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dimanche 20 novembre 2011

Critique 283 : MARVEL LES GRANDES SAGAS 10 - FANTASTIC FOUR, de Mark Waid, Mike Wieringo et Paul Smith

Ce 10ème et dernier album de la collection "Marvel les grandes sagas" est consacré aux Fantastic Four. Paninicomics a bien fait les choses (sauf en ce qui concerne la couverture affreuse, signée Neil Edwards) puisque c'est l'histoire Impensable (Unthinkable en vo, Fantastic Four #67-70 + 500, publiés en 2003) écrite par Mark Waid et dessinée par Mike Wieringo qui a été choisie (plus deux petits bonus dessinés par Paul Smith).
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Le Dr Fatalis se trouve, incognito, à Cassamonte, Georgie, où il consulte plusieurs diseuses de bonnes aventures. C'est ainsi qu'il se souvient de son premier amour, Valeria, qu'il avait choisi de quitter, après une jeunesse où sa famille gitane avait été persécutée, pour partir étudier les sciences en Amérique. La suite est connue : il rencontre Reed Richards et il est défiguré lors d'une expérience. Cet accident alimentera l'éternel ressentiement entre le monarque de Latvérie et le leader des Quatre Fantastiques.
De sa défunte mère, Fatalis a hérité l'intérêt pour la magie et aujourd'hui, il sacrifie Valeria, lors de leurs retrouvailles, pour se venger des FF. L'ignoble Docteur ne va pas ménager les héros, se servant de la petite Valeria (il a accouché Sue Richards un an auparavant), expédiant Franklin en enfer, torturant l'équipe, et, pour finir, marquant Reed dans sa chair...
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Cet arc narratif est un classique de la série et, peut-être, le sommet du run de Mark Waid et Mike Wieringo. La vraie vedette du récit est Fatalis, qui a rarement été aussi odieux et terrifiant : le premier épisode, prologue de la saga, ne montre d'ailleurs que ses ennemis dans une image, en flashback, et se clôt sur une scène abominablement glaçante. Ce grand vilain qu'est le Dr Doom (en vo) et qui a été depuis si malmené, par des scénaristes incapables de l'exploiter correctement, retrouve dans les mains de Waid toute sa puissance maléfique.
Le reste est à l'avenant et on souffre vraiment avec (et pour) les Fantastiques. La trame aboutit en vérité à l'affrontement personnel de Fatalis et Reed Richards, deux génies que leur orgueil perd : comme Waid l'avait rappelé dans le premier épisode de son run, Mr Fantastic est hanté par l'échec de la mission spatiale au cours de laquelle il a été, avec ses amis et sa femme, transformé ; de la même manière, la haine de Fatalis vise autant les autorités qui persécutèrent sa famille (et par extension le peuple gitan) que Richards qu'il estime responsable de sa défiguration. En fin de compte, ce qui sépare Fatalis et Richards les unit aussi et en fait deux belligérants aussi liés que Daredevil et le Caïd.
Waid ne néglige pas les autres membres de l'équipe, et se sert de leurs relations de manière très habile : ainsi ouvre-t-il le deuxième épisode par une énième dispute entre la Chose et la Torche, moment humoristique et léger, qui renforce l'intensité dramatique des séquences suivantes. Quant à Sue Richards, sa maternité est remise en avant pour souligner qu'elle est sans doute la plus mûre du groupe (Ben et Johnny se comportant comme des garnements et Reed perdant son calme dès qu'il comprend que la magie déployée par Fatalis le dépasse). Encore une fois, le soin apporté à la caractérisation par le scénariste est épatante.
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Aux dessins, Mike Wieringo livre une prestation à la hauteur de cette histoire très sombre : on pourrait précipitamment penser que son style peu réaliste et plutôt naïf, voire cartoony, ne se prête pas à ce registre. Or, au contraire, cela produit un constrate remarquable et renforce l'aspect angoissant.
Des scènes a priori innocentes comme celle où la petite Valeria joue avec des cubes et où Fatalis entre mentalement en contact avec elle ou lorsqu'elle prononce son premier mot, produisent un effet percutant aussi bien pour les personnages que pour le lecteur.
Le découpage est simple mais très dynamique et dans le dernier chapitre, "Ringo" se permet même des doubles pages explosives pour traduire la rage avec laquelle les héros prennent leur revanche.
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Pour boucler ce recueil, Paninicomics a eu la bonne idée d'ajouter deux back-ups (de quatre et six pages), toujours écrites par Waid, et dessinées cette fois par Paul Smith : la première montre comment Sue Richards suscite progressivement et malicieusement la jalousie de Reed, accaparé par ses recherches, et la seconde met en scène un bref voyage dans le temps entre l'Invisible et Alyssa Moy (personnage que réutilisera Mark Millar dans son run), le premier amour de Reed.
Le résultat est plein d'humour et surtout magnifiquement illustré par un artiste que j'aurai adoré voir animer ces personnages plus longuement. Paul Smith est un magicien trop méconnu, dont la carrière n'aura jamais eu le retentissement qu'elle mérite.

