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dimanche 29 mai 2016

Critique 901 : SPIROU N° 4076 (25 Mai 2016)


Le retour de la série Magic 7 (toujours aussi mal écrite par ce pauvre Kid Toussaint, avouant qu'il a les pires difficultés à à animer une histoire avec autant de personnages et à assumer ses références, et mal dessinée), ça ne vend pas du rêve. L'agent 212 sur le bandeau indique bien que quand ça veut pas...
 

J'ai aimé :

- Mélusine : La ville fantôme (4/6). Après avoir appris du bourgmestre le secret de la ville de Harrebourg, Mélusine et Mélisande repartent à la recherche du fantôme, déduisant qu'il convoite le grimoire du sorcier Malphastolas. Mais est-ce vraiment un spectre qui hante le patelin ?
Clarke a compris une chose toute bête mais efficace : avec une histoire découpée en épisodes, pour ne pas perdre l'attention du lecteur, il faut lui donner un rebondissement chaque semaine. Ainsi après avoir révélé la véritable nature de la ville fantôme, apprend-on que celui qui hante l'endroit n'est pas celui qu'on croit. C'est cette efficacité élémentaire qui rend le récit plaisant, sans négliger le graphisme qui, sans être sophistiqué, est dynamique.

- La Forêt magique. L'excellent David De Thuin revient pour un nouveau récit complet : seulement deux pages, mais toujours aussi bien inspirées, et malicieuses, sur le thème du retour à la nature. 

- Spoirou et Fantasperge. Sti anime les hauts de page du journal depuis cent numéros avec ces deux drôles de personnages qui s'échinent chaque semaine à ce que la page 13 ne soit jamais affichée. Pour fêter ça, on a droit à un gag en une page, avec Frédéric Niffle, le rédacteur en chef de la revue : très drôle.

- L'Atelier Mastodonte. Deux cadres de la série font leur retour cette semaine et s'amusent avec l'histoire capillaire relative à Lewis Trondheim. Ni Bianco ni Obion ne forcent leurs talents, mais c'est agréable de les retrouver, surtout avec Tebo en guest-star.

- Dad. Nob met en scène un moment de mauvaise humeur de son héros : le gag n'est pas renversant mais permet à la série de rebondir après de longues semaines peu inspirées. (Voir ci-dessous :)

En direct de la rédak donne la parole à Sti pour la 100ème de Spoirou et Fantasperge (et rappelle que l'auteur signe aussi pratiquement chaque édito !). Mathilde Domecq nous dévoile ses goûts (musique, télé, BD). Et la semaine prochaine, le journal propose un numéro spécial consacré à l'Euro de foot.
Les aventures d'un journal revient sur la chronique de Mister Kit de Gil Van Dessel, un passionné d'avions, y compris ceux pilotés par les nazis ! Franquin, dans un gag rageur de Gaston, aura sa peau... Après 4 ans de parution !

Pour compenser ce maigre programme, les abonnés ont eu le plaisir de recevoir en supplément un superbe poster de Lucky Luke par Matthieu Bonhomme (la version complète du dessin qui a servi à la couverture du magazine Dbd n° 102).

dimanche 22 mai 2016

Critique 895 : SPIROU N° 4075 (18 Mai 2016)


Les Psys de Cauvin et Bédu ont droit à la "une" cette semaine : RAS, c'est toujours aussi naze. Par contre, le retour de Six-Coups des Jouvray fait bien plaisir.
Salma et Libon s'interrogent avec malice
sur les reprises de héros célèbres dans Animal lecteur.

J'ai aimé :

- Mélusine : La ville fantôme (3/6). Poursuivies par des fantômes agressifs, Mélusine et Mélisande vont découvrir l'étonnante vérité sur la ville de Harrebourg...
Clarke, comme il l'explique dans l'interview qui ouvre cet épisode, est un perfectionniste en ce qui concerne le rythme de ses histoires, encore plus avec cette aventure qui n'est donc pas une succession de gags. Ses efforts sont payants, on ne s'ennuie pas, et les révélations sont bien dosées, sans négliger l'humour (grâce au personnage de Mélisande). Les dessins correspondent bien à la tonicité du récit, avec même une référence à Escher dans une scène mémorable.

- Dent d'Ours : Amerika Bomber (6/6). Hannah se prépare pour sa mission aux commandes du "silbervogel" tandis que Max/Werner découvre les coulisses de la base secrète. Mais qui est cette Eva dont les officiers nazis attendent le signal pour lancer l'attaque contre New York ?
La fin de ce tome 4 est très frustrante et il faut espérer que Yann et Henriet ne feront pas trop attendre les lecteurs pour dévoiler la suite des aventures de Hannah et Werner, tous deux dans une situation délicate. En tout cas, la série reste redoutablement efficace et intrigante. 

- Une aventure de Spirou et Fantasio : Fantasio se marie (9/9). Spirou et Seccotine bouclent leur enquête, mais le mariage de Fantasio est brisé. 
Benoît Feroumont boucle son histoire avec habileté, même si, en fin de compte, le mariage de Fantasio n'aura été qu'un prétexte - l'acolyte attitré de Spirou finit d'ailleurs dans un état lamentable alors que Seccotine s'impose comme la nouvelle vedette du titre. Appliqué à la série-mère, ce serait une révolution, mais hélas ! ce récit complet restera à part. Ce fut en tout cas une grande réussite, humoristique et palpitante, un des meilleurs de cette collection parallèle. J'en rédigerai une critique dédiée pour la sortie prochaine (le 1er Juin) en album.

