Affichage des articles dont le libellé est Février. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Février. Afficher tous les articles

dimanche 28 février 2016

Critique 826 : SPIROU N° 4063 (24 Février 2016)


Comme la semaine dernière, mieux ne vaut pas juger ce numéro à sa couverture puisque Agent 212 est vraiment une des pires productions Dupuis. Les Minions figurent sur le bandeau, c'est un peu plus sympa, même si la série ne vole pas bien plus haut en vérité. Heureusement, le programme reste plein de bonnes choses.

J'ai aimé :

- Jérôme K. Jérôme Bloche : Aïna (6/8). Quel jeu joue vraiment Pacifico ? On peut se le demander puisqu'il revient avec son patron, un diplomate africain, chez le Père Arthur qui est accusé de cacher Aïna. Jérôme demande à Babette de vérifier qui a embarqué dans un avion de ligne en direction de Maputo, au Mozambique, où devait être renvoyée la jeune fille...
L'épisode compte seulement quatre pages encore cette semaine et rend donc délicat la critique. Par ailleurs, après 45 pages déjà publiées, il faut bien admettre que cette aventure de JKJB manque un peu de nerf, même si Dodier sait retenir l'attention du lecteur et animer son récit avec des dessins impeccables. Un opus mineur mais néanmoins plaisant, dont le dénouement approche (plus que deux chapitres).

- Choc : Les fantômes de Knightgrave II (9/12). Choc s'en remet aux mains d'une étrange masseuse aveugle avec l'espoir d'échapper aux démons de son passé...
Les deux tiers de ce long récit, tortueux, sont atteints et me confirment qu'il faudra relire tout ça, à tête reposée et d'une traite quand ce sera terminé. L'histoire de Colman est envoûtante et les dessins de Maltaite toujours aussi superbes, mais le journal de "Spirou" devraient reconsidérer sa manière de pré-publier un récit pareil.

- Antarctique Nord. Olivier Goka revient dans les pages de la revue et livre quatre strips à l'humour absurde savoureux.

- Autour d'Odile. Madaule confirme semaine après semaine son aisance dans ce nouveau projet : le comique joue sur les anachronismes et le détournement romantique, c'est vraiment drôle.

- Rob. La série de James et Boris Mirroir s'arrête donc cette semaine : son dessinateur part pour de nouvelles aventures mais promet, avec son scénariste, que Clunch, Clémisse et le robot reviendront. J'aimai bien ce titre et il me manquera.

- Capitaine Anchois. Floris est doublement à l'honneur cette semaine puisque, en plus de ce gag en une page toujours très marrant et idiot, c'est lui qui signe la double page du jeu (pages 48-49).

- Vermisseaux : L'Atelier du père Bouzard. Marc Pichelin et Guillaume Gerse sont aussi de retour avec ce récit complet dont le titre peut faire penser à un clin d'oeil à Guillaume Bouzard (Ma grand-mère est une sorcière) avec un humour similaire.

- Game Over. Midam est lui aussi mis à contribution doublement dans ce numéro avec un gag en deux pages très efficaces (où il faut faire attention quand on compte les moutons...) et un autre aussi inspiré (avec cette fois un oeuf dangereux).

- L'homme qui tua Lucky Luke (3/10). Le comité des citoyens de Froggy Town convainc Lucky Luke d'enquêter sur l'attaque de la diligence convoyant la paie des mineurs de Silver Canyon, malgré les réticences des frères Bone. Doc Wednesday, malgré sa santé chancelante, accompagne le cowboy...
Si avec Choc, la rédaction a été maladroite en sur-découpant la pré-publication, le choix de proposer chaque semaine 6 pages du Lucky Luke de Matthieu Bonhomme est plus judicieux : c'est juste assez pour combler le lecteur, qui sera épaté par la maestria de l'auteur (intrigue accrocheuse, mise en scène virtuose, graphisme renversant, et même colorisation conforme aux codes de Morris), et assez frustrant pour attendre la suite avec impatience.

- L'Atelier Mastodonte. Fabien Toulmé et Jérôme Jouvray se rabibochent grâce à Lewis Trondheim, qui va causer un malentendu chez le nouveau venu. Deux doubles strips impeccables. Comme d'hab' quoi !

- Tash & Trash. Dino ose tout... Et réussit tout, même un gag bien décalé sur les SDF. Epatant.

- Dad. Papa réussit à attendrir Pandora avec une berceuse. Ou presque... Nob toujours au top. Impressionnant après 114 pages ! (Voir ci-dessous :) 

En direct de la rédak permet à James et Boris Mirroir d'expliquer pourquoi ils suspendent la parution de Rob. La semaine prochaine : Lady S revient pour une nouvelle aventure à Guantanamo (en 6 épisodes).
Les aventures d'un journal évoque l'ancêtre de L'Oncle Paul, quand Georges Troisfontaines créa L'Oncle Ted en 1947.

Les abonnés sont gâtés cette semaine avec un mini-récit écrit et dessiné par l'excellent David De Thuin, Scopitone et la rhubarbe des neiges, un hommage tonique à Chlorophylle de Raymond Macherot (dont Hausman et Cornette proposent le 4 Mars prochain un nouvel album).

dimanche 21 février 2016

Critique 820 : SPIROU N° 4062 (17 Février 2016)


Nelson, une des pires productions de la revue, est en "une", et Cédric, qui ne vaut pas mieux, figure sur le bandeau. Mais, pas de panique, il reste d'excellentes choses à l'intérieur.

J'ai aimé :

- Jérôme K. Jérôme Bloche : Aïna (5/8). Aïna manque se tuer sous les yeux de Jérôme et du père Arthur. Econduits après son sauvetage, ils ignorent que la jeune femme est emmenée à l'aéroport par Pacifico ensuite...
Un épisode frustrant puisqu'il ne compte que quatre planches : il n'y a donc pas beaucoup de matière à commenter, mais la lecture est bien évidemment excellente car l'histoire reste prenante, et les dessins de Dodier sont impeccables. Je préférerai quand même que la prépublication soit moins découpée pour profiter de chapitres plus consistants.

- Choc : Les fantômes de Knightgrave II (8/12). En 1934, Eden assiste à l'émergence de manifestations fasciste en Angleterre. Il veut quitter ce pays mais comprend qu'il ne doit compter que sur lui-même pour ce projet...
Pas de surprise encore cette semaine : ces sept nouvelles pages sont formidables, la narration de Colman est imparable, empreinte d'une mélancolie élégante, et les dessins de Maltaite sont toujours aussi époustouflants. Quelle BD !

- Boni : Frédérick le p'tit farceur. Cette semaine, Ian Fortin met en scène un des nombreux petits frères de son héros : une idée rafraîchissante car Frédérick n'a peur de rien et se paie même le luxe de ridiculiser cette brute de Bruno, quasiment sans un mot !

- Autour d'Odile. Madaule est vraiment bien inspiré avec ce nouveau titre : le gag est simple mais savoureux. Désarmant mais drôle.

- Rob. James et Boris Mirroir s'apprêtent à prendre congé de la revue puisque c'est leur avant-dernière page (Boris Mirroir s'est engagé sur un gros projet encore secret - sûrement un film d'animation). Après presque deux ans et demi de présence ininterrompue, je les regretterai.

- Détective & Cie : Black Max. Le héros de Fardin et Baron Brumaire revient pour une enquête de 7 pages loufoque à souhait mais néanmoins rondement mené, avec un crooner séducteur, un patron de club jaloux, et une femme fatale capricieuse.

- L'Homme qui tua Lucky Luke (2/10). Lucky Luke a mis les pieds dans un drôle de pueblo en s'arrêtant cette nuit-là Froggy Town : provoqué par le shérif, il comprend que celui-ci a deux frères, de parfaits gredins incompétents, qui lui prenne son colt. Le lendemain, trois notables lui demandent d'enquêter sur un indien qui aurait dérobé la paie des mineurs. Et le cowboy n'a toujours pas pu fumer une clope !
8 nouvelles pages somptueuses par Matthieu Bonhomme qui installe soigneusement son récit et orchestre un running gag discret mais efficace (Luke privé de cigarette) : c'est que du bonheur. Par ailleurs, le personnage de Doc Wdenesday fait explicitement référence à celui de Doc Holiday et donc aux règlements de comptes à OK Corral. C'est juste parfait, jouissif. Et visuellement éblouissant.