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La collection des "grandes sagas" est à présent terminée. Même si elle a souvent proposé des récits qui n'étaient pas parfaits pour apprendre à découvrir les héros Marvel, elle aura au moins proposé deux véritables incontournables avec l'album de Daredevil (l'arc Renaissance, de Miller et Mazzucchelli) et celui des FF.

mardi 11 octobre 2011

Critique 271 : MARVEL - LES GRANDES SAGAS 9 : AVENGERS, de Kurt Busiek et George Pérez

Ce pénultième numéro de la collection Marvel : les grandes sagas est consacré aux Avengers et rassemblent les épisodes 0, 19 à 23 du volume 3, écrits par Kurt Busiek et dessinés par Stuart Immonen (#0) et George Pérez, et Giant-Size Avengers 1 du volume 2, écrit par Douglas Noble et dessiné par Nelson, de la série publiée en 1998-1999 et 2008.
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La saga Ultron Unlimited (épisode 0 et 19 à 23, ) oppose une nouvelle fois l'équipe des Vengeurs (composée de Captain America, Thor, Iron Man, la Sorcière Rouge, Wonder Man, la Vision, Firestar et Justice) à Ultron. L'androïde créé par Hank Pym (alias Ant-Man/Giant-Man, également présent dans cette histoire) a souvent menacé le monde dont il veut exterminer la race humaine mais cette fois, avec l'aide de ses précédentes versions, il dévaste un pays entier (la Slorénie) pour mieux attirer ses ennemis dans un traquenard. Son plan consiste cette fois à concevoir des répliques selon les schémas mentaux de ses "proches" : Pym (son "père"), la Guêpe (sa "mère"), la Vision (son "fils"), Wonder Man et le Moissonneur (ses "frères"). Avec le renfort de la Panthère Noire, les Vengeurs interviennent, bien qu'une partie des médias les accusent de ne pas faire de place aux minorités visibles et d'agir en outrepassant leurs droits...

L'épisode extrait de Giant-Size Avengers 1, intitulé Profession : majordome, décrit avec humour comment Jarvis, l'intendant du manoir des Vengeurs, veille à l'entretien de cette demeure, même quand elle est attaquée par des ennemis.
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Une nouvelle fois, Paninicomics a choisi de puiser dans des épisodes datant d'il y a plus de dix ans (fin 1998, début 1999) pour composer cet album consacré aux Vengeurs. Pour beaucoup de fans, qui n'apprécient pas ce qu'a fait Brian Bendis des héros, cette période correspond au dernier "âge d'or" de la série. Il est vrai que le style narratif et la réputation de l'équipe artistique (Busiek et Pérez) ont de quoi séduire.
Pourtant, sans vouloir jouer les rabat-joie, le contenu m'a semblé daté et décevant compte tenu des auteurs. Kurt Busiek est une encyclopédie vivante des comics et l'auteur d'un classique absolu, Marvels (avec Alex Ross) : nul mieux que dans son creator-owned, Astro City, ses qualités ne sont mieux exprimées, réinventant avec génie les canons de DC et Marvel. Dans le cadre d'une production comme les Vengeurs, son sens du spectacle fait merveille, mais son écriture a une naïveté qui peut rapidement lasser : ici, on a affaire à des héros valeureux contre un méchant très méchant et de la castagne non-stop et la résolution du problème posé par le méchant est aussi providentielle qu'expéditive (même si la fin est ouverte). Ce simplisme fonctionne parfaitement dans un dessin animé (comme l'a prouvé Avengers : Earth mightiest heroes), où l'efficacité prime, mais vieillit mal en bande dessinée, à moins de disposer de personnages plus ambigüs. 

Graphiquement, le prologue par Stuart Immonen (dans son style réaliste) est merveilleux et donne envie de voir l'artiste canadien dessiner un jour la série Avengers
George Pérez a été un "cartoonist" culte pour ma génération, grâce à ses épisodes de New Teen Titans et la saga Crisis on infinite earths (tous deux écrits par Marv Wolfman), mais j'ai pendant longtemps arrêté de suivre son travail. Le retrouver à cette occasion m'a désappointé car c'est peu dire que, en dehors de quelques planches bluffantes, il n'a plus le niveau de ses grandes heures. L'encrage de Al Vey n'arrange certes pas les choses (n'est pas Terry Austin, Romeo Tanghal ou Dick Giordano qui veut), mais quand même, ces personnages bizarrement proportionnés, aux expressions grimaçantes, dévorés par des hâchures, ce n'est pas bon et encore moins beau.
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Il n'y a pas grand'chose à dire sur l'épisode d'Avengers King-Size consacré à Jarvis : le scénariste Douglas Noble fait preuve d'une certaine ironie bienvenue mais le contenu est très anecdotique. Quant aux dessins de Nelson, ils sont vraiment très moyens.
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Le mois prochain, le dixième et dernier album de la collection proposera du matériel d'une toute autre qualité puisqu'on pourra (re)lire un des meilleurs arcs des Quatre Fantastiques écrit par Mark Waid et dessiné par Mike Wieringo.

dimanche 4 septembre 2011

Critique 261 : MARVEL LES GRANDES SAGAS 8 - DAREDEVIL, de Frank Miller et David Mazzucchelli

Pour ce 8ème numéro de Marvel Les Grandes Sagas, Paninicomics joue sur du velours en proposant une des meilleures histoires de Daredevil, un authentique classique : l'arc Renaissance (Born Again en vo), écrit par Frank Miller et dessiné par David Mazzucchelli.

