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vendredi 18 mai 2018

CAPTAIN AMERICA #702, de Mark Waid, Leonardo Romero, Rod Reis et Howard Chaykin


Je n'avais pas fait attention mais Captain America devient bimensuel pour permettre au run de Mark Waid de se terminer en Juin (Ta-Nehisi Coates et Leinil Yu prennent la relève en Juillet) : Marvel a décidément envie d'en finir au plus vite et il faut bien du mérite au scénariste pour travailler dans ces conditions. D'où le sentiment d'un professionnalisme exemplaire de sa part avec la suite, quinze jours après le #701, de son excellent arc narratif futuriste.


France, 1943. Captain America, blessé et inconscient, doit être évacué par la Résistance et Peggy Carter. Ils croisent des soldats allemands et une fusillade éclate. Le héros ne doit la vie sauve qu'à l'intervention de Peggy qui le protège avec son bouclier.


XXIVème siècle. Après avoir découvert que le général Pursur utilisait le sérum du super-soldat (qui pourrait sauver son fils) pour créer des agents dormants au sein des Krees (pourtant alliés de la Terre), Jackson Rogers est en cavale, activement recherché. Il se réfugie dans un club d'historiens et se confie à des amis incrédules.


Mais le vieux Vic l'interpèle et lui dit croire à son histoire. Il lui indique un moyen de se sortir de cette mauvaise passe en lui montrant grâce à son monocle spécial un épisode du passé de Captain America - sa dernière bataille contre Crâne Rouge qui s'acheva par la destruction d'un cube cosmique après lequel ils disparurent tous deux.


Jackson doit reprendre la fuite lorsque la garde du général Pursur fait irruption dans le club. Il se rend sur les ruines du Capitole, fermées au public en raison des radiations qui l'environnent. Rogers trouve le cube cosmique et le bouclier de Captain America.


Espérant libérer Captain America prisonnier du cube, Jackson le brise avec le bouclier mais, horrifié, c'est Crâne Rouge qui s'en extrait !

Je vous parlais au début du mois de plusieurs séries dont les auteurs semblaient s'être donnés le mot pour parler des relations parents-enfants, et Mark Waid était au nombre de ceux-là avec le début de cet arc narratif dans lequel un père (Jackson Rogers) tentait le tout pour le tout pour sauver son fils.

Son héros en cavale après avoir découvert un complot ourdi par un général belliqueux, cette fois, c'est à Old Man Hawkeye que le scénariste semble adresser un clin d'oeil en dépeignant un futur répressif et en convoquant Crâne Rouge (devenu le maître du monde dans la dystopie d'Ethan Sacks).

Néanmoins, la comparaison s'arrête là car la ligne temporelle diffère sensiblement du spin-off d'Old Man Logan : le XXIVème siècle n'est pas un monde post-apocalyptique où les super-vilains ont vaincu les super-héros, on évolue ici dans une société prospère et sophistiqué et Crâne Rouge en a disparu après une ultime bataille contre Captain America.

Waid imprime toujours un rythme très soutenu à son récit, correspondant à celui de la cavale de Jackson Rogers. Ce dernier n'est pas un fugitif classique, il le reconnaît lui-même : il n'a rien d'un héros, il a découvert le secret du général Pursur accidentellement et ne sait plus où aller, trouvant refuge dans un club où, ironiquement, le temps semble s'être arrêté.

Des deux flash-backs qui ponctuent l'épisode (au début et à la moitié), le premier est le plus accessoire et présente la particularité d'être dessiné par Rod Reis, dont le style ressemble à celui de Phil Noto, mais qui devait être réalisé par Chris Sprouse. J'aurai adoré voir l'artiste de Tom Strong oeuvrer sur Captain America, pas forcément à la place de Reis qui ne démérite pas, mais en échange de Howard Chaykin, que je n'aime pas et dont les pages sont abominables.

Dans ces planches, on assiste donc au dernier affrontement entre le héros et sa némésis, qui conduit directement au dénouement de l'épisode avec un twist cauchemardesque mais relançant totalement le suspense (même si ramener Crâne Rouge est un peu paresseux, surtout via le cube cosmique : deux éléments souvent liés).

Il n'empêche, entre la fuite de Jackson Rogers, son échange avec le vieux Vic et son geste dramatique, il y a de quoi, pour Leonardo Romero, de quoi encore prouver à ses fans comme à ceux qui le découvriraient quel excellent artiste il est. Le dynamisme de son découpage, le soin apporté aux décors (la ville, le club), la mobilité du personnage principal sont admirables : il est impensable que Marvel ne donne pas une future série à ce dessinateur une fois sa prestation terminée ici.

On ne risque guère d'être déçu par le dénouement le mois prochain, d'autant qu'Alan Davis sera de la fête. L'histoire est très ouverte, le spectacle prometteur : de quoi clore un run gâché par des décisions éditoriales peu inspirées mais porté par un scénariste dont le dévouement est vraiment exceptionnel.

dimanche 31 décembre 2017

MEILLEURS VOEUX POUR 2018 !

Avec un peu d'avance, je vous adresse mes meilleurs voeux
pour l'année à venir.

Et pour bien finir 2017, 
une lecture de choix avec ce récit issu de la collection
Batman Black & White, Blackout 
signé Howard Chaykin au scénario et Jordi Bernet au dessin.
Enjoy !








mercredi 24 octobre 2012

Critique 356 : Fritz Leiber's FAFHRD AND THE GRAY MOUSER, de Howard Chaykin, Mike Mignola et Al Williamson

En 1991, Epic Comics, le label "adulte" de Marvel Comics, publie, à l'initiative de Carl Potts, une mini-série en quatre épisodes adaptée de sept histoires écrites par Fritz Leiber : Fafhrd and the Gray Mouser, connue en France sous le titre de Cycle des Epées (éditée chez Delcourt). 
Au sommaire, on trouve donc : I'll Met in Lankhmar (#1), The Circle Curse et The Howling Tower (#2), The Price of Pain Ease et Bazaar of the Bizarre (#3), et enfin Lean Times in Lankhmar et When the Sea King's Away (#4).
Les scripts sont rédigés par Howard Chaykin (qui avait déjà utilisé ces personnages dans les années 70 pour DC Comics), et les dessins sont signés par Mike Mignola (avant qu'il ne crée son comic-book Hellboy, lui-même inspiré par les romans de Leiber), encrés par Al Williamson.
La série complète a été réédité en un seul album en 2007 par Dark Horse Comics.
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- Dans la première histoire, deux membres de la Guilde des Voleurs de la cité de Lankhmar ramènent à la Maison des Voleurs un gros magot quand ils sont détroussés en chemin par deux fines lames qui ne s'étaient pourtant pas concertés. L'un est Fafhrd, un colosse nordique, roux et barbu, l'autre est le Gary Mouser, un jeune homme volubile, brun et séduisant. Ils décident d'être partenaires. En se présentant leurs fiancées et en apprenant que celle du Gray Mouser a survécu à une attaque des voleurs lors de laquelle sa troupe de comédiens a été tuée, les deux bretteurs entreprennent une expédition punitive contre la Guilde. Mais l'opération aura des conséquences dramatiques...