- L'Atelier Mastodonte. Fabien Toulmé se paie la tête de Obion et sa manie (fatigante) des calembours. Et Jérôme Jouvray épingle la nouvelle recrue. C'est amusant et ça monte en puissance, doucement mais sûrement.

- Tash & Trash. Un strip à l'économie pour Dino : pas son meilleur donc, mais quand même sympa.

- Game Over. La princesse tombe sur un os mais pas Midam, jamais en panne d'humour noir.

- Dad. Nob réutilise Effix, l'amoureux de Ondine, dans un gag encore une fois redoutablement simple. (Voir ci-dessous :) 

En direct de la rédak donne la parole à Benoît Feroumont qui nous en dit un peu plus sur son Spirou, Fantasio se marie, dont la prépublication débute fin Mars. La semaine prochaine, l'affligeant Agent 212 aura droit à la couverture...
Les aventures d'un journal revient sur les débuts de Conrad, cet épatant dessinateur qui, depuis, ne cesse de cachetonner en reprenant tout ce que les éditeurs et ayant-droit cherchent à exploiter (Kid Lucky, Marsu Kids, et Astérix) - en somme la triste évocation d'un gâchis.

Et pour finir, les abonnés ont droit à un magnifique supplément cette semaine : rien moins qu'un stripbook écrit et dessiné par Al Séverin, mettant en scène Spirou, Fantasio et Spip dans le premier acte d'une "époustouflante aventure" intitulée Coup de pompe ! 

Est-il nécessaire de préciser que c'est une merveille ? Voyez ci-dessus et ci-dessous... Et la suite sera disponible dans le n° 4066, en Mars !

dimanche 14 février 2016

Critique 816 : SPIROU N° 4061 (10 Février 2016)


La recette du bonheur ? Lucky Luke + Matthieu Bonhomme = L'homme qui tua Lucky Luke. C'est si évident que cette couverture inédite ne présente même pas le retour du poor lonesome cowboy - mais le résultat est effectivement magnifique. 

J'ai aimé :

- Jérôme K. Jérôme Bloche : Aïna (4/8). Jérôme et le père Arthur veulent en avoir le coeur net et se rendent jusqu'à la maison où résident Aïna, Pacifico et leurs patrons. Il est désormais certain que la jeune femme y est retenue contre son gré...
A la moitié de la pré-publication de cette aventure, Dodier lève un peu le voile sur l'intrigue qui traite de l'esclavagisme moderne. La narration est d'une fluidité toujours imparable, confirmée par le découpage qui l'accélère et le ralentit tour à tour, en passant de pages à cinq et quatre bandes. 

- Choc : Les fantôme de Knightgrave II (7/12). En 1934, Eden a découvert qu'une amie de sa mère, qui l'avait consolé après le décès de son père, tué par un flic lors d'une manifestation d'ouvriers en grève, est devenue prostituée. En 1955, Choc, après avoir commis un quadruple braquage lors de la St-Patrick à New York, négocie une vente d'armes en Birmanie...
Je me répète mais, de semaine en semaine, cette histoire ne cesse de me bluffer : le récit de Colman est prenant et brosse un portrait passionnant de son anti-héros. Quant au graphisme, Maltaite accomplit toujours des prodiges, à l'aise quels que soient l'époque, les personnages, l'ambiance, l'action. Magistral.

- Boni : Le business. Ian Fortin livre quatre strips pleins de malice et semble bien résolu à ne plus victimiser autant son petit lapin, ici confronté aux lois du commerce.

- Autour d'Odile. Bruno Madaule, aux commandes de Givrés ! / Cramés !, lance une nouvelle série sur une idée simple mais efficace : une demoiselle prisonnière d'un donjon, un chevalier qui lui déclare sa flamme, un dragon qui s'interpose. C'est amusant, très prometteur.

- Capitaine Anchois. Floris fait encore une fois merveille avec ce gag en une page où l'infortuné Louis va apprendre à ses dépens qu'une envie pressante se paie cher.

- Rob. James et Boris Mirroir sont aussi en forme avec deux nouveaux doubles strips où le robot sombre dans une période gothique et Clutch ne donne pas le bon exemple.

- Happy Birds. Pekko lâchera-t-il un peu son jeu pour séduire cette fille qui lui plait ? Pas sûr, mais Trondheim et Piette, eux, remportent toujours la partie.

- L'homme qui tua Lucky Luke (1/10). Lucky Luke arrive une nuit d'orage à Froogy Town, précédé par sa réputation, au point qu'un citoyen de cette bourgade ne tarde pas à le défier...
Et c'est parti pour dix semaines : Matthieu Bonhomme réalise donc un vieux rêve, comme il l'explique dans l'interview en préambule de ce premier épisode, en donnant sa version du héros septuagénaire de Morris. Il revient aux fondements de la série, bannissant la parodie (Jolly Jumper ne parle pas) et les seconds rôles classiques (pas de Dalton, de Ran-tan-plan), rendant hommage à John Ford, promettant d'expliquer pourquoi Lucky Luke a arrêté de fumer.
Le résultat est somptueux, avec une ambiance immédiatement accrocheuse, un dessin toujours aussi fabuleux et ses propres couleurs (qui reprennent d'ailleurs les codes de la série). Jouissif ! (Voir l'extrait ci-dessous :)   

- L'Atelier Mastodonte. L'arrivée de Fabien Toulmé dans l'équipe inspire Mathilde Domecq et l'intéressé pour deux doubles strips irrésistibles.

- Tash & Trash. Dino réinvente la Saint-Valentin avec de l'avance dans un strip très rigolo et absurde.

- Game Over. Gare aux gros cailloux : Midam est impeccable dans un nouveau gag bien noir.

- Dad. Ma mère de Pandora offre une opportunité à Dad de se refaire une santé financière : Nob produit un gag encore une fois savoureux avec une chute cruelle. (Voir ci-dessous :)

En direct de la rédak donne la parole à Madaule qui nous en dit plus sur Autour d'Odile. La semaine prochaine, c'est Nelson (toujours aussi affligeant) qui a l'honneur de la "une".
Les aventures d'un journal revient sur une des idées délirantes de l'ex-rédac'chef Thierry Tinlot en 2004 : un numéro très petit format qui se contentera d'être finalement un supplément pour les abonnés.

Et pour les abonnés, cette semaine, une carte de la Saint-Valentin des Nombrils : je l'ai donnée à ma filleule, qui adore la série.

lundi 8 février 2016

Critique 812 : SPIROU N° 4060 (3 Février 2016)... + UNE SURPRISE !


Jérôme et Anne-Claire Jouvray lancent cette semaine une nouvelle série western intitulée Six-Coups et ont donc droit aux honneurs de la couverture. Sur le bandeau, Katz de Del et Ian Dairin se prépare à un festin.
*
 La semaine de Spirou, signée par Pascal Jousselin,
salue l'arrivée de Six-coups en rendant un hommage aux
Chapeaux noirs, un mythique album de Spirou et Fantasio.

J'ai aimé :

- Jérôme K. Jérôme Bloche : Aïna (3/8). Jérôme se lance à la recherche de la jeune femme qui s'était réfugié chez Arthur et Babette doit l'accompagner chez un gynécologue pour ça. Le médecin est clairement un complice de ceux qui retiennent la fugitive...
L'histoire de Dodier est intrigante et bien malin qui devinera où elle va entraîner Jérôme. On retiendra en revanche quelques passages plus légers, dont un malentendu concernant Babette - qui, si on en croit l'auteur dans l'interview en préambule de cette épisode, pourrait inspirer une prochaine aventure... Les pages sont toujours formidablement dessinées : du travail "à l'ancienne", comme l'admet Dodier, mais quelle classe !

