Affichage des articles dont le libellé est Lorenzo Tammetta. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Lorenzo Tammetta. Afficher tous les articles

jeudi 19 octobre 2023

SCARLET WITCH #9, de Steve Orlando, Lorenzo Tammetta et Sara Pichelli

 

Ce n'est pas un épisode comme les autres que ce dixième de la série Scarlet Witch : en effet, la série va se terminer le mois prochain et même si Steve Orlando et Lorenzo Tammetta reviendront l'an prochain pour quatre épisodes de Scarlet Witch & Quicksilver, c'est du pareil au même. En outre, Marvel se mord la queue en ayant annoncé la fin du titre, ce qui annule tout suspense pour ce numéro et le prochain...



Alice Gulliver, détective occultiste, prévient Wanda que plusieurs sorciers et magiciens ont disparu récemment sans laisser de traces. Elle prépare un endroit pour héberger ceux qui sont menacés puis invite Joseph à l'accompagner dans son quotidien...


Ce n'est ni la première encore moins la dernière fois que Marvel "divulgâche" une série en cours de publication, mais cette fois, on n'a pas fait le choses à moitié. En effet, après avoir annoncé la fin subite de Scarlet Witch au #10, au diable le suspense sur l'issue du titre et de l'intrigue en cours.


Mais ça ne devait pas suffire et on vient d'annoncer que, comme la série avait quand même reçu un bon accueil critique, on lui accordait une prolongation sous la forme d'une mini en quatre numéros l'an prochain sous le titre Scarlet Witch & Quicksilver. Question : qui, chez Marvel, rédige les communiqués sur les arrêts et lancements des séries en se fichant ouvertement de gâcher tout effet de surprise chez le lecteur ?


Scarlet Witch n'a pas été sans défauts, ils se sont révélés progressivement avec cette construction trop répétitive et une caractérisation maladroite : en gros, des épisodes done-in-one dont l'héroïne surpuissante résolvait les affaires trop facilement pour qu'on doute d'elle.

Mais enfin Steve Orlando manifestait une sincère sympathie pour Wanda Maximoff et pour la première fois depuis une éternité, un scénariste ne l'écrivait pas comme une femme complètement délirante, toujours au bout du précipice, incapable de distinguer la réalité de ses fantasmes. Cela a sans doute pesé dans le fait qu'elle soit à nouveau une membre des Avengers de Jed MacKay.

Les intrigues étaient d'un niveau très inégale mais le lecteur y trouvait son compte sans souci. On pouvait même rêver pour Scarlet Witch d'une nouvelle carrière à la Zatanna. Par ailleurs, graphiquement le titre a bénéficié de prestations artistiques très bonnes, à commencer par Sara Pichelli au début (même si ensuite l'italienne a disparu de la circulation puis est revenue mais seulement pour signer quelques pages - ici elle est encore créditée mais je n'ai pas réussi à savoir quelles pages elle avait pu réaliser), Russell Dauterman (qui en plus de superbes covers nous a gratifiés d'un sublime épisode) et enfin Lorenzo Tammetta, une révélation qui ne devrait pas avoir de mal à retrouver du boulot.

Depuis le n° 8 on a vu apparaître Hexfinder, une chasseuse de sorcières aux motivations troubles, mal définies 'en dehors du fait justement de vouloir débarrasser le monde des sorciers), et Steve Orlando a décidé de clore son run avec cette antagoniste qui, on l'a appris le mois dernier, est la complice de Joseph, le clone de Magneto recueilli par Wanda (sans qu'on comprenne vraiment ce qu'il y gagne).

La relation entre Wanda et Iosef (comme elle l'appelle) est au coeur de l'épisode du mois puisqu'il suit Wanda dans plusieurs missions où sa présence permet de résoudre des litiges de manière rapide. Orlando convoque des personnages comme Omega the Unknown, Ganymède (déjà vue au début de la série), Hippolyte (elle aussi figurant dans les premiers épisodes), Swamp Thing et Jennifer Kale, Doctor Druidd, Doctor Voodoo, mais aussi Luna, la fille de Crystal et Vif-Argent (également là), ou encore Alice Gulliver (dont j'ai entendu parler dans le run de Jason Aaron et Chris Bachalo sur Doctor Strange).

