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samedi 8 août 2015

Critique 684 : AVENGERS NOW ! #3 (Août 2015)

Avengers Now ! #3 :

- Superior Iron Man #4 : Odieusement supérieur (4) (Tom Taylor / Yildiray Cinar):

A San Francisco, le duel entre Iron Man et Daredevil se poursuit, d'autant plus que le premier surveille désormais toute la ville grâce à des drones et qu'il héberge la jeune Abomination, dans un but secret. Le SHIELD tente de s'en mêler avant de reculer.

La série écrite par Tom Taylor peine toujours autant à décoller et se cantonne depuis le début à un affrontement entre Iron Man, devenu plus arrogant et agressif, et Daredevil, basé comme lui à San Francisco. Ce combat ne manque pas de sel, mais il est certain que Mark Waid (le scénariste de la série Daredevil) lui aurait apporté plus d'intensité.
Néanmoins, il faut admettre que le cliffhanger est glaçant. Mais bon, le titre connaîtra sans doute une meilleure direction quand Brian Bendis le reprendra (avec David Marquez, à partir d'Octobre en v.o., courant 2016 chez nous).

Yildiray Cinar s'essouffle aussi sensiblement, puisqu'il a besoin de deux encreurs pour achever ses planches (le vétéran Tom Palmer et Cory Hamsher). Le dessin demeure, malgré ces renforts, d'un niveau moyen, à l'image de l'histoire.

On a du mal à voir dans ce run autre chose qu'une période de transition, surfant le succès du Superior Spider-Man de Dan Slott et du twist balourd de la saga Axis de Rick Remender.
   
- Thor #3 : Lorsque les seigneurs de glace déclarent la guerre (Jason Aaron / Russell Dauterman):

Thor, la nouvelle déesse du tonnerre, toujours privée de Mjolnir, affronte les géants de glace qui veulent la supprimer et récupérer le crâne de leur défunt roi, Laufay, détenu par le patron de la Roxxon. Ce dernier dévoile son surprenant secret à l'elfe noir Malekith, complice des géants, juste avant que Thor Odinson ne fasse son retour.

Jason Aaron, si on examine bien sa série depuis le début, ne raconte pas grand-chose, mais il le raconte bien, avec beaucoup de nerf, ce qui fait (presque) tout passer. Le petit jeu sur l'identité de la nouvelle Thor est toujours efficace, et en s'inscrivant dans un fantastique échevelé (avec l'apparition du Minotaure, en plus des géants de glace et de Malekith), le dépaysement est garanti, bien que l'action se situe dans un lieu unique.
Tout ça affiche un potentiel... Du tonnerre (je sais, c'est facile, mais c'est vrai).

Les dessins de Russell Dauterman conservent une puissance exceptionnelle, seulement amoindrie par quelques plans parfois confus, trop chargés. Si l'artiste se calmait avec ses découpages inutilement tarabiscotés et éclaircissait ses compositions, ce serait irréprochable. Mais le garçon a du talent et de l'audace : Thor n'a pas seulement changé de genre, il a repris des couleurs et de la vigueur.

- All-New Captain America #3 : Le réveil de l'Hydra (3) (Rick Remender / Stuart Immonen):

Sam Wilson découvre le cadavre égorgé de Nomad puis affronte Sin, la fille de Crâne Rouge, qui essaie de le convaincre que, depuis ses origines, il a été manipulé pour espionner Steve Rogers. Cependant, l'Hydra, mené par le Baron Zémo, enclenche son terrible plan visant à stériliser l'humanité.

All-New Captain America ressemble au mode d'emploi du logiciel de Rick Remender : bastons sur un tempo d'enfer, flash-backs introductifs particulièrement mélodramatiques, voix-off assommante, tentation de retcon...
Tout ça possède une efficacité indéniable. Pourtant, le héros n'en ressort pas ni plus attachant, l'intrigue s'étire artificiellement. On éprouve la sensation tenace que l'auteur gagne du temps sans savoir où il veut en venir, sinon justifier par des actions spectaculaires la capacité de Sam Wilson à incarner Captain America. Pour ma part, ça m'ennuie. 

La série a de la chance d'avoir Stuart Immonen aux dessins car l'artiste confère au script un sacré dynamisme. Mais, en même temps, c'est assez désolant de voir un tel dessinateur cantonné à des pages et des pages de bagarre, avec des personnages grimaçants, le tout sous une colorisation épouvantablement sombre.