- Choc : Les fantômes de Knightgrave II (6/12). En 1955, le gang de Choc commence son audacieux braquage le jour de la Saint-Patrick en plein coeur de New York... 21 ans auparavant, le Duke introduit Eden dans les bas-fonds de Londres...
La dimension feuilletonnesque du récit de Colman rend la lecture, et son commentaire, un peu délicats, surtout que les épisodes diminuent en nombre de pages (juste quatre cette semaine) : il faudra que j'en rédige une critique complète une fois toute l'histoire terminée. Mais c'est toujours aussi passionnant. Et les planches de Maltaite ne cessent d'impressionner par leur richesse... Peut-être trop découpé (et on en est seulement à la moitié), mais comment se plaindre de profiter d'une telle prépublication ?

- Spirou et Fantasio : La colère du Marsupilami (9/9). Le Marsupilami rentrera-t-il avec Spirou et Fantasio ? Réponse dans la fin de cette aventure.
Vehlmann réussit à surprendre et même à émouvoir avec le dénouement de cette 55ème histoire toute entière inscrite dans l'aventure et qui aura été une franche réussite, un des meilleurs (si ce n'est le meilleur) opus réalisé avec Yoann, très en forme lui aussi. Une nouvelle fois, le récit tease le prochain tome qui promet (je cite) "un abominable cauchemar nazi" !

- Boni : Le secret. Ian Fortin met en scène son petit lapin en plein questionnement sur la séduction et le 3ème strip offre, pour une fois, une issue positive pour Boni. Plaisant.

- Le Club des Huns. Où Attila et sa bande devraient se méfier d'un lac gelé quand un lapin passe par là : Dab's livre deux planches très drôles, avec l'inénarrable Zsambor aux aguets.

- Six-Coups : Smoothie-Wesson. Eliot est le fils du shérif qui essaie de lui transmettre son goût des armes alors que le garçon déteste ça. Mais, contre toute attente, il se révèle une fine gachette...
Jérôme et sa femme Anne-Claire Jouvray (qui co-écrit cette série) se lancent dans un western dont le héros déteste les pistolets : l'idée n'est pas banale et sera développée dans de brefs récits complets à la fois autonomes et formant une trame globale. Ce premier épisode est très prometteur et mis en images avec une adresse infaillible. Vivement la suite !

- Capitaine Anchois. Le capitaine enguirlande une nouvelle fois Louis, qui va pourtant sauver l'équipage d'une arrestation certaine : Floris est égal à lui-même, toujours marrant.

- Rob. James et Boris Mirroir exploitent toujours la crise d'adolescence de leur robot et en tire deux gags savoureux : ça peut durer encore longtemps tellement l'idée a de potentiel.

- Happy Birds. Pekko se fait à nouveau virer : drame ou soulagement ? La réponse de Trondheim et Piette est habile et la série toujours aussi originale.

- L'Atelier Mastodonte. Le nouveau venu, Fabien Toulmé, écrit et dessine les deux doubles strips de la semaine : une entrée en matière très accrocheuse et malicieuse, malgré le bizutage de Trondheim et la susceptibilité éprouvée de Jouvray.

- Tash & Trash. Un morceau de bravoure de Dino puisque son gag hebdomadaire tient en une seule case, toujours aussi efficace.

- Game Over. Midam est toujours aussi imaginatif dans le macabre : un gag en une page... Massif et punchy !

- Dad. Roxane et Ondine embobine magistralement leur papa en train de préparer le repas : Nob reste intouchable, avec cet art imparable de la chute, joliment illustrée. (Voir ci-dessous :)

En direct de la rédak donne la parole à M. et Mme Jouvray pour le lancement de leur série Six-coups. La revue va rester au far west puisque, dans le prochain numéro, débute la prépublication (pour dix semaines) du Lucky Luke de Matthieu Bonhomme (voir ci-dessous :).

Les aventures d'un journal revient sur une série inachevée pourtant signée par Charlier et Chéret, Michel Brazier, datant de 1979.

Les abonnés ont droit à un beau poster des Campbell par Munuera.
*
Mais ceux, qui comme moi, sont abonnés depuis un an sans interruption, reçoivent aussi avec ce numéro un bonus spécial : un album intitulé Méli-Mélo.

45 auteurs de la revue ont réalisé cette ouvrage, format "à l'italienne", composé d'une image par page et où chacun s'est emparé d'une série d'un collègue. Le résultat est (forcément) inégal, diversement inspiré, mais il y a de vraies pépites, comme :
 Seuls vu par Delaf (Les Nombrils)
 Les Campbell et L'île carrément perdue par Fred Neidhardt (Spouri & Fantaziz)
 Kinky et Cosy par Matthieu Bonhomme (Esteban)
 Esteban par Philippe Aymond (Lady S) 
 Le Royaume par Sylvain Savoia (Marzi)

Y a aussi une superbe Natacha par Benoît Feroumont notamment (mais j'ai pas trouvé de scan)...

Quand je vous dis que ça vaut le coup de s'abonner !

vendredi 27 février 2015

Critique 580 : SPIROU N° 4011 (25 Février 2015)


C'est Papyrus qui fait la "une" cette semaine : Lucien de Gieter (83 ans, dont 40 ans sur cette série) prend sa retraite avec ce 33ème tome... Bon, bof ! Désolé pour le respect aux anciens, mais c'est pas très funky tout ça.

J'ai aimé :

- Dad. Pas facile de préparer de bons petits plats pour les gamines... Surtout quand le papa s'aperçoit que c'est effectivement infect. Nob reste toujours au sommet, et c'est un vrai régal.

- Maggy Garrisson : L'homme qui est entré dans mon lit (4/6). Maggy et son ex-employeur, le détective Wight, décident de s'allier pour dénouer l'affaire commune pour laquelle ils sont engagés (qui a volé les bijoux de la mère de leurs clients puisqu'ils sont innocents ?). Cependant, le magot de Maggy reste convoité comme elle le découvre quand son appartement a été cambriolé...
Une des preuves qu'une BD est bien fichue, c'est quand on en lit chaque épisode avec le même plaisir mais aussi quand l'intrigue vous mène par le bout du nez sans effort apparent : sur ces deux points, Trondheim et Oiry réussissent parfaitement leur entreprise, et on regrette que ce soit déjà fini dans deux n°.

- Mélusine. Je redonne un bon point à la série de Clarke car le gag de cette semaine, même s'il s'inscrit dans un feuilleton qui traîne depuis un moment, est plutôt bon. Mais il va quand même falloir que l'auteur songe à se renouveler.

- Le Parfum enivrant des mystères de l'Egypte. Sti et Pixel Vengeur profitent du retour de Papyrus pour produire ce petit récit de quatre pages où il se moque des égyptologues et adressent un clin d'oeil savoureux à Indiana Jones : c'est très bon, et plus marrant que le laborieux dernier effort de De Gieter. 

- Le Labo : Le tunnelier. Jean-Yves Duhoo revient avec sa bande éducative pour nous expliquer cette fois avec quelle machine et quels procédés on creuse des tunnels : ce qui est passionnant avec cette série, c'est qu'elle est non seulement instructive sans être barbante. En prime, quel épatant travail pour redessiner tout ça, de manière claire et fluide.

- Rob. Clutch se prépare à un entretien d'embauche et, surprise, son attitude débonnaire (je-m'en-foutiste même) fonctionne : James et Boris Mirroir sont à l'image de leur anti-héros, l'air de rien à la fin du gag, il tape dans le mille.

- Le Club des Huns. Pas facile de partir envahir la Gaule en abandonnant femme et enfants : pas grave, Dab's et son Attila s'en chargent en dégainant deux doubles strips bien marrants.

- Zizi chauve-souris. Suzie se débarrasse du Falquenin, mais cherche encore au moyen d'expulser le mec de sa mère : Trondheim et Bianco, après une brève absence, reviennent en grande forme.

