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vendredi 7 juillet 2023

DOCTOR STRANGE #5, de Jed MacKay et Pasqual Ferry


Seule nouveauté en single que j'ai achetée cette semaine, le cinquième épisode de Doctor Strange voit le retour au dessin de Pasqual Ferry (après le n°4 que j'ai zappé et dont Wong était la vedette). Jed MacKay reprends les choses où il les avait laissées dans le n°3 : Stephen Strange et Clea sont invités au mariage de la mère de cette dernière. Et ça s'annonce mouvementé.



Umar, la mère de Clea, va épouser en secondes noces Tiboro, sorcier suprême de la sixième dimension. L'accueil réservé à Stephen et Clea est orageux et quand la cérémonie est présidée par Dormammu, ça n'augure rien de bon. Pourtant ce n'est pas lui qui va perturber la fête...


Je m'en doutais un peu mais Pasqual Ferry ne dessinera pas Doctor Strange tous les mois comme il l'avait fait pour la mini-série Namor the Sub-mariner : Conquered Shores (écrite par Christopher Cantwell). L'artiste espagnol a été suppléé le mois dernier par Andy MacDonald pour un numéro consacré à Wong et le mois prochain il le sera pas Juan Gedeon pour un épisode sur les origines d'un méchant.


C'est bien évidemment dommage car une grosse partie du charme de cette relance de Doctor Strange repose sur le talent de Ferry, quand bien même le n°3 était assez médiocre visuellement. Cela me fait douter de l'évolution de la série pour les prochains mois même si j'essaie de rester positif.


Comme pour The Avengers, Jed MacKay avance (très) lentement. Dès la première page de cet épisode où on observe Stephen Strange en train de s'habiller pour aller au mariage de sa belle-mère, le scénariste revient sur ce qui s'est passé depuis la reprise du titre : il mentionne ainsi l'attaque subie par Cauchemar et le meurtre d'Agammon (dont Clea reste la suspecte n°1, même si elle nie).

MacKay nous indique donc que tout ça n'est pas oublié et cela signifie clairement qu'il caractérise Doctor Strange comme un détective amené à résoudre deux énigmes. C'est une sorte d'annonce pour les prochains épisodes, mais sans plus de précisions, d'autant qu'à la fin de ce cinquième épisode, un nouveau méchant fait son apparition.

Je ne vais pas vous spoiler son identité et d'ailleurs je serai bien en peine de le faire car je ne connais pas ce personnage, qui semble toutefois sortir du passé de Strange, d'aventures antérieures. Je ne suis pas suffisamment calé sur la biographie du sorcier suprême pour connaître tous ses antagonistes. Et c'est aussi ce que je redoute pour la suite : que MacKay adresse des références trop pointues.

Mais revenons à cet épisode : Umar, la mère de Clea, se remarie et elle a choisi pour époux Tiboro, le sorcier suprême de la sixième dimension. Il est clairement dit que ce dernier a fait partie de ceux qui avaient assassiné le Doctor Strange dans la mini-série, déjà écrite par MacKay, La Mort du Dr. Strange, que je n'ai pas lue. Le scénariste joue sur cet élément pour ajouter du piquant à une situation qui n'en manque déjà pas.

A bien des égards, c'est un épisode comique, ou du moins qui fait preuve d'humour. Outre le fait que Strange se retrouve nez à nez avec un des sorciers à avoir voulu le tuer (et qui va devenir son beau-père), Clea, elle, découvre que sa mère se remarie moins par amour que pour forger une alliance. Ce qui ne l'empêche pas de donner un héritier à Tiboro, pour preuve de sa bonne foi, un enfant créé par la magie évidemment (puisque Umar n'est plus en âge d'être enceinte). Déduction : Clea va donc avoir une petite (demi) soeur, dont elle aura la charge en cas de malheur !

Lorsque la cérémonie du mariage débute, MacKay ironise encore en faisant de Dormammu celui qui va unir les deux époux. Les dialogues sont savoureux car le maître de la dimension noire se moque de Strange, de sa soeur (Umar) et de son beau-frère (Tiboro). Ambiance... Puis une attaque survient et le fameux vilain surgit, dont on saura tout dans le prochain numéro. On regrette presque ce cliffhanger classique alors que le scénario s'aventurait dans une direction sarcastique originale. Mais peut-être que ce vilain est aussi l'assassin d'Agammon et l'agresseur de Cauchemar ? Ce serait une façon pratique de raccrocher les wagons.

