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lundi 6 novembre 2023

UNCANNY X-MEN, TOME 6 : LE PROCES DE HENRY McCOY, de Brian Michael Bendis, Mahmud Asrar, Sara Pichelli, Chris Bachalo, Stuart Immonen, Kris Anka, Frazer Irving et David Marquez


Il est 22 heures 03, ce lundi 6 Novembre 2023, et je termine cette rétrospective sur les X-Men par Brian Michael Bendis avec cette troisième critique en une journée ! Le Procès de Henry McCoy est donc à la fois le sixième tome d'Uncanny X-Men et la fin du run du scénariste sur les titres mutants. On y trouve donc l'épisode 32 dessiné par Chris Bachalo, les 33-34 dessinés par Kris Anka, le 35 dessiné par Valerio Schiti et le 600 dessiné par Sara Pichelli, Mahmud Asrar, Stuart Immonen, Kris Anka, Chris Bachalo, Frazer Irving et David Marquez.


De retour à leur QG après la lecture du testament de Charles Xavier, Emma Frost, Magik et Cyclope réunissent leurs recrues. Scott leur annonce qu'ils poursuivront leur apprentissage à l'école Jean Grey. Magik entraîne alors Kitty Pryde ailleurs tandis que les esprits s'échauffent. Fabio Medina assomme Cyclope car, comme Hijack, il s'estime trahi par leur mentor. Revenu à lui, Cyclope a une discussion franche avec Emma au sujet de leur relation et ils se séparent. Havok rend visite à son frère, seul désormais, et le questionne sur sa révolution puis lui suggère d'en faire quelque chose de positif et inattendu.


Magik a emmené Kitty sur l'île aux monstres pour y récupérer un mutant. Elles gagnent une grotte où elles trouvent Bo, une fillette abandonnée là par son père et pourvue de pouvoirs lumineux. Magik la dépose à l'école Jean Grey où elle est prise en charge. Puis elle avoue à Kitty être heureuse de leur réunion. Kitty, elle, pense qu'il leur faut maintenant se réconcilier avec Colossus.


Dazzler obtient de Maria Hill l'accès au dossier de Mystique qu'elle accepte de livrer au SHIELD en échange de l'impunité pour les Uncanny X-Men. Une semaine plus tard, Mystique est arrêtée à Madripoor. Dazzler fête ça en se produisant sur scène tandis que, dehors, les recrues des Uncanny X-Men profitent du show tout en décidant de désobéir à Cyclope et de ne pas entrer à l'école Jean Grey.


Au lieu de ça, ils interviennent en tant qu'équipe pour neutraliser la mutante Animax. Ce fait d'armes leur vaut une popularité immédiate, notamment pour Fabio Medina/Godlballs. Mais pris à parti par des anti-mutants, il est gravement blessé. Triage le sauve et l'équipe reconnaît qu'ils ont besoin d'être formés et donc d'intégrer l'école Jean Grey.

Ces trois épisodes sont en apparence anecdotiques mais en grattant, on comprend pourquoi, au final, Uncanny X-Men est plus réussi que All-New X-Men. La gestion des personnages, les story-arcs, l'intensité des relations entre les héros, leurs adversaires (qui sont eux-mêmes en vérité), tout ça est bien plus inspiré et tenu.

Cela peut surprendre car Brian Michael Bendis s'est souvent montré à son avantage en animant des séries sur de jeunes héros, comme Ultimate Spider-Man. Mais il faut bien reconnaître qu'il a été maladroit avec les jeunes X-Men amenés à notre époque, en favorisant trop le personnage de Jean Grey dont il a fini par faire une insupportable gamine intrusive et en nouant autour d'elle des changements incongrus comme sa romance avec le jeune Hank McCoy, ou la révélation absurde de l'homosexualité de Bobby Drake, même si à côté il a été plus touchant avec la liaison de Angel et X-23 et les tourments du jeune Scott Summers.

Avec Uncanny X-Men, il n'est pas tombé dans ces pièges car il a articulé sa série autour des quatre personnages les plus impactés par Avengers vs X-Men (quand bien même il manque à l'appel Colossus et Namor). Avec Cyclope, Emma Frost, Magik et Magneto, il tenait quatre protagonistes au fort caractère mais cassés par leur expérience avec le Phénix et qui étaient obligés de vivre clandestinement tout en recrutant des élèves.

Des héros clandestins, ça rappelle bien sûr la meilleure période de New Avengers, post-Civil War quand Luke Cage et tous ceux qui refusaient le registration act de Iron Man prirent le maquis puis furent traqués par les Dark Avengers de Norman Osborn/Iron Patriot jusqu'à Siege. Dans ce registre, Bendis excelle à décrire des justiciers tiraillés entre leur envie de faire le bien et la nécessité de ne pas se faire prendre, en permanence menacés par des représentants de la loi.

A cela, il a associé des menaces variées et efficaces, souvent spectaculaires, avec des gimmicks accrocheurs et mystérieux jusqu'à ce qu'ils décident de les résoudre, comme le Fauve Noir et ses super-Sentinelles, Mystique, Maria Hill et le SHIELD, le mutant oméga Matthew Malloy, Dormammu, etc. Les recrues de Cyclope et compagnie offraient des profils tout aussi divers et même si certains ont ensuite disparu des radars (comme Hijack, Benjamin Deeds, Triage), d'autres ont su perduré (comme Eva Bell, devenu une des Cinq de Krakoa au même titre que Goldballs, désormais Egg).

Chris Bachalo a signé beaucoup d'épisodes, tous visuellement très puissants et soignés. Malheureusement, Marvel ne lui a jamais trouvé de suppléants dignes de ce nom, ou plutôt a fait des choix discutables en ne conservant pas Frazer Irving, Marco Rudy ou en installant Mike Del Mundo à la place du médiocre Kris Anka. Cela se confirme encore ici où Bachalo signe l'épisode 32, magnifique, tandis que Anka enchaîne avec les 33 et 34 sans saveur au plan esthétique, avant que Valerio Schiti ne relève le niveau pour le 35.

Mais, à présent, passons à la fin du run proprement dite, avec l'épisode 600, un numéro double avec quelques guests de poids et une série de scènes qui bouclent dignement la boucle.


Les jeunes X-Men sont à nouveau au complet maintenant que Scott est revenu de son périple dans l'espace aux côtés de son père. Jean estime que le groupe a besoin de repos. Hank s'éloigne et elle rattrape pour lui confirmer ses sentiments et ils s'embrassent tandis que Scott les observe de loin.


Dans l'école Jean Grey, le Fauve est convoqué par Tornade et il est surpris en voyant tous les X-Men, étudiants compris, l'attendre. Mais il comprend vite que ses amis veulent qu'il réponde de ses actes qui, depuis longtemps, divisent la mutantité. Lui répond qu'il a tout fait, au contraire, pour éviter une catastrophe après le passage du Phénix. Le ton monte, il tourne les talons.


C'est alors qu'à la télé une allocution en direct du Capitole à Washington détourne l'attention des X-Men. Cyclope s'adresse aux journalistes à une foule de curieux en expliquant que son projet révolutionnaire est de remédier à la division entre les mutants et surtout à restaurer l'idéal de Charles Xavier, la cohabitation entre homo sapiens et homo superior. Magneto se joint à lui, fier qu'il embrasse l'utopie de leur ami commun.
Plus tard, dans la soirée, Eva Bell surgit dans le laboratoire du Fauve et lui explique ses voyages dans différentes lignes temporelles où on exigeait d'elle qu'il y ait un procès contre lui. Mais Hank McCoy refuse d'en entendre davantage. Eva s'éclipse et le Fauve quitte l'école Jean Grey.

