Affichage des articles dont le libellé est MCU. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est MCU. Afficher tous les articles

mardi 16 janvier 2024

ECHO : les débuts de Marvel Spotlight

Ce qui suit ne contient pas de spoilers !

 

2007. Maya Lopez est victime d'un accident de la route qui lui vaut d'être amputée de la jambe droite et qui coûte la vie à sa mère Taloa. Sa grand-mère, Chula, ne pardonne pas à son père, William, ses mauvaises fréquentations et il part avec sa fille pour New York où il devient un des hommes de main de Wilson Fisk. Ronin tue William et Fisk prend Maya sous son aile, lui promettant de lui livrer l'assassin de son père. Formée au combat, elle a l'occasion d'affronter Daredevil, ce qui lui vaut l'admiration du Caïd.

 


Mais quand elle croise le route de Clint Barton, elle comprend que Fisk a sacrifié William. Elle tire à bout portant sur celui qu'elle considère comme son oncle et prend la fuite. De retour à Tamaha, dans l'Oklahoma, où elle est née, Maya s'assure la complicité de Biscuit, un ami d'enfance, et de Henry, son cousin, pour déclarer la guerre aux sbires du Caïd sans savoir qu'il a survécu.
 

Bientôt, Fisk resurgit dans la vie de Maya avec une offre : rentrer avec lui à New York pour devenir son héritière. Elle refuse et expose alors sa famille et ses proches à un conflit avec le Caîd tout en découvrant ses racines choctaw...


Maya Lopez est apparue pour la première fois dans les pages de Daredevil #9 en 1999 et a été co-créée par David Mack et Joe Quesada. Par la suite, Brian Michael Bendis, ami de Mack, utilisera l'héroïne cheyenne et sourde dans sa série New Avengers puis elle fera son entrée dans le MCU à la faveur de la série Hawkeye de 2021.

Aujourd'hui, Echo a droit à son propre show, mais il a connu une production difficile et une sortie en catimini. Disney + a choisi de mettre en ligne ses cinq épisodes d'un seul coup (comme c'est l'usage sur Netflix) : une curieuse façon d'inaugurer le label "Marvel Spotlight" qui a pour ambition de livrer ses séries moins dépendantes de la continuité et au contenu plus adulte, avec une violence plus prononcée.


Même si j'ai beaucoup apprécié Hawkeye, je sais que ce n'est pas le cas de grand-monde et donc on peut légitimement s'étonner que Maya Lopez ait eu droit à sa propre histoire. On peut s'en étonner d'autant plus que le personnage n'a rien de vraiment sympathique et que ces cinq épisodes ne vont pas changer le regard que les téléspectateurs porteront sur elle. Et pour peu qu'on soit curieux des coulisses, on apprendra que cette saison (qui n'appelle pas de suite et n'en aura certainement pas) a subi de nombreuses et profondes réécritures (comme en témoigne l'épisode 2 avec pas moins de six auteurs crédités !).

En considérant tout cela, Echo a tout de l'objet devenu encombrant et on peut douter que le résultat soit concluant. Effectivement, ce n'est pas tout à fait abouti, mais ce n'est pas non plus désastreux et c'est, en soi, un miracle. 


On appréciera d'abord l'effort porté pour rendre le personnage accessible à ceux qui n'ont pas suivi Hawkeye (et a fortiori dans les comics où elle figurait). On sait que David Mack a veillé au grain et a il semble que cela ait limité les dégâts. L'intrigue est minimale et le premier épisode sert avant tout à contextualiser ce qui suit : on a droit à un rappel des faits en bonne et due forme, depuis l'enfance de Maya jusqu'à sa tentative de meurtre contre Wilson Fisk, telle que déjà vue dans Hawkeye. Entre temps on la voit affronter Daredevil (une scène très courte, qui frustrera donc beaucoup ceux qui espéraient voir l'homme sans peur après l'affligeant She-Hulk et avant Born Again) puis s'expliquer avec Clint Barton (là encore des stock shots de Hawkeye plutôt adroitement intégrés).

Puis ensuite l'action se déplace dans une bourgade de l'Oklahoma, Tamaha, berceau de la tribu indienne choctaw. Chaque chapitre s'ouvre de manière déroutante par un flashback mettant en scène une ancêtre de Maya, depuis Chafa une créature mythologique qui s'est incarnée dans notre dimension jusqu'à Taloa sa mère. Sans grande nuance, le message s'éclaircit à la fin : Maya est l'héritière d'une longue lignée de femmes fortes présentant chacune une qualité rare dont elle a reçue une part comme un lointain écho.

Etrangement, la série qui compte seulement cinq épisodes prend son temps et se montre avare en action. Il s'agit plutôt de ponctuations spectaculaires comme quand Maya piège une cargaison d'armes à destination des hommes du Caïd dans un train en marche la nuit. Ou alors quand elle rosse une bande de truands venus lui réclamer des comptes dans la patinoire de son cousin Henry. Ou encore une dernière fois à la fin quand elle confronte Fisk et ses sbires (un beau final, même si un peu trop vite expédié).

Le reste du temps, Echo prend surtout soin de traiter l'héritage indien de son héroïne et on notera le soin apporté au récit de cette généalogie, avec des costumes fidèles en tout point, le folklore abordé sans caricature, la sobriété concernant l'aspect fantastique. Et en fait on comprend à quoi fait penser cette série.

J'ai eu l'occasion l'an passé de dire tout le bien que je pensais de Shang Chi et la légende des dix anneaux, film que j'avais zappé à sa sortie avant de me décider à le visionner. Il me semblait que le MCU tenait là une alternative à exploiter pour se renouveler, en misant moins sur des enjeux démesurés que sur des personnages inattendus, solidement ancrés dans des recoins de l'univers Marvel inexplorés - une voie en vérité ouverte par James Gunn et sa manière d'adapter Les Gardiens de la Galaxie, d'autres outsiders.

Si Echo n'a ni les moyens de ces deux longs métrages et a visiblement posé des problèmes en production et post-prod', il suit les traces de Shang Chi avec son héroïne dure à cuire, obligée d'assumer ce qu'elle est, d'où elle vient, en s'imposant par la force contre une figure paternelle tyrannique (Xen Wenwu et Wilson Fisk sont tous les deux des hommes de pouvoir qui en abusent face à leurs enfants, naturels ou non).

Ce qui rend Maya Lopez plus difficile à cerner, c'est, non pas ses handicaps (son infirmité physique et sa surdité), mais son intransigeance et sa témérité avant qu'elle embrasse le passé de ses ancêtres. Toute la dichotomie entre son expérience de tueuse et le don de guérisseuse de sa mère lui donne une ambivalence intéressante, même si le format de la série (avec des épisodes n'excédant jamais les 40') mutile la nuance. Si le MCU ne traversait pas une sorte de crise existentielle, on aurait pu avoir une saison moins rapide, avec peut-être un épisode de plus ou des épisodes moins rapides (dont le dernier aurait grandement profité), et le personnage lui-même aurait pu avoir un futur.

C'est assez injuste pour Alaqua Cox, véritable révélation quand on pense qu'il s'agit de son premier rôle : sa présence, son charisme détonnent et elle s'impose sans jamais chercher à se rendre aimable - une vraie performance. Entourée de seconds rôles solides (parmi lesquels le vétéran Graham Greene, dans un rôle de camelot très malicieux), elle tient surtout admirablement le choc face à l'imposant Vincent d'Onofrio, toujours aussi flippant en Wilson Fisk, qui, dès qu'il apparaît, vous fait frissonner d'effroi.

Echo est donc une série un peu bancale mais non dénuée de qualités. Ses maladresses lui confèrent justement un côté brut de décoffrage, à l'image de son actrice principale. Ce show met aussi en lumière ce que les séries Marvel sur Disney + ont vraiment besoin, à savoir d'un showrunner et d'un investissement (financier et créatif) à la mesure de leur propos - sans quoi, de ce côté-là aussi, la déception des fans sanctionnera durement cette partie du MCU.  

lundi 1 janvier 2024

WHAT IF...? revient en meilleure forme

 

Deux ans après une première salve d'épisodes qui m'avait laissé sur ma faim, j'étais méfiant à l'heure de me lancer dans le visionnage des neuf chapitres de la saison 2 de What if...?. Disney + ne semblait pas non plus très confiant puisque les épisodes ont été mis en ligne à raison d'un par jour depuis le 22 Décembre, comme si la plateforme de streaming voulait se débarrasser du paquet. Et pourtant, non seulement c'est plus réussi, mais surtout une saison 3 est déjà en production.