- Dans le deuxième histoire, les deux camarades quittent Lankhmar et parcourent le monde en quête de nouvelles aventures. Ils font alors pour la première fois connaissance avec le sorcier Sheelba.

- Dans la troisième histoire, ils découvrent une tour étrange dans le désert où vit un occultiste dément, effrayé par des loups, et qui les attire dans un piège.

- Dans la quatrième histoire, Fafhrd et le Gray Mouser, avinés, volent un pavillon de marbre blanc. Mais ils requiert pour cela l'aide des sorciers Sheelba et Ningauble. L'expérience va raviver de douloureux souvenirs...

- Dans la cinquième histoire, le Gray Mouser explore une incroyable boutique maudite d'où devra le sauver Fafhrd.

- Dans la sixième histoire, le Gray Mouser et Fafhrd se disputent et se séparent. Fafhrd rallie la cause d'un prêcheur annonçant la venue du mythique Issek à Lankhmar, tandis que le Gray Mouser devient l'homme de main d'un chef de racketteurs.

- Dans le septième et dernière histoire, ayant pris la mer, Fafhrd entraîne le Gray Mouser dans les profondeurs où une vieille légende raconte que réside le Roi des Mers. Il compte profiter de son absence pour coucher avec ses favorites et piller son trésor. Mais ils y risqueront plus qu'ils n'y gagneront, comme le craignait depuis le début le Gray Mouser...
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De 1936 à 1983, Fritz Leiber écrira les aventures de Fafhrd et le Souricier Gris dans sept livres, contenant des histoires de volumes divers, allant de l'épopée à la nouvelle. Ces deux personnages sont des archétypes, empruntant aussi bien aux figures de la chevalerie que des récits de cape et d'épée ou du fantastique type heroic-fantasy, ce sont à la fois des maîtres d'armes, des gentilhommes, mais aussi des coureurs de jupons, des chasseurs de trésor, des boit-sans-soif, aux tempéraments exhubérants et complémentaires, physiquement dissemblables mais toujours unis malgré des brouilles passagères.
L'album s'ouvre par une préface de Chaykin et se ferme par une postface de Mignola, qui expliquent tous les deux que Fafhrd et le Souricier Gris ont été des lectures de jeunesse qui les ont toujours passionnées et qu'ils rêvaient d'adapter en bande dessinée.
Longtemps, pourtant, malgré le prestige de ces adaptateurs, ces épisodes sont restés introuvables et ils n'ont dû leur réédition qu'au succés de Mike Mignola, qui les dessina peu de temps avant de créer Hellboy, en 1993. Il travailla par ailleurs, à la même époque, sur le titre Ironwolf (Fires of the revolution), déjà écrit par Howard Chaykin.
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Cette oeuvre atypique marque un tournant dans la carrière de Mignola et l'évolution de son style : il exerce de plus en plus son talent pour les ambiances ténébreuses, à grands coups de masses noires, s'éloignant progressivement du dessin classique réaliste, notamment pour représenter les visages et les corps, et évoquant plus qu'il ne les détaille les décors.
D'une certaine manière, il n'a pas encore cédé aux facilités développées dans Hellboy, et à cet égard, on ne le répétera jamais assez, il ne faut pas juger un livre à sa couverture, qui a été réalisée ultérieurement et ne rend pas compte des pages intérieures ici.
Grâce à son encreur, l'extraordinaire Al Williamson (qui sublima pareillement John Romita Jr sur Daredevil), Mignola va vers une épure certaine tout en bénéficiant de finitions soignées, avec des hâchures bien réparties, des visages expressifs et élégants, des décors minitieux lorsque c'est nécessaire.
Dans le premier épisode, qui est le plus abouti, c'est là que le tandem Mignola-Williamson est le plus appliqué, donnant à la cité de Lankhmar, ses quartiers, ses ruelles, une atmosphère et une identité remarquablement puissante. Les vêtements des personnages comme des figurants sont également exemplaires dans leur esthétique élaborée. C'est à la fois exotique, inquiétant, riche. Quand il s'agit de figurer les incantations d'un sorcier, les deux artistes trouvent des réponses graphiques très évocatrices, et les cascades et combats sont aériens, dynamiques.
L'histoire est classique mais menée sur un rythme soutenu.
Par la suite, Mignola s'emploie à inventer visuellement avec la même énergie d'autres paysages du monde de Newhon, avec une fortune diverse : parfois il propose des trouvailles fulgurantes, parfois il répéte des motifs auxquels il se contente d'apporter juste quelques modifications. Les intrigues sont inégales, même si Chaykin sait s'appuyer sur un duo de héros très sympathique, qu'on suit avec plaisir.
A la cinquième histoire, Chaykin, Mignola et Williamson retrouvent leur souffle en nous entraînant dans un fascinant et angoissant bazar magique. Le récit est une critique acide du consumérisme mélangée avec bonheur aux ingrédients de sorcellerie et d'aventures déjà exploités auparavant. Les décors sont magnifiques, et Mignola imagine des astuces pour rendre compréhensibles les tours utilisés par Fafhrd devant sauver son ami (comme la cape d'invisibilité ou le masque de vérité). 
La colorisation de Sherlyn Van Valkenburgh est également superbe, avec une texture particulière, des nuances subtiles qui se démarque des techniques de l'époque (n'oublions pas que la mise en couleurs informatique n'existait pas).
Les deux derniers récits sont aussi efficaces, l'un raillant les croyances de prêcheurs et les conversions de parvenus, l'autre dans un registre fantastico-féerique aux rebondissements échevelés.
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On l'aura compris, tout n'est pas excellent, mais l'ensemble est dépaysant, divertissant, et surtout admirablement dessiné par un tandem historique. Les prouesses de Mignola et Williamson rattrapent les maladresses de Chaykin - et quelques malentendus (Mignola ayant souhaité travailler sur d'autres histoires que certaines choisies par Chaykin).
Il aurait été agrèable qu'une collection d'épisodes compilés comme ceux-là soit accompagnés de bonus, pour apprécier encore plus l'adaptation. On trouvera quand même deux textes de Fritz Leiber (pour comparer sa prose avec ce qu'en a tiré le scénariste) à la fin.
Mais, en l'état, c'est un bel et bon album, dont la lecture procure des moments savoureux. 

samedi 7 juillet 2012

Critique 335 : NEW AVENGERS (VOL. 2, 7-13) - INFINITY, de Brian Michael Bendis, Stuart Immonen, Daniel Acuña, Mike Deodato et Howard Chaykin

La couverture du recueil des épisodes 7 à 13. 

New Avengers #7 : Stuart Immonen tire sa révèrence.

New Avengers #8 : Daniel Acuña ne fait que passer.





New Avengers #9-13 : et là, c'est le drame...