- Six-Coups : Charlotte et les pickpockets. Le maire de la ville a une bien curieuse idée pour que l'on parle de sa municipalité. Le shérif néglige du coup de surveiller Vegas et les deux gredins qui l'ont pris comme partenaire...
Pour ce quatrième épisode, les époux Jouvray réussissent une nouvelle fois un épatant mini-western comique : le découpage de l'action est admirable, d'une fausse simplicité mais d'une grande fluidité, avec des enchaînements de personnages épatants. Le dessin est expressif, le scénario plein de malice : un vrai régal.

- Cartes blanches : Le piment rouge contre le gang du ferrailleur. Laurent Houssin réalise un gag en une page très bien tourné : le découpage en "gaufrier" (12 cases) sert parfaitement cette "carte blanche".

- L'Atelier Mastodonte. Sans Lewis Trondheim, on peut se demander ce qu'il adviendrait de ce titre qui an franchement piqué du nez ces dernières semaines ? Les deux doubles strips montrent que la série est encore convalescente, mais le retour de Nob et l'effet miroir entre les deux gags font l'affaire. A confirmer quand même.

- Dad. Dad en aurait-il fini avec ses problèmes d'acné ? Hélas ! ça tombe mal pour lui... Nob redresse lui aussi la barre de sa série après de pénibles gags répétitifs et pas très drôles dernièrement. On va rester prudent, mais bienveillant car l'auteur n'a pas souvent déçu. (voir ci-dessous :) 

En direct de la rédak permet aux époux Jouvray d'en dire davantage sur les coulisses de Six-Coups. David De Thuin nous révèle ses goûts du moment (musique, livres). Avec la fin des pré-publications du Spirou de Féroumont et de Dent d'Ours, les prochaines semaines avec le retour du très mauvais Magic 7 risquent d'être terribles dès le prochain numéro.
Les aventures d'un journal reviennent sur la double carrière, dans les pages de "Spirou" et "Tintin", de Jo-ël Azara, passionné par le Japon dans ses BD.

Les abonnés ont reçu en supplément Le jeu des couples, avec des cartes dessinées (sur papier glacé siouplait !) par Janry : c'est marrant et original.

dimanche 15 mai 2016

Critique 887 : SPIROU N° 4074 (11 Mai 2016)


Numéro spécial : Jeux Vidéos donc... La belle affaire ! S'il y a bien quelque chose dont je ne suis pas client dans la production "culturelle", ce sont bien ces foutus jeux vidéos, alors, autant le dire d'entrée, ce numéro ne m'a pas ravi. 22 pages à sauver sur 52, ça ne fait pas lourd (même si c'est mieux que rien...).
Visiblement, Sergio Salma n'est pas non plus
un "nerd" si j'en crois le strip d'Animal lecteur.

J'ai aimé (pas grand-chose donc...) :

- Mélusine : La ville fantôme (2/6). Mélusine et Mélisande ne sont pas bien accueillies à Harrebourg dont le bourgmestre Gluxomarre veut les congédier au plus vite. Elles passent la nuit dans le moulin à l'entrée du village, mais les choses vont rapidement et spectaculairement dégénérer...
Clarke ne perd pas de temps pour plonger ses héroïnes et ses lecteurs dans le feu de l'action avec cet épisode mouvementé. Cette énergie se traduit aussi dans son dessin très dynamique où l'artiste, comme il l'explique dans l'interview en préambule, veut que ses images fonctionnent simplement, sans s'appuyer sur la couleur. C'est réussi même si la contribution de Cerise ne gâche rien.

- Dent d'Ours : Amerika Bomber (5/6). Après un cauchemar, Hanna vient trouver le réconfort dans les bras de Werner. Le lendemain, plus résolue que jamais, la jeune femme et son ami découvrent enfin le "Silbervogel", le bombardier révolutionnaire avec lequel elle compte attaquer New York...
Le dénouement approche et Yann précipite ses personnages dans une cascade d'émotions fortes, à la fois sensuelles, oniriques et guerrières : ça promet. Le récit profite aussi des dessins somptueux de Henriet qui nous gratifie d'une extraordinaire double page avec l' "oiseau d'argent", merveilleusement mise en couleurs par Usagi.

- Une aventure de Spirou et Fantasio : Fantasio se marie (8/9). Comme ils le soupçonnaient, Spirou et Seccotine découvrent la duplicité de la policière Carinne, vendue à Mme Gallantine. En la suivant ils assistent à une cérémonie magique qui tourne mal...
Pour cet avant-dernier épisode, Benoît Feroumont ose encore en entraînant ses héros dans une direction fantastique (je sens que certains puristes intégristes vont hurler...). Il n'empêche, la vivacité avec laquelle l'auteur conduit son récit est imparable, avec toujours cette délicieuse pointe d'ironie. Comment tout ça va-t-il finir ? En beauté sûrement, comme le dessin d'une admirable expressivité.

Et... Et c'est tout pour cette semaine ! Même Libon et ses Cavaliers de l'Apocadispe ou Dab's avec Le Club des Huns n'arrivent pas à produire quelque chose d'aussi marrant que d'habitude en traitant du thème des jeux vidéos. C'est dire la misère de ce numéro...

Quant à Dad (voir ci-dessous), j'ai beau adorer Nob et sa série, cela fait maintenant trop de gags où il tente, sans y arriver, de faire rire avec les problèmes acnéiques de son héros : il est vraiment temps de passer à autre chose. Je veux croire que ce brillant auteur, qui ne m'a jamais déçu jusqu'à présent saura rebondir.    

En direct de la rédak a interrogé plusieurs auteurs sur leur passion de gamers : aussi inintéressant que ce que ça leur a inspiré en BD. Marie Gloris revendique, elle, des goûts de lecture et de musique très féministes : c'est déjà nettement plus passionnant. La semaine prochaine, les navrants Psys de Cauvin et Bédu seront à la "une".
Les aventures d'un journal parlent de... Devinez quoi... Des 20 ans de Super Mario. N'en jetez plus, la coupe est pleine.