- L'Atelier Mastodonte. Les malheurs d'Alfred (qui désespère de se créer un personnage intéressant) font le bonheur de Jérôme Jouvray et Guillaume Bouzard mais aussi du lecteur, ravi de retrouver les joyeux drilles après une semaine d'absence.

- Tash & Trash. Dino est égal à lui-même avec un nouveau strip encore plus expéditif que d'habitude. / Capitaine Anchois. Floris est aussi en verve avec ses réjouissants abrutis de pirates.

- Kid Paddle. Midam nous refait le coup du crossover avec Game Over : on ne lui en veut pas vraiment car c'est ainsi que ses gags sont les meilleurs.
Tiens, c'est la première fois qu'un gag des Nombrils
m'arrache un sourire : à suivre.

En direct de la rédak donne la parole à Pierre Bailly (auteur de Petit Poilu, après une tournée promo en Chine). Hélas ! on apprend aussi que la semaine prochaine Tamara est (déjà!) de retour...
Les aventures d'un journal revient sur l'adaptation en dessin animé de Papyrus : le plus drôle dans ce flashback, c'est qu'à l'époque la production avait été commandée par TF1 pour répondre à l'invasion des mangas... Alors que la fabrication était confiée à des nord-coréens !

Le bonus abonné est bien décevant : un poster, façon dessin mural égyptien, de... Papyrus - n'en jetez plus, la coupe est pleine !

lundi 23 février 2015

Critique 577 : SPIROU N° 4010 (18 Février 2015)


Cette semaine, Spip tient le haut de l'affiche (suite à la suggestion d'un lecteur après un des "défis Spirou" de 2014) : il s'est incrusté à 26 reprises dans les pages de la revue (j'avoue ne pas avoir réussi à le repérer à chaque fois, donc si vous avez une meilleure vue que la mienne, n'hésitez pas à me laisser un commentaire) ! En tout cas, la couverture de René Hausman est magnifique.

J'ai aimé :

- Dad. Même si je préférai quand la série de Nob était en dernière page, je ne vais pas me plaindre de le retrouver chaque semaine car c'est chaque fois un bonheur : le gag de ce n° est une nouvelle merveille. (Et l'auteur a confirmé sur la page Facebook des amis de Spirou que le premier album de Dad sortirait en Mars, avant un tome 2 à l'Automne, sans compter l'adaptation en dessin animé de Mamette en cours de production !)

- Maggy Garrisson : L'homme qui est entré dans mon lit (3/6). Maggy annonce à son client qu'elle n'a pas trouvé les bijoux de sa mère chez sa soeur, mais elle s'aperçoit ensuite que son propre patron suit son commanditaire - ce qui signifie que la frangine l'a engagé pour la même affaire.
Dans l'interview qu'ils donnent juste avant cet épisode, Trondheim et Oiry reviennent en détail sur la conception de la série et de cette histoire : autant d'éléments qui sont parfaitement traduits narrativement et graphiquement. Maggy Garrisson est un mélange épatant de comédie sociale à la Mike Leigh et de polar nonchalant, mais à l'ambiance très prenante.

- Benoît Brisefer : Le gorille blanc (9/9). Benoît réussira-t-il à éviter l'attentat contre le président et arrêter le conseiller de celui-ci, à l'origine de l'opération ?
L'aventure arrive à son terme et trouve un dénouement efficace, même si un peu rapide : le bilan reste malgré tout positif, malgré quelques longueurs. 
Le vrai gagnant, c'est surtout Pascal Garray, dessinateur appliqué, solide, qui fait honneur au héros de Peyo.

- Spip a disparu. David De Thuin nous présente un récit en deux pages qui lui permet de jouer avec le défi de la semaine, de manière très marrante, et de nous présenter les deux héros de sa future séries, eux-mêmes des écureuils, évoluant dans une forêt peuplée de bestioles très divertissantes. C'est écrit avec malice et le dessin est très vif, avec un découpage serré (28 cases !).

- Fandor et Crayon. Thierry Martin se prête aussi au défi de la semaine et, comme il n'a pas (pas encore) de série régulière dans la revue, a créé deux héros (hélas ! éphémères) pour la peine. Résultat : 4 planches hyper dynamiques, pleines de références à Spirou, à Raymond Macherot, à Frédéric Niffle (le rédac' chef de l'hebdomadaire), avec un découpage ciselé (des gaufriers de 12 cases/page). Un auteur à suivre de près.

- Le Club des Huns. Dab's continue à raconter le recrutement des soldats d'Attila : cette fois, c'est un certain Berthold qui est sollicité. Chaque nouvel épisode est meilleur que le précédent pour ce titre qui se taille une place de choix dans la revue.

- Capitaine Anchois. Les pirates voudraient aller au ski, le capitaine veut d'abord un trésor : Floris met tout le monde d'accord dans ces deux pages toujours aussi drôles.

- Où est Spip ? Sti relève aussi le pari d'une histoire sur la disparition de l'écureuil et livre quatre pages sur un argument simple mais rondement mené, aussi bien pour le scénario que les dessins, regorgeant de clins d'oeil à Gaston.

- Les Cavaliers de l'Apocadispe s'ennuient à la fête. Libon, même en petite forme, ne déçoit pas avec ces trois héros losers, cette fois-ci lâchés dans une fête foraine. J'ai eu cependant beau lire et relire ces deux pages, je n'ai pas réussi à y trouver Spip alors que l'auteur assure l'y avoir caché.

- Rob. James et Boris Mirroir en ont terminé avec le petit feuilleton du cosplay, il est temps pour Clunch de retourner glander. Pas les meilleurs strips du duo, même si le second gag est très bien senti.

- Tash et Trash. Dino concocte le gag le plus cruel sur le thème de la semaine, mais c'est très drôle. / Capitaine Anchois. Floris a encore un strip rigolo en réserve.

En direct de la rédak donne la parole à David De Thuin, Thierry Martin et Libon pour le défi du numéro. Attention, un Spip est bien planqué dans le gag du XXIème siècle est parmi nous et un autre dans Les fifiches du proprofesseur...
Les aventures d'un journal revient sur Garonne et Guitare, une série de 1975 par Hardy et Mythic (restée inédite en album !).

C'est exceptionnel mais il n'y a pas d'Atelier Mastondonte cette semaine ! Les abonnés se consoleront avec le très bon stripbook de Sergio Salma intitulé Le nid de l'ami Spip.

dimanche 15 février 2015

Critique 572 : SPIROU N° 4009 (11 Février 2015)


Le Petit Spirou revient cette semaine (avec un traitement de faveur puisqu'il n'y a qu'une page en plus de la couverture : ni l'une ni l'autre ne sont d'ailleurs très inspirées). On notera que, pour une fois, la "une" mentionne d'autre séries de la revue (et pas forcément les meilleures...). 

J'ai aimé :

- Maggy Garrisson : L'homme qui est entré dans mon lit (2/6). Pour pouvoir fouiller le domicile de la soeur de son client, suspectée du vol des bijoux de leur mère, Maggy doit ruser avec son petit ami et un gros chien. Mais ce qui l'embête le plus, c'est de devoir rendre visite à sa propre mère...
Le récit de Trondheim progresse lentement mais avec une ambiance toujours aussi prenante et des personnages bien campés. Oiry dessine cela avec une rigueur impressionnante, suivant un découpage d'une douzaine de cases en moyenne par pages, ce qui assure une lecture dense.

- Benoît Brisefer : Le gorille blanc (8/9). Le gorille blanc a l'occasion de se venger des braconniers tandis que Benoît retrouve tonton Placide. Avec M. Dussiflard, le trio part pour la ville déjouer l'attentat dont le président est la cible.
Les pistes narratives se rejoignent et tout est en place pour le final (la semaine prochaine) : Benoît aura-t-il recouvré tous ses moyens pour empêcher l'assassinat du président ? Tout ça reste fort sympathique, même si le récit aurait gagné à être plus concis et que, en vérité, l'histoire du gorille blanc n'a jamais été au coeur du sujet.
Les dessins de Garray compensent efficacement les quelques longueurs de l'aventure.

