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mercredi 19 avril 2023

NIGHTWING #103, de Tom Taylor, Travis Moore et Vasco Georgiev, C.S. Pacat et Eduardo Pansica


Avant-dernière partie de l'arc en cours, ce 103ème épisode de Nightwing a quelque chose de décourageant tant Tom Taylor retombe dans ses pires travers. Pour ne rien arranger, Travis Moore au dessin tire la langue et a besoin de renfort. La back-up story par C.S. Pacat et Eduardo Pansica ne vaut pas mieux.


Raven guide Cyborg, Beast Boy et Nightwing en Enfer où, avec la complicité de Blaze, ennemie jurée de Neron, ils vont chercher le contrat signé entre le démon et Roland Desmond. De son côté, la fille de ce dernier, Olivia, est emmenée à Themyscera pour qu'elle s'entraîne...


Parfois, quand vous lisez des comics, vous avez un sentiment de découragement car, même si une série vous plait, c'est comme si celui qui l'écrivait, même en affichant de bonnes intentions, ne pouvait s'empêcher de vous décevoir. C'est quelque chose auquel je commence à être habitué avec Tom Taylor.


Je ne vais pas revenir sur les hauts et les bas de son run sur Nightwing, mais dernièrement, je trouvais qu'il s'était ressaisi. Certes, tout n'était pas parfait, et il y a toujours chez Tom Taylor une propension à différer des éléments pourtant avancés comme cruciaux. Par exemple, après avoir consacré beaucoup de temps à l'opposition Nightwing-Blockbustet et à introduire Heartless, ce dernier après son retour au premier plan au n°100, a à nouveau disparu.


Nightwing est donc devenu l'antichambre de la future série Titans, qui sera toujours écrite par Taylor. Mais qu'importe le flacon si on l'ivresse, et l'histoire débutée au n°101 n'avait rien de désagréable. Qui plus elle était mise en images par le talentueux Travis Moore, un artiste plus sobre que Bruno Redondo.

Mais tout ça vole en éclats dans cet épisode sorti hier. Travis Moore tire la langue et doit recevoir de l'aide. DC a donc demandé au jeune Vasco Georgiev de signer les pages 5 puis 13 à 18. Georgiev a beau s'appliquer, ça se voit quand même comme le nez au milieu de la figure. De plus, s'il n'est pas maladroit, il est quand même loin d'avoir un niveau suffisant, très loin du trait élégant de Moore.

Pour ne rien arranger, alors que je scrollais sur Twitter hier, j'ai découvert sur le fil de Kara Huset que DC a carrément piqué à cette jeune artiste le design de costume que Neron donne à Nightwing à la dernière page de cet épisode. Kara Huset n'a évidemment pas été prévenue et a été sidérée de constater ce plagiat manifeste. Reste à savoir si elle poursuivra DC en justice, sachant que ce genre de procédure est une épreuve pour une artiste inconnue face à un géant de l'édition et sa horde d'avocats. Mais bon, c'est tout de même écoeurant comme procédé...

J'étais déjà mal à l'aise avec cette affaire (dans laquelle, je l'espère, Tom Taylor et des dessinateurs interviendront en soutenant Kara Huset) en lisant l'épisode. Je ne m'attendais pas à l'être aussi en découvrant le contenu de l'histoire, qui fait vraiment pitié.

On pouvait raisonnablement espérer un numéro riche en action, en décors épiques, en péripéties puisque Raven entraînait Cyborg, Beast Boy et Nightwing en enfer pour y trouver le contrat passé entre Neron et Blockbuster. N'espérez rien de tout ça ! C'est abominablement mou, sans nerf, et Tom Taylor pousse même le bouchon jusqu'à montrer que l'endroit où Neron enregistre ses contrats sous la forme d'une salle entièrement occupée par des ordinateurs : heureusement que le ridicule ne tue pas sinon la série devrait se trouver un nouvel auteur...

Parvenu à ce degré de nullité, on se demande franchement ce qui passe par la tête de Tom Taylor, et s'il est même encore préoccupé par Nightwing. Il lui est arrivé d'introduire des éléments limites dans la série, comme Nite-Mite, mais il s'en tirait avec les honneurs. En revanche, impossible de ne pas être consterné devant la mollesse de l'action ici et une "trouvaille" comme cette salle des ordinateurs de l'enfer. On ne peut tout simplement pas terminer l'épisode sans être presque gêné pour le scénariste...

Lassé d'être toujours déçu, de façon régulière, je vais quand même terminer cet arc, mais après rideau parce que je ne vois vraiment pas ce qui pourrait me convaincre de continuer. Et ne comptez donc pas sur moi pour investir dans la série Titans (j'hésitai avant, mais plus maintenant).


Je vais être totalement transparent : j'ai lu la back-up story de Nightwing #103, avec cet interminable enquête du héros qui forme Jon Kent à ne pas compter que sur ses pouvoirs. Mais je n'en ai rien retenu. Quel est l'intérêt de cet appendice ?