- Et si... Nebula avait rejoint le Corps des Nova ? - Après la victoire de Ronan l'accusateur kree contre Thanos, Nebula est recrutée par Nova Prime pour intégrer le Corps des Nova. Cinq années ont passé et elle doit enquêter sur l'assassinat de Yondu Udonta. Elle découvre qu'il était en contact avec des kree dont la planète Xandar se protège derrière un bouclier. Pour en savoir plus, Nebula fait libérer Yon-Rogg mais celui-ci la trahit pour le compte de Nova Prime qui veut livrer Xandra à Ronan. Nebula obtient alors le renfort de Howard le canard, Groot et Korg pour l'en empêcher...


- Et si... Peter Quill avait attaqué les héros les plus puissants de la Terre ? - Enlevé par Yondu Udonta, Peter Quill est livré à son père, le Céleste Ego. De retour sur Terre six mois après, Peter a pour mission de planter la graine cosmique qui permettra à son père de contrôler la planète. Howard Stark et Peggy Carter rassemble une équipe composée de Hank Pym/Ant-Man, Bill Foster/Back Goliath, Wendy Lawson/Captain Marvel, T'chka/Black Panther, Bucky Barnes/Winter Soldier et Thor pour le contrer. Pym raisonne l'enfant mais les héros doivent ensuite affronter Ego...
 

- Et si... Happy Hogan avait sauvé Noël ? - Justin Hammer attaque la Tour Stark le soir de Noël avec le projet de dérober un échantillon du sang de Hulk. Livré à lui-même, Happy Hogan le récupère et se l'injecte par accident. Les Avengers interviennent et s'en prennent à lui avant de comprendre la responsabilité de Hammer...


- Et si... Iron Man avait détrôné le Grand Maître ? - Après la bataille de New York, Iron Man ne réussit pas à échapper au néant et il est projeté sur la planète Sakaar. Le Grand Maître l'invite alors à assister à une course à mort. Mais Tony Stark n'apprécie pas le spectacle ni son hôte et entreprend d'évincer le Grand Maître avec l'aide de Valkyrie, Korg et Gamora, qui veut le livrer à son père Thanos...
 

- Et si... Captain Carter affrontait L'Hydra Stomper ? - Peggy Carter sauve Bucky Barnes, devenu le chef du S.H.I.E.L.D., d'un attentat commis par Steve Rogers. Avec Black Widow, elle le neutralise et le transporte en lieu sûr. Black Widow devine qu'il a subi un lavage de cerveau par la Chambre Rouge. Stev, revenu à lui, accepte de les y mener mais elles tombent dans un piège...


- Et si... Kahhori avait refaçonné le monde ? - Le Ragnarok a fait échouer le tesseract d'Odin dans un lac sur Terre à l'époque de l'Amérique précoloniale. Les conquistadors espagnols arrivent sur place, persuadés d'y trouver le fontaine de jouvence. Kahhori, une jeune indienne, tombe dans le lac en cherchant à leur échapper et atterrit dans une dimension parallèle peuplée de mohawks portés disparus et pourvus de pouvoirs. Refusant de profiter de ce paradis, elle retourne sauver les siens...
 

- Et si... Hela avait trouvé les 10 Anneaux ? - Bannie par Odin, Hela, la déesse de la mort, dépossédée de ses pouvoirs, se retrouve dans le Japon médiéval où elle croise la route de Xen Wenwu. Il lui propose une alliance mais elle préfère fuir et découvre le village mythique de Ta Lo. Elle change au contact des habitants du lieu. Mais Odin décide de rechercher Hela, perdue de vue par Heimdall. Elle le défie alors avec Xen Wenwu...
 

- Et si... Les Avengers s'étaient rassemblés en 1602 ? - Peggy Carter a été projetée au début du XVIIème siècle par la Sorcière Rouge pour aider le roi Thor à résoudre des incursions inter-dimensionnelles. Mais face à son échec, il veut la jeter en prison. Elle fuit et s'allie d'abord au chercheur Tony Stark puis au brigand Steve Rogers. Tandis que Stark invente une machine, Rogers dérobe le sceptre de Thor. La magie de la Sorcière Rouge va permettre de découvrir qui est responsable des incursions...
 

- Et si... Le sorcier suprême était intervenu ? - Doctor Strange fait appel au Captain Carter pour pièger Kahhori qui accuse d'avoir ravagé une Terre parallèle. Mais l'indienne révèle à Peggy que Strange capture les héros les plus puissants de toutes les dimensions avec le projet de siphonner leurs pouvoirs et de recréer son monde et d'y retrouver Christine Palmer, son amour perdu. Les deux femmes s'allient pour contrarier le sorcier suprême...

Il est simple de résumer ce qui m'avait déplu dans la première saison de What if...? qui se résumait trop à un jeu de chaises musicales dans lequel les scénaristes remplaçaient trop souvent un personnage par un autre dans le rôle qu'on lui connaît dans les comics ou le MCU.

Ce petit jeu était vite lassant et les combinaisons proposées n'avaient rien de folichon. Deux ans après, le MCU s'est égaré dans ses histoires de multivers où, hormis la série Loki, tout le monde a échoué à rendre ce concept passionnant. Ajoutez à cette faillite le renvoi récent, suite à son procès pour violences conjugales pour lequel il a été condamné, de Jonathan Majors/Kang, et des résultats au box office en berne (excepté pour Spider-Man, Doctor Strange et Les Gardiens de la Galaxie). Le bilan est terrible pour Kevin Feige qui avait tout misé sur un univers partagé intégral entre films et séries télé.

Dans ces conditions, qu'attendre d'une nouvelle saison de What if...? , production qui repose complètement sur le concept du multivers ? Oh, ça ne pouvait pas être pire que la première saison, mais ce n'est pas avec ce genre de mantra qu'on donne envie aux fans. Et le pire, c'est que Disney + semblait presque embarrassé par ces neuf nouveaux épisodes puisque la plateforme de streaming a choisi de les diffuser en rafale, à raison d'un par jour depuis le 22 Décembre dernier.

Et pourtant, miraculeusement, cette saison 2 est bien meilleure que la précédente et figure même parmi les meilleures projets initiés pour Disney + d'après les comics Marvel (rejoignant les réussites que furent Loki saisons 1 et 2, WandaVision, Hawkeye, Werewolf by Night).

Expédions tout de suite le seul vrai reproche que je ferai à cette nouvelle salve et qui concerne son esthétique sur le plan de l'animation. Je trouve qu'il aurait été avisé de proposer des designs plus audacieux à chaque épisode plutôt que de s'en tenir à un même style sur toute cette saison. En la matière, on a vu que le Spider-verse de Sony ne faisait pas peur au public avec son animation rythmé et ces changements graphiques. Si le deuxième film (Across the Spider-verse) m'a personnellement fatigué en abusant de ces parti-pris, je pense que, disséminé sur neuf épisodes de 25 minutes, cela aurait été plus pertinent.

Néanmoins, je ne veux pas jouer les grincheux pour commencer 2024 et l'ensemble est quand même visuellement très bien. Et lorsque la forme et le fond culminent, on a droit à une authentique pépite : il s'agit du sixième épisode, Et si... Kahhori avait refaçonné le monde ?.

Ce chapitre est le plus réussi de la collection. D'abord parce qu'on y fait la connaissance d'un personnage original, jamais vu auparavant, une amérindienne qui va se trouver investie de pouvoirs immenses et les employer pour une cause juste. Le contexte historique fait preuve d'un retour d'expérience épatant puisqu'on revient sur la colonisation par les espagnols de l'Amérique au XVème siècle.

Le scénario ne prend pas de pincettes pour évoquer les massacres commis par les conquistadors ni, avant leur arrivée, pour montrer l'existence paisible, en communion avec la nature, des indiens qui allaient être réduits en esclavage ou décimés. Lorsque le fantastique s'immisce dans le récit, on a droit à un passage enchanteur dans le monde du ciel qui s'avère une cage dorée où ceux qui y vivent ont honteusement oublié leur passé, ceux qui sont restés derrière eux, à la merci des soldats envoyés par la reine Isabelle d'Espagne.