Le supplément pour les abonnés est tout aussi nul puisque Sti livre un Guide des histoires et légendes du jeu vidéo. Ah, quand ça veut pas... Allez, à la semaine prochaine, ça ne pourra pas être pire ! 

jeudi 12 mai 2016

Critique 884 : SPIROU N° 4073 (4 Mai 2016)


Mélusine revient après une longue absence et pour la première fois dans un récit complet de 44 pages, à suivre durant six semaines. Le Capitaine Anchois est aussi présent pour une histoire de trois pages délirante.

J'ai aimé :

- Mélusine : La ville fantôme (1/6). Mestre Filofax, inspecteur des études, vient annoncer aux élèves l'école de magie que chacun doit faire ses preuves à l'extérieur. Mélusine obtient d'agir avec Mélisande, la fée, et se voit confier une enquête dans le village de Harrebourg, où est né le plus grand sorcier de tous les temps, Malphastolas...
Dans l'interview qu'il donne en ouverture de ce premier épisode, Clarke explique qu'il avait depuis longtemps l'envie de développer la série, dont Gilson a abandonnée l'écriture, avec des aventures plus longues. Devenu seul maître à bord et las d'accumuler les gags, il s'engage donc dans un récit qui reste humoristique mais aussi fourni en péripéties.
Ce début est prometteur : narration énergique, quelques plaisanteries et calembours bien dosés, du mystère, et un dessin dynamique. Je suis bien content du retour de la jolie sorcière rousse.

- Dent d'Ours : Amerika Bomber (4/6). Hannah et Werner/Max ont échappé de justesse à l'attentat suicide d'un résistant polonais dans le château de Fürstenstein. Ils sont conduits auprès de Hans Kammler qui leur présente Eugen Sänger et Irène Bredt, concepteurs du "Silbervogel", un avion révolutionnaire pour bombarder New York...
Yann mêle toujours avec brio des éléments authentiques (Sänger et Bredt) et fictifs sans que son récit ne mollisse : impossible de deviner l'issue de cette histoire, à laquelle Staline et son fils viennent s'ajouter. Les dessins de Henriet sont toujours aussi impressionnants (voir l'entrée du château ou la vue du Kremlin).

- Une aventure de Spirou et Fantasio : Fantasio se marie (7/9). Spirou a eu une explication musclée avec sa mère, qui détient une partie du collier, que vient chercher la fille d'Hilda. Seccotine prévient Carinne, la femme flic, mais lui cache le plan qu'elle a imaginé...
Benoît Feroumont est toujours aussi inspiré dans ce septième chapitre : certains pesteront contre la mise en scène de la mère de Spirou et le passé douteux de sa famille, mais l'intrigue est captivante et décapante - ce qu'il faut pour conserver la vitalité d'un héros ! Visuellement, c'est toujours un enchantement, surtout pour le fan de Seccotine (au point qu'on aimerait que cette histoire donne l'idée à Dupuis d'exploiter le personnage dans sa propre série).

- Autour d'Odile. Madaule, dans le cadre d'un gaufrier bien maîtrisé, livre un gag plein de malice sur le caractère exigeant de son héroïne et la bonhomie de son dragon.

- Capitaine Anchois : Le concours de crachat. Floris s'est, comme il l'explique dans la rubrique En direct de la rédak, de son enfance et de son goût pour le bon vin dans cette petite histoire absurde et savoureuse où Louis vole la vedette au capitaine.

En direct de la rédak donne donc la parole à Floris, mais aussi à Madaule. La semaine prochaine, numéro spécial (et, autant prévenir tout de suite, calamiteux) consacré aux gamers (thème qui avait fort peu de chance de me séduire vu mon allergie aux jeux vidéos).
Les aventures d'un journal revient sur Wofi, série animée par Albert Blesteau, un temps assistant de Peyo (ce qui inspire une plaisanterie très drôle à Fred Neidhardt).

Le supplément pour les abonnés est vraiment misérable : des autocollants Boni ! 

samedi 30 mai 2015

Critique 630 : SPIROU N° 4024 (27 Mai 2015)


Comme l'indique la couverture (signée Yoann), c'est un numéro qui met le lecteur à contribution puisque plusieurs auteurs se sont amusés à réaliser leurs planches y laissant de quoi s'exprimer : c'est le défi qu'avait lancé un lecteur, lors d'une consultation de la revue. Et ça donne quelque chose de très ludique, qui aura des suites (de prochains n° spéciaux, mais aussi les retours attendus par certains artistes). 
J'ai aimé :

- Dad. Nob ne participe pas au "do it yourself" mais trousse un gag très drôle avec son papa qui a (enfin) décroché un rôle (mais un rôle spécial). En vérité, cette série a sa vraie place en page 2 car commencer par lire la revue avec Dad, ça vous met de bonne humeur pour tout ce qui suit.

- Boni : Les chocolats. Ian Fortin est vraiment un rigolo et son lapin tient ça de lui : admirez un peu ce qu'il arrive à faire avec des gags sur le chocolat et vous comprendrez ce qu'est le talent d'un humoriste plein de malice.

- Le Royaume. Benoît Féroumont met le lecteur à contribution en l'invitant à remplir les bulles de cette planche, par ailleurs déjà très efficace. De toute façon, à chaque fois que le titre est au sommaire, même si c'est pour jouer, je suis content. Curieux de découvrir quand même quel dialogue aura imaginé le gagnant du défi.