- Les Cavaliers de l'Apocadispe et le pain au chocolat. Nos trois nigauds se perdent en ville après être partis à la recherche de meilleures pâtisseries que celles de leur quartier. 
Retrouver Libon et ses trois héros est toujours un régal, et cette fois ne fait pas exception : il a l'art et la manière d'exploiter un argument dérisoire et d'en tirer tout le parti humoristique. Les dessins, minimalistes, mais expressifs, ajoutent au plaisir. Vraiment drôlissime.

- Zizi chauve-souris. Entraînement de Suzie, cachotterie amoureuse de la chauve-souris, et retour du falquenin : trois strips encore très marrants et pleins de mauvaise humeur signés par Trondheim (décidément inspiré quand il se contente d'écrire) et Bianco.

- Le Club des Huns. Attila retrouve Bruno, un de ses anciens soldats, plutôt mentalement diminué : Dab's s'amuse (et nous avec) avec son chef de guerre dont la misérable armée compte un nouveau spécimen bien gratiné.

- Rob. James et Boris Mirroir continuent d'ironiser avec talent sur le cosplay, et leurs clins d'oeil aux "big two" (Marvel et DC) sont savoureux.

- L'Atelier Mastodonte. Lewis Trondheim s'énerve à Angoulême, pour le plaisir de ses fans. Bianco est aussi remonté, mais lui fait peur aux enfants. Ces deux doubles strips sentent le vécu, c'est savoureux.

- Tash et Trash. / Kahl et Pörth. Deux strips très rigolos, avec quand même une prime à celui de Dino.

- Kid Paddle. J'aime bien quand Midam adresse un clin d'oeil à son autre titre, Game Over, comme c'est le cas cette semaine (d'ailleurs, on peut s'interroger sur le fait que ce gag n'en fasse pas directement partie).

En direct de la rédak donne la parole à Roger Leloup qui, à 81 ans, annonce le retour imminent de Yoko Tsuno (à partir du n° 4017) ! Et la semaine prochaine, la star de la revue sera, comme promis, Spip (qui tapera l'incruste dans plusieurs séries).
Les aventures d'un journal revient sur la série Le privé d'Hollywood, qui rappellera pleins de bons souvenirs aux fans de Berthet (avant qu'il ne dessine Pin-Up), dont la parution fut expédiée en dépit de tout bon sens par le rédac' chef de l'époque.

Pas une grande semaine quand même.

dimanche 8 février 2015

Critique 568 : SPIROU N° 4008 (4 Février 2015)


Deux bonnes nouvelles à la "une" : le retour de Maggy Garrisson, qui a droit à une superbe couverture, et celui d'Imbattable, qui figure sur le bandeau.

J'ai aimé :

- Maggy Garrisson : L'homme qui est entré dans mon lit (1/6). Maggy est une détective privée mais qui ne s'occupe que d'affaires dérisoires. Malgré ça, sa précédente mission lui a permis de mettre la main sur un joli pactole de 15 000 £, dérobé à une flic ripou, et à trouver l'amour avec Alex. Aujourd'hui, elle doit continuer à dissimuler son magot à Sheena, la flic, et elle accepte de mener des recherches sur la soeur d'un client, suspectée d'avoir volé des bijoux appartenant à leur mère...
Inspiré par le cinéma de Mike Leigh et l'époque où il a lui-même résidé en Angleterre, à Londres dans le quartier irlandais de Kilburn, Stéphane Oiry, le dessinateur, a bénéficié des services de Lewis Trondheim pour animer son héroïne.
Le résultat est un régal : une ambiance bien campée, des personnages nuancés, une intrigue qui se met subtilement en place. L'écriture de Trondheim dans ce cadre est très maîtrisée, les dessins de Oiry (avec un découpage s'appuyant sur un usage récurrent du "gaufrier") épatants. 
Tout ça s'annonce très bien.

- Dad. Nob explore le "côté obscur de la force" en pointant une peur enfantine de son héros. Comme toujours, c'est une merveille d'humour, délicatement dosé, et superbement dessinée. Aux dernières nouvelles, un premier album serait prévu pour ce printemps.

- Benoît Brisefer : Le gorille blanc (7/9). Benoît et Biloulou attaquent le camp des braconniers et y retrouvent tonton Placide. 
Enfin, les chemins de Benoît et de son oncle se relient dans cet anté-pénultième épisode, toujours aussi plaisant à lire. Le jeune héros est aussi victime de son incontournable rhume (inévitable après avoir traîné dehors sous la pluie précédemment), ce qui introduit un petit suspense - même si le cliffhanger de la semaine est très convenu.
Le dessin de Garray sert toujours aussi efficacement le récit de Culliford et Parthoens.

- Mélusine. Mélisande est obligée de fuir l'école et Mélusine lui prête main forte : Clarke en profite pour en tirer un gag sympathique, même si depuis quelque temps ce tome peine un peu à rester divertissant.

- Katz. Del et Ian Dairin reviennent en forme, après quelques semaines moins inspirées, pour deux fois deux strips de leur sympathique minou.

- Minions. Alors que la sortie de leur film approche, les créatures de Renaud Collin sont au centre d'un gag savoureux sur les spectateurs bruyants dans les salles de cinéma, bien imaginé par Didier Ah-Koon.

- Capitaine Anchois. Le second du capitaine a une idée astucieuse pour que les pirates ne jurent plus à bord. Trop astucieuse en fait... Floris livre une nouvelle fois un gag réjouissant avec ces flibustiers à la bêtise abyssale.

- Imbattable : Voyage hors saison. Pascal Jousselin est comme son héros : impossible de le battre sur son terrain, avec un récit en trois pages qui joue une fois encore à merveille des ressorts du découpage de la bd. 

- Rob. James et Boris Mirroir continuent à railler les réunions de cosplay, en adressant un clin d'oeil aux fans de DC Comics puis de Star Wars. Bien vu.

- Zizi chauve-souris. L'héroïne de Trondheim et Bianco cherche toujours un moyen de faire déguerpir le nouveau copain de sa mère. Trois strips qui jouent avec brio sur la relation de Suzie et sa mentor (dont les conseils sont peu avisés).

- Le Club des Huns. Attila cherche à recruter de nouveaux guerriers : l'occasion d'apprendre à son scribe comment rédiger une petite annonce des plus sobres et de se remémorer d'anciens compagnons d'armes particulièrement corsés. Dab's confirme tout le bien qu'il faut penser de sa comédie parodique.

- L'Atelier Mastodonte. Lewis Trondheim et Tebo se la jouent roman-photo pour évoquer leur festival d'Angoulême : visuellement, c'est déroutant (même si ce n'est qu'occasionnel), mais les deux gags font mouche, comme d'hab'.

- Tash et Trash. / Khal et Pörth. Deux strips encore une fois d'une parfaite concision.    

En direct de la rédak donne la parole à Alex Lopez, qui revient sur la genèse d'Adeline. La semaine prochaine, le Petit Spirou revient (donc certainement pas de Dad, hélas !).
Les aventures d'un journal revient sur les débuts de Roba, qui se fit remarquer en imitant le style réaliste de Eddy Paape, en le remplaçant sur un épisode des Belles Histoires de l'Oncle Paul en 1951 !

Les abonnés ont droit à un consistant bonus avec un récit extrait d'un album à paraître, 16 pages du Manuel de la jungle, par Nicoby, Joub et Copin : l'histoire est vraiment bien.

vendredi 6 février 2015

LES COUVERTURES DU MOIS : FEVRIER 2015

Voici 
LES COUVERTURES DU MOIS DE FEVRIER
qui ont spécialement retenues mon attention.

N'hésitez pas à commenter cette sélection 
(et même à citer des couvertures qui vous ont
marqués mais que je n'aurai pas retenues).

