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vendredi 15 décembre 2023

GREEN LANTERN #6, de Jeremy Adams, Xermanico, Scott Godlewski, Peter J. Tomasi et David LaFuente


Le premier arc narratif de Green Lantern par Jeremy Adams se conclut avec ce sixième épisode, encore une fois décompressé mais spectaculaire, grâce au dessin de Xermanico soutenu cette fois par Scott Godlewski. La back-up story de Peter J. Tomasi et David Lafuente continue sur des chapeaux de roues avant d'être promue.


Ivre de rage, Sinestro affronte Green Lantern tout en ripostant face aux avions de chasse de l'armée américaine. Sinestro n'est visiblement plus lui-même et ne retient plus ses coups mais n'écoute plus non plus Hal Jordan...


C'est décidément une série difficile à appréhender que celle écrite par Jeremy Adams. Soyons clair : c'est agréable à lire, il y a de l'action, une sorte de simplicité sympathique. Mais subsiste aussi, toujours un sentiment de vacuité embarrassant.


Récemment, je discutais avec des amis des atouts des Big Two actuellement et un consensus émergeait pour dire que, sur le plan éditorial, DC était certainement plus solide et clair dans leur offre. Les équipes artistiques en place sur les séries les plus exposées étaient fiables et séduisantes.


Tandis que du côté de Marvel, la déception dominait. Si X-Men et leur gamme demeuraient attractifs, pour peur qu'on ait apprécié jusque-là l'âge de Krakoa (ce qui n'est pas le cas de tout le monde), en revanche d'autres titres forts laissaient très perplexes comme The Avengers, The Amazing Spider-Man, Captain America, Daredevil.

Sur tout ça j'étais généralement d'accord tout en nuançant que tout n'était cependant pas parfait chez DC à qui je reproche souvent de produire des séries attirantes mais parfois un peu creuses ou passant à côté de leur potentiel. J'ai évoqué à ce sujet Shazam !, Nightwing et Green Lantern.

En vérité, appelé à préciser mon ressenti sur GL, j'ai expliqué que je voyais pas de vrai point de vue. Jeremy Adams est malin, il sait mener sa barque, mais je ne vois pas où il veut en venir, quel est son propos, ce qui distingue son run. Qu'apporte-t-il depuis six n° à Green Lantern ? Je suis incapable de répondre à cette question.

Green Lantern reste désespérément orphelin de l'époque Geoff Johns. Quand ce dernier s'était emparé du héros, Hal Jordan était en pleine disgrâce. Il l'a réhabilité et a patiemment mis en place des intrigues au long cours culminant dans des sagas mémorables comme la Guerre de Sinestro puis l'event Blackest Night. Johns a fait de Green Lantern un personnage plus populaire qu'il ne l'a jamais été, supplantant même en son temps Superman et Wonder Woman, bien aidé aussi par des dessinateurs de haut vol, Ivan Reis le premier.

Je ne dis pas que ses successeurs (Robert Venditti, Grant Morrison) ont démérité, je ne les ai pas lus pour la plupart ou de façon trop éparse. Mais aucun ne me semble avoir creusé le personnage et sa mythologie avec autant d'intensité que Johns. On peut comprendre que ses successeurs l'abordent avec humilité voire frilosité. Mais qu'importe tant qu'ils essaient quelque chose (comme ce fut le cas avec Morrison, même si je n'ai pas été conquis). Hélas ! Jeremy Adams ne me paraît pas avoir grand-chose de neuf à apporter à la série.

C'est en tout cas ce que je retire de ce premier arc que j'ai souvent trouvé vide, en tout cas très/trop décompressé, ne se réveillant vraiment que ces deux derniers mois. Ce qui se passe dans ce numéro ne change guère la donne, même si la révélation finale concernant Kilowog intrigue et l'apparition d'un personnage jusqu'ici seulement vu (sauf erreur de ma part) dans la série animée Green Lantern surprend.

En vérité, ce qui retient le lecteur, ce sont les dessins de Xermanico qui fournit une prestation irréprochable, même si cette fois il tire la langue et est rejoint par Scott Godlewski (sur les pages 3 à 6 et 19-20). Les styles des deux artistes s'accordent assez bien pour ne pas choquer même si Xermanico est supérieur, avec un découpage plus étudié, un trait plus détaillé alors que Godlewski est trop lisse en comparaison.

Mais c'est un atout qui se retourne contre la série car elle souligne encore davantage la faiblesse du récit. Comme Nightwing, on attend longtemps avant qu'il se passe quelque chose pour avoir quelque scènes finalement peu inspirées. Et comme pour Shazam ! il y a cette impression pesante que l'auteur gagne du temps faute d'idées nettes et profondes.

Dans ces conditions, je ne pense pas poursuivre l'achat de ce titre.
  

- WAYWARD SON Pt. 3 (Ecrit par Peter J. Tomasi et dessiné par David LaFuente). Korg, le fils de Sinestro, continue de manigancer pour échapper à son protecteur tyrannique Nagaf, en s'en prenant à des voleurs d'organes...


Sans surprise, il se passe toujours plus de choses dans la dizaine de pages de la back-up story écrite par Peter J. Tomasi que dans la vingtaine donnée à Adams. Et il y a visiblement quelqu'un d'assez lucide chez DC pour le reconnaître puisque le scénariste va bientôt pouvoir développer son histoire sur un format traditionnel.

En effet, en Février 2024, Tomasi poursuivra l'aventure de Korg dans Sinister Sons. Korg y fera équipe avec le fils de Zod, ennemi juré de Superman, et l'objectif est clair et assumé : il s'agit bien de produire un titre qui sera le négatif des Super Sons qu'écrivit déjà Tomasi (avec Jorge Jimenez au dessin au début).

David LaFuente restera au dessin, autre bonne nouvelle, vu qu'il est très en forme sur cette back-up. J'ignore si je me lancerai là-dedans ou si, éventuellement, j'attendrai que les épisodes soient collectés en recueil, mais ça fait plaisir de voir deux talents comme ça promus (et pour Tomasi, ce ne sera pas la seule actualité puisqu'il a rejoint Ghost Machine, le label de Geoff Johns chez Image, et écrira The Rocketfellers avec Francis Manapul au dessin).

mercredi 15 novembre 2023

GREEN LANTERN #5, de Jeremy Adams et Xermanico, Peter J. Tomasi et David Lafuente


Hallelujah ! Ce cinquième épisode de Green Lantern est le meilleur de la série depuis son relaunch. Enfin, Jeremy Adams met du nerf, de l'actio, du fond dans son récit. On a failli attendre... Xermancio, comme d'habitude, est impeccable. Et la back-up story de Peter J. Tomasi et David Lafuente reste un régal.


Sinestro a décidé de passer à la vitesse supérieure pour quitter la Terre en instillant la peur dans l'esprit des humains et ainsi générer lui aussi son propre anneau. Mais évidemment Hal Jordan va s'en mêler et tester les propriétés de son propre anneau pour neutraliser une attaque de drones piratés...


Jusqu'à présent, je ne lisais Green Lantern principalement pour ses dessins, désespérant chaque mois que Jeremy Adams développe une histoire consistante, à la hauteur de son héros. Mais la narration décompressée à l'excès, l'absence de nerf dans l'intrigue, une caractérisation décevante, ont (presque) eu raison de ma patience.


