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vendredi 11 août 2023

GUARDIANS OF THE GALAXY #5, de Jackson Lanzing & Collin Kelly et Kev Walker / THE AVENGERS #4, de Jed MacKay et C.F. Villa

 Aujourd'hui, on va changer de méthode à l'occasion des sorties la même semaine des épisodes de Guardians of the Galaxy et de The Avengers, respectivement écrits et dessinés par Jackson Lanzing & Collin Kelly / Kev Walker et Jed MacKay / C.F. Villa. Pourquoi ce tire groupé ? Parce qu'en vérité ces deux séries résument ce qui ne fonctionnent pas dans les team books de chez Marvel, appliquant peu ou prou les mêmes recettes pour des résultats semblables.



Commençons donc par Guardians of the Galaxy #5, du trio Lanzing-Kelly / Walker. Cet épisode  promettait le face-à-face entre les héros et la menace Grootfall. C'est effectivement le cas. Mais est-ce satisfaisant ?


Pas besoin de résumer ce numéro : l'intrigue, ou ce qui en tient lieu, tiendrait sur un post-it, avec les Gardiens enfin rassemblés (dans cette configuration : Peter Quill.Star-Lord, Drax, Gamora, Mantis, Nebula et Rocket Raccoon) qui vont confronter le danger incarné par Grootfall, une sorte d'énorme boule de feu et de bois ayant l'apparence de Groot et qui dévaste tout sur son passage.


Dans le précédent épisode, Star-Lord réussissait à entrer en contact avec une des émanations de Groot qui lui commandait de réunir l'équipe si elle voulait avoir une réponse concernant Grootfall. Rocket réintégré, on pouvait donc légitimement attendre des révélation. Peine perdue. Jackson Lanzing & Collin Kelly répètent le même procédé depuis le début de leur run avec une narration décompressée à l'extrême, de l'action spectaculaire mais uniquement là pour retarder l'échéance et une caractérisation sommaire (tous les personnages sans exception tirent une gueule d'enterrement, s'expriment de manière laconique et interagissent au minimum).
 

Le dessinateur Kev Walker est un excellent artiste, aguerri, mais qui dispose visiblement d'un script sommaire et il est donc logique de voir dans ce numéro un nombre abondant de doubles pages destinés à montrer soit un groupe de personnages réunis dans un même lieu, soit la démonstration d'une puissance dévastatrice dans l'espace face à laquelle les personnages ne semblent en aucune manière capable de faire quoi que ce soit. 


On passe à The Avengers #4 qui s'avère étonnamment ressemblant sur le fond et la forme à Guardians of the Galaxy. Les deux séries ont d'ailleurs été relancées quasiment au même moment et il est commode d'y voir une uniformisation de la production chez Marvel, même si, à la base, la série de Jed MacKay et C.F. Villa prenait le relais d'un long run par Jason Aaron et que les Avengers sont des personnages beaucoup plus importants commercialement.


Jed MacKay est le scénariste qui monte chez Marvel, suffisamment en tout cas pour que l'éditeur lui confie un de ses titres les plus exposés. Pourtant, jusqu'à présent, il a surtout écrit des héros mineurs comme Black Cat ou Moon Knight. Mais il s'est engagé dans une histoire à la démesure des Avengers, convoquant Kang le conquérant et de mystérieux nouveaux vilains inédits à la puissance de feu considérable. Un paradoxe en soi car comment de tels adversaires ont pu ne jamais être remarqués auparavant ?


C.F. Villa est comme MacKay quelqu'un qu'on n'attendait pas sur un pareil blockbuster puisque, jusqu'à présent, lui aussi s'est illustré sur des titres de seconde main (dont Black Cat de MacKay) ou comme doublure (sur X-Men de Gerry Duggan, où il suppléait Pepe Larraz en alternance avec Javier Pina). Il fait parler la poudre avec, comme Kev Walker, un nombre élevé de splash-pages pour démontrer que les affrontements sont dantesques et les héros malmenés.