 BATGIRL #39 par Cameron Stewart (DC Comics)
 CATWOMAN #39 par Jae Lee (DC Comics)
 ANT-MAN #2 par Mark Brooks (Marvel Comics)
 DAREDEVIL #13 par Chris Samnee (Marvel Comics)
 ELEKTRA #11 par Mike Del Mundo (Marvel Comics)
 HAWKEYE #21 par David Aja (Marvel Comics)
STORM #8 par Stéphanie Hans (Marvel Comics)

dimanche 24 février 2013

LA COUVERTURE DU MOIS "FORUM COMICS" : FEVRIER 2013

Les votants de Forum Comics ont rendu leur verdict pour ce mois de Février 2013. La sélection était élargie à 8 couvertures - certaines ont séduit, d'autres n'ont eu droit à aucune voix. Découvrez qui a gagné (et s'est planté...) !

1/ Hawkeye #8, par David Aja
(Marvel Comics), avec 5 voix.
 2/ The Shadow : Year One 1 (variant cover),
par Chris Samnee (Dynamite Comics), avec 3 voix.
3/ Before Watchmen : Dollar Bill,
par Steve Rude (DC Comics), avec 2 voix.
 4-A/ Masks 4, par Alex Ross
(Dynamite Comics), avec 1 voix.
4-B/ Morbius, The Living Vampire 2 (variant cover),
de Marcos Martin (Marvel Comics), avec 1 voix.
 5-A/ Before Watchmen : Dr Manhattan 4,
par Adam Hughes (DC Comics), avec 0 voix.
 5-B/ Fatale 13, de Sean Phillips
(Image Comics), avec 0 voix.
5-C/ Where is Jake Ellis ? 4,
de Tonci Zonjic (Image Comics), avec 0 voix.

Rendez-vous le mois prochain pour une nouvelle sélection !

mardi 7 février 2012

Critiques 308 : REVUES VF FEVRIER 2012

 Avengers 2 :

- Thor 2 : Le germe cosmique (2). Tandis que Thor, dont la blessure (reçue en explorant les racines de l'arbre-monde) continue de le faire souffrir, et Sif entraînent des asgardiens à devenir la brigade de royaumes, Odin est questionné par Heimdall sur la nature de l'oeuf d'Yggdrasil. Cependant, le Surfeur d'Argent arrive dans les ruines d'Agard, réclamant ledît oeuf pour Galactus...

Les cachotteries d'Odin sont au coeur de cet épisode : le régent asgardien a donc menti (et n'hésite pas à manipuler Heimdall pour qu'il garde le silence sur ses manigances) pour récupérer le mystérieux oeuf d'Yggdrasil. Le lien avec Galactus, annoncé par l'arrivée du Silver Surfer, est donc établi et va fournir l'occasion d'une bataille entre Thor et le héraut du dévoreur de mondes. Tout cela s'annonce alléchant, mais Matt Fraction avance ses pions lentement et il faut prendre son mal en patience.

Il est manifeste que la décompression narrative du scénariste (se) repose beaucoup sur le talent d'Oliver Coipel qui enchaîne les doubles pages, au demeurant superbes, mais dont la puissance visuelle ne dissimule pas la progression frustrante de l'intrigue. Il faut espérer que cet arc ne se contente pas d'être un beau livre d'images mais délivre un récit à la (dé)mesure de son artiste.
*
- Thor 620.1 : Fruit défendu. Situé avant Fear Itself et donc avant la série Thor actuelle (critiquée ci-dessus), cet épisode fait partie de l'opération ".1", devant permettre à de nouveaux lecteurs de découvrir les titres Marvel. La Gargouille Grise s'invite à une fête donnée en l'honneur de Thor pour dérober la pomme d'Idunn, conférant l'immortalité à qui la mange...

Ecrit par le tandem Dan Abnett-Andy Lanning, ce chapitre originellement publié à la fin du précédent run de Matt Fraction sur Thor (en Mai 2011) ne mange pas de pain mais est loin d'être désagrèable. Le dieu du tonnerre n'y apparaît que secondairement et le combat contre la Gargouille Grise est un peu frustrant, mais c'est effectivement une bonne porte d'entrée pour de nouveaux fans.

Mark Brooks illustre ceci avec bonheur, imitant de façon concluante Coipel (le dynamisme en moins), ses planches sont soignées, riches en détail tout en étant pas surchargées.

Pour une fois que Panini offre un bouche-trou de qualité, on ne va pas bouder.
*
- Captain America 2 : Rêveurs américains (2). Après l'enlèvement de Jimmy "Jupiter"Jancovicz, Cap', Sharon Carter, Nick Fury et Dum Dum Dugan localisent et attaquent une nouvelle base de cette branche surarmée de l'Hydra qui les a agressés à Paris (lors de l'enterrement de Peggy Carter). La dimension parallèle des rêves de Jimmy Jupiter a permis à Bravo et ses acolytes de revenir de nos jours avec un équipement adéquat pour neutraliser les héros...

Ed Brubaker entraîne une histoire a priori classique, avec un adversaire revanchard issu du passé, dans une direction inattendue, adressant un clin d'oeil appuyé au Little Nemo de Winsor McCay avec le personnage de Jimmy Jupiter. Le contraste entre la tournure plutôt délirante de l'intrigue et la lassitude dépressive de Cap' donne à l'ensemble un ton original qui donne envie de lire la suite.

Steve McNiven (encré par Jay Leisten et Dexter Vines) rend une copie un peu moins percutante que sur l'épisode précédent, mais s'appuie sur un découpage classique aux vignettes très élaborées quand même. Le trait reste un peu raide et déroûtant par rapport à la charte graphique de la série, mais ça reste très beau.
*
- Les Jeunes Vengeurs 2 : La croisade des enfants (2). Wiccan et Speed entraînent toute leur bande en Transie, dans la région des monts de Wundagore, à la suite de Magneto qui est (peut-être) leur grand-père. Ils sont attendus par Vif-Argent en froid avec le maître du magnétisme et toujours à la recherche comme lui de la Sorcière Rouge. Mais celle que tout le monde prend pour une fugitive (depuis House of M) ne serait-elle pas plutôt prisonnière d'un certain latvérien ?...

Allan Heinberg ne serait pas si bavard (avec des dialogues dont la jeunesse sonne terriblement faux), son récit avancerait bien plus vite, à l'image de Vif-Argent. Son art du cliffhanger reste efficace (quoique répétitif - le coup de l'invité surprise à chaque fois risque de faire long feu), mais pour l'instant on perçoit mal comment cette saga va résoudre et même relancer les évènements de House of M.

Jim Cheung a mis deux mois pour produire ces 23 pages (une série déjà en retard au n°2, c'est quand même fort) sans qu'on s'explique pourquoi vu qu'on y retrouve les mêmes défauts (personnages se ressemblant tous, plans larges encombrés, découpage sommaire, décors inégaux). Tout confirme la surestimation de cet artiste.
*
Bilan : la revue reste d'excellente facture, même si toutes les séries au sommaire avancent lentement. Sans compter qu'il faudra composer le mois prochain avec un nouvel épisode bouche-trou (qui risque de ne pas être aussi bon que celui de ce n°...).
  
Marvel Heroes 13 :

- Les Vengeurs 15 : Fear Itself (3). Hulk est devenu un des Dignesau service du Serpent alors qu'il se trouvait au Brésil en compagnie de Red She-Hulk. Steve Rogers envoie Ms Marvel, le Protecteur, Oeil-de-faucon et Spider-Woman protéger les civils sur place. Pour cette dernière, c'est l'occasion d'enfin prouver qu'elle mérite sa place de Vengeur, même si ses camarades lui font déjà confiance...

Brian Bendis alterne à nouveau les témoignages "face caméra" de divers Vengeurs (dont Spider-Woman au centre de l'histoire du mois) et séquences d'action spectaculaires (quatre héros contre Hulk transformé en Digne). Cette astuce narrative s'avère toujours aussi efficace, permettant à la fois d'affiner le profil d'un personnage en lui donnant la parole mais aussi en considérant ce que ses acolytes pensent d'elle, tout en ménageant de l'espace pour une bagarre qui est, pour le coup, vraiment dantesque. Spider-Woman contre Hulk possédé par le Serpent : le match est déséquilibré mais palpitant !

