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dimanche 16 juillet 2023

WE OWN THIS CITY : nouveau chef d'oeuvre du duo Simon-Pelecanos


Diffusé en 2022 sur HBO (et en France sur OCS), We Own This City est une nouvelle démonstration de force par le duo David Smion - George Pelecanos, déjà à l'oeuvre sur The Deuce et The Wire, et dont l'action se situe, comme pour cette dernière, dans la ville de Baltimore. Cette fois, les deux auteurs s'attachent à une histoire vraie, un énorme scandale dans la police corrompue durant les années 2003 à 2017. Passionnant et effrayant.

Attention : ce qui suit contient des spoilers !

Le résumé replace l'intrigue dans son ordre chronologique alors que la série a une narration éclatée.


2003 : Wayne Jenkins intègre les forces de police en uniforme de la police de Baltimore. Un collègue expérimenté lui conseille d'oublier tout ce qu'on a pu lui enseigner à l'académie s'il veut avoir une chance de survivre dans la rue. 2004 - 2006 : l'exercice sur le terrain rend Jenkins de plus en plus brutal. Son collègue, Sean Suiter, est témoin des vols qu'il commet lors d'arrestations arbitraires sur des suspects afro-américains et sur lesquels leur hiérarchie ferme les yeux. Suiter de voit proposer par Jenkis 50 000 $ en échange de sa complicité. Daniel Hersln un autre agent en uniforme, mis en cause dans plusieurs affaires de violences policières, est muté dans la brigade de Jenkins.


2010 : Jenkins et sa bande multiplient les irrégularités. Il forme avec Hersl, Momodu Gondo, Jemell Rayan un véritable gang aux méthodes dignes des malfrats qu'ils sont pourtant chargés d'arrêter, mais leurs supérieurs ne les freinent pas compte tenu de leurs excellents résultats, s'inscrivant dans une politique de chiffres. 2015 : les officiers David McDougall et Gordon Hawk des Narcotiques enquêtent sur une série d'overdoses à l'héroïne qui les met sur la piste des dealers Aaron Anderson et Antonio Shropshire. Ils surveillent leurs résidences et surprennent un soir Momodu Gondo et Jemell Rayan pénétrer de force chez Anderson pour le dévaliser.
 

McDougall et son collègue Scott Kilpatrick découvrent après avoir mis Shropshire sur écoute qu'il est en affaire avec Gondo pour faire tomber Anderson. Suivant la piste Gondo, ils comprennent que Jenkins revend la drogue saisie mais qu'il escroque aussi les finances de la mairie en faisant payer des heures supplémentaires non remplies pour sa brigade. L'avocate du Bureau des Droits Civiques Nicole Steele arrive à Baltimore pour rédiger un rapport sur la réforme de la police après la mort de Freddie Gray, possiblement tué par la police lors d'un banal contrôle d'identité, et qui a provoqué de graves émeutes.


Nicole Steele au cours d'entretiens qu'elle mène auprès de divers responsables de l'administration locale identifie Daniel Hersl comme l'archétype du flic corrompu et violent mais couvert par la hiérarchie, malgré près d'une cinquantaine de plaintes contre lui. 2016 : Sean Suiter a intégré la brigade criminelle et enquête sur le meurtre d'un paisible père de famille afro-américain. Il fait équipe avec Jaquan Dixon, un jeune agent en uniforme qui connaît bien le quartier où se sont déroulés les faits et qui lui permet de parler avec d'éventuels témoins. Steele se rend compte que les procès sont régulièrement renvoyés à cause de défaut de jurés car beaucoup ne veulent pas témoigner contre des policiers ou ne croient plus dans le système judiciaire. Elle rencontre Hersl qui refuse de répondre à ses questions, niant toute erreur de sa part sur le terrain.


Face à Nicole Steele, le commissaire Davis exprime son dégoût sincère pour des agents comme Hersl mais nuance cela en expliquant que depuis l'affaire Freddie Gray, la police a besoin d'hommes de terrain comme lui car d'autres policiers, constamment filmés par des piétons, ont peur d'être poursuivis lors d'arrestations de routine. C'est ce qui explique pourquoi la possibilité d'une réforme est mal acceptée. Suiter arrête le coupable du meurtre sur lequel il enquêtait avec l'aide de l'agent Dixon. Steele interroge la victime de brutalités commises par Hersl. Plusieurs arrestations injustifiées lui ont coûté son travail. Puis elle parle avec Brian Grabbler, un ex-officier devenu instructeur à l'académie de police, qui a écrit un livre sur les dérives du système. La nouvelle maire, Catherine Pugh, refuse d'augmenter le budget de la police au profit d'oeuvres sociales et exige de Davis qu'il fasse des économies. Celui-ci comprend que ses jours à la tête de l'institution sont comptés.
 

2017 : Les agents du FBI collaborent avec les agents McDougall et Hawk pour monter un dossier solide contre Jenkins et ses hommes à partir de leurs nombreuses compromissions. Ils procèdent à l'arrestation de Gondo puis Rayan qui avouent tout et chargent Jenkins en échange de remise de peine. Suiter est convoqué à son tour pour déposer mais se suicide avant le procès.. L'élection aux Présidentielles de Donald Trump écoeure Nicole Steele qui préfère démissionner en comprenant que jamais le projet de réforme de la police ne sera validée par la nouvelle administration fédérale. Jenkins est arrêté à son tour. Le procès est accablant pour toute la brigade et de lourdes condamnations sont prononcées. Pourtant, cette purge n'aura pas enrayé le fort taux de criminalité à Baltimore, qui reste un des plus élevés du pays.

Durant le générique de fin du sixième et dernier épisode, à mesure que les sentences tombent, on peut voir à l'écran les photos côte à côte des acteurs et des personnes qu'ils ont interprétées dans la série en même temps que la durée des peines qu'on leur a infligés. Ainsi Wayne Jenkins a écopé de 25 ans de prison pour plusieurs chefs d'inculpation.

We Own This City est donc avant tout le portrait de ce policier dont la série retrace le parcours sur une quinzaine d'années. Il a valeur d'exemple. C'est à la fois la force et la limite du show qui, de fait, se focalise essentiellement sur des ripoux et donne le sentiment qu'il n'y a qu'une minorité de flics honnêtes à Baltimore. Toutefois, au fur et à mesure que se reconstitue ce vaste réseau, on comprend que Jenkins n'a été que le révélateur de cette gangrène, celui qui a le mieux intégré un système déjà pourri et n'a pas su s'arrêter, sombrant dans une forme de délinquance d'état et entraînant avec lui toute son équipe, déjà bien contaminée.

Cette matière, très dense, très romanesque, très noire, était idéale pour David Simon et George Pelecanos, deux maîtres du récit policier moderne, qui ont gagné leurs galons avec The Wire, dont l'action se déroulait déjà à Baltimore. En s'emparant de cette histoire authentique, ils ne font pas seulement oeuvre d'historiens mais aussi de sociologues en dressant, à partir d'un groupe d'individus, le portrait d'une cité livrée à des prédateurs féroces, se fichant pas mal des codes d'honneur de leur métier puisque d'autres avant eux en ont largement profité. Le mal est profond et finalement Jenkins et compagnie n'auront été que les derniers en date à l'incarner.