Il semble que cet épisode fasse l'unanimité puisque, si on en croit les retours sur les réseaux sociaux, beaucoup pensent que Kahhori existait auparavant ou en tout cas mériterait de figurer dans les comics. Ce ne serait que justice. Mais encore faudrait-il lui trouver une série et surtout un auteur capable de l'écrire aussi bien car exploiter ce personnage seulement pour surfer sur sa popularité aboutirait inévitablement à un triste gâchis.

Le reste, à savoir les huit autres épisodes, varie en qualité, c'est immanquable. Ainsi le premier (avec Nebula dans le Corps des Nova), le troisième (avec Happy Hogan le soir de Noël) et le quatrième (avec Tony Stark face au Grand Maïtre) se regardent sans ennui mais sans passion. C'est sympathique mais guère palpitant et on craint alors de retomber dans les travers de la saison 1.

Le deuxième (avec Peter Quill), et le cinquième (avec la Chambre Rouge) sont un cran au-dessus, surtout grâce à la prime donnée à l'action. On savoure des scènes mouvementées au service d'intrigues efficaces. Surtout à partir de l'épisode 5, on remarque que le Captain Peggy Carter devient le fil rouge de la saison puisqu'elle figure dans trois chapitres. La série se feuilletonise et prend de l'épaisseur et de l'ampleur, ce qui est très encourageant.

Je suis également content d'avoir pu voir Shang Chi et la légende des 10 anneaux avant cette saison 2 de What if...? car, sans ça, pas sûr que j'aurai apprécié autant l'épisode 7 où Hela rencontre Xen Wenwu et où les dix anneaux sont justement évoqués. Ce mash-up entre l'univers d'Asgard et celui du père de Shang Chi à l'époque du Japon médiéval est curieux mais vraiment pas désagréable, et surtout formellement superbe.

Les deux derniers épisodes forment un diptyque sans en être vraiment un : le Doctor Strange déjà vu dans la saison 1, dévoré par la perte de son amour, Christine Palmer, sert de lien entre les deux chapitres où Peggy Carter fait elle aussi l'expérience d'un deuil impossible en perdant sans cesse, quels que soient lieu et l'époque Steve Rogers. Mais sa rencontre avec Kahhori va bouleverser son personnage et aboutir à une bataille dantesque contre Strange.

Le dernier épisode comporte une longue bataille vraiment épique, visuellement extraordinaire, d'une richesse esthétique folle. Un vrai bouquet final. Sans négliger l'impact émotionnel de l'histoire, vraiment émouvante. On comprend alors que la plus-value de cette saison 2 réside dans l'investissement émotionnel apporté aux personnages dont les aventures sont des parcours initiatiques et plus seulement des prétextes à prendre la place d'un autre.

La plupart des voix sont celles des acteurs ayant incarné en live action les personnages du MCU et on retrouve ainsi Haley Atwell (Peggy Carter), Benedict Cumberbatch (Strange), Taika Waititi (Korg), Chris Hemsworth (Thor), Cate Blanchett (Hela), Elizabeth Olsen (Scarlet Witch), Karen Gillan (Nebula), Jude Law (Yon-Rogg), Seth Green (Howard le canard), Michael Rooker (Yondu), Kurt Russell (Ego), Michael Douglas (Hank Pym), Lawrence Fishburne (Bill Foster), Samuel L. Jackson (Nick Fury), Jon Favreau (Happy Hogan), Kat Dennings (Darcy Lewis), Mark Ruffalo (Bruce Banner), Sam Rockwell (Justin Hammer), Jeff Goldblum (le Grand Maître), Tessa Thompson (Valkyrie), Josh Brolin (Thanos), Sebastian Stan (Bucky Barnes), Tom Hiddleston (Loki). Et Devery Jacobs qui interprète Kahhori, y compris quand elle parle en dialecte mohawk. Sans oublier le timbre grave de Jeffrey Wright dans le rôle de Uatu le Gardien.

Bref, une très bonne surprise. Et on n'aura pas à attendre deux ans pour découvrir la suite puisqu'un premier extrait de la saison 3 est déjà disponible en ligne (avec le duo Winter Soldier-Red Guardian) !

mardi 26 décembre 2023

THE MARVELS : Error System


The Marvels est d'ores et déjà le plus cuisant échec commercial du MCU. Mais, sans être méchant, c'est mérité. Et surtout c'était quelque part inévitable tant ce film a été produit en dépit du bon sens. Il signe en vérité l'échec d'une stratégie imposée par Kevin Feige au début de la Phase IV. Mais, aussi curieux que cela puisse paraître, c'est peut-être un mal pour un bien...

Ce qui suit contient des SPOILERS !
 

La destruction de l'Intelligence Suprême, qui dirigeait l'empire kree, par Captain Marve, a fait sombrer ce peuple dans une guerre civile et la désolation. Depuis trente ans, les ressources du monde -trône Hala se sont épuisées, la sécheresse sévit, l'air y est devenu irrespirable, son soleil se meurt. Dar-benn, une jeune juge, s'est érigée en leader, promettant de corriger cette situation et de tuer celle qu'elle appelle "l'annihilatrice" - Captain Marvel.


Pour cela, elle met la main sur un bracelet quantique qui lui permet d'ouvrir des brèches spatio-temporelles. L'une d'elles est détectée par le S.A.B.E.R. (Strategic Aerospace Biophysics and Exolinguistic Response), dirigée par Nick Fury, qui a sous ses ordres l'agent Monica Rambeau, la nièce de Carol Danvers/Captain Marvel, qui elle surveille ce portail à son autre extrémité. Chez elle, dans le New Jersey, Kamala Khan voit son bracelet quantique briller inexplicablement et quand Carol et Monica activent leurs pouvoirs, elles échangent leurs places.
 

Nick Fury et Monica rendent visite à Kamala, rejoints par Carol Danvers. Elles comprennent qu'elles ont en commun leurs pouvoirs sur la lumière et qu'elles doivent faire équipe pour résoudre cette affaire de brèches. Elles partent donc pour la planète Tarnax que Captain Marvel a trouvé pour donner un refuge aux skrulls, les ennemis de toujours des kree. Mais Dar-benn les a devancées et en ouvrant un portail en aspire l'atmosphère. Carol, Monica et Kamala évacuent le plus de skrulls possibles puis les confient à Valkyrie qui les transportent à la Nouvelle Asgard..


Carol comprend que Dar-benn s'en prend à des mondes qui lui sont chers et emmènent donc Monica et Kamala sur Aladna, composée en majorité d'eau. Elle s'y est jadis fiancée au prince Yan qui les aide à affronter Dar-benn et son armada. Mais le combat est déséquilibré et Kamala se fait dérober son bracelet quantique.


Obligées de battre en retraite à contrecoeur, Carol sait que la prochaine cible de Dar-benn sera la Terre ou plus exactement son soleil. Pour se préparer à un nouveau combat contre Dar-benn, elle s'entraîne avec Monica et Kamala puis contacte Nick Fury pour l'avertir de la situation. Dar-benn commence déjà à ouvrir une brèche avec ses deux bracelets quantiques lorsque les trois héroïnes surgissent.


Lorsqu'elle déchaîne ses pouvoirs contre ses adversaires, Dar-benn est consumée par les bracelets quantiques. Il reste cependant à refermer le portail ouvert et Monica se sacrifie. Kamala rentre dans le New Jersey retrouver ses parents et explique que Carol est repartie pour Hala. Là-bas, elle régénère le soleil et sauve les kree d'une mort annoncée.

Deux scènes supplémentaires interviennent durant le générique de fin : 

- dans la première, Kamala Khan aborde Kate Bishop, la disciple de Clint Barton/Hawkeye, pour lui proposer de former une équipe avec d'autres jeunes héros ;

- dans la seconde, Monica se réveille auprès de sa mère, Maria, et du Dr. Hank McCoy/le Fauve, qui l'ont récupérée dans un univers parallèle. Monica doit expliquer à Maria qu'elle est bien sa fille et comment elle est arrivée ici.