C'est donc une brillante conclusion qu'écrit là Bendis. Une sorte de synthèse intelligente et nuancée, même si, en vérité, c'est aussi à partir de là qu'il aurait pu (dû ?) enchaîner avec une série X-Men (adjectiveless) sur la grande réunion mutante et la suite du parcours du Fauve moderne. S'il n'y avait eu Secret Wars, l'event de Jonathan Hickman et Esad Ribic qui mit au pas tout l'univers Marvel pendant de nombreux mois et redistribua les cartes à la fin.

Mais avant d'en dire plus, comment en est-on arrivé à ce 600ème épisode ? J'ai fait les comptes : le premier volume d'Uncanny X-Men a compté 544 épisodes, le deuxième 20 et celui-ci, le troisième, 35, ce qui donne 599. + 1 = 600. 

Pour encore mieux situer cet épisode, il arrive chronologiquement donc après All-New X-Men 41, Uncanny X-Men 35, X-Men 26 et Amazing X-Men 19.

Les pages avec les All-New X-Men sont dessinées par Stuart Immonen, qui, comme d'habitude, fait un superbe boulot. Celles du "procès" sont signés Sara Pichelli, très bien. Chris Bachalo se charge de la scène du Capitole avec le discours de Cyclope, impeccable. David Marquez signe quelques autres planches du "procès". Kris Anka met en images les retrouvailles de Kitty, Magik et Colossus, bof. Mahmud Asrar hérite de la scène la plus gênante où les deux Iceberg discutent de leur sexualité (avec les propos de Bobby adulte qui explique ne jamais avoir réfléchi s'il était gay car accaparé par ses missions en tant qu'X-Man... Mon Dieu !). Et enfin Frazer Irving ferme le ban avec l'échange entre Eva Bell et le Fauve.

Tout ça est fort beau (sauf Anka). Et surtout j'ai toujours trouvé ça chouette que les artistes présents au début d'une série reviennent passer pour le final, donc c'est extra de relire une dernière fois du Immonen, du Bachalo...

Bendis, en dehors donc de la scène avec les deux Iceberg gay/pas gay (ou je sais pas, faut que je réfléchisse... Mais bon sang, ce que c'est naze !), écrit des moments touchants, nuancés, et intenses. Parmi ses meilleurs, tous titres confondus. Après ça, All-New X-Men aura droit à deux autres volumes (par Dennis Hopeless et Mark Bagley puis Cullen Bunn et Jorge Molina & RB Silva). Uncanny X-Men attendra plus longtemps pour revenir, avec un run écrit surtout par Matthew Rosenberg et dessiné par Salvador Larroca, juste avant la révolution initiée par Jonathan Hickman, Pepe Larraz et RB Silva avec House of X/Powers of X.

J'espère que ce retour en arrière sur une période controversée mais intéressante, atypique, des mutants vous aura plu et motivé pour la (re)découvrir. 

ALL-NEW X-MEN, TOME 8 : LES UTOPISTES, de Brian Michael Bendis, Mahmud Asrar, Mike Del Mundo et Andrea Sorrentino


Alors, comment dire ? Il était temps que ça s'arrête parce que ce huitième et dernier tome de All-New X-Men est vraiment mauvais, c'est le tome en trop, les épisodes de trop. Brian Michael Bendis n'est vraiment pas inspiré et ni les dessins de Mahmud Asrar (sur les épisodes 40-41), ni ceux de Mike del Mundo (sur l'épisode 37), ni ceux d'Andrea Sorrentino (sur les Annuals de All-New X-Men et Uncanny X-Men) ne sauvent les meubles. Dernier tour de piste avant la vraie conclusion dans Uncanny X-Men tome 6.


Emma Frost n'en a pas fini avec l'entraînement de Jean Grey. Elle l'emmène à Madripoor et bloque ses pouvoirs télépathiques en la lâchant dans un quartier mal fâmé. Jean ne tarde pas à y croiser le Blob occupé à écouler les derniers stocks de l'hormone de croissance prélevée à Dazzler quand elle était la captive de Mystique. Le combat s'engage et oblige la jeune mutante à utiliser intelligemment sa télékinésie.


Magik devient la nouvelle professeur des jeunes X-Men maintenant que Kitty pryde a rejoint Star-Lord et les Gardiens de la Galaxie dans l'espace. Jean Grey révèle à Bobby Drake qu'il est gay, ce qu'il ne comprend pas puisque sa version adulte ne l'est pas. Angel avoue ses sentiments à X-23. Cependant, sur l'île abandonnée d'Utopia au large de San Francisco, des agents du SHIELD sont attaqués...


Pour résoudre cette affaire, Maria Hill demande l'aide des X-Men. Jean Grey et ses camarades se déplacent sur l'île avec Magik et y découvrent les Utopistes, un groupe composé de Boom-Boom, Elixir, Madison Jeffries, Karma, Masque et Random, désirant qu'on les laisse tranquilles. Après d'âpres négociations, ils acceptent d'intégrer l'école Jean Grey et Maria Hill renonce à les arrêter.


- ANNUAL ALL-NEW X-MEN / UNCANNY X-MEN : LA VIE SECRETE DE EVA BELL. Après avoir été lâchée avec les recrues des Uncanny X-Men dans le Montana pour un stage de survie, Eva Bell, choquée, fait un bond dans le temps. Elle découvre la Terre attaquée par des martiens dans le futur et que Killraven affronte. Puis elle remonte le temps jusqu'en 1875 où elle croise Rawhide Kid. Elle avance ensuite jusqu'en 2099 et va frapper à la porte du Sanctum Sanctorum où elle découvre que Magik,est devenu la sorcière suprême. Elle passe plusieurs années à se former auprès d'elle, se marie, a un enfant. Mais quand un démon tue Magik, Eva lui promet que le Fauve sera jugé pour ses actes...


Tempus remonte le temps à nouveau, jusqu'à la préhistoire où elle échappe de peu à la mort quand un dinosaure l'attaque. Morgana le Fay la capture pour se servir de ses pouvoirs et échapper à sa geôle. mais Eva réussit à se débarrasser de la sorcière pour atteindre à nouveau le futur. Elle retourne au Sanctum Sanctorum mais cette fois c'est Tony Stark qui est le sorcier suprême et lui apprend qu'elle est dans une ligne temporelle différente. Elle réussit à revenir dans le Montana où ses camarades en la voyant resurgir, les vêtements en lambeaux lui demande si tout va bien.

Quel gloubi-boulga que cet album ! Qu'a voulu faire Brian Michael Bendis avec ces épisodes totalement superflus et mal foutus ? C'est un mystère. Même le plus indulgent de ses fans serait bien en peine de trouver la moindre des qualités à ces ultimes chapitres d'All-New X-Men.