Maintenant, faisons le point sur ces deux épisodes, ces deux séries. En cinq et quatre épisodes, on ne peut pas dire qu'on a beaucoup progressé dans les histoires. Lanzing & Kelly ont été assez malins en situant leur série puisque les Gardiens de la galaxie se sont séparés pendant un an suite à un drame dont on ignore tout - mais qui a un lien évident avec la "mort" de Groot. En même temps, ce genre d'astuce devient une norme chez Marvel depuis plusieurs mois car plusieurs titres (re)démarrent en montrant des personnages complètement minés après une catastrophe qu'on révélera plus tard.

Du côté de Avengers, MacKay prend la suite de Aaron qui avait conclu son run de manière aussi grandiloquente que brouillonne. Comme son prédécesseur, MacKay a composé ses Avengers de façon à en faire un groupe surpuissant, avec de gros calibres comme Captain Marvel, Thor, Scarlet Witch, et des éléments a priori moins imposants mais non négligeables comme Iron Man, Vision, Black Panther ou Captain America (Sam Wilson). Ce qui frappe, comme j'ai déjà eu l'occasion de le souligner, c'est que ce casting évoque immanquablement celui des Avengers du MCU (même si Black Panther et Iron Man sont morts, mais sinon Vision, Scarlet Witch, Captain Marvel, Thor et Captain America/Sam Wilson sont encore actifs). C'est donc comme si désormais le MCU dictait la formation des Avengers, sans possibilité pour le scénariste d'ajouter des éléments surprenants.

Dans les deux cas, les équipes sont donc confrontés à des menaces qui les dépassent nettement. Cela a un objectif simple : entretenir un semblant de suspense auprès du lecteur en tentant de lui faire croire que les héros peuvent être vaincus, voire tués. Mais tout fan un peu expérimenté sait ce que ce n'est qu'un simulacre, une ficelle usée. Justement parce que, d'un côté, les Avengers ne craignent pas grand-chose avec des membres comme Scarlet Witch ou Thor, et, de l'autre, parce que les Gardiens de la galaxie ont affaire à une version de Groot, l'un des leurs (sans compter que le dernier film mettant en scène les Gardiens les a remis sur le devant de la scène, donc il serait idiot de les éliminer dans les comics).

On a beaucoup reproché il y a quelques années à Brian Michael Bendis la longévité de son run sur la franchise Avengers puis sur Guardians of the Galaxy et son système narratif, avec des arcs en six n°, formatés pour les recueils, reprenant parfois les mêmes motifs dramatiques. Il était aussi critiqué pour la force de ses débuts d'histoire qui aboutissaient à des fins décevantes.

Mais peut-on honnêtement dire que ce que que Jed MacKay et Jackson Lanzing & Collin Kelly font mieux ? La narration est encore plus décompressée puisque en cinq et quatre épisodes, l'intrigue n'a rien révélé de consistant, et que les conclusions semblent courues d'avance (victoire et réconciliation).

Graphiquement les deux séries ont des atouts même s'il me semble évident que Guardians... dispose avec Kev Walker d'un artiste plus audacieux et complet que CF Villa. Pour les amateurs d'images qui tabassent, en tout cas, c'est un festin. Mais leurs dessins soulignent surtout par leur aspect grandiloquent la vacuité des récits. Tout ou presque repose sur la force des planches puisque la narration avance lentement.

Je sors à chaque fois de ces séries avec le sentiment que finalement il n'y a pas grand-chose à en retenir. J'ai rarement eu autant l'impression que ce qui était raconté en autant de pages aurait dû l'être en moitié moins de planches. Récemment, je suis revenu sur le run de Jeff Parker - Kev Walker - Declan Shalvey sur Thunderbolts et j'ai commencé la lecture de l'omnibus de ce même titre par Kurt Busiek et Mark Bagley, et je suis saisi par la densité de ces titres par rapport à Guardians of the Galaxy et The Avengers actuellement. Là où Parker et Busiek ne laissaient aucun répit au lecteur, les bombardaient d'informations, soutenus par des artistes déchaînés, MacKay, Lanzing & Kelly donnent la sensation d'en garder énormément sous le pied comme s'ils craignaient que leurs intrigues ne suffisent pas à combler un arc en six épisodes.

Ce constat, je le fais depuis des années maintenant et il reflète, à mes yeux, une faiblesse dans l'écriture. 
Il