du ferrailleur. Laurent Houssin réalise un gag en une page très bien tourné : le découpage en "gaufrier" (12 cases) sert parfaitement cette "carte blanche".

- L'Atelier Mastodonte. Sans Lewis Trondheim, on peut se demander ce qu'il adviendrait de ce titre qui an franchement piqué du nez ces dernières semaines ? Les deux doubles strips montrent que la série est encore convalescente, mais le retour de Nob et l'effet miroir entre les deux gags font l'affaire. A confirmer quand même.

- Dad. Dad en aurait-il fini avec ses problèmes d'acné ? Hélas ! ça tombe mal pour lui... Nob redresse lui aussi la barre de sa série après de pénibles gags répétitifs et pas très drôles dernièrement. On va rester prudent, mais bienveillant car l'auteur n'a pas souvent déçu. (voir ci-dessous :) 

En direct de la rédak permet aux époux Jouvray d'en dire davantage sur les coulisses de Six-Coups. David De Thuin nous révèle ses goûts du moment (musique, livres). Avec la fin des pré-publications du Spirou de Féroumont et de Dent d'Ours, les prochaines semaines avec le retour du très mauvais Magic 7 risquent d'être terribles dès le prochain numéro.
Les aventures d'un journal reviennent sur la double carrière, dans les pages de "Spirou" et "Tintin", de Jo-ël Azara, passionné par le Japon dans ses BD.

Les abonnés ont reçu en supplément Le jeu des couples, avec des cartes dessinées (sur papier glacé siouplait !) par Janry : c'est marrant et original.