Pasqual Ferry illustre tout cela avec beaucoup de classe. Il rend en tout cas une bien meilleure copie que lors de l'épisode 3. L'artiste espagnol n'est jamais meilleur que lorsqu'il a à représenter des environnements étranges et à jouer du décalage entre un héros familier et ces décors exubérants. C'était déjà le cas avec Namor dans un futur ravagé et c'est encore le cas ici avec Strange.

Les couleurs de Heather Moore ajoutent aussi beaucoup à la beauté des planches de Ferry qui a la particularité de dessiner au trait, c'est à dire avec des contours fins, sans à-plats noirs. L'expressivité de ses personnages, le faste des intérieurs, la curiosité des extérieurs, les dimensions généreuses de ses cases permettent aux couleurs de compléter des compositions aérés et somptueuses (le propre de beaucoup de dessinateurs espagnols, comme feu Carlos Pacheco, mais aussi Pepe Larraz).

Lorsque les manifestations de pouvoirs magiques interviennent, c'est toujours avec beaucoup d'élégance et d'efficacité, même si, ici, l'action n'occupe que le dernier quart de l'épisode. On sent que cette série navigue un peu entre deux eaux, comme si d'un côté MacKay pouvait partir dans une fantaisie singulière mais que de l'autre il se sentait obligé de respecter des quotas d'action, de super-héroïsme. Dommage, mais encore une fois c'est la grosse limite chez Marvel depuis un bon moment, cette impossibilité manifeste des auteurs à oser davantage, faute d'une ligne éditoriale d'ensemble bien définie (comme actuellement Dawn of DC chez la concurrence). De ce strict point de vue, jusqu'à présent, dans le domaine des héros magiciens, Steve Orlando s'est montré plus hardi sur Scarlet Witch que Jed MacKay sur Doctor Strange.

Bon, maintenant, on va voir ce que vaut le prochain épisode et ce vilain dont les origines seront dévoilées. Mais disons que si, au #7, avec le retour de Ferry, ça ne décolle pas davantage, il sera temps de décider si ça vaut le coup de continuer ou pas.

jeudi 1 juin 2023

DOCTOR STRANGE #3, de Jed MacKay et Pasqual Ferry, Amy Chu et Tokitoro


Ce troisième épisode de Doctor Strange par Jed MacKay et Pasqual Ferry promet beaucoup mais ne comble pas suffisamment. Il semble avoir été écrit sans beaucoup d'inspiration et dessiné avec peu d'application. Pour ne rien arranger, on a droit à une back-up story par Amy Chu et Tokitoro mettant en scène Strange et surtout Nico Minoru, d'une laideur repoussante.



Alors que Wong informe Doctor Strange et Clea du meurtre de Agammon, sorcier suprême de la dimension pourpre, Stephen doit se préparer pour sa rencontre annuelle avec Dormammu, l'oncle de Clea, afin que ce dernier n'envisage pas de nouvelles attaques dans notre dimension.


Que s'est-il passé pour que ce troisième épisode soit aussi raté, tombe autant à côté ? Jusqu'ici, ce relaunch de Doctor Strange faisait un sans-faute avec un scénariste qui avait bien en main ses personnages et un dessinateur à même de représenter ses aventures avec toute la fantaisie requise. Et là, patatras !


Déjà, le mois dernier, alors qu'on pouvait s'attendre à un développement concernant le meurtre d'Agammon, le sorcier suprême de la dimension pourpre survenu à la toute fin du premier épisode, Jed MacKay nous embarquait dans le royaume de Cauchemar. Bon, les formes y étaient, donc ça passait.


Cette fois l'épisode s'ouvre par une communication de Wong à son ancien maître au sujet de l'assassinat d'Agammon et on se dit : cette fois, on va en savoir plus. Mais non ! Et c'est parti pour une histoire qui n'a rien à voir, très bavarde et qui s'achève sur un cliffhanger encore sans lien avec ce qui nous intéresse.

On dit que le plaisir est dans l'attente, à condition de toutefois ne pas en abuser. Et c'est bien pourtant ce que fait Jed MacKay en différant toujours un peu plus l'intrigue qu'il a lui-même initiée. Il est donc question d'une rencontre se déroulant sur toute une journée entre Stephen Strange et Dormammu au cours de laquelle ils vont parlementer pour que ce dernier renonce à attaquer notre dimension.