A cet égard, la scène la plus édifiante de la série se situe dans l'épisode 5, en 2016. Nicole Steele, l'avocate du Bureau des Droits Civiques, venue à Baltimore pour rédiger un rapport afin de réformer les forces de police après de graves émeutes consécutives à la mort suspecte d'un jeune afro-américain, et après avoir parlé avec tout ce que l'administration locale compte de responsables, rencontre Brian Grabbler. C'est un ancien officier de police respecté, à l'intégrité reconnue, qui a signé un livre sur la déliquescence de Baltimore et de la police dans tout le pays depuis les années 1980. Il s'est retiré pour devenir instructeur à l'académie de police.

Il raconte succinctement mais clairement comment, selon lui, tout a fini par déraper, sans grand espoir de corriger la trajectoire. Dans les années 80, le gouvernement, pour enrayer les ravages de la drogue à travers le pays, a lancé une vaste campagne baptisée "war on drugs". Les policiers ont vu leur liberté d'action accrue, leur matériel augmenté, la justice a accordé plus de mandats de perquisition et d'arrestation. Il fallait endiguer un fléau qui menaçait non seulement la population mais l'économie du pays. Et les résultats ont été là. Mais ensuite les forces de l'ordre ont obtenu de conserver leurs privilèges et la justice a été encouragé à être toujours aussi punitive. Les minorités ethniques en ont fait les frais jusqu'à ce que des faits divers concernant des bavures policières deviennent de plus en plus médiatisés. Un vent de révolte a soufflé, la défiance contre la police et la justice s'est amplifié, le pays ne s'est jamais remis de cette fracture.

Lorsque Wayne Jenkins intègre les forces de police en 2003, c'est un rookie qui ne connaît rien à rien. Pourtant dès son premier jour, lors du briefing, un collègue chargé de le former lui explique que pour survivre, il doit oublier tout ce qu'il a appris à l'académie. La série ne dit pas si Jenkins a été l'élève de Grabbler, mais il est possible qu'il ait suivi les cours d'un flic plus intègre que ceux avec qui il travaillera, un flic qui a servi dans les années 80 ou 70, avant "war on drugs", avant le point de non-retour.

Entre ce qu'il a appris sur les bancs de l'académie et dans les rues de Baltimore, Jenkins a cependant vite compris où était son intérêt, d'abord pour effectivement rester en vie puis ensuite mieux gagner sa vie que comme simple agent en uniforme jusqu'à être plus riche qu'un commissaire, plus riche que le trafiquants qu'il arrêtait. Il n'était pas le seul, la série le montre sans détour : Hersl contrôle abusivement des conducteurs afro-américains et n'hésite pas à les dépouiller ou à déposer de la drogue pour les compromettre. Une fois que juge et avocats choisissent les jurés pour les procès intentés contre les policiers, tout le monde se défile en prétextant ne pas pouvoir être objectif durant les auditions des témoins et des flics. Les poursuites traînent et finissent pas souvent être classées. Au point qu'un assistant du procureur s'installe directement au dépôt du poste de police et fait signer aux prévenus un papier attestant qu'ils ne feront pas de procès contre les forces de l'ordre pour arrestations arbitraires contre leur remise en liberté immédiate.

Ce genre de scènes sont tellement ahurissantes qu'elles provoquent un rire consterné. Aucun scénariste ne peut inventer quelque chose comme ça. Tout comme aucun auteur ne peut inventer les malversations de plus en plus audacieuses de Jenkins et ses hommes qui finissent par revendre de la drogue saisie chez des dealers pour leur profit, par se faire payer des heures sup' non travaillées (qui plus est à des tarifs exorbitants). L'appétit vient en mangeant, dit-on, et ces ripoux sont des goinfres. Mais leur rapacité sera la cause de leur chute.

Simon et Pelecanos détaillent patiemment les efforts du FBI et de flics des narcotiques pour remonter la piste de ces agents corrompus. C'est un labeur procédurier, où il ne faut rien négliger, tout consigner, procéder à des écoutes téléphoniques jour et nuit, des filatures, être sans cesse sur le qui-vive, très patient et prudent. C'est aussi là qu'on mesure le mérite de cette narration éclatée, qui va et vient d'une époque à l'autre, d'une année à une autre, qui avance puis recule : sans cela, l'ennui risquerait de saisir le téléspectateur qui, là, au contraire, s'interroge sur les chances de réussite de ces agents pour coincer leurs collègues corrompus tout en assistant à des scènes d'exactions scandaleuses.

On voit aussi avec le personnage de Nicole Steele à quel point la résistance au changement est puissante et souvent fondée sur des aberrations administratives. Le commissaire Davis est un type sympathique et honnête mais qui profite aussi du succès d'hommes comme Hersl et Jenkins face à une criminalité galopante parce qu'ils remplissent des quotas imposés par les autorités au niveau fédéral. Dès lors qu'importe qi tout n'est pas impeccable, réglo, tant que les résultats suivent et que les représentants du gouvernement sont contents. Quant à la maire de Baltimore, elle refuse tout net, une fois élue, d'augmenter les moyens de la police (pour remplacer les brebis galeuses notamment) car elle a promis à ses électeurs et ses soutiens financiers d'oeuvrer d'abord pour le social (comme si la police ne faisait pas aussi du social...). A la fin, on apprend, à peine surpris, que Catherine Pugh, l'édile de Baltimore, a été elle-même jugée un an après les faits, avec le nouveau commissaire, pour fraude fiscale.

Parfois, la série n'échappe pas à un one-man show Jon Bernthal, mais il faut reconnaître que l'acteur du Punisher est fantastique dans le rôle de Wayne Jenkins. Il en fait des caisses, surtout à la fin de son parcours, affublé d'un bouc et d'une coupe au bol improbable, mais quelle présence, quelle charisme ! 

Heureusement, le reste du casting est beaucoup plus sobre et on retiendra notamment les prestations de Jamie Hector dans le rôle du detective Suiter, de Wunmi Mosaku dans celui de l'avocate Steele, et de David Corenswet dans celui de l'agent MacDougall (décidément, James Gunn a bien choisi son futur Superman). Et bien entendu, on aura une pensée pour l'immense Treat Williams, dont ce fut le dernier rôle, celui de l'instructeur Brian Grabbler, qui, en une scène, marque tout le show de son talent.

We Own This City : encore un chef d'oeuvre pour David Simon et George Pelecanos.

dimanche 25 juin 2023

Turbulences pour THE FLIGHT ATTENDANT


Lancée en 2020, la série The Flight Attendant s'est d'abord distinguée par sa tête d'affiche puisque la comédienne Kaley Cuoco était une des vedettes de la sitcom à succès The Big Bang Theory (2007-2019 sur CBS). Adaptée du roman de Chris Bohjalian par Steve Yockey, cette série dont la saison 1 compte 8 épisodes a tendance à s'égarer dans trop de sous-intrigues mais évite le crash au début et à la fin.
 
Ce qui suit contient des spoilers !


Cassie Bowden est une hôtesse de l'air portée sur la boisson et qui multiplie les aventures d'un soir dans les villes où elle fait escale. C'est ainsi que, débarquée à Bangkok, elle finit la nuit avec Alex Sokolov après s'être soûlé avec lui. Mais au matin, elle se réveille à côté de son cadavre égorgé et, prise de panique, elle nettoie la scène du crime et s'enfuit, en perdant sa carte d'identité. De retour aux Etats-Unis, le FBI interroge l'équipage au sujet du meurtre de ce passager mais Cassie ne se souvient de presque rien sinon de la présence d'une autre femme avec eux pendant une partie de la soirée.
 