Et en prime, c'est très laid (Eduardo Pansica est méconnaissable).

samedi 25 mars 2023

NIGHTWING #102, de Tom Taylor et Travis Moore, C.S. Pacat et Eduardo Pansica


Suite directe du n°101, ce nouvel épisode de Nightwing continue de préparer le terrain pour le retour imminent de la série Titans, puisque les membres de l'équipe figurent aux côtés de Dick Grayson dans cette aventure. C''est ma foi fort plaisant à lire et on sent surtout que Tom Taylor affectionne ces personnages. Quant à Travis Moore, il fait plus que bien suppléer Bruno Redondo.


Un métamorphe a pris la place de Nightwing pour atteindre Olivia Desmond, la fille de feu Blockbuster, protégée par les Titans. L'équipe résout ce problème rapidement mais fait face à un autre. Raven tranche en affirmant qu'ils n'ont pas le choix : il va falloir obtenir des explications de Neron...
  

Jusqu'à la relance de la série Titans, Nightwing n'est plus vraiment la série de Dick Grayson puisque Tom Taylor a invité Raven, Beast Boy, Flash, Cyborg, Starfire et Donna Troy dans les pages du mensuel qui lui est consacré.


Ce faisant, il a aussi mis entre parenthèses ce qui derait occuper Nightwing à Blüdhaven même, en particulier avec Heartless et Tony Zucco en cavale. Mais, pour être tout à fait franc, je trouve que c'est un moindre mal et qu'on serait bien injuste d'adresser des reproches au scénariste.
 

En effet, le retour des Titans se fait déjà depuis un certain temps au sein du titre Nightwing, avec les apparitions de Flash (Wally West) et du reste du groupe. Et puis, il faut reconnaître à Tom Taylor une vraie affection et un vrai talent pour écrire cette équipe.

Cet arc narratif sera de toute façon bref (quatre épisodes, soit jusqu'au #104 en Mai). Et surtout il est plaisant à lire. L'intrigue n'est pas extraordinaire mais entraînante, même s'il faut s'assurer d'avoir lu Nightwing #98 avant (pour bien comprendre le rôle joué par Neron et Olivia Desmond).

A la fin de l'épisode précédent, Nightwing était piégé par un métamorphe à la solde du seigneur des enfers qui allait en profiter pour atteindre la fille de feu Blockbuster, sous la protection de Raven et Beast Boy. Taylor ne fait pas durer le suspense et règle son compte à cet usurpateur rapidement pour se concentrer sur son interrogatoire, ficelé grâce au lasso de vérité de Donna Troy. Puis sur les suites à donner à cette affaire.

Je ne sais pas ce que vaudra la série Titans par Taylor et Nicola Scott, mais il est évident que l'auteur sait comment animer cette équipe, qu'il a délesté de Roy Harper/Arsenal, pour revenir à la formation composée par Marv Wolfman et Geroge Pérez. Nightwing passe un peu au second plan, ce qui est normal, mais vu ce qu'ont programmé Taylor et Redondo pour le n°105, ce n'est que partie remise...

Travis Moore est bien plus qu'un joker pour suppléer l'absence de Redondo. On le savait déjà avant ça, mais c'est un excellent dessinateur, au style très élégant, avec un trait réaliste, qui parfois évoque celui de Mike McKone. Il est particulièrement doué pour représenter les femmes, et Starfire, Donna Troy et Raven sont superbes sous son crayon. Je suis moins fan de son Cyborg, mais à sa décharge il n'est pas responsable du design du personnage (vraiment moche). On peut se demander pourquoi, avec ses pouvoirs ou avec ceux de Raven, Beast Boy est toujours borgne (blessure infligée par Deathstroke dans Dark Crisis).

Le découpage est très sage, mais aussi très fluide. C'est une lecture facile, sur laquelle els couleurs acidulées de Adriano Lucas fonctionnent parfaitement bien. C'est du travail propre, et si Travis Moore devait devenir le remplaçant régulier de Redondo, je signe tout de suite pour.

La suite s'annonce prometteuse et spectaculaire. J'avais arrêté de lire Nightwing fâché par le surplace de la série et les prestations en pointillés de Redondo, avant de rattraper le train en marche pile pour le centième épisode. J'apprécie ce que je lis depuis et je croise les doigts pour que Tom Taylor garde son mojo - avant de tenter, peut-être, le coup sur la reprise de Titans.


Comme le mois dernier, ce numéro est agrémenté d'une back-up story mettant en scène une enquête menée par Nightwing et Jon Kent. C'est absolument dispensable, parce que l'histoire de C.S. Pacat échoue à captiver et que les dessins d'Eduardo Pansica imitent sans l'égaler Ivan Reis (guère aidés, il est vrai, par l'encrage affreux de Eiber Ferreira).

jeudi 23 février 2023

NIGHTWING #101, de Tom Taylor et Travis Moore, C.S. Pacat et Eduardo Pansica

 

Finalement, j'ai décidé de replonger dans les aventures de Nightwing après la réussite du n°100 de la série, paru le mois dernier. Une série qui va pour un temps être un titre Titans déguisé comme le prouve cet épisode. Tom Taylor fait équipe avec l'excellent Travis Moore (Bruno Redondo signant la couverture mais étant trop occupé par ailleurs avec des commissions art).


Feu Blockbuster avait vendu son âme à Neron et s'il venait à disparaître, c'est sa fille qui reveindrait au seigneur des bas-fonds. Olivia Desmond est sous la protection de Raven et Beast Boy lorsque Nightwing leur rend visite. Le corps d'un étudiant de la Titans Academy aurait été trouvé dans les gravats de la Tour de New York, détruite lors de l'attaque menée par Deathstroke...