Comme je l'écrivais le mois dernier, j'étais sur le point de lâcher ce titre à la fin de l'arc en cours (qui devrait avoir lieu en Décembre). J'étais pessimiste sur les chances que Jeremy Adams accomplisse un miracle. J'avais tort.


Je ne vais cependant pas prétendre que tout a changé et qu'on tient un épisode renversant qui ouvre des perspectives mirifiques pour la série. Mais c'est tellement mieux que tout ce qu'il a proposé jusqu'à présent que l'espoir renaît.

C''est flagrant dès la scène d'ouverture où Sinestro pirate les communications pour s'adresser à la population de plusieurs villes et les avertir que les humains sont devenus faibles, négligents, affligeants. Et que pour y remédier, les faire réagir ou les éradiquer définitivement, il comptait leur inspirer une peur totale.

On savait que Sinestro et ses complices s'étaient introduits dans les locaux de la compagnie de Carroll Ferris mais, contre toute attente, ils n'y avaient rien volé. Flash comme Green Lantern étaient perplexes : c'est sûr, cela cachait quelque chose. Mais quoi exactement ?

La réponse est un piratage des drones militaires produits par Ferris désormais commandés par Sinestro et sa bande et fonçant sur d'innocents civils. Pas le choix pour Carroll, le seul à même de l'aider est Hal. Green Lantern va donc s'engager dans une folle course-poursuite pour détruire les drones. Mais Sinestro lui réserve quelques tours.

Alors, oui, ça reste encore léger sur le fond : Green Lantern qui pulvérise des drones, ce n'est pas le scénario le plus épique auquel il a été confronté. Mais Adams s'arrange habilement pour que cette menace soit efficacement exploité et surtout il imprime au récit un tempo soutenu qui a le mérite de ne pas laisser au héros et au lecteur le loisir de souffler. C'est un progrès considérable après quatre épisodes où il y avait beaucoup de temps morts.

Ensuite, le script va et vient entre trois positions : on est à la fois dans le centre de commandement de Sinestro, celui de Ferris, et avec Green Lantern. Adams se montre beaucoup plus adroit pour passer de l'un à l'autre que lorsqu'il nous imposait des flashbacks qui ralentissaient l'intrigue et ne nous renseignait qu'au compte-gouttes sur la situation des uns et des autres. 

Il n'est pas exclu qu'on ait encore droit à quelques explications a posteriori puisque la dernière page de l'épisode promet de révéler le mois prochain pourquoi exactement les Planètes Unies ont placé la Terre en zone de quarantaine et forcé les Green Lanterns à rester où ils se trouvaient quand cette décision a été prise. Mais bon, là aussi, attendons de voir comment cela se justifiera et sera mis en scène. 

Visuellement, une fois encore, Xermanico accomplit un boulot remarquable et il réussit magistralement à visualiser les actions de Hal Jordan, à montrer les capacités de son anneau, et à valoriser ses actions parfois périlleuses (comme lorsqu'il génère des constructions lumineuses solides).

Il me semble aussi que le talent de l'artiste est spécialement appréciable dans sa manière de découper l'action et notamment de faire ressentir au lecteur la sensation de vol et de vitesse. On a vu tellement de super héros se déplacer dans le ciel qu'il est extrêmement compliqué pour un dessinateur d'imaginer de nouvelles façons de le représenter.

Comme souvent, le plus simple est le meilleur. Un des artistes qui m'a le plus ébloui dans cet exercice est Stuart Immonen dans Superman : Secret Identity. Je ne peux affirmer que Xermanico l'a étudié mais cela ne m'étonnerait pas car il utilise des angles de vue, des cases de certaines dimensions, des valeurs de plan similaires. Et l'effet est vraiment probant.

Ajoutez-y un cliffhanger explosif et prometteur et on peut attendre, confiant, le sixième épisode. Un sentiment qui n'était pas garanti il y a un mois.
  

- WAYWARD SON Pt. 2 - Korg, le fils de Sinestro, toujours sur la planète Xela, réussit à pirater la banque de données des Planètes Unies pour localiser son père. Il lui faut trouver de l'argent pour partir le rejoindre. Et ce n'est pas le butin qu'il vole à une bande de brigands qui impressionne Nagaf qui l'héberge...


J'avais été très séduit par la première partie de cette back-up story démarrée le mois dernier et cette impression se confirme. Peter J. Tomasi s'approprie le peu de pages à sa disposition pour livrer un récit très dynamique animé par un jeune personnage teigneux. Ses objectifs sont clairs et ses interactions avec Nagaf fournissent des scènes percutantes.

Le dessin expressif et énergique colle parfaitement au script : David Lafuente est dans son élément et nous rappelle quel bon narrateur graphique il est. Dommage que cet excellent artiste n'ait jamais réussi à tenir le rythme sur une série régulière, sans quoi il serait devenu la star qu'on prédisait qu'il serait. Mais ça fait plaisir de le lire à nouveau.

jeudi 12 octobre 2023

GREEN LANTERN #4, de Jeremy Adams et Xermanico, Peter J. Tomasi et David Lafuente


Ce quatrième épisode de Green Lantern ne se démarque, hélas ! pas des précédents, même s'il faut lui reconnaître d'être un peu plus mouvementé. Mais que la narration de Jeremy Adams est décompressée ! Heureusement qu'il y a le dessin de Xermanico pour nous tenir éveillé... Ce numéro accueille aussi une back-up story, Wayward Son, par Peter J. Tomasi et David Lafuente, qui suit le fils de Sinestro.


Sinestro exige de Hal Jordan qu'il lui remette sa bague mais quand il cherche à l'activer, il échoue. Il met alors sa menace à exécution en déclenchant le compte à rebours de plusieurs bombes dans Coast City. Pour empêcher une catastrophe, Green Lantern fait appel à Flash...


C'est malheureux à dire mais sans être mal écrite, cette série est décourageante, exaspérante même. Mois après mois, c'est le même constat qui s'impose : ça ne décolle pas. Un comble pour une série dont le héros est pilote d'essai dans le civil !


Entendons-nous bien : Jeremy Adams est plein de bonne volonté et il passe après d'excellents auteurs, dont Geoff Johns dont le run sur Green Lantern a remis le personnage au centre du DCU. Mais c'est comme si, depuis, tous ceux qui lui ont succédé vivaient dans son ombre, ne parvenant pas à rivaliser.


Le souci de Green Lantern, ce ne sont donc pas les histoires dans lesquelles les auteurs l'entraînent ni même la manière dont ils caractérisent le personnage, mais bien l'écart entre les ambitions affichées et le résultat fini. De fait, l'aura du héros a pâli inexorablement et alors que du temps de Johns, Hal Jordan était une des vedettes de DC, éclipsant sans mal Superman par exemple, aujourd'hui, il a du mal tenir son rang.

Entre temps, il faut aussi préciser que Scott Snyder qui a longtemps animé le titre Justice League lui a préféré John Stewart dans le rôle du Green Lantern de service, s'inspirant ouvertement du dessin animé La Ligue des Justiciers (qui devrait bientôt être visible sur Netflix) où Stewart occupait déjà la place.