Ce huitième tome s'ouvre avec le n°37 où Emma entraîne à nouveau Jean Grey en l'emmenant à Madripoor mais en bloquant ses pouvoirs télépathiques. Pourquoi pas ? Mais surtout pourquoi cette énième séance de training dont le seul intérêt réside dans le fait qu'Emma a recouvert ses propres capacités télépathiques - et encore on en sait trop comment. Sans doute que les stigmates du Phénix ont fini par s'effacer, mais Bendis ne juge pas utile de préciser.

Les dessins sont signés par Mike del Mundo, un graphiste au style très audacieux, qui aurait eu davantage sa place sur Uncanny X-Men (comme Frazer Irving ou Marco Rudy) à la place du médiocre Kris Anka.

Où sont passés ensuite les épisodes 38 et 39, me demanderez-vous ? Hé bien, ils ont été intégrés au crossover Black Vortex, une nouvelle aventure dans l'espace avec les X-Men et les Gardiens de la Galaxie plus Nova (version Sam Alexander, la création de Jeph Loeb et Ed McGuinness). Je vous dispense de lire ce machin ennuyeux à mourir et totalement grotesque même s'il permet de comprendre la transformation physique d'Angel par la suite (avec des ailes de feu et une armature métallique). A l'époque, j'avais lu ça en baillant beaucoup dans la revue "Les Gardiens de la Galaxie" chez Panini Comics et franchement, je n'ai pas eu le courage d'y revenir pour vous en faire une critique entière.

On passe donc de l'épisode 37 au 40 et 41 pour un arc éclair en deux parties dont l'intérêt est encore un sujet de recherches pour les fans les plus hardcore. Bendis imagine qu'une bande de mutants est revenue sur l'île d'Utopia (désertée depuis Avengers vs. X-Men) et le SHIELD qui avait envoyé des hommes fouiller l'endroit n'a plus de nouvelles. Maria Hill, contre toute attente, demande aux jeunes mutants de mener l'enquête.

Absolument rien ne va dans cette histoire : que ce soit l'identité des Utopistes (sans aucune utopie sinon qu'on leur fiche la paix sur ce morceau de caillou, ayant été l'astéroïde M, au large de San Francisco, et qui y subsistent on ne sait comment), la raison de leur résidence (pourquoi ne se sont-ils pas joints à l'école Jean Grey ?), le fait que Hill demande aux jeunes X-Men d'aller y faire un tour (alors qu'ils n'ont aucune expérience en lien avec une mission pareille), la bagarre qui s'ensuit, l'inévitable négociation menée par... Par qui ?... Je vous le donne en mille : par Jean Grey. Et le dénouement qui vous fait les yeux au ciel tant il montre Bendis en roue libre.

Au passage, Bendis commet un des pires scènes de son oeuvre quand Jean (toujours elle) révèle à Bobby Drake son homosexualité. Il n'en revient pas puis finit par l'admettre tout en ne comprenant pas que sa version adulte ne le soit pas. Et ça, c'est vraiment de la merde ! Mais alors une grosse bouse, qui va complètement venir transformer un personnage qui ne demandait rien, d'une manière totalement gratuite et contradictoire (puisque Bobby Drake a eu des copines, même Mystique lui a roulé une pelle, et dans Wolverine and the X-Men, il avait même entamé une relation avec Kitty Pryde). Entre ça et l'homosexualité de Rachel Summers assénée par Tini Howard dans Excalbur/Knights of X, on voit à quel point le wokisme est un délire terrible, qui, sous prétexte de diversité, de représentativité, fait écrire n'importe quoi !

C'est du grand n'importe quoi, mais c'est dessiné par Mahmud Asrar, très sérieusement. Est-ce suffisant pour sauver les meubles ? Bien sûr que non, mais bon, au moins c'est joli.

Le niveau remonte un peu avec les deux Annuals qui concluent l'album. Panini avait choisi de les publier dans ce tome, sans doute pour qu'il ne soit pas trop maigre (pour une fois). L'histoire fait suite à l'épisode 17 de Uncanny X-Men quand Magik avait laissé les recrues de l'équipe se débrouiller seules dans un environnement hostile, en fait situé dans le Montana. Pour rappel, suite à cet épisode, Hijack se faisait renvoyer par Cyclope car il avait utilisé un téléphone portable pour se repérer et avait ainsi permis au SHIELD de le localiser.

Eva Bell, elle, disparaissait et resurgissait mystérieusement dans cet épisode, jurant aller bien (alors que ses vêtements étaient en lambeaux et que les Stepford Cuckoos avaient lu ses pensées et y avaient découvert ce qu'elle venait de traverser). Par la suite, Bendis, à plusieurs reprises, jouait sur ce mystère car les cadres des Uncanny X-Men, en particulier Cyclope, se doutait de quelque chose. Mais Eva refusait de raconter quoi que ce soit.

Ces deux Annuals lèvent le voile sur l'aventure de Tempus et... Ben, en fait, c'est très décevant. Elle remonte le temps, va dans le passé, le futur, rencontre divers personnages avec lesquels elle interagit fugacement (Rawhide Kid, Killraven, Morgana le Fay) et s'en remet à deux sorciers suprêmes différents (Magik et Tony Stark) pour comprendre que non seulement elle peut voyager dans le temps mais également dans le Multivers. Ah, et aussi on lui répéte que le Fauve (moderne) doit être jugé pour ses actes.

Visiblement, la jeune fille n'a guère retenu la leçon puisque, dans le tome 5 de Uncanny X-Men, elle se fichera pas de créer un bazar avec le temps en allant chercher le jeune Charles Xavier pour effacer l'existence de Matthew Malloy. Et ça ne l'empêchera pas non plus de faire la leçon à Cyclope au prétexte que sa révolution divise la mutanité.

Là encore, on s'interroge sur le propos tenu par Bendis, la démonstration qu'il entend faire dans cette aventure. Eva Bell est une mutante puissante et influente, mais complètement irresponsable et qui mériterait autant d'être jugée que Hank McCoy. Ses rencontres avec des personnages divers apparaissent comme des gadgets (un moyen pour Bendis, souvent accusé de se moquer de la continuité de prouver qu'il connait quand même ses classiques ?). Quand le Multivers, cette invention diabolique, s'en mêle, ça vire au grand fourre-tout au lieu de creuser des pistes intéressantes au milieu de ce zapping infernal (comme Magik qui devient la sorcière suprême).

Les dessins sont l'oeuvre d'Andrea Sorrentino (avec lequel Bendis collaborera ensuite sur une série Old Man Logan, post-Secret Wars). Ceux qui aiment avoir les yeux qui piquent avec les couleurs saturées de Marcelo Maiolo et des découpages alambiqués jusqu'à la caricature (n'est pas J.H. Williams III qui veut) seront comblés par ces planches souvent grotesques au lieu d'être sophistiquées. Les autres tourneront vite les pages en priant pour que ce calvaire cesse.

Le pire dans tout ça, c'est qu'une fois ce tome achevé, on se rendra compte en enchaînant avec le dernier de Uncanny X-Men que c'était une lecture inutile, superflu. Et un des pires machins qu'ait pondu Bendis.

ALL-NEW X-MEN, TOME 7 : L'AVENTURE ULTIME, de Brian Michael Bendis et Mahmud Asrar


Je vais enchaîner les critiques des tomes 7 et 8 de All-New X-Man car la fun du run de Brian Michael Bendis se trouve dans les pages de Uncanny X-Men. Commençons donc par le septième album de All-New X-Men au titre accrocheur mais un peu exagéré : L'Aventure Ultime, autrement dit en anglais The Ultimate Adventure. Vous avez deviné que Bendis, en compagnie de Mahmud Asrar, a décidé d'organiser une rencontre en ses héros et ceux de l'univers Ultimate qui vivait ses dernières heures alors.