Pour subsister sur ce plan de la réalité, Dormammu doit habiter un corps humain, celui d'un individu qui le vénère. Il a jeté son dévolu sur un ambitieux conseiller financier qu'il consume à mesure que les heures passent. Strange le sait mais ne semble pas pressé de sauver le pauvre bougre.

On assiste donc à un long dialogue entre les deux ennemis sur un ton badin et au cours duquel Strange rappelle le nombre de fois où il a affronté et défait Dormammu, parfois seul, parfois avec de l'aide. On en retient que Dormammu n'a jamais abdiqué, jamais abandonné le projet de vaincre le sorcier suprême et du coup, on se demande s'il est complètement idiot ou tout simplement entêté. Mais ce qui est sûr, c'est qu'on n'a jamais le sentiment qu'il est un quasi-dieu, doté d'une puissance colossale, dans cet échange très mondain.

Jed MacKay écrit tout cela avec une telle désinvolture qu'on se demande s'il ne se moque pas un peu de nous comme quand Dormammu, qui est aussi l'oncle de Clea, la compagne de Strange, constate que ces deux-là se sont retrouvés mais se demande combien de temps leur couple va durer cette fois. D'un côté, on peut admettre que Strange ne considère pas Dormammu avec beaucoup de sérieux puisqu'il joue à domicile. Mais sa nonchalance confine à la suffisance et son interlocuteur encaisse ses moqueries avec une impassibilité étonnante. et difficilement concevable.

A la fin de l'épisode, enfin, Strange s'inquiète de l'hôte de Dormammu et utilise une manoeuvre risquée pour le sauver. Je vous laisse la découvrir mais encore une fois, ça ne ressemble guère au Doctor de jouer au feu de cette manière et surtout d'agir aussi tardivement. Sans compter que notre conseiller financier ne paraît pas très entamé physiquement et psychologiquement alors qu'au début de l'épisode on nous a expliqué que plus Dormammu passait du temps dans notre dimension, plus son hôte se décomposait.

Visuellement, c'est à peine si on reconnaît le Pasqual Ferry des deux premiers épisodes. Même informatisé, son trait paraît à peine esquissé, et à plusieurs reprises pour représenter les décors de la ville, il a recours à des fichiers photographiques qu'il ne retouche pas. L'effet est affreux, on se croirait revenu au temps où Kirby faisait des collages. Comment un artiste digne de ce nom peut-il croire que le lecteur ne va pas remarquer ces effets grossiers et peu esthétiques.

Ferry est également incapable de donner à Dormammu une présence inquiétante. Seule sa tête enflammée permet de l'identifier clairement puisque le reste de son corps est celui du conseiller financier, en costume noir. Mais justement le visage de Dormammu est suffisamment spectaculaire habituellement pour qu'on ressente le mal qui en émane, sauf que Ferry renonce à tout détail et laisse à sa coloriste, Heather Moore, le soin de remplir ses lignes et le résultat n'est franchement pas à la hauteur.

Sachant que le prochain épisode sera entièrement consacré à Wong et l'unité dédiée à la magie du SHIELD, le W.A.N.D., dessiné par le médiocre Andy MacDonald, je pense que je vais zapper. Mais Ferry a intérêt à revenir en meilleure forme pour le #5 - et encore, il sera remplacé ensuite au #6 par Juan Gedeon... Tout ça est fort dommageable pour un titre qui revient juste.

Encore un mot : l'épisode est complété par une back-up story écrite par Amy Chu et mettant en scène Nico Minoru, membre des Runaways, avec en guest-star Dr. Strange. Je vais être honnête en avouant avoir renoncé à la lire parce que c'est dessiné dans un style manga par Tokitoro. Et moi, le manga, désolé, mais je n'y arrive vraiment pas.

jeudi 4 mai 2023

DOCTOR STRANGE #2, de Jed MacKay et Pasqual Ferry


Sorti la semaine dernière, j'avais gardé au chaud ce deuxième épisode de Doctor Strange car je manquais de motivation pour en parler après d'autres lectures décevantes. Mais c'est un mal pour un bien puisque je vais en rédiger la critique au milieu de parutions ayant en commun la magie. Et ce sera l'occasion de louer les efforts de Jed MacKay et Pasqual Ferry.