J'en avais déjà parlé là :

http://mysterycomics-rdb.blogspot.com/2009/05/critique-daredevil-born-again-de-frank.html

pour dire tout le bien que j'en pensais.

C'est un pur chef-d'oeuvre, indispensable, le genre de récit qui vous prend à la gorge et ne vous lâche plus, un défilé d'épisodes inoubliable. C'est aussi un témoignage à plusieurs niveaux : sur l'Amérique de l'ère Reagan, sur le passage à l'âge adulte des comics mainstream, sur l'état de grâce de Frank Miller (qui écrivait alors comme il n'a plus jamais écrit depuis), sur l'émergence de cet artiste ahurissant qu'est David Mazzucchelli.

Sans Born Again, nous n'aurions certainement pas lu les Daredevil de Brian Bendis et Alex Maleev puis d'Ed Brubaker et Michael Lark. C'est donc une date cruciale dans l'histoire de la série.

Ne manquez pas donc pas cette occasion bon marché de découvrir ce comic-book essentiel - ou si vous voulez faire plaisir à un amateur de bandes dessinées, de l'offrir à un(e) amie(e) !

vendredi 12 août 2011

Critique 250 : MARVEL LES GRANDES SAGAS 7 - CAPTAIN AMERICA, de Mark Waid et Andy Kubert

Marvel : Les Grandes Sagas 7 rassemble les épisodes 9 à 12 du volume 3 de la série Captain America, écrits par Mark Waid et dessinés par Andy Kubert, et l'Annual de 1998, Iron Man/Captain America, écrit par Mark Waid, d'après un synopsis de Kurt Busiek et Roger Stern, et dessiné par Patrick Zircher, publiés par Marvel Comics en 1998 et Janvier 1999.
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Le Cauchemar Americain (Captain America, vol. 3, 9-12) raconte comment Cauchemar, le maître des mauvais rêves, possède plusieurs personnalités symbolisant l'idéal américain pour les pervertir. Il jette son dévolu sur Captain America et tente alors de déclencher une nouvelle guerre mondiale. Le Vengeur étoilé réussira-t-il à résister à cette emprise et sauver le monde d'un conflit nucléaire ?
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Après la saga Heroes Reborn, Marvel confie à sa vedette Rob Liefeld les commandes de la série Captain America. Malgré la popularité de cet auteur (dont la réputation a depuis été, fort heureusement, révisée), c'est une levée de boucliers (facile, certes, mais véridique) de la part des fans qui réclament - et obtiennent le retour du scénariste Mark Waid.
Waid avait en effet repris en main le titre quelque temps avant, en compagnie du dessinateur Ron Garney, et Captain America, dont les ventes étaient médiocres, était redevenu un best-seller.
Les épisodes présentés dans cet album sont donc issus du run de l'auteur et donnent à voir le héros dans des situations très différentes de celles explorées aujourd'hui par Ed Brubaker. Waid embarque en effet Captain America dans une aventure trépidante, dans une veine fantastique, où il n'affronte pas des nazis ou d'autres sinistres comploteurs en relation avec son tortueux passé, mais Cauchemar, qu'on est plus habitué à croiser dans les pages de Dr Strange ou Defenders.
Treize après leur parution, ce récit produit un effet étrange chez le lecteur qui, comme moi, a vraiment appris à apprécier le héros avec ce qu'en a fait Brubaker : ce n'est pas désagrèable à lire mais c'est déroutant. La briéveté de cet arc, ses rebondissements, l'alternance des séquences dans la dimension de Cauchemar et la notre, l'association de Cap avec Sharon Carter (qui donne à l'histoire l'aspect d'une team-up comme dans The Brave and The Bold), tranchent radicalement avec les spy-stories introspectives qu'on lit aujourd'hui dans la revue "Marvel Icons".
J'aime beaucoup Waid, mais je crois que je préfère quand même la version Brubaker, plus noire et réaliste, et certains éléments cosmétiques et narratifs rendent ces épisodes un brin datés, vestiges d'une époque où les comics étaient en pleine mutation après avoir traversé une grave crise commerciale et artistique.

La partie graphique est donc assurée par Andy Kubert, encré par Jess Delperdang. Je n'ai jamais été très fan des fils du légendaire Joe Kubert, même si Andy a un style efficace, qui convient bien au caractère échevelé du script de Waid. Les personnages y sont bondissants, toujours saisis dans l'effort, le trait flirte avec la caricature avec des expressions tour à tour figées et exagérées. Là encore, on sent la marque des 90's, l'école Image, avec des héros musclés, des filles outrageusement sexys et pourtant aussi "couillues" que leurs partenaires, sans parler de méchants grotesques, dont la moindre attitude est outrée.
Tout ça est un poil too much, et n'a pas l'élégance cartoony d'un Wieringo.
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L'Annual met également en scène Cap' avec un partenaire, Iron Man, mais malgré sa prestigieuse réunion de scénaristes - idée de Busiek et Stern (le duo gagnant d'Avengers Forever) et traitement de Waid - l'histoire est très décevante - et le choix de Paninicomics de la présenter très contestable puisque des élements nécessaires à sa bonne compréhension appartiennent plus à Iron Man qu'à Captain America (un comble).
Historiquement, son seul véritable intérêt réside dans le fait qu'elle apprendra aux amateurs que les dissensions philosophiques entre les deux Vengeurs ne datent pas du crossover Civil War, Iron Man y apparaissant déjà comme un manipulateur sécuritariste prononcé et Cap' comme le défenseur absolu des libertés individuelles. Mais sinon, c'est très dispensable.