Les jeunes X-Men (Marvel Girl, le Fauve, Iceberg, Angel et X-23) partent pour Austin où a été détecté un mutant. Il s'agit de Carmen Cruise, une lycéenne qui est capable d'ouvrir des portails inter-dimensionnels mais qui ne maîtrise pas son pouvoir. Affolée, elle expédie les jeunes X-Men ailleurs, dans l'univers Ultimate, sur la Terre 1610...


Séparée de ses amis, Jean Grey est découverte par Spider-Man (Miles Morales) qui accepte de lui ouvrir son esprit. Elle comprend alors qu'elle a changé de Terre et lui qu'elle connaît Peter Parker (qu'il a déjà croisé à deux reprises). Iceberg, lui, fait face à l'Homme-Taupe et ses moloïdes, Angel atterrit en Terre Sauvage où il fait la connaissance de Jimmy Hudson/Wolverine, X-23 surgit dans un stade de foot où elle est prise à parti par la foule. Quant au Fauve, il est capturé par le Dr. Fatalis en Latvérie.


Iceberg réussit à échapper à l'Homme-Taupe mais se fait ensuite arrêter par la police. X-23 trouve refuge dans une base désaffectée de l'Arme X où se trouvent également Jimmy Hudson et Angel. Drogué, le Fauve raconte tout ce qu'il sait à Fatalis. Et Jean Grey est conduite par Miles Morales à Westchester à l'école Charles Xavier où ils sont accueillis froidement par les Ultimate X-Men.


Une fois qu'ils leur ont expliqué la situation, Jean a accès à Cerebro pour localiser ses amis. Iceberg réussit à échapper aux policiers qui l'ont appréhendé. A la base de l'Arme X, Jimmy Hudson raconte à X-23 et Angel l'histoire tragique des mutants sur cette Terre.


Les Ultimate X-Men, Miles Morales et Jean Grey rejoignent Jimmy Hudson, X-23 et Angel après avoir récupéré Iceberg. Puis ils s'envolent à bord du Blackbird pour la Latvérie où le Fauve, sous l'emprise de Fatalis, commence à construire un portail interdimensionnel. Mais la machine est détruite par l'arrivée des mutants.


Fatalis vaincu, les mutants retrouvent la Carmen Cruise de cet univers et lui apprennent à se servir de son pouvoir pour rentrer sur la Terre 616. Une fois revenus à l'école Jean Grey, Carmen y est admise tandis que Jean réfléchit au moyen de rendre leur monde meilleur que la Terre 1610 dans le futur.

Quand débute la parution de ce pénultième arc de All-New X-Men, Marvel a sans doute déjà décidé du sort de l'univers Ultimate et donc Brian Michael Bendis sait qu'il est condamné. Il obtiendra que Miles Morales en soit un des rescapés au terme de l'event Secret Wars écrit par Jonathan Hickman en 2015, mais avant cela, il profite du temps qu'il reste pour organiser la rencontre entre ses héros.

Bendis a toujours eu plusieurs plats sur le feu, c'est un scénariste alors très productif, qui a largement contribué à alimenter les franchises que Marvel lui a confié depuis le début des années 2000, aussi bien dans l'univers classique que dans l'univers Ultimate qu'il a d'ailleurs bâti avec Mark Millar.

Cette productivité en fera un auteur clivant car ses détracteurs lui reprocheront d'être partout, sur trop de titres. C'est évidemment moins simple mais pas totalement faux : Bendis a quasiment monopolisé les Avengers en multipliant les titres et son éditeur a développé la marque en s'appuyant sur le succès des personnages sur grand écran. Rarement Bendis s'est contenté d'écrire une seule série à la fois et Marvel l'a compris en s'appuyant sur son imagination fertile, son fort rendement et l'accueil favorable des lecteurs.

Car, c'est bien là la singularité de Bendis : sans faire l'unanimité, il a quand même été un scénariste au succès insolent sur de nombreuses années et sur plusieurs titres très différents. Si on veut être franc, c'est plutôt les fans les plus bruyants sur els réseaux sociaux, les forums, qui n'aimaient pas Bendis, car dans les faits et les chiffres, sa fan base répondait souvent présent, garantissant à Marvel de bons tirages de ses séries.

Donc, la rencontre entre All-New X-Men et l'univers Ultimate était couru d'avance. Elle accouche d'une histoire sympathique mais paresseuse. Comme si Bendis n'avait pas trouvé l'idée forte qui aurait justifié ce crossover. Comme à son habitude, il place Jean Grey au centre de tout, alors qu'en vérité le Fauve tient un rôle déterminant aussi. Il convoque Miles Morales, qu'il a co-créé avec Sara Pichelli, mais aussi les Ultimate X-Men (qui restaient), mais pas les Ultimates (ils n'auraient servi à rien et pour une fois, le scénariste a su résister à la tentation de surpeupler une intrigue).

Après, il faut bien reconnaitre que le prétexte à la visite des All-New X-Men sur la Terre 1610 est vraiment très faible et grossier. Cette mutante qui créé des portails entre les dimensions est vraiment un gadget bien pratique et elle ne sert qu'à ça. A la fin de cette aventure ultime, elle sera admise à l'école Jean Grey mais en vérité elle finira aux oubliettes puisqu'on ne l'a plus jamais revue. Les rebondissements sont eux aussi accessoires comme le fait de séparer les All-New X-Men (qui n'est qu'une manière très voyante de justifier que cet arc compte autant d'episodes) ou de faire tomber ce pauvre Fauve directement dans les pattes de Fatalis (vraiment pas de pot).

La série doit aussi composer avec le départ de Stuart Immonen et on imagine alors l'editor de la série s'arracher les cheveux pour trouver un remplaçant aussi solide, capable de tenir les délais et de produire des planches d'un niveau similaire. Jusqu'à se rappeler que quelque temps auparavant Mahmud Asrar avait dépanné avec conviction.

Asrar, paradoxalement, n'a pas encore atteint sa maturité stylistique mais ses planches ont une fraîcheur, une spontanéité, une énergie qu'elles me semblent avoir perdu depuis. Son trait est plus brut, plus anguleux, mais son découpage a un dynamisme assez irrésistible. On sent qu'il a la niaque, envie d'épater Marvel, de prouver qu'il peut assurer sur une grosse série écrite par une star maison. Et ça fonctionne. 

C'est certes un cran en dessous de Immonen (mais qui ne le serait pas ?), toutefois c'est une solution de remplacement très valable, sans doute la meilleure compte tenu des circonstances (et compte tenu des exigences du poste : déjà à cette époque, il n'y avait pas des tas de dessinateurs capables d'animer un team book en n'étant pas à la bourre et en étant de bonne qualité).