Si j'ai pu être très déçu par Nightwing de Tom Taylor, et notamment par la prestation en pointillés de Bruno Redondo au dessin avant d'arrêter de suivre la série, je mentirai en disant que ça ne m'a pas manqué de lire les aventures de Dick Grayson. Et le centième épisode paru le mois dernier m'a convaincu de replonger.


Entre-temps, ce qui était attendu s'est concrétisé : une nouvelle série Titans va être relancée en Mai prochain et c'est bien Tom Taylor qui l'écrira, avec Nicola Scott au dessin. En attendant cela, Nightwing va donc être un team-book qui ne dit pas son nom puisque les partenaires de Dick Grayson sont désormais à ses côtés à Blüdhaven.


Mais alors qu'on aurait pu croire que Taylor allait enchaîner, après le n°100, sur un arc narratif mettant en scène Heartless, le scénariste a décidé de jouer encore une fois la montre avec ce vilain. Au lieu de ça, il fait référence à ce qui s'est passé dans Nightwing #98 (avec le lutin Nite-Mite) et l'event Dark Crisis (on Infinite Earths).

Commençons par Dark Crisis : dans ce récit, la Titans Tower de New York a été détruite dans une grande bataille provoquée par Deathstroke. C'est expliqué dans l'épisode, donc même si vous n'avez pas lu l'event, vous n'êtes pas perdu (et oserai-je ajouter que vous n'avez rien perdu non plus si vous n'avez pas lu Dark Crisis, dont la première partie vient d'être traduite par Urban Comics ?).

Ensuite, dans Nightwing #98, Nightwing faisait la connaissance d'un lutin de la 5ème dimension, Nite-Mite (l'équivalent pour lui de Bat-Mite pour Batman et de Mr. Mxyzptlk pour Superman), capable d'exaucer tous ses voeux à condition d'accepter son existence et de le laisser assister à ses exploits. Ainsi, grâce à cet allié inattendu, Nightwing a sauvé Olivia Desmond, la fille de Blockbuster des griffes de démons envoyés par Neron, avec qui Roland Desmond avait passé un pacte.

Roland mort (tué par Heartless), Neron entend bien récupérer la fille et demande une faveur au roi de Vatlava, avec lequel il tend un piège à Nightwing... En dire plus serait spoiler la nature du piège en question, très simple et malin, pas très original mais efficace. Un concentré de Tom Taylor, en somme.

Ce qui change le regard porté sur cet épisode et l'arc à suivre, c'est sans aucun doute le changement de dessinateur. Bruno Redondo a préféré se mettre en congé quelques mois (pour achever des commissions promises à des fans - et recharger ses batteries ?), mais il signera quand même les couvertures de la série. C'est Travis Moore qui se chargera des pages intérieures.

Moore est un artiste solide, dont la productivité n'est pas folle mais toujours soigné. Il avait inauguré le run de Becky Cloonan et Michael Conrad sur Wonder Woman, et il vient de finir une mini-série chez Image (Sins of the Black Flamingo), il a aussi illustré le sixième épisode de Batman-Superman : World's Finest de Mark Waid.

Mais ce qui distingue Moore de Redondo, c'est son classicisme. Contrairement à son collègue espagnol, il met en images les histoires qu'on lui confie avec sobriété, et par conséquent la ressemblance qu'on trouvait visuellement entre Nightwing et Hawkeye (par David Aja) ou Daredevil (par Chris Samnee) n'a plus lieu d'être.

Mine de rien, le titre y gagne énormément, non pas parce que Redondo a fait du mauvais boulot, mais parce qu'on ne lit plus l'épisode en comparant à Nightwing à ses glorieux aînés. Le rendu est très élégant, soigné, avec un niveau de détail pour les décors plus élevé que la moyenne, et un style réaliste académique. Les couleurs, toujours apposées par Adriano Lucas, permettent à la série de conserver sson look lumineux.

Taylor utilise Raven, Beast Boy et Starfire en supporting cast, sans qu'ils ne volent la vedette à Nightwing. Mais de toute façon, ça fait plaisir de voir Dick entouré de ses copains Titans, bien intégrés à l'intrigue. Est-ce qu'on verra Cyborg, Flash ou Donna Troy ensuite ? Ce ne serait pas étonnant vu la menace incarnée par Neron.

C'est presqu'un nouveau départ. Et c'est très plaisant.
 

- A NIGHT AT THE CIRCUS (Ecrit par C.S. Pacat, dessiné par Eduardo Pansica). - Nightwing continue d'entraîner Jon Kent pour qu'il ne se repose pas seulement sur ses super-pouvoirs. Ils sont amenés à enqueter sur une tentative d'assassinat dans un cirque...

A partir de ce numéro, la série s'enrichit d'une back-up story. DC en a confié l'écriture à l'écrivain C.S. Pacat, spécialiste de romans fantastiques et qui a collaboré récemment à des tie-in pour l'event Lazarus Planet. Elle n'a que quelques pages pour faire ses armes, donc 'est assez ingrat à juger, mais le prétexte est de montrer comment Nightwing entraîne Jon Kent avant qu'ils ne se mêlent d'une affaire qui rappelle étrangement les conditions ayant conduit à la mort des parents de Dick Grayson.