- Le Club des Huns. Attila confisque le livre de contes à ses guerriers mais Dab's ne nous prive pas de deux excellents doubles strips (avec une mention spéciale pour la chute du dernier). 

- Les Cavaliers de l'Apocadispe envoient un message de paix. Les trois crétins jubilatoires de Libon sont de retour et jouent eux aussi avec le lecteur. C'est un pur régal, et là aussi, on peut mesurer la qualité de l'auteur au fait que, même dans un cadre précis, il réussit son coup.

- Rob. James et Boris Mirroir tirent aussi très bien leur épingle du jeu de la semaine en continuant à balader Clutch et son robot dans le musée. Le deuxième double strip a une chute à choix multiples particulièrement bien trouvée.

- Imbattable. J'attendais beaucoup de Jousselin avec le défi de ce numéro spécial car j'étais certain qu'il y participerait et se surpasserait. C'est effectivement le cas (et là, pas besoin d'attendre pour contribuer : le supplément pour les abonnés donne de quoi faire). Il est vraiment trop fort !

- Spoirou et Fantasperge. Sti a droit à deux pages pour s'amuser : de l'espace enfin pour ses deux héros parodiques abonnés aux hauts de page (et la malédiction de la page 13). Les idées les plus simples étant les meilleures, le résultat est bon - et donne envie de retrouver les personnages plus souvent dans ce format.

- Capitaine Anchois. Floris nous livre une double ration de ses pirates avec cette page et un strip à la page 50 : dans les deux cas, on se marre toujours. Absurde, déjanté, mais indispensable.

- Zizi chauve-souris. En essayant d'échapper au Falquenin, Suzie subit une transformation radicale : Trondheim et Bianco vont-ils oser poursuivre cette idée ? J'aimerai bien. En tout cas, ça relancerait formidablement, sur les plans narratif et graphique, la série (qui avait un peu tendance à tourner à rond).

- L'Atelier Mastodonte. On pouvait là aussi espérer quelque chose de jouissif de la part de l'atelier pour le défi de la semaine : comme c'est Obion qui s'y colle (pour les deux doubles strips... Ou presque), on n'est pas déçu. Très marrant, même si Jérôme Jouvray a raison de mettre en garde son collègue... 

- Tash & Trash. Dino (et ses deux lutins) apprécie(nt) moyen le défi mais s'en tire avec un strip très rigolo.

En direct de la rédak donne la parole à quelques-uns des auteurs qui se sont prêtés au jeu (Libon, Sti, Jousselin...). La semaine prochaine, les Minions feront exploser la revue !
Les aventures d'un journal revient sur la fiche bricolage de la revue et comment l'idée de faire fabriquer un revolver par les lecteurs y mit un terme.

jeudi 28 mai 2015

Critique 628 : BATMAN SAGA #37 (Mai 2015)

Comme j'ai acheté Batman Saga #37 ce mois-ci, je vais peut-être bien m'y remettre, même si ça ne signifie pas que c'est pour de bon et que je vais à nouveau consommer des revues de super-héros en quantité.
Mais ce qui m'a motivé, c'est que la majorité du sommaire propose le début de nouveaux arcs narratifs, un bon point d'entrée donc.
BATMAN SAGA #37 :

- Batman #35 : Fini de jouer (1) (Scott Snyder / Greg Capullo) :

Qu'arrive-t-il à la Justice League pour qu'elle agresse ainsi, soudainement, Batman en plein coeur de Gotham ? 

Je me souviens de l'impression mitigée que m'avait laissé le tout début du run de Scott Snyder avec son interminable intrigue consacrée à l'organisation des Hiboux. Là, ce tout nouvel arc démarre sur les chapeaux de roues et annonce, à la fin de cet épisode, une nouvelle machination ourdie par le plus célèbre des ennemis de Batman. C'est punchy, accrocheur, prometteur.

Greg Capullo dessine ça fantastiquement - et il faut espérer que l'artiste se remettra vite et bien de l'alerte cardiaque dont il vient d'être victime car il est pour beaucoup dans l'attrait de la série-phare.

- Detective Comics Annual # 3 : Icare, théorie du chaos (Brian Buccellato / Werther Dell'Edera, Jorge Fornès, Scott Hepburn) :

Les destins croisés de plusieurs personnages mêlés à l'affaire que vient de résoudre Batman au sujet d'une drogue, l'Icare.


Cet Annual est le morceau qui m'a posé le plus de problèmes pour la reprise de la revue puisqu'il conclut l'arc précédent de Detective Comics. Par ailleurs, ces 40 pages ne sont guère passionnantes et souffrent de trois graphismes à la fois trop différents et moyens. 

On peut zapper.

- Detective Comics #35 : Terminal (1) (Benjamin Percy / John Paul Leon) 

Un avion se crashe à l'aéroport de Gotham alors que Bruce Wayne s'apprêtait à quitter la ville pour des vacances. L'affaire va accaparer Batman quand il découvre que tout l'équipage et ses passagers sont morts à cause d'un éco-terroriste.

Benjamin Percy remplace Brian Buccellato au scénario de la série pour deux mois et écrit une aventure à la fois spectaculaire et angoissante à souhait. La situation est rapidement posée et très prenante.

Mais l'attraction de ce diptyque, c'est bien entendu John Paul Leon qui se charge des dessins : ce fabuleux et trop rare artiste (qui avait un projet de graphic novel sur Batman avec Kurt Busiek, dont on est sans nouvelles) livre des planches fantastiques, d'une puissance expressionniste rare. 