Flashback : nous sommes en 2019 et Spider-Man : Far From Home conclut la Phase III du MCU (Marvel Cinematic Universe), trois mois après le triomphe de Avengers : Endgame, climax de 11 années de films adaptés des comics Marvel. Kevin Feige, producteur de tous ces longs métrages et grand architecte de leur mise en chantier, est le roi du monde.

Il annonce alors les projets pour la Phase IV dont l'exploitation débutera en 2021 avec le film Black Widow. Son ambition est grande mais personne ne la contesterait : il entend étendre le MCU sur grand et petit écran avec, pour ce support, des séries mettant en scène des personnages secondaires et parfois encore inédits. La plateforme Disney + les programmera mais surtout, dans l'idéal, les fans pourront apprécier une expérience encore plus grande des super-héros Marvel.

Shang Chi et la légendes des dix anneaux, Les Eternels, Spider-Man : No way home, Doctor Strange in the Multiverse of Madness, Thor : Love and thunder, Black Panther : Wakanda forever, Ant-Man et la Guêpe : Quantumania, Les Gardiens de la Galaxie volume 3, et donc The Marvels vont se succèder en salles. Tandis qu'en streaming on découvrira WandaVision, Falcon et le Soldat de l'Hiver, Loki (saisons 1 et 2), What if...?, Hawkeye, Moon Knight, Ms. Marvel, She-Hulk : Avocate et Secret Invasion.

Et autant dire que tout ne va pas se dérouler exactement comme l'avait espéré Kevin Feige. Entre temps, Bob Chapek, le patron de Disney, critiqué pour sa gestion, sera limogé et remplacé par celui auquel il avait succédé, Bob Iger, qui, depuis, a changé de braquet en exigeant des économies (et donc en licenciant massivement). Les responsables des effets spéciaux râlent contre des conditions de travail intenables. Et la grève des scénaristes et des acteurs paralysera tout Hollywood pendant plusieurs mois.

Mais surtout le succès n'est plus automatique pour les productions Marvel. La critique se fait aussi plus assassine, étrillant de gros projets. Et les fans n'accrochent pas à cette saga du Multivers censée succéder à celle des Pierres d'Infinité et de Thanos qui a couru sur les Phases I à III. La belle mécanique s'est enrayée.

Chacun y est allé de son diagnostic : lassitude envers les super-héros ? Manque de lisibilité dans l'intrigue générale ?  Même des cinéastes "nobles" s'en sont mêlés, comme Martin Scorsese qui a qualifié les films de super-héros de produits plus proche des parcs d'attraction que du cinéma, même si d'autres les défendent, comme Christopher Nolan, qui disent qu'il en faut pour tous les goûts et qu'ils participent à la bonne santé économique de l'industrie.

Pour ma part, sans revenir dans le détail sur ce que j'ai aimé ou pas dans cette Phase IV, j'ai été dès son départ perplexe sur cette synergie entre ciné et télé, sur le choix de Kang comme nouveau grand méchant du MCU (et sur l'acteur qui l'incarnait, Jonathan Majors, très cabotin), et une absence criante de liant entre tout ça. Le concept même de Multivers, compliqué à expliquer, a surtout échoué à convaincre et je pense qu'il faudrait carrément ne plus le traiter (même si je doute qu'une décision aussi drastique soit prise).

The Marvels, pour en revenir à lui, est une sorte de concentré de toutes ces erreurs tactiques, narratives, esthétiques. C'est une sorte d'erreur aberrante dans un système, au point qu'on se demande comment un tel film a pu être validé tel quel ou, comme cela semble être le cas maintenant que des langues se délient, comment il a été charcuté pour ne ressembler à ce point à rien.

C'est très simple en vérité : comment a-t-on pu croire que c'était une bonne idée de faire une suite à Captain Marvel en excluant le nom de l'héroïne du titre et en lui associant deux autres personnages uniquement vus dans des séries télé, et encore pour l'une d'entre elles dans un rôle très secondaire ? C'est un vrai mystère et une hérésie. Ce qui faisait la force du MCU pendant sa première décennie, c'était justement la manière dont les héros faisaient connaissance progressivement, pour former l'équipe des Avengers d'abord, puis affronter Thanos ensuite. Et si ça fonctionnait, c'est parce que tous les personnages étaient issus d'un même format (le film), sur un pied d'égalité donc.

Mais Ms. Marvel et Monica Rambeau sont issus de séries Disney +, par ailleurs très diversement appréciées. Ms. Marvel était sympathique mais souffrait d'un scénario très faible tout juste compensé par l'abattage de sa jeune vedette, Iman Vellani. Monica Rambeau, jouée par Teyonah Parris, était un second rôle dans WandaVision, qui acquérait ses pouvoirs d'une façon très opportuniste (et complètement différente, comme Ms. Marvel, des comics), sans avoir marqué les esprits plus que ça - en tout cas certainement pas au point de devenir une tête d'affiche.

Ne revenons pas sur les réactions à l'égard de Brie Larson en Captain Marvel auxquels de soi-disant fans reprochaient de ne pas être assez souriante... Mais Larson est une actrice solide, oscarisée, et à qui il en faut plus que ça pour l'ébranler. Elle est à mon avis impeccable dans son rôle.

L'intrigue de The Marvels est aussi un cas d'école. Le film est court, le plus court de tous les films du MCU avec ses 1 h. 42. Mais justement on a souvent l'impression que le film se déroule en accéléré, comme s'il ne fallait pas perdre de temps. C'est très bizarre, surtout pour un studio qui n'a jamais lésiné sur la durée, accouchant souvent de montages un peu trop généreux. Ce n'est pas tellement qu'on a le sentiment qu'il manque de scènes, mais plutôt que tout est expédié, pas ou peu ou mal développé.

Quand le film débute, le spectateur doit intégrer des informations à toute vitesse et il ne s'agit pas de rien : l'empire kree a sombré, la planète Hala est condamnée, et tout ça par la faute de Captain Marvel - ce qui n'est quand même pas l'idéal pour ensuite affirmer que c'est quand même une héroïne... Celle qui lui en veut le plus et entreprend de résoudre cette crise est une jeune femme kree jouée par Zawe Ashton, une comédienne à l'absence de charisme effrayant, qui ne fait jamais peur, et qui connaîtra une fin pitoyable. L'armada qu'elle est censée commander est la plupart du temps invisible ou alors réduite à de la figuration, mise en scène avec une mollesse terrible.

Là aussi, des trolls sur Internet ont accablé la réalisatrice Nia DaCosta. Je ne connais pas son travail mais elle n'est tout simplement pas taillé pour une super production de ce type. Les rumeurs disent que la production a été chaotique, sans supervision, et que le montage final s'est fait sans elle (partie sur un autre projet), avec des coupes drastiques (d'où la durée du film). Quelle que soit la vérité, le résultat est calamiteux, sas personnalité, sans envergure, sans souffle.

C'est cependant, même si ce n'est pas difficile, moins affreux visuellement que Thor : Love and Thunder et surtout Ant-Man et la Guêpe : Quantumania, mais bon, ce n'est pas beau non plus. Les effets spéciaux sont pauvres, cheap, même pas ratés, juste misérables.

Mais ce n'est pas tout ! Comme d'habitude, on a droit à des scènes durant le générique de fin et elles sont affligeantes. La première réveille une arlésienne avec une évocation des Young Avengers (ou des Champions), soit une équipe de jeunes super-héros initiée par Kamala Khan qui aborde Kate Bishop : je n'ai rien contre cette éventualité mais je ne crois pas une seconde que quiconque ira voir un jour pareil film. Si Kevin Feige y tient vraiment, qu'il le produise comme un unitaire spécial sur Disney + (comme l'excellent Werewolf by Night).

En revanche, comment le même Feige a pu introduire pour la première fois le retour officiel des X-Men à la fin de The Marvels, qui plus est dans une scène aussi gênante, quel que soit l'angle sous laquelle on la considère ? Faut-il, comme je l'ai compris, entendre que les mutants vivent dans un univers parallèle ? Et faire de Maria Rambeau une revenante devenue l'héroïne Binaire (qui était à l'origine une incarnation cosmique de Carol Danvers)... Dans un sens, heureusement que The Marvels a été un bide, ainsi peu de gens ont vu ça et quand les X-Men auront enfin droit à leur film, personne ne se souviendra qu'ils ont été mentionnés ici pour la première fois.