Sollicités par Moon Knight, Doctor Strange et Clea investissent le royaume de Cauchemar pour sauver une fillette. Mais sur place, l'ennemi n'est pas celui qu'il s'attendaient à trouver puisqu'ils sont confrontés à des doubles maléfiques d'eux-mêmes. Et surtout ils devinent qu'une menace plus grande est à l'oeuvre.


Hier, je vous parlai de la relance de Shazam ! par Mar Waid et Dan Mora et, si tout va bien, demain, ke consacrerai une entrée de ce blog au 5ème numéro de Scarlet Witch par Steve Orlando et Russell Dauterman (avant un retour de lecture imprévu plus tard). Vous l'aurez déduit tout seul : c'est une semaine placée sous le signe de la magie dans les comics.


Je ne prétends pas que c'est prémédité de la part des éditeurs, mais le fait est que Marvel comme DC reviennent vers ces univers et leurs héros - DC après l'event Lazarus Planet, Marvel avant l'event Contest of Chaos. La coïncidence est trop grosse pour en être une justement.
 

Sans oublier que la Warner Bris. (qui appartient au même groupe que DC) a prévu de rebooter la saga Harry Potter en série télé et que Mark Millar poursuit sa saga The Magic Order. Autant dire que si vous n'appréciez pas ce type de récits, ce n'est pas une bonne période.

Pour ma part, j'ai toujours été intéressé moins par la magie que par l'illusionnisme et la prestidigitation, dont l'Histoire grouille d'aventures extraordinaires. La magie, c'est autre chose, qui relève davantage du grand spectacle, de la fantaisie, et souvent les illusionnistes n'aiment pas qu'on les qualifie de magiciens car ils trouvent cela trop folklorique, trop caricatural.

Bref, pour goûter aux histoires avec de la magie, il faut accepter quelques conventions littéraires. le Doctor Strange est bien évidemment le magicien le plus célèbre et le plus puissant de l'univers Marvel, mais son titre de docteur renvoie aussi à ses origines de chirurgien qu'un grave accident empêcha de pratiquer et qui se tourna vers les arts occultes dans l'espoir d'une guérison miracle.

Un docteur va au chevet de patients pour les examiner, poser un diagnostic et prescrire des traitements. Jed MacKay respecte ce schéma à la lettre dans ce numéro puisque Moon Knight, avec lequel il entretient pourtant des relations distantes (alors que MK apprécie et est apprécié de Clea), le sollicite pour le cas d'une fillette sujette à des cauchemars violents. MK s'en serait bien chargé seul mais sa psyché dérangé aurait fait courir un risque plus grand encore à l'innocente.

Jed MacKay axe aussi sa série sur le couple Strange-Clea et établit leurs champs de compétences respectifs. Strange est donc un médecin, mais Clea est une guerrière. Strange est un stratège, Clea son bras armé. Là aussi, le récit suit scrupuleusement la caractérisation des personnages et donc Clea combat pendant que Strange cherche la faille et le remède.

En pénétrant dans le royaume de Cauchemar, le scénario rappelle aussi l'affrontement qui a opposé par deux fois ce dernier à Jean Grey (la télépathe des X-Men a sèchement corrigé son vis-à-vis). Mais MacKay nous conduit sur une fausse piste car Cauchemar est dans un sale état et que ce qui agresse la fillette protégée par Moon Knight est bien plus vicieux. A la fin de l'épisode, Wong intervient brièvement pour rappeler ce qui s'est passé lors du dénouement du précédent chapitre, ce qui met Clea dans une situation délicate.

Résumons : Jed MacKay mène très intelligemment sa série, on vérifie qu'il anime proprement ses héros dont la dynamique conjugale est vigoureuse, et que ses intrigues suggèrent une menace plus grande qu'il n'y paraît. On ne perd pas de temps puisque tout ça est mis en place en seulement deux numéros, mais en même temps l'auteur profite du fait qu'il écrit Strange (Stephen ou Clea) depuis un bon moment maintenant.