- Batgirl #35 : Grillé (Brendan Fletcher, Cameron Stewart / Cameron Stewart, Babs Tarr)

Barbara Gordon déménage dans le quartier de Burnside pour y poursuivre ses études et son activité de justicière. Elle est vite dans le bain en devant affronter un pirate informatique qui les menace, elle et ses amies.

Voilà une ses raisons pour lesquelles j'ai acheté ce numéro : la reprise de Batgirl par, entre autres, Cameron Stewart, qui s'occupe du script, avec Brendan Fletcher, et du storyboard, qui guide les dessins de Babs Tarr.

Le résultat est une bouffée de fraîcheur et une leçon de narration, soutenue par un rythme d'enfer, de l'humour, un charme fou (tout le contraire des épisodes laborieux et mal dessinés du run de Gail Simone).

- Grayson #3 : Le coup est parti (Tom King, Tim Seeley / Mikel Janin)

Dick Grayson et l'organisation Spyral (qu'il a infiltré pour le compte de Batman afin d'en démasquer le chef, Mr Minos) doivent appréhender un certain Christopher Tanner alias "Vieux Fusil", qui détient les yeux de Parangon (dont les organes dispersés donneraient des pouvoirs surhumains).

Et voilà l'autre série qui m'a poussé à l'achat de la revue : l'ex-Nightwing est désormais un espion et doit jouer un double-jeu au sein d'une agence qu'il a infiltrée tout en remplissant des missions pour elle.

Ecrite par un ancien des Forces Spéciales, Tom King, avec Tim Seeley, le titre est d'une efficacité redoutable, chaque épisode étant composé comme un done-in-one tout en développant un subplot (les fameux organes de Parangon). C'est sexy, avec des dialogues bien sentis, et tonique.

Les dessins sont en plus assurés par l'excellent Mikel Janin (la révélation de Justice League Dark), dont les découpages et les personnages, à la beauté du diable, sont un formidable plus.

Bilan : le programme est copieux et de très bonne facture. J'ai envie de lire la suite de tout ça.

dimanche 24 mai 2015

Critique 624 : SPIROU N° 4023 (20 Mai 2015)


Cette semaine, c'est Aria (une série que je n'ai jamais lue), autrefois publié dans le Journal de Tintin, qui a droit à la couverture : le scénario est pas mal, mais le dessin plutôt faiblard. Le bandeau annonce aussi le retour des Campbell de Munuera (dont la parution trop aléatoire gâche un peu le plaisir qu'on a lire cette série).

J'ai aimé :

- Dad. Nob s'essaie à un gag essentiellement visuel et relève une fois encore ce défi avec brio. La chute est très drôle et, examinez bien le dessin de l'ultime case, l'artiste y rend un discret hommage à Gorillaz (une autre preuve de bon goût).

- Boni: L'école. Ian Fortin fait interroger son lapin sur l'utilité d'aller à l'école : un copain, les parents, le grand-père sont sollicités, et chacun a une réponse bien sentie (mention quand même au pépé). Toujours aussi délicieux.

- Rob. James et Boris Mirroir continuent leur visite au musée et Clutch se demande si Conan le barbare n'aurait pas la même épée que Charlemagne. C'est savoureux, même si depuis quelque temps, la série accuse un coup de moins bien, peinant à se renouveler (peut-être qu'en étoffant son casting, les auteurs trouveraient de nouveaux et meilleurs gags).

- Le Club des Huns. Dab's ou l'art de raconter des histoires : les deux doubles strips de cette semaine sont épatants. Voilà, par contre, un titre qui sait exploiter ses situations avec une inspiration impeccable, que vient rehausser un dessin gratiné.

- Zizi chauve-souris. Trondheim et Bianco sont, eux aussi, dans un creux, une sorte de ventre mou : leurs strips restent marrants, mais on attend un rebond à la hauteur du caractère relevé de leur héroïne et de son adversaire, le Falquenin.

- L'Atelier Mastodonte. Nob et Mathilde Domecq sont sur le dos (c'est une image) de Julien Neel, tout juste de retour à l'atelier et mis à l'épreuve par Trondheim. Le feuilleton peut encore durer un moment tant qu'il reste aussi maîtrisé (la chute du gag de M. Domecq est excellente).

- Tash & Trash. / Capitaine Anchois. Dino et Floris ferment le ban avec deux nouveaux strips qui sont, comme d'habitude, de vraies perles (mention à Floris).

En direct de la rédak questionne Matthieu Sapin à propos de son nouvel album (Le Château), qui paraît chez Dargaud (!) : rien de bien folichon. La semaine prochaine : numéro très spécial en perspective puisque les lecteurs seront mis à contribution...
Les aventures d'un journal revient sur un numéro de 2001 consacré aux détectives, avec de fausses lettres de menaces adressées au rédacteur en chef de l'époque (Thierry Tinlot).

Les abonnés ont droit en supplément à des cartes à collectionner de héros de la revue. 

mardi 19 mai 2015

Critique 620 : SPIROU N° 4022 (13 Mai 2015)


La couverture pour Nelson, ça ne vend pas vraiment du rêve... Et le bandeau pour la première BD signée du "Youtubeur" Cyprien : pas très excitant non plus (franchement, Dupuis en est-il réduit à donner une place à tous ces pseudo-comiques du web au lieu de donner leur chance à de vrais nouveaux talents du 9ème Art ?).
(La semaine de Spirou par Bianco : bien trash !)

J'ai aimé :

- Dad. Ondine fait des vocalises : Nob rendrait-il hommage au barde Assurancetourix avec son gag de la semaine ? En tout cas, le résultat est encore une fois brillant : la partie visuelle permet d'apprécier l'expressivité irrésistible des personnages.