En conclusion, deux remarques : 

- 1/ je pense qu'il existe bien une lassitude des films de super-héros - ou plus exactement des mauvais films de super-héros, trop (mal) produits, réalisés, écrits. Le succès des Gardiens de la Galaxie vol. 3 a prouvé que le public appréciait encore le genre quand il était bien adapté, par un auteur inspiré. Mais je crois aussi qu'il est nécessaire, vital même, que Marvel/Disney fasse un break (comme DC/Warner), ne serait-ce que pour recréer de l'attente, du désir pour ces films et, à cet égard, qu'il n'y ait que Deadpool 3 qui soit programmé en 2024 est une bonne chose (même si ça aurait été encore mieux qu'il sorte en 2025).

- 2/ Il est tout aussi nécessaire d'arrêter de développer le MCU à la fois sur le petit et le grand écran, ou alors que les projets soient déconnectés. La stratégie de Feige ne fonctionne pas. C'est indigeste. D'ailleurs, il faut surtout moins produire de films de super-héros, refaire de chacun un événement, et de qualité. Le public ne veut plus de films moyens ou médiocres ni de héros de seconde main. The Marvels l'enseigne, durement.

lundi 18 décembre 2023

SHANG CHI ET LA LEGENDE DES DIX ANNEAUX : la voie du milieu


A sa sortie en salles en 2021 j'avais zappé Shang Chi, n'étant pas intéressé par ce personnage, et sans doute en attente d'une proposition plus excitante provenant du MCU. Hier j'ai rattrapé cette lacune et compris mon erreur. Car le film de Destin Daniel Cretton offre quelque chose d'atypique et de rafraîchissant, qui, en vérité, n'a pas grand-chose à voir avec le registre super-héroïque traditionnel. Peut-être une piste à creuser pour le futur...

Ce qui suit contient des spoilers !


Il y a mille ans, Xu Wenwu découvre les dix anneaux qui lui confèrent des pouvoirs quasi-divins, dont celui de l'immortalité. Il va en profiter pour conquérir de nombreux royaumes et étendre son influence sur le monde.


En 1996, Wenwu part à la recherche du village mythique de Ta Lo mais se heurte à sa gardienne, Ying Li. Après s'être affrontés, ils tombent amoureux mais elle est bannie car il est jugé indigne de vivre parmi eux. Wenwu et Ying se marient et ont deux enfants, Shang Chi et Xialing. Il déliasse l'organisation qu'il a montée et range ses dix anneaux.


A sept ans, Shang Chi assiste à l'assassinat de sa mère par le Gang de Fer, ennemi de Wenwu. Celui-ci ressort ses anneaux et extermine le gang puis entraîne son fils pour qu'il règne à ses côtés, tandis que Xialing pratique en secret. A quatorze ans, Shang Chi est envoyé par son père tuer le chef du Gang de Fer. Mais sa mission remplie, le garçon ne rentre pas chez lui.


De nos jours, il est devenu voiturier avec son ami Kathy. Jusqu'à ce que les sbires de son père le retrouvent et l'attaquent. Dans le feu de l'action, il se fait voler le pendentif que lui avait offert sa mère par le mercenaire Razorfist. Avec Kathy, à qui il raconte enfin tout son passé, Shang Chi s'envole pour Macao avertir Xialing, qui tient un club de combats clandestins. Mais à nouveau les hommes de Wenwu surgissent et dérobent le pendentif de la jeune femme. Juste avant que leur père, à elle et son frère, n'apparaisse et ne les invite à le suivre.


Dans son repaire, Wenwu montre, grâce aux pendentifs, une carte magique qui indique le village de Ta Lo où il est convaincu que Ying Li vit encore, détenue par les siens. Refusant de croire en ce délire, Shang Chi, Xialing et Kathy sont jetés dans un cachot où ils rencontrent Trevor Slattery, un acteur qui a usurpé l'identité de Wenwu et qui a pour animal de compagnie Morris, une créature provenant de Ta Lo. Ils s'enfuient ensemble pour gagner Ta Lo avant Wenwu.


Une fois sur place, Shang Chi et Xialing rencontrent leur tante, Ying Nan, qui leur explique que, jadis, le village a failli être détruit par l'Habitant des Ombres, un monstre, depuis enfermé dans la montagne voisine. C'est lui qui communique avec Wenwu pour l'attirer ici. Le frère et la soeur renforcent l'armée du village et Kathy s'entraîne en vue de la bataille à venir.


Wenwu et son armée attaquent le village. Shang Chi s'interpose quand son père tente de libérer l'Habitant des Ombres, sans succès. Le monstre tue son sauveur qui transmet alors les dix anneaux à son fils. Celui-ci avec sa soeur, chevauchant le Grand Protecteur, un dragon caché dans le lac voisin, affrontent l'Habitant des Ombres tandis que les sbires de Wenwu et les villageois s'unissent face à cette menace.  Ensemble, ils en viennent à bout.

Deux scènes supplémentaires apparaissent durant le générique de fin :


- dans le première, Wong, le sorcier suprême, invite Kathy et Shang Chi à Kamar-Taj pour examiner les dix anneaux en présence de Bruce Banner et Captain Marvel. Si tous ignorent leur provenance, ils déterminent qu'ils servent à communiquer avec une autre dimension ;


- dans la seconde, Xialing prend les rênes de l'organisation des dix anneaux à la place de son défunt père.

Un peu d'Histoire d'abord : Shang Chi est un personnage qui a mon âge puisqu'il est apparu pour la première fois dans les pages de Special Marvel Edition #15 en 1973. Créé par le scénariste Steve Englehart et les dessinateurs Jim Starlin et Al Milgrom, il est surnommé le maître du kung-fu et appartient à cette vague de héros inspirée à l'époque par le cinéma d'exploitation de série B, comme Luke Cage ou Iron Fist mais aussi Man-Thing.

Par la suite, s'il demeure un personnage populaire auprès de certains fans, il est quand même largement éclipsé par le succès rencontré par Iron Fist. Mais Jonathan Hickman braque à nouveau les projecteurs sur lui à partir de 2012 lors de son run sur la série Avengers et donc, neuf ans après seulement, il a droit aux honneurs d'une adaptation cinématographique.

Kevin Feige a fait pour cela confiance à Destin Daniel Cretton, qui s'était illustré dans des productions indés comme States of Grace (2013) avec Brie Larson (qui apparaît dans une scène durant le générique du fin). Même si ce choix peut surprendre, ce n'est pas si étonnant puisque Chloé Zhao (Les Eternels), James Gunn (Les Gardiens de la Galaxie) ou même les frères Russo (Captain America : Le Soldat de l'Hiver / Civil War, Avengers : Infinity War / Endgame) ont aussi fait leurs armes dans le même circuit.

Ce qui frappe, c'est que Shang Chi et la légende des dix anneaux ne s'inscrit à aucun moment dans le registre classique du super-héros. Bien entendu le scénario co-écrit par Cretton, Dave Callahan et Andrew Lanham comporte des éléments fantastiques, mais de nombreux autres qui appartiennent au folklore des comics de héros masqués  sont complètement absents.

Jamais ni le héros ni le méchant ne portent de masques justement, n'ont d'identité secrète (même si Shang Chi a refait sa vie aux Etats-Unis sous le prénom transparent de Shaun). Leurs costumes n'ont rien des tenues bariolées et moulantes des autres vedettes du MCU. Même si cela peut être mal perçu ou apprécié par certains, c'est en fait le plus Disney des films du MCU.

Dans quelle mesure ? Hé bien, simplement parce que l'histoire raconte le parcours d'un gamin puis d'un adulte traversant des épreuves cruelles qu'il réussit à dépasser lors du voyage du héros. Il s'agit d'une sorte de feuille de route appliquée et même enseignée à des scénaristes quand ils veulent apprendre à construire un récit efficace en suivant des étapes précises. Généralement il est question d'un personnage principal qui part en mission pour sauver un être cher et lors de son périple il affronte plusieurs dangers et menaces qui le change profondément et l'améliore, de telle sorte que c'est autant lui que ce qu'il cherche qui vont améliorer sa situation.