Cassie n'en dit rien aux agents Kim Hammond et Van White mais avoue tout à sa meilleure amie, Annie Mouradian, une avocate qui est habituée à défendre des malfrats. Le nom de la femme lui revient : Mirnnda Croft, et grâce au petit ami de Annie, Max, un hacker en liberté conditionnelle, elle a accès aux serveurs de la société Unisphere dont Alex était un des dirigeants mais dont Miranda ne fait pas partie. Alors que le FBI veut l'interroger à nouveau et que Annie insiste pour la représenter, Cassie rencontre Buckley dans un bar et couche avec lui.. Devant les agents Hammond et White, qui ont reçu la vidéo-surveillance de l'hôtel de Bangkok mais dont les bandes ont été effacées, Cassie panique à nouveau et avoue avoir couché avec Alex mais être repartie de sa chambre alors qu'il était encore vivant. Miranda, arrivée à New York, recherche Cassie.


Cassie découvre que quelqu'un est entrée chez elle par effraction mais sans la cambrioler et elle pense aussitôt à Miranda qu'elle soupçonne d'être la meurtrière. Annie héberge Cassie chez elle. Pendant ce temps, des empreintes prélevées dans la chambre à Bangkok correspondent avec celles de Cassie mais si l'agent White pense qu'elle est la tueuse, ce n'est pas la conviction de Hammond qui la fait suivre. Max en apprend un peu plus sur Unisphere et notamment que d'importantes sommes d'argent ont été détournées. Cassie, contre l'avis de Annie, se rend à une cérémonie en hommage à Alex organisée par ses parents où elle surprend la mère du disparu évoquer la destruction de documents d'Unisphere. Elle les récupère dans un broyeuse et s'enfuit.


Miranda surveille Cassie à l'insu du FBI sans savoir qu'elle tente de reconstituer avec les documents broyés une nouvelle piste sur les activités de Unisphere et Alex, qui en aurait détourné de l'argent, un bon mobile pour vouloir l'éliminer. Elle remarque aussi des convois aériens et s'infiltre à bord d'un des jets de la compagnie qui fait ces voyages grâce à un ami pilote. Cassie aperçoit le chargement de caisses et en ouvre une, remplies d'armes. Suivant toujours son instinct plus que la raison, elle se rend ensuite chez la secrétaire de Alex, Sabrina, pour tenter d'avoir des infos mais celle-ci est défenestrée sous ses yeux. Après que Annie l'ai soustrait à de nouvelles questions du FBI, Cassie revoit Buckley, mais la nuit reste agitée car elle se souvient de son enfance auprès d'un père alcoolique et violent avec Davey, son fils homosexuel.


Cassie retourne chez Annie avec la gueule de bois mais elle est absente. Elle convainc alors Max de visiter l'appartement d'Alex pour prouver qu'il escroquait Unisphere mêlée à du trafic d'armes. Miranda est rappelée à l'ordre par son patron qui a décidé qu'un certain Feliks s'occuperait de l'hôtesse de l'air. Max trouve dans l'ordinateur privé de Alex des fichiers attachés à une société, Lionfish, et il se rend dans leurs entrepôts avec Cassie. L'endroit est désert et n'abrite que des serveurs informatiques dans lesquels Max déniche des dossiers sur des cibles à éliminer, dont Alex, Cassie et Miranda. Le FBI débarque et les oblige à décamper mais une voiture fauche Max.


Max est hospitalisé dans un état grave et Annie ne veut plus voir Cassie. Celle-ci reçoit la visite de son frère, Davey, de son mari et de leurs deux filles. Ils passent la journée à l'aquarium mais Cassie a la tête ailleurs et son frère pense qu'elle a encore bu. L'agent du FBI qui la surveille est égorgé. Lorsque Davey et sa famille repartent, lui et sa soeur se disputent sur son état de santé. Elle tente ensuite de s'excuser auprès d'Annie, en vain. Finalement, une fois encore, elle trouve du réconfort auprès de Buckley mais ils sont arrêtés en état d'ivresse après avoir vandalisé une attraction devant un commerce. Cassie est vite relâchée sous caution... Par Miranda !


Miranda pense que Cassie est une espionne industrielle mais celle-ci la convainc du contraire et son interlocutrice jure ne pas avoir tué Alex à qui elle voulait voler des documents compromettants contre Unisphere pour le compte de son patron, un de leurs concurrents. De plus Miranda a reconnu le modus operandi de Feliks dans la manière dont a été assassiné Alex. Cassie pense que Annie pourrait les aider mais Miranda préfère fuit au Canada et persuade Cassie de la suivre. Jusqu'à ce qu'elle ait une révélation : elle récupère dans ses bagages un livre qu'elle avait subtilisé à Alex et annoté de manière cryptique, des codes concernant les malversations de Unisphere selon Miranda. Ensemble, les deux femmes échafaudent alors un plan pour piéger Feliks et reprendre l'avantage.


Cassie s'envole pour Rome où Feliks la suit et la coince dans sa chambre d'hôtel : il s'agit en réalité de Buckley mais Miranda qui devait alors intervenir ne se montre pas. Cassie est sauvée par Shane, un ami steward qui surveillait en fait pour la CIA Megan Briscoe, une de leurs collègues impliquée dans une toute autre affaire. De retour à New York, Cassie est blanchie et retrouve Davey, Annie et Max, rétabli, à qui elle promet de soigner son alcoolisme.

Comme à peu près tout le monde, j'ai découvert Kaley Cuoco en regardant The Big Bang Theory, mais je dois bien avouer que je n'ai pas suivi cette interminable sitcom qui ne m'a jamais arraché ni un rire ni même un sourire. Aussi étais-je complètement passé à côté de The Flight Attendant quand la première saison de cette série a été lancée sur HBO l'année suivante l'arrêt de TBBT.

Récemment, après quelques séries que j'ai vraiment appréciées, je cherchai sur quoi jeter mon dévolu. J'ai essayé Mrs. Davis, The White Lotus, sans réussir à être passionné, j'ai commencé Platonic mais je vais attendre que toute la saison soit dispo pour la regarder. Et puis je suis tombé sur The Flight Attendant, sans rien en savoir, sans rien en attendre.

Le premier épisode est parfaitement accrocheur, le rythme est trépidant et l'intrigue se déroule toute seule. Cette hôtesse de l'air (flight attendant donc en vo) portée sur la bouteille et couchant volontiers avec les passagers qui lui tapent dans l'oeil est une héroïne atypique. On comprend parfaitement sa détresse quand elle se réveille aux côtés d'un quasi-inconnu égorgé et prenant ses jambes à son cou pour éviter d'être arrêtée dans un pays où sa meilleure amie, avocate pénaliste, lui a déconseillée de l'être.

Ensuite, ça se gâte très vite parce que les auteurs ont voulu trop en faire. Il me semble pourtant que deux solutions faciles auraient résolu les problèmes de la série : d'abord, avec des épisodes à la durée plus réduite (disons 30'), et ensuite avec une seule histoire à raconter.

Car en plus de suivre les mésaventures de Cassie Bowden dans une affaire qui se complique dans des proportions affolantes, The Flight Attendant ajoute un subplot sans rapport avec le récit principal où il est question d'une collègue de l'héroïne, Megan Briscoe, qui devient la complice d'espions industriels nord-coréens et dérobe des infos top secret à son mari, fonctionnaire au ministère de la défense américain. On se demande bien quelle mouche a piqué Steve Yockey d'ajouter ça à une série qui fonctionnait très bien sans (à moins que ce soit également adapté du roman de Chris Bohjalian qui a inspiré le show, mais je l'ignore, ne l'ayant pas lu).