Encore plus ingrat peut-être : c'est le talentueux Eduardo Pansica qui s'occupe des dessins. Il mérite franchement mieux que quelques planches, mais souhaitons que c'est en attendant mieux et plus.

jeudi 5 septembre 2019

SUPERGIRL #33, de Marc Andreyko, Kevin Maguire et Eduardo Pansica


Dîtes "trente-trois"... Ou bien bis repetita  ? La question mérite d'être poser tant cet épisode de Supergirl donne l'impression d'un laborieux bégaiement avec le quatorzième de Superman, sorti la semaine dernière. Marc Andreyko marche dans les pas de Bendis, mais avec l'indépendance en vue, puisqu'une page se tourne pour Kara Zo-El. Pour illustrer ce chapitre un peu redondant, Kevin Maguire reçoit l'aide d'Eduardo Pansica, sans éblouir. Il était temps que ça se termine...


Ces derniers mois, Supergirl a beaucoup voyagé, depuis son premier affrontement contre Rogol Zaar avec Superman jusqu'à la mort de Gandelo en passant par Vega, sa rencontre avec Z'ndr et ses retrouvailles avec son cousin et son neveu.


Arrêtée avec Zod, Superman et Superboy, par la garde noire de Thanagar, elle attend avec eux la suite des événements. Rogol Zaar et Jor-El ont été incarcérés. Pour la première fois depuis longtemps, Kara se sent apaisée.

Mais la mort de Gandelo a créé des turbulences importantes dans l'univers, la guerre est imminente et on attend de Superman qu'il pacifie à nouveau toutes les parties. Pourtant c'est de Superboy que vient une solution, inspirée des Nations Unies sur Terre.


Cette inspiration provoque l'apparition de la Légion des Super-Héros, en provenance du XXXIème siècle, dont la formation a été rendue possible par l'idée de Jon Kent, à qui il demande d'intégrer leur formation.


Superman doit composer avec le choix que va faire son fils. Supergirl, après s'être confiée à Z'ndr, devenu le successeur de Gandelo à la tête du Collectif du Trillium, choisit de rentrer sur Terre pour y reprendre sa vie, en compagnie de Krypto.

On a donc droit à une redite très scolaire des scènes vues dans Superman #14, sorti la semaine dernière. Le point de vue de Supergirl prévaut et apporte un éclairage un peu différent, sans donner au lecteur la matière à relire vraiment la situation.

C'est l'aspect ingrat des épisodes tie-in, avec le risque de répéter ce qui a déjà été dit, de revoir des moments sans nouvelles perspectives. L'ultime combat contre Rogol Zaar, l'arrestation des kryptoniens par la garde noire de Thanagar, l'O.N.U. de l'univers imaginée par Superboy, l'apparition de la Légion, tout y est - à nouveau.

Marc Andreyko a hérité de la série à un moment où un autre que lui en avait orienté la course, et il s'est acquitté avec talent de ce boulot, sachant alimenter les aventures de l'héroïne avec vigueur tout en veillant à la rendre disponible à nouveau au moment où Brian Michael Bendis en aurait besoin. C'est très honorable, même si cela doit aussi être très frustrant à écrire.

Pourtant, Andreyko doit aussi avoir ressenti une satisfaction certaine à produire cet épisode qui va l'autoriser à voler enfin de ses propres ailes, sans dépendre des plans de Bendis. Le voyage de Supergirl, en quête de vérité sur la fin de Krypton et la responsabilité de Rogol Zaar, s'achève ici et elle décide de rentrer sur Terre, tenter de reprendre le cours normal de sa vie (bien sûr, il faut s'attendre à ce que cela ne se passe pas facilement).

Pour le lecteur, c'est l'heure du choix : continuer à suivre la série ? Ou s'arrêter là ? Je n'ai pas encore décidé. D'un côté, j'ai envie de m'en tenir là car je lis déjà beaucoup de séries (et donc je rédige pas mal de critiques) et j'ai envie d'avoir du temps pour autre chose. De l'autre, je me suis attaché à Supergirl, à la narration humble et efficace de Andreyko.

Visuellement, l'épisode de ce mois-ci est correct, sans plus. Kevin Maguire est à son avantage dans les moments "creux" où il peut souligner les expressions de l'héroïne perdue dans ses réflexions. Mais cela n'est qu'occasionnel. La série favorise l'action et une certaine gravité alors que Maguire excelle dans la comédie et les dialogues ou le silence introspectif. Il va, si j'ai bien compris, quitter le titre (pour d'ailleurs rebondir sur de prochains numéros de Superman).

Eduardo Pansica suppléé Maguire sur quelques pages et rend son propre style méconnaissable pour ressembler à celui de son collègue. Un effort louable, mais aussi un peu gênant pour un dessinateur qui a prouvé qu'il dépassait Maguire sur ce titre.