Visuellement, Pasqual Ferry permet à MacKay de s'appuyer sur un artiste capable de donner corps à des environnements et des manifestations de pouvoirs à la hauteur de son imagination. Doctor Strange a vu passer des dessinateurs de haut niveau, depuis Steve Ditko jusqu'à Chris Bachalo en passant par Paul Smith. Ferry impose sa vision sans trembler.

Ferry a en effet cette particularité d'avoir un trait tout en courbes, en circonvolutions, alors même qu'il travaille avec une tablette graphique. Ainsi échappe-t-il à ce qu'on reproche souvent à ce type de technique, une certaine froideur. Cela prouve surtout, encore une fois, que peu importe au fond l'outil, c'est la manière dont l'artiste s'en sert qui fait la différence.

Strange et Clea revêtent une élégance presque aristocratique, affichant une sorte de flegme, de force tranquille qui rassurent le lecteur et leur donne l'air de détectives de l'occulte. Les décors dans lesquels ils évoluent contrastent avec ce détachement puisqu'on a affaire à des paysages torturés ou épurés, mais qui partagent un aspect inquiétant, torturé. Les couleurs appliquées par Matt Hollingsworth adoucissent cette impression tout conservant l'étrangeté nécessaire à ces environnements.

Le découpage est plutôt sage, très fluide, sans doute pour ne pas que le lecteur soit trop perdu, et en accord avec l'écriture simple et souple.

C'est vraiment très agréable, prenant, singulier. Peut-être pas révolutionnaire ou assez imprévisible, mais la volonté affichée du beau et du character's driven ne saurait être reprochée aux auteurs.

jeudi 23 mars 2023

DOCTOR STRANGE #1, de Jed MacKay et Pasqual Ferry, avec Andy MacDinald


Les comics ont horreur du vide et donc, après une série qui s'achève (hier : GCPD : The Blue Wall), aujourd'hui une autre qui démarre. Ou redémarre, plus exactement. Car Jed MacKay n'est pas seulement le scénariste qui monte chez Marvel, c'est aussi un homme qui a de la suite dans les idées. Et qui est en bonne compagnie puisqu'il peut se reposer sur un artiste né pour dessiner Doctor Strange : Pasqual Ferry.


Stephen Strange is back ! En son absence, sa femme, Clea, a endossé son rôle, fait me ménage dans la division magique du SHIELD, a permis à des réfugiés de dimensions magiques de venir sur Terre. A présent, après avoir été consulté par quelques amis, Doctor Strange et Clea vont devoir se mêler d'un accord passé entre la Grande-Bretagne et Aggamon, sorcier suprême de la dimension pourpre, pour récupérer des esclaves...
 

Retenez bien son nom : Jed MacKay. Dans les moins (les années ?) à venir, il va compter pour les fans des comics Marvel puisque c'est lui qui va succéder à Jason Aaron en Mai prochain sur le titre Avengers. Une promotion pour cet auteur pugnace qui s'est d'abord fait remarquer avec des héros délaissés.


En effet, depuis maintenant presque deux ans, il est aux commandes de Moon Knight et avant ce relaunch de Doctor Strange, c'est déjà lui qui avait signé la mini-série La Mort de Doctor Strange (2021) puis la série régulière Strange (2021-2023) avec Clea dans le rôle du sorcier suprême. On peut donc dire que Jed MacKay (qui a aussi oeuvré depuis plusieurs années sur plusieurs projets Black Cat) a de la suite dans les idées.


Toutefois ça n'a pas dû être si fréquent qu'un même auteur ait dû tuer un personnage et écrive son retour dans le monde de vivants comme c'est le cas avec Stephen Strange. Mais ça fait partie, finalement, de l'intérêt de cette nouvelle série car la question se pose de savoir comment il s'en sort.

Je n'ai pas lu La Mort de Doctor Strange ni Strange, n'ayant jamais cru que Marvel se passerait longtemps du personnage et aussi parce qu'il faut bien dire que si La Mort... était illustré par Lee Garbett (que j'apprécie), Strange était mis en images par le médiocre Marcello Ferreira. Par contre, la présence au générique de Pasqual Ferry pour Doctor Strange a positivement pesé dans mon envie d'investir sur cette relance.

Car, même si c'est une formule facile, Ferry est né pour dessiner le sorcier suprême. Ces derniers mois, l'artiste espagnol a fait un retour très concluant au premier plan dans l'excellente mini Namor the Sub-Mariner : Conquered Shores (écrite par Christopher Cantwell) et le voir enchaîner sur Doctor Strange m'a fait plaisir : ça montre, selon moi, qu'il est motivé et qu'il se sent inspiré par ce héros.

