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mardi 22 août 2023

La saison 2 de FLEABAG conclut la série magistralement

 

La saison 2 de Fleabag est arrivée sur le petit écran trois ans après la première, soit en 2019. Est-ce que Phoebe Waller-Bridge, sa créatrice et vedette, savait qu'elle conclurait son run pour avoir pris son temps ainsi ? Nul ne le saura, mais aujourd'hui encore beaucoup espère que la comédienne et scénariste ajoutera un troisième acte. Mais en l'état, cette fin est parfaite.



Après plus d'un an, durant elle a coupé les ponts avec sa famille, Fleabag assiste à un dîner en compagnie de sa soeur, du mari de celle-ci et leur père qui leur annonce qu'il va épouser leur belle-mère. Le prêtre qui célébrera leur union est également présent et attire l'attention de Fleabag. Lorsque Claire s'absente pour aller aux toilettes et y reste un peu trop longtemps, Fleabag découvre qu'elle fait une fausse couche mais refuse que quiconque le sache. Elle la couvre. Martin se moque d'elle et elle le frappe avant qu'il ne réplique. Les deus soeurs filent à l'hôpital.


A la surprise de Claire, les affaires de Fleabag et son café se portent bien. Mais elle lui annonce aussi que Martin pense à porter plainte contre elle après leur échange de coups lors du dîner. Pour le calmer, Claire compte su un de ses amis avocats pour défendre sa soeur. Fleabag profite aussi du cadeau d'anniversaire que lui a fait son père : une séance chez une psychanalyste à qui elle avoue son attirance pour le prêtre.



Fleabag joue les traiteurs pour sa soeur qui organise une remise de prix pour les femmes d'affaires. A cette occasion, elle présente son partenaire finlandais, Klare, à Fleabag, qui devine immédiatement qu'ils ont une liaison. Fleabag fait la connaissance de la lauréate, Belinda, avec laquelle elle échange sur la condition féminine et qui lui prodigie quelques bons conseils. Puis elle se rend à l'église du prêtre avec lequel elle flirte - et réciproquement.


Toutefois, Fleabag comprend qu'il ne rompra pas son célibat pour elle et cela la déprime. Elle revoit l'avocat que lui a présentée Claire et couche avec lui. Il la comble sexuellement mais pas sentimentalement - d'ailleurs elle ne souhaite pas s'engager avec lui. Elle se recueille à l'église et se remémore les obsèques de sa mère, lors desquelles, déjà, leur père subissait les avances de sa future belle-mère. Le prêtre, passablement ivre, la surprend et l'invite à se confesser. Troublé par ce qu'il entend, il l'embrasse. Puis la repousse.
 

Le prêtre réunit la famille et annonce aux futurs mariés qu'il ne pourra pas célébrer leur union, en racontant qu'il a une obligation personnelle. Claire se fait couper les cheveux mais le résultat est désastreux, sauf pour Klare qui la croise avec Fleabag, qui s'éclipse pour les laisser aller à un concert. De retour à son café, elle est attendue par Martin qui et convaincue que Claire va le quitter et implore l'aide de sa belle-soeur - qui la lui refuse. Le soir venu, le prêtre se rend chez Fleabag et lui avoue son attirance. Ils finissent la nuit ensemble.


C'est le jour des noces et le prêtre est finalement présent pour les célébrer. Claire rompt avec Martin et file rattraper Klare qui doit rentrer en Finlande. Après la cérémonie, à un arrêt de bus, Fleabag et le prêtre s'avouent leur amour mais il a choisi de continuer à servir Dieu. Ils partent chacun de leur côté.

Et c'est avec un ultime aparté, d'un signe de la main, que Fleabag nous fait ses adieux. Douze épisodes en tout et pour tout auront suffi à nous la rendre indispensable, mais elle ne reviendra pas. Son histoire est bouclée.

Après une première saison étincelante, on pouvait craindre que Phoebe Waller-Bridge ne fasse pas aussi bien. Il semble que la créatrice et actrice du show ait elle-même douté puisqu'elle a mis trois années à compléter cette suite. Mais le résultat est largement à la hauteur, aussi drôle, aussi émouvant, aussi inventif.

Comme en écho au temps passé entre les deux saisons, le premier épisode se situe plus d'un an après le dernier de la précédente cuvée. Fleabag a coupé les ponts avec sa famille. Sa belle-mère, toujours aussi détestable, va épouser son père. Sa soeur ne lui adresse plus la parole depuis qu'elle accusé Martin d'avoir voulu l'embrasser. L'ambiance est tendue et tout le monde autour de la table parie que Fleabag va encore trouver un moyen d'attirer l'attention de manière embarrassante.