Si dans un mois, vous ne voyez pas de nouvelle critique de Supergirl sur mon blog, vous aurez compris que je ne poursuis pas l'aventure. Mais ça ne m'empêche pas de vous conseiller la lecture de cette série qui, sans faire de bruit, est très solide et agréable. 

samedi 15 juin 2019

SUPERMAN #12 / SUPERGIRL #31, de Brian Michael Bendis, Marc Andreyko, Ivan Reis, Kevin Maguire et Eduardo Pansica



Une critique groupée car, ce mois-ci, les épisodes de Superman et de Supergirl racontent la même chose, à peu de choses près. C'est pourtant davantage l'occasion d'observer si Brian Michael Bendis et Marc Andreyko ont bien collaboré que de saluer des avancées notables dans les intrigues des deux séries. Les révélations et les règlements de comptes, ce sera pour Juillet.
  

Jor-El est la cible d'attaques simultanées menées par les Thanagariens, les Khunds et le collectif de Trillium (les forces menées par Gandelo). Superman, son fils Jon et sa cousine Supergirl lui portent secours tandis que Rogol Zaar, Jax-Ur et Zod se joignent à la bataille après s'être échappés de la Zone Fantôme. 


Le renfort de Supergirl est précieux pour affronter Zaar en particulier puisque la kryptonienne détient désormais la hache du criminel. Quand celui-ci veut la lui reprendre, elle peut à son tour compter sur l'aide de Superman et Jon Kent.


A l'appel de Jor-El, le trio rejoint son vaisseau qui s'éloigne du théâtre des combats à toute vitesse, semant ses poursuivants. C'est l'heure des retrouvailles pour la maison des El.


Kara Zor-El explique ce qu'elle a découvert : la responsabilité de Zaar dans la destruction de Krypton mais surtout celle du Cercle pour lequel il était en mission. Jor-El a sauvé Kal-El de l'apocalypse car il savait ce qui allait se passer, en tant que membre de ce Cercle.



Supergirl doit repartir appréhender Gandelo et Jon l'accompagne. Superman reste avec son père qui l'a vu, durant la bataille, converser avec Zod : le général l'a mis en garde contre son père. Et ce dernier décide donc d'emmener son fils où était Krypton pour lui raconter toute la vérité.

Une certaine frustration, et même de la déception dominent après la lecture de ces deux épisodes dont seules es dernières pages promettent de vraies réponses, à défaut d'un dénouement.

Cela fait un an pile que Brian Michael Bendis a pris en main la série Superman, où peu pensait le voir à l'oeuvre car on l'associe plus volontiers aux "street-level heroes" (comme Daredevil, Spider-Man, etc). Pourtant il ne fait aucun doute que le transfuge de Marvel a vite prouvé à tous qu'il avait des choses à dire avec l'homme d'acier, parvenant même à animer son autre titre, Action Comics, sans se répéter.

On pouvait légitimement espérer que ce douzième épisode serait un point culminant dans la longue bataille qui oppose Superman à Rogol Zaar, le destructeur de Krypton. Et ce, d'autant plus que Supergirl était de la partie puisque dans sa propre série, la kryptonienne, partie enquêter sur la fin de sa planète natale, a découvert un sombre complot.

Marc Andreyko a plutôt brusquement été obligé de rapatrier son héroïne pour participer au combat au centre duquel Jor-El se trouvait, pris en tenaille entre des Thanagariens, des Khunds et les forces du collectif de Trillium mais aussi de Rogol Zaar, le général Zod et des fugitifs de la Zone Fantôme.

L'heure est donc à la baston et on est pas déçu par la puissance de cette séance de bourre-pifs cosmiques. Mais le lecteur des deux séries, peut-être plus que de compter les points (et les poings), s'amusera volontiers des faux raccords entre les scripts et les planches. Premier exemple quand Rogol Zaar remarque la présence de Supergirl en possession de sa hache.

 Ivan Reis dessine un crochet du gauche de Supergirl...
 ... Quand Eduardo Pansica représente un coup de ladite hache par
Supergirl contre Rogol Zaar !

Aujourd'hui, scénaristes et artistes ne travaillent plus comme jadis dans les locaux de leur éditeur. Si cela était encore le cas, Reis et Pansica, mais avant eux Bendis et Andreyko, auraient pu corriger cette erreur de mise en scène. Dans les deux cas, Zaar en prend plein la tronche, c'est l'essentiel, certes, mais un coup de poing, ce n'est quand même pas pareil qu'un coup de hache !

Heureusement, après le combat, les El se retrouvent dans le vaisseau de Jor et là, tout le monde a accordé ses violons pour un joli moment - qui tombe pile-poil pour le "Superman's Day".
 Ivan Reis (avec un texte minimal de Bendis)...
 ... Pansica (avec plus de narration d'Andreyko).

C'est à partir de ce moment-là d'ailleurs que les récits partent dans des directions distinctes : Supergirl doit repartir s'occuper de Gandelo, la dirigeante des forces de Trillium, membre du Cercle, et donc commanditaire de la destruction de Krypton par Rogol Zaar. Jon Kent veut les accompagner, elle et Krypto.

Bendis va encore s'attirer les foudres de certains fans car il se débarrasse de Jon en le laissant filer avec sa cousine. L'attitude du scénariste est effectivement troublante car s'il ne montre aucune animosité envers le fils de Superman, il préfère visiblement quand il n'est pas dans les pattes de son père (et ça vaut encore plus pour ses aventures dans Action Comics où l'accent est mis sur le couple Clark Kent-Lois Lane, cette dernière ne paraissant pas tellement en manque de son rejeton).