Tammetta délivre de superbes planches, ses meilleures depuis son arrivée sur la série, avec des compositions spectaculaires et détaillées. C'est très agréable à lire... Si on ne se rappelle pas à chaque page que, en définitive, tout ça compte pour du beurre et que l'épisode ne sert en fait à rien jusqu'aux ultimes pages avec la trahison effective de Iosef (je spoile, mais Marvel l'a fait avant moi).

Le dixième et dernier épisode verra donc s'affronter Hexfinder et Scarlet Witch et la première perdra puisque, sans ça, il n'y aurait pas de future mini Scarlet Witch & Quicksilver. Editorialement, c'est affligeant : comment un éditeur peut-il à ce point saborder ses propres comics, quand bien même a-t-il prévu des les arrêter ? Et le pire, je le répète, c'est que ce n'est ni la première ni la dernière fois...

samedi 9 septembre 2023

SCARLET WITCH #8, de Steve Orlando, Lorenzo Tammetta et Sara Pichelli


La (sublime) couverture (de Russell Dauterman) promettait beaucoup de choses pour ce huitième épisode de Scarlet Witch. Autant le dire tout de suite : Steve Orlando n'est pas à la hauteur. Et d'ailleurs la série affiche clairement ses limites ici (et aussi rétrospectivement). Lorenzo Tammetta dessine encore la majorité des planches, Sara Pichelli ne signant que sur les deux dernières.


Un nouveau "client" emprunte la porte magique de Wanda : il s'agit de Arkin le faible, en provenance du royaume de Jotunheim, dont le peuple en refusant de se soumettre à Malekith lors de la Guerre des Royaumes a été décimé. Aujourd'hui Loki règne sur Jotunheim et Arkin s'estime floué. Scarlet Witch accepte d'aller parler au dieu de la malice...


Le danger pour une série, quelle qu'elle soit, c'est d'être vendue sur la promesse d'une couverture flatteuse. Car s'il faut se garder de juger un livre à sa couverture, il n'en reste pas moins que c'est la couverture qui, la première, capte notre attention sur le livre.


En ayant Russell Dauterman come cover-artist, Scarlet Witch bénéficie d'un des spécialistes les plus élégants et les plus féconds dans cet exercice à tel point qu'il a quasiment abandonné le dessin de pages intérieures). Et quand on voit la couverture de cet épisode, on est saisi par sa beauté et ce qu'elle suggère.


Autant dire que, derrière, Steve Orlando a intérêt à proposer un scénario en béton pour que le lecteur ne soit pas déçu. Jusqu'à présent, l'auteur a réussi avec Scarlet Witch un de ses meilleurs efforts, ne déviant quasiment jamais du format done-in-one et réhabilitant un personnage qui a été depuis ses débuts bien malmené.

Mais en faisant le compte de ces huit épisodes déjà parus, on se rend compte (comme le relaunch de Fantastic Four par Ryan North) que le titre commence à afficher ses limites. Et même que ce nouveau chapitre les éclaire de façon frappante. Il ne s'agit pas de dire que c'est mauvais ou désagréable à lire (ça l'est moins que ne le fut Fantastic Four), mais à l'évidence la série stagne.

Comme d'habitude l'épisode s'ouvre par l'arrivée d'un nouveau "client" dans l'emporium de Scarlet Witch. Cette fois il s'agit d'un géant de Jotunheim dont le peuple, ayant refusé de se soumettre à Malekith lors de la Guerre des Royaumes (écrite par Jason Aaron dans son run sur Thor), a payé le prix cher. A l'issue du conflit, Loki a hérité du trône mais Arkin le faible se sent floué de ne pas pouvoir représenter ses semblables. Scarlet Witch accepte donc de négocier avec Loki.

Déjà on observe que la mécanique de la série ne varie pas d'un iota. C'est toujours la même amorce narrative, avec un personnage venant demander de l'aide à Wanda Maximoff - un personnage inventé pour l'occasion, qu'on ne reverra plus ensuite, qui n'a aucune caractérisation : autant dire que c'est davantage un prétexte qu'un personnage.