New Avengers : Infinity rassemble les épisodes 7 à 13 du Volume 2 de la série écrite par Brian Michael Bendis, publiés de Février à Août 2011 par Marvel Comics. Stuart Immonen dessine l'épisode 7, Daniel Acuña le #8, et Mike Deodato et Howard Chaykin (ce dernier pour les flash-backs) les #9 à 13.
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- New Avengers # 7 (Untitled). Après leur bataille contre Agamotto (qui a coûté la vie au Dr Voodoo et fait disparaître l'Oeil du Sorcier Suprême), l'équipe dresse un premier bilan et ce n'est pas fameux. Le manoir des Vengeurs où ils sont basés désormais a subi d'importants dommages, qui coûtent beaucoup d'argent. Victoria Hand, l'agent de liaison de Steve Rogers, distribue la paie aux membres du groupe, sauf à Spider-Man qui refuse de divulguer son identité civile (et ne peut donc encaisser son chèque). Et Jessica Jones-Cage convainc Luke d'engager une nounou pour leur fille Danielle - l'élue est la plus inattendue des candidates...

Cet épisode est le dernier dessiné par Stuart Immonen, réquisitionné alors pour illustrer la saga Fear Itself. Mais on peut dire que le canadien est parti en beauté, avec un script jubilatoire de Brian Bendis comme support.
Mine de rien, ce chapitre, intermédiaire (comme le suivant), aborde pas mal de sujets habituellement survolés par les comics super-héroïques : l'équipe doit assumer l'indépendance qu'elle a gagnée vis-à-vis du nouvel ordre de Steve Rogers et cela commence par les réparations coûteuses du manoir. L'argent est aussi au coeur de la séquence centrale de l'épisode quand les membres du groupe reçoivent leur paie du gouvernement : Bendis rappelle, fort justement, que tous ces justiciers doivent gagner leur vie. Mais c'est surtout un prétexte pour mettre en scène, de façon très drôle, Spider-Man, qui, ne faisant aucune confiance à Victoria Hand (l'ex-assistante d'Osborn) et n'ayant pas voulu communiquer son identité civile aux autorités, est privé de rétribution, ou encore Luke Cage qui se fait remettre en place par Jessica Jones, lui rappelant qu'il est désormais père de famille et qu'il a inventé le concept de héros à louer (ce qui l'empêche de facto de faire la fine bouche maintenant qu'il reçoit un salaire de l'Etat).
Enfin, il y a le casting de la nounou, une scène hilarante où les postulants les plus farfelus défilent, avec des clins d'oeil amusants (à Nextwave, aux Vengeurs des Grands Lacs) : un grand moment.

Mais cet épisode devient exceptionnel grâce au travail d'Immonen qui déploie des trésors d'invention pour mettre tout cela en images : admirez avec quel talent il anime les personnages, leur donne une gestuelle propre, des expressions bien choisies ! La leçon de dessin culmine avec la double-page des prétendants, d'une virtuosité extraordinaire.
On aurait pu espérer qu'après Fear Itself, Immonen revienne à la série, mais, visiblement éreinté, et Marvel le réservant pour d'autres projets (qui se matérialiseront après Avengers vs X-Men, le futur event), ça n'a hélas ! pas été le cas. Dommage car l'artiste était certainement le meilleur partenaire qu'ait eu Bendis pour ce titre...
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- New Avengers # 8 : Date Night. Luke Cage et Jessica Jones s'arrangent pour avoir une soirée en tête-à-tête, l'occasion de discuter du rôle de la jeune femme qui hésite à redevenir une super-héroïne. Mais quand un Doombot (réplique robotique du Dr Fatalis) apparaît, le diner devient plus corsé...

Avant d'enchaîner avec une nouvelle histoire, Brian Bendis effectue une nouvelle escale où il s'attarde sur la relation du couple Luke-Jessica Cage. Madame est au centre de la discussion car elle envisage de reprendre du service comme super-héroïne. Cette partie de l'épisode est la plus réussie, avec des dialogues justes et abondants comme Bendis les apprécie et sait en rédiger, y ajoutant une touche d'humour bienvenue (avec le choix d'un surnom pour Jessica).
Ensuite, l'apparition du Doombot surprend : elle semble ne se justifier que pour le quota d'action car il s'avère que depuis le Dr Fatalis n'a pas resurgi dans le champ de la série (alors qu'on aurait pu penser à un subplot)...

Daniel Acuña revient dessiner le titre, après y avoir participé au début des tie-in à Siege : son style coloré, expressif, convient parfaitement à l'ensemble et laisse à vrai dire un regret car l'espagnol aurait pu être un artiste intéressant pour un arc entier (même s'il a depuis signé des épisodes d'Avengers).
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- New Avengers # 9-13 : Infinity. Guidé par Victoria Hand, le groupe se déplace sur un site investi par d'anciens membres du HAMMER (le service de sécurité intérieure de l'ére Osborn démantelé après Siege), dirigé par Superia. Ce groupuscule travaille sur un mélange entre les formules du super-soldat (qui ont donné ses pouvoirs à Captain America) et d'infinité (qui permet à Nick Fury de retarder son vieillissement). L'intervention des héros tourne mal quand Oiseau-moqueur est gravement blessée.
Cette affaire va aussi révèler l'existence d'une première équipe de Vengeurs, en 1959, sous les ordres de Fury, et qui liée à la manipulation des deux formules...

L'intrigue principale de ce recueil est, disons-le tout net et sans tarder, un lamentable ratage, certainement la pire depuis le début de la série (soit depuis le volume 1). Brian Bendis rêvait de collaborer avec une de ses idoles, Howard Chaykin, et c'est en développant une de ses idées qu'il a bâtie cette histoire.
Le problème, c'est qu'à aucun moment on est accroché par l'argument et que la construction même du récit n'arrange rien : d'un côté, la mission, qui tourne à la catastrophe, des Nouveaux Vengeurs, avec Oiseau-moqueur gravement blessée (ce qui vaut à Oeil-de-faucon de revenir brièvement dans la série, alors même qu'il ne vit plus avec l'héroïne), est décompressée à outrance, ne servant en fait qu'à souligner les soupçons du lecteur (et de quelques membres de l'équipe, dont Spider-Man bien sûr) au sujet de la possible duplicité de Victoria Hand ; et de l'autre, on découvre qu'une équipe de Vengeurs a été formée (et aussitôt dissoute) en 1959 par Nick Fury, la liaison entre cette histoire et l'autre ne tenant qu'à un cheveu (ou un tube à essai).
Le rythme est mollasson, le suspense peine à nous faire vibrer, et surtout ces Avengers 1959 sont un grand n'importe quoi - leur composition est abracadabrantesque (avec Fury, Dum Dum Dugan, Dents-de-Sabre, Dominic Fortune, Silver Sable et Namora), sa mission artificielle. Le dénouement permet quand même de reconsidérer le personnage d'Oiseau-moqueur de manière inattendue (sans être certain toutefois que cela sera exploitée pleinement). Mais c'est un bilan bien maigre, et le traitement est en dessous de tout.