Chris Bachalo (épaulé par pas moins de cinq encreurs !) livre des planches inégales, surtout parce qu'il en a assuré la colorisation (pas toujours heureuse, manquant de lisibilité). Lors qu'il aligne sur des pages une douzaine de gros plans (pour les témoignages), son art pour croquer des trognes expressives, dans un style caricatural mais plaisant, fait merveille. En revanche, quand il représente les combats, son découpage est parfois brouillon, noyé sous des masses noires mal réparties, et parfois percutant, quand il se concentre sur la dévastation que provoque l'affrontement. Il est dommage que cet artiste ne soit pas plus rigoureux et ne freine pas ses délires visuels, ses planches y gagneraient une force et une clareté fabuleuses...
*
- Loki (Journey into mystery) 624-625 : Voyage vers l'inconnu (3-4). Loki poursuit ses manoeuvres en coulisses tandis qu'Odin et les asgardiens se préparent à contrer le Serpent sur Terre. Accompagné du corbeau Ikol et du Loup de Hel, il part à la rencontre de deux personnages également habitués aux manigances mais que les plans du Serpent pourraient contrarier : Méphisto et Héla, tous deux maîtres des Enfers...

Kieron Gillen continue de développer le plus passionnant des tie-in à Fear Itself en suivant les pas du jeune Loki : le récit est avare en action spectaculaire, mais d'une rare richesse en matière de caractérisation, d'intrigues. Aux jeux de la guerre brutale qui se déploient dans la saga (et ses séries annexes), Journey into mystery préfère les jeux d'échecs où la manipulation, la ruse, les petits arrangements entre ennemis sont maîtres. Et c'est passionnant, avec une ambiance prenante, des rebondissements en cascade !

Doug Braithwaite et le coloriste Ulises Arreola produisent encore de magnifiques planches qui respectent tout en le sublimant ce théâtre étrange et mythologique, sans oublier d'être narrativement intelligent. En effet, malgré son esthétisme, peu d'excentricités dans le découpage qui rest lisible et sobre.
*
- L'Académie des Vengeurs 12 : La fin de l'innocence. Comme Iron Man dans "Marvel Icons", cette série est le point noir de la revue : je commence à la lire mais elle me tombe des mains. Elle est, qui plus est, mochement dessinée. Bref, je zappe.
*
Bilan : très positif - les Vengeurs forment un complèment malin à Fear Itself, et les deux épisodes de Loki sont un pur bonheur. 
 Marvel Icons 13 :

- Les Nouveaux Vengeurs (vol. 2) 14 : Fear Itself (1). Miraculée, Mockingbird veut à présent savoir dans quelles mesures le sérum qu'on lui a injectée pour la sauver l'a affectée. Elle (et le reste de l'équipe) va avoir l'occasion de le savoir rapidement puisque New York est attaqué par les force de Sin et du Serpent...

Brian Bendis a trouvé un angle original pour traiter des annexes de la saga Fear Itself (qu'il n'écrit pas) : dans Avengers comme New Avengers, il aborde le sujet en s'appuyant sur un ou plusieurs témoignages de héros indirectement liés aux évènements. Ici, la parole est donnée à Mockingbird, dont la guérison au terme de l'arc précédent (Infinité) est donc rapidement exploitée : à l'insouciance, voire la griserie, succède vite la gravité quand l'héroïne ("la bassiste des super-héros" comme elle se définit elle-même : un bon mot "bendisien" bien trouvé) assiste à la chute de la Tour des Vengeurs. C'est très bien vu, amené et admirablement dialogué.

Mike Deodato s'adapte étonnamment bien au script de Bendis, avec un découpage très quadrillé (dans les scènes de confession - 10 cases par page) et plus éclaté (dans l'action). Son style évoque un mix entre Gene Colan et Joe Kubert, efficace mais un peu différent de ce qu'il a pu faire par le passé (sur Thunderbolts ou Dark Avengers).
  *
- Iron Man 506 : Fear Itself (3). Après la séquence parisienne qui laissait espérer un sursaut de la série vers plus d'action, de rythme et moins de bla-bla, Matt Fraction renoue avec ses mauvaises habitudes dans cet épisode annexe à Fear Itself laborieux (Tony Stark y sollicite l'aide des forgerons asgardiens qui l'accueille froidement, agrémentant leurs échanges d'insultes cryptées lourdingues).

Les dessins de Salvador Larroca sont presque supportables, mais enfin, restons calmes, c'est loin d'être beau et bon.
*
- La Fondation du Futur 2-3 : Le pacte de Fatalis - Que sont devenus tous les Red ? L'arrivée de Fatalis, voulue par Valeria Richards et son grand-père, Nathaniel, suscite l'incompréhension et la méfiance dans les rangs de la Fondation, qui se résout quand même à le soigner (le régent latvérien ne peut plus invoquer la magie et ses capacités intellectuelles ont été réduites). L'invitation d'autres anciens adversaires des FF à se joindre à l'aventure se poursuit tandis que les Red Richards des dimensions parallèles, ayant survécu à l'attaque des Célestes, élaborent un plan radical pour retrouver leurs mondes...

Jonathan Hickman dispose de manière (beaucoup plus) fluide (que dans Fantastic Four) ses pions en introduisant des éléments vraiment surprenants dans l'équation : lorsqu'il pose comme enjeu d'éliminer Red, on comprend ensuite que le héros que nous connaissons n'est pas directement visé et l'intrigue rebondit efficacement. C'est assez déroutant de voir le scénariste si décevant d'hier redistribuer si habilement les cartes mais sa Fondation du Futur est infiniment plus séduisante (au moins pour l'instant)...

La présence de Steve Epting au dessin n'est évidemment pas étrangère à la nouvelle attractivité du titre auquel il donne une superbe allure : voilà un artiste qui soigne vraiment ses effets, son découpage, ses personnages. Ses planches sont à la fois élégantes et dôtées d'une belle ambiance.
*
Bilan : un très bon mois - New Avengers retrouvent des couleurs, FF est prenant. La rechute d'Iron Man est vite oubliée.
X-Men Universe Hors Série 1 :
 
- Facteur-X 215-219 : En attendant l'aube - Monsieur le maire - Cicatrices - Un homme à terre - Ces maudits mensonges. Après une enquête rapide sur un succube menée par Madrox et Layla Miller, l'équipe de X-Factor est engagée par J. Jonah Jameson, l'ex-patron du "Daily Bugle" et désormais maire de New York, pour assurer sa protection. Trois tueuses veulent en effet l'abattre car il a autrefois financé les recherches du colonel Ryan et du Dr Pook. Et pour corser le tout, Black Cat est de la partie...
 
Passé un premier épisode anecdotique (si ce n'est pour suggérer à nouveau que Layla Miller a appris quelques tours de magie auprès du Dr Fatalis), le menu de cet arc développe une sous-intrigue entamée dans le précédent récit de la série (Happenings in Vegas) au cours de laquelle Ballistique, une ancienne militaire, découvrait grâce à Monet St-Croix qu'elle avait servi de cobaye pour un projet secret de l'armée. Après avoir abattu l'officier responsable, elle retrouve ici deux autres de ses amies, également sujettes à ces expériences, et entreprend de liquider JJ Jameson, qui avait financé tout ça, et le scientifique, qui l'avait aidé lui et Ryan.
Jameson, qui a déjà embauché la Chatte Noire pour enquêter sur le meurtre de Ryan, recrute Facteur-X pour le protéger, sans leur préciser pourquoi il est menacé. Mais évidemment, la vérité va finir par éclater et, entretemps, l'équipe de détectives mutants verra l'un des leurs atteint par les tueuses...
Peter David mène son affaire avec beaucoup de rythme et on ne s'ennuie pas en compagnie de ses héros. Le titre vaut surtout pour sa dynamique de groupe, qui, avec un effectif conséquent, produit nombre de combinaisons. On a droit à une révèlation majeure concernant deux d'entre eux (Big Guy est amoureux de Monet) et on devine que d'autres font des cachotteries (Layla Miller bien sûr, mais aussi Shatterstar et Longshot) : tout cela sera certainement exploité dans le futur.
Néanmoins, malgré ces à-côtés, l'histoire est accessible et efficace, supérieure même à Happenings in Vegas.
 