Steve Orlando a fait de Scarlet Witch une héroïne surpuissante, peut-être son incarnation la plus puissante. Dans ce cas de figure, la préoccupation de l'auteur est de trouver à l'héroïne des adversaires à sa hauteur, et évidemment là, pas question de jouer la demi-mesure. Orlando a là encore privilégié des créations originales mais avec Loki au programme, lui et Wanda s'attaquent à du lourd. On s'attend donc à un duel serré et trouble comme l'indique la couverture.

Mais toute puissante qu'elle est, voir Scarlet Witch jeter d'emblée un sort à Loki qui l'oblige à dire la vérité est tout de même étonnant. Difficile de croire que le dieu de la malice puisse ainsi être soumis par une terrienne alors que lui a une pratique de la magie vieille de plusieurs millénaires. Par ailleurs, l'intérêt d'un personnage comme Loki, c'est qu'on ignore tout le temps s'il est du bon ou du mauvais côté : c'est le dieu de la malice, c'est un joueur, un affabulateur, un manipulateur. Ce qui aurait été amusant, c'est de le voir donc ruser avec Scarlet Witch, et même, pourquoi pas, d'initier une romance entre eux (puisque, aux dernières nouvelles, Wanda avait une liaison avec Doctor Voodoo mais que celui-ci semble aux abonnés absents).

L'essentiel de l'épisode est une longue scène de danse où Lorenzo Tammetta, profitant que les quartiers où réside Loki n'ont pas une décoration fournie (c'est même ascétique à ce point et là aussi, c'est bizarre parce qu'on imaginerait plutôt le personnage dans un intérieur un peu plus ornementé, en rapport avec son caractère facétieux, pas dans une espèce de cave glacée), zappe tout arrière-plan, laissant à Matt Wilson le soin (c'est le cas de le dire) de meubler.

Tammetta est plus inspiré pour faire bouger ses deux personnages de manière suffisamment gracieuse pour que leur danse ait l'air vraisemblable et aboutisse à ce possible baiser montré sur la couverture (je ne vous spoilerai pas sur la réalité de ce bécot). Mais bon, ça reste quand même léger et c'est tout de même agaçant tous ces comics où les artistes ne s'embarrassent plus de dessiner de décor.

Sara Pichelli, elle, joue toujours les figurantes : comme le mois dernier, elle ne s'acquitte que des deux dernières pages, et là aussi, ça commence à devenir gênant de lire un comic-book où son nom est crédité comme artiste alors qu'elle produit si peu de matériel.

Pour en revenir au contenu, Orlando introduit à la fin un énième personnage original et révèle la duplicité d'un autre. Tout ça est en vérité cousu de fil blanc. Mais surtout, avec une Scarlet Witch imbattable, invaincue, le suspense est mort-né : on devine que, même si la partie s'annonce difficile, elle va quand même l'emporter.

Bien des critiques et des lecteurs estiment que Marvel a un problème avec les personnages surpuissants, que l'éditeur et ses auteurs résolvent souvent en finissant par réduire les capacités de ces héros ou carrément en les tuant (ou en en faisant des vilains coriaces). Orlando semble être tombé dans ce piège et si son portrait de Wanda échappe aux clichés qui l'ont longtemps définie (mi-folle, mi-victime), en revanche la Sorcière Rouge et le format de ses épisodes sont en train de la précipiter dans une autre impasse. Ajoutez à cela que la série va bientôt (comme d'autres) augmenter et je pense que je vais bientôt l'arrêter - non sans regrets mais pour toutes les raisons ici développées.

samedi 5 août 2023

SCARLET WITCH #7, de Steve Orlando, Lorenzo Tammetta et Sara Pichelli + Jonathan Hickman


Ce septième épisode de Scarlet Witch affiche un programme plutôt dense. Encore une fois Steve Orlando fait de l'excellent boulot avec le personnage mais il enrichit progressivement le background de la série. Au dessin, cette fois, les choses sont claires : Lorenzo Tammetta signe la quasi-totalité des planches à l'exception des deux dernières qui sont l'oeuvre de Sara Pichelli.


