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jeudi 27 juillet 2023

X-MEN : HELLFIRE GALA 2023, de Gerry Duggan, Jonathan Hickman, Adam Kubert, Luciano Vecchio, Valerio Schiti, Matteo Lolli, Russell Dauterman, Javier Pina, R.B. Silva, Joshua Cassara, Kris Anka et Pepe Larraz

 


Je m'étais promis de revenir aux X-Men à l'occasion de la troisième édition du Hellfire Gala, sortie hier. Même si Fall of X a déjà officiellement démarré, ce numéro spécial de 80 pages marque vraiment un tournant dans cette nouvelle ère mutante. Gerry Duggan orchestre tout cela et réussit à vraiment choquer le lecteur. Même si ça ne signifie pas qu'il réussira à me faire revenir...

 


De la résurrection de Kamala Kahn/Ms. Marvel par les Cinq sur Krakoa à la révélation de la nouvelle équipe de X-Men puis à l'attaque lancée par Orchis sur l'île de Mykines où se tient le Hellfire Gala 2023, venez assister à la chute de la maison que X a bâtie. Et croyez-le : plus rien ne sera comme avant.
 

Ci-dessus, vous pouvez lire les (très) grosses lignes de ce numéro spécial consacré à l'édition 2023 du Hellfire Gala. En 2021, sur l'île de Mykines, propriété de Emma Frost cédée à elle par Namor, fut présentée la première équipe des X-Men de l'âge de Krakoa et la terraformation de Mars rebaptisée Arakko pour y loger les anciens sujets de Genesis et Apocalypse. 


En 2022, une nouvelle formation des X-Men fut intronisée, avec moins de cérémonial, mais en coulisses déjà se préparaient de manoeuvres pour gâcher la fête et préparer une attaque d'ampleur sur le peuple de Krakoa. L'année qui suivit confirma ce futur noir : Orchis propagea des fake news pour discréditer les mutants, tout en piratant leur technologie.


Depuis de longs mois, Marvel promettait Fall of X dont la forme est curieuse : il ne s'agit pas à proprement parler d'un event avec une saga centrale et des séries satellites, ni d'un crossover, mais plutôt d'une myriade de titres, de mini-séries confirmant un changement de statu quo brutal sur la chute de Krakoa, la fin de l'âge de Krakoa. Il faudra sans doute attendre 2024 pour réellement savoir quelle apparence prendra la nouvelle ère mutante.


Mais il faut reconnaître que, même si j'ai tout laissé tomber du côté des mutants ces derniers mois, en partie parce que la série X-Men me tombait des mains, en partie parce que l'event Sins of Sinister m'a découragé, en partie enfin parce que regrettais que Marvel mette fin à l'âge de Krakoa, la lecture de X-Men : Hellfire Gala 2023 était sur mon programme, en espérant trouver une forme de synthèse de Fall of X.


Et de ce côté, je ne suis pas déçu. Gerry Duggan, qui, jusqu'à présent, ne m'avait pas semblé en capacité tout comme en inspiration pouvoir ni produire un page-turner vraiment renversant ni se distinguer de ce qu'avait fondé Jonathan Hickman, réussit un tour de force exemplaire, une vraie apocalypse, qui redistribue profondément les cartes, balaie tout sur son passage. 


Pour illustrer ces 80 pages, j'ai choisi huit pages issues de cet épisode qui me semblent bien résumer les moments forts de ce qui s'y passe, sans trop en dévoiler mais en en disant suffisamment. Il n'est plus réellement question de spoilers : le lecteur est prévenu d'emblée, depuis  longtemps, que les mutants vont prendre cher et que rien (vraiment !) ne sera plus comme avant (en tout cas plus comme depuis quatre ans, depuis House of X/Powers of X).


Dans cette configuration, et même si la notion de mort reste relative étant donné le protocole de résurrection créé par les mutants, on sort de cette lecture tout de même très remué. C'est la réussite la plus notable du script de Gerry Duggan : il parvient à nous faire croire à une crise de grande ampleur, à une situation désespérée, à la fin d'une époque, à un changement de paradigme. Bien entendu, il faudra confirmer ça ensuite et ne pas se contenter d'un simple match retour pour qu'en 2024 on reparte pour un tour de manège. 

Non, si le projet doit aboutir concrètement, il faut que l'an prochain les mutants soient dans un état aussi bouleversant et bouleversé que lors de HoX/PoX. Et disons que ce Hellfire Gala 2023 donne à Duggan tous les moyens d'y arriver. C'est entre ses mains et celles des autres auteurs de la franchise mutante que revient la conversion de cette promesse en réalité. Sinon tout n'aura été qu'un coup d'éclat.

Le déroulement de cet épisode se caractérise par un rythme très soutenu : on a droit à 80 pages très denses, très énergiques, très dramatiques. Tous les curseurs sont à fond, quitte à entrer dans le rouge. Mais comme ça fait bien deux ans qu'on n'a pas lu pareil récit, aussi électrisant, avec des mutants, on se régale. Duggan casse tous les jouets,, sème un chaos incroyable. Il le fait comme un gamin en colère, qui s'est longtemps retenu, mais sans que ce soit un simple caprice. Il hérite de pièces disposées par ses collègues et les assemble de manière efficace pour un résultat paroxystique.

Il y a là une succession de moments très forts, très puissants, et pourtant ça démarre moyen avec la résurrection de Ms. Marvel (Kamala Kahn), piteusement tuée par Marvel (et Zeb Wells, dans les pages de The Amazing Spider-Man). Désormais, le personnage est aligné sur le canon du MCU : elle est devenue une mutante. Duggan se fait étonnamment subtil en développant à la fois ce choc pour le personnage et le fait qu'elle n'ait pas envie de se définit comme tel tout de suite, qu'elle se demande ce qu'il en est de ses pouvoirs, de sa vie privée. C'est le seul passage obligé de l'épisode mais Duggan l'intègre bien.

Puis on entre dans le vif du sujet avec l'élection de la nouvelle équipe des X-Men. Jean Grey annonce qu'elle et Cyclope ont décidé de passer la main à Synch et Talon (Laura Kinney). La formation élue est surprenante avec les entrées de Cannonball, Prodigy, Frenzy, Jubilé, Dazzler, et le Fléau. Mais à peine ont-ils été intronisés que la fête bascule dans le carnage. Nimrod les tue (presque) tous !

La suite est une longue mais captivante opération bien préparée par Orchis. Les méchants entrent en scène les uns après les autres : Dr. Stasis (un clone de Mr. Sinistre), Karima Shapendar/Oméga Sentinelle, l'A.I.M., Moira X, les Sentinelles Stark conçues par Feilong. L'assaut est si massif, rapide, bien déployé que les mutants sont dépassés comme jamais. Le carnage est inévitable et il ne sera pas évité.

On assiste en particulier à la mort, vraiment horrible, d'un X-Man historique, à la défaite d'un autre qu'on pensait impossible, Jean Grey est poignardée, Firestar hérite d'une mission abominable, les portails de Krakoa sont piratés et deviennent des pièges affreux, Lourdes Chantel se sacrifie d'une manière déchirante, Charles Xavier se rend, Malicia opère un baroud d'honneur et un sauvetage in extremis... N'en jetez plus ! On est littéralement saisi par le massacre mutant, à la hauteur du premier (qui donna son titre à une saga culte), par la déroute des survivants, par le désespoir absolu qui étreint Xavier. Mais on est aussi intrigué par ce qu'on voit du côté de Mother Righteous (sur l'archipel de Krakoa basée dans l'Atlantique, et il est certain que cela va faire phosphorer les fans).