Les dessins de Patrick Zircher, encrés par Randy Emberlin, sont quant à eux très moyens, à l'image de cet artiste capable de produire des planches parfois fantastiques, parfois affreuses - là, c'est juste quelconque, pas inspiré.
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Un album mitigé, dans une collection qui, elle-même, jusqu'à présent, a été très inégale, mal conçue pour initier des néophytes. Heureusement, le prochain numéro est un vrai grand classique : l'arc Renaissance de la série Daredevil par le mythique tandem Frank Miller-David Mazzucchelli !

vendredi 8 juillet 2011

Critique 246 : MARVEL LES GRANDES SAGAS 6 - HULK, de Bruce Jones et John Romita Jr



Marvel : Les Grandes Sagas 6 est consacré à Hulk et rassemble les 6 premiers épisodes écrits par Bruce Jones et dessinés par John Romita Jr, soit Incredible Hulk (vol. 2) 34-39, publiés en 2002, par Marvel Comics.
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Hulk accusé d'avoir tué un enfant, lors d'un accès de rage au cours duquel il a ravagé une partie de la ville de Chicago, son alter ego, Bruce Banner est en cavale. Son seul contact amical est celui qu'il entretient, sur le Net, avec le mystérieux Mr Bleu, au courant de sa double identité et qui l'avertit des investigations des agents fédéraux. Mais les autorités ne sont pas les seules à traquer Banner : une organisation emploie plusieurs tueurs, certains ayant été ressucités, pour le capturer. Parmi ces assassins, la mère d'un garçon, Ricky Myers, victime présumée du coup de folie de Hulk à Chicago...
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Lorsque Bruce Jones prend les commandes de la série Incredible Hulk en Janvier 2002, il succède au scénariste Peter David, qui a accompli un très long run, acclamé par la critique et le public (il s'est retiré à cause de différents artistiques avec l'éditeur). La transition s'opère à peine quelques mois, qui plus est, après la tragédie, bien réelle, du 11-Septembre et les attentats contre le World Trade Center à New York : cet élément incite Marvel à ne plus trop montrer Hulk comme un personnage détruisant des villes entières pour ne pas rappeler aux lecteurs les méfaits des terroristes.
Pour corser le travail de Jones, un mois après son arrivée sur le titre, Marvel lance l'opération " 'Nuff Said", clin d'oeil à la célèbre expression de Stan Lee, qui impose aux auteurs de signer un épisode entièrement muet.
Malgré ces contraintes (la succession de David, le souvenir du 11/09, l'opération " 'Nuff Said"), Bruce Jones rédige ce premier arc avec une belle maîtrise en faisant explicitement référence à la série télé des années 70 consacrée à Hulk, dans laquelle Bruce Banner était un fugitif parcourant les Etats-Unis en quête d'un remède pour ne plus se transformer. Mais le côté rétro et kitsch a cédé la place une ambiance inquiétante, paranoïaque, dans la veine des romans d'espionnage (comme ce que fait Ed Brubaker). Les dialogues sont laconiques et cela permet à l'épisode " 'Nuff Said" de se dérouler sans ressembler à un exercice de style mais comme un prolongement naturel.
Le plus étonnant, et le plus épatant, c'est que Jones se passe presque totalement de Hulk : sur les 140 pages de cet album, le colosse d'émeraude figure dans à peine 50 cases et le plus souvent partiellement ! La parcimonie avec laquelle il apparaît ne rend que plus percutantes ses interventions.
Reste que, comme beaucoup d'autres recueils de la collection "Marvel : Les Grandes Sagas", il ne s'agit vraiment pas d'un récit idéal pour faire connaissance avec le personnage puisque ses origines sont tout juste mentionnées, sa situation est des plus déroutantes et on le voit vraiment très peu : curieux choix, encore une fois, de la part de Paninicomics...
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La partie graphique est assurée par John Romita Jr, encré ici par Tom Palmer : le style "kirby-esque" de l'artiste sied à merveille à Hulk, qu'il dessine d'une façon impressionnante, qui plus est avec un aspect légèrement modifié - Banner se rasant le crâne pour ne pas être reconnu, son alter ego devient également chauve, ce qui le fait ressembler à un bagnard géant, une sorte d'ogre à la fois fou furieux et mélancolique.
Les séquences, plus nombreuses et calmes, avec Banner, où il faut retranscrire l'oppressante sensation d'un homme persécuté, sont tout aussi réussies, Romita Jr s'appuyant sur un découpage qu'on devine précisèment indiqué dans le script et simple dans sa représentation (avec un usage abondant du "gaufrier" et des effets de travellings tout en finesse).
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Un bel album. Ayant subitement et sans explication reprogrammé la suite de la collection, le prochain tome, consacré à Captain America, par Mark Waid et Andy Kubert, ne sortira que début Août.