Tandis que Wanda doit composer avec le choc du retour de son père, Magneto (ou presque), Scarlet Witch doit aider Nelson Gruber, un bibliothécaire avec le pouvoir de donner vie aux livres et qui a été chassé du royaume du Magicien d'Oz...
 

Evidemment, si vous ne voulez pas être spoilé sur un élément important survenu à la fin de l'épisode précédent et expliqué au début de celui-ci, passez votre chemin immédiatement ou continuez à vos risques et périls. C'est bon ? Alors, en avant !


Steve Orlando avait conclu l'épisode 6 de Scarlet Witch en faisant réapparaître Magneto, qu'on avait également pu apercevoir déjà à la fin de l'épisode 5. Mais, me direz-vous, c'est impossible : Magneto est mort durant l'event A.X.E. : Judgment Day et n'a pu être ressuscité car il avait fait en sorte que cela soit impossible et, depuis les événements du Hellfire Gala 2023, les Cinq de Krakoa ont disparu on-ne-sait-où.
 

C'est là qu'on voit que Steve Orlando a bien révisé son histoire des X-Men parce qu'en vérité, bien sûr, il ne s'agit pas du vrai Magneto. Mais de son clone, Joseph, créé par la mutante Astra dans les pages de X-Men (vol. 2) #46 (1995) ! Il a les mêmes pouvoirs magnétiques, le même visage, mais des souvenirs beaucoup plus éparses. Lui aussi est mort puis est revenu à la vie (une vieille tradition mutante...) et le voilà qui débarque chez Wanda.

Bien sûr, une fois la surprise passée, elle commence à se demander ce qu'elle va de lui qui n'a nulle part où aller et sait que dans la situation actuelle Orchis l'arrêterait en le prenant pour le vrai Magneto. Elle lui offrira donc le gîte et le couvert tant qu'il le désirera - en attendant peut-être qu'il se rende utile auprès de la résistance mutante (dont je vous reparlerait bientôt - stay tuned !).

En attendant, Wanda a un autre client qui a surgi de sa porte magique. Et cette affaire ne manque pas de piquant puisqu'il s'agit d'un bibliothécaire avec le pouvoir de donner vie aux histoires. Et il a ainsi matérialiser le pays du Magicien d'Oz dont la sorcière l'a banni !

Steve Orlando est vraiment très à l'aise avec le format qu'il a installé sur la série, des histoires auto-contenues le plus souvent, résolues en un épisode. Il mène ces mini-intrigues sur un tempo soutenu avec une imagination débridée et une caractérisation nuancée. Comme d'habitude, il excelle spécialement à animer Scarlet Witch qu'il a totalement purgé de son passé douloureux pour en faire une sorcière surpuissante, altruiste et ayant repris sa vie en main. Pour une fois, on rêverait que DC s'en inspire pour une série sur Zatanna...

Mais l'épisode est aussi réussi parce que la manière dont Scarlet Witch résout le problème montre bien que rien n'est aussi simple qu'il y paraît. En effet, ici, il n'y a pas une victime et un bourreau, un gentil opprimé et un méchant oppresseur, tout est plus équivoque. Il y est question de la corruption par le pouvoir, un sujet que connaît justement très bien Wanda. Et Orlando est malin dans sa façon de suggérer ça, sans le souligner lourdement. Comme souvent, les affaires que règle Wanda la renvoient à ses expériences de femme, d'héroïne, ou de vilaine : c'est aussi pour ça, grâce à ça, qu'elle se montre si compétente et efficace.

Depuis le mois dernier, la série a à son générique deux artistes. Mais j'étais incapable de dire qui faisait quoi, même si j'avais deviné que le rôle de Sara Pichelli était désormais secondaire; C'est confirmé ici. Lorenzo Tammetta est bien devenu l'artiste régulier du titre, signant même la page écrite par Jonathan Hickman en relation avec son futur projet G.O.D.S. (qui dévoile ses personnages dans plusieurs séries tout au long du mois d'Août) même si ça n'a aucun rapport avec l'histoire de l'épisode (mais on peut supposer que Scarlet Witch sera impliqué dans ce projet, tout l'est Doctor Strange, et le seront Thor, Moon Knight et d'autres héros en relation avec des divinités).