Tout le monde sauf l'invité surprise du repas : un séduisant prêtre qui éveille bien entendu l'intérêt de tous. Car il a la langue bien pendue et devine que cette famille est dysfonctionnelle à souhait. Et que ce dîner pourrait servir de confession géante. Toutefois il est loin de se douter comment tout ça va finir. Une fausse couche plus tard, attribuée à la fausse personne, deux coups de poings dans le nez, et la réunion s'achève en effet de la pire des façons.

Pourtant, l'abcès est crevé. D'abord entre les deux soeurs : Claire découvre que Fleabag, comme elle l'a racontée, a du succès avec son café et s'est assagie dans ses relations avec les hommes. Même si, comme elle l'avouera à une psy, elle craque sur ce beau curé... Et couchera avec l'avocat chargé de la défendre contre la menace d'un dépôt de plainte par Martin (avec qui elle s'est empoignée au resto).

Le duo Claire-Fleabag est clairement au centre de cette saison : la première est coincée, névrosée, malheureuse en couple, mais brillante intellectuellement, avec une carrière professionnelle accomplie. Et entre temps, elle a rencontré son homologue finlandais, qui partage le même prénom qu'elle, Klare, et dont Fleabag comprend très vite qu'ils sont amants. Encore faudra-t-il un peu pousser la frangine à se défaire de Martin qui ment sur sa volonté d'arrêter de boire et prétend qu'il est odieux sans le faire exprès.

De manière générale, on observe dans cette saison que Fleabag interagit davantage avec ses proches, que le script organise des rapports en binômes pour ne plus se contenter du show Phoebe Waller-Bridge. Si rien ne change entre l'héroïne et sa belle-mère, en revanche, avec son père, une forme de rapprochement inattendu s'opère, avec l'aveu d'une fierté et d'un amour réciproque, mais aussi un jugement lucide sur chacun. Comme il le dit à sa fille, elle est douée pour le bonheur mais en a peur et c'est pour cela qu'elle échoue. Mais son courage l'empêche d'abdiquer.

Du courage, il lui en faudra avec le prêtre. D'abord loufoque, cette romance, forcément contrariée, aboutit à quelque chose de plus trouble et troublant sans que Fleabag ne passe pour une tentatrice qui cherche à détourner un homme de sa foi et de son serment. C'est aussi ce qui donne au dénouement de la série ce goût doux-amer, cruel et poignant, car si, d'aventure, ils avaient fini ensemble, ç'aurait été convenu. C'est triste pour elle, mais c'est aussi plus juste pour la série.

Il faut aussi noter que le prêtre remarque peut-être trop la singularité de Fleabag pour ne pas y succomber. En effet, à plusieurs reprises, il lui fait prendre conscience qu'elle brise le quatrième mur mais sans le formuler aussi clairement (il évoque des absences). Et Fleabag, on le sent bien, est dérangée qu'on voit cela. Nul doute que si une vie avait été possible avec l'homme d'église, elle aurait du se retenir, autant dire se réprimer, et elle sait pertinemment que ce n'est pas en renonçant à cette part d'elle qu'elle aurait été heureuse.

Encore une fois, l'interprétation est époustouflante. Andrew Scott (qui était la vedette d'un épisode, Smithereens, de la récente dernière saison de Black Mirror) est excellent en prêtre tourmenté. Olivia Colman est impériale en belle-mère haïssable au possible. Kristin Scott Thomas joue les guests de luxe dans l'épisode 3, dans le rôle de Belinda. Et bien entendu Pheobe Waller-Bridge est exceptionnelle, toujours juste, toujours irrésistible, toujours bouleversante.

Fleabag me manquera. Mais désormais, chaque fois que Phoebe Waller-Bridge sera créditée au générique, ce sera à surveiller, de près.

mardi 11 juillet 2023

BLACK MIRROR (Saison 5)

Aujourd'hui on remonte le temps, jusqu'en 2019, pour parler de la saison 5 de Black Mirror. Charlie Brooker n'a cette fois écrit et produit que trois épisodes, mais chacun dépasse les 60 minutes et encore une fois commente avec malice notre rapport à la technologie dans des intrigues imprévisibles, avec, pour ne rien gâcher, de beaux castings.


- STRIKINS VIPERS - Amis depuis toujours, Danny et Karl partagent la même passion pour les jeux vidéos, et un en particulier, Strking Vipers, dans lequel leurs deux avatars (Lance pour Danny, Roxette pour Karl) s'affrontent. Quelques années passent. Danny a épousé Theo avec qui il a eu un fils, Karl est resté un célibataire qui multiplie les liaisons sans lendemain. Lors de l'anniversaire de Danny, Karl lui offre le dernière version de Strking Vipers, qui se joue désormais dans une réalité virtuelle et où les joueurs peuvent ressentir tout ce qu'éprouvent leurs avatars. Ils engagent une partie en ligne la nuit venue et très vite les choses vont prendre une tournure inattendue puisque Roxette embrasse langoureusement Lance après lui avoir flanqué une raclée...
 