Toutefois est-il que cette intrigue secondaire, capillotractée au possible, ralentit, alourdit le projet et parasite la lecture. La série n'avait vraiment pas besoin de ça car elle disposait déjà d'un personnage principal bien chargé, avec une caractérisation conséquente. Cassie se comporte en effet en permanence comme la coupable idéale, nerveuse au possible, alcoolisée au-delà du raisonnable (on se demande même comment elle tient debout avec toute la vodka qu'elle boit), se lançant dans des initiatives téméraires, y entraînant des amis d'amis, des collègues au péril de leur vie, mentant éhontément à sa propre famille, et hanté par un lourd passé familial et aussi le spectre de son dernier amant.

Car, oui, une bonne partie du temps, Cassie échange avec le fantôme d'Alex Sokolov pour qui elle développe des sentiments troublants, limite nécrophiles, quand elle ne se trouve pas projetée dans son adolescence, passée aux côtés d'un père qui l'adorait mais qui était aussi un alcoolique homophobe. Vous allez me dire que ça fait beaucoup, et je vous le confirme, d'où l'inutilité d'avoir une seconde intrigue.

Alors qu'on parvient, exténué, à la fin de la saison, on est tout prêt de renoncer tant c'est exaspérant. Pourtant, quand, enfin, Cassie et Miranda unissent leurs forces et qu'on découvre que Buckley et le tueur Feliks sont un seul et même homme, au moment où n'osait plus l'espérer, l'appareil se redresse et évite le crash. La série s'achève sur un huitième épisode qui aurait dû servir de modèle aux sept précédents, avec un crescendo intense, une résolution rapide mais convaincante. C'était moins une.

Réalisée avec beaucoup d'application, à défaut de subtilité, The Flight Attendant repose beaucoup sur l'abattage de Kaley Cuoco. La comédienne est excellente dans ce rôle borderline et nous fait partager son affolement constant, épuisant. On finit comme elle, sur les rotules. Le reste de la distribution est plus sobre, c'est heureux : mentions spéciales à Zosia Mamet dans le rôle de Annie, et Michelle Gomez dans celui de Miranda. Michiel Huisman est très bon aussi dans un registre très ingrat.

Pas sûr cependant que j'enchaîne avec la saison 2. Peut-être plus tard. D'ailleurs je suis déjà en train de rattraper mon retard sur une série que j'avais bêtement oublié de finir...

dimanche 28 mai 2023

LOVE & DEATH ou la promesse d'un Emmy pour Elizabeth Olsen


Le sous-titre de cette critique n'engage bien sûr que moi, mais ce ne serait que justice que Love & Death rafle quelques récompenses lors de la prochaine remise des Emmy awards. Car cette mini-série en 7 épisodes, créée par David E. Kelley et dirigée par Lesli Linka Glatter et Charles Johnson, est une fantastique adaptation d'une histoire vraie : celle de l'affaire Candy Montgomery, jugée en 1981 pour avoir tué la femme de son amant de 40 coups de hache !

Attention, ce qui suit contient des spoilers !


1978. Wylie, Texas. Candy Montgomery est l'épouse de Pat et la mère de leurs deux enfants. Mais elle n'est pas satisfaite par son existence et éprouve de l'attirance pour Allan Gore, un membre de la chorale de l'église dans laquelle ils chantent tous les deux. Elle a deviné que Allan n'est pas heureux dans son couple avec Betty, sur le point de donner naissance à leur second enfant, et elle lui avoue ses sentiments un soir sur le parking de l'église. Jackie, la pasteur et amie de Candy, tente de la dissuader de se lancer dans une aventure extra-conjugale - en vain. Après avoir planifié de longues semaines durant leur premier rendez-vous clandestin, Candy et Allan débutent leur liaison en Décembre.


Elle se poursuit pendant plusieurs mois, à une fréquence régulière, et ils deviennent de plus en plus intimes au point de tomber amoureux, la limite qu'ils s'étaient fixés avant de rompre pour ne pas détruire leurs couples. Mais après la naissance du bébé de Betty et Allan, il préfère en rester là et part à Dallas pour participer à un séminaire avec sa femme qui doit les aider à consolider leur vie conjugale. Jackie, la pasteur, quitte son poste et est remplacée par le jeune Ron Adams, froidement accueilli mais que Candy tente de faire accepter de la communauté de Wylie.


Octobre 1979. Allan rompt définitivement avec Candy. D'abord furieuse, elle se reprend et convainc son mari, Pat, d'assister au même séminaire qu'avaient suivi Betty et Allan. Betty commence à soupçonner que son époux a eu une aventure avec Candy tout comme Pat. Candy avoue tout à ce dernier qui lui pardonne mais veut à présent prendre ses distances avec les Gore, qui ne fréquentent plus l'église depuis l'arrivée du pasteur Ron Adams.
 

Le 13 Juin 1980, Candy se rend chez Betty pour prendre le maillot de bain d'Alysa, la fille des Gore qu'elle emmène à la piscine. Allan s'est absenté pour ses affaires et Betty demande à Candy si elle a une liaison avec lui - ce qu'elle reconnaît. S'absentant un moment, Betty réapparaît avec une hache et s'en prend à Candy. Durant toute la journée et la soirée, alors qu'il est dans le Minnesota, Allan cherche à joindre Betty et finit par demander à des voisins d'aller s'assurer que tout va bien. Ils trouvent son cadavre, sauvagement frappé à côté d'une hache. 


La police prévient Allan qui rentre en urgences. En apprenant que Candy a rendu visite à Candy, les policiers l'interrogent et comme Allan leur a avoués avoir une liaison avec elle, elle le reconnaît à son tour mais nie avoir assassiné Betty. Elle engage Don Crowder, membre éminent de la communauté de Wylie et avocat, pour la défendre, et elle lui dit avoir effectivement tué Betty, mais en état de légitime défense. Candy est arrêtée puis remise en liberté après paiement d'une caution. Les médias s'emparent de l'affaire, l'opinion accable Candy, et la communauté de Wylie se déchire. Don tente de dépayser le procès mais le juge Ryan s'y oppose.
 

A la surprise générale, lors de la sélection des jurés, Don déclare que Candy a bel et bien tué Betty mais pour se défendre. Afin de soutenir cette thèse, il emmène Candy chez un psychiatre réputé, le docteur Fred Fason, qui l'hypnotise et découvre qu'elle a réagi à l'attaque de Betty dans un phénomène de dissociation de la personnalité en réaction à un traumatisme survenu dans son enfance. Le procès commence mais l'attitude froide de Candy joue contre elle. Don découvre qu'elle prend des calmants pour ne pas flancher et lui interdit de continuer. Devant la cour, Don plaide donc pour un meurtre non prémédité tandis que la partie adverse insiste sur l'acharnement dont Candy a fait preuve pour tuer Betty. 
 