Comme Iron Man, tout laisse espérer que la reprise du titre par Nick Spencer et Daniel Acuña aura plus de relief et d'originalité. 

- Hulk #8-9 : L'oméga Hulk (4-5) (Gerry Duggan / Mark Bagley):

Doc Green/Hulk continue à traquer tous ceux qui ont été exposés aux rayons gamma et s'oppose à présent à Betty Ross. Il doit aussi demander l'aide de Kitty Pryde pour se débarrasser d'une tumeur causée par le virus extremis de Tony Stark. Peu après cette opération, il a la vision de son futur - et de celui des autres super-héros qu'il a fréquenté durant toute sa carrière.

Si l'on juge une série sur la ligne maintenue entre son projet et le résultat (ce qu'on lit à chaque épisode), alors, aussi étonnant que ça puisse paraître, le Hulk de Gerry Duggan est le titre le plus solide de la revue.
L'argument n'a rien de renversant mais il est fidèlement traité, avec une efficacité jamais prise en défaut, ça va vite, il y a de l'action, du sens, des surprises, des développements intéressants. Difficile à la fois de trouver un défaut à cette entreprise élémentaire mais vigoureuse et de comprendre comment le même auteur écrit (dans la revue "Les Gardiens de la Galaxie") le nullissime Nova.

Mark Bagley produit le même sentiment : ce n'est pas la nouvelle star ni un artiste virtuose, mais pour ce job, il remplit parfaitement son rôle en livrant des pages qui se lisent facilement, qui ont du punch. C'est aussi basique que l'histoire et c'est justement pour cela que ça fonctionne. 

Bilan : une drôle de revue décidément - Thor de Aaron et Dauterman domine le lot, mais Hulk de Duggan et Bagley surprend très agréablement. Immonen et Remender ne sont pas au top avec Captain America, comme s'ils ne faisaient que passer. Et Superior Iron Man reste d'un opportunisme grossier, très dispensable. 
Avengers Now ! ne prendra certainement son envol qu'après la saga Secret Wars, avec de nouvelles équipes artistiques, de nouvelles orientations (même si Hulk aurait gagné à conservé ses auteurs actuels). Du coup, je vais certainement arrêter les frais en attendant cette prochaine version de la revue.

vendredi 10 juillet 2015

Critique 662 : AVENGERS NOW ! #2 (Juillet 2015)

 AVENGERS NOW ! #2 :

- Superior Iron Man #3 : Odieusement supérieur (3) (Tom Taylor / Yildiray Cinar) :

Tony Stark, dont la personnalité a été altérée par un super-vilain aux pouvoirs mentaux, s'est donc établi à San Francisco où il commercialise le procédé Extremis, donnant une meilleure condition physique à ses acheteurs. Daredevil se dresse sur sa route mais Iron Man lui rend alors la vue provisoirement en espérant le raisonner...

Après les deux premiers épisodes dans le précédent numéro, la série écrite par Tom Taylor ne connaît pas d'amélioration notable : si l'idée de faire de Stark un personnage dont le caractère odieux est désormais assumé, celle de vouloir maîtriser Daredevil en lui rendant la vue n'est pas originale (Matt Murdock a déjà connu cette expérience lors de sa rencontre avec le Beyonder, à la fin des années 80, quand Denny O'Neill et David Mazzucchelli réalisaient sa série).
La situation est d'ailleurs peu et mal exploitée, et Taylor compose avec une deuxième ligne narrative (avec le jeune Abomination) aussi dénuée de relief (sans parler du rôle de Miss Hulk, bien tolérante avec ce Iron Man borderline).

Les dessins de Yildiray Cinar (encré par Ruy José et Juan Velasco) sont d'une qualité très moyenne, avec un découpage paresseux (la majorité des séquences étant représentée du point de vue de DD sans être bien maîtrisée).

Il faudrait un miracle pour que ce run, fondé sur un argument aussi médiocre, aboutisse à de meilleurs épisodes, avec une intrigue passionnante.  

- Thor #2 : La déesse du tonnerre (Jason Aaron / Russel Dauterman) :

C'est donc une femme qui est désormais digne de brandir le marteau enchanté Mjolnir et devient de facto Thor, la déesse du tonnerre. Qui est-elle, celle qui se cache derrière ce masque ? La réponse attendra car elle doit affronter Malekith allié aux géants de glace en train d'attaquer la Terre...