Le trait fin, délié, de Ferry convient à la perfection à cet univers mystique, avec des trolls, des gobelins et autres créatures bizarres, mais aussi des mages, des sorciers, et autres puissants occultistes. Sa manière de composer des plans impeccables et de bâtir des architectures subtilement baroques, soulignée par les couleurs nuancées de Matt Hollingsworth, est idéal pour un titre pareil.

Dès les premières pages, on sent que Ferry a le personnage bien en main : il représente Strange avec une classe et un soupçon de malice jubilatoires. Il rend d'ailleurs au sorcier son look original, avec cette fine moustache (et plus de barbe) comme l'avait créé Steve Ditko. Idem pour Clea qui est le feeu sous la glace, altière et volcanique à la fois. Tout ça vit dans le dessin de Ferry avant même qu'on lise le texte de MacKay. Et aussi parce que le dessinateur ne verse pas dans l'exubérance grâce à un découpage très maîtrisé où ce qui se passe à l'intérieur des cases n'a pas besoin de déborder pour émerveiller ou inquiéter (en ce sens, c'est l'exact opposé de ce qu'avait produit Chris Bachalo sur le run écrit par Jason Aaron, par ailleurs tout aussi recommandable).

Le regard séduit, on s'attache à ce que raconte le scénario. Ce premier épisode consacre une large part au retour aux affaires de Stephen Strange, sans s'attarder sur ce qui s'est passé dans les pages de Strange (une seule planche résume cela, très laconiquement). Ce qui faut savoir est rappelé en quelques lignes et ça suffit.

On peut y voir une certaine désinvolture de la part de MacKay, mais je crois plutôt qu'il a jugé inutile de s'appesantir sur des explications concernant le retour, la résurrection de Stephen Strange, qui de toute façon auraient échouer à convaincre. On meurt tellement fréquemment dans le Marvel-verse qu'il est désormais superflu de justifier qu'on peut revivre moins de deux ans après être passé.

Stephen Strange se montre donc étonnamment léger mais conscient de ses responsabilités. Et c'est là, la bonne idée de Jed MacKay : rappeler que Strange est un docteur, avec des consultations, des opérations à effectuer, et qu'en qualité de sorcier suprême, il a des devoirs. On le voit donc répondre aux appels de ses amis comme Spider-Man, Luke Cage, Black Cat, Daredevil et même rendre visite au Doctor Fatalis (pour, là, une mention explicite à la série Strange dans laquel le maître de la Latvérie avait réclamé le titre de sorcier suprême en apprenant que Clea en avait hérité).

En quelques pages, au ton amusé et amusant, MacKay adresse des clins d'oeil à ses propres séries (Black Cat, Moon Knight) et à celles de ses collègues (Spider-Man, Daredevil), histoire de situer dans la continuité sa propre production et le fait que Strange est à nouveau disponible. Puis tout bascule, très vite.

Un ennemi (Aggamon, sorcier suprême de la dimension pourpre) commerce avec le Royaume-Uni pour récupérer des esclaves provenant de royaumes mystiques. Clea et Stephen s'interposent. C'est là que démarre vraiment l'intrigue à venir avec un cliffhanger accrocheur. On notera qu'entre Doctor Strange et la franchise X, les anglais ne sont pas présentés sous un jour flatteur (anti-mutants, en rapport avec un sorcier esclavagiste)... Et aussi que Stephen et Clea ont une relation animée par leurs conceptions divergentes quant à la manière de régler une crise.

J'ignore si ce sera le cas dans les prochains n° mais celui-ci est agrémenté d'une back-up story mettant en scène Wong qui officie désormais pour une branche dédiée à la magie au sein du S.H.I.E.L.D., le W.A.N.D. (Wizardry Alchemy Necromancy Department), mais dont l'activité va l'amener à s'intéresser à l'affaire de Strange.


Hélas ! Visuellement, c'est beaucoup moins agréable que les planches de Ferry puisque c'est Andy MacDonald qui dessine. Mais bon, ce ne sont que 7 pages...