De bonnes idées, Adams n'en manque pas et elles ont de quoi intriguer, accrocher le lecteur : d'abord le fait que Hal Jordan est coincé sur Terre, dépourvu de son anneau de puissance mais qu'ensuite il a réussi à en générer un dont il découvre les propriétés. Ce nouvel anneau est au coeur du début de cet épisode puisque Sinestro exige que Jordan le lui remettre afin qu'il puisse quitter la Terre et rejoindre sa planète Korugar, qui, elle, n'est pas mise en quarantaine par les Planètes Unies. Evidemment, rien ne va se passer comme prévu et Sinestro va se venger.

L'autre bonne idée de ce numéro est d'y mêler Flash (Barry Allen - qui, quoi qu'on me dise, reste "le" Flash. Je n'ai rien contre Wally West, mais Barry reste mon favori.). Comme la couverture l'indique, c'est un clin d'oeil à The Brave and the Bold puisque Barry Allen et Hal Jordan ont partagé nombre d'aventures dans cette revue. D'ailleurs, là encore, du temps de Johns, les deux héros incarnaient le temps (Flash) et l'espace (Green Lantern).

Mais le souci, c'est que de bonnes idées ne suffisent pas à faire un bon scénario et donc un bon comic-book. On en a la preuve cruelle ici : car tout est désespérément mou. Flash aide donc Green Lantern à désamorcer des bombes déclenchées par Sinestro et, en passant, ils mettent une dérouillée à Major Disaster. Mais Jeremy Adams échoue complètement à nous faire vibrer pour ces exploits. Et les scènes plus calmes ne disposent pas de situations et de dialogues assez brillants pour compenser. C'est fade.

Dans ce ce genre de configuration, le lecteur a tendance, naturellement, à se raccrocher à l'aspect esthétique de la série. De ce côté-ci, pas de déception : Xermanico livre de superbes planches, il anime les personnages avec élégance et efficacité, ne ménage pas ses efforts sur les décors. Son découpage est fluide et nerveux à la fois, avec une belle variété dans les angles de vue, les valeurs de plan. 

Mais on reste sur un sentiment de gâchis. Un tel artiste mérite mieux que ça, mieux que ce récit sans tonus, sans singularité, que cette intrigue sans relief, qui peine à décoller. On se fiche au fond de ce que nous raconte la série et c'est ça le pire. Qu'y a-t-il de plus accablant que de lire une histoire dont l'issue manque à ce point de perspective et de suspense, de vie ?

Je me suis donné jusqu'au #6 pour donner sa chance au produit, donc jusqu'à Décembre. 2024 se fera-t-elle avec ou sans Green Lantern ?
  

- WAYWARD SON #1 (Ecrit par Peter J. Tomasi et dessiné par David Lafuente.) - Korg est le fils de Sinestro. Livré à lui-même, il doit rapporter de l'argent à Najaf, son protecteur. Mais las de cette situation, il veut prouver qu'il est le digne descendant de son père...

Pour tout vous dire et rapidement, cette back-up story réussit là où Green Lantern échoue lamentablement. En quelques pages, Peter J. Tomasi (ex-scénariste et editor de DC) prouve qu'il n'a pas perdu la main et nous régale avec un récit plein de pep's en suivant le rejeton de Sinestro, aussi enragé que ce dernier. Malgré le peu de place à sa disposition, le scénariste plante le décor sans perdre de temps, nous accroche, et son petit héros a un caractère percutant.

Graphiquement, c'est l'occasion de profiter du talent du trop rare David Lafuente, parfait pour ce genre d'exercice et de protagonistes. Les couleurs vives de Tamra Bonvillain lui vont à merveille. C'est un régal. 

On se dit, un peu dépité, que si DC avait confié au vétéran Tomasi l'écriture de Green Lantern (qu'il connait bien pour avoir longtemps écrit le titre Green Lantern Corps), ç'aurait été parfait. Quant à Lafuente, ce serait vraiment cool qu'il bénéficie de plus de pages (même si on sait que ce n'est pas non plus un artiste capable d'assurer 20 pages mensuelles).

mercredi 13 septembre 2023

GREEN LANTERN #3, de Jeremy Adams et Xermanico


C'est le retour de Green Lantern après Terror Knights. Jeremy Adams reprend les rênes de sa série (qu'il avait confié en Juillet-Août à Alex Segura) mais on n'est pas dépaysé : le rythme est toujours nonchalant, même si le scénariste avance ses pions. Xermanico est également là et produit de superbes planches, soutenu par les couleurs de Romulo Fajardo.
 

Il y a un mois. Hal Jordan découvre les nouvelles fonctionnalités de l'anneau qu'il a généré durant son combat contre le Manhunter. Aujourd'hui, Sinestro rassemble un gang avec lequel il pénètre dans les installations de la compagnie de Carol Ferris. Celle-ci montre les images captées par la vidéo-surveillance à Hal...


J'ai dernièrement formulé, à plusieurs reprises, une certaine lassitude face à la narration décompressée exercée par des auteurs sur leurs séries, suggérant que cela révélait souvent un manque d'imagination, une volonté de gagner du temps par manque d'idées.


Bien sûr, ce n'est qu'une hypothèse, mais c'est l'impression que j'en retire en lisant certains comics : celles que des scénaristes frustrent sciemment leurs fans en alignant des épisodes où il ne se passe objectivement pas grand-chose, afin de compléter des arcs en 5-6 épisodes, de quoi composer un recueil.


J'écris ceci sans méchanceté. Ayant longtemps défendu des auteurs comme Bendis, Ellis, Millar et autres, adeptes de cette narration décompressée, j'aurai du mal aujourd'hui à accuser ceux qui les imitent de mal faire leur boulot.

Mais je pense néanmoins qu'il y a là matière à réflexion. Chaque époque génère une manière d'écrire et chaque scénariste charrie son lot de tics d'écriture. On y adhère ou pas, c'est selon. En revanche, si aucun auteur ne devrait avoir à écrire en pensant au lecteur, en voulant le séduire à tout prix, à s'adaptant à lui, il existe un moment charnière où entre la façon d'écrire et celle de lire divorcent.

Ainsi, pour mon cas, j'ai grandi en lisant Claremont, Miller, Moore. Des auteurs qui avaient le goût des textes fournis. Aujourd'hui, ceux qui n'ont pas grandi avec ces auteurs-là peuvent éprouver des difficultés à les apprécier en les trouvant bavards, trop explicatifs ou complexes. Les lecteurs contemporains exigeront par exemple plus d'immédiateté, plus de rythme. La narration a évolué et la lecture aussi.

Non, ce qui me pose davantage de problème, c'est quand le contenu d'un épisode me donne l'impression qu'entre le début et la fin de celui-ci, l'intrigue n'a pas beaucoup (suffisamment) bougé, avancé. Comme si l'auteur en gardait sous le pied.