Et, comme un symbole, à nouveau, les narrations déraillent.

Bendis et Reis montrent Jon Kent et Supergirl
quittant le vaisseau de Jor-El en s'envolant dans l'espace... 
... Quand Andreyko indique à Pansica qu'ils se téléportent
grâce à un dispositif intégré à la tenue de Jon par Jor-El !

Je chipote mais, ce n'est pas si grave en vérité. Si les editors de deux séries avaient fait leur boulot, ils auraient remarqué ces incohérences et les auraient signalées aux auteurs qui les auraient rectifiées.

Le plus important est ailleurs : Supergirl et Jon vont réclamer des comptes à Gandelo pendant que Jor-El emmène Kal-El là où se trouvait autrefois Krypton en lui promettant des révélations. Rogoal Zaar et sa clique sont toujours libres et finiront certainement par rejoindre Superman et son père, sans savoir que le général Zod manipule le destructeur de Krypton pour mieux le trahir et le vaincre au bon moment avec Superman.

On notera aussi que les cinq premières pages sont dessinées par Kevin Maguire : cinq pages, d'un faible niveau, cela ressemble vraiment à une démission de la part de l'artiste. Son encreur reste un peu plus et encre quelques planches de Pansica, dont il n'hésite pas à modifier le trait (c'est aussi flagrant que moche). Il faut vraiment que DC officialise Pansica comme seul artiste de Supergirl car Maguire ne fait même plus illusion.

Reis, en revanche, impressionne toujours : sa complicité avec Bendis est évidente et la puissance de ses planches est redoutable. Il a retrouvé son meilleur niveau (et plus encore car il a mûri depuis Green Lantern).

Ce crossover express n'est donc pas sans défaut, il est même redondant et mal coordonné, mais son issue vaut mieux que son initiation.

La variant cover (de Superman #12) d'Adam Hughes.

samedi 1 juin 2019

SUPERMAN : LEVIATHAN RISING SPECIAL #1, de Brian Michael Bendis, Greg Rucka, Matt Fraction, Marc Andreyko et Yanick Paquette, Mike Perkins, Steve Lieber, Eduardo Pansica


Ce copieux fascicule de 80 pages représente la dernière étape avant le commencement de la parution de l'Event Leviathan le mois prochain. Brian Michael Bendis avec Greg Rucka, Matt Fraction et Marc Andreyko préparent le terrain pour ce qui promet de bouleverser le DCU. Accompagnés d'artistes solides (Yanick Paquette, Mike Perkins, Steve Lieber et Eduardo Pansica), les auteurs n'entendent pas tout dévoiler cependant, juste nous mettre l'eau à la bouche. Et présenter de nouvelles séries.


- Clark Kent kidnapped ! (Ecrit par Brian Michael Bendis, dessiné par Yanick Paquette.) - Ms. Leone, la patronne de la "mafia invisible" de Metropolis, est abordée dans une librairie par Leviathan qui est impressionnée parla manière dont elle a réussi à déjouer la surveillance e Superman et souhaite ses conseils. Elle le met spécialement en garde contre Lois Lane. Celle-ci reçoit la visite de Superman à Chicago alors qu'il vient de détecter la présence d'un commando dans leur appartement à Metropolis. Il décide de se laisser kidnapper pour en savoir plus. C'est ainsi qu'il est fait prisonnier par Talia Al Ghul qui souhaite que Clark lui présente Superman...
  

- Lois Lane (Ecrit par Greg Rucka, dessiné par Mike Perkins.) - A l'hôtel Drake de Chicago, le soir venu, Lois Lane s'inquiète de ne pas voir revenir Clark Kent. Elle se rend à Metropolis et trouve leur appartement désert. Lois décide d'appeler du renfort : Batman puis Wonder Woman arrivent et alerte la Justice Ligue. Mais Lois n'a pas le temps de leur préciser qu'il s'agit de Clark et non de Superman.


- Jimmy Olsen (Ecrit par Matt Fraction, dessiné par Steve Lieber.) - En tournée promotionnelle pour la sortie de son livre, Jimmy Olsen se réveille à Gorilla City en compagnie de Jix. La soirée de la veille a été bien arrosée puisqu'ils se sont mariés. Mais la jeune femme est une voleuse inter-dimensionnelle pressée de fuir. Elle laisse à Jimmy son chat, particulièrement agressif. Le reporter, délesté de son argent et de son passeport, doit quitter Gorilla City et rejoindre Lois Lane par ses propres moyens.


- Supergirl (Ecrit par Marc Andreyko, dessiné par Eduardo Pansica.) - Supergirl enquête sur la destruction du siège du D.E.O. survenu trois mois plus tôt. Deux de ses amis, Eliza et Jeremiah, faisaient partie de cette agence. Lui souhaite vite reprendre du service, elle n'en peut plus des magouilles du service. Elle est retrouvée par le destructeur de Leviathan mais a laissé un message pour Supergirl dénonçant cette organisation.