En tout cas, ce relaunch me plaît bien, beaucoup même. Tant que Ferry tient le rythme, j'en serai. Mais sans négliger la qualité d'écriture de McKay.

mercredi 27 mars 2019

MCU (MARVEL CINEMATIC UNIVERSE) TIMELINE

Et si on révisait un peu notre MCU un mois avant
la sortie en salles de Avengers : Endgame ?


Naissance des Pierres d'Infinité à la suite d'irrégularités cosmiques
prééexistantes à notre univers.


Le Collectionneur et le Grand Maître prennent vie
en même temps que la planète pensante Ego.


Chute d'une météorite de Vibranium sur Terre, 
qui deviendra la ressource du Wakanda.


- 2988 :
Odin empêche la destruction des Neuf Royaumes par
Malekith et les Elfes Noirs. Il emprisonne sa fille Héla qui
s'était retournée contre lui.
- 965 :
- Après une bataille contre les Géants des Glaces, il adopte Loki.


1940 :
Johan Schmidt devient Crâne Rouge à cause d'un sérum
du Super-Soldat défaillant.


1942 :
Crâne Rouge trouve le Tesseract en Norvège.


1943 :
Steve Rogers devient Captain America.


1945 :
Capture de Arnim Zola.
"Mort" de Bucky Barnes.
Captain America affronte Crâne Rouge qui se téléporte
sur Vormir grâce au Tesseract.


1949 :
Bucky Barnes, récupéré par les Russes, devient le Soldat de l'Hiver.


1978 :
Ego prend forme humaine et rencontre Meredith Quill sur Terre.
Elle donnera naissance à Peter Quill/Star-Lord.


1984 :
Hank Pym met au point la combinaison de Ant-Man.


1987 :
Thanos adopte Gamora et Nebula dont il a tué les parents.
Janet Van Dyne est piégée dans le Monde Quantique.


1988 :
Mort de Meredith Quill.
Peter Quill est recuelli par Yondu Udonta.


1989 :
Démission de Hank Pym du S.H.I.E.L.D. à qui il refuse
de livrer le secret de ses particules rétrécissantes.
Assassinat de Howard et Maria Stark par le Soldat de l'Hiver.


1995 :
Retour sur Terre de Carol Danvers en tant que Captain Marvel.
Rencontre avec Nick Fury.
Découverte de la présence de Skrulls infiltrés.


2005 :
Exposition aux rayons Gamma de Bruce Banner qui devient Hulk.


2010 :
Prise d'otage de Tony Stark en Afghanistan. 
Création de la première armure de Iron Man.


2011 :
Affrontement Thor-Loki.
Tony Stark devient consultant pour le SHIELD.
dans le cadre de l'Initiative "Avengers".


2012 :
Bataille de New York entre les Avengers et Loki allié aux Chitauri.


2013 :
Retour de Malekith pour la conquête de l'Ether.


2014 :
Affrontement entre Captain America et le Soldat de l'Hiver.
Nick Fury et Black Widow découvrent que le SHIELD est infiltré par l'HYDRA.


2015 :
Les Gardiens de la Galaxie affrontent successivement
Ronan l'Accusateur puis Ego.
Captain America et le Faucon capturent le Soldat de l'Hiver.


2015 :
Création de Ultron par Tony Stark et Bruce Banner.
Ultron est vaincu par Vision, né de la fusion 
de la Pierre de l'Esprit et de l'Intelligence Artificielle
J.A.R.V.I.S..


2016 :
Vote de la loi de recensement de super-héros.
Schisme au sein des Avengers.
Stephen Strange part au Népal apprendre la magie auprès de l'Ancien.


2017 :
Le Dr. Strange piège Dormammu dans une boucle temporelle et sauve la Terre.
Hank Pym avec l'aide de Scott Lang et Hope Van Dyne ramène Janet Van Dyne 
du Monde Quantique.


2017 :
T'Challa devient Black Panther et roi du Wakanda.
Son cousin Killmonger lui dispute le trône.


2017 :
Mort d'Odin. 
Hela affronte Thor, Loki, Hulk et Vakyrie.
Destruction d'Asgard.


2018 :
Thanos rassemble les Pierres d'Infinité.
Extermination de la moitié de la population de l'univers pour rétablir l'équilibre.
Nick Fury envoie un S.O.S. à Captain Marvel.
Ant-Man est coincé dans le Monde Quantique.


2019 :
"Avenge the Fallen."