Ainsi, en trois épisodes de Green Lantern, on peut, je crois, légitimement dire que Jeremy Adams avance à pas comptés. Il ne se passe vraiment pas grand-chose dans Green Lantern. Le background de la situation du héros n'est pas davantage expliqué. Ce qu'on sait tient à peu de choses : Hal Jordan (et Kilowog et Sinestro) sont coincés sur Terre, suite à des sanctions des Planètes Unies. Mais pourquoi ? C'est très flou.

Sinestro, dans ce troisième épisode, se décide (enfin) à bouger et rassemble une sorte de gang avec lequel il mène une attaque dans les locaux de la compagnie Ferris. Des gardes sont tués, d'autres blessés, mais rien n'a été volé. Comme le déduit simplement Carrol quand elle montre les images de la vidéo-surveillance à Hal Jordan, c'est exactement comme si Sinestro voulait signaler qu'il était là, qu'il avait fait ça - donc qu'il s'agit d'un piège, vraiment pas subtil. Mais à quelle fin ?

Et puis ? C'est tout. On a droit à de superbes planches dessinées par Xermanico, qui est vraiment excellent, qui découpe des scènes spectaculaires avec une maîtrise parfaite - et on croise les doigts pour qu'il enchaîne le plus d'épisodes possible parce que, quand il aura besoin de souffler, il y a un gros risque que la série ait un fill-in artist de moindre qualité, et là, ça va piquer.

Comme, en prime, Xermanico profite des couleurs de Romulo Fajardo, le lecteur en prend plein la vue. C'est très beau, très élégant, et le dessinateur peut apprécier que son collaborateur respecte son trait tout en le valorisant avec des nuances impeccables.

Mais bon, sans Xermanico et Fajardo, ce que nous donne Adams aurait de quoi nous laisser sur notre faim. Tout ça ressemble à une assiette comme on en sert dans les restaurants gastronomiques étoilés : la quantité est faible, mais si la qualité est indéniable. On quitte la table sans avoir eu à se déboutonner (mais ayant bien raqué par contre). On ne va pas jouer la surprise : ça fait un moment que la narration décompressée est pratiquée, c'est devenu un style d'écriture. Et Jeremy Adams l'exploite à son tour.

Par contre, on peut quand même constater que la différence entre lui et Bendis, Ellis et d'autres, c'est qu'en termes de contenu, on n'a vraiment pas grand-chose à se mettre sous la dent. Bendis aimait le côté soap des comics et concevait des dialogues qui permettait de cerner la psychologie de ses héros et de leur supporting cast. Ellis poussait les curseurs à fond et testait les limites du genre super-héroïque (plus spectaculaire, violent, etc.). Adams cite (en interview) le silver age, son ambition de rendre Hal Jordan sympathique, d'écrire au long cours, parce qu'il prétend ne pas pouvoir rivaliser avec ce qu'a fait Geoff Johns avec Green Lantern (toute la dimension cosmique) : why not ? Mais faudrait quand même penser à aller un peu plus vite et moins miser sur les mystères et un peu plus sur l'action, les interactions, etc.

C'est dommage parce que, au fond, ce n'est pas désagréable à lire, c'est beau à voir, et donc ça m'ennuierait de laisser tomber. Je vais donc persister jusqu'à la fin (prévisible) de cet arc (donc jusqu'au #6 disons), parce que la fin de cet épisode semble annoncer quelque chose d'un peu plus vif le moins prochain. Mais c'est un sursis.

mercredi 14 juin 2023

GREEN LANTERN #2, de Jeremy Adams et Xermanico


Il faut s'attendre à un flot d'épisodes frustrants du côté de DC ce mois-ci puisque, le mois prochain (et le suivant après), l'event Knight Terrors va tout cannibaliser. Conséquence directe : les histoires entamées dans les séries régulières vont s'interrompre pour laisser leur place à des numéros connectés à la saga imaginée par Joshua Williamson. C'est franchement pénible, surtout pour Green Lantern qui vient juste de redémarrer.


Il y a un mois. Hal Jordan a réussi, sans se l'expliquer, à reformer un anneau de pouvoir en affrontant un inconnu en armure de Manhunter. Aujourd'hui, après avoir détruit un drone de chez Ferris, il pense qu'il va être renvoyé et se confie à Kilowog qui lui dit de saisir toutes opportunités pour se rattraper... Ce que Hal va faire en devenant le pilote du jet privé de Carol Ferris.


Déjà que les events et autres crossovers me courent sur le système, alors quand il y en a un qui surgit et qui interrompt des séries qui viennent juste de redémarrer, franchement, je ne comprends pas la logique des éditeurs qui font ça. Et pourtant c'est comme ça que DC a décidé de manoeuvrer.


La semaine dernière, je reprochai déjà que Shazam ! (de Mark Waid et Dan Mora) soit impacté après seulement deux numéros parus. Re-belote pour Green Lantern qui, à peine revenu dans les bacs, voit déjà son envol parasité par cette histoire de Knight Terrors pour les deux prochains mois.


N'aurait-il pas été plus judicieux de publier des tie-in à cet event sous forme de numéros spéciaux afin que ces séries continuent normalement ? Joshua Williamson a un pitch qui vaut ce qu'il vaut (confronter les héros à leur pire cauchemar) mais j'ignore si c'est lui ou les editors de DC qui ont eu l'idée de (quasiment) tout bloquer pendant deux mois pour que cette idée cannibalise tous les titres en cours (ou presque).

A mon sens, quelle que soit la qualité finale de Knight Terrors, ce n'est pas une bonne stratégie. Quand une série repart, il faut laisser au lecteur le temps de s'y habituer, de faire connaissance avec l'équipe artistique aux commandes, avec l'intrigue qu'elle présente, certainement pas l'impliquer dans un event aussi vite. Faudra pas pleurer chez DC si, en Septembre, les acheteurs ne reviennent pas, écoeurés d'avoir dû attendre deux mois pour renouer avec ce qui avait été amorcé.

D'autant que, dans le cas précis de Green Lantern, Jeremy Adams développe son scénario à petits pas. On peut même dire qu'il décompresse franchement. Bon, moi, ça ne me gêne pas, ça ne m'a jamais gêné. Comme beaucoup, je préfère quand même quand ça va un peu plus vite, mais il en faut plus pour me décourager et généralement j'essaie de tenir au moins un arc (soit cinq-six épisodes en moyenne) pour savoir si je vais continuer à suivre une série.

Pour l'instant, Green Lantern avance donc doucement. La narration destructurée permet de se poser des questions, à commencer par : pourquoi Jeremy Adams choisit de raconter son histoire en exposant des événement survenus un mois auparavant ? D'un côté, on voit donc Hal Jordan qui est revenu sur Terre après avoir été exclu du Green Lantern Corps désormais sous la tutelle des Planètes Unies, donc sans anneau de pouvoir. Il vit dans un mobil' home sur les hauteurs de Coast City.

De l'autre côté, au temps présent, Hal vient de se faire une énième fois embaucher chez Ferris Aircraft comme pilote de drone. Dès son premier jour, il détruit un engin lors d'un exercice et pense qu'il va être renvoyé mais Kilowog (également démobilisé) lui remonte le moral. Hal se ressaisit et réussit à se replacer comme co-pilote du jet privé de Carol au moment même où elle part en voyage d'affaires en compagnie de son nouveau fiancé Nathan.   