- Action Comics (Ecrit par Brian Michael Bendis, dessiné par Yanick Paquette.) - Leviathan libère Clark Kent et embarque Talia Al Ghul. Mais elle refuse l'alliance qu'il lui propose. Sauvé in extremis par Superman, que viennent de libérer Firestorm, Lois Lane et Jimmy Olsen, elle préfère la prison à la collaboration. A Metropolis, Ms. Leone, de retour de sa rencontre avec Leviathan, explique comment elle va éliminer ce dernier.

On ferme cette revue en étant d'abord un peu surpris que certains personnages annoncés au premier plan pour le futur Event Leviathan soient absents - je pense à Batman, Manhunter (qui ne font que de brèves apparitions) mais surtout Batgirl, Green Arrow, la Question, ou Plastic Man. Puis le point de vue choisi se révèle, avec pertinence.

Depuis qu'il écrit les aventures de Superman dans ses deux séries, Brian Michael Bendis a pensé le personnage comme le pivot de l'univers DC, non seulement le héros potentiellement le plus puissant mais surtout un compas moral et une sorte de vigie, les yeux et les oreilles de la justice. L'illustration est particulièrement frappante dans Action Comics où la saga du Leviathan a été développée : à Metropolis, une mafia invisible oeuvre avec des précautions extrèmes pour ne jamais été remarquée de l'homme d'acier, et ce, depuis des décennies.

Si on applique ce procédé plus largement, alors il est possible qu'une conspiration puisse se mettre en place à l'insu de Superman. C'est ainsi que le Leviathan a grandi. Mais est-ce un vilain classique ? Une menace ? Ou une sorte de révolution ? Dans le numéro 1 de Year of the Villain, le segment concernant Leviathan suggérait, par la voix même de ce personnage, que ses manoeuvres (éliminer physiquement les organisations gouvernementales et terroristes) étaient plus ambivalentes. Batgirl apprenait que le maître d'oeuvre était certain qu'une fois son projet connu, les héros s'y rallieraient.

Superman : Leviathan Rising Special permet donc de considérer cette situation à travers quatre points de vue, comme autant de prologues mais aussi de teasers pour les séries Action Comics et Supergirl ou les futures maxi-séries Lois Lane et Jimmy Olsen (qui démarreront en Juillet).

La part la plus importante est bien entendue dévolue à Bendis avec Yanick Paquette au dessin : Clark Kent se laisse kidnapper et tombe entre les mains de Talia Al Ghul qui veut rencontrer grâce à lui Superman. La fille de Ra's est aux abois : son organisation, Leviathan, lui est ravie par l'individu du même nom, elle a donc besoin du plus puissant des alliés. En parralèle, Ms. Leone, la tête de la mafia invisible de Metropolis, rencontre justement Leviathan, impressionné par la façon dont elle a su mystifier l'homme d'acier.

Les deux chapitres ouvrent et ferment ce numéro, donnant le ton à un jeu de dupes : Talia préférera la prison à la collaboration avec Superman finalement, et Ms. Leone est certaine de pouvoir doubler Leviathan (qui en cachant son identité révèle sa faiblesse). Bendis souligne surtout que Lois Lane est crainte par Ms. Leone et le scénariste insiste sur ce point depuis plusieurs mois, au point qu'elle n'est même pas impressionnée par Batman (ce qui correspond aussi à la manière dont Tom King l'a mise en scène dans Batman). Surtout, entre Talia, Ms. Leone, Red Cloud, Leviathan, Superman paraît soudain vraiment dépassé parce que cette histoire est inhabituelle pour lui : c'est une autre marque déposée de Bendis depuis qu'il anime le personnage que de lui donner de vrais adversaires, capables de le dominer (physiquement comme Rogol Zaar, ou intellectuellement).

De retour chez DC (avec lequel il entretient des rapports compliqués depuis longtemps), Greg Rucka profite de quelques pages pour écrire Lois Lane à laquelle il va donc consacrer une maxi-série en douze épisodes à partir de Juillet. Le projet est évident tant Rucka aime ce genre de femmes (brune, intelligente, avec un caractère bien trempé). Avec Mike Perkins, il bénéficie d'un artisteau style réaliste et sombre parfait, même si leur segment est frustrant (et, c'est le comble, montre Lois obligée de sen remettre à la Justice League).

En revanche, la vraie surprise du chef revient au chapitre consacré à Jimmy Olsen puisque c'est Matt Fraction qui écrit et Steve Lieber qui dessine. L'intention du duo est de renouer franchement avec les aventures les plus délirantes du jeune reporter du "Daily Planet" et le ton est résolument à la comédie, avec voleuse inter-dimensionnelle, chat dément, gorilles et j'en passe. Impossible de ne pas éclater de rire et la maxi-série qui débutera le 17 Juillet prochain promet énormément. C'est totalement décalée par rapport à l'Event Leviathan, mais réjouissant.