Graphiquement, c'est aussi une déception, et même parfois une horreur. En effet, Chaykin illustre également les flash-backs et nous inflige à nouveau des planches d'une laideur absolue, sur lesquelles il est inutile de s'attarder. Mike Deodato revient (mais lui pour de bon, après un premier arc, The Collective, NA #16-20, en 2006) pour dessiner les séquences au présent : on sent toutefois qu'il doit se réhabituer aux personnages et livre une copie sans éclat.
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Que retenir de cet amalgame hasardeux ? Les adieux somptueux d'Immonen, le passage trop bref d'Acuña,  Bendis en petite forme et le retour de Deodato. Mais l'ensemble est trop hétéroclite pour satisfaire vraiment. La série traverse un creux, avant de devoir composer avec la saga Fear Itself...

mercredi 4 mai 2011

Critique 226 : TOM STRONG - DELUXE EDITION, BOOK 2 (#13-24), d'Alan Moore, Chris Sprouse et Jerry Ordway

Ce deuxième volume hardcover de Tom Strong rassemble les épisodes 13 à 24 de la série co-créée par Alan Moore (au scénario) et Chris Sprouse (au dessin). Leah Moore (la fille du Maître) et Peter Hogan (qui a développé l'histoire de Terra Obscura, spin-off de Tom Strong) ont également participé à l'écriture de quelques épisodes. Jerry Ordway, Kyle Baker, Russ Heath, Peter Poplaski, Hilary Barta, Howard Chaykin et Shawn McManus ont parfois supplée Sprouse comme illustrateurs.
Ces 12 chapitres ont été publiés par DC Comics, via le label Wildstorm et la collection "America's Best Comics", de 2001 à 2004.
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- Tom Strong #13 - The Tower at Time's End! (Mai 2001) Ecrit par Alan Moore et dessiné par Chris Sprouse, Kyle Baker, Russ Heath et Pete Poplaski.
Le mystérieux Time-Keeper (Gardien du Temps) à la fin du temps divisent en trois le rubis de l'Eternité et l'envoie en trois lieux et trois époques différentes pour qu'il ne tombe pas entre les mains de diverses versions du criminel Paul Saveen, ayant investi son repaire. Tom Strong, adulte et adolescent, et Warren Strong, le double du héros à l'aspect de lapin, mais aussi la fille du héros, Tesla, unissent leurs efforts pour cette mission.

Ce prologue est sympathique et sans prétention : Alan Moore s'amuse avec son héros et ses incarnations, y compris celle farfelue de Warren le lapin. L'intrigue est caractéristique du scénariste qui joue sur les lignes temporelles tout en développant une intrigue parfaitement claire et compréhensible. Les situations donnent également à Moore l'occasion de signer des dialogues piquants (comme pour d'autres épisodes de ce volume), soulignant sa volonté de distraire le lecteur et de tordre le cou à sa légende d'auteur sérieux (voire sinistre).

Les dessinateurs changent à chaque partie, signalant esthétiquement les périodes et l'univers de chaque version de Tom Strong, Chris Sprouse se chargeant évidemment d'animer l'incarnation classique du héros. Les autres invités fournissent une copie plus inégale, mais l'exercice l'impose.

C'est léger, mais adéquat pour entamer cette nouvelle et consistante collection.
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- Tom Strong #14 - Space Family Strong / The Land Of Heart's Desire! / Baubles Of The Brain Bazaar! (Août ) Ecrit par Alan Moore et dessiné par Chris Sprouse et Hilary Barta.
*Space Family Strong - Située en 1954, cette courte aventure narre les vacances désastreuses de la famille Strong sur une planète particulièrement hostile. Le ton est à la franche parodie, en total décalage avec la série.
*The Land of Heart's Desire - En 1955, Tom et Dahlua Strong visitent une nouvelle planète apparemment idyllique mais dont l'environnement est en vérité un terrible piège, offrant aux visiteurs la possibilité de vivre leurs fantasmes pour mieux les capturer.*Baubles Of The Brain Bazaar! - Sur le chemin du retour sur Terre, la famille Strong est happée dans une faille temporelle qui la propulse 40 millions d'années dans le futur. Dahlua est enlevée par une marchande d'esclaves dont Tom la libère avec le concours de Johnny Future, dont le partenaire a été également kidnappé.

Cette suite de trois petits épisodes forment un lot assez disparate mais qui prouvent le polymorphisme de la série. Dans le premier récit, Alan Moore et Hilary Barta sont déchaînés et caricaturent Tom Strong en parfait crétin : le résultat est détonant mais hilarant, avec un graphisme grotesque et des gags s'enchaînant à toute allure.
Plus troublant est le deuxième segment où Tom et son épouse, dans un décor paradisiaque mais trompeur, font face à leurs secrets et fantasmes : la brièveté de l'épisode accentue son intensité, l'écriture de Moore est diaboliquement efficace. Et le dessin de Chris Sprouse est d'une beauté à la mesure du cadre dans lequel se débattent les héros.
Le troisième chapitre est un peu décevant, il s'agit en fait d'un prélude aux Terrific Tales, autre spin-off de la série (collecté dans un album indépendant). Cette team-up entre Tom Strong et Johnny Future n'a pas grand intérêt même si elle se lit sans ennui. En fait, les dessins de Sprouse constitue la véritable attraction : comme d'habitude, les planches sont magnifiques, avec un soin remarquable apporté aux décors et designs de personnages qui ne font pourtant que passer.
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- Tom Strong #15 - Ring Of Fire! (Janvier 2002) Ecrit par Alan Moore et dessiné par Chris Sprouse.
Tesla Strong est enlevée par un "démon de feu" qui lui déclare littéralement sa flamme. Il s'agit en fait d'une vieille connaissance puisqu'on a déjà rencontré ces créatures vivant sous terre dans le 8ème épisode de la série (Sparks). Tom Strong récupère sa fille, avec l'aide de Dahlua et Salomon, et accueille chez lui, par la même occasion, son gendre.

Avant de proposer un arc complet, Alan Moore revient à la fois sur un personnage aperçu au début de la série et introduit un nouveau membre dans la famille Strong : Tom teste une nouvelle expérience inédite, sa fille trouve l'amour et notre héros doit composer avec cette situation, ce qui ne va pas sans mal.
La série grandit, mais c'est un principe chez Moore qui ne s'est jamais contenté d'un statu quo avec ses héros : ils n'évoluent pas seulement en vivant des aventures extraordinaires (et celle-ci est encore spectaculaire) mais au contact d'autres personnages, en nouant des relations qui altèrent leurs existences. Moore décrit cela avec une tendresse étonnante mais surtout avec amusement, ironisant sur la contrarièté que subit Tom Strong en voyant sa fille s'éprendre d'un prétendant peu commun. En comparaison, Dahlua appréhende tout cela avec beaucoup plus de philosophie.