Visuellement, 80 pages, c'est l'occasion d'un défilé de dessinateurs et Marvel a convié stars confirmés et recrues en devenir. Adam Kubert ouvre la marche et plus tard donne une belle scène à Wolverine. Puis Luciano Vecchio lui succède, plus fade. Russell Dauterman, comme chaque année, se charge de la présentation de la nouvelle équipe : deux pages seulement, mais superbes. Ensuite, la catastrophe commence pour les héros et les artistes s'enchaînent : Javier Pina et Matteo Lolli ne font pas de quartier, RB Silva qui signe des pages magnifiques, Joshua Cassara ne fait que passer, Kris Anka a droit à un autre moment fort, et Pepe Larraz conclut en beauté. Franchement, c'est un régal pour les yeux, élégant, et brutal.

On a même droit à deux pages par Jonathan Hickman et Valerio Schiti, parfaitement intégrées au reste, qui introduisent deux des futurs protagonistes de leur projet G.O.D.S., de manière très habile. Cela suffit au binôme pour ironiser sur la fameuse affirmation de Magneto dans House of X #1 comme quoi, à présent, les mutants seraient les nouveaux dieux.

Maintenant, dans les mois à venir vont éclore de nombreuses mini-séries exploitant la situation, utilisant les survivants, ramenant des personnages qu'on n'a pas vus depuis des lustres (comme Alpha Flight), investissant plusieurs territoires. Je ne vais rien lire de tout ça. A vrai dire, je pense que cela aurait été bien plus fort et culotté de ne plus rien publier de mutant jusqu'en 2024, histoire de vraiment angoisser les fans et repartir sur des relaunchs, une nouvelle collection de séries (avec de nouveaux noms, comme celui, teasé à la San Diego Comic Con le week-end dernier, de New X-Men). 

Mais Marvel comme la nature a horreur du vide et préfère combler les mois prochains avec une avalanche de projets qu'on sait par avance très inégaux (en qualité et en intérêt). Une stratégie similaire au MCU qui, s'il avait misé sur un break après Avengers : Endgame, aurait permis au spectateur de souffler, de se remettre de ses émotions et pour les studios Marvel de créer une attente, un désir, un manque bien plus efficace. Selon l'offre qui sera proposée au terme de Fall of X, je verrais si ça m'intéresse de revenir lire des aventures mutantes. Ce Hellfire Gala donne un terrain fertile pour une sorte de nouveau départ. Aux scénaristes et editors de savoir en tirer la meilleure liqueur.

jeudi 13 janvier 2022

MARAUDERS #27, de Gerry Duggan, Matteo Lolli et Phil Noto


Le run de Gerry Duggan s'achève avec ce vingt-septième numéro de Marauders, qui sera aussi très certainement le dernier épisode que je critiquerai. Série profondément inégale mais étrangement attachante aussi, elle va être relancée au n°1 avec une nouvelle équipe artistique. Pour ce baisser de rideau, Matteo Lolli revient et Phil Noto l'accompagne. 



Krakoa. Kitty Pryde questionne Forge sur l'avancée de ses travaux pour qu'elle puisse utiliser les portails de l'île. Il a encore besoin de temps et cela ne la satisfait pas. Elle va donc se tourner vers quelqu'un d'extérieur.


Ailleurs. Pyro et Bishop usurpent les identités de deux marchands d'armes pour vendre des héliporteurs du SHIELD aux Homines Verendi. Mais le deal, une fois conclu, dégénère avec l'arrivée des vrais trafiquants. Lors de la bataille qui suit, Kitty enregistre les prochains départs de plusieurs membres.


Madripoor. Wilhelmina Kensington est en cavale après avoir quitté les Homines Verendi. Traquée par les Reavers, elle est sauvée par Callisto qui la conduit jusqu'à Masque. Ainsi, Mina a un nouveau visage et peut partir pour commencer une nouvelle vie.


Krakoa. Lourdes Chantel annonce à Sebastian Shaw qu'elle prend sa place au sein de la Hellfire Trading Company, tandis que Emma Frost donne la sienne aux Stepford Cuckoos. Le conseil de l'île se réunit après cette redistribution des cartes.

Gerry Duggan est un bien curieux scénariste qui écrit des séries parfois avec rigueur, quand il s'en tient à une idée précise (Cable où il a orchestré durant un an le remplacement de la version jeune de Nathan Summeurs par sa version plus âgée et connue - et appréciée). Parfois aussi avec une irritante nonchalance, quand il mène sa barque au gré d'intrigues lâches, dont on a du mal à retenir un vrai fil conducteur.

Marauders appartient à la seconde catégorie. En vingt-sept épisodes, Duggan aura fait un peu tout et n'importe quoi, sauf s'en tenir au programme du titre - pour rappel, il devait s'agir d'une série sur le commerce de la médecine krakoane et le sauvetage de mutants dans des pays où ils étaient persécutés. Ces deux thèmes n'ont été, la plupart du temps, que survolés, comme si Duggan s'en fichait.

La série partait qui plus est avec un handicap : le nom Marauders renvoie à une bande de vilains qui ont commis un abominable massacre dans les années 80 et personne n'a jamais compris l'idée de Marvel d'attribuer de nom à une équipe de mutants héroïques. Pire : on pouvait penser qu'avec Destiny of X en vue, la série changerait de nom (comme Excalibur qui devient Knights of X). Mais non.

A présent que Gerry Duggan écrit X-Men, il a choisi (ou on lui a demandé de choisir) entre continuer à animer Marauders ou passer le flambeau. Là encore, c'est la deuxième option qui a été retenue. Comment allait-il quitter la série étant donné qu'il l'avait si mal commencé et poursuivi cahin-caha ?

Hé bien, comme à son habitude, Duggan passe d'un sujet à l'autre, sans vraiment en creuser aucun, il déplace des pions, évacue des personnages. Peut-être avec la complicité de son successeur (Steve Orlando), pour lui permettre de démarrer sans avoir à se soucier de replacer son casting. La solution a au moins le mérite d'être élégante, même si, en définitive, Marauders s'achève avec le sentiment de n'avoir jamais complètement débuté, comme si 27 épisodes n'avaient pas servi à grand-chose.

Car au fond ce qui se joue ici n'inspirera rien au lecteur. Il ne sera jamais ému, amusé, étonné, choqué d'assister aux mouvements des personnages, parce que Duggan ne s'est jamais investi pour nous les rendre attachants. Il a parfois fait n'importe quoi (rebaptiser Kitty Pryde Kate et l'affubler d'un costume grotesque, faire de Pyro un sombre crétin), parfois il a voulu bien faire mais trop tard (montrer la véritable puissance de mutant oméga de Iceberg), parfois il a insisté inutilement sur le caractère d'un personnage (Shaw dépeint comme une ordure - sans blague ?). D'autres ont été sous-exploité (Callisto, Bishop, Tornade - depuis partie sous d'autres cieux, dans les mains d'un auteur plus doué), d'autres sont revenus de nulle part ( Lourdes Chantel, Christian Frost, Shinobi Shaw), d'autres n'ont fait que passer (le Hurleur).