Dans le cas de Shang Chi, c'est donc le portrait d'un garçon dont les parents sont un couple extraordinaire - le père est un conquérant immortel et la mère la gardienne d'un village légendaire. Une tragédie survient rapidement avec la mort de la mère, entraînant son père à renouer avec ses anciennes méthodes. Shang Chi devient une sorte d'élu, formé pour régner aux côtés de son père, mais il finit par fuir son destin. Evidemment son passé le rattrape et le mène sur les pas de sa défunte mère, il va découvrir l'autre partie de son héritage. Et affronter son père, faute de pouvoir le raisonner.

Il y a un côté indéniablement prévisible dans la narration du film : Shang Chi est flanqué d'une acolyte, Kathy, qui est le ressort comique de l'histoire ; sa soeur est une guerrière aguerrie et affranchie qui se trouve entraînée dans une aventure qui la dépasse ; leur tante est une sorte de sage incarné, et Ta Lo, ce village mythique, ressemble à un paradis fragile cachant autant de merveilles que d'horreurs.

Mais Destin Daniel Cretton embrasse ces clichés franchement et ne cherche jamais à les dissimuler au spectateur. Une forme de simplicité qui est payante au bout du compte car déconnecté du reste du MCU. On y fait bien de discrètes allusions à d'autres héros, mais c'est si fugace qu'elles sont balayées par le déroulement de l'action. Et comme le rythme est soutenu, sans être frénétique, on embarque pour un trip très sympathique.

Les pouvoirs des dix anneaux sont eux-mêmes abordés avec détachement. Jamais ils n'occasionnent un déferlement d'effets spéciaux qui encombrent le récit. Au contraire, le réalisateur et ses co-scénarsites ménagent le public jusqu'à l'entrée à Ta Lo, avec sa faune extravagante jusqu'à l'apparition du dragon et du monstre enfermé dans la montagne, véritables attractions du show. Le reste est ponctué de combats à base d'arts martiaux augmentés, avec son lot d'acrobaties spectaculaires, mais bien loin de celles de Spider-Man ou même de Captain America.

En ce sens, on peut apprécier le film sans être un fan ni un connaisseur du MCU (et des comics qui l'inspirent). C'est le long métrage le plus abordable de tout cet univers partagé, celui le plus à même de séduire les allergiques au spandex et aux super-pouvoirs. En même temps, il est aussi plus spectaculaire que les street-level heroes cantonnés à Disney + (de Hawkeye à Moon Knight en attendant Daredevil). C'est une sorte d'objet transitionnel, qui pourrait très bien permettre aux films mis en chantier par Kevin Feige de charmer à nouveau un large public à l'heure où celui-ci semble se lasser (même s'il y a aussi une question de qualité intrinsèque puisque Les Gardiens de la Galaxie vol. 3 est le seul film de super-héros classique à avoir performé en 2023).

En tout cas, il n'est pas difficile d'aimer Shang Chi et la légende des dix anneaux. Qui plus est parce qu'il bénéficie d'un casting bien choisi : si Simu Liu ne correspond pas physiquement au héros (qui avait été dessiné en prenant pour modèle Bruce Lee), il s'en tire mieux que bien, sobre dans le jeu, et réalisant lui-même ses cascades (c'est un bonus indéniable pour ce genre de film). Awkwafina est très marrante sans être lourdingue. Peut-être aurait-on pu cependant se passer de Ben Kingsley, dont le rôle est trop référencé (il ne dira rien à ceux qui n'ont pas vu Iron Man III) et qui lui par contre est pesant au possible dans la plaisanterie.

Toutefois, les deux vraies vedettes du film resteront Michelle Yeoh qui, même en apparaissant tardivement, en impose avec une classe folle, et Tony Leung, lui aussi impérial en méchant plus subtil que la moyenne. Quand ils sont à l'image, tous leurs partenaires deviennent comme flous. C'est ça, de vraies stars. Oh, et que je n'oublie pas de mentionner la sublimissime Fala Chen, qui joue Ying Li.

Bref, ne faîtes pas comme moi : n'ignorez pas plus longtemps Shang Chi et la légende des dix anneaux, qui est une pépite de la Phase IV si déroutante du MCU.

dimanche 5 mars 2023

ANT-MAN ET LA GUÊPE : QUANTUMANIA, de Peyton Reed (Critique avec spoilers !)


La Phase V du MCU débute donc avec Ant-Man et la Guêpe : Quantumania, 31ème film produit par Kevin Feige, et troisième chapitre des aventures de l'homme fourmi. Le long métrage de Peyton Reed a la lourde tâche de faire oublier une Phase IV très inégale et très moyenne artistiquement, où Feige a voulu que les séries sur Disney + et les films en salles se complètent, sans convaincre, mais aussi d'introduire celui qui doit succéder à Thanos comme le grand méchant de cet univers : Kang le conquérant. Verdict ?


Après avoir survécu au "snap" de Thanos et avoir retrouvé Janet Van Dyne détenue pendant trente ans dans le royaume quantique, Hank Pym et sa fille Hope ont pleinement accueilli au sein de leur famille Scott Lang et sa fille Cassie, qui partage avec les Pym le goût de la science. Contre l'avis de Janet, Cassie a conçu un appareil permettant de cartographier le microvers, mais un incident se produit qui attire tout le monde dans cette dimension. Scott et Cassie sont séparés de Hope, Hank et Janet et bientôt appréhendés par des rebelles qui évoquent un conquérant inquiétant.


Janet, elle, renoue avec de vieilles connaissances dans le royaume quantique et demande de l'aide à Krylar. Mais celui qui avait combattu Kang à ses côtés travaille désormais pour ce dernier. Hope se défend et avec Hank et Janet réussit à s'enfuir à bord du propre vaisseau de Krylar. Cependant, évoquant Janet devant les rebelles, Scott comprend que le conquérant est l'ennemi de sa belle-mère et qu'il a envoyé son plus féroce tueur contre le campement. Scott et Cassie sont capturés par M.O.D.O.K., qui n'est autre que Darren Cross, l'ancien Yellowjacket, transformé par Kang.


Présenté à ce dernier, Scott passe un marché avec le conquérant qui lui explique que Janet a détruit le réacteur de son vaisseau temporel et s'il le récupère, il laissera la vie sauve à Cassie. Scott se jette dans le vide quantique pour récupérer le réacteur alors que, au même moment, Hope avec Hank et Janet approche. Hope rejoint Scott et ensemble ils trouvent le réacteur. Mais au moment de le remettre à Kang, Janet s'interpose. Kang neutralise Scott et Hope tandis que MODOK laisse Hank pour mort. Janet est emmenée dans la citadelle de Kang.


Cassie, pendant ce temps, réussit à s'évader de sa cellule et elle accède aux quartiers de Kang depuis lesquels elle en appelle aux rebelles pour qu'ils attaquent la citadelle du conquérant. Scott et Hope se joignent à eux et causent d'importants dégâts, tandis que profitant que Kang soit distrait par cet assaut, Janet endommage à nouveau le réacteur. Kang est obligé de descendre s'occuper lui-même des rebelles. Affrontant Scott et Hope, il les domine. Jusqu'à ce que Hank et des fourmis du microvers arrivent et ne l'écrasent. 


MODOK, rejeté par Kang, meurt en soutenant les rebelles. Janet ouvre un portal quantique qu'elle emprunte ensuite avec Cassie, Hank et Hope. Mais Kang tente de se glisser dans l'ouverture à la place de Scott qui l'en empêche. Hope revient l'aider à tuer le conquérant et ils rentrent chez eux après avoir vu les rebelles prendre le contrôle de la citadelle. Quelque temps après, alors qu'il rejoint Hope, Hank, Janet et Cassie, Scott s'interroge sur les conséquences de cette bataille dans le microvers en espérant que tout ira pour le mieux...

Deux scènes additionnelles sont visibles après le générique de fin : dans la première, Immortus, la version la plus futuriste de Kang, réunit tous les variants du conquérants pour préparer une riposte d'envergure contre notre ligne temporelle susceptible de perturber le multivers ; dans la seconde, Loki et l'agent M. Mobius de la T.V.A. assistent à une représentation du spectacle de Victor Timely, un autre variant de Kang dans les années 1900, que le dieu asgardien estime être une menace sérieuse...