Graphiquement, Chris Sprouse est décidèment en grande forme : la double page qui ouvre l'épisode, le design des armures de diamant, le royaume souterrain, c'est un enchantement. Le découpage est d'une telle fluidité qu'on tourne les pages sans s'en rendre compte. De la très belle ouvrage.
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- Tom Strong #16 - Some Call Him The Space Cowboy. (Février 2002) Ecrit par Alan Moore et dessiné par Chris Sprouse.
*Pt 1 : Alors que Tom Strong s'habitue bon gré mal gré à la présence du fiancé (qui a quitté son trône et son peuple par amour) de sa fille, un étrange cowboy tombant du ciel atterrit à Millenium City pour prévenir le protecteur de la ville d'une menace aussi imminente que conséquente : une invasion extra-terrestre !
- Tom Strong #17 - Ant Fugue! (Juillet 2002) Ecrit par Alan Moore et dessiné par Chris Sprouse.
*Pt 2 : Tom Strong et le Weird Rider (le cowboy de l'espace) préparent la riposte à l'invasion de fourmis extra-terrestres en rameutant divers alliés, parmi lesquels Svetlana X, l'équivalent féminin et russe de Tom, ou le Modular Man.
- Tom Strong #18 - The Last Roundup. (Octobre 2002) Ecrit par Alan Moore et dessiné par Chris Sprouse.
*Pt 3 : Tom Strong et ses amis contrecarrent l'invasion extra-terrestre dans l'espace, tout en devant sauver les Strongmen, les jeunes fans du héros de Millenium City, qui ont cru bon de se mêler aux combats... Et ont été pris en otages par les fourmis géantes qui veulent coloniser la Terre.

La brièveté de cette saga ne doit pas masquer sa densité, son sens du spectacle, son suspense et son efficacité : Alan Moore convoque un grand cliché de la littérature de science-fiction et d'aventures avec le thème de l'invasion extra-terrestre. Il mixe des éléments empruntés au western (avec le personnage du Weird Rider), au space opera (avec la résistance des amis de Tom Strong), au récit de guerre (le sauvetage des Strongmen par Tom et Svetlana) et même de la screwball comedy (avec l'impayable personnage de Svetlana X, dont les maladresses rhétoriques - concernant principalement des allusions sexuelles - sont drôlatiques). Le résultat pourrait être bancal, il est virtuose, le récit culmine dans des scènes de bataille spatiales après avoir exposé une situation bien compromise.

Chris Sprouse livre des planches éblouissantes où son génie de designer et sa science du découpage sont une véritable leçon de storytelling : dans ces conditions, le retard pris à cette époque par la série s'explique facilement tant chaque image est incroyablement soignée (sans compter que le dessinateur a alterné les illustrations de Tom Strong avec celles d'autres séries).

Si ce n'est déjà fait, ces épisodes ne peuvent que combler l'amateur de la série : ils comptent parmi les plus accomplis aussi bien scénaristiquement que visuellement.
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- Tom Strong #19 - Electric Ladyland! / Bad To The Bone / The Hero-Hoard Of Horatio Hogg! (Février 2003) Ecrit par Alan Moore et Leah Moore, et dessiné par Chris Sprouse, Howard Chaykin, Shawn McManus.
*Electric Ladyland! - Après une soirée en amoureux à l'opéra, Tom va devoir sauver Dhalua, kidnappée par une organisation secrète exclusivement composée de femmes... A qui il va rendre un précieux service.*Bad To The Bone - Où l'on apprend la fin pathétique de Paul Saveen, l'ennemi de toujours de Tom Strong, alors qu'il recherchait le Temple de la Vie Eternelle.
*The Hero-Hoard Of Horatio Hogg! - Tom et Tesla sont faits prisonniers par un collectionneur fou de comics qui les a piègés dans un de ses illustrés. Heureusement, entre héros, on sait s'aider, même si certains s'accommodent de leur vie entre les pages de la revue.

De ces trois segments, le meilleur reste le dernier, dont la légèreté apparente dissimule un petit discours sarcastique sur, à la fois, le comportement de certains fans de comics, la censure qui pèse sur les revues, et la méta-textualité chère à l'oeuvre d'Alan Moore, qui s'amuse de lui-même. Comme d'habitude, Chris Sprouse illustre cela avec élégance, inventant des personnages mémorables en quelques cases.
Le récit de la mort de Paul Saveen est signé par Leah Moore, la fille d'Alan, qui est elle-même une scénariste (collaborant avec Jon Reppion). Il est notable qu'elle reprend des astuces narratives chères à son papa, avec des flash-backs dont le dénouement éclaire d'un jour surprenant le sort du personnage, ou les fameux travelling-avant/arrière pour signifier les transitions entre passé et présent. Le dessin de Shawn McManus n'a, lui, rien de bien enthousiasmant...

... Mais ce n'est rien comparé à la "contribution" d'Howard Chaykin dont les planches mochissimes agressent le regard dans le premier mini-épisode. Episode au demeurant peu inspiré de la part de Moore. Le seul faux pas de l'album (de la série ?).
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- Tom Strong #20 - How Tom Stone Got Started: Chapter One. (Avril 2003) Ecrit par Alan Moore et dessiné par Jerry Ordway.
Une mystérieuse femme investit le repaire de Tom Strong à qui elle raconte venir d'une réalité parallèle et prétend être sa propre mère, Susan. Dans son monde, elle a quitté son véritable amour, Foster Parallax, avant de perdre, en route pour Attabar Teru son mari Sinclair et de devenir l'amante du capitaine de leur bâteau, Tomas. Ensemble, ils ont un fils métisse, Tom....- Tom Strong #21 - How Tom Stone Got Started: Chapter Two - Strongmen In Silvertime. (Août 2003) Ecrit par Alan Moore et dessiné par Jerry Ordway.
Poursuivant son récit, Susan Strong raconte comment son fils Tom est devenu le partenaire de Paul Saveen avec qui il forma un tandem de justiciers à Millenium City. Tom épousa Greta Gabriel et Paul se maria avec Dahlua. Puis, après avoir vaincu leurs adversaires, ils réussirent à en faire des héros avec lesquels ils composèrent une équipe...- Tom Strong #22 - How Tom Stone Got Started: Chapter Three - Crisis In Infinite Hearts. (Octobre 2003) Ecrit par Alan Moore et dessiné par Jerry Ordway.
La fin de cette histoire est dramatique : Tom trompe Greta et Paul en ayant une liaison avec Dahlua. Lorsqu'ils sont surpris, une guerre oppose les amis du couple adultère à ceux des époux trompés. Et pour résoudre cette tragédie, il faudra employer des moyens terribles...