C'est dommage. Comme il est dommage que la série n'ait jamais bénéficié d'un artiste régulier. Matteo Lolli, qui a ouvert le bal d'un long défilé, revient pour l'occasion et livre, contre toute attente, son meilleur boulot. Phil Noto, qui aurait été parfait (et aurait tenu la barre sans faillir), l'accompagne, et j'enrage que ce dessinateur si compétent ait perdu son temps sur la série Cable au lieu d'être titularisé sur Marauders. Encore un rendez-vous manqué.

C'est terriblement frustrant au final. 27 épisodes pour ça ? Mais que vraiment retenir en dehors de ce sentiment d'une série qui vous glisse en permanence entre les doigts ? Sur le papier, il y avait de quoi en faire un titre majeur, avec un programme précis et intéressant. En fin de compte, Gerry Duggan aura sans cesse tout fait pourse défiler, et le staff éditorial aura été incapable d'attribuer un desssinateur de bon niveau et régulier (en dehors des trop rares épisodes signés par Stefano Caselli).

Au fond, Marauders marque bien la fin d'une époque. Je ne prendrai pas le prochain volume, et je constate que le nombre de mensuels X que je suivais va diminuer conséquemment (à part X-Men Red, rien n'est attirant, et X-Men est en ballotage). 

jeudi 2 décembre 2021

MARAUDERS #26, de Gerry Duggan et Matteo Lolli


Ce vingt-sixième épisode de Marauders est l'avant-dernier du run de Gerry Duggan qui retrouve pour l'occasion (et le mois prochain pour le final) le dessinateur Matteo Lolli, avec qui il a lancé le titre. On sent que le scénariste ne sait plus trop quoi raconter, sans spoiler Inferno, et donc il s'amuse à faire n'importe quoi, de façon plus sympa et sans conséquence que sur X-Men.



Dans la longue file d'attente des mutants à ressuciter, le tour de Harry Leland est enfin venu. Il renoue avec Sebastian Shaw et Emma Frost, qu'il côtoyait aux débuts du Club des Damnés et qui l'aident à se réacclimater.


Pendant ce temps, les Marauders - Kitty Pryde, Christian Frost, Iceberg, Callisto et Lockheed - convoient une cargaison d'alcool de Krakoa lorsqu'ils sont attaqués par le dragon Fin Fang Foom. Iceberg l'écarte au terme d'une bataille où il démontre l'étendue de ses pouvoirs de mutant oméga.


Shaw accompagne Leland à New York City dans l'ancien hôtel particulier du Club des Damnés. Shinobi Shaw les surprend et Sebastian informe Harry qu'il s'agit de son fils biologique qu'il a élevé durant son"absence".


Aux Nations-Unies, l'ambassadeur du Royaume-Uni tente à nouveau de discréditer Krakoa en faisant remarquer qu'aucun représentant mutant n'assiste à la séance. Mais Harry Leland se présente alors enq qualité de porte-parole de la Nation X.

Le résumé ci-dessus donne bien l'idée du côté complétement décousu de l'épisode. On pourrait même pousser plus loin en affirmant que cela résume la série Marauders telle que l'a toujours écrite Gerry Duggan qui, le mois prochain, quittera le titre pour se conacrer exclusivement à X-Men.

Si je suis très sévère avec ce que Duggan fait sur X-Men, je garde une tendresse, un peu coupable, pour son travail sur Marauders, dont la désinvolture, si elle m'a parfois agacé, voire limite découragé, fait l'essentiel de son charme.

Sur le fond, entre ce que la série devait être et ce qu'elle a été effectivement, Duggan n'a jamais respecté le contrat. Marauders devait se consacrer d'une part au business de Krakoa, au commerce de sa médecine miraculeuse via la Hellfire trading company, et de l'autre, au sauvetage et au rapatriement de mutants persécutés dans des Etats ne reconnaissant pas Krakoa comme une nation.

26 épisodes ont été produits et très peu de ce programme initial a été tenu. On a eu un peu droit à du sauvetage, un peu à du commerce, mais tout ça a été dilué dans des intrigues filandreuses. Comme d'ahbitude, ce qui semble le plus intéresser Duggan, c'est un tour de passe-passe entre ce que la série doit faire et ce que lui a envie de faire. De fait, l'histoire la plus mémorable de toute la série restera celle contenue dans ses dix premiers épisodes avec l'assassinat de Kitty Pryde par Sebastian Shaw jusqu'à la résurrection compliquée de Kitty et la révélation de l'identité de son agresseur (et de son mobile). Cela nous laisse donc une quinzaine d'épisodes où Marauders est parti dans tous les sens.

C'est encore le cas cette fois avec le retour que personne n'atttendait de Harry Leland, membre du Club des Damnés apparu lors du run de Claremont/Byrne dans les années 70. Comme s'il n'y avait personne de plus qualifié, Sebastian Shaw et Emma Frost en font le nouvel ambassadeur de Krakoa auprès des Nations-Unies et Duggan ajoute même, de manière aussi incongrue que dispensable, qu'il est le père biologique de Shinobi Shaw (pourquoi ? On n'en sait rien et on ne le saura sans doute jamais, mais bon, ça permet de remplir deux planches).

Si donc le retour de Leland est le fil rouge de l'épisode, Duggan gratifie le lecteur d'une scène d'action, comme un quota, avec un équipage réduit des Marauders aux prises avec... Fin Fang Foom ! Là encore, pourquoi pas ? Cela donne l'occasion d'apprécier Iceberg en action, en train de déployer ses pouvoirs à leur maximum, ce qui n'est pas souvent le cas, alors qu'il est quand même un mutant de niveau oméga (au même titre que Tornade ou Marvel Girl ou Magneto par exemple). Bobby Drake, c'est un peu le héros "dugganien" par excellence : personne ne s'en méfie mais il peut accomplir des prouesses, rarement mais quelquefois quand on (Duggan le premier) se souvient qu'il en est capable.

Fin Fang Foom est aussi parfait pour Duggan qui adore ce genre d'adversaire improbable. Même si, après avoir lu Nextwave (de Warren Ellis/Stuart Immonen), il n'est plus possible de voir le dragon sans réprimer un fou rire, sur une page il en jette et on peut être sûr d'avoir de l'action et du grand spectacle.

Où tout cela nous mène-t-il ? Pas loin. Il est aussi fait mention de Nimrod, briévement. Et c'est là qu'on se doute que Duggan doit meubler sans trop en dire, au risque de spoiler Inferno, qui va sûrement impacter tous les titres X. Pourtant, au-delà de l'Annual de Marauders, Marvel n'a toujours pas confirmé si la série continuerait (à ce stade, seuls X-Men, New Mutants et Wolverine en sont assurés. Certainement X-Force aussi. Mais aucune annonce sur le futur d'Excalibur, S.W.O.R.D.. X-Corp semble d'ores et déjà condamné.).

Matteo Lolli revient au dessin pour conclure le run de Duggan avec qui il avait démarré la série. C'est toujours aussi inspide même si ce n'est pas ce qu'il a fait de pire. La scène avec Fin Fang Foom n'est pas mal, l'artiste ayant compris qu'il fallait la traiter sans lésiner sur les plans larges avec un découpage réduit pour des cases de belles dimensions. Le reste est plat, hormis la splash page où Leland découvre Krakoa, sympa. 