- Dents d'Ours : Werner (9/9). Avant de partir pour sa dernière mission, Hannah passe la nuit avec Werner/Max : l'occasion de quelques ultimes confidences, avant que les alliés bombardent la base où est détenu le jeune homme...
Ah, qu'il est frustrant ce dernier épisode, qui, en vérité, clôt le premier cycle de la série ! Yann sait nous donner envie de lire la suite (sur laquelle lui et son dessinateur sont déjà à l'oeuvre - pour une publication l'an prochain ?). Je ne connaissais pas cette série mais j'ai été conquis (malgré une parution trop hachée). Et les dessins d'Henriet y sont aussi pour beaucoup.

- Boni : Le camping sauvage. Ian Fortin emmène son lapin et son père en randonnée dans la forêt et livre quatre nouveaux strips jubilatoires (mention aux 2ème et 4ème, dont les chutes sont savoureuses).

- Les Minions. Didier Ah-Koon et Renaud Collin nous servent un bon gag (ce qui n'est pas toujours le cas), avec une situation que tout le monde a connu au moins une fois. Le découpage (un gaufrier de 12 cases) est efficace.

- Zizi chauve-souris. Trondheim et Bianco se cherchent un peu cette semaine : leurs trois strips sont un peu moins percutants que d'habitude, mais la série se lit toujours avec plaisir.

- La Galerie des Illustres : Nicoby. Voilà un bail que cette rubrique avait disparu des pages de la revue et j'espère qu'elle va faire un retour plus régulier grâce à cet entretien avec Nicoby qui produit aussi une planche avec laquelle il raconte sa découverte de Spirou. Une belle réussite, de la part d'un auteur que j'aime beaucoup.

- Rob. James et Boris Mirroir sont un peu en deçà, sans toutefois que les deux doubles strips de ce numéro ne soient déshonorants. (Je suis un peu maussade parce que je ne digère pas les cinq pages données à Cyprien, dont la nullité aussi bien écrite que dessinée plombe vraiment le sommaire.)

- Le Club des Huns. Dab's a pondu deux doubles strips vraiment tordants (le 2ème est un sommet du genre)  : là, y a pas à dire, ça envoie du bois et le titre est déjà un incontournable.

- L'Atelier Mastondonte. Julien Neel revient à l'atelier après un détour par le cinéma, ce qui ne plaît guère à Trondheim, et fait franchement flipper Obion. Je sens qu'il y a là l'amorce pour un petit feuilleton qui s'annonce bien amusant.

- Tash & Trash. / Capitaine Anchois. Dino et Floris sont toujours aussi en forme et ferme le ban avec deux strips impeccables.
(Tiens, un bon gag entièrement visuel pour Les Nombrils !)

En direct de la rédak donne la parole à (devinez à qui ?)... Cyprien : pitié, ne me dîtes pas que ce boulet va s'installer dans la revue avec sa BD à la con ! La semaine prochaine : début de la pré-publication du nouveau tome d'Aria (série que je n'ai jamais lue - on verra ce que ça donne).
Les aventures d'un journal évoque le changement de scénariste pour Tif et Tondu en 1968 quand Tillieux remplaça Rosy auprès de Will.

A noter qu'on découvre Uchronies débiles, le projet qui a gagné le référendum de l'été dernier : pas celui que je préférai, et d'ailleurs Simon Léturgie ne le dessine pas (remplacé par Ruben Del Rincon). J'ai quand même du mal à imaginer que ça tienne la route pour être développé régulièrement.

Les abonnés ont droit en supplément à un mini-récit sympa de Guerse et Pichelin : Vermisseaux - Mic-mac à Flac-les-plages.

dimanche 17 mai 2015

LES COUVERTURES DU MOIS : MAI 2015

Avec du retard... Mais voilà mes couvertures de comics préférées de ce mois-ci :

 LADYKILLER #5 
par Laura Allred 
(Dark Horse Comics)
 REBELS #2 
par Tula Lotay 
(Dark Horse Comics)
 ASTRO CITY #23 
par Alex Ross 
(DC Comics)
 CONVERGENCE : JUSTICE LEAGUE INTERNATIONAL #2
par Paul Renaud 
(DC Comics)
 CONVERGENCE : JUSTICE SOCIETY OF AMERICA #2
par Dan Panosian
(DC Comics)
 CONVERGENCE : SHAZAM #2
par Evan Shaner
(DC Comics)
 INJECTION #1
par Declan Shalvey
(Image Comics)
 LAZARUS #17
par Michael Lark
(Image Comics)
 SAGA #26
par Fiona Staples
(Image Comics)
 TREES #9
par Jason Howard
(Image Comics)
 VELVET #13
par Steve Epting
(Image Comics)
 BLACK WIDOW #18
par Phil Noto
(Marvel Comics)
 BUCKY BARNES : WINTER SOLDIER #8
par Mike Del Mundo
(Marvel Comics)
 DAREDEVIL #16
par Chris Samnee
(Marvel Comics)
 INHUMANS : ATTILAN RISING #1
par Dave Johnson
(Marvel Comics)
STORM #11
par Stéphanie Hans
(Marvel Comics)
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N'hésitez pas à déposer un commentaire sur cette sélection - et, 
éventuellement, à me faire part d'une couverture qui vous a plu mais 
que je n'aurai pas retenue.


lundi 11 mai 2015

Critique 615 : SPIROU N° 4021 (6 Mai 2015)


Cette semaine, c'est la série Passe-moi l'ciel de Janry et Stuf qui a les honneurs de la couverture (avec, pourtant seulement deux pages à l'intérieur, peu inspirées d'ailleurs). Le bandeau indique aussi un récit court (mais toujours aussi peu drôle) de L'Agent 212 de Cauvin et Kox. J'ai comme l'impression que ça ne va pas être un bon numéro...