Jason Aaron a, sinon du génie, en tout cas une remarquable aptitude à aborder un titre avec un angle inattendu mais simple : ici, il choisit donc d'animer une déesse du tonnerre tout en dissimulant son identité. Résoudre ce mystère est déjà accrocheur. Mais le scénariste ne s'arrête pas là puisqu'il plonge son héroïne aussitôt dans le feu de l'action : la suite de scènes spectaculaires qui rythme cet épisode est d'une efficacité à toute épreuve et se clôt sur un suspense imparable.

Russell Dauterman livre une prestation un peu inégale : à des planches aux cases somptueuses en succèdent d'autres parfois plus confuses, avec des angles de vue périlleux, une lisibilité défaillante. Mais l'artiste a un talent réel et l'exprime bien dans cette aventure dont il maîtrise bien l'esthétique (qu'il s'agisse de la féminité déterminée de Thor comme de la stature imposante des géants de glace, avec des affrontements en intérieurs intenses).  

Très prometteur décidément.

- All-New Captain America #2 : Le réveil de l'Hydra (2) (Rick Remender / Stuart Immonen) :

Sam Wilson alias Captain America est dans de sales draps : il doit affronter la nouvelle Hydra dirigée par le Baron Zémo et espérer sauver de ses griffes le jeune Lucas. Contraint de laisser Ian Rogers/Nomad couvrir sa retraite, il est pourchassé par Crossbones. Mais il découvre à la fois le plan secret de l'ennemi et une alliée inattendue dans la cité de Bagalia où ils ont été téléportés...

Rick Remender accélère nettement dans ce 2ème chapitre : ponctué par une bagarre épique entre le nouveau Captain America et Crossbones, le récit se dévoile et l'intrigue s'étoffe considérablement. Les enjeux ne sont pas très originaux (ils sentent même fort le réchauffé chez Remender) mais on ne s'ennuie pas et il plane sur tout ça une incertitude quant à l'issue de la bataille qui est assez plaisante (le héros est vraiment en difficulté).
Ce qui est franchement plus agaçant reste l'emploi de la voix-off, envahissante et inutile, au point qu'elle pollue la lecture : difficile d'imaginer que Sam Wilson peut autant cogiter en se battant... Et le comble, c'est que la révélation la plus percutante intervient dans un dialogue bien plus bref et vif entre lui et Misty Knight. 

Stuart Immonen adapte visuellement ce récit avec une énergie toujours aussi folle : je ne raffole pas du trait plein de hachures qu'il a adopté pour ces épisodes (un parti-pris assumé par l'artiste, fidèle à sa manie d'adapter son style à chaque nouveau projet), mais on ne peut qu'être impressionné par ses planches où la variété des cadres, les compositions nerveuses, emportent tout sur leur passage.
Dommage que la colorisation de Marte Gracia soit aussi sombre et nuise à la lisibilité - un comble pour un storyteller de la trempe d'Immonen.

Y a du mieux : ce n'est pas parfait, mais c'est accrocheur. 

- Hulk #6-7 : L'oméga Hulk (3-4) (Gerry Duggan / Mark Bagley) :

Ne l'appelez plus Hulk ou même Bruce Banner, mais Doc Green - et il s'est fixé une mission simple : priver de leurs pouvoirs tous ceux qui ont été atteints par les rayons gamma. C'est ainsi qu'A-Bomb puis Skaar subissent des changements radicaux. Ce qui ne plaît guère aux futures cibles du colosse de jade...

Bien qu'il soit déplorable que Panini n'ait pas ajusté sa programmation pour que cette histoire démarre dès le premier numéro de la revue, il est néanmoins heureux que le scénario de Gerry Duggan soit suffisamment simple pour qu'on en intègre l'enjeu immédiatement.
Le dispositif est simple et c'est sa principale qualité car ce qui le motive est à l'évidence d'abord éditorial (se débarrasser de la tripotée de personnages liés aux rayons gamma et qui sont en fait des avatars plus ou moins inspirés, mais surtout désormais encombrants, de Hulk). Riche en action, le récit se déploie sur un rythme soutenu tout en entretenant un mystère bienvenu sur une motivation secrète du héros (qui n'agit visiblement pas seulement pour sécuriser la population) et annonce de futurs affrontements épiques (avec Red Hulk et Red She-Hulk).