Sympa, mais un peu trop facile. Ce que confirmera le tome suivant, le dernier du run de Bendis sur le titre, à bout de souffle.

mardi 31 octobre 2023

ALL-NEW X-MEN, TOME 4 : DEMENAGEMENT, de Brian Michael Bendis, Stuart Immonen, Brandon Peterson, Mahmud Asrar et Brent Anderson

 

Comme je vous l'ai annoncé, cette rétrospective sur les X-Men par Brian Michael Bendis va alterner les critiques des tomes de All-New X-Men et Uncanny X-Men après X-Men : Battle of the Atom. Et donc me voilà, neuf ans après, à reprendre mes analyses sur All-New X-Men avec ce tome 4 intitulé Déménagement (All-Different en vo) où le scénariste doit traiter des conséquences du crossover en compagnie de Stuart Immonen (pour l'épisode 18), Brandon Peterson (pour l'épisode 19), Mahmud Asrar (qui vient aider Peterson sur l'épisode 20) et Brent Anderson (qui signe les premières pages de l'épisode 21).

Pour être complet : ce tome 3 comprend aussi un épisode anniversaire intitulé X-Men Gold, mais qui n'a aucun rapport avec l'histoire en cours et que j'ai choisi de zapper par conséquent.

Et comme pour le crossover, j'ai choisi pour le confort de lecture d'appeler les X-Men du passé (Young Cyclops, Marvel Girl, Young Iceberg, Young Beast, Young Angel) transportés par le Fauve les O5 (pour Original Five) quand je les désigne en tant que groupe.



Magik téléporte Kitty Pryde et les O5 au QG des Uncanny X-Men dans l'ancien base de l'Arme X. Angel retrouve ses amis avec joie puis tous s'installent dans leurs quartiers de la nouvelle école Charles Xavier. Le Fauve est plutôt mal à l'aise à l'idée de cohabiter avec Magneto tandis que Iceberg tombe de fatigue et que le jeune Cyclope cherche ses marques. Marvel Girl en revanche doit subir le mauvais accueil des Stepford Cuckoos qui la considèrent comme l'ennemie de Emma Frost. Magik dote les O de nouvelles tenues. 


Une alerte Cerebro conduit Magik, Kitty et les O5 en Floride où ils viennent au secours d'une jeune mutante pourchassée par les Purificateurs, un groupe anti-mutant lourdement armé. Pendant que l'équipe les corrige, Kitty poursuit la jeune mutante et l'identifie...


... Il s'agit de Laura Kinney/X-23, la clone de Wolverine. Mais elle refuse de rester à la base des Uncanny X-Men. Le jeune Cyclope l'apaise et elle accepte de mener l'équipe jusqu'au repaire des Purificateurs où elle a été torturée et dont elle venait de s'échapper et dont elle venait de s'échapper.


Quelques années auparavant, le révérend William Stryker confie son fils à l'A.I.M. pour que les scientifiques en fassent une arme vivante contre les mutants. Aujourd'hui, grâce à ses pouvoirs, il capture les O5. Mais ceux-ci réussissent à se libérer et à le vaincre après qu'il ait fourni à Monica Rappaccini de l'AIM des échantillons de leurs ADN.

Bon, on ne va se voiler la face : ce n'est pas bon. Non seulement il y a peu à lire (quatre malheureux épisodes) mais Brian Michael Bendis n'a surtout pas grand-chose à raconter. Tout est ici prétexte à ajouter un membre au groupe d'élèves sous la responsabilité de Kitty Pryde.

Sans surprise, l'épisode 18 qui ouvre ce tome 4 est le meilleur du lot. D'abord parce qu'il est dessiné par Stuart Immonen. L'artiste canadien est alors en pleine forme, il enchaîne les épisodes à une vitesse folle (la série est quasiment bimensuelle) et il anime les personnages avec un talent indiscutable. On peut discuter du bon goût des designs des nouveaux costumes dont il affuble les O5 qui ne sont pas son meilleur travail mais en même temps Bendis justifie cette séance de relooking de manière amusante.

Immonen et Bendis s'entendent très bien, le génie du premier complétant à merveille la sensibilité du second. En une succession de scènes courtes, on peut apprécier la justesse avec laquelle les relations entre les nouveaux arrivants et les mutants déjà présents au sein des Uncanny X-Men sont exploitées.

Le Fauve est visiblement mal à l'aise car il doit cohabiter avec Magneto qu'il a toujours eu comme ennemi et dont il peine à comprendre comment Scott Summers peut être devenu son allié. On remarquera lors de cette scène que sur les écrans de contrôle apparaît Dazzler quand elle exerçait son métier de chanteuse : le clin d'oeil est subtil quand on sait que Mystique a usurpé l'identité de Alison Blaire au sein du SHIELD.

Iceberg est conduit dans sa chambre par Eva Bell/Tempus et ne peut s'empêcher de confier les émotions fortes qu'il a vécues récemment... Avant de s'apercevoir que la jeune femme n'est plus dans la pièce. Et puis surtout il y ce formidable échange entre la jeune Jean Grey et les Stepford Cuckoos, en particulier Celeste, qui ne cache pas à quel point elle déteste Marvel Girl car elle a failli tuer Emma Frost. Le décalage entre le vécu de Celeste et ses "soeurs" et celui de Jean aboutit à un moment qui révèle le malaise incarné par ces mutants venus du passé pour tenter d'empêcher une catastrophe et dont personne ne sait quoi faire désormais.

Il y a un autre joli moment entre Magik et Kitty à l'occasion duquel les deux amies se confient sur ce qui les a éloignées l'une de l'autre et le plaisir de se retrouver. Immonen réussit impeccablement à montrer la maladresse qui s'empare de Magik quand elle veut étreindre Kitty qui, surprise, "phase" et qui donc provoque la chute d'Ilyana. C'est quelque chose qui paraît tout bête à représenter mais qui est en vérité très délicat à dessiner correctement.

Le reste est, autant narrativement que graphiquement, beaucoup moins heureux. D'abord en trois épisodes, on voit Brandon Peterson incapable d'enchaîner. Il est aidé par Mahmud Asrar (qui ne se doutait pas qu'il remplacerait Immonen deux arcs plus loin) puis Brent Anderson signe les premières pages du dernier numéro de ce tome.

Le souci, c'est que le style de Peterson n'est pas très plaisant à l'oeil avec un trait saturé de lignes inutiles, des corps et des visages improbables. Asrar est encore loin d'afficher un niveau correct et surtout on voit bien qu'il a été appelé en catastrophe pour dépanner et donc ses planches sont honnêtes mais un peu "rushés". 

En ce qui concerne Brent Anderson, il s'agit plus d'un clin d'oeil que d'un vrai fill-in : il ne réalise que peu de pages et Bendis a dû vouloir qu'il les dessine car il fait référence au graphic novel God Loves, Man Kills (Dieu aime, l'homme détruit en vf), un classique écrit dans les années 80 par Chris Claremont, qui posait un regard très cru, dur et adulte sur les mutants.

Mais Bendis se montre particulièrement gauche pour ce renvoi. Tout ce petit arc a du mal à convaincre, et en tout cas rien ne justifie qu'il y consacre trois épisodes entiers. Tout ça n'est qu'un prétexte pour introduire X-23, le clone de Wolverine, et en faire un membre des All-New X-Men. Pourquoi pas ? Mais pas comme ça. D'autant qu'on n'entendra plus parler ensuite de l'implication de l'AIM, des ADN prélevés sur les O5 par le fils Stryker.