J'ai (quand même) aimé :

- Dad. Heureusement que Nob est toujours là : sa série fait passer bien des pilules parfois, et le gag de cette semaine est très réussi, encore une fois. Le contraste entre la cruauté des filles et l'initiative de leur père est parfaitement illustré par des dessins, un découpage, simples mais justes.

- Animal Lecteur. Je ne parle jamais de cette production de Sergio Salma et Libon et j'ai bien tort : on ne peut pas la manquer (elle se trouve juste à côté du sommaire) et ce gag hebdomadaire en une colonne évoque de manière toujours bien sentie les affres et les joies du métier de libraire spécialisé dans la bande dessinée, dessinée par l'excellent créateur des Cavaliers de l'Apocadispe.

- Dents d'Ours : Werner (8/9). Entre passé et présent, on en apprend plus sur ce qui a conduit Werner à prendre l'identité de Max, Hannah à épouser la cause d'Hitler et les relations troubles entre elle et les deux garçons.
L'histoire (et le premier cycle, puisqu'il est acquis qu'il y aura une suite à ce triptyque) touche à sa fin (la semaine prochaine) et Yann dispose ses derniers pions au moyen de flash-backs ajoutant à l'ambiguïté de la situation. Ajoutez-y les dessins magnifiques de Henriet (qui s'essaie même au gaufrier en douze cases avec succès) et les couleurs flamboyantes d'Usagi, et si, après ça, vous n'êtes toujours pas conquis, je n'y comprends rien.

- Adeline : Retour à la campagne. Alex Lopez entraîne son héroïne au vert avec ses parents et son frère, là où elle connut son premier flirt : comme d'habitude, la tonicité de l'écriture et l'expressivité du dessin séduisent, malgré un argument minimal. 

- Boni : Claquer des doigts. Ian Fortin est devenu un de mes chouchous dans la revue : ses strips sont acidulés mais très drôles, son héros lunaire dans des situations surréalistes et son art de la chute sont une vraie merveille, comme on peut le vérifier encore avec le savoureux retour de Brigitte (comme c'est aussi le prénom de ma soeur, ça m'amuse toujours).

- Givrés ! Bon, là aussi, Amalric et Madaule ne sont pas des génies comiques, mais de temps à autre ils livrent un gag en une planche vraiment efficace : ici, ils reviennent sur la mode (stupide) du "ice bucket challenge" (qui fit le buzz l'été dernier) et c'est marrant.

- Capitaine Anchois : Le trésor du cyclope. Floris et ses pirates crétins sont un autre rendez-vous que j'apprécie : c'est délectablement con mais souvent tordant, et, mine de rien, l'auteur est également bon quand il s'adonne au récit bref (en quatre pages ici) ou au strip.

- Zizi chauve-souris. Suzie a réussi à réconcilier son mentor et sa mère : pour la remercier, elle fiche une rouste au fiancé de la mère à Suzie et lui offre un sifflet spécial. Trondheim et Bianco carburent au super ensemble (on le vérifie plus loin dans l'atelier mastondonte).

- Rob. Suite des (més)aventures sportives du robot et de Clutch : la démonstration par l'absurde de la bêtise des règles du tennis par James et Boris Mirroir est épatante, imparable.

- L'Atelier Mastodonte. Jousselin et (surtout) Bianco sont à l'oeuvre cette semaine : si le gag du premier n'est pas son meilleur, celui du second est par contre irrésistible. Jamais déçu par ce titre, même quand la cuvée n'est pas complètement top.

- Tash & Trash. Dino disserte, à sa façon, sur l'amour et la séparation : un strip parfait. 

En direct de la rédak n'avait visiblement rien de mieux à faire que donner la parole à Kox (L'agent 212). L'autre mauvaise nouvelle, c'est que la semaine prochaine, c'est Nelson qui sera à la "une"...
Les aventures d'un journal revient sur la participation de Roger Leloup (Yoko Tsuno) sur la série de gags Histoires de Schtroumpfs, que n'avait pas le temps de faire Peyo (même s'il les avait acceptés pour l'argent).

Les abonnés ont droit en bonus à un superbe poster de Henriet avec les héros (enfants) de Dents d'Ours.

mardi 6 mai 2014

Critique 439 : REVUES MAI 2014


 X-MEN 12 :

- Uncanny X-Men #14 :
Les jeunes recrues des Uncanny X-Men de Cyclope sont soumis à un dur entraînement par celui-ci. Le caméléon Benjamin Deeds est à la traîne mais Emma Frost pense qu'il est peut-être celui qui a le plus grand potentiel. Pour vérifier cette hypothèse, elle l'embarque dans une mission...

Brian Bendis l'avait promis dans les épisodes précédents le crossover Battle of the Atom : les étudiants de l'école de Cyclope, malmenés lors de leurs premières sorties à cause de leur inexpérience, allait subir des tests de la part de leur chef, convaincu, comme Magnéto, qu'il fallait se préparer à des agressions contre le mutants de la part des humains.
Le scénariste s'attache plus spécialement à l'une des recrues de l'équipe, le "transmorphe" Benjamin Deeds que Emma Frost décide de prendre sous son aile (bien que, dans ce cas, l'expression n'ait rien de délicat). Le personnage semble promis à un bel avenir pour Bendis qui le met en scène avec à la fois de la malice et de l'énergie alors même qu'il a un caractère introverti. L'épisode est très agréable à lire, d'une remarquable fluidité, et se clôt sur un twist intéressant.