vendredi 17 juin 2011

Critique 237 : MARVEL : LES GRANDES SAGAS 5 - WOLVERINE, de Jeph Loeb et Simone Bianchi

Ce 5ème album de la collection Marvel : Les Grandes Sagas consacré à Wolverine rassemble l'intégralité de la saga Evolution, en 6 épisodes, écrite par Jeph Loeb et Simone Bianchi, publiée par Marvel Comics, de Mars à Septembre 2007.
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Je ne peux pas rédiger une critique de ce volume... Pour la simple et bonne raison que je n'ai pas réussi à finir la lecture de cette histoire. En vérité, je n'ai pas pu aller au-delà du premier chapitre, dont la nullité scénaristique et la laideur graphique a eu raison de ma bonne volonté.
Je n'attendais pas grand'chose d'une production écrite par Jeph Loeb, dont je n'ai jamais apprécié le travail. Encore moins des illustrations de Simone Bianchi que j'ai en horreur. Mais les deux ensemble, c'est trop pour moi.

L'honnêteté me conduit donc à ne pas en dire plus car je n'en ai pas lu suffisamment pour délivrer une analyse, même sommaire. C'est l'inconvénient d'une collection comme celle-ci : on n'est pas à l'abri d'une mauvaise surprise.
Vous voilà prévenus : en achetant ça, accrochez-vous, c'est très mauvais et très laid.
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Rendez-vous donc pour le 6ème album avec Hulk par Bruce Jones et John Romita Jr - mais pas avant Juillet, Panini ayant décalé les sorties des prochains livres au point que la collection qui devait se terminer mi-Août prendra fin en... Novembre !

mercredi 25 mai 2011

Critique 233 : MARVEL : LES GRANDES SAGAS 4 - X-MEN, de Ed Brubaker et Trevor Hairsine


Ce quatrième volume de la collection "Marvel : Les Grandes Sagas" est consacré aux X-Men et reprend la saga Genèse Mortelle (Deadly Genesis, en vo), écrite par Ed Brubaker et dessinée par Trevor Hairsine, publiée par Marvel Comics de Janvier à Juillet 2006.
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Qui est ce mystérieux et puissant mutant qui, surgi de nulle part, en veut tant au Professeur Xavier ? La réponse se trouve dans le passé du mentor des X-Men, et plus précisèment lorsque ses premiers élèves (Cyclope, Marvel Girl, le Fauve, Iceberg, Angel, Havok et Polaris) furent pris au piège sur l'île vivante de Krakoa. La version officielle de l'Histoire prétend que pour les libérer, Charles Xavier recruta une nouvelle équipe, cosmopolite (avec Wolverine, Diablo, l'Epervier, le Hurleur, et Tornade). Mais Moira MacTaggert entraînait elle aussi de jeunes mutants dont le Pr X n'hésita pas à se servir comme de la chair à canon. Et aujourd'hui, l'un d'entre eux réclame vengeance...
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Ce récit en six parties tient une place à part pour moi car il fait partie des premiers que j'ai découvert en revenant aux comics super-héroïques après m'en être longtemps éloigné. C'était en 2007 dans les pages de la revue "Astonishing X-Men" et ce fut une lecture mémorable car elle faisait référence à une autre histoire, un grand classique, Uncanny X-Men King-Size 1, écrit par Len Wein et Chris Claremont et dessiné par Dave Cockrum, à l'origine de la relance triomphale de la série en 1976.
Ed Brubaker a imaginé une "retcon" astucieuse : il a profité d'un espace narratif dans la continuité des X-Men pour réécrire l'histoire et introduire de nouveaux personnages tout en rendant le Pr X responsable d'une odieuse manipulation. Dans cette révision du passé, l'équipe moderne a été précédée par un groupe d'élèves dirigé par Moira MacTaggert et sacrifié par Charles Xavier pour tenter de sauver ses premiers disciples.
Le procédé même de la "retcon" est sujet à débat puisqu'il s'agit au mieux d'enrichir la mythologie d'une série, au pire d'y intégrer des éléments qui risquent de ne pas être exploités par la suite. Dès lors, on peut s'interroger : pourquoi revenir sur le passé au lieu de se concentrer sur le présent ? Brubaker a néanmoins créé avec Vulcan un méchant accrocheur, dont on comprend le ressentiment, dont la réapparition ébranle les X-Men, et le scénariste développera son histoire dans un arc de douze épisodes, L'avènement et la chute de l'empire Shi'ar (The rise and fall of the Shi'ar empire, en vo), inégal mais ambitieux, avant que Vulcan ne soit utilisé par le duo Andy Lanning-Dan Abnett dans leurs sagas cosmiques.
Les deux autres additions notables à Genèse mortelle sont le personnage de Darwin, autre survivant de cette génération intermédiaire,dont le pouvoir est très original, et l'exclusion du Pr X, privé de ses pouvoirs à la suite de House of M - ce dernier fait a conduit Cyclope à devenir le véritable nouveau leader de la "mutanité".
Ces épisodes restent assez plaisants à la relecture, l'intrigue est efficace avec une vraie progression dramatique, malgré un affrontement final un peu expédié.
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Graphiquement, en revanche, le résultat est beaucoup plus inégal. La faute en incombe à Trevor Hairsine : après avoir dessiné le premier épisode, il n'a plus livré que des layouts (des planches à peine esquissées, voire incomplètes) et laissé à plusieurs encreurs successsifs (comme Kris Justice, Scott Hanna ou Mike Perkins) le soin de terminer les pages, parce que sa femme attendait leur premier enfant et qu'il n'a pas supporté la pression des délais d'un côté et de sa future paternité de l'autre. Une attitude bien peu professionnelle de la part d'un artiste que Joe Quesada présentait comme une des futures vedettes de Marvel, et dont la carrière depuis n'a fait que confirmer l'irrégularité.
C'est d'autant plus dommage que le premier épisode promettait beaucoup (sans être grandiose toutefois) et que les autres ne sont ensuite, au mieux, que moyens, avec des personnages aux expressions crispées, dans un découpage paresseux, aux finitions quelconques.
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Prochaine parution de cette collection : Wolverine par Jeph Loeb et Simone Bianchi (autant dire que ça ne risque pas d'être fôlichon)...