Des trois épisodes de cette saison 5, Striking Vipers n'est peut-être pas le meilleur mais c'est néanmoins mon préféré. J'ai spoilé le twist de départ, mais  sachez que vous n'êtes pas au bout de vos surprises même en sachant cela. Charlie Brooker, dans Black Mirror, interroge notre relation à la technologie dans la vie quotidienne, il était donc attendu qu'il se penche sur le monde des gamers. Un monde qui m'est, je dois le dire, complètement étranger. Contrairement à beaucoup de gens de ma génération (et encore plus de la suivante), je n'ai jamais été attiré par les jeux vidéos, je ne possède pas de console chez moi, et mes amis, sachant cela, ne m'invitent donc jamais à participer à une partie. J'ignore également si ce divertissement est plutôt masculin ou si les filles, les femmes sont aussi des ferventes gamers, mais dans Striking Vipers, on observe cela du point de vue de deux hommes, deux amis de longue date qui se retrouvent à l'occasion de l'anniversaire de l'un d'eux.
 

Striking Vipers est le nom d'un jeu vidéo (fictif je pense, mais corrigez-moi si je me trompe), deux avatars plus vrais que nature s'y castagnent dans des décors exotiques. On se doute déjà qu'il y a un loup quand on découvre que Karl anime Roxette alors que Danny joue avec un personnage du nom de Lance. Quand les deux amis se retrouvent, les années ont passé : Danny s'est casé, il est marié à la belle Theo et a un enfant avec elle, ils habitent dans une belle villa, tandis que Karl est un célibataire friqué qui multiplie les conquêtes, des filles plus jeunes que lui, avec lesquelles il ne partage pas grand chose de profond en dehors du sexe (un dialogue sur un serveur arborant la même coupe de cheveux décolorée que le basketteur Dennis Rodman qu'a vu jouer Karl mais que ne connaît pas son amante en dit long sur ce décalage générationnel).

Lorsque Danny et Karl se remettent à jouer, la partie prend un tour inattendu et dans un premier temps, Danny pense à un accident. Mais cela se répète et la question se pose de savoir si Karl est amoureux de Danny. Et si Danny l'est de Karl. Le scénario de Brooker brouille habilement les pistes, d'autant plus que les deux protagonistes sont incarnés par deux acteurs virils : Anthony Mackie (Falcon dans Captain America 2 et 3 et Avengers, notamment) et Yahya Abdul-Mateen II (Dr. Manhattan dans la série adaptée de Watchmen et bientôt dans la série Wonder Man sur Disney +). Brooker s'appuie sur un casting sexy : dans le jeu, Roxette, c'est la ravissante Pom Klementieff (Mantis dans Les Gardiens de la Galaxie 2 et 3) et Ludi Lin (Aquaman, Mortal Kombat). Tout cela contribue, avec aussi Nicole Beharie (dans le rôle de Theo), à faire de cet épisode une sorte de cyber-thriller chaud.

On ne s'ennuie pas et le dénouement est jubilatoire mais aussi pervers à souhait. De quoi vous faire considérer votre joystick autrement...


- SMITHEREENS - Chris fréquente un groupe de parole dans lequel il rencontre Haley, dont la fille s'est suicidée. Depuis, elle tente vainement d'accéder à sa messagerie mais ignore son mot de passe. Chris travaille comme chauffeur VTC et un jour il prend comme client Jaden qui travaille pour le réseau social Smithereens. Il le conduit dans un coin isolé et le menace avec un pistolet pour qu'il téléphone à son patron, le créateur du site, Billy Bauer. Mais Jaden n'est qu'un modeste stagiaire. La police encercle bientôt la voiture de Chris mais celui-ci conserve la même exigence. Pourquoi veut-il à tout prix échanger avec Bauer ? 


Si cet épisode est excellent, il aurait dû à mon sens être plus court. Ce qui ne signifie pas qu'on s'ennuie en le regardant : le suspense est réel et palpitant jusqu'au bout, la fin est implacable comme souvent dans la série. Mais plus d'une heure pour un pitch aussi mince, c'est trop et avec une durée plus ramassée, le résultat aurait été indéniablement plus fort, plus déchirant. En outre, on sait que Charlie Brooker n'est pas un fan des réseaux sociaux comme Facebook ou Twitter, donc quand il choisit de s'y attaquer, il n'y a aucune surprise : cela va être une charge sans demi-mesure, et c'est bien le cas avec Smithereens.