Comme la confirmation de cette réussite, les dessins de Chris Bachalo (bien que toujours assisté de cinq encreurs) sont eux aussi excellents : l'artiste a su trouver un découpage malin et produire des compositions plus simples (et donc plus lisibles, avec aussi une colorisation plus sobre) pour mettre en images ce script, utilisant notamment un gaufrier ici, ou espaçant les bandes là pour souligner subtilement une ellipse.
 
 - All-New X-Men #18 :
Kitty Pryde et les premiers X-men ont donc choisi de quitter le giron de l'école dirigée par Wolverine pour s'allier à la bande de Cyclope où ils retrouvent Angel. Chacun vit différemment ce déménagement : Jean Grey doit composer avec la jalousie des soeurs Stepford, Hank McCoy s'habituer à cohabiter avec Magnéto tout en s'interrogeant sur sa possible relation avec Jean, Bobby Drake tenter de s'apaiser, Scott Summers réfléchir à ses sentiments... Quant à Kitty elle-même, elle renoue avec son amie Illyana Raspoutine.

Le crossover Battle of the Atom terminé, Brian Bendis doit en gérer les répercussions. All-New X-Men a en effet été la série la plus impactée par cette saga puisque ses personnages ont changé de camp : c'est d'ailleurs l'évolution la plus notable et logique puisque les premiers mutants n'ont jamais été accepté par Wolverine et ses supporters et Kitty n'a pas apprécié cela.
L'épisode sert davantage à faire le point qu'à enclencher une nouvelle intrigue (même si la dernière page annonce de nouveaux rebondissements) et Bendis peut donc s'adonner à son exercice favori, faire échanger ses personnages, observer leurs réflexions. Une fois encore, Jean Grey va être affectée et découvrir un nouvel aspect de ses pouvoirs à cause du stress. Mais c'est aussi l'occasion pour Kitty et Illyana de retisser des liens... Et de procéder à un séance de relooking assez savoureuse.

Stuart Immonen signe là son dernier épisode avant de faire un break jusqu'au #22 (argh ! trois mois sans le canadien, remplacé par Brandon Peterson + un peu Mahmud Asrar, ça va être long...). Son travail est toujours irréprochable : un découpage dynamique, même pour un épisode calme, des personnages très expressifs. Il s'acquitte même du designs des nouveaux uniformes des ANXM :  le résultat n'est pas des plus inspirés (et a suscité des commentaires dubitatifs sur la toile, avec une comparaison récurrente aux Powers Rangers). 

- Amazing X-Men #1 : 
Au Paradis, Kurt Wagner réfléchit à son existence, ses réussites, ses échecs - il s'ennuie surtout : ses amis et l'action lui manque. Tout cela va vite changer lorsqu'il découvre que son père, Azazel, entreprend de conquérir l'endroit.
Pendant ce temps, alors que Firestar rejoint l'équipe enseignante de l'école de Wolverine, le Fauve découvre enfin ce que les Bamfs (ces lutins ressemblant à Diablo) ont fait en cachette dans le murs de l'établissement depuis des mois...

Jason Aaron, le scénariste, a imaginé cette nouvelle série sur les mutants alors même que son run sur Wolverine et les X-Men touche à sa fin. L'objectif est clair : il faut ramener Diablo, un des membres historiques et des plus sympathiques des X-Men, parmi les vivants (il avait trouvé la mort lors du crossover Second Coming), tout en expliquant au passage qui sont les Bamfs et la raison de leur présence dans notre dimension.
Le scénariste embarque le lecteur dans un premier épisode en deux temps : le premier très entraînant, qui permet de retrouver Kurt Wagner comme à ses meilleurs jours, bondissant, s'escrimant et se téléportant dans l'au-delà ; le second préparant les X-Men de Wolverine à le rejoindre (sans qu'ils s'en doutent). C'est vif, plein d'action, de bons mots, très plaisant.
Toutefois, on peut se demander si un tel titre, une fois ce premier arc bouclé, gardera un véritable intérêt, d'autant que Aaron a déjà quitté l'aventure (après avoir pourtant clamé en interview tout son amour pour Diablo et son désir de s'investir sur ce projet sur le long terme...). Et surtout Diablo est-il si populaire pour qu'on lance une série dont il sera le leader (Marvel pense que oui, puisque l'elfe a même déjà droit à un titre sur ses exploits particuliers depuis) ?

Ed McGuinness dessine ce premier récit et livre des planches formidables, où son association avec l'encreur Dexter Vines (ancien collaborateur de Steve McNiven) fait merveille. Visiblement lui aussi fan du personnage et inspiré par son créateur (Dave Cockrum), il nous régale. J'étais méfiant car ses précédents travaux, souvent avec Jeph Loeb, me déplaisaient mais là, rien à redire (sauf que, hélas ! encore, le dessinateur signera la première saga, reviendra au #7 puis s'en ira à son tour).
   
- Cable & X-Force #15 :
Je zappe (le changement de dessinateur n'arrange rien, c'est aussi moche que d'habitude).


- A + X #11 & 13 :
Panini ne savait visiblement plus où caser cette série (d'abord dans les pages de la revue "Uncanny Avengers", qui vient de changer de format et de périodicité) et la colle donc ici. Pas de bol pour le lecteur : les deux épisodes sont affreusement mauvais et laids (Jim Krueger et Ron Lim d'abord, Howard Chaykin ensuite)...

Bilan : très positif (avec trois bons épisodes sur cinq) - UXM et ANXM repartent sur les chapeaux de roues, et AXM démarre en trombe. A noter que la postface de la revue suggère que le sommaire sera peut-être sensiblement modifié d'ici à la fin de l'année (puisque C&XF va s'achever et qu'une nouvelle série pourrait s'installer - Cyclops par Rucka et Dauterman ou Nightcrawler par Claremont et Nauck ?).