dimanche 15 mai 2011

Critique 231 : MARVEL - LES GRANDES SAGAS 3 : IRON MAN, de Warren Ellis et Adi Granov


Ce troisième album de la collection "Marvel : Les Grandes Sagas" est aussi le premier à proposer une seule histoire complète - et pas des moindres : c'est une histoire qui a fait date, puisqu'elle rassemble les 6 premiers épisodes du volume 4 de la série Iron Man, écrits par Warren Ellis et illustrés par Adi Granov, publiés par Marvel entre Janvier 2005 et Mai 2006.
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Tony Stark est un homme d'affaires richissime et un futurologue : il a construit l'armure d'Iron Man après avoir été la cible de terroristes en Afghanistan et est devenu un super-héros. Mais sa position est ambiguë : il veut à la fois pacifier le monde tout en faisant commerce d'armes, fournissant l'armée et le contre-espionnage. A l'époque où il a commencé à mener, en secret, sa double vie, il a également rencontré Maya Hansen, une brillante scientifique étudiant la formule du super-soldat (qui a engendré Captain America) : aujourd'hui, elle a mis au point l'Extremis, un concentré bioélectronique dopant le métabolisme, mais encore expérimental. Ce sérum a été vendu par le Dr Aldrich Killian de Futurepharm à un terroriste, Mallen, dont la famille a été exécutée par les agents fédéraux et qui veut se venger. Iron Man pourra-t-il le vaincre ? Et si oui, à quel prix ?
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La conception de cette histoire en six parties a marqué d'une pierre blanche la série Iron Man, non seulement parce qu'elle en inaugurait le quatrième volume, mais aussi par la qualité de son équipe créative et la durée de sa réalisation. Marvel a laissé le temps à Adi Granov, dont la technique graphique est laborieuse, de travailler : commencés en Janvier 2005, ces épisodes n'ont été achevés qu'un an et demi après, en Mai 2006 !
Commençons, une fois n'est pas coutume, par parler justement de Granov : adepte du style photo-réaliste, ses planches sont saisissantes, mélangeant des photos retouchées, des dessins peints numériquement, mais si cette méthode est bluffante quand il s'agit de représenter le héros en armure (à tel point que ses designs seront réutilisés pour l'adaptation cinématographique d'Iron Man, réalisé par Jon Favreau, avec Robert Downey Jr), le résultat est plus mitigé lorsqu'il s'agit de personnages ordinaires. De fait, le rendu est un peu froid, désincarné, les postures sont raides, l'expressivité des personnages limitée (quand bien même Granov s'est visiblement inspiré de Tom Cruise pour son Tony Stark).
Depuis Granov se consacre exclusivement à son activité de designer et de cover-artist, sans que ses productions soient plus vivantes.
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Le choix de Warren Ellis pour la rédaction du scénario est une évidence : l'auteur de Planetary est en effet obsédé par les rapports entre la technologie et l'homme/surhomme. On retrouve ce thème dans cette histoire où Stark est à la croisée des chemins, s'interrogeant sur son rôle de marchands d'armes, affrontant un adversaire modifié scientifiquement, et décidant de se transformer radicalement pour le terrasser. Jamais plus le personnage ne sera le même après cette saga.
Ellis alterne chapitres rythmés et séquences plus calmes, mais sa décompression narrative dont il a été le praticien le plus emblématique de sa génération (en faisant une sorte de "parrain" des Millar, Bendis, Brubaker et compagnie) ne fonctionne jamais aussi bien que lorsqu'il l'emploie dans des projets personnels. Ici, il exécute une commande sans beaucoup s'y investir et en devant respecter le cadre d'un héros qu'il ne peut pas révolutionner profondèment. Ce n'est pas désagrèable, mais impersonnel et inégal, parfois redoutablement efficace, parfois terriblement banal.