Ant-Man et la Guêpe : Quantumania n'a plu ni à la critique ni au grand public - aux Etats-Unis, le film a même vu sa fréquentation en salles diminuer dramatiquement lors de sa deuxième semaine et il ne faut donc pas espérer qu'il fasse un aussi bon score que les deux autres volets de la trilogie. Autant dire que cette Phase V du MCU démarre mal.

Les commentateurs et analystes ont beaucoup glosé sur les raisons de cette déconvenue, surtout après une Phase IV qui a déjà beaucoup déçu artistiquement et commercialement. On a pointé la stratégie de Kevin Feige, le grand architecte du MCU, qui a voulu que films en salles et séries en streaming sur Disney + forment un grand tout. On a aussi remarqué que les films Marvel, en perdant Iron Man/Robert Downey Jr. et Captain America/Chris Evans n'avaient plus de héros aussi fédérateurs. Et puis on a aussi évoqué une possible lassitude du public, comblé au terme de la Phase III avec le diptyque Avengers : Infinity War/Endgame, bouqet final d'une entreprise menée durant dix ans.

Il y a du vrai dans toutes ces hypothèses. Feige a certainement vu trop gros, trop grand, et le public n'a sans doute pas voulu être obligé de suivre séries et films pour être sûr de ne rien rater. Ni Downey Jr. ni Evans n'ont été remplacés. Et depuis Infinity War/Endgame, aucune super-production Marvel n'est parvenu à nous faire frissonner autant. Thanos et la menace qu'il incarnait manquent.

Mais faut-il tout jeter, brûler ce qu'on a adoré ? Il reste des choses excitantes à venir, comme le vol. 3 des Gardiens de la Galaxie, The Marvels. Même si on préferait que Kevin Feige s'occupe plus de Doctor Strange, de Scarlet Witch, de Hawkeye, et que Thor ait au moins un dernier tour d'honneur à sa mesure, on peut aussi être curieux de voir ce que va donner le prochain Captain America, New World Order, avec Sam Wilson/Anthony Mackie dans le rôle. Par contre, c'est vrai que la perspective de revoir les Eternels, de découvrir les Thunderbolts, voire Blade, est beaucoup moins attirante (à mon goût à tout cas).

Quantumania ne me semble pas mériter toutes les critiques négatives qu'il a eues. Certes, il est moins bon que le premier Ant-Man et que Ant-Man et la Guêpe, qui jouaient à fond la carte du "petit" film récréatif et tenaient grâce à la sympathie qu'on avait pour Paul Rudd (malgré son manque total d'alchimie avec Evangeline Lilly). Les effets spéciaux sont parfois moyens et les designs du royaume quantique sont inégaux. Mais de là à le traiter comme Thor : Love and Thunder, non, quand même pas.

Pour ma part, et je sais que je risque d'être isolé, j'ai apprécié l'histoire, qui met vraiment en avant Janet Van Dyne, explique bien sa relation avec Kang, la raison pour laquelle le conquérant temporel est coincé dans le royaume quantique. Le scénario de Jeff Loveness est bien construit à défaut d'être toujours original et captivant, avec ses trois actes classiquement développées (l'errance dans le microvers, le marché que passe Kang avec Ant-Man, la rébellion finale). Il y a du rythme, le film n'est pas trop long (juste 2h. 05).

Evidemment, ce n'est pas parfait ni suffisant. Bill Murray ne fait que passer et il déçoit (j'attendais un grain de folie avec lui, qui n'est pas venu). Michael Douglas est sous-exploité. Kathryn Newton (troisième actrice à incarner Cassie Lang) est incapable de donner de la chair à son personnage. Evangeline Lilly confirme qu'elle est un total miscast.

Mais bon sang, Paul Rudd est fantastique, charmeur et charmant, une vraie perle. Et puis Michelle Pfeiffer éblouit : elle a une partition à défendre et elle le fait avec cette présence intacte, un jeu nuancé. Enfin, Jonathan Majors est tout sauf un acteur sobre, il en fait à peine moins que dans le final de Loki saison 1, mais le bonhomme a un sacré charisme. Je doute encore qu'il puisse rivaliser avec le Thanos que campait Josh Brolin, mais il a les épaules pour être ce grand adversaire impitoyable, dangereux qu'exige la suite du MCU.

Par ailleurs, j'ai lu beaucoup de trucs sur la laideur du film et honnêtement je n'ai pas compris pourquoi. Il était fait mention d'un mauvais pastiche de Star Wars pour la population et quelques décors du royaume quantique. Mais comme l'univers Star Wars ne m'a jamais passionné, je n'ai pas été gêné. D'autant moins que, faut-il la rappeler, Star Wars n'a absolument rien inventé puisque George Lucas a tout pompé sur Valérian et les graphismes de Mézières (et ceux de Moebius aussi).

Bien sûr, ce n'est pas parfait non plus sur ce plan-là et il faudrait vraiment que les concepteurs des effets spéciaux soient mieux traités par Marvel/Disney (la grogne dure depuis un moment maintenant), alors que, auparavant, il n'y avait pas grand-chose à redire. On se serait passé d'un MODOK aussi ridicule (même si la véritable erreur réside davantage dans le fait de l'avoir intégré à du live action parce que même mieux écrit qu'ici, impossible de garder son sérieux avec une telle créature). Toutefois, la diversité du bestiaire deu royaume quantique, la diversité des environnements, jusqu'à la citadelle de Kang (vraiment impressionnante, j'ai trouvé) compensent ces faiblesses et montrent l'investissement de Peyton Reed et ses équipes pour faire le show.

Peut-être suis-je trop bon public, trop gentil, trop indulgent avec ce Ant-Man et la Guêpe : Quantumania. Mais je l'ai trouvé plus satisfaisant que tous les films de la Phase IV. Je crois (et j'en suis même sûr) que Les Gardiens de la Galaxie vol. 3 et The Marvels cette année me plairont plus, seront plus aboutis. Que cette Phase V sera aussi très différente (Feige a déjà tenu à rassurer que le multivers ne serait pas au programme de tous les prochains films), y compris avec les séries Disney +. 

mardi 12 octobre 2021

WHAT IF...? (Saison 1) (Disney +)


Après l'excellente saison 1 de Loki, qui s'achevait sur la crise du Multivers, What If..? était l'étape suivante et logique dans le développement des séries Marvel sur Disney +. Autant d'histoires alternatives se déroulant dans des dimensions parallèles, autant de variations, inspirées de comics du Bronze Age... Pourtant, il me faut bien l'avouer, je n'ai pas été emballé, ou du moins pas autant que j'aurai aimé et pas autant que le concept le promettait.


1 - Et si... Sharon Carter était devenue le premier Avenger ? - Lorsque Steve Rogers est blessé avant de recevoir le sérum du super-soldat, Sharon Carter prend sa place et devient la première super-héroïne de la seconde guerre mondiale.

2 - Et si... T'challa était devenu Star-Lord ? - Les pirates de l'espace connus sous le nom des Ravageurs enlèvent l'héritier au trône du Wakanda au lieu de Peter Quill.


3 - Et si... Le monde avait perdu ses plus grands héros ? - Nick Fury, dans le cadre de l'Initiative Avengers, tente d'assembler une équipe de surhommes. Mais ceux-ci sont exécutés les uns après les autres par un serial-killer avant leur recrutement.


4 - Et si... Stephen Strange avait perdu son coeur au lieu de ses mains ? - Dans un accident de la route, Stephen Strange perd la femme qu'il aime. Il s'initie aux arts occultes et dérobe l'oeil d'Agamotto pour réécrire le passé à tout prix.


5 - Et si... Les zombies ? - Contaminés par un virus provenant d'une autre dimension, les humains et leurs héros tombent. Seule une poignée de survivants tente de trouver un antidote.
 

6 - Et si... Killmonger avait sauvé Tony Stark ? - Killmonger sauve Tony Stark en Afghanistan. Devenu son plus proche allié, il abuse de sa confiance pour s'emparer de ses armes afin de conquérir le Wakanda.


7 - Et si... Thor avait été fils unique ? - Ayant grandi sans Loki à ses côtés, Thor est devenu un fêtard inconscient. De passage sur Terre, il tombe amoureux de Jane Foster mais doit affronter Captain Marvel qui tente de le raisonner.