Heureusement, par la suite, Bendis prouvera qu'il n'a pas intégré X-23 pour rien. Le personnage apportera une dynamique intéressante à la série et le scénariste en jouera sur plusieurs plans. D'ailleurs, l'arc suivant chamboulera la série de manière conséquente. Mais ça, ce sera pour une prochaine critique... Stay tuned !

jeudi 10 août 2023

SUPERMAN ANNUAL 2023, de Joshua Williamson, Mahmud Asrar, Edwin Galmon, Caitlin Yarsky, Max Raynor et Jack Herbert


C'est un généreux Annual d'une quarantaine de pages que Joshua Williamson a écrit. Et en ligne de mire, le scénariste annonce un event concernant Superman pour 2024. Entouré de pas moins de cinq artistes, il centre davantage son récit sur Lois Lane qui veut découvrir les secrets de Metropolis à la lumière des situations traversées par Superman récemment.


Ainsi, alors que Superman affronte Toyman, Lois Lane, pour apporter un regard neuf aux reportages du "Daily Planet", décide de confier à des journalistes des sujets qui ne sont pas leur spécialité habituelle. De la visite des locaux de SuperCorp à celle de la prison de Ryker's Island en passant par une patrouille avec le nouveau chef de la police... Sans oublier les nouvelles manigances du Dr. Pharma et de Mr. Graft.


Signe indéniable que la méthode Joshua Williamson fonctionne sur Superman, DC va centrer un event l'an prochain autour du kryptonien, ce qui n'a pas dû arriver depuis un bail. Pour le scénariste, ce sera une saga de plus, puisque, l'an dernier, il était aux commandes de Dark Crisis et cet été il pilote Knights Terror.


Dans la série Superman qu'il anime depuis le Printemps, Joshua Williamson s'est aligné sur le statu quo post-Dark Crisis qui veut montrer une image positive des héros. Superman y a scelle une alliance inattendue avec Lex Luthor qui a mis à sa disposition ses immenses moyens bien qu'il soit en prison.
 

Evidemment, ce deal a son revers : Lex a, grâce au sacrifice du magicien Manchester Black, effacé du souvenir de la population que Superman était Clark Kent. Seuls ses proches s'en souviennent, ceux qui se risqueraient à faire des recherches à ce sujet pourraient mourir.
 

Mais dans l'ombre deux nouveaux méchants conspirent pour reprendre le contrôle de Metropolis : Dr. Pharma  et Mr. Graft ont affronté Lex quand il est arrivé en ville et qu'il en était l'unique justicier. Par ailleurs une mystérieuse nouvelle protectrice est apparue en la personne de Marilyn Moonlight, sans que nul ne sache si elle soutient Superman.

Lois Lane est piquée au vif par tous ces événements. Désormais rédactrice en chef du "Daily Planet", en l'absence de Perry White, elle va entreprendre une enquête. Mais ce jour-là, alors que Toyman affronte Superman, elle doit d'abord envoyer ses reporters sur le terrain et attribue à chacun d'eux une mission sans rapport avec sa spécialité, afin de trouver des angles neufs. Elle-même va retourner sur le terrain.

Joshua Williamson découpe donc cet Annual en plusieurs segments correspondant aux reportages des journalistes du "Daily Planet". On visite les locaux de SuperCorp en compagnie de Jimmy Olsen et Lisa Lombard pour découvrir que Parasite y a trouvé un emploi. On suit Cat Grant dans la voiture de patrouille du chef Kekoa, nouvellement promu à la tête de la police, et elle en profite pour décrocher une interview de Marilyn Moonlight qui arrête deux braqueurs. 

Lois Lane va interroger Livewire mais Red Cloud tente de s'échapper au même moment. Ce passage fait plaisir à ceux qui, comme moi, avaient apprécié le run de Brian Michael Bendis sur Superman et Action Comics puisqu'elle était une de ses (meilleures) créations.

Mais le plus intéressant se trouve dans le dernier tiers de l'Annual. Superman découvre que les marionnettes de Toyman n'étaient pas sous le contrôle de Winslow Schott mais de Dr. Pharma et Mr. Graft, toujours à l'attaquer indirectement. Et ces deux-là détiennent Lobo dont le sang et le facteur régénérant les intriguent.

Mieux encore : Lois qui a envoyé deux de ses reporters fouiller les archives du journal découvre avec Clark Kent des secrets liant Perry White et Lex Luthor. Et On aperçoit même un vilain bien connu du Man of Steel dans les toutes dernières pages...

Pour ceux qui doutaient encore que Williamson avait un plan bien tracé pour Superman, après avoir lu cet Annual, on mesure à quel point le scénariste sait où il va. Malgré les révélations distribuées ici, il reste encore pas mal d'éléments à creuser. D'une certaine manière, Williamson explore Metropolis et ses figures emblématiques, anciennes et nouvelles, à la manière d'un Scott Snyder quand il était le pilote de Batman (durant les New 52). Toutefois ici, pas de Cour des Hiboux, mais quelque chose qui me paraît plus fluide et diversifié. Et une question : et si Superman/Clark Kent cachait aussi des choses, combien de temps avant qu'une investigatrice chevronnée comme Lois Lane ne le découvre ?

Visuellement, alors que les cinq artistes convoqués oeuvrent dans des styles très différents, ce qui fait la qualité de l'ouvrage, c'est la répartition des pages que chacun a illustrées. Mahmud Asrar ouvre et ferme la marche et il faut bien reconnaître qu'on l'a connu meilleur. Depuis son arrivée chez DC, le dessinateur turc ne fait pas vraiment d'étincelles, à l'image de la couverture, comme s'il avait du mal à s'approprier ces personnages et leur univers.

Le segment signé Edwin Galmon n'est guère plus concluant : je ne suis pas très fans de ce dessin numérisé à l'extrême. En revanche, les pages suivantes par Caitlin Yarsky sont superbes, notamment cette double page qui montre un plan en coupe de SuperCorp très détaillé.

Max Raynor est également très bon pour la scène à Ryker's Island et le combat qu'il met en scène entre Livewire et Red Cloud a une belle énergie. Jack Herbert lui succède pour le morceau incluant Marilyn Moonlight, dans une veine très réaliste : si donner le visage de Christopher Reeve à Superman est un clin d'oeil dont je me serai passé (n'étant pas fan de ce procédé qui consiste à donner des visages d'acteurs ou de vedettes à des héros de papier), Marilyn Moonlight possède toujours ce design magnifique créé par Jamal Campbell.

Ce serait une erreur de passer à côté de cet Annual, même s'il paraît un peu au mauvais moment, après le cliffhanger choc de Superman #5. 2023 a été jusque-là une très bonne année pour le kryptonien et 2024 promet aussi énormément.

vendredi 3 mars 2023

BATMAN VS. ROBIN #5, de Mark Waid et Mahmud Asrar


En même temps que l'épilogue de l'event Lazarus Planet, voici la fin de la mini-série par laquelle tout a débuté : Batman vs. Robin. Mark Waid conclut son intrigue avec une indéniable efficacité et surtout la volonté très louable de ne pas oublier ceux qui ont séché l'event. Mahmud Asrar est bien le seul à dessiner ce dernier chapître (même si Scott Godlewski est cité sur la couverture mais absent des pages intérieures).