Avant de prendre longuement congé de la série (à la fois pour s'occuper d'autres projets comme Promethea ou La Ligue des Gentlemen Extraordinaires, mais aussi parce que ses relations avec DC Comics vont se détériorer jusqu'au clash et aboutir à la fin de la ligne America's Best Comics), Alan Moore imagine cette version alternative de son héros. Le résultat est d'une remarquable densité : en trois épisodes, le scénariste ne se contente pas de réécrire les origines de son héros et d'en développer les conséquences, mais il construit une tragédie dont les étapes ont vraiment cet aspect inéluctable propre au genre. L'alliance entre cet autre Tom Strong et cet autre Paul Saveen pour bâtir le "meilleur des mondes", la réforme de leurs ennemis, mais surtout la logique des sentiments aboutissent à un final apocalyptique. le "remède" à cette solution sera aussi radicale que les dégâts engendrés par ses protagonistes. C'est du grand Moore qui, à partir d'un postulat a priori gadget (et si Tom Strong avait été black), revisite brillamment sa propre création en en explorant des possibilités insoupçonnées. Le scénariste se permet même un savoureux clin d'oeil à la saga Crisis on Infinite Earths, de Marv Wolfman, George Pérez et Jerry Ordway (retitrée Crisis on Infinite Hearts) qui refonda l'univers DC dans les années 80.

La boucle est bouclée car les dessins de ces trois épisodes sont réalisés par Jerry Ordway justement : son style rétro et solide, qui a influencé Sprouse, est encore très efficace. Son Tom Strong inspiré par Erroll Flynn et Billy Dee Williams est excellent.

Une parenthèse conséquente, étonnante et magistrale.
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- Tom Strong #23 - Moonday. (Novembre 2003) Ecrit par Peter Hogan et dessiné par Chris Sprouse.
Svetlana X demande l'aide de Tom Strong car elle a perdu le contact avec son amant, Dimi, parti en mission sur la Lune. Sur le satellite de la Terre, Tom, mais aussi Val, le fiancé de Tesla, rencontrent des sélénites et retrouvent le cosmonaute. Mais pour le héros, cette découverte suppose une vérité troublante...

Alan Moore confie les rênes de la série à son partenaire Paul Hogan, avec qui il a écrit Terra Obscura, spin-off de Tom Strong. La transition est parfaite, Hogan s'appropriant le titre sans difficulté en en respectant les éléments-clés et commençant par un épisode "self- contained".
C'est l'occasion de réunir Tom Strong et Svetlana X, son homologue féminine russe au verbe haut, tout en embarquant dans l'aventure le couple formé par Tesla et Val. L'intrigue est assez minimale mais possède une ambiance envoûtante, avec la présence des sélénites. Hogan suggère un rapport troublant entre Tom Strong et la reine du peuple de la Lune de manière subtile, et rend hommage malicieusement à la conquête spatiale.

Chris Sprouse est également de retour et signe des planches magnifiques, exploitant merveilleusement le décor, en découpant l'action d'une manière différente (plus de cases horizontales simulant l'effet "plan-séquence", cadres plus grands et donc lecture plus rapide).
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- Tom Strong #24 - Snow Queen. (Janvier 2004) Ecrit par Peter Hogan et dessiné par Chris Sprouse.
Tom découvre que son premier amour, Greta Gabriel, qu'il croyait tuée par le malfaisant Dr. Permafrost, a survécu en ayant été considérablement transformée. Il travaille à la guérir tandis qu'elle lui fausse compagnie pour se rendre à un mystérieux rendez-vous.

Peter Hogan ramène sur le devant de la scène un autre personnage évoqué dans les premiers épisodes de Moore et place Tom Strong dans une situation encore plus dérangeante qu'après son voyage sur la Lune. Les efforts du héros pour rendre à Greta son aspect originel sont-ils dictés par ses sentiments envers cette femme qu'il a aimé avant Dahlua ? Ou agit-il encore comme le bon samaritain, mari et père de famille, au secours d'une amie revenant d'entre les morts ? L'énigme demeure intact puisque le volume s'achève avec cet épisode et un cliffhanger terriblement frustrant.

Chris Sprouse illustre ça magiquement : la méticulosité de ses compositions, la clarté de son trait, la fluidité de son découpage, tout est admirable. C'est d'une beauté et d'une efficacité formidables.
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L'album est enrichi d'un très beau sketchbook, avec des work-in-progress, des couvertures et des croquis inédits.
Un troisième "Deluxe" (qui rassemblerait les 12 derniers épisodes de la série) n'est pas à l'ordre du jour : en effet, depuis l'an dernier, DC Comics est en pleine restructuration et le label Wildstorm, qui hébergeait Tom Strong, n'existe plus, sans compter qu'Alan Moore est définitivement fâché avec l'éditeur. Pour lire la suite, il faudra donc que je me procure les tpb, en particulier le 6ème (le Book 5 contient des histoires écrites par d'autres scénaristes comme Ed Brubaker ou Brian K. Vaughan).
Moore a, quant à lui, annoncé qu'il se retirerait du monde des comics une fois terminé La Ligue des Gentlemen Extraordinaires (il reste encore deux tomes avant cette triste échéance). Chris Sprouse, lui, n'a pas renoncé à Tom Strong, un nouveau recueil intitulé Tom Strong and The Robots of Doom sortira en Octobre prochain, écrit par Peter Hogan.
En attendant, ce deuxième Deluxe est un investissement hautement recommandable : amateurs de comics US ou de bédés en général, Tom Strong est un pur régal.