Le premier épisode est dessiné moyennement par Valentine De Landro, qui est cependant l'artiste le plus présent depuis le début du run de David. Les quatre autres sont réalisés par Emanuela Lupacchino, qui effectue un très bon boulot, toujours un peu influencée par Terry Dodson. Les quelques faiblesses de l'italienne sont largement compensées par la souplesse de son trait, l'expressivité de ses personnages, et un découpage qui en restant simple est énergique.
*
Facteur-X : ... En un clin d'oeil - Reine et roi de coeur ! Ces deux courts chapitres de huit pages chacun n'ont en vérité rien à voir avec X-Factor : ils sont issus de l'anthologie X-Men : To serve and protect, parue à l'issue du crossover Second coming, et ont été placés là par Panini pour complèter la pagination de ce HS.
 
Le premier segment, écrit par Chris Yost, est mauvais : le Dr Strange assiste quelques X-Men, menés par Emma Frost, pour désenvoûter Blink, possédée par Séléne. Tout ça n'a aucun intérêt, sauf pour les dessins de Dalibor Talajic, qui oeuvre dans un style différent de celui qu'il avait sur le GN 5 Ronin.
 
Le second segment est par contre un délice : écrit par Kathryn Immonen, il met en scène Gambit et Hellcat (personnage fêtiche de la scénariste) lors d'un rendez-vous arrangé et qui tourne à la catastrophe. C'est très drôle, enlevé, et bien dialogué. Pour l'occasion, Stuart Immonen s'est chargé de l'illustration et, bien qu'on sente qu'il a fait ça rapidement, ça reste brillant, plein de pêche, avec des trouvailles de cadrage, des personnages expressifs.
*
Bilan : un excellent premier hors-série. En vérité, Panini serait bien inspiré de ne publier X-Factor que dans ce format, au lieu de balader cette série de revue en album librairie en hs...      
Ultimate Spider-Man 12 :

- Ultimate Spider-Man 158-159-160 : La mort de Spider-Man (3-4-5). Blessé après avoir reçu une balle tirée par le Punisher et destinée à Captain America, alors que les Ultimates affrontaient les Vengeurs de Nick Fury, Spider-Man est mal en point mais doit regagner le domicile de sa tante May vers lequel il a vu Norman Osborn, Electro, Kraven, le Vautour, l'Homme-Sable se diriger. Sur place, les cinq criminels trouvent la Torche Humaine et Iceberg avant que le Tisseur n'arrive. C'est l'heure de vérité pour Peter Parker...
*
Vendu dans un sachet plastique noir, ce numéro conclut la série de Brian Bendis après 160 épisodes (... Avant son relaunch, en vf dès Mai prochain). Le titre de l'histoire ne fait guère mystère de son issue, mais la question était de savoir si le dénouement serait à la hauteur de l'annonce (et de run homérique).
Parlons peu, parlons bien : ces trois derniers chapitres ne se lisent pas comme un comic ordinaire, ils se dévorent. Bendis imprime un rythme échevelé à son récit, qui est en fait une longue bagarre d'une extraordinaire intensité. Rarement on a aussi bien senti les coups de boutoir frappant un héros, ce sentiment de lutte ultime, de baroud d'honneur. Ceux qui considèrent Bendis comme un auteur bavard, incapable d'écrire un comic-book d'action en seront pour leurs frais, tout comme ceux qui pensaient à une énième ruse commerciale promettant une mort spectaculaire amenée à être annulée dans quelques mois. Il n'y a aucun doute sur le sort de Peter Parker, d'autant plus que dans l'univers Ultimate, les morts ne se relèvent pas.
Décoiffant. Et poignant aussi. Et passionnant pour la suite car comment ne pas être impatient de découvrir la manière dont Bendis va rebondir ?

Mark Bagley a bouclé ses derniers épisodes avec une explosivité rageuse : frustré par son expérience chez DC, son retour chez Marvel, sur la série qui l'a consacré, était attendu au tournant, mais il ne déçoit pas. Bagley ne produit pas toujours un beau dessin, mais l'énergie qu'il lui transmet est indéniable et irrésistible. Il transforme cette longue bataille en un morceau de bravoure et Panini, en oubliant de reproduire les couvertures entre chaque volet, permet de la savourer sans interruption (bon, l'éditeur français aurait quand pu faire l'effort de placer les covers à la fin de la revue, cela dit).
*
Bilan : la fin d'une époque (la série va donc être relancée, après un n° hors-série qui sortira le mois prochain, mais sera en plus intégrée en vf dans un bimestriel avec deux autres titres Ultimate - je vais donc certainement poursuivre en vo et en tpb), mais quelle fin ! 

Spider-Man 145 :

- Fear Itself : Spider-Man 2. Aux prises avec Vermine, Spider-Man se démène comme il peut alors que la panique envahit New York, suite aux évènements de Fear Itself. Dans Yancy Street, la Fondation du Futur découvre un des marteaux magiques invoqué par le Serpent et qui va être récupéré par la Chose...

Ce tie-in à Fear Itself, sans être mauvais, est très anecdotique : écrit par Chris Yost et dessiné par Mike McKone, tout ça traîne en longueur et souligne bien à quel point les épisodes annexes d'une saga ne sont pas toujours un cadeau pour toutes les séries (a fortiori quand le héros est peu impliqué dans l'histoire).
 *
- Spider-Man 655-656 : Personne ne mourra (1 et 2/2). A l'heure où se déroulent les obséques de la femme de J. Jonah Jameson (l'ex-rédacteur en chef du "Daily Bugle" et désormais maire de New York), Peter Parker, qui n'a pu éviter cette mort (dûe à Alistair Smythe alias l'Anti-Araignée), est tourmenté dans son sommeil par le souvenir de tous ceux qu'il n'a pu sauver.
Lorsqu'un ancien trader, devenu insensible et fou après le meurtre de sa compagne, opère des prises d'otages virant au massacre, Spidey a fort à faire avec lui (surtout qu'il a perdu son sens d'araignée), mais décide que désormais il empêchera quiconque de mourir...

Ces deux épisodes ont justifié l'achat de la revue (que je ne suis plus) car ils bénéficient des illustrations une nouvelle fois exceptionnelles de Marcos Martin. Plus long qu'à l'accoutumée (32 et 30 pages), ces chapitres permettent à l'artiste espagnol de livrer des planches tout simplement ahurissantes, dont le découpage à la fois fluide et éclaté est souligné par des planches aux compositions virtuoses (notamment une double-planche littéralement renversante ou une splash en forme de jeu de l'oie).

Comme galvanisé par ce partenaire, le scénariste Dan Slott se déchaîne entre onirisme et action pure. Spidey a toujours été un héros fondé sur la culpabilité et ce nouveau deuil souligne cet aspect en dirigeant le personnage dans une quête délirante. On peut rêver à l'exploitation qui sera fait de cette direction, mais si Slott a de l'énergie à revendre, pas sûr en revanche qu'il ait le génie (et la lattitude) pour faire de la série du Tisseur un projet si ambitieux. 
Néanmoins, si vous voulez lire un script transcendé par un graphisme hors normes, alors ne passez pas à côté de ces épisodes !
*
- Spider-Man : A bras le corps. Pas grand'chose à sauver de ce bouche-trou, écrit par le vétéran Roger Stern, qui réactualise les origines de Dr Octopus, mais desservi par le dessin médiocre du français Phil Briones.
*
Bilan : les deux épisodes "king-size" dessinés par Marcos Martin justifient amplement l'achat et s'imposent même au-delà comme le top du top de ce mois.