Comme d'habitude, je vais tâcher de ne rien spoiler sur ce dénouement. Mais pour commencer, il faut préciser que ceux qui n'ont pa suivi les one-shots composant Lazarus Planet ne sont pas oubliés par Mark Waid : en effet, les premières pages de Batman vs. Robin #5 résument ce qui s'est passé depuis le quatrième numéro, et ce, de manière claire et rapide.


Donc, en gros, après la fuite en catastrophe de l'île de Lazare, Batman est entre la vie et la mort tandis que le diable Nezha et son père King Fire Bull règlent leurs comptes dans une bataille apocalyptique. Le casque du Doctor Fate tombé en morceaux dans le puits de Lazare a provoqué une tempête magique qui gagne le monde entier et perturbe les pouvoirs de beaucoup de monde. Les magiciens sont emprisonnés dans la Tour de Fate. Les derniers héros debouts tentent de maîtriser Nezha et d'autres de neutraliser King Fire Bull.


Finalement, Black Alice va se sacrifier pour rendre leurs pouvoirs aux magiciens, seuls capables de contenir King Fire Bull. Mais Nezha, affaibli, s'empare alors du corps de Batman et piège Robin (Damian Wayne) pour prendre le contrôle de la Terre...


Mark Waid nous entraîne alors dans une course-poursuite folle : le rythme est très soutenu et les péripéties se succèdent sans temps mort. Il faut à la fois en découdre avec Nezha et tenter de sauver Batman. Mais ce dernier peut-il encore survivre, sachant qu'avant qjue Nezha investisse son corps, il était à l'article de la mort ?


Pour Robin, le dilemme est particulièrement cruel puisqu'il a été le premier à être possédé par Nezha et à avoir attiré son père sur l'île de Lazare pour le tuer, alors que, désormais, il tente de le sauver sans grand espoir. Et pour cela il doit encore une fois le maîtriser. Malgré sa formation au sein de la Ligue des Assassins, des renforts de poids, Damian peut-il supplanter son père au moment où son corps sert d'hôte au diable Nezha ?

Depuis que Grant Morrison a introduit dans la continuité Damian Wayne, celui-ci a toujours été dépeint comme un sale gosse, déchiré entre l'héritage familial maternel (Talia Al Ghul) et celui de son père (Batman). Autrement dit, il est le fils d'une terroriste et d'un justicier. Et Damian a toujours été borderline : un gamin violent et attachant à la fois, capable du pire comme du meilleur.

Au début de Batman vs. Robin, sous l'emprise de Nezha, il veut tuer le père, à la fois symboliquement, suivant la théorie freudienne, et réellement, sous l'influence du diable. A la fin, la situation est inversée : délivré de cette influence maléfique, ayant pris la direction des opérations durant l'event Lazarus Planet, il veut sauver son père, désormais sous la coupe du diable.

On pourrait presque résumer l'entreprise de Mark Waid comme une tentative de trancher définitivement le cas Damian Wayne. Est-il le fils du démon ? Ou celui d'un héros ? C'est un problème épineux car on poeut penser que l'intérêt du personnage se situe précisèmenet dans cette ambiguïté morale, un peu comme Emma Frost chez les X-Men (attachée sincèrement à ses "enfants" et en même temps redoutable manipulatrice).

Mais la différence avec Damian par rapport à Emma Frost, c'est qu'il reste un ado, un personnage en devenir. Même si le temps s'écoule lentement dans les comics (au risque parfois de se figer), continuer à écrire Damian Wayne comme un ado susceptible de tuer tout en étant le fils d'un super-héros pour qui c'est une limite à ne pas franchir, n'est-ce pas davantage figer le personnage que le temps de ses aventures ?

Mark Waid a voulu ostensiblement arrêter d'entretenir ce flou moral et en quelque sorte redéfinir Damian en le réhabilitant, en en faisant le digne fils de Batman, et pas une sorte de néo-Batman matiné de Punisher, celui de Batman #666 de Grant Morrison dans lequel il avait succédé à son père en faisant règner la terreur sur Gotham.

Tout ce dernier épisode aspire à cela et on reconnaît bien là la démarche positiviste du scénariste qui préfère les héros attirés par la lumière qu'aspirés par les ténèbres. Il ne s'agit toutefois aps d'édulcorer Damian, mais de le caractériser en l'actualisant, en ne le figeant pas dans ce rôle de sale gosse violent. Là encore, c'est typique de Waid qui n'aime rien tant que prouver que les personnages de comics ne sont intéressants que si on les montre en train d'évoluer au cours d'un run, être différent à la fin de ce qu'ils étaient au début. Damian est apparu dans les pages de la série Batman en 2006, il y a donc 17 ans, il est tant qu'il change - qu'il grandisse, serait-on tenté de dire.

La conclusion est optimiste et même émouvante. Elle fera ricaner les cyniques qui estimeront la solution trouvée par Waid naïve. Mais elle plaira à ceux qui sont fatigués des héros torturés, en qui les civils n'ont plus confiance. Les cyniques se réclament souvent de Watchmen en croyant que Alan Moore a voulu faire entrer les super-héros dans un âge adulte qui serait forcément lugubre et tragique : ceux-là n'ont jamais compris que Watchmen, pour Moore, n'était pas l'oméga des comics, mais seulement une version possible, parce que l'auteur, par ailleurs, a prouvé q'il aimait tout autant l'autre versant, plus lumineux, avec Tom Strong et Top 10. Waid, aussi, a écrit un chef d'oeuvre noir avec Kingdom Come, mais le réduire à cela, ce serait oublier ses runs sur Fantastic Four et Daredevil.

Mahmud Asrar a eu du mal à se faire au format de cette mini-série avec ses épisodes de cinquante pages. C'est étonnant de la part d'un artiste rarement pris en défaut pour tenir les délais et qui a eu besoin de l'aide de Scott Godlewski pour la moitié de Batman vs. Robin. Mais il s'est ressaisi pour cette conclusion.

A mes yeux, néanmoins, Asrar n'aura pas donné le meilleur de lui-même sur ce projet. Je ne mets pas en doute ses compétences ou sa motivation, mais il ne m'a jamais paru en mesure de produire quelque chose qui, graphiquement, aura pu faire penser qu'il avait de quoi marquer son empreinte sur ces personnages et cette histoire.

Le résultat, c'est qu'on a un produit fini très efficace, car Asrar est désomais un artiste aguerri, très professionnel, techniquement solide, mais sans vision spéciale vis-à-vis de Batman et peut-être même de l'univers DC. J'attendais plus, peut-être trop, car j'aime beaucoup ce dessinateur, mais je suis resté sur ma faim.

Pour ce dernier chapitre, on tient un beau résumé de ce que Asrar dait bien faire : les scènes d'action, nombreuses, sont excellentes, avec des compositions parfaites, un découpage impeccable, une bonne tenue du casting. Mais jamais, absolument jamais on ne lit ses planches en se disant : il apporte quelque chose de neuf, de percutant, d'unique.

Il sera intéressant de voir ce qu'il va faire ensuite, sachant qu'il a communiqué sur ses réseaux sociaux que 2023 lui ouvrait de nouvelles opportunités très intéressantes, mais en se souvenant aussi qu'avant de signer pour Batman vs. Robin, il avouait que sa meilleure expérience avait été ses deux runs sur Conan avec Jason Aaron. Asrar serait-il, toutes proportions gardées, comme John Buscema, un dessinateur qui préfère finalement autre chose que les super-héros mais consent à en illustrer pour ne pas se fermer des portes ?