Don joue son va-tout en appelant Candy à témoigner et elle raconte sa version des faits puis fait face à un contre-interrogatoire musclé. Le Dr. Fason vient lui aussi à la barre et explique ce qu'il a découvert. Lors de sa plaidoirie, Don argumente en s'appuyant sur le diagnostic du psychiatre mais le réquisitoire est terrible. Contre toute attente, le jury se prononce rapidement et déclare Candy non coupable. Pat convainc sa femme de déménager et huit jours plus tard, ils quittent définitivement Wylie, après que Candy se soit arrêtée chez Allan pour s'excuser et lui souhaiter le meilleur.

Même si Love & Death affiche des précautions en précisant que certains événements ont été romancés et d'autres inventés pour les besoins de la dramatisation narrative, on suit les 7 épisodes de cette mini-série en étant captivé de bout en bout. Il faut dire que cette histoire est extraordinaire.

Je ne suis pas pourtant pas un fan des faits divers mais qu'importe, je n'ai pas voulu regarder Love & Death pour ça. Ce qui m'a motivé, c'est de revoir la trop rare Elizabeth Olsen après WandaVision et Doctor Strange in the Multiverse of Madness. L'actrice a récemment expliqué dans une interview pour la promotion de cette série qu'en signant pour plusieurs films avec Marvel, elle avait dû renoncer à de beaux rôles par ailleurs et qu'elle conseillait à quiconque voudrait s'engager dans le MCU de ne signer que pour un long métrage à la fois.

On peut aisément la comprendre car, d'une part, elle avait une carrière avant d'incarner Scarlet Witch et, d'autre part, parce que Kevin Feige a finalement peu exploité le talent de Olsen - à l'heure qu'il est, l'avenir de Wanda Maximoff est inconnu d'ailleurs.

L'histoire édifiante de Candy Montgomery a fait l'objet il y a quelques mois d'une autre série, produite et diffusée par, ironie du sort, Disney +, avec Jessica Biel dans le rôle. Je ne l'ai pas vu mais il n'y a aucune raison de douter de sa qualité car Biel a également prouvé qu'elle pouvait être remarquable dans un registre dramatique (il suffit de voir la saison 1 de The Sinner, disponible sur Netflix, pour en être convaincu). C'est un fait divers glaçant qui a de quoi fournir un script ambitieux.

Produite par le revenant David E. Kelley (souvenez-vous : Ally McBeal, The Practice mais aussi Big Little Lies, co-produit par Nicole Kidman, comme ici), Love & Death prend le parti de ne pas poser de jugement moral sur l'affaire. Cela donne une ambiguïté passionnante au récit et quand, dans son dernier tiers, on entre dans la partie procédurale du show, tout est fait pour présenter de manière équitable les deux aspects de l'affaire.

Bien entendu, le crime décrit est horrible, c'est une boucherie : 40 coups de hache infligés à une femme ! Mais Candy Montgomery n'a pas prémédité son acte, ce n'est pas un crime passionnel, et surtout le Dr. Fason, psychiatre sollicité par la défense, a découvert de manière troublante un trauma ancien lié à cette femme qui explique dans quelles conditions elle a trouvé la force de prendre une hache et de se déchainer sur la victime sans se rendre compte de ce qu'elle faisait, dissociant complètement son acte de sa volonté.

Le téléspectateur est donc en mesure de se faire sa propre opinion sur Candy Montgomery, de voir en elle un monstre capable d'une sauvagerie ahurissante ou quelqu'un dépassé par ce qui s'est produit. Est-elle une meurtrière glaçante ? Ou quelqu'un qui a craqué sous la pression sociale qu'on lui a imposée depuis son enfance, avec une mère l'obligeant à toujours faire bonne figure quelles que soient les circonstances ? 

Love & Death radiographie aussi une micro-société, celle de Wylie, avec une communauté très religieuse, mais également d'une hypocrisie grinçante, où la sexualité était réprimée mais où les ouailles de l'église pouvaient juger indigne d'elles un nouveau pasteur un peu trop zélé dans sa façon de prêcher la bonne parole. La responsabilité d'Allan Gore n'est pas non plus négligé : mari malheureux mais amant consentant, il a, comme Candy, trompé sa femme pour s'évader d'une vie de couple aliénante avant d'être rattrapé par la culpabilité et de revenir au foyer, sans se soucier du sort de sa maîtresse. Quand à Pat Montgomery, il est décrit comme un mari indifférent puis un soutien moral, même s'il finira par divorcer après le procès. Quant à Don Crowder, il saisit l'affaire du siècle mais n'écoute pas son épouse quand elle le met en garde contre le danger d'être hanté par ce dossier - elle a raison : il se suicidera en 1998 après avoir tenté de devenir gouverneur du Texas.

Cette romance tragique qui a abouti à un crime sanglant illustre parfaitement comment une affaire somme toute banale d'adultère brise plusieurs vies et déchire une communauté, embrase un pays, puis tombe dans l'oubli, balayé par un autre fait divers.

Le choix des acteurs est décisif et le casting est irréprochable, même si, à l'évidence, la production n'a pas cherché à recruter des interprètes qui ressemblent absolument aux véritables protagonistes. Jesse Plemons (M. Kirsten Dunst, vu dans la saison 1 de Fargo) est fabuleux, tout comme Tom Pelphrey (Iron Fist) ou Patrick Fugit (l'ex-gamin de Presque Célèbre). Lily Rabe incarne Betty Gore de manière exemplaire, à la fois horripilante et pathétique puis sacrificielle. Krysten Ritter hérite d'un rôle plus ingrat (la meilleure amie de Candy, trop en retrait).

Mais celle qui, évidemment, attire tous les regards est Elizabeth Olsen. Sa prestation, magistrale, vertigineuse, mérite d'être récompensée par un Emmy lors de la prochaine édition de cette remise de prix. Elle convie un maximum de sentiments et d'émotions avec un jeu d'une finesse extraordinaire, passant de la fébrilité de la femme infidèle au bonheur de l'épouse délaissé enfin aimée à nouveau jusqu'à l'accusée complètement à côté d'elle-même lors d'un procès où on se demande si elle n'a pas tout fait pour être jugée coupable. Olsen est une comédienne hors du commun qui n'a pas la reconnaissance qu'elle mérite (et qui songe d'ailleurs à ne plus se consacrer uniquement à son art, ce qui serait désolant). C'est aussi pour ça qu'il faut que ses pairs l'honorent.

Love & Death marque durablement, de façon tranchante mais nuancée. Vivement recommandé donc.

dimanche 16 avril 2023

dernière sortie sur THE DEUCE


Quatre ans après la fin de sa diffusion, j'ai enfin pris le temps de suivre la dernière saison de The Deuce, une des toutes meilleures séries produites par HBO. J'ignore pourquoi j'ai laissé passer autant de temps, peut-être craignais-je d'être déçu. Le show créée par David Simon, George Pelecanos et Richard Price ne déçoit pourtant pas à l'heure de faire ses adieux. Huit épisodes crépusculaires et nostalgiques.

CE QUI SUIT COMPORTE DES SPOILERS.


Six ans se sont écoulés. Alors que se profile l'année 1985, New York est en pleine restructuration urbaine sous l'impulsion de l'ambitieux Gene Goldman qui s'appuie sur le capitaine Alston pour faire le ménage dans les quartiers chauds, comme celui de la 42ème Rue (The Deuce), où sévit toujours la prostitution, le trafic de drogue et la pornographie.


Vincent Martino renoue avec son ex-femme Andrea alors que le couple qu'il formait avec Abby bat de l'aile. Candy et Harvey se disputent sur la direction à faire prendre à leurs films X car le marché évolue et le porno amateur séduit de plus en plus de clients. Lori Madison sort de sa cinquième cure de désintoxication et reprend vite le chemin des tournages en Californie.