mardi 11 août 2009

Critique 90 : NEW AVENGERS 21 à 26 - DISASSEMBLED, de Brian Michael Bendis











Civil War: New Avengers: Disassembled est le 6ème arc de la série, qui couvre les épisodes 21 à 25, publiés d'Août 2006 à Janvier 2007 par Marvel Comics. Il s'agit en fait d'une collection de one-shots, de chapitres indépendants se déroulant au même moment que le crossover Civil War, écrit par Mark Millar et dessiné par Steve McNiven.
Pour l'occasion, Brian Michael Bendis se penche sur la situation de divers Vengeurs lorsqu'ils choisissent dans quel camp ils vont se ranger : la résistance et le maquis, comme ceux qui s'opposent à la loi sur le recensement des méta-humains, ou l'adhésion aux forces officielles du SHIELD, comme ceux qui se soumettent désormais aux autorités gouvernementales.
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Après la tragédie de Stamford, au cours de laquelle l'équipe des New Warriors a tenté d'appréhender des malfrats et provoqué la destruction d'un quartier entier (et donc la mort de plusieurs centaines de civils innocents), le Congrès vote donc le "Superhuman Registration Act" qui impose à tous les surhommes, héros comme malfrats, de s'enregistrer auprès du gouvernement fédéral. Plusieurs superhéros se plient à cette loi, mais d'autres, à la tête desquels se trouve Captain America, y sont farouchement opposés, considérant qu'elle viole les libertés civiles. C'est donc une scission nette qui déchire la communauté métahumaine, et en premier lieu les Nouveaux Vengeurs.
Après qu'un escadron du S.H.I.E.L.D.
ait tenté d'arrêter Luke Cage, ce dernier rejoint Captain America.
Par contre, Sentry choisit de suivre Iron Man, après s'être isolé sur la Lune pour réfléchir, estimant qu'il pourrait, grâce à sa puissance, faire basculer le conflit.
Iron Man, justement, qui n'a jamais eu confiance en Spider-Woman et sa triple vie (comme Vengeur, membre du SHIELD et agent de l'HYDRA), n'hésite pas à la trahir et la livre à Maria Hill. Avec l'aide des terroristes, elle s'enfuit. Mais Jessica Drew refuse également de rester au sein de l'HYDRA et se réfugie auprès de Cap, Luke et leurs camarades.
Spider-Man s'éloigne aussi d'Iron Man après la mort de Black Goliath
, causée par le clone de Thor qu'il a mis au point. Tony Stark échappera de justesse à une tentative d'assassinat à la même période.
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Ces cinq épisodes marquent en vérité le terme d'un premier volume dans l'existence de la série : les Nouveaux Vengeurs ont vécu, désormais l'équipe sera divisée en deux formations. D'un côté, il y aura les Vengeurs Secrets, même après la mort de Captain America (qui surviendra, dans sa propre série, juste après Civil War), des justiciers agissant dans l'illégalité, refusant d'être des agents fédéraux. De l'autre, il y aura les Puissants Vengeurs, les héros officiels, au service du gouvernement, occupés aussi bien à traquer les contrevenants à la loi de recensement qu'à combattre le crime organisé.
En fait, la démarche est aussi motivée par une opportunité commerciale : revitalisé par les succés de la série Ultimates (de Mark Millar et Bryan Hitch) et celui, justement des New Avengers, la franchise "Vengeurs" est devenue plus populaire et vendeuse que les X-Men. L'occasion est trop belle pour Marvel : deux titres peuvent êetre commercialisés, les personnages ne manquant pas et la situation permettant de développer des intrigues distinctes, tout en étant rédigés par le même auteur.
Malheureusement, ce qui aurait pu être une entreprise aussi ambitieuse que réussie n'aboutira pas à un succès artistique : Mighty Avengers seront une déception terrible, Bendis l'écrivant comme une pitoyable parodie, avec en outre des artistes inégalement inspirés ou franchement mauvais. Ce n'était pas la première tentative pour animer deux équipes de Vengeurs puisque, dans les années 80, il y eut les Vengeurs "classiques" et les Vengeurs de la Côte Ouest (sur lesquels John Byrne accomplit un run mémorable... Et précurseur, tant Bendis y puisa des idées). Mais des complications entre auteurs et éditeurs à l'époque mirent fin à l'expérience.
En ce qui concerne ce story-arc, par sa nature même, le bon (voire le très bon) y côtoie le mauvais (voire le très mauvais).
Ainsi, l'épisode consacré à Captain America est incontestablement le pire de toute la série (encore aujourd'hui), avec des dessins particulièrement épouvantables signés Howard Chaykin. Ceux qui s'intéressent à Iron Man et Sentry ne sont pas beaucoup mieux écrits, mais ils bénéficient au moins de belles images (respectivement dûes à Jim Cheung et Pasqual Ferry).
En revanche, les volets représentant Luke Cage et Spider-Woman sont d'un tout autre calibre et ils sont illustrés par deux très bons dessinateurs (Leinil Yu, qui va s'imposer sur le titre, et Olivier Coipel, de retour après l'Annual 1) : l'ancien Power Man prend une dimension passionnante, très politisée, où sa condition d'afro-américain comme de super-héros en fait une sorte de sage, défendant jusqu'au bout sa conception des choses ; quant à Jessica Drew, désorientée, elle affiche une fragilité mêlée de détermination qui prendront un relief troublant durant Secret Invasion.
En résumé, voilà un passage un peu curieux dans l'histoire de la série, mais qui va durablement la reconfigurer.
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The ballad of Hawkeye and Scarlet Witch est le 26ème épisode de la série, publié en Janvier 2007 par Marvel Comics , mais s'il s'inscrit dans la continuité de Civil War, c'est un chapitre à part à plus d'un titre.
D'abord, on y assiste au retour effectif d'un personnage présumé mort depuis Avengers disassembled et House of M - Clint Barton alias Hawkeye - et à la réapparition de Wanda Maximoff, dont on était sans nouvelles depuis le fin d'HoM.
Ensuite, Civil War n'y est pas évoqué, ou à peine : il ne s'agit donc pas d'un épisode où un héros choisit son camp, mais de la quête personnelle d'un revenant.
Enfin, c'est sans doute le plus beau numéro de la série, esthétiquement parlant, car bénéficiant d'un traitement graphique exceptionnel.

Après le dénouement d'House of M, Hawkeye se réveille dans le parc du manoir abandonné des Vengeurs, revenu d'entre les morts on ne sait comment. En découvrant les ruines de l'ancienne demeure de ses camarades, Clint Barton se rend chez le Dr Strange pour qu'il l'aide à comprendre les raisons dee sa résurrection. Il en profite pour l'interroger sur la situation du monde depuis House of M, et en particulier sur ce qui est arrivé à la Sorcière Rouge.
Apprenant qu'elle a disparu, il décide de partir à sa recherche pour savoir pourquoi elle l'a tué puis rendu au monde des vivants.
Direction : les Monts Wundagore. Hawkeye rencontre une jeune femme, parfait sosie de Wanda Maximoff. Cette apparition le bouleverse tellement qu'il perd connaissance. A son réveil, il est chez elle et elle lui avoue être effectivement Wanda.
En l'interrogeant, il apparaît que la mutante a effacé tout souvenir de son ancienne vie pour acquérir la paix intérieure qui l'a toujours fuie. Dérouté, désarmé, Clint ne résiste pas à l'attirance intacte qu'il éprouve pour la jeune femme et ils font l'amour.
Le lendemain matin, Hawkeye se réveille, désorienté, aux côtés de son amante encore endormie. Il se rappelle qu'elle avait mentionné la présence de sa "tante Agatha" dans une pièce voisine et décide de la chercher. Alors qu'il touche la poignée de la porte, il se fige puis remarque une brûlure sur ses doigts, exactement là où il avait touché le pommeau.

Parlons peu, parlons bien : cet épisode est fantastique, mais c'est également un chapitre atypique, inclassable, mystérieux et envoûtant. Une vraie pépite où il faut accepter de ne pas tout comprendre pour l'apprécier pleinement, à sa juste valeur. Ces 23 planches sont peut-être le meilleures de toute la série, de Brian Bendis et Alex Maleev - le duo magique qui réinventa Daredevil durant un run d'ores et déjà classique.
Dôté de dialogues d'orfèvre, d'une sobriété exemplaire, le scénario fonctionne de manière optimale grâce aux dessins hors du commun dont il bénéficie.
Dessiné de manière minimaliste mais avec une justesse ahurissante dans les expressions, les poses, le découpage, puis peint par Alex Maleev, les pages possèdent une beauté littéralement à couper le souffle - jusqu'à une splash-page éblouissante, lorsque Clint et Wanda s'embrassent, composée à la manière de Gustav Klimt !
Chaque vignette pourrait être isolée et encadrée : ce sont de vrais tableaux de maître, réalisés par un artiste au sommet de son art. Rarement comic-book aura provoqué un tel sentiment de sidération visuelle !