Batman vs. Robin restera malgré tout comme une lecture satisfaisante, même s'il ne faut pas trop lui en demander. A voir comment Urban Comics proposera cette histoire car l'éditeur aime (hélas !) souvent publier tout sans distinction (comme actuellement avec Dark Crisis, proposé en deux tomes où la saga centrale est accompagnée de tous ses tie-in, généralement très dispensables).

jeudi 22 décembre 2022

BATMAN VS. ROBIN #4, de Mark Waid, Mahmud Asrar et Scott Godlewski


Prévu pour être son dernier épisode, la mini-série Batman Vs. Robin s'est transformée en prologue king-size pour l'event Lazarus Planet, qui sera également écrit par Mark Waid (avec la complicité de Gene Luen Yang). Il ne s'agit donc pas du dénouement de cette histoire et cela peut être friustrant. Au dessin, Mahmud Asrar se partage le boulot avec Scott Godlewski une fois encore.


Epuisé et blessé après avoir affronté Red Robin, Red Hood, Spoiler et Nightwing, Batman doit encore se battre contre son propre fils, Damian, sous les yeux de Nezha et Mother Soul.


Nezha en profite pour s'emparer du casque du Dr. Fate mais au moment de le coiffer, Talia Al Ghul, préalablement libérée par Batman, l'en empêche. Batman récupère le casque et le met sur son crâne.


Batman libère de l'emprise de Nezha tous ceux qui sont sur l'île puis affronte le démon. Mother Soul tente de s'échapper mais Talia la pousse au fond d'un puits sans que Damian ne puisse l'empêcher.


Nezah prend l'ascendant sur Batman, qui maîtrise mal la magie de Fate. Mais en voulant récupérer le casque de ce dernier, le démon le brise et les morceaux tombent dans le puits de Lazare.


Zhu Bajie et Black Alice ordonnent à Batman, Damian et Talia d'évacuer l'île de Lazare car le casque de Fate plongé dans le puits provoque une éruption volcanique...

Dès le mois prochain donc débutera l'event Lazarus Planet dont voici la checklist :


Ce récit qui engage plusieurs séries se concluera en Février, peu après la parution de Batman Vs. Robin #5. Après quelque hésistation, j'ai décidé de zapper cet event qui m'obligeait à acheter des épisodes de séries que je ne suis pas/plus et dont le ressort dramatique ne m'intéresse guère. De ce que j'en ai compris, il s'agira de montrer les conséquences de l'éruption volcanique sur l'île de Lazare à laquelle on assiste à la fin de ce quatrième numéro de Batman Vs. Robin et qui va toucher plusieurs personnages à cause du mélange produit par la destruction du casque du Dr. Fate et du liquide résineux du puits de Lazare.

Il faut dire que je n'avais pas "signé" pour ça au départ, croyant, comme DC l'avait vendu, que Batman Vs. Robin serait une mini-série auto-contenue, découlant de sévénements relatés dans le premier arc de Batman - Superman : World's Finest par Mark Waid et Dan Mora. Ou peut-être ai-je mal lu ? 

Si Mark Waid a, visiblement, développé son intrigue pour aboutir à un event, qu'il co-signera avec Gene Luen Yang (scénariste de la série Prince Monkey, un personnage qui semble avoir un rôle majeur dans Lazarus Planet), je regrette quand même que cela ait pris de telles proportions.

Mais surtout, ne nous voilons pas la face, Batman Vs. Robin n'a pas pas tenu ses promesses. Le postulat initial, l'affrontement entre Bruce Wayne et son fils qui est sous l'emprise du démon Nezah qu'il a libéré de sa prison, s'est avéré décevant. La format de la mini-série, avec ses épisodes de 50 pages, manque de concision et de punch, comme si Waid avait mésestimé la longueur de son histoire.

L'idée de faire revenir Nezha était programmé dès la fin du premier arc de World's Finest et comme c'est un méchant qui ne manque pas de charisme ni de dangerosité, pourquoi pas ? Mais le récit engage Batman dans une aventure pleine de magie où il paraît en constant décalage et où Nezha domine trop facilement tous les magiciens expérimentés du DCU. Comment croire par exemple que la Justice League Dark ait été aussi rapidement neutralisée ?

Quand au duel entre Bruce et Damian, il n'aura pas eu vraiment lieu avant ce quatrième épisode. Et même là, il lui manque cette intensité nécessaire pour nous faire vibrer. Même épuisé et blessé par ces combats précédents contre Red Robin, Spoiler, Red Hood et Nightwing, on a du mal à croire que Batman soit aussi malmené par son rejeton, certes très bien entraîné. Le renfort de Talia Al Ghul est également trop providentiel. Quant à l'autre méchante de l'affaire, la grand-mère Al Ghul, Mother Soul, elle peine à exister dans tout ça (sauf pour ceux qui ont fait sa connaissance dans la série Robin de Joshua Williamson, Gleb Melnikov et Riger Cruz).

C'est tout le souci de cette histoire qui se veut ambitieuse mais qui sert surtout de rampe de lancement à la vraie saga, au plat de résistance que constituera Lazarus Planet. Or, ça fait un moment que DC promet un event magique (déjà suggéré lors du run de James Tynion IV et Alvaro Martinez sur Justice League Dark) sans qu'on ait rien vu arriver. Et maintenant que le voilà, il fait "pschiit !". On voit bien qu'à force de mettre Batman partout, des limites apparaissent et c'est le cas ici.

L'autre déception de Batman Vs. Robin concerne sa partie graphique. Quand j'ai su que Mahmud Asrar arrivait pour s'associer à Mark Waid, j'étaix excité. Mais Asrar a failli : sa version de Batman n'apporte rien au personnage, comme si le dessinateur turc était trop impressionné par l'icone. Certes, ses pages conservent une belle efficacité, mais loin de ce qu'il a produit de meilleur. Er la coloriste Jordie Bellaire n'a pas semblé plus inspirée.

Plus étonnant, Asrar, qui est un modèle de régularité, paraît avoir lui aussi sous-estimé le format du projet dans la mesure où il lui a fallu du renfort pour compléter les deux derniers épisodes. DC a sollicité Scott Godlewski, qui n'est pas un manche, mais dont le trait s'est considérablement trop lissé depuis ses débuts si prometteurs (sur la série Copperhead de Jay Faerber). Aujourd'hui, Godlewski est loin de Sean Murphy à qui il faisait un peu penser.

Si pour le troisième numéro, Asrar assurait la majorité des dessins, cette fois, sans compter précisément, il ne doit plus réaliser que la moitié des cinquante planches de l'épisode. Plus surprenant : il a laissé les meilleurs morceaux à Godlewski, c'est-à-dire les bastons. On a le sentiment très net que Asrar s'est désintéressé de l'ensemble - à moins que sa baisse de régime n'ait été causé par des causes extérieures (maladie temporaire ?). Je ne veux pas l'accabler mais c'est tout de même très frustrant parce qu'on n'a pas autant d'Asrar que promis.

Je lirai et rédigerai une critique de Batman Vs. Robin #5 quand il sortira en Février prochain, en espérant ne pas être trop largué par ce qui se sera passé entre temps dans Lazarus Planet (mais je fais confiance à Waid). Néanmoins, je doute que, quelle que soit la fin, elle sauve les meubles.