Mais au fond Lolli est comme Duggan : on ne sent jamais chez lui une envie de se dépasser, d'aller au-delà de ce qu'il pourrait faire. Sa technique est limitée et il est absolument incapable de produire quelque chose qui sort de l'ordinaire, qui va prouver qu'il sait raconter visuellement quelque chose d'intéressant. Au fond, c'est un dessinateur qui n'est ni inspiré ni motivé (le seul dessinateur qui a apporté un plus à la série restera Stefano Caselli, dans une prestation en pointillés). Les couleurs de Rain Beredo ne rattrapent rien, c'est là aussi le minimum syndical.

Parce que son auteur n'a jamais su élever son niveau et par conséquent celui de la série, Marauders est resté ce titre qui se laisse lire mais dont on ne retiendra pas grand-chose, voire rien (quel a été son impact sur la franchise ? Se poser la question, c'est y répondre). Si elle ne survit pas à l'après Inferno, pas sûr qu'elle manque à quiconque. Sauf si ceux à qui elle sera confiée se démènent vraiment.... 

jeudi 22 juillet 2021

MARAUDERS #22, de Gerry Duggan, Matteo Lolli et Klaus Janson


Autant vous prévenir : si vous n'avez pas lu les derniers n° de Marauders et ceux des séries encadrant le Hellfire Gala, passez votre chemin, rattrapez votre retard et alors vous pourrez profiter de ce vingt-deuxième épisode. Car Gerry Duggan connecte tout dans ce nouveau chapitre où il est question de secrets et de dissimulations. Matteo Lolli dessine la moitié et laisse l'autre, un gros flashback, à Klaus Janson, guest-artist ce mois-ci.


Les lendemains de fête laissent souvent des migraines comme c'est le cas pour Emma Frost, qui lit la couverture du gala du Club des Damnés dans la presse et se voit rappeler par le Pr. X de parler à Sebastian Shaw au sujet de l'impossibilité de ressuciter Lourdes Chantel.


Leur "mère" trop accaparée par ces affaires, les Stepford Cuckoos découvrent sur l'île de Mykines Wilhelmina Kensington en état de choc. En sondant son esprit, elles découvrent qu'elle est submergée par un trauma d'enfance et décide de l'aider.


Emma Frost se confie à Sebastian Shaw à propos de Lourdes Chantel en lui révélant qu'elle n'est pas morte comme il le croit. Par le passé, elle l'a aidée à fuir les brutalités du Roi Noir du Club des Damnés en mettant en scène sa mort.


Emma a ensuite requis les services de Wilson Fisk pour que Lourdes bénéficie de faux papiers et d'une nouvelle vie en échange de quelques faveurs; Aujourd'hui, Emma fait comprendre que ce mensonge a finalement motivé Shaw a aider l'établissement de la Nation X.

L'épisode est donc clairement découpé en deux parties. C'est le genre de dispositif que peut se permettre Gerry Duggan sur Marauders, qui n'est pas une série aussi stricte dans sa construction, aussi rigoureuse dans son déroulement que X-Men où le cahier des charges lui impose un quota d'action, des subplots, des cliffhangers et du soap opera. On mesure bien à présent que le scénariste doit se dédoubler non seulement physiquement pas aussi stylistiquement car les deux titres qu'il écrit n'ont pas les mêmes ambitions.

X-Men est la vitrine de la franchise, la série qui doit imposer le nouveau statu quoi d'une équipe de mutants justiciers en les rendant aussi sympathiques que les Avengers. Marauders reste plus lié à ma mythologie de Krakoa établie depuis Hox - PoX, où il s'agit encore de développer les intrigues de l'île des mutants. Récemment, juste avant l'event Hellfire Gala, au cours du dîner d'adieu de Tornade à l'équipe des Marauders, Sebastian Shaw déplorait l'absence de Lourdes Chantel, la femme qu'il aimait et qui est morte tragiquement, tuée par une Sentinelle - dans une histoire de X-Men Classic.

Cette affaire revient sur le devant de la scène maintenant que la fête est terminée. Et le Pr. X exige d'Emma Frost qu'elle clarifie la situation auprès de Shaw. Mais on y reviendra plus tard car l'épisode s'attarde sur une autre piste qui est amenée à se prolonger. En effet, les Stepford Cuckoos, de retour d'Arakko, trouvent sur la plage de l'île Mykines Wilhelmina Kensington en état de choc.

Wilhelmina est une membre des Homines Verendi, ce club de gamins richissimes qui ont pris le contrôle de Madripoor dont ils ont réussi à chasser les mutants. Apparus dans Wolverine and the X-Men de Jason Aaron, Gerry Duggan les a réutilisés depuis le début de Marauders d'une manière finalement assez efficace, quoique irrégulière, dans une guerre des nerfs et de territoire. Wilhelmina a été invitée au gala mais l'expérience a été un choc qui a fait remonter de mauvais souvenirs à la surface : les Stepford Cuckoos découvrent qu'elle a été victime d'abus sexuels durant son enfance par son père.

Saisissant l'occasion à la fois d'aider la jeune fille (comme le leur a enseignées leur mère) et peut-être avec une idée derrière la tête (soulager Wilhelmina pour qu'elle leur soit redevable ensuite et donc affaiblir les Verendi), elles l'accompagnent pour règler ce problème. La suite aux prochains numéros. Le risque pour Duggan, c'est qu'il aime multiplier les pistes narratives, les subplots. Il le fait avec de bonnes intentions (pour n'oublier aucun mutant) mais on peut se demander s'il aura vraiment le loisir de développer tout ça : après les Morlocks (qui font de la résistance à Madripoor, car ils rejettent l'autorité de l'ONU) et maintenant le cas Wilhelmina, sans oublier le business de la Hellfire trading company, ça commence à faire beaucoup.

Revenons à présent à Emma Frost, Sebastian Shaw et Lourdes Chantel. Duggan a sorti ce personnage des oubliettes (puisqu'elle n'était apparue que dans un épisode de X-Men Classic, donc seuls les connaisseurs s'en souvenaient), mais son idée est séduisante, d'autant qu'on voit qu'au lendemain du gala, Shaw a récupérait ses moyens (il avait été sévèrement remis en place pour avoir voulu tuer Kitty Pryde et Lockheed) et que la hâche de guerre semble enterrée avec Emma. Toutefois celle-ci est sommée par le Pr. X de révèler la vérité à Shaw sur sa défunte maîtresse.

Jusqu'alors, l'épisode est dessiné par Matteo Lolli, plutôt dans un bon jour. Il nous gratifie par exemple d'une superbe splash page avec Emma (voir ci-dessus), inspirée par un cliché célèbre de Faye Dunaway par Terry O'Neill après qu'elle avait reçu son Oscar pour Network (de Sydney Lumet, 1976) :


Le dessinateur italien a du goût et il aime représenter Emma. Le reste est aussi bon, même s'il manque toujours à Lolli une certaine rigueur dans les compositions, du dynamisme, de l'expressivité. Comme Stefano Caselli ne reviendra pas (il remplace Valerio Schiti sur SWORD), il va falloir que Marvel trouve un artiste régulier solide pour que Marauders ne sombre pas visuellement.

D'autant que, pour se charger du long flashback qui occupe la seconde moitié de l'épisode, Klaus Janson a été appelé. Janson jouit toujours d'un prestige certain dans la profession car il reste le compagnon de route de Frank Miller dans les années 80 (sur Daredevil où il était plus un finisseur qu'un simple encreur) puis de John Romita Jr. C'est une sorte de monstre sacré.