Il y a un mois, Hal a réussi par la seule force de sa volonté à reformer un anneau de pouvoir en combattant un type en armure de Manhunter. Mais cet anneau connaît des défaillances. Aujourd'hui, le voyage connaît des turbulences surnaturelles, qui sont le prologue à Knight Terrors.

Quand on termine l'épisode sur ce cliffhanger, on soupire en levant les yeux au ciel. D'abord parce qu'on comprend donc que Green Lantern va faire partie des séries touchées par l'event (je ne me faisais pas beaucoup d'illusions certes, mais bon...). Et ensuite parce que, hé bien,, l'histoire n'a quand même pas beaucoup progressé depuis le mois dernier et il va falloir attendre deux mois pour qu'elle reprenne son cours normal. Franchement, ça me fatigue. Je me contrefous de Knight Terrors, j'en ai marre des events, je veux juste, comme certainement beaucoup de lecteurs, suivre une série et pas attendre deux mois pour connaitre sa suite.

Xermanico fait en plus un super taf au dessin. J'aime bien son Hal Jordan, un peu concon, incorrigible, son duo avec Kilowog fonctionne immédiatement avec ce dernier qui se pose en philosophe qui ne se trompe jamais. J'aime aussi comment il croque Carol, excédée par Hal, ce grand gamin qui jure ne pas être revenu pour elle mais qui ment. L'artiste réussit à rendre ces personnages très expressifs et le ton très rom-com est jubilatoire.

Mais Xermanico nous régale aussi avec des scènes où Green Lantern récupère ses pouvoirs et se laisse griser, juste avant de tomber de haut. Plus loin, il représente un jet privé avec beaucoup de réalisme et de soin. Le découpage est aéré, fluide, et les couleurs de Romulo Fajardo sont superbes. Pourquoi interrompre un truc aussi chouette pour un putain d'event ?!

Bon, j'arrête là parce que ça me soûle et je sens que ça va vous soûler aussi (que vous ayez ou non envie de lire Knight Terrors). J'ajoute juste que j'ai pas lu la back-up story John Stewart : Homecoming par Philip Kennedy Johnson et Montos dont je me fiche totalement : il est acquis que ces pages ne servent que d'introduction à une future série régulière consacrée à l'autre Green Lantern que je n'achèterai pas.

En attendant, je constate que je n'aurai pas grand-chose à critiquer du côté de chez DC cet été. Peut-être sera-ce l'occasion de procéder à des séances de rattrapage sur des titres que j'ai commencés puis lâchés...

mercredi 10 mai 2023

GREEN LANTERN #1, de Jeremy Adams et Xermanico, Philip Kennedy Johnson et Montos


Après Shazam ! la semaine dernière, c'est au tour de Green Lantern de connaître une relance. C'est aussi le come-back de Hal Jordan dans le rôle. Le héros qui reste attaché au run de Geoff Johns (qui en fit une vraie vedette) est cette fois entre les mains de Jeremy Adams et Xermanico, qui sont réunis après Flashpoint Beyond. Tandis que le mensuel s'accompagne d'une back-up story par Philip Kennedy Johnson et Montos impliquant John Stewart.


Les Gardiens d'Oa ont disparu et ce sont désormais les Planètes Unies qui les commandent. Mais Hal Jordan a refusé de les servir et a dû rendre son anneau de pouvoir et revenir sur Terre, placée en quarantaine car jugée trop peu sûre. Et le moins qu'on puisse dire est qu'il n'est pas accueilli à bras ouverts...
 

Il y a 19 ans (déjà !) Geoff Johns prenait les rênes du titre Green Lantern et fit de Hal Jordan (l'incarnation du héros depuis le Silver Age) un personnage vedette, éclipsant même à l'époque Superman et Wonder Woman. Quand il quitta la série neuf ans plus tard, il avait achevé un run historique.


Depuis, malgré les efforts des différents scénaristes à avoir animé les aventures de Green Lantern, DC n'a jamais renoué avec pareil succès pour ce personnage. Hal Jordan fut même remplacé par John Stewart dans la Justice League de Scott Snyder, accomplissant le plus souvent ses missions dans l'espace. Loin des yeux, loin du coeur...


C'est encore une fois à l'occasion de Dark Crisis (on Infinite Earths) que Hal Jordan fit son come-back et que, peu après, DC annonça le lancement d'une nouvelle série dont il aurait le premier rôle. Nous y voilà.

Jeremy Adams achève actuellement un long run sur Flash (autre point commun qu'il partage avec Johns) et il se trouve qu'il y a quelques années il avait soumis un pitch à l'editor de la série. Il la proposé à nouveau quand on chercha un auteur pour ce relaunch que DC souhaitait plus terre-à-terre pour le héros.

Comme pour Shazam ! sorti la semaine dernière, il s'agit, on le comprend, de réintroduire Green Lantern auprès des lecteurs, nouveaux ou plus anciens, et de le rendre à nouveau sympathique, abordable. De ce point de vue, c'est une totale réussite, même si comme pour la série de Mark Waid et Dan Mora, on pourra se sentir un brin frustré par ce premier épisode.

Toutefois, ce Green Lantern  n°1 comme Shazam ! témoigne de l'intelligence éditoriale actuelle de DC : plutôt, comme chez Marvel, de confier leurs séries phares à des vedettes pas forcément inspirées, la Distinguée Concurrence attribue les titres à des auteurs fans avec une vision claire et nette pour le personnage et son univers, s'appuyant sur une idée simple. En l'occurrence, faire de Hal Jordan un Green Lantern viré du Green Lantern Corps, revenu sur Terre qui a été mise en quarantaine car considéré comme un secteur trop dangereux pour l'équilibre cosmique.

Sans le sou, parti depuis longtemps, privé de son anneau de pouvoir, Hal Jordan ne résiste pourtant pas un soir à se rendre à Coast City où sévit un dangereux vilain, Steel Fury, vêtu d'une armure de Manhunter. Puis il va frapper à la porte de Caroll Ferris pour décrocher une place. Son retour ne passe pas inaperçu et si certains s'en félicitent, la plupart le voit d'un mauvais oeil...

L'épisode se lit rapidement, presque trop. Jeremy Adams (re)fait les présentations et surtout rétablit les fondamentaux de Green Lantern : Carol Ferris, Sinestro, les Manhunters. Cela contribue à rassurer un lecteur qui n'a plus lu la série depuis un bail. Mais le scénariste en garde sous le pied : où sont passés les Gardiens d'Oa ? Qu'est-ce qui justifie l'autoritarisme des Planètes Unies vis-à-vis du Green Lantern Corps ? Pourquoi la Terre est-elle mise en quarantaine ? Qu'y fait Sinestro, incognito ?

La couverture indique aussi qu'on reverra Kilowog, le formateur du GLC aux côtés de Hal Jordan. Adams n'épargne pas ce dernier qui, embauché à nouveau par Ferris, ne pilote plus d'avion de chasse mais des drones car c'est désormais le matériel favorisé par l'armée, et on voit que cela le met en difficulté. Du coup, habilement, on prend fait et cause pour Hal à qui on souhaite le meilleur tout en se doutant bien que les ennuis vont resurgir vite. Le volontarisme du héros participe aussi à en faire une figure aimable (ce qui est une condition sine qua non pour un personnage se vantant d'avoir le willpower le plus affirmé de tous ses homologues).