Frankie Martino se brouille avec son protecteur Rudy Pipilo car il deale de la drogue, dont le caïd italien de la vieille école ne veut pas entendre parler même si cela lui rapporterait encore plus d'argent. Candy rencontre un homme, Hank Jaffe, conseiller financier, qui la séduit sans être gêné par son passé de prostituée et d'actrice de films X. Lori réfléchit à l'avenir et à sa reconversion.


Abby fait la connaissance d'une street-artist, Pilar, dont elle devient la maîtresse, ce qui l'éloigne encore plus de Vincent, même s'il fait mine de ne pas se vexer. Candy songe à tourner un film porno féministe mais manque de fonds, Harvey refusant de la suivre dans ce projet et Hank ne parvenant pas à la convaincre de l'aider financièrement. Todd apprend qu'il a le SIDA et revoit ses priorités avec Paul alors que sa carrière de comédien au théâtre décolle. 


Frankie est tué par un client qui l'accusait de lui avoir vendu de la drogue de mauvaise qualité. Mais ce dernier est le fils d'un parrain et Rudy jure à Vincent qu'il ignore où il se cache. Lori revient à New York pour passer une audition pour un film traditionnel, mais c'est un échec humiliant. Invitée par Abby, Candy rencontre des militantes féministes qui veulent que le gouvernement fasse voter une loi pour interdire la pornographie et tente de les convaincre que son travail se distingue de la production habituelle.


Todd meurt du SIDA avec ses parents, appelés par Paul, à ses côtés. Paul décide de s'investir dans l'activisme pour alerter sur l'épidémie qui décime le milieu gay alors que les pouvoirs publics ne font rien. Dévasté par la mort de Frankie, Vincent obtient des renseignements sur celui qui l'a tué et se venge. Abby quitte Pilar pour soutenir Vincent mais est horrifiée en devinant ce qu'il a fait. Lori, de retour en Californie, découvre que son homme la trompe et elle le quitte. Pour subsister, elle se produit dans des clubs de strip-tease avec le projet de revenir à New York pour de bon.


De retour en ville, Lori reçoit l'aide de Candy qui l'embauche pour son film avec l'espoir que cela attirera des investisseurs. Mais, le soir même, après avoir fait une ultime passe avec un inconnu sur la 42ème Rue, Lori se suicide, sûre que son passé ne lui permettra jamais de se réinventer. Alston et Goldman obtiennent du maire Koch la fermeture des bordels, bars et saunas pour des mesures de santé publiques, rassurant ainsi les promoteurs immobiliers qui veulent rebâtir. Rudy, qui a couvert la vengeance de Vincent, est abattu par Tommy Longo, son bras-droit. Candy préfère accepter de tourner à nouveau comme actrice pour boucler le budger de son film plutôt que d'être aidé par Hank, ce qui acte leur séparation.


2019. Vincent Martino revient à New York à l'occasion du mariage de son neveu. Il apprend dans un article du journal la mort, à 73 ans, de Candy, dont le seul film traditionnel est réédité en DVD. En flânant sur la 42ème Rue le soir, il croise les fantômes de son passé et s'engouffre dans le métro, accompagné par celui de son frère Frankie...

The Deuce semble désormais, en 2023, d'un autre âge, d'un autre temps. Verra-t-on à nouveau une série de ce calibre, de cette ambition, sur un sujet aussi délicat ? On peut se poser la question au moment où HBO est en pleine restructuration car la chaîne à péage, propriété du groupe Warner Discovery, vit ses dernières heures et sera rebaptisée MAX, avec de nouvelles productions sur le long terme, pour (re)conquérir ses abonnés perdus.

Déjà, après une première saison phénoménale, The Deuce avait dû revoir sa narration à la baisse : ses créateurs, David Simon, George Pelecanos et Richard Price, avait des plans courant sur plusieurs saisons, avec le rêve de montrer l'évolution de ce quartier et de New York des années 1970 à nos jours. La chaîne ne leur donnait plus que trois saisons pour boucler leur saga, et, avec un art consommé de l'ellipse, ils transformèrent l'essai lors d'une saison 2 toujours aussi magistrale.

Pourtant, quand la troisième et dernière saison fut disponible, je ne me jetai pas dessus. Pourquoi ? Je l'ai oublié. Sans doute étais-je accaparé par une autre série alors (c'était en 2019, une éternité quand on considère que c'était avant le COVID, la guerre en Ukraine...). Peut-être aussi avais-je peur d'être déçu ? Ou voulais-je différer le moment de dire "adieu" aux personnages de The Deuce

Finalement, cette semaine, je m'y suis mis. Et non seulement je n'ai pas été déçu, mais j'ai été une fois encore impressionné, et même ému. Car la mélancolie est omniprésente dans ces huit derniers épisodes, dont Vincent Martino est le coeur. Celui-ci, comme Frankie Martino, son jumeau, est incarné par James Franco, qui est absolument bluffant (il signe aussi la réalisation de l'épisode où Frankie trouve la mort). Mais entre-temps, l'acteur a été rattrapé par le tribunal médiatique du mouvement #MeToo, ce qui l'a contraint à ne plus tourner pendant trois ans (de 2020 à 2023) après qu'il a avoué des relations avec des étudiantes suivant des cours de comédie qu'il donnait.

Si j'évoque cette triste affaire, c'est parce qu'elle trouve un écho troublant avec le propos de The Deuce où il est question de l'industrie du cinéma pornographique, de la prostitution (et du trafic de drogue). C'est aussi pour cela que je posais la question au début sur la possibilité de voir un jour à nouveau une série traitant de sujets pareils. L'époque a tellement changé depuis le scandale Harvey Weinstein qu'on se croirait parfois revenu à cette évocation du puritanisme de l'ère Reagan où il était question d'interdire les films X et d'éradiquer la prostitution.

Je ne défends ni l'un ni l'autre, mais je ne crois pas que prohiber le porno et la prostitution soit une solution. Il y aura toujours des films X sur le Net, d'une manière ou d'une autre, sans doute tournés dans des conditions dégueulasses (comme du gonzo) et c'est idem pour la prostitution (alors que dans certains pays, elle est encadrée, les travailleuses du sexe protégées, etc.). On sait aussi que d'anciennes stars du X ont un discours souvent plus posé et intelligent sur ce milieu que certains sociologues (avérés ou auto-proclamés) et politiques, mais encore faudrait-il les entendre (je pense à Ovidie par exemple, qui ressemble à Candy dans The Deuce par certains aspects).

En nous ramenant en 1985, la série revient sur l'épidémie du SIDA, qu'on appelait le "cancer des pédés" et qui était ignoré par les pouvoirs publics, jusqu'à ce que des activistes portent la question sur la place publique et que des célébrités avouent être atteintes de ce mal. Aujourd'hui, grâce à des thérapies, les porteurs du virus survivent plus longtemps, mais il faut tout de même rappeler que le SIDA existe toujours, n'est pas éradiqué.

La force de The Deuce, finalement, c'est, en regardant dans le rétroviseur, de prouver que beaucoup de choses changent, et que rien ne change. Même aujourd'hui, dans notre époque où tout est commenté, noyé dans un déluge de paroles dénué de sens ou qui file la nausée, on continue de considérer la société et ses maux comme des problèmes à gérer et non à résoudre, négligeant la part humaine qui les crée ou les subit. Ainsi l'ambitieux et hypocrite Gene Goldman veut nettoyer les villes mal famées de Big Apple pour rendre la cité à nouveau attractive pour des business men et s'appuie sur un flic efficace qu'il paie grassement pour harceler, intimider, faire fuir tous ceux qui se dressent sur leur chemin.