Pourtant, je l'avoue, je ne partage pas cette idolâtrie. Avec Miller, Janson formait un duo exceptionnel (même si les deux hommes se sont brouillés). En revanche, je n'ai jamais considéré qu'avec Romita Jr., il avait quelque chose d'aussi conséquent - JR Jr. ayant bien baissé aussi. Mais il y a pire : c'est quand Janson se pique de dessiner (et de s'encrer). Là, franchement, ce n'est ni fait ni à faire. Malheureusement, ça se vérifie une fois de plus ici.

Ses pages sont moches et trahissent un je-m'en-foutisme peu reluisant de la part d'une "légende" comme lui. Quand on atteint la scène où Emma confie Lourdes au Caïd, c'est du grand n'importe quoi : les plans sont composés d'une façon affreuses, les personnages sont mal proportionnés et même difformes (le Caïd est carrément bossu !), les gros plans sont hideux. Désolé, mais je ne vois aps comment on pourrait encore être indulgent devant un tel massacre.

On referme donc cet épisode avec un sentiment partagé (comme souvent sur cette série). Gerry Duggan a en tout cas du boulot maintenant : avec tout ce qu'il sème dans Marauders et l'écriture de X-Men, il devient le scénariste à la tête de deux gros titres de la franchise X. L'avenir nous dira s'il peut assumer cela, mais il est déjà évident qu'il ne bénéficie pas sur Marauders d'un artiste comparable à Pepe Larraz, à même de compenser ses éventuels coups de moins bien.

jeudi 3 juin 2021

HELLFIRE GALA, CHAPITRES I - II - III : MARAUDERS #21 (Gerry Duggan/Matteo Lolli) - X-FORCE #20 (Benjamin Percy) - HELLIONS #12 (Zeb Wells/Stephen Segovia)

 AVANT-PROPOS 

Ici commence le nouvel event mutant : Hellfire Gala. Celui-ci va concerner douze séries dont la publication va s'étaler sur quatre semaines, durant tout le mois de Juin. Comme pour X of Swords l'an dernier, j'ai choisi d'en rédiger le résumé et la critique par lots, en regroupant les épisodes qui sortiront chaque semaine (avec peut-être une exception pour Planet-Size X-Men, dans 15 jours), et en suivant l'ordre de lecture évidemment. J'espère que cela vous donnera envie de découvrir cet event qui s'annonce une fois encore très atypique.

*


On démarre donc avec Marauders #21, écrit par Gerry Duggan (le chef d'orchestre de l'event, sous la supervision de Jonathan Hickman) et dessiné par Matteo Lolli.


Sur l'île qu'elle a achetée à Namor, via Magneto, Emma Frost reçoit les invités du Gala du Club des Damnés, en compagnie de Kitty Pryde et Sebastian Shaw. Successivement, les Avengers, les Fantastic Four, le Dr. Strange et même des ambassadeurs de pays hostiles à Krakoa arrivent.


Après un petit concert télépathique de bienvenue, les invités conversent. La présence du Dr. Fatalis électrise l'ambiance. Un ambassadeur Shi'ar vient annoncer à Emma Frost que sa livraison est arrivée, mais elle n'a aucune idée de quoi il s'agit et délégue son frère Christian pour s'en occuper.


Tout semble bien se passer, même si Mr. Fantastic semble n'être venu que pour faire plaisir à son fils Franklin, couvé par Kitty Pryde. Et que Captain America dit à Cyclope qu'il espère qu'il sait ce qu'il fait après leur conversation quelques jours plus tôt...


On poursuit avec X-Force #20, écrit par Benjamin Percy et dessiné par Joshua Cassara.


La X-Force s'occupe de la sécurité du Gala. Kid Omega s'accroche brièvement avec Iron Man qui atterrit sur l'île au lieu d'arriver via un portail de Krakoa avec une fleur. Domino et Wolverine surveillent la livraison de diamants logiques par les Shi'ar dont Christian Frost accuse la réception.


Le Fauve observe les invités et vérifie qu'ils sont parasités à leur insu par des implants végétaux importés de Terra Verde, ce qui lui permettra ensuite de surveiller tout le monde. Mais Emma Frost surprend ce manège et rejoint Sage au PC de sécurité.


Tandis que Wolverine et Domino doivent règler une intrusion à l'extérieur, Emma ordonne à Sage de neutraliser les implants végétaux. Mais elle n'y arrive pas car ceux-ci ont été piratés...
 

On finit (pour cette semaine) avec Hellions #12, écrit par Zeb Wells et dessiné par Stephen Segovia.


Les Hellions n'ont pas été invités à la fête à cause de leur passé criminel. Seuls Psylocke, Havok et Mr. Sinistre se rendent au gala. Psylocke confie la surveillance du groupe à Greycrow, ébloui par la robe de sa partenaire, mais amer d'être ostracisé.


Finalement, après avoir descendu une bouteille d'alcool, Greycrow décide de désobeir à Psylocke et entraîne Nanny, Orphan-Maker, Empath, et Wild Child au gala. Leur arrivée ne passe pas inaperçu et le Pr. X confie à Havok le soin de veiller à ce que son équipe ne fasse pas de bêtise.
 

Mais évidemment tout va rapidement dégénérer et Magneto avec l'aide de Magik doit congédier les agitateurs. Seul Havok, au bras de Polaris, échappe à l'exclusion. De retour dans leurs quartiers, les Hellions voient surgir de l'ombre un clone à l'air menaçant de Mr. Sinistre...

Après X of Swords, dont le format et le développement étaient déjà spéciaux (quitte à déconcerter et décevoir les lecteurs - même si, pour ma part, j'ai apprécié), le Hellfire Gala s'annonce déjà comme un nouvel event mutant atypique. En effet, pas de grandes batailles à l'horizon mais une grande fête organisée par Emma Frost sur l'île qu'elle a acquise auprès de Namor, par l'entremise de Magneto (dans Giant-Size X-Men : Magneto), où sont conviés les plus grands héros mais aussi des représentants de plusieurs pays (pas tous amis avec la Nation X) et de l'univers (Shi'ars en tête). L'objectif de ce gala : nouer de nouvelles relations mais aussi présenter la nouvelle équipe des X-Men, élue par la communauté de Krakoa, et qui incarnera les champions de la "mutanité".

C'est Gerry Duggan (le scénariste de Marauders, mais aussi Cable et le futur auteur de la nouvelle série X-Men) qui est aux commandes de l'event, même si Jonathan Hickman le supervise. Marvel a abondamment communiqué et plusieurs séries ont fait mention de cette sauterie depuis plusieurs mois maintenant - on peut même dire que tout a commencé dans Giant-Size X-Men : Magneto et X-Men #16.

Plusieurs dessinateurs ont, pour l'occasion designé les costumes de gala des mutants, déployant une imagination débridée pour créer des looks qui évoquent ouvertement le MET gala, mélange de défilé de mode et d'oeuvre de charité où les stars du cinéma, de la chanson, des médias se présentent dans des tenues extravagantes, avec l'ambition affichée d'en mettre plein la vue mais aussi d'abolir les distinctions de races et de genres.