DC fait aussi un effort régulier pour attacher aux projets des artistes en mesure de rafraîchir les séries tout en s'assurant de composer un binôme efficace avec le scénariste. Tout comme Dan Mora et Mark Waid, Xermanico et Jeremy Adams se connaissent bien puisqu'ils ont collaboré récemment sur Flashpoint Beyond

L'artiste espagnol s'est investi avec passion dans le titre et son trait sert à merveille le personnage, depuis la couverture à l'aquarelle jusqu'aux planches intérieures au rythme trépidant. Avec le coloriste Romulo Fajardo, il produit des images lumineuses et dynamiques, avec des compositions harmonieuses, sur lesquelles on peut s'attarder pour en apprécier les détails, avec des arrière-plans fournis, mais aussi une fluidité remarquable dans les enchaînements (bienvenue pour un épisode qui va-et-vient entre passé et présent).

Si Xermanico tient le rythme, alors pas de doute, cette relance a de beaux jours devant elle (sinon il faut souhaiter que DC trouve un fill-in artist d'un bon niveau pour laisser au titulaire le temps de souffler de temps en temps).

C'est en tout cas très engageant et on a envie d'y croire.


- JOHN STEWART HOMECOMING (Philip Kennedy Johnson/Montos) - De son côté, John Stewart a aussi fait son retour sur Terre, auprès de sa mère, pour qui il effectue des réparations dans sa maison. Mais dans l'espace, ses compagnons du Green Lantern Corps affrontent la Mère des Revenants qui le traque...

Cette back-up écrite par Philip Kennedy Johnson (Action Comics) doit, à terme, servir de rampe de lancement pour une série régulière consacrée à John Stewart (déjà vedette du run de Geoff Thorne. Il faut en tout cas le souhaiter car en l'état c'est un appendice dispensable pour le titre dédié à Hal Jordan (même si Jeremy Adams n'a pas fermé la porte à une interaction entre Stewart et Jordan).

L'idée de Kennedy Johnson est intéressante : il suggère que Stewart n'a pas claqué la porte du GLC (comme Jordan), mais a plutôt raccroché, comme un militaire professionnel en retraite. Pourtant, considéré comme le meilleur du Corps, il ne fait guère de doute qu'il rempilera, et d'ailleurs une menace dans l'espace indique qu'il est traqué par un mystérieux et féroce ennemi.

Au dessin, Montos, inconnu au bataillon, a un style qui fait penser à du Gary Frank et se montre aussi à l'aise dans les scènes intimistes (avec John et sa mère) que dans l'action (avec le GLC).

dimanche 26 février 2023

BATMAN : ONE BAD DAY - CLAYFACE, de Jackson Lanzing & Collin Kelly et Xermanico


Pour ce pénultième numéro de la collection Batman : One Bad Day, le trio Jackson Lanzing-Collin Kelly (scénario) - Xermanico (dessin) a jeté son dévolu sur Clayface/Gueule d'argile. Comme d'habitude, il s'agit d'un récit complet d'une soixantaine de pages consacré avant tout au vilain de l'histoire, où Batman apparaît peu (davantage comme dans l'épisode consacré à Catwoman que celui avec Mr. Freeze donc). Le résultat est rien moins que magistral.


Basil Karlo a quitté Gotham pour revenir tenter sa chance à Hollywood. Sous une nouvelle apparence et un nouveau nom, celui qui se fait désormais appelé Clay est embauché, pour gagner sa vie entre deux castings, comme serveur. Il se fait une amie de Kat, également employée dans le même restaurant et qui souhaite vendre un script à un studio (dès qu'elle l'aura achevé).


Les choses commencent à se gâter quand Clay, Corey, un autre collègue, doit passer une audition pour le même film que Clay et qu'il décroche le rôle principal. Jaloux, Clay tue Corey et prend son apparence. Mais le premier jour de tournage, il se dispute avec le réalisateur à propos de la manière d'interpréter le personnage. 


C'est le début d'une série de meurtres qui va conduire Clay à usurper l'identité de plusieurs personnes jusqu'à celle d'un producteur organisant une fête dans sa luxueuse villa sur les hauteurs de Los Angeles. Parmi les invités se trouve Bruce Wayne...


Alors que la collection Batman : One Bad Day s'achève le mois prochain avec un ultime numéro consacré à Ra's Al Ghul (écrit par Tom Taylor et dessiné par Ivan Reis), et après l'excellent tome dédié à Catwoman (par G. Willow Wilson et Jamie McKelvie), c'est au tour de Clayface (Gueule d'argile) d'avoir les honneurs d'un récit complet.
 

DC Comics a convaincu les actuels scénaristes de Captain America : Sentinel of Liberty d'écrire le script et Jackson Lanzing et Collin Kelly ont produit un vrai chef d'oeuvre. Visiblement inspiré par le personnage, il font de cette histoire un miroir de ses origines et glisse des clins d'oeil à des classiques, en particulier Killing Joke d'Alan Moore et Brian Bolland.

Il y a eu plusieurs Clayface dans l'a continuité du DCU mais le plus connu reste Basil Karlo et c'est lui qu'ont choisi Lanzing et Kelly. Devenu fou quand il a appris qu'on allait tourner un remake du film d'horreur dans lequel il avait joué, il tua tous les membres du casting et de l'équipe technique. Arrêté par Batman et Robin, il fit de fréquents allers-retours à l'asile d'Arkham par la suite jusqu'à ce que le Pingouin lui remette un échantillon d'argile magique qui, mêlé à son sang, en fit un monstre capable de changer d'apparence. Ainsi naquit Clayface/Gueule d'argile.

Il y a eu cependant une volonté récente de racheter ce méchant lors du run de James Tynion IV sur le titre Detective Comics quand le scénariste l'intégra aux "Gotham Knights" dirigés par Batman et Batwoman, aux côtés de Spoiler, Robin (Tim Drake) et Orphan. Mais même dans cette période, la tragédie rattrapa Basil Karlo qui, confronté à une femme qu'il défigura lors d'une ses exactions passées, et maniupulé par le Syndicat des Victimes, perdit à nouveau la raison et dut être neutralisé violemment par Batwoman, causant un schisme dans l'équipe qu'elle menait.

Jackson Lanzing et Collin Kelly ne font pas mention de cette parenthèse héroïque et reviennent aux sources du personnage en composant un récit qui fait écho à ses origines. Quittant Gotham pour tenter à nouveau sa chance à Hollywood, Basil change d'identité et d'apparence et repart de zéro en courant les castings, subsistant en travaillant comme serveur. Il rencontre d'autres prétendants à la gloire, comme Kat, une scénariste qui lutte pour achever un script, ou Corey, un autre comédien.

Les deux scénaristes partent d'une situation banale pour enclencher un engrenage criminel quand Corey auditionne pour le même rôle que Basil et décroche la timballe. Le sentiment d'échec de Karlo est d'autant plus vif que lors de son casting son interprétation était trop grandiloquente et qu'il s'est emporté quand la directrice de casting le lui a reproché. C'est tout le drame du personnage, convaincu d'avoir raison contre tous parce qu'il a une vision.