Tammetta est une révélation : ses planches ne lésinent pas sur les décors, ce qui est toujours appréciable mais si aussi rare dans les comics de super-héros (où le dessinateur en arrive régulièrement à les négliger au profit des personnages et de leurs actions les plus spectaculaires). Son découpage est sage mais fluide. Lorsqu'il doit représenter les manifestations d'énergie, il aime visiblement créer des effets de fondus enchainés où il supprime les espaces entre les cases pour dynamiser la scène. 

Bien entendu, Tammetta est encore perfectible sur certains points : par exemple il a tendance à donner la même expression à ses personnages, avec une moue caractéristique. Mais ça n'ôte rien aux qualités de son graphisme, qui est expressif et solide techniquement.

Quid de Pichelli alors ? Hé bien, elle ne réalise que les deux dernières pages. C'est vraiment le minimum syndical et je me demande combien elle touche pour ça. Est-ce vraiment tout ce qu'elle peut faire désormais ? En tout cas, je me demande ce qui se passe avec elle car elle semblait bien revenu en ayant enchaîné les quatre premiers numéros, et on pouvait espérer qu'après le #5 (dessiné par Russell Dauterman - qui nous gratifie comme toujours d'une couverture superbe) elle serait repartie comme en 40. Sauf que non. Alors bien sûr, elle est créditée comme artiste, même si je trouve que c'est limite mensonger.

Ce bémol mis à part, Scarlet Witch continue d'être un des rares titres Marvel actuels à mériter l'attention. Au point qu'il fera partie des séries jugées assez commercialement attractives dont le prix va passer à 4,99 $ en Octobre (Marvel doit penser que le pouvoir d'achat de ses lecteurs augmente en même temps que leur tarif...).

jeudi 13 juillet 2023

SCARLET WITCH #6, de Steve Orlando, Lorenzo Tammetta et Sara Pichelli


La série Scarlet Witch reprend pleinement ses droits après son Annual paru le mois dernier (et qui servait surtout à annoncer l'event Contest of Chaos, qu'écrira Stephanie Phillips). Steve Orlando revient du coup à un récit complet avec début, milieu et fin en une vingtaine de pages. Sara Pichelli est créditée au dessin mais aussi Lorenzo Tammetta.



Ganymède de l'Archisorité apparaît dans l'Emporium et expose son cas à Wanda : ses "soeurs" ont toutes été massacrées par des Skrulls et elle est poursuivie par des Krees, désormais alliés aux premiers. Scarlet Witch l'emmène auprès de Hulking, qui consulte les archives de l'alliance et cible les coupables de ce massacre qu'il autorise à être punis...


Même si les deux dernières pages renvoient directement à ce qu'on découvrait à la toute fin de l'épisode 5 (et que je ne spoilerai donc pas), beaucoup, comme moi, se réjouiront sans doute de voir Scarlet Witch revenir à sa forme initiale avec un récit complet en vingt pages.


Ce format a particulièrement bien réussi au titre et est maîtrisé par Steve Orlando, scénariste qui semble avoir besoin d'un cadre précis pour produire avec qualité. D'autres seront peut-être moins contents avec cette formule, rare dans les comics actuels qui préfèrent feuilletonner par arcs.


En tout cas, quoi qu'on préfère, il est évident que Scarlet Witch fera partie des réussites lancées par Marvel en 2023. Alors que l'éditeur a exploité une manière de démarrer des séries avec des héros au trente-sixième dessous en espérant que le lecteur attendra assez longtemps pour connaître la raison de cette déchéance, ici on renoue avec un personnage qui en a bavé mais qui reprend sa vie en main.

C'est sans doute ce que Orlando a le mieux imposé : faire de Wanda Maximoff non plus une sorcière sujette à des crises cycliques la menant au bord de la folie (quand elle n'y sombrait pas corps et bien) mais une femme puissante qui s'est réconciliée avec elle-même et le monde qui l'entoure. Et avec un job de super-héroïne à plein temps ingénieux puisque, désormais, c'est elle qui vient en aide à ceux qui sont désespérés (une autre preuve de sa solidité psychologique reconquise).