Tout cela n'a évidemment pas manqué de faire grincer quelques dents et de provoquer des ricanements ou de la consternation de la part de lecteurs (quand il ne s'agissait pas tout simplement de gens qui ne suivent pas/plus les séries X depuis que Hickman les a relancées), au prétexte que c'était grotesque, out of character, et j'en passe. A ces gardiens du temple qui prétendent savoir comment doivent être écrits les X-Men, je répondrai simplement  qu'il leur suffit de passer leur chemin au lieu de se complaire dans les râleries. Il s'agit de toute façon des mêmes qui se plaignent que rien ne bouge dans les comics mainstream mais qui, dès que ça frémit, se plaignent encore plus bruyamment que ça change trop.

Le principe de Hellfire Gala repose sur le fait que l'action se déroule lors d'une unique soirée dont tous les aspects sont montrées dans douze épisodes sur onze séries et un numéro spécial. C'est une construction qui impose aux scénaristes une coordination parfaite car il ne s'agit pas de raconter autre chose que ce qui est prévu dans ce laps de temps. A en croire les trois premiers chapitres publiés cette semaine, le contrat est rempli, il n'y a pas d'écart, les épisodes se répondent, se complètent harmonieusement, ce qui n'exclut pas quelques moments savoureux ou surprenants et quelques intrigues secondaires.

Dans Marauders, Gerry Duggan se concentre sur l'accueil des invités. Emma Frost, Kitty Pryde et Sebastian Shaw reçoivent en première ligne. Tempo (future membre de l'équipe des Marauders) épingle une fleur de Krakoa pour permettre aux convives de passer les portails donnant accès à l'île de la Reine Blanche du Club des Damnés, comme c'est le cas des Avengers. D'autres arrivent par leurs propres moyens sur plance, comme les 4 Fantastiques, le Dr. Strange, le Dr. Fatalis (qui a accepté de faire le déplacement bon gré mal gré).

Le scénariste insiste sur les détails qui vont faire phosphorer les fans : que dit Reed Richards au Pr. X ? Que fait exactement là Fatalis ? Pourquoi avoir accepter que des ambassadeurs de pays hostiles aux mutants viennent ? Certaines réponses sont données ensuite, dans X-Force notamment, mais d'autres demeurent inconnues.  C'est malin et accrocheur.

Malheureusement, Matteo Lolli dessine tout ça sans grand talent. Comme à son habitude, il rend une copie trop sage, avec des personnages manquant de consistance, de distinction. Dommage vraiment que Stefano Caselli n'ait pas pu signer cet épisode d'ouverture, auquel il aurait donné sans mal beaucoup plus de cachet.

Dans X-Force, très logiquement, Benjamin Percy détaille le dispositif de sécurité mise au point pour l'événement. Wolverine et compagnie sont réquisitionnés pour garantir que la soirée ne souffrira d'aucun accroc. On apprécie déjà de voir que le scénariste éclaire un point laissé en suspens par Duggan dans Marauders avec l'ambassadeur Shi'ar venu remettre un colis à Emma Frost (il s'agit de diamants logiques, qui permettent de stocker des informations en quantité quasi-infinie mais aussi d'alimenter des éléments technologiques mutants, comme l'enregistrement des copies mentales de chaque mutant afin que, lors de leur résurrection, grâce à Cérébro, Charles Xavier puisse doter à nouveau les revenants de leurs esprits).

Mais le véritable intérêt de l'épisode réside encore une fois dans les manigances du Fauve qui a imaginé une utilisation très discutable de la végétation spéciale de Terra Verde. Il s'en sert ici comme d'implants qui parasitent les invités à leur insu pour qu'ensuite il puisse les surveiller, une fois qu'ils seront rentrés chez eux. Tout le monde est ciblé, y compris les super-héros sur place, donc les Avengers, les FF. Une gigantesque opération d'espionnage qui vient alourdir le casier déjà bien rempli de Hank McCoy dont Percy a fait un des mutants les plus objectivement abjects.

Sauf que Emma Frost veille et remarque la manoeuvre puis ordonne à Sage de neutraliser ces implants. Pas si simple... Et c'est sans compter sur un autre souci : Deadpool veut taper l'incruste et Wolverine et Domino doivent l'en empêcher (si on a déjà droit à une belle petite bagarre, Wolverine #13 dans trois semaines devrait développer cette partie).

Joshua Cassara est fidèle au poste et illustre l'épisode brillamment. Il ne s'économise pas sur les décors (la salle de réception remplie d'invités) ni sur la figuration. Cela a un coût : l'artiste est moins inspiré pour les tenues de circonstance de la X-Force, qui ressemblent à des tuxedos moulants pas très beaux. Mais bon, Cassara fait vraiment bien sa part du boulot, surtout après Lolli, donc on lui pardonne.

Enfin, Hellions offre une rupture de ton bienvenue. Comme c'était déjà le cas lors de X of Swords, les vilains petits canards de la Nation X occupent une place à part dans le déroulement de l'histoire. Il était évident qu'ils n'allaient pas être invités, en dehors de Mr. Sinistre (qui siège au conseil de Krakoa et qui n'adore rien tant que de parader dans les soirées mondaines), Havok (qui est le frère de Cyclope) et Psylocke (à qui on doit bien quelques égards après que Betsy Braddock ait investi son corps pendant des années).

Zeb Wells s'amuse (et nous amuse) beaucoup avec cet épisode très drôle et cruel où, bien sûr, rien ne va se passer comme prévu. Le scénariste connait bien ses personnages, leur passé, et il exploite tout cela dans une collection de scènes qui renvoient aux relations des Hellions avec le reste des mutants : Wild Child jaloux de Daken au cou duquel se jette Aurora, Nanny qui pour se venger d'avoir été écartée de la fête suit Sinistre toute la soirée pour lui faire honte, Greycrow qui tente d'exprimer ses sentiments auprès de Psylocke (on le comprend, elle est vraiment sublime dans sa robe échancrée), Orphan-Maker qui veut à tout prix goûter aux cocktails et qui a la mauvaise idée de se fier aux conseils de Empath...

Mine de rien, on se prend d'affection pour ces personnages pourtant infréquentables, mise au ban d'une société qui prétend pourtant intégrer tous ses sujets mieux que lorsqu'ils essayaient de s'assimiler au reste de l'humanité. 

En prime, Stephen Segovia, qui n'a pourtant rien d'un artiste de génie, se lâche avec succès, animant cette équipe d'électrons libres en soulignant à quel point leur présence dérange les hôtes du gala et qui se font renvoyer chez eux sans ménagement quand tout dérape franchement.

Ces trois premiers chapitres sont un régal, diversement illustrés, mais tous bien écrits. Une bonne entrée en matière, à la structure habile et fertile en péripéties. A suivre la semaine prochaine avec Excalibur #21 et X-Men #21...

vendredi 19 février 2021

MARAUDERS #18, de Gerry Duggan Stefano Caselli et Matteo Lolli


Si j'ai laissé tomber X-Force dont le traitement m'a lassé, je ne suis pas prêt de lâcher Marauders qui se bonifie de numéro en numéro - et pourtant, rappelez-vous, les débuts furent laborieux. Gerry Duggan a pris son temps pour atteindre sa vitesse de croisière, en laissant apparemment tomber la configuration initiale de la série, mais aujourd'hui je me régale. Cette fois, l'épisode est dessiné moitié par Stefano Caselli, moitié par Matteo Lolli, pour un résultat solide.


Madripoor, quartier de Lowtown. Emma Frost a invité le Pr. X et Magneto pour l'inauguration de l'hôpital qu'elle a financé à destination des habitants les plus modestes de l'île. L'établissement porte le nom de Moira McTaggert et est aussi un moyen d'empêcher les Verendi de spéculer sur l'immobilier.
 