Mark Bagley est le dessinateur parfait pour ce genre d'histoire et de personnages : son dessin n'a rien de génial, mais il correspond bien au cahier des charges, avec des séances de bourre-pifs tonitruantes, au pas de charge. Etonnant en vérité qu'il n'ait pas animé Hulk avant.

Bilan : même si tout n'est pas fameux dans cette revue, ce 2ème numéro est plus satisfaisant que le premier. A la lumière des récentes annonces concernant les titres de son sommaire telles qu'ils seront après la saga Secret Wars, on peut même compter sur des relaunchs très prometteurs, qui donneront encore meilleure allure aux quatre séries.  

mercredi 3 juin 2015

Critique 633 : AVENGERS NOW ! #1 (Juin 2015)

Peu après l'acquisition du dernier n° de Batman Saga (#37), je persévère dans mon effort pour me réconcilier avec les revues de super-héros. La parution d'un nouveau titre édité par Panini (qui lance des mensuels à la moindre occasion, sous les prétextes les plus bidons), réunissant quelques Avengers emblématiques, m'a fourni l'occasion.
Alors, que vaut ce Avengers Now ! #1 ?
*
AVENGERS NOW ! #1 :

- Superior Iron Man #1-2 : Odieusement supérieur (1-2) (Tom Taylor / Yildiray Cinar) :

Tony Stark a déménagé à San Francisco et il monnaie une application qui rend ceux qui l'achètent beaux et confiants. Daredevil, qui opère dans la même ville, n'apprécie pas et va tenter de raisonner Iron Man...

Durant la saga Axis (traduite en ce moment en v.f.), Tony Stark devient donc une sorte de super-héros odieux et décide de s'établir à San Francisco pour son business. Comme Daredevil est dans le même coin, le clash est inévitable.
Sur cette idée qui est aussi bête que revue (depuis quand un scénariste a-t-il fait l'effort d'écrire Stark autrement que comme un type antipathique ? Et quand est-ce qu'un editor de Marvel aura le bon sens d'initier une histoire où les Avengers décideront une fois pour toutes de le calmer ?), Tom Taylor (transfuge de DC) lance donc ce Superior Iron Man, ostensiblement conçu sur le modèle du Superior Spider-Man animé par Dan Slott (où Dr Octopus avait envahi la psyché de Peter Parker).
Sur le fond, pourquoi pas ? Par ailleurs, c'est rythmé, pas ennuyeux, mais on a le sentiment que ça ne va pas au bout de son intention (faire d'Iron Man un vrai saligaud), et surtout ça empiète sur la série Daredevil par Mark Waid (déjà souvent parasité par des crossovers moyens).

Les dessins de Yidiray Cinar sont moyens. Pas mauvais, mais rien qui sorte de l'ordinaire (là encore, depuis combien de temps Iron Man n'a-t-il pas eu un vrai bon artiste ? Roberto De La Torre lors du run mésestimé des père et fils Knauf ?).

Bref, rien de neuf sous le soleil : pas original, pas très bien exécuté. 

- Thor #1 : S'il en est digne (Jason Aaron / Russel Dauterman) :

Thor Odinson est devenu indigne de brandir son marteau Mjolnir. Le sort est si puissant que même Odin ne peut le briser ! Qui est donc cette fille qui va lui succéder, le visage caché sous un casque ? Et saura-t-elle vaincre Malekith allié aux géants des glaces qui surgissent des profondeurs de la mer de Norvège ?

Jason Aaron a clos son précédent run sur Thor avec un twist directement issu de la saga Original Sin où le nouveau Gardien (Nick Fury en place d'Uatu : quelle idée stupide...) a murmuré quelque chose de suffisamment terrible à Thor pour qu'il ne puisse plus soulever son marteau magique.
Avec ce relaunch, les cartes son redistribuées et le scénariste s'appuie sur une astuce accrocheuse en introduisant une femme comme successeur du dieu du tonnerre. Qui est-elle ? Je suis trop curieux et impatient (et surtout j'étais trop peu sûr de lire cette nouvelle série) donc j'ai découvert qui c'était (mais je ne vais pas vous faire le coup de l'ouvreuse. Patientez seulement jusqu'au 8ème épisode) : le résultat est malin, sans être révolutionnaire.
Et ce premier épisode est au diapason : efficacement mené, mais très bavard, il souligne la tendance lourde de Marvel actuellement - la substitution (de nouveaux personnages empruntent ou héritent ou pervertissent le nom de héros bien connus).