8 - Et si... Ultron avait gagné ? - Dans un monde où Ultron a investi le corps de Vision, Black Widow et Hawkeye tente de l'empêcher d'exterminer toute trace de vie. Le Gardien hésite à intervenir jusqu'à ce que Ultron-Vision remarque sa présence grâce aux pierres d'infinité.


9 - Et si... Le Gardien avait rompu son serment ? - Face à la menace que représente Ultron-Vision pour le Multivers, le Gardien assemble une équipe de héros dans différentes dimensions précédemment évoquées.

A l'origine, What if... ? était une série de one-shots parus dans les années 1970 où des scénaristes imaginaient des versions alternatives aux histoires emblématiques de l'univers Marvel traditionnel (l'univers 616). La qualité de ces épisodes était très inégale, mais le concept lui-même favorisait cela car toutes les intrigues n'étaient pas aussi efficaces que leur source d'inspiration.

Il est cependant arrivé que les What if...? devancent des évolutions dand l'univers 616. Un exemple récent et marquant est celui où Jane Foster a un temps remplacé Odinson en tant que Thor, dans le run de Jason Aaron : cela avait été imaginé une première fois en 1978 dans What if...? #10 par Don Glut et Rick Hoberg où Jane Foster trouvait la première Mjolnir. Cette idée a été recyclée brillamment par Aaron, pour ce qui fut sans doute la meilleure collection d'épisodes de son long run sur les aventures du dieu du tonnerre.

Cette matière tellement riche ne pouvait qu'inspirer Marvel Studio et Disney + et cela n'a surpris personne quand fut annoncée la production d'une série d'animation sur ce principe. Avant même sa diffusion, on apprenait même qu'une saison 2 était commandée car l'un des épisodes prévus pour la première n'avait pu être achevé à temps.

Et puis c'était l'étape suivante et logique après la formulation du Multivers dans la série Loki au terme de laquelle on faisait la connaissance de Celui qui demeure, autrement dit Kang (ou Immortus), à la fois gardien et conquérant des lignes temporelles, et que Sylvie, une variante de Loki, tuait, libérant ainsi un chaos incroyable - qui sera exploré dans de futurs longs métrages (comme Spider-Man : No Way Home et Doctor Strange and the Multiverse of Madness).

Sur cette base prometteuse et grâce à une animation superbe (le très bon point de cette saison), on partait confiant pour ces neuf épisodes. Mais au final, en tout cas en ce qui me concerne, ça ne fonctionne pas vraiment, pas autant du moins que ce que j'espérai et que ne le promettait le concept.

Dans un premier temps, on a affaire à des histoires où les auteurs se contentent de remplacer un personnage dans le costume d'un autre : Sharon Carter devient la première super-soldat à la place de Steve Rogers, T'challa devient Star-Quill. Pourquoi pas après tout ? Sauf que ce qu'on nous raconte n'a rien de passionnant, d'original. L'émotion est cruellement absente, et les intrigues trop légères pour combler le fan comme le profane. On es plus touché d'entendre la voix du regretté Chadwick Boseman qui double T'challa/Star-Lord que par ce qui arrive à son alter ego.

Dans un deuxième temps, le niveau se redresse un peu puis franchement. L'épisode avec les Avengers méthodiquement tués par un Hank Pym devenu fou est tonique et l'identité du coupable est bien préservée jusqu'au bout. La mort de Hulk est étonnamment violente et gore pour un dessin animé Disney par exemple.

Mais surtout, c'est le What if...? sur Stephen Strange qui restera dans les mémoires. Le scénario ne se contente pas d'effleurer le sujet, il va au bout et montre le Docteur complètement dévoré par le chagrin et la folie. Certains commentateurs ont vu dans cet épisode des indices pour le futur film Doctor Strange and the Multivers of Madness ou avant cela Spider-Man : No Way Home, suggérant que Strange allait basculer du côté obscur, devenir un méchant - mais ce sont pratiquemment les mêmes adeptes de fan-fiction qui prétendent savoir que Wanda Maximoff va être la grande méchante du MCU dans le futur. Donc prudence. Quoi qu'il en soit, ce qautrième épisode marque un sommet dans la saison.

Malheureusement, c'est comme si ensuite la série était elle aussi frappée par une sorte de malédiction, ne parvenant jamais plus à renouer avec ces cîmes. C'est déjà flagrant avec l'épisode sur les Zombies, qui, malgré de bons moments et là encore une audace étonnante dans le traitement de la violence, des morts, s'achève en queue de poisson, sans véritable conclusion, ni résolution, comme si la durée impartie (une trentaine de minutes) avait empêché les auteurs de conclure proprement.

Ensuite, le même problème se pose avec l'histoire impliquant Killmonger. Le dénouement est inexistant, mais auparavant les rebondissements sont téléphonés, on n'y croit pas une seconde, c'est même embarrassant. L'exemple même de la fausse bonne idée qui ne mène à rien (sinon à rappeler Killmonger pour le final de la saison, de façon aussi ridicule).

Toutefois, là où on sombre complètement, c'est quand on regarde l'épisode 7. Franchement, qu'est-ce qu'on en a à foutre de savoir si Thor avait été fils unique ? La réponse est de toute manière épouvantable de nullité : après des épisodes sombres et sérieux, l'accent est mis sur l'humour. On sait que c'est un point épineux pour beaucoup de fans, qui ne goûtent guère aux blagues du MCU. Mais là, c'est le pire auquel on puisse assister avec ce Odinson complètement abruti qui se pâme devant Jane Foster et se bastonne avec Captain Marvel entre deux fiestas sur Terre. Gênant.

Et puis, ultime surprise, la série se termine non pas par une one-shot mais par un double épisode revenant sur les événements de Avengers : L'ère d'Ultron, en imaginant ce qui se serait passé sir Ultron avait investi le corps de Vision. L'épisode 8 est efficace et jusqu'au-boutiste mais vaut surtout par le fait que pour la première fois le Gardien, narrateur de toute la série (et doublé par l'excellent Jeffrey Wright), est partie prenante de l'action, obligé d'intervenir et donc de rompre son serment (qui implique qu'il ne doit qu'observer et enregistrer les histoires du Multivers).

Pour le dernier acte, Uatu forme une super-équipe en allant recruter dans les précédents épisodes : T'challa/Star-Lord, Thor, Captain Carter, Killmonger, Black Widow, Dr. Evil-Strange. C'est à la fois une bonne et une mauvaise idée que ces Gardiens du Multiverse. A mon sens, une telle équipe revient à dire au spectateur : tous les épisodes précédents n'étaient en fait qu'un prologue pour ce final. Ce qui amoindrit la force de chaque histoire, en sachant qu'à part celle du Dr. Strange elles n'étaient déjà pas mémorables. Mais surtout, le choix du casting laisse songeur parce que Uatu, pour vaincre Ultron-Vision devrait logiquement aller chercher des champions super-puissants, pas Captain Carter ou surtout Killmonger... Qui, bien entendu, trahit toute la bande in fine (avant d'être vaincu à son tour, ouf !).

Je ne pense absolument pas qu'on revoit ces Gardiens du Multivers dans le MCU en live action (comme certains le croient en misant sur leur retour dans Dr Strange 2, déjà bien peuplé). D'ailleurs, avant ne serait-ce que d'envisager cela, les auteurs devront d'abord penser à nous raconter l'histoire de Gamora telle qu'elle apparaît dans cette équipe (c'est-à-dire ayant tué Thanos avec Iron Man), ce qui devait constituer le propos du dixième épisode prévu pour cette saison 1.

Bref, je n'ai pas aimé le principe général, ce twist final où pratiquement tous ces héros alternatifs deviennent une équipe éphémère. Et avant cela, la majorité des épisodes m'a paru trop faible, trop inégale, inaboutie. L'animation est superbe (même si les artistes auraient pu se passer de chercher à faire ressembler les personnages avec les acteurs qu'ils les ont incarnés). Dommage, mais ça confirme que les productions Marvel-Disney +, c'est un coup sur deux. Mais ça veut alors aussi dire que Hawkeye, en Novembre, a plus de chances d'être réussi (comme Loki nous avait consolés du ratage de Falcon et le Soldat de l'Hiver)...