Les frais médicaux sont entièrement pris en charge par la Hellfire trading company et accueille tous les patients sans distinction ni privliège. Parmi le personnel soignant, Callisto a l'idée d'intègrer des Morlocks comme Masque, dont le pouvoir trouve un débouché inattendu.


Mais l'opération des Marauders sur Lowtown ne s'arrête pas là. Iceberg, Pyro et Bishop acquièrent également un bar mal famé pour éloigner les fripouilles. Ce qu'ils ignorent, c'est que les Verendi ont cette fois anticipé leur mouvement et, en créant de nouveaux Reavers, s'y opposent.


La situation dégénère rapidement, une bagarre éclate, filmée par les médias locaux opportunément prévenus. Les conséquences sont rapides : l'ONU, interpelé par les Verendi, qui gouvernent Madripoor, interdit aux Marauders l'accès au port de l'île.

Commençons par... La fin de l'épisode ! On peut y lire un étonnant "To be concluded". Que les fans de la série se rassurent : Marauders n'est pas terminée ou annulée. Mais alors pourquoi cette mention ? Mon hypothèse est que Gerry Duggan a développé le titre en saisons, une pratique désormais courante. Et j'ai l'impression que que cette première saison qui va se conclure donc au 19ème épisode va concerner l'issue du contentieux entre les Marauders et les Verendi dans le cadre de l'île de Madripoor. Je peux me tromper, mais si je m'en tiens à la couverture de Marauders #20 (dont Tornade tient la vedette, avec Diablo et Kitty Pryde), je crois quand même que le scénariste va passer à autre chose. Et cela aurait un rapport direct avec Ororo Munroe au sujet de laquelle l'editor Jordan White a prévenue que 2021 serait son année, avec une histoire dédiée (et sans doute amorcée dans Giant-Size X-Men : Jean Grey & Emma Frost puis Giant-Size X-Men : Storm et plus récemment dans X-Men #17).

Revenons à ce n°17 de Marauders. Il est découpé en deux parties bien nettes, tout à fait intéressantes. Les Verendi, les gamins qui avaient voulu refonder le Hellfire Club (depuis la série Wolverine & the X-Men de Jason Aaron), ont pris le pouvoir sur l'île de Madripoor, qui a toujours été une location prisée par des crapules de tous genres. Après avoir tenté d'attaquer frontalement Krakoa, puis en cherchant à y infiltrer des agents (comme Yellowjacket), ou en transigeant avec Sebastian Shaw, les Verendi veulent en faire une place financière suffisamment importante pour contrer le commerce des mutants.

Dans cette optique, ils font de la spéculation immobilière et ont entrepris de déloger Lowtown, le quartier le plus misérable de l'île, en graissant la patte des malfrats locaux, mais aussi en y érigeant un gratte-ciel. Apprenant cela, Kitty Pryde, venue remercier des pêcheurs qui avaient recueilli Lockheed après son assassinat par Shaw, en a informé Emma Frost. Celle-ci va utiliser une partie des fonds de la Hellfire trading company pour s'opposer au projet des Verendi en protégeant les résidents de Lowtown.

Rachetant à tour de bras des logements pour que les habitants puissent continuer à y vivre, mais dans de meilleures conditions, Emma finance à présent un hôpital pour les nécessiteux. Invités à l'inauguration, Charles Xavier (pour une de ses rares sorties hors de Krakoa) et Magneto ont la surprise de voir que l'établissement porte le nom de Moira McTaggert. Callisto, elle, demande à des Morlocks de soutenir les personnel soignant.

Duggan ne manque pas de malice et joue avec les nerfs des lecteurs comme ceux des personnages. La réaction de Xavier et Magneto devant le nom de l'hôpital est impayable, mais, plus fort encore, l'utilisation de Masque, une des plus cruelles Morlocks, reconvertie en chirurgienne plastique, est formidable. L'idée même de l'hôpital est brillante puisque, depuis le début de Dawn of X, tout le monde s'interroge sur les remèdes krakoans mais aussi le degré de philanthropisme des mutants. Qu'Emma Frost devienne la financière d'un endroit où tous les nécessiteux peuvent se faire soigner gratuitement alors qu'elle a bâti sa réputation sur sa fermeté de femmes d'affaires prouve que Duggan a compris le personnage, imprévisible. Surtout, on voit que, avant la future série X-Corp, qui démarrera en Mai prochain (longtemps annoncée, elle arrive enfin), les mutants se diversifient toujours plus.

C'est Stefano Caselli qui dessine cette partie et il s'en acquitte avec son brio coutumier. Son trait précis et expressif permet d'apprécier toutes les émotions, même en arrière-plan (Proteus très touché par le fait que l'hôpital porte le nom de sa mère qu'il croit morte). Quand on pénètre, avec Callisto et Masque, dans le bâtiment, Caselli parvient à représenter parfaitement l'intérieur, flambant neuf. Les détails sonnent juste (Masque se lavant les mains avant de réparer le visage d'un enfant en bas âge affligé d'un bec-de-lièvre).

Puis on change de décor et de personnages. Un trio - Iceberg, Pyro et Bishop - font l'acquisition express d'un bar mal famé dans Lowtown, sans remarquer qu'un client envoie un message sur son smartphone aux Verendi. Ceux-ci, dans leur repaire, ont récupéré divers individus ayant croisés les mutants et blessés sévèrement par eux en diverses occasions (on reconnaîtra ensuite un militaire mutilé par Iceberg, un garde du corps blessé par Gorgone). Tel un Frankenstein moderne, l'un des Verendi en a fait des monstres assoifés de vengeance et surtout totalement transformés en armes vivantes.

A l'issue de l'épisode, le trio de mutants dans le bar et ces néo-Reavers (référence à des vilains des années 80 apparus dans la série Uncanny X-Men écrite alors par Chris Claremont) se sont affrontés en commettant assez de dégâts pour que des caméras de télévision les surprennent. Bien entendu, c'est une mauvaise publicité pour les mutants, accusés de semer le trouble alors qu'ils prétendent défendre l'opprimé. Les Verendi saisissent l'ONU qui interdit aux Marauders l'accès au port de Madripoor tandis que Bishop transmet un rapport au Fauve pour enquêter sur les Reavers.

En un épisode, on est donc passé de mutants généreux et opportunistes à une bande de voyous disgraciés. La situation s'est complètement retournée contre les héros grâce aux manoeuvres subtiles des Verendi, d'abord frustrés, puis accrocheurs. Duggan met le pression sur les Marauders et rend leur position plus précaire, relançant le suspense de façon très efficace. Le match retour s'annonce corsé.

Après les planches superbes de Caselli, je craignais que Matteo Lolli ne soit pas à la hauteur pour conclure l'épisode. Le résultat est effectivement moins abouti mais pas honteux. Lolli, sans forcer son maigre talent, parvient à produire des pages mieux composées qu'à son habitude, même si cela manque toujours autant de dynamisme et de précision. Ce garçon gangerait beaucoup à avoir un encreur solide pour que son trait gagne en intérêt. C'est fade, mais pas vilain toutefois. Et ça permet à caselli de souffler un peu.