Sans pesanteur, Lanzing et Kelly citent Killing Joke, le classique de Alan Moore et Brian Bolland, car c'est pour le premeir rôle d'une adaptation cinématopgraphique que Basil et Corey passent une audition. D'une certaine manière, Basil a raison de dire qu'il comprend mieux le rôle que n'importe qui puisque l'histoire du film s'est déroulée à Gotham et qu'ellle raconte la naissance du Joker. Mais il n'empêche que, sans ambiguïté, il joue effectivement mal sa partition, en en faisant des caisses.

Habilement, Lanzing et Kelly ne montrent pas l'audition de Corey, on ne sait donc pas s'il a été objectivement meilleur que Basil. Mais ce n'est pas l'important : Basil est frustré par cet échec, d'autant plus qu'il profite à un rival (quand bien même il est aussi son ami). La suite est une répétition de cette frustration initiale : que ce soit avec le réalisateur du film, les membres de l'équipe de tournage, le producteur, il s'estime incompris injustement et tuer ceux qui ne le comprennent pas est le seul moyen efficace à ses yeux pour réparer cet affront. Il ne se rend même pas compte qu'il s'agit d'une fuite en avant.

Dans la dernière partie du récit, les deux scénaristes intègrent Bruce Wayne et dans une courte mais géniale scène, on voit Basil qui le reconnaît et perd littéralement toute contenance au point de devoir se réfugier dans une pièce pour recouvrer son sang froid. Mais il est trop tard. Dans un utltime sursaut, il révélera sa véritable identité à Kat, qui le reconnaîtra alors et comprendra qu'il est l'auteur des crimes...

La réussite magistrale du projet tient dans son côté direct : le vrai monstre, ce n'est en définitive pas Clayface mais Basil Karlo. Clayface n'est que la conséquence du drame de Karlo. Il ne s'agit pas d'un cas semblable à celui du Dr. Jekyll et de Mr. Hyde puisque Basil sait exactement ce qu'il fait, même quand il laisse resurgir Clayface. En vérité, Clayface est l'arme de Basil, il la dégaine pour éliminer les obstacles qui se dressent devant lui et ses pouvoirs lui permettent ensuite de prendre l'apparence de ses victimes en espérant progresser dans la société. Parvenu (c'est le cas de le dire) au sommet de l'échelle, confronté à un énième échec, il n'a plus d'autre choix que de fuir encore - mais pour aller où ? Il s'est condamné tout seul.

Le script, ciselé comme une pierre d'orfèvre, est magnifiquement servi par le dessin, sublime, de Xermanico. Il a également peint la couverture de l'album, mais pour les pages intérieures, il a pu s'appuyer sur le fabuleux Romulo Fajardo. Ensemble, ils composent des planches exceptionnelles.

Le découpage alternne fréquemment "gaufriers" de neuf cases (hommage supplémentaire à Killing Joke) et doubles pages, qui baignent dans des lumières nuancées. Fajardo accomplit un travail sensationnel pour habiller les dessins, sans déborder dessus.

Xermanico, qui a donc une formation de peintre, sait comment dessiner en laissant de la place à son collaborateur. Son trait esst fin, précis, et ses personnages sont expressifs. Ses décors sont fournis, détaillés. Surtout ses compositions sont toujours parfaites, avec une disposition des divers éléments dans l'image harmonieuse et dynamique.

Il est certain que l'artiste produit une oeuvre majeure dans sa carrière en pleine ascension et on ne peut qu'être impatient de le retrouver sur la prochaine série Green Lantern, avec le retour au premier plan de Hal Jordan, qui sera écrite par Jeremy Adams et sortira en Mai prochain.

Batman : One Bad Day s'enrichit elle d'un nouveau chapitre de haute volée. Je sens que je vais crauer pour le Ra's Al Ghul de Taylor et Reis maintenant...

mercredi 19 octobre 2022

FLASHPOINT BEYOND #6, de Geoff Johns, Jeremy Adams, Tim Sheridan, Xermanico, Mikel Janin et Gary Frank


Ce dernier épisode de Flashpoint Beyond n'aura pas sauvé ce projet boiteux et risque même d'attiser à nouveau la colère des détracteurs de Geoff Johns qui ne se prive pas de retconner une bonne partie du DCU (et de se servir de Watchmen au passage). On se rend aussi compte que Jeremy Adams et Tim Sheridan n'ont rien apporté de personnel à l'histoire. Restent les dessins, superbes, de Xermanico, Mikel Janin et (pour deux pages) de Gary Frank.


Rip Hunter et Corky Baxter tentent de reprendre à Batman le globe temporel qu'il a volé dans le labo des Chasseurs du Temps avec le projet de le briser et d'anéantir l'univers Flashpoint dans l'Hypertemps.


Au même moment, dans cet univers, Thomas Wayne écoute Martha, sa femme, expliquer comment elle veut remonter le temps pour empêcher la mort de leur fils, quitte à sacrifier Dexter Dent.


Gilda menace Dexter avec un pistolet et Thomas tente de la désarmer. Gilda fait exploser une bombe qui détruit la sphère temporelle de Martha et provoque l'effondrement de l'asile d'Arkham.


Thomas sauve Martha et Dexter. Et ce geste suspend celui de Rip Hunter qui constate que l'univers Flashpoint s'est stabilisé et ne menace plus l'hYpertemps. Comme l'avait parié Batman...

On peut peindre un tableau de bien des façons, avec nombre d'accessoires : au pinceau, au couteau, ou à la truelle. La finesse du résultat dépendra de l'outil employé. Et Flashpoint Beyond ressemble finalement à un assez mauvais tableau à la truelle mais où l'artiste aurait voulu être aussi fin que s'il avait manié un pinceau.

Pas plus tard qu'hier, après avoir lu ce sixième et dernier épisode, j'ai lu une interview de Geoff Johns, Tim Sheridan et Jeremy Adams, qui dressaient le bilan de leur mini-série, revenaient sur des points majeurs de cet ultime chapitre et les conséquences pour le futur du DCU, en particulier pour le relaunch de Justice Society of America par Geoff Johns.

On pouvait alors comprendre, ne serait-ce qu'en mesurant la longueur des interventions de Johns par rapport à celles de ses deux collègues, que non seulement, comme attendu, c'était bien lui le chef d'orchestre de ce projet, mais que surtout les deux autres n'avaient finalement pas apporté grand-chose, sinon des détails dans la caractérisation.

Un peu comme Omar Sharif dont le tiercé était la grande passion, on peut dire que Geoff Johns a pour hobby préféré la retcon, ou comment modeler le DCU à sa guise, à sa main. Pendant longtemps, jusqu'à la fin des New 52, on pouvait apprécier ses efforts en ce sens comme ceux d'un architecte occupé à mettre de l'ordre dans la chronologie éditoriale d'une maison comme DC où règnait un joyeux bordel. Et fort de ses succès sur des titres emblématiques comme Flash, Green Lantern, Justice Society of America et Justice League, ses patrons auraient eu tort de ne pas le laisser faire : Johns avait l'amour, la connaissance de cet univers, et les compétences pour le ranger.