Ce gimmick qui consiste à faire de chaque épisode l'enquête à résoudre du mois a quelque chose de très sympa : on sait que ça ne va pas prendre un temps fou à se régler ni à se lire, le scénariste est inspiré par son personnage principal, et pourtant il est impossible de prévoir où la série va aller.

Cette fois, Scarlet Witch va aider une guerrière traquée par des skrulls et des krees (qui sont désormais des alliés) et, pour ce faire, elle va s'adresser à son "fils", Wiccan (Billy Caplan), lui-même marié à Hulkling (Dorrek VIII, ex Theodore Altman, mi-skrull, mi-kree). L'histoire des fils de Scarlet Witch (outre Wiccan, il y a aussi Speed (Thomas Sheperd) a nourri la mythologie du personnage puisqu'elle les a réincarnés à partir des enfants qu'elle a eus avec Vision.

Ensuite ils ont fait partie des membres fondateurs de Young Avengers, puis Wiccan et Hulkling (lui-même fruit des amours du kree Captain Mar-Vell et de la princesse skrull Anelle) se sont mariés. Hulkling a unifié les skrulls et les kree dont il est désormais l'empereur. Ces qualités seront précieuses dans l'histoire de cet épisode, alimentant la tension dramatique puis dénouant l'affaire criminelle dans laquelle Ganymède est impliquée.

Le déroulement du récit est classique, ce qui le distingue, c'est l'intensité des réactions de Ganymède qui atterrit chez Wanda en se demandant si elle n'est pas une ennemie, qui continue à le croire quand elle est présentée à Hulkling (et que Wiccan est prêt à l'affronter). Orlando est doué pour caractériser tous les personnanges et en inventer à chaque épisode. On peut d'ailleurs noter qu'il en créé pratiquement à chaque fois et on peut alors se poser la question de savoir si on les reverra (il mentionne également Scythia, l'adversaire de Scarlet Witch dans les épisodes 4-5).

Visuellement, ce numéro est, disons, curieux et sujet à caution. Deux artistes sont crédités, dont Sara Pichelli, la dessinatrice des quatre premiers épisodes. Pourtant, je vais être franc, je n'ai pas réussi à reconnaître une seule planche de sa part (à part peut-être les deux dernières, mais sans garantie). Si c'est bien le cas, ça signifie que l'italienne a une nouvelle fois fait défaut à une série et là, ça commence à faire beaucoup. Depuis quand Pichelli a-t-elle produit plus de quatre épisodes d'affilée ?

C'est d'autant plus lamentable qu'elle affichait une bonne forme sur ses quatre numéros et on pouvait espérer que Scarlet Witch marquerait son vrai grand retour. Mais quand Russell Dauterman l'a suppléée au n°5, c'était déjà surprenant (même si ce fut un plaisir de relire du Dauterman sur un épisode entier). Et là, donc, elle partage l'affiche avec son compatriote Lorenzo Tammetta.

Je ne connaissais pas son travail, en me renseignant j'ai appris qu'il avait signé un numéro de Murderworld, puis de Nightcrawlers (pour l'event Sins of Sinister). Il est cependant évident qu'il a dessiné la majorité des planches de l'épisode (si ce n'est la totalité) car la manière dont sont réalisés les personnages, notamment au niveau de leurs visages, est différent de ce que fait Pichelli. Et ce n'est pas un reproche car Tammetta affiche une technique solide, une belle expressivité, et une narration dynamique. C'est bien simple : il arrive sur la série comme s'il l'avait déjà dessinée auparavant. Il n'y a rien à redire, c'est du très bon taf, et ma foi, si Pichelli n'est plus de la partie, Marvel lui aura trouvé un parfait remplaçant.

Le prochain épisode promet beaucoup et va certainement expliquer un gros mystère apparu à la fin du #5. De quoi ne pas lâcher Scarlet Witch de sitôt !