Voilà en tout cas une série qui, avant d'entamer un nouveau cycle, captive toujours. On est loin du projet initial (des mutants pirates qui livrent la pharmacopée krakoane et sauve des mutants opprimés à l'étranger), mais le virage pris est nettement plus maîtrisé.

lundi 18 janvier 2021

MARAUDERS #17, de Gerry Duggan et Matteo Lolli


Depuis ses débuts, la série Marauders souffre périodiquement d'épisodes passables, voire dispensables, comme si son scénariste n'avait pas grand-chose à dire ou jouait la montre en attendant de s'aligner sur les plans des autres (ceux de Jonathan Hickman surtout). C'est le cas de ce numéro, qui ne fait qu'affleurer ce que vend sa couverture au profit de scènes assez plates. Et visuellement, c'est encore moins bon.


Krakoa. Callisto, qui a perdu ses pouvoirs à cause de la Sorcière Rouge lors du M-Day, veut les récupérer et donc participer à l'Epreuve. En l'absence d'Apocalypse, elle demande donc à Tornade de la tuer dans l'arène pour être ressucitée ensuite. Mais Tornade ne s'y résoud pas.


Sur l'île que Magneto a acquise pour elle auprès de Namor, Emma Frost emmène Sebastian Frost et lui montre le bâtiment que Magneto a édifié. Shinobi Shaw, Bishop et Christian Frost les attendent pour parler du gala que veut organiser Emma et de ses nouveaux plans pour la Hellfire trading company.


Madripoor. Kitty Pryde rend visite à la famille de pêcheurs qui avait recueilli Lockheedd après la tentative d'assassinat de Sebastian Shaw. Elle les récompense généreusement et apprend qu'ils sont menacés d'expulsion à cause de la politique menée par les Homines Verendi qui ont pris le pouvoir.


Tornade finit par accèder à la requête de Callisto et la tue dans l'arène. Callisto est ressucitée et retrouve ses pouvoirs. Kitty rend visite aux Homine Verendi pour les décourager d'exproprier les pêcheurs et leur remettre une invitation pour le gala d'Emma...

Ce n'est pas comme s'il ne se passait rien dans cet épisode, et ce résumé le prouve. Mais le problème est ailleurs : Gerry Duggan ne fait que survoler son sujet et semble ronger son frein en attendant de passer à la vitesse supérieure.

Reprenons : dans Giant-Size X-Men : Magneto, paru l'an dernier, on suivait les négociations de Magneto, dépêché par Emma Frost, pour acquérir une île. Il finissait par obtenir gainde cause auprès de Namor (qui fut l'amant d'Emma et parce que Magneto le sortait d'un mauvais pas). Le maître du magnétisme édifiait ensuite un imposant bâtiment sur l'île et Emma lui expliquait qu'elle comptait y organiser un gala. Pour quoi ? Avec qui ? Mystère.

Entretemps, dans le dernier épisode de X-Men, on a découvert que Cyclope et Jean Grey, plutôt que d'intégrer le Conseil de Krakoa, voulaient reformer l'équipe des X-Men en qualité de défenseurs de la nation X. Pour désigner les membres de cette équipe, un vote serait organisé.

Les commentateurs ont depuis imaginé que le gala de la Hellfire trading company serait l'occasion de révèler le résultat de ce vote. C'est une hypothèse probable, mais à laquelle, cependant, je ne souscris pas. Je pense que Hickman va mettre en scène le vote et son résultat dans les pages de X-Men, que cela sera précédé d'une campagne électorale en bonne et due forme, avec certainement des candidats pour intégrer l'équipe. Et je crois surtout que le gala servira à autre chose, certainement toujours imaginée par Hickman avec le concours de Gerry Duggan, mais qui concernera les Marauders, leurs activités, l'entreprise qui les encadre, etc. 

Cela me paraît plus logique de distinguer les deux événements (le vote, le gala) plutôt que d'utiliser l'un pour mettre en scène l'autre (le résultat du vote lors du gala). Pourquoi ? Parce qu'il est évident que Emma prépare une annonce spéciale pour son gala, auquel elle a en outre invité des humains (et pas seulement des mutants).

En attendant donc de connaître le contenu du plan d'Emma, Gerry Duggan ne manque pas de sujets à explorer mais bizarrement, il fait comme si. Il pourrait parler du fait que Kitty semble désormais séjourner en permanence sur Krakoa et que les missions des Marauders sont déléguées à ses partenaires (Bishop, Iceberg, Tornade - Pyro ne compte pas). Ou alors de la situation de Callisto, encore plus franchement puisqu'elle fait la couverture de ce numéro.

Tiens, au fait, qui ici connaît (connaissait) le(s) pouvoir(s) de Callisto ? Voilà une bonne colle, n'est-ce pas ? Personnellement, Callisto a toujours été la fille borgne avec des couteaux, ancienne leader des Morlocks. Mais je ne lui connaissais pas de talents particuliers. Il semble pourtant que lors du "M-Day" (soit le jour où la Sorcière rouge a prononcé son fameux "Plus de mutants" à la fin de House of M), Callisto ait perdu son pouvoir. Elle veut donc les récupérer en passant l'Epreuve (le Crucible) où un mutant tue son compatriote privé de pouvoir afin qu'il soit ressucité et "restauré". Ce fut montré dans un épisode qui fit beaucoup jaser, quand Apocalypse exauça Paige Guthrie.

Ce qui aurait dû être le coeur de l'épisode n'occupe que deux scènes, mal écrites (la première où Tornade refuse d'aider Callisto en remplaçant Apocalypse, la seconde où les deux femmes s'affrontent dans l'arène). Duggan ne prend absolument pas le temps de traiter cela, c'est très dommage, surtotu quand on connaît le passé de Tornade et de Callisto depuis leur première rencontre et ce qui s'est passé dans X of Swords (où Tornade a tiré une carte de tarot lui indiquant qu'elle représentait la Mort et où elle a justement battu en duel Mort, le cavalier d'Apocalypse). A la place, on a un pauvre dialogue fuyant au début et un combat affreusement mal dessiné plus loin, sans aucun intensité, ni suspense, ni émotion.

A côté de ça, Duggan préfère consacrer plusieurs pages sur l'île acquise par Emma, sans qu'on en apprenne davantage sur le gala. Au lieu de ça, Emma suggère que Sebastian Shaw ne serait pas le père naturel de Shinobi... Puis on suit Kitty et Lockheed à Madripoor où de nouvelles manigances des Homines Verendi sont dévoilées et vite résolues par la mutante. Bon, on lit ça... Comment dire ?... En s'en fichant complètement.

Un mot sur les dessins : vous le savez, Stefano Caselli a donc fait une pause et laissé la place à Matteo Lolli, qui ne manquait à personne. Et qui revient aussi peu inspiré et investi que d'habitude. Le dessinateur livre des planches d'une médiocrité risible, sans relief, incapable de donner la moindre tension aux scènes, et défigurant les personnages (Callisto ne ressemble à rien, surtout pas au personnage qu'on connaît). Les décors sont exécutés à la va-vite. Il n'y a strictement rien à sauver dans ces planches, qui trahissent en permanence un artiste qui n'en se moque du lecteur et de la série. Quand on sait le nombre de très bons dessinateurs actuellement sans attaches, que Marvel paie Lolli pour en faire si peu ou n'engage pas quelqu'un de plus méritant a de quoi questionner (DC licencie en masse, mais Marvel ne trouve de bon à récupérer que Bernard Chang et Brett Booth, on croit rêver).

Bref, un épisode pour rien. Vite lu, aussitôt oublié (aussitôt oubliable).