Visuellement, Russel Dauterman (révélé par la série Prophet chez Image) produit de belles planches, même si son découpage alterne le bon et le médiocre (des vignettes à la composition quasi-illisibles, noyées par des détails superflus et une colorisation appuyée). Toutefois, son style a du caractère, ce quelque chose qui accroche le regard et sort de l'ordinaire.

- All-New Captain America #1 : Le réveil de l'Hydra (1) (Rick Remender / Stuart Immonen) :

Après qu'un adversaire l'ait privé des effets du sérum du super-soldat, Steve Rogers est devenu un septuagénaire incapable d'assumer son rôle de Captain America et a transmis le flambeau à son ami Sam Wilson alias le Faucon (qu'il continue de piloter en coulisses).
En infiltrant avec Nomad (le fils adoptif de Rogers depuis son séjour dans dimension Z d'Arnim Zola) une base de l'Hydra où est retenu un enfant, le nouveau Cap affronte Batroc puis se trouve piégé dans la même pièce que le baron Zémo, Sin, Crossbones et la Société des Serpents !

J'ai pour le travail de Rick Remender des sentiments très partagés : d'un côté, il a du savoir-faire pour lancer des intrigues à tiroirs très nerveuses, mais de l'autre, il les développe de façon souvent outrageusement longue, avec la fâcheuse manie de vouloir traiter des conséquences de la vie violente des super-héros tout en écrivant des récits justement très complaisants avec la violence.
Je n'ai lu que le dernier arc de son précédent volume de Captain America, à l'image de sa production - musclé mais inégal, avec des dialogues médiocres. Comme à son habitude (une habitude qui est en fait une vraie manie chez lui), ce premier épisode est d'abord une longue course-poursuite avec une baston spectaculaire et un cliffhanger "hénaurme". Une voix-off aussi omniprésente qu'inutile et un zeste de gros pathos n'incitent guère à l'indulgence.

Comme Remender est devenu un auteur qui compte pour Marvel, il dispose pour son premier arc d'un dessinateur de premier rang : Stuart Immonen a lâché All-New X-Men pour cette nouvelle commande (il n'y sera resté toutefois que six épisodes, désormais il va se consacrer à une série Star Wars). 
J'aime beaucoup ce que fait le canadien d'habitude, et il livre encore des planches stupéfiantes, d'une énergie folle, avec un découpage aussi débridé que maîtrisé. Néanmoins, son trait est parfois inutilement chargé en hachures, et surtout peu gâté par une colorisation qui manque de nuances (la "griffe" de Marte Gracia et d'Eduardo Navarro).  

- Hulk Annual #1 : Vista, le commencement (Monty Nero / Luke Ross, Patrick Goddard, Le Beau L. Underwood, Mark Laming) :

Bon, là, j'ai pas le courage de résumer ce machin. Panini n'a rien trouvé de plus malin que publier cet Annual qui n'est évidemment pas réalisé par l'équipe créative en charge de la nouvelle série Hulk (désormais débarrassé de Bruce Banner, donc aussi intelligent que puissant), le scénariste Gerry Duggan et le dessinateur Mark Bagley.

Pour pondre ces 30 (!) pages, ils s'y sont mis à cinq (un auteur, cinq dessinateurs : pas un pour sauver l'autre), c'est d'une nullité affligeante, très laid aussi. Si c'est censé donner envie, je suis dubitatif.
*
Bilan : moyennement convaincu. Tout ça demande à être confirmé sur au moins un deuxième numéro, mais je ne suis pas très motivé. Et à l'allure où Marvel aligne ses events désormais, avec l'impact que cela a sur ses personnages, et les mouvements des auteurs (surtout des artistes) à quoi ressembleront ces séries dans quelques mois ? La "Maison des Idées" gagnerait à cesser de vouloir réinventer la roue tous les six mois en relaunchant ses titres au même rythme - moi, c'est ce qui m'a déjà lassé récemment.