Puis DC s'est rendu compte que, malgré tout ça, ça ne fonctionnait pas parfaitement. Il fallait passer à autre chose, réconcilier la tradition et la modernité, passer des New 52 à Rebirth (avec ses étapes successives). Johns, peut-être vexé, peut-être aussi écarté (à cause des polémiques sur le film Justice League de Zack Snyder, où son nom était régulièrement cité comme un des responsables de la débâcle), a alors semblé lâché l'affaire, et d'autres auteurs ont essayé à leur tour de jouer les architectes - Scott Snyder, puis Joshua Williamson.

Flashpoint Beyond, avec le recul, ressemble à une tentative en loucedé pour Johns de reprendre un peu les commandes, ou du moins de négocier avec Williamson. Mais en fin de compte, ce n'est guère concluant. Tout d'abord, parce qu'en sept épisode (si on compte le n° 0), il a démarré très lentement et fini à l'arrache, en injectant massivement des éléments dont beaucoup sont plus frustrants qu'enrichissants. Et, c'est le pire, en revenant se servir dans les travaux de Alan Moore, malgré les critiques virulentes reçues pour Doomsday Clock.

La partie la plus incongrue de Flashpoint Beyond restera cette invasion des kryptoniens, un subplot qui aurait convenu pour une mini-série de douze épisodes, mais qui dans un format réduit de moitié ne ressemble à rien d'autre qu'à une promesse non tenue. Ne comptez pas sur une résolution de cette ligne narrative, qui n'est d'ailleurs mentionnée que dans une double page et une autre page. Disons-le clairement : c'est du gros foutage de gueule.

Plus réussie est la partie, principale concernant le fait de sauver l'univers Flashpoint, qui se situe non pas dans le Multivers (donc qui n'est pas une Terre parallèle) mais dans l'Hypertemps (donc qui une sorte d'écho à notre Terre, une variation née d'événements émotionnels divergents - en l'occurrence le fait que Bruce Wayne ait été tué à la place de ses parents et que Flash y soit intervenu pour sauver sa mère). Notre Batman (Bruce Wayne) confronté à Rip Hunter a joué aux dès avec Dieu en somme puisqu'il a compté sur un geste improbable de Thomas Wayne dans l'univers Flashpoint pour que celui-ci soit préservé. Un sacré pari qui convainc malgré tout Rip Hunter de ne pas détruire l'univers Flashpoint contenu dans un globe temporel chargé par Dr. Manhattan.

Ce qui nous conduit au dénouement de Flashpoint Beyond : comme il aime tant le faire, Johns procède par allusions, assez alléchantes reconnaissons-le (teasant des épreuves futures pour Batman notamment - reste à savoir si Chip Zdarsky, actuellement en charge de la série Batman en tiendra compte, ou si Ram V les développera dans Detective Comics. J'en doute, mais bon, je m'en fiche un peu, ne lisant plus ni l'un ni l'autre de ces titres). Johns d'un autre côté déplace les meubles et pas qu'un peu, et là, sans aucune subtilité, mais bien comme un général redisposant ses troupes.

Ainsi Rip Hunter et Bonnie Baxter compte-t-il sur la réintégration dans le passé de plusieurs personnages, totalement inédits, pour corriger les altérations subis par l'Hypertemps. Pas moins de treize individus sont cités, qui réécrivent massivement la continuité DC, avec des versions Golden Age de Mister Miracle, Aquaman, Red Lantern, Legionnaire par exemple, mais aussi Salem the witch Girl (en lien avec Klarion the witch boy ?), Ladybug (rien à voir avec Miraculous Ladybug), John Henry Jr. (importé de The New Frontier de Darwyn Cooke ?), Quiz Kid, Betsy Ross, Molly Pitcher, Cherry Bomb (inspiré du tube des Runaways ?), Judy Garrick (probable parente de Jay Garrick ?), Les fils de Harlequin. Personne ne sait qui sont ces gens, débrouillez-vous avec ça, semble dire Johns, qui risque bien d'être le seul à exploiter ces noms (probablement dans Justice Society of America).

En soi, pourquoi pas ? Mais ce qui interroge, c'est bien la manière. DC veut-il laisser Johns développer une sorte de Johns-verse, dans son coin, juste pour satisfaire son ancien enfant prodige. C'est généreux, et après tout pourquoi pas, quand on sait que Sean Murphy a son propre pré carré chez l'éditeur avec la saga White Knight. Néanmoins, tout ça est quand même présenté comme quelque chsoe censé impacter profondément le DCU, or qui chez les scénaristes de l'éditeur semble intéressé ? Encore une fois, Kennedy Johnson (qui a la main sur Superman), Zdarsky et Ram V (sur Batman), Taylor (sur Nightwing - annoncé comme le personnage au coeur du DCU après Dark Crisis) ne me paraissent pas très connectés à Flashpoint Beyond. Et ne parlons pas de Williamson (qui, comme je vois les choses, va sûrement être l'élu pour relancer Justice League en 2023).

C'est donc surtout visuellement que Flashpoint Beyond aura été le plus satisfaisant. Xermanico aura livré des épisodes de haute facture tout du long et ce mois-ci ne fait pas exception. Il se partage l'épisode presque à égalité avec Mikel Janin, qui illustrera dès le mois prochain, la Justice Society of America nouvelle version de Johns. Rien à redire : les deux artistes auront ravi les fans et permis à cette saga d'avoir belle allure.

Gary Frank signe les deux dernières pages. Pas étonnant qu'il ait été invité puisque c'est devenu le partenaire privilégié de Johns avec qui il a co-créé Geiger chez Image Comics, et avant cela ils ont réalisé ensemble Doomsday Clock et la trilogie Batman : Earth-One. Toutefois, ces deux dernières pages vont déchaîner les passions et m'ont, pour part, particulièrement déplu.

Alan Moore, devenu la grande obsession de Johns, qui n'a de cesse depuis quelques années de recopier ses effets de narration, mais surtout de réécrire Watchmen en l'intégrant à grands coups de pompes sur la tête dans le DCU, a qualifié les editors de DC de "ratons-laveurs venant chaque nuit grignoter dans ses poubelles". C'est exactement ce qui se passe ici avec une énième mention à Watchmen qui laisse pantois. DC et Johns ne pourraient-ils pas laisser simplement Watchmen tranquille et lâcher Moore ? A la fin, ça ressemble à du harcélement, et pour quel résultat ? De la bouillie, dont les lecteurs se moquent, que les détracteurs de Johns emploient pour troller ce dernier. Etrange et pénible manie de la part d'un éditeur qui a popularisé le multivers et le concept de mondes parallèles dans les comcis que de vouloir à tout prix incorporer la mni-série super-héroïque la plus révolutionnaire de tous les temps à leur univers central, sans jamais convaincre personne de la pertinence de cette manoeuvre.

Malgré tout ça, j'ai envie de voir ce que Johns va faire avec son troisième run sur la JSA, avec en prime Janin (qui, je l'espère, sera aussi régulier que du temps du Batman de Tom King). Mais pour Flashpoint Beyond, hormis les dessins, je vais plutôt essayer d'oublier cette expérience.