Tout simplement indispensable : une parenthèse enchanteresse.

dimanche 31 mai 2009

Critique 52 : IMMORTAL IRON FIST 2 : THE SEVEN CAPITAL CITIES OF HEAVEN, d'Ed Brubaker, Matt Fraction et David Aja

Ce nouveau receuil de la série Immortal Iron Fist est la suite directe du premier, intitulé The Last Iron Fist Story : The Seven Capital Cities Of Heaven prolonge l'histoire tout en bouclant l'intrigue amorcée précédemment. On a également droit au premier "Annual", dont la lecture sans être indispensable, apporte quand même quelques éclaircissements sur un des protagonistes apparus dans le premier tome.
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Après avoir successivement appris que le titre d'Iron Fist était un legs attribué au champion de K'un Lun (une des Sept Capitales du Paradis) une fois par génération et qu'il y avait déjà eu 66 précédents porteurs du nom, Orson Randall a rencontré son successeur désigné en la personne de Daniel Rand et lui avoué avoir renoncé à cet héritage après la Première Guerre Mondiale.
Mais aujourd'hui, Randall était traqué par les agents du Steel Serpent (au service de Crane Mother, ennemie de K'un L'un) et l'organisation terroriste HYDRA. Orson donna à Daniel le Livre d'Iron Fist, contenant tous les secrets de cet ordre, et qui devait le préparer au prochain tournoi des champions des Sept Capitales du paradis.
Steel Serpent, dont les pouvoirs étaient augmentés par la magie de Crane Mother, retrouva Randall et le tua en combat singulier. Avant de mourir, ce dernier transmit son Chi à Danny, censé lui donner ainsi assez de puissance pour vaincre leur ennemi commun.
Sur ces entrefaîtes, Rand fut convoqué par son maître, Lei Kung (père du Steel Serpent), au dît tournoi qui allait décider de l'accès d'une des Capitales du Paradis avec la Terre.
Ce que nous apprenons d'abord, c'est que les leaders des Sept Capitales ont fait construire en secret une passerelle entre la Terre et chacune de leurs cités, à l'insu de leurs peuples. La corruption de ces chefs convainc Iron Fist, son entraîneur Lei Kung the Thunderer, la fille d'Orson Randall, et John Aman, le Prince des Orphelins, à élaborer une révolution.
Simultanèment, Iron Fist découvre que Crane Mother et Xao, un des patrons de l'HYDRA, ont orchestré un plan pour détruire K'un Lun en utilisant un portail interdimensionnel bâti par le père d'Orson Randall. Steel Serpent ignore apparemment tout de ce projet et lorsqu'il l'apprend, il s'allie avec Danny et les autres champions pour le faire échouer.
Rand stoppe Xao en pulvérisant le train avec lequel il comptait dévaster K'un Lun (et aussi les autres Cités du Paradis). La révolution menée par Lei Kung et la fille d'Orson Randall oblige Nu-an, alias Yu-Ti chef de K'un Lun à s'enfuir.
Face à Danny, Xao préfére le suicide à la reddition mais avant de mourir, il lui révèle l'existence d'une Huitième Cité.
Steel Serpent se repent auprès de son père et de Danny, qui avant de retourner sur Terre avec Luke Cage, Misty Knight, Coleen Wing (venus l'aider à combattre l'HYDRA) , et les autres champions, Danny suggère à Lei Kung d'être le successeur de Yu-Ti avec la fille d'Orson Randall
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Cet album est en tout point remarquable et digne du premier volume, peut-être même supérieur. L'histoire développée par Ed Brubaker et Matt Fraction prend une ampleur exaltante, dévoilant une richesse et une efficacité admirables.
Après avoir exploré le thème de l'héritage dans les 6 premiers épisodes, à travers la passation de pouvoir entre Orson Randall et Danny Rand (et tous ceux qui les ont précédés en tant qu'Iron Fist), c'est ici la question du pouvoir et de son usage qui est puissamment traitée.
Tout comme l'entreprise du héros richissime a été piégée par l'HYDRA, le royaume de K'un Lun a lui aussi été contaminé de l'intérieur par la corruption de son chef. Il faudra une prise de conscience et une riposte d'envergure pour rendre à ce territoire son intégrité.
Cette réhabilitation est en marche alors qu'un tournoi oppose sept guerriers de cités différentes pour décider laquelle communiquera avec la Terre. C'est l'occasion pour les deux scénaristes d'épicer leur intrigue avec une série de duels spectaculaires dont les acteurs rivalisent d'originalité et d'agressivité : moments de violence, mais jamais complaisants, et qui ponctuent le récit avec une habilité jubilatoire.
Chacune des "Armes Immortelles" des Sept Capitales est vraiment singulière et il faut saluer le talent avec lequel Brubaker et Fraction ont su caractériser ces personnages au charisme immédiat. L'issue de chacun des combats est indécise et cela produit un authentique suspense, surtout lorsqu'on voit comment finit la première des joutes (entre Iron Fist et Fat Cobra). C'est un vrai régal que d'être ainsi surpris dans ce genre de comics tellement codifiés narrativement.
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Lorsqu'au terme du chapitre 9, l'album est comme prématurèment coupé en deux par l' "Annual" de la série, on est désarçonné. Ce n'est pas tant que ce qu'on nous propose alors soit dénué d'intérêt, mais cela vient briser le beau tempo de l'ensemble.
Surtout que, visuellement, cela n'a plus rien à voir : il faut alors supporter les illustrations épouvantables d'Howard Chaykin et les planches peintes de Dan Brereton et Jelena Kevic Djurdjevic...
Les quelques infos qu'on y gagne sur le passé d'Orson Randall confirment le caractère iconoclaste du personnage et lèvent le voile sur des péripéties commises avec une équipe d'aventuriers, dont fit partie Wendell Rand, le père de Danny. Mais, in fine, cela reste anecdotique et dispensable.
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Heureusement, David Aja est toujours là pour la (quasi) totalité des graphismes. Il nous offre encore une fois des planches magnifiques où éclate son art du découpage, son sens de la lumière et des ambiances. On songe souvent à Mazzucchelli dans cette façon d'en faire mieux que beaucoup avec peu d'effets, mais si judicieusement disposés : il restera comme LA grande révèlation de cette entreprise.
Comme pour le volume 1, les flash-backs sont illustrés par d'autres artistes : Roy Allan Martinez, Scott Koblish, et surtout Kano s'en acquittent fort bien - même si aucun ne fait oublier la contribution de Derek Fridolfs.
Mais aux 13ème et 14ème épisodes, c'est un débutant, Tonci Zonjic, qui (avec Javier Pulido et Clay Mann en soutiens discrets) prend les commandes et impose des pages d'une sobriété et d'une efficacité prometteuses. Assurèment, un nom à retenir.
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Bref, l'essai est totalement transformé. Ne passez surtout pas à côté !