Mais, au final, là encore, le problème n'est pas réglé : Alston embarque Goldman un soir pour une virée dans le Bronx afin qu'il voit où ont déménagé les putes, leurs macs, les toxicos, les gangsters. Rien n'a été réglé, simplement déplacé, jusqu'à ce que les promoteurs décident d'investir dans cet autre quartier. Goldman est un personnage antipathique jusqu'au bout, n'assumant pas ses propres turpitudes, et fermant les yeux tant que ses objectifs sont atteints. Il n'est ni un urbaniste, ni un visionnaire, ni même un politicien, juste un profiteur, un jouisseur cynique.

Qu'importe que des vies soient brisées, des individus comme lui sont convaincus que c'est la marche du progrès ou des bénéfices, c'est selon. A l'autre bout de ce spectre capitaliste, Frankie Martino aura moins de chance que Goldman : il périt tristement, pathétiquement par là où il a péché, victime d'un client rancunier, entraînant sans le savoir une cascade de règlements de comptes (avec pour victime collatérale son protecteur, Rudy) et de chagrins (celui de son frère en premier). Anti-héros flamboyant, il a fini, baignant dans son propre sang, sur le parquet de la boîte de nuit de son frère, quelque temps après avoir enregistré une vidéo avec femme et enfants pour que son petit dernier ait un souvenir - étrangement prémonitoire.

Le casting de la série se resserre sur ses protagonistes les plus emblématiques et leurs interprètes rendent justice aux rôles qu'ils ont porté durant trois saisons épiques. Emily Meade est particulièrement bouleversante et la scène de son suicide vous cueille à froid, au moment où on s'y attend le moins, avec une brutalité sèche terrible. Margarita Levieva et Chris Coy incarnent deux amants que le destin n'épargnent pas, mais avec une dignité admirable. Luke Kirby est parfaitement infect dans le costume de Goldman alors que Lawrence Gilliard Jr. est impeccable en capitaine Alston à la lucidité implacable.

Toutefois, les deux monarques de The Deuce restent jusqu'au bout Maggie Gyllenhaal, toujours aussi charismatique et classe en Candy, et James Franco, dont l'ultime promenade sur la 42ème Rue, est bouleversante. Certains ont reproché aux auteurs cette scène finale, comme si elle idéalisait un passé sordide mais fantasmé. Moi, j'ai trouvé ça poignant, très beau, une issue élégante.

Quand même, c'était bien, The Deuce.

mardi 16 août 2022

WESTWORLD (Saison 4) (HBO) (Critique avec spoilers !)


Dimanche 14 Août se terminait la quatrième saison de Westworld - peut-être la dernière car la série n'a pas été renouvelée pour une cinquième livraison par HBO et comme le souhaitent ses créateurs, Lisa Joy et Jonathan Nolan qui avaient planifié leur saga en cinq actes. La question qui se pose après avoir vu ces huit nouveaux épisodes est surtout : est-ce bien nécessaire de continuer tant cela a été ennuyeux ?


7 ans se sont écoulés depuis la débâcle du programme Rehoboram de Serac.. Un hôte à l'image de William acquiert le barrage de Hoover Dam pour founrir l'énergie à un important stock de données. A New York, Christina, qui ressemble à Dolores Abernathy, travaille comme scénariste de jeux vidéos pour la société Olympiad Entertainment et subit le harcélement d'un homme, Peter, qui l'accuse d'avoir détruit sa vie avec ses histoires avant de se suicider devant elle. Maeve vit loin de tout mais des hôtes assassins la débusquent. Elle les élimine et apprend qu'ils ont été envoyés par William. Elle part en Californie prévenir Caleb que sa famille est en danger.


La copie maléfique de Dolores, Charlotte Hale, remplace depuis quelques temps plusieurs personnalités haut placés du gouvernement américain par des hôtes à leur image puis soumet ceux qu'elle a enlevés à des expériences avec un parasite qui doit les assujetir. Maeve et Caleb recontre le sénateur Whitney et sa femme, remplacés par Charlotte, et espèrent, après les avoir neutralisés, remonter la trace de Charlotte. Ils montent ainsi dans un train qui conduit des touristes dans une réplique de Westworld mais avec un décor évoquant les année 1930. Christina enquête sur Peter et découvre qu'il était le donateur d'un hôpital aujourd'hui désaffecté et où elle remarque le dessin d'une mystérieuse tour qui lui semble familière.


Bernard se réveille après avoir exploré le Sublime. Stubbs le veille depuis 23 ans et le suit pour trouver une bande de rebelles cachés dans le désert. A Westworld, Maeve et Caleb découvrent les laboratoires souterrains de Charlotte où elle pratique des expériences sur des humains. Ils capturent Charlotte et fuient dans une réserve du parc où William les retrouve et s'entretue avec Meve. Caleb comprend alors que Charlotte l'a piégé dans une simulation depuis 23 ans en trnsférant son esprit dans un hôte à son image.


Christina accepte d'accompagner sa co-locataire Maya à un speed-dating où elle recontre Teddy sans le reconnaître. Bernard et Stubbs trouvent les rebelles dans le désert et les convainquent de fouiller une zone précise. Ils déterrent les corps de Maeve, laissée là après son dernier affrontement contre William. Caleb tente de s'échapper de la tour de Charlotte mais échoue à chaque fois en constatant que son corps d'hôte s'affaiblit. Charlotte s'interroge sur ces dysfonctionnements et l'acharnement de Caleb à rester indépendant malgré ses reprogrammations successives..
 

Teddy revoit Christina après leur speed-dating et lui explique qu'elle orchestre la vie de tous les new yorkais à travers les scénarii qu'elle imagine, comme le lui reprochait Peter. Mais elle peut changer cette situation en aidant les citoyens à redevenir autonomes. Charlotte envoie William exécuter une humaine, Lindsay, car elle pense avoir deviné que lorsque les hôtes fréquentent trop les humains, ils reproduisent leurs comportements, interrogent leur condition et préférent mettre fin à leurs jours. Lindsay est sauvée in extremis par les rebelles. l'hôte William commence alors, lui aussi, à se demander s'il ne peut outrepasser les directives de Charlotte.


Caleb réussit, cette fois, à sortir de la tour et à envoyer un message radio à destination des rebelles en espérant que sa fille en fasse partie. Charlotte le tue ensuite puis façonne une nouvelle copie de Caleb afin de piéger Frankie, sa fille, et ses amis quand ils ariveront à New York. Bernard et Frankie, justement, réparent Maeve lorsqu'ils reçoivent le message de Caleb. Mais Bernard doit remplir une mission de son côté avec Maeve et envoie Stubbs aider Frankie sauver son père.


Maeve suit Bernard jusqu'au barrage de Hoover Dam où ils rouvrent la porte donnant sur le Sublime, puis ils repartent pour New York affronter Charlotte et William. Christina, soutenue par Teddy, modifie le programme d'assujettissement des new yorkais en faisant détruire les données de Olympiad Entertainment. Puis elle accède au plan de la ville et localise la tour de Charlotte au large. Au même moment, tandis que Bernard atteint le sommet de la tour et en modifie les données, Maeve affronte Charlotte. William tue les deux femmes puis abat Bernard avant de reconfigurer le programme d'assujettissement des humains pour qu'ils s'entretuent.