Un album important malgré ses faiblesses. A suivre : X-Men : Deadly Genesis par Ed Brubaker et Trevor Hairsine...

mercredi 27 avril 2011

Critique 224 : MARVEL : LES GRANDES SAGAS 2 - THOR, de Dan Jurgens et John Romita Jr



Après l'album consacré à Spider-Man, et alors que vient juste de sortir en salles son adaptation cinématographique (réalisée par Kenneth Branagh, avec Chris Hemsworth), le deuxième volume de la collection des "Grandes Sagas Marvel" est logiquement dédié à Thor.
Le livre contient deux histoires : la première porte sur les 4 premiers épisodes du volume 2 de la série The Mighty Thor, écrite par Dan Jurgens et dessinée par John Romita Jr, datant de Juillet à Octobre 1998 ; la seconde est un one-shot écrit et dessiné par Alan Davis, publié en Décembre 2008.
Le run de Dan Jurgens a commencé après le crossover Onslaught initié par Jim Lee et Rob Liefeld, à l'époque où ils étaient les deux artistes-vedettes de Marvel : dans cette saga, tous les héros Marvel affrontaient une entité surpuissante qui les exilait dans une dimension parallèle, laissant émerger dans l'univers 616 classique de nouveaux personnages (dont les plus célèbres restent les Thunderbolts). Mais les retards pris par Lee, Liefeld et consorts dans la réalisation des nouveaux titres ainsi qu'un mauvais accueil du public face à cette révolution a convaincu l'éditeur à faire marche arrière et à ramener sur le devant de la scène tous ses héros exilés. C'est ainsi que Thor a profité de l'occasion pour faire son retour, mais Dan Jurgens réserva quelques surprises de taille aux lecteurs comme on le découvre dès les épisodes repris dans ce recueil.
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- Thor (vol.2) 1-4 : A la recherche des dieux - En parlant du diable - Un dieu, un homme - Cendres et poussières.
Ces quatres chapitres développent deux récits en deux actes chacun : d'abord, Thor et les Vengeurs doivent affronter une nouvelle incarnation du terrible Destructeur, la création d'Odin pour contrer les Célestes. La bataille est si rude que Thor est d'abord vaincu et échoue en Hel, au royaume d'Héla, la déesse nordique des enfers. Mais l'énigmatique et puissant Marnot le tire de là pour également sauver le secouriste Jake Olson - dont, comme il le découvre ensuite, le dieu du tonnerre va devenir l'alter ego...
Ensuite, Thor a affaire à Sedna, une sirène, tout près de l'asservir si Namor ne s'en mêlait. Pendant ce temps, dans Asgard dévastée (toujours à la suite de la lutte contre Onslaught), Majest Zelia, Perrikus et Adva , qui détiennent Odin, préparent leur attaque contre la Terre, à l'insu du dieu du tonnerre...

- Thor : Vérité historique est un épisode réalisé dix ans après mais qui se déroule en marge de la continuité. C'est une amusante visite de Thor et les 3 Guerriers (Fandral, Hogun et Volstagg) dans l'Egypte des Pharaons, où l'origine du Sphinx de Gizeh est réécrite avec fantaisie et beaucoup d'action.
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Si, comme pour le recueil précédent, les épisodes choisis par Panini pour soi-disant initier des néophytes au personnage de Thor avec la sortie du film est très discutable, étant donné les libertés qu'avait prises Jurgens avec le héros, il n'en demeure pas moins que la découverte de ces chapitres est très distrayantes.
Dan Jurgens donne la part belle à l'action dans ses scénarios survitaminés où les affrontements spectaculaires se succèdent à toute allure et les rebondissements et les subplots abondent. Le fait (peut-être) le plus notable est que l'alter ego de Thor n'est plus Donald Blake mais l'infirmier Jake Olson, ce qui constitue un clin d'oeil savoureux à la romance entre Blake et Jane Foster (qui apparaît fugacement) depuis les origines de la série. Le scénariste donne à la personnalité de Thor le premier rôle quelle que soit son enveloppe puisque, même après que Marnot l'ait soustrait des griffes d'Héla, le dieu du tonnerre continue de s'exprimer dans le corps de son hôte mortel et doit, en conséquence, improviser avec la vie de ce dernier, qui a une liaison avec une mère de famille et est manipulé, à son insu, par son collègue Demetrius.
Jurgens intègre également dès le début à la série des guest-stars puisque les Vengeurs puis Namor combattent aux côtés de Thor dans ces quatre épisodes. Là où les décisions éditoriales de Panini sont plus frustrantes, c'est quand on découvre les subplots introduits par le scénariste, concernant les plans de Demetrius, de Sedna, de Majest Zelia, encore en suspens à la fin de ces quatre épisodes : pour connaître la suite, il faut se procurer des exemplaires de la défunte revue "Marvel Elite" où fut publiée la série...

John Romita Jr assure la partie graphique : un choix qui coule de source tant l'influence de Jack Kirby est devenue manifeste dans le style de l'artiste. Il sait donner à Thor toute la puissance que requiert ces épisodes et ses scènes de baston sont d'une énergie décoiffante. Klaus Janson encre ceci avec beaucoup plus de soin (même si ce n'est pas du grand Janson - mais Janson est-il encore capable d'être grand ?) que sur Avengers où il a retrouvé JR Jr. Enfin, la colorisation de Gregory Wright est également parfaite.
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Le one-shot d'Alan Davis ne restera pas dans les mémoires comme d'autres comics du maître anglais, mais il a le mérite d'être très amusant et punchy, délicieusement anachronique, ironiquement révisionniste, comme quand Stan Lee s'employait à revisiter l'Histoire.