On retombe dans du plus classique avec Supergirl, par Marc Andreyko et Eduardo Pansica (le combo aux commandes de la série de la kryptonienne). L'implication de Kara Zor-El  surprend un peu, mais s'explique par sa relation avec deux agents du DEO. Surtout on remarque que la cousine de Superman 1/ revient sur Terre après ses pérégrinations spatiales et 2/ est surveillée par Manhunter (en fuite après les événements de Action Comics #1011). Pansica n'est pas au meilleur de sa forme, et Andreyko se contente du strict minimum : c'est le segment le moins inspiré du lot.

ll n'empêche, la saga qui s'annonce est alléchante, avec son climat conspirationniste, son vilain qui n'en est pas vraiment un et dont l'identité reste un vrai mystère, les héros en première ligne.  Un an pile après son arrivée tonitruante chez DC, Bendis a toutes les cartes en mains pour frapper un grand coup (d'autant que son histoire s'inscrit dans un programme plus vaste d'histoires où les bad guys ont de grands projets - Bane dans Batman, Luthor dans Justice League). Cela faisait bien longtemps qu'un event ne m'avait pas autant titillé.   

samedi 13 avril 2019

SUPERGIRL #29, de Marc Andreyko et Eduardo Pansica


Le mois dernier, j'avouais que Supergirl n'était peut-être pas la série la plus excitante à lire mais qu'elle avait pour elle une soliditié narrative accrocheuse. Cette fois, Marc Andreyko et Eduardo Pansica passent à la vitesse supérieure et répondent à de nombreuses questions, tout en offrant de belles plages d'action. La série franchit un cap. 
  

Krypto, Z'ndr et Supergirl se détendent sur une planète paradisiaque après leurs récentes aventures. Mais le coluan est tracassé car il ne sait pas comment avouer à la kryptonienne qu'il l'a d'abord espionnée pour le compte de sa mère, l'impératice Gandelo.


Les aveux attendront car Krypto présente à sa maîtresse les cristaux que lui a remis Appa Ali Apsa, le gardien d'Oa. Pour avoir accès aux infos qu'ils contiennent, la hache de Rogol Zaar sert de clé.


Avec Sardath de Rann, Myand'r de Tamaran et Gandelo, Appa forma le Cercle afin de prévenir les menaces potentielles de certains mondes. Pour les corriger, Gandelo recruta Rogol Zaar qui, en échange, obtint de détruire Krypton et reçut de quoi le faire.
  

Sur ces entrefaîtes, les guerriers originaires du monde de Rogol Zaar surgissent et attaquent Supergirl. Elle ignore qu'ils sont mandatés par Gandelo, qui a exigé cependant que soit épargné Z'ndr.


En brandissant la hache, Supergirl interrompt, à sa grande surprise, les hostilités. Mais Gandelo surgit alors pour la défier, résolue à se débarrasser d'elle pour que ses crimes restent cachés.

Alors que Brian Michael Bendis va, le mois prochain, mettre en scène une bataille épique entre Superman, Jor-El et Rogol Zaar, Marc Andreyko est lui aussi sur le chemin d'une baston décisive dans l'odyssée de Supergirl.

Jusqu'à présent, le scénariste donnait l'impression de naviguer à vue, en suivant surtout la voie tracée par un autre (Bendis, qui a envoyé Supergirl enquêter sur la fin de Krypton et la responsabilité réelle ou supposée de Rogol Zaar). Le périple était plaisant, avec de l'action, mais cependant classique. Du travail de commande, guère plus, exécuté avec professionnalisme, et des dessinateurs compétents (Maguire - dont le retour reste d'actualité mais plus vraiment indispensable - , Lupacchino, Pansica).

Le renfort des Omega Men a davantage tenu du détour que d'un vrai supplément narratif. Un peu, disons-le, comme si Andreyko commençait à gagner du temps...

Et puis voilà que les choses s'accélèrent et que la série semble enfin trouver son second souffle, ou plutôt trouver une véritable envergure. Dans ce 29ème épisode, les révélations se succèdent et enrichissent considérablement le récit, répondant à bien des questions, resituant personnages et événements, ciblant bons et méchants, éclairant passé et présent.

Certes, Andreyko a recours à des ficelles bien apparentes (la hache de Rogol Zaar est un sésame bien pratique, aussi bien pour lire les confessions d'un gardien d'Oa que pour calmer des guerriers enragés), mais qu'importe. Tout le mystère autour du Cercle, du rôle de Rogol Zaar, de sa responsabilité dans la fin de Krypton, et même de la présence (tout sauf accidentelle) de Z'ndr aux côtés de Supergirl est dissipé, de manière rapide, claire et enlevée.

Eduardo Pansica a mis un peu de temps à me séduire car j'attendais davantage de Kevin Maguire que des épisodes intermittents. Aujourd'hui, j'en suis au point où le retour de Maguire ne me semble plus si urgent, et même nécessaire, car Pansica a prouvé sa valeur.

Il ne réussit pas tout, mais la faute ne lui incombe pas totalement (pourquoi donc Andreyko a-t-il établi que Z'ndr n'avait que dix-neuf ans alors que depuis son apparition il est évident qu'il paraît bien plus ?). Surtout, l'artiste campe Supergirl en jeune femme correspondant à sa mission alors que Maguire tire naturellement, par la force expressive de son trait, le personnage vers la comédie.

Quand le propos nécessite des compositions plus amples, Pansica a recours à des doubles pages puissantes (que Maguire ne ferait sûrement pas) et les scènes d'action ont du nerf, comme en témoigne la fin de l'épisode. C'est vif et musclé comme il convient.

A tous les égards, cet épisode est une réussite, qui semble mettre Supergirl enfin sur orbite. La suite promet beaucoup (même si, du coup, l'héroïne ne participera pas au combat de Superman, comme on pouvait le penser).