New York est à feu et à sang comme William le voulait pour que seuls survivent les plus forts. Il part pour le barrage Hoover Dam, poursuivi par Charlotte, qui a été réparée par ses drones et qui emporte avec elle la perle de Christina/Dolores. Charlotte tue William et ferme le Sublime en y transférant Dolores. Celle-ci entreprend alors de tester une dernière fois l'humanité pour déterminer si elle doit survivre ou s'éteindre. A cette fin, elle recréé dans le Sublime le premier Westworld.

Voyage au bout de l'ennui : voilà comment j'aurai sous-titré cette saison 4 de Westworld, la plus décevante depuis le début de cette série. Pourtant, ça démarrait fort : il le fallait, la saison 3 avait déçu (sauf moi, qui l'ait adoré, mais je dois être le seul) en ayant voulu s'échapper du parc Westworld, des machniations de Delos, Ford, William, Charlotte Hale. Les créateurs, Lisa Joy et Jonathan Nolan, avaient opté pour un récit plus linéaire et plus riche en action et en grand spectacle, articulé autour de la confrontation entre Serac, un milliardaire mégolomane, et Dolores, introduisant le personnage de Caleb, redéfinissant Charlotte, relançant William, reconfigurant Maeve. Les fondamentaux étaient là, mais plus rythmés, plus directs.

Mais les puristes de la première heure, trop nostalgiques du parc Westworld, ont boudé cette précédente saison, les audiences ont chuté, et Joy et Nolan ont passé les deux dernières années à chercher un moyen de recoller les morceaux sans se répéter.

L'idée qu'ils ont eu, c'est d'inverser le principe de Westworld : en lieu et place d'un parc fréquenté par des touristes humains et peuplé d'hôtes robotiques, Charlotte Hale a transformé New York City en un vaste terrain de jeu où les hôtes s'amuseraient avec des humains assujettis. C'est aussi ingénieux que terrifiant, mais cela ne suffit pas à Charlotte, qui doit faire face à des défaillances de la part de certains hôtes, restés trop longtemps au contact des humains et devenant suicidaires, à la présence de rebelles à son autorité dans le désert, et à la menace de Maeve (bien qu'elle soit introuvable).

Pourtant, ces bonnes idées et ces nombreuses pistes, à même d'alimenter des nouveaux épisodes palpitants, semblent vite écrasées par leur propre ambition. Comme si la série elle-même se mettait à dysfonctionner. Quand on sait à quel point Westworld a ébloui par sa rigueur scénaristique, c'est embêtant.

Pourtant, notre intérêt reste vif car l'autre idée de Joy et Nolan, c'est de jouer avec le temps : on comprend assez vite que le récit se joue sur deux lignes temporelles, une première située sept ans après les événements de la saison 3, et une seconde vingt-trois ans après le début de cette saison 4. C'est à ce moment-là que Bernard se réveille, couvert de poussière dans une chambre d'hôtel, tel qu'on le dévouvrait dans la scène post-génrique de fin de la saison 3, après avoir passé tout ce temps dans le Sublime, ce paradis virtuel où de nombreux hôtes ont trouvé refuge et immortalité à la fin de la saison 2.

Ce séjour, Bernard l'a passé à explorer tous les scénarii possibles pouvant aboutir à la défaite de Charlotte et William. Pour cela, il faut une arme : ce sera Maeve, tuée par William. Et il faudra plusieurs sacrifices pour Dolores réémerge avec l'accord de Charlotte afin de gouverner le Sublime et de le préparer à un ultime test qui déterminera si la race humaine peut être sauvée par les hôtes ou doit s'éteindre en s'auto-détruisant.

Mais là encore, hélas ! ça ne prend pas : même si Joy et Nolan renoncent à mi-chemin aux circonvultions narratives qui avaient plombé la saison 2, ils accumulent alors des séquences absurdes, aussi ennuyeuses que grotesques. Entre des duels ridicules et expédiés (Charlotte vs Maeve), des déchéances misérables de personnages (Caleb), l'arrivée de nouveaux héros peu charismatiques (Frankie et les rebelles), des reprogrammations qui s'enchaînent (William), des protagonistes horriblement écrits (Christina entre fantôme et déesse), et des actions franchement pathétiques (la course-poursuite finale entre William et Charlotte est affligeante : lui traverse tous les Etats-Unis en cheval et réussit à arriver au barrage avant elle, qui se déplace pourtant dans un petit engin aérien), rien ne nous est épargné.

La série ne s'en relève jamais et les épisodes se suivent sans plus nous captiver. C'est long, laborieux, désolant. On résiste à l'envie d'abandonner avant la fin en espérant un twist, un de plus, qui, par exemple reviendrait sur le sort de William à la fin de la saison 2 (enfermé on-ne-sait-où et visité par le fantôme de sa fille) - mais rien n'arrivera. A la place, on est perdu avec ce subplot concernant le Sublime, le plan ultime de Dolores (dont on se demande vraiment bien pourquoi elle se préoccupe encore des humains et de leur extinction/survie, et comment le Westworld originel recréé dans cet espace virtuel va pouvoir résoudre quoi que ce soit).

Le dernier épisode ressemble à un jeu de massacre tel qu'on s'interroge sur qui sera présent dans cet hypothétique saison 5 puisque Bernard, Caleb, Maeve, William, Charlotte meurent tous, apparemment défintivement (leurs perles sont détruites). On souhaiterait presque pour eux qu'ils le restent tant cette saison 4 les a maltraités. Dans le cas où la série aurait droit à une prolongation, je pense que ce sera pour un nombre réduit d'épisodes et avec l'injection de nouveaux personnages autour de Dolores, mais par expérience, je sais que c'est rarement une bonne idée (voir des antécédents comme Dr. House, Urgences, Lost).

L'interprétation n'est pas mauvaise, car les acteurs sont excellents, mais ils font quand même souvent peine à voir, comme s'ils devaient jouer une partition imbitable. Thandie Newton est celle qui s'en sort le mieux avec Jeffrey Wright, leurs deux personnages bénéficiant des mielleurs arcs. Mais quelle misère pour Evan Rachel Wood qui erre durant huit épisodes sans avoir l'air de savoir ce qu'elle doit faire. Idem pour James Marsden, de retour mais cantonné à un rôle accessoire. Aaron Paul passe son temps à l'écran à mourir, dépérir, agité de tics. Et Ed Harris n'a plus rien d'autre à jouer que la caricature de William (le comédien n'a pas caché que depuis la saison 2, il ne comprenait plus rien à l'intrigue de la série et c'est vrai pour que pour s'y retrouver avec son personnage, il y a de quoi s'arracher les cheveux). Tessa Thompson doit incarner la méchante de service avant sa rédemption finale, mais elle aussi paraît ailleurs, jamais convaincue, donc jamais convaincante.

C'est donc un désastre complet. Lisa Joy et Jonathan Nolan auraient certainement dû en rester à la saison 3 ou alors raconter les conséquences directes de son dénouement, quitte à se priver de certaines des stars de la série et se couper définitivement de leur fanbase initiale. Mais je ne vois pas comment une saison 5 va pouvoir sauver ce titanic qui comme le célèbre navire a fait une fausse route tragique.