C'est surtout pour ses (toujours) admirables dessins, encrés par Mark Farmer, que Davis nous régale : ses planches ont une vigueur incomparable dont la pleine mesure éclate dans les scènes de combat (ici, Thor contre le Griffon géant cracheur de feu). C'est un beau bonus pour cet album déjà très tonique.
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Un recueil revigorant : à suivre, dans deux semaines, Iron Man par Warren Ellis et Adi Granov.

mardi 26 avril 2011

Critique 223 : MARVEL : LES GRANDES SAGAS 1 - SPIDER-MAN, de J. Michael Straczynski et John Romita Jr

Alors que de nombreuses adaptations cinématographiques de comics Marvel vont sortir en salles (Thor, Captain America, X-Men : First Class, Avengers...) dans les prochains mois, Panini propose aux amateurs et aux connaisseurs une nouvelle collection de dix livres (assortis à chaque fois d'un fascicule reprenant la mini-série Marvels de Kurt Busiek et Alex Ross) en format softcover de 144 pages.
Le premier volume met évidemment en vedette Spider-Man, dont une nouvelle version filmée vient d'être tournée (réalisée par Marc Webb, avec Andrew Garfield, sortie prévue le 4 Juillet 2012), et reprenant les épisodes 57-58-500-501-502 du run de J. Michael Straczynski et John Romita Jr, datant d'Octobre 2003 à Février 2004.
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- Joyeux Anniversaire (1-3) est un récit se situant après la découverte de la double identité de Peter Parker par sa tante May. Assistant, une nuit d'orage, à l'invasion de New York par les sans-esprits (les lecteurs de Nextwave se souviendront de ces créatures auxquelles Ellis et Immonen faisaient subir un sort hilarant), Spider-Man rejoint dans la bataille les 4 Fantastiques, Iron Man, Thor, Cyclope et Dr Strange. Le sorcier suprême comprend qu'il s'agit d'une manoeuvre de Dormammu pour contrôler cette dimension, mais dans le feu du combat, Spidey trouble Strange et doit faire face à la fois à son passé et à son futur - l'occasion de croiser ses pires ennemis et de revivre des choix douloureux...

- Un samedi au parc avec May met en parallèle les doutes qui assaillent la tante de Peter Parker depuis qu'elle a appris qu'il était Spider-Man, tout en sachant qu'elle ne peut rien faire pour qu'il change de vie.

- Vous prendrez bien un pantalon avec ça ? présente la rencontre entre Spidey et le tailleur Leo Zelinsky qui travaille à la fois pour repriser les vêtements de super-héros et de super-vilains - rencontre dont le dénouement renvoie le Tisseur à une des scènes du futur qu'il a vue lors de son voyage dans le temps durant le combat entre Dormammu et Dr Strange.
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A ces 5 épisodes, s'ajoutent deux courts chapitres dispensables (Le fils de mon frère et Si j'étais Spider-Man), des back-ups du n° 600 de la série, dont on se demande ce qu'ils font là, si ce n'est complèter le sommaire pour que l'album compte 144 pages...
Les histoires du duo JMS-JR Jr ont marqué une étape dans la publication du titre puisque Marvel décida à l'époque de renuméroter la série en effaçant le volume 2 et en la reprenant au n°500 - ce qui donna lieu à un épisode exceptionnel de 30 pages (dont les quatre dernières dessinées par John Romita Sr).
Comme d'habitude avec JMS, l'histoire, même si elle n'est pas avare en action, fournit le prétexte à une réflexion subtile sur la condition de héros et la situation de Peter Parker. Auparavant, le scénariste avait osé ce qu'aucun avant lui n'avait écrit - May découvrant la double vie de son neveu - et cela allait impacter durablement la série, comme en témoigne Un samedi au parc avec May.
Mais Straczynski en profite aussi pour s'amuser avec la chronologie de la série, en revenant sur des séquences mémorables et en en montrant d'autres dans un des futurs possibles : on y voit un Tisseur vieilli, devenu fugitif, affrontant la police et même trouver la mort. Bien qu'il soit resté six ans sur le titre, ce genre d'anticipations prouvait que JMS avait des projets à très long terme pour le personnage - malheureusement, son run s'achèvera à cause d'un caprice d'éditeur (Joe Quesada ne supportant plus le mariage de Peter et MJ Watson) et depuis la série a perdu beaucoup de son intérêt.
Néanmoins, le choix de ces épisodes, pourtant agrèables, ne constitue pas le sommet de la période Straczynski et reste discutable pour initier de nouveaux lecteurs. Panini serait plus inspiré de rééditer tout ça dans une vraie collection consacrée au lieu de disséminer ça au gré de best-of désordonnés.
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John Romita Jr, parfaitement encré par Scott Hanna (un partenaire qui le met bien mieux en valeur que Klaus Janson) et mis en couleurs par Matt Milla (là aussi pour un bien meilleur résultat que Dean White), y livre des planches d'une énergie folle, qui donne un rythme infernal à ces épisodes. Et, au milieu de tout cela, il y a des double-pages proprement ahurissantes, sur lesquelles il faut s'attarder pour en profiter pleinement.
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Prochain album de ces "Grandes Sagas" : Thor par Dan Jurgens et (encore) Romita Jr. A suivre donc.