Le souci, c'est qu'une fois que Chris et son otage sont immobilisés, l'épisode est pris à son propre piège. Il ne fait aucun doute que Billy Bauer répondra à l'appel de Chris et que ce que celui-ci aura à lui dire renverra à une histoire très personnelle et poignante mais aussi tragiquement absurde. Encore une fois, c'est bien ce qui arrive mais Charlie Brooker est assez malin pour rendre le drame de Chris assez universel et donc que chaque téléspectateur se sente concerné. Qui n'a pas consulté le fil d'infos d'un réseau social par ennui et s'est arrêté pour lire un commentaire insignifiant ? La différence ici, c'est que ce geste a eu des conséquences atroces pour Chris. La figure de Bauer est un cliché sur pattes : Brooker ne se montre pas subtil pour un sou, il imagine une sorte de gourou new age parti en retraite au fond du désert pour se déconnecter et dont la création lui a échappé depuis longtemps mais qu'il n'a jamais cherché à modifier, à améliorer sinon pour rendre les utilisateurs encore plus accros. Une figure pathétique.

Topher Grace l'interprète avec maestria, sans forcer le trait, lui. Cela contraste avec le jeu nerveux de Andrew Scott mais qui échoue, dans l'ultime droite à vraiment pleurer alors que son personnage craque complètement en passant aux aveux. Dommage. D'autant plus que Damson Idris, qui joue l'otage, est impeccable, passant de l'effroi à la compassion avec beaucoup de nuances, sauf que Brooker ne semble pas très inspiré et, une fois le dialogue établi entre Chris et Bauer, il néglige ce troisième personnage.

Le dénouement est assez maladroit, voulant à la fois souligner l'inéluctabilité de la situation et offrir une happy end pour Haley. Smithereens ne dépasse pas finalement l'exercice de style.
  

- RACHEL, JACK AND ASHLEY TOO - Pour son quinzième anniversaire, Rachel reçoit une poupée connectée commercialisée par son idole, la chanteuse pop Ashley O. Cette dernière, avec ses tubes acidulés, est une vraie cash machine, en particulier pour sa tante Catherine, qui est aussi sa manager, qui n'hésite pas à la droguer pour qu'elle honore ses obligations contractuelles. Lorsque Ashely fait une overdose et tombe dans le coma pendant plusieurs mois, sa poupée se détraque et Jack, la soeur aînée de Rachel, réussit à la réactiver en lui ôtant ses filtres, révélant les manigances de Catherine qui, pendant ce temps, a conçu avec des techniciens un hologramme de Ashley qui pourra continuer ses tournées...


En commençant à regarder cet épisode, j'ai craint le pire. Parce que : Miley Cyrus. La popstar me casse oreilles et la perspective de suivre une intrigue où je devrais supporter ses minauderies et ses chansons ressemblaient à un cauchemar digne de... Black Mirror. Et c'est vrai que pendant le premier tiers de l'épisode, il faut s'accrocher pour s'attacher aux protagonistes de cette histoire, entre une idole pour adolescentes et sa poupée connectée à son image. Puis, quand Catherine, l'affreuse tante, empoisonne sa nièce avec un plan diabolique en tête, c'est parti pour de bon pour quelque chose de beaucoup plus savoureux.


Ashley O. est un cliché ambulant : Charlie Brooker n'y va pas avec le dos de la cuiller pour la croquer. Surfant sur un énorme succès grâce à son répertoire rempli de tubes positifs jusqu'à la nausée (du genre "crois en toi", "si je peux le faire, tu peux le faire" et autres niaiseries du même acabit), elle n'est pourtant pas heureuse en coulisses et pianote des chansons déprimantes dans sa luxueuse villa le soir venu, pour exprimer son ras-le-bol et son mal de vivre. Voir Miley Cyrus, qui, actuellement, cartonne avec un hit dans lequel elle évoque sa rupture avec son ex qui l'a trompée au lieu de lui offrir des fleurs (Flowers, donc), est exquis et elle joue sa partition très premier degré, de manière étonnamment convaincante je dois le dire.

Pourtant l'épisode aborde sa dernière ligne droite en empruntant la direction inattendue de la comédie, car comment, sinon, croire à l'initiative de Rachel et Jack pour sauver la chanteuse et démasquer sa vilaine tante ? Comme le père des deux adolescentes est un dératiseur qui conduit un improbable véhicule avec d'énormes oreilles de souris sur le toit, leur virée jusqu'à la villa de la star puis jusqu'à la salle de spectacle où sa manager présente l'hologramme vire au grand n'importe quoi très drôle. Et c'est sans compter la scène post-générique de fin (mais je ne vous la spoile pas).

Angourie Rice (que j'avais découverte dans l'épatant The Nice Guys de Shane Black) est formidable en groupie qui se sent investie d'une mission de sauvetage tandis que Madison Davenport qui joue sa soeur, qui considère Ashely O. avec autant d'estime que j'en ai pour Miley Cyrus, est aussi impeccable en complice malgré elle.

Une saison de très bonne tenue donc, même si très pingre. Bon maintenant, je dois trouver du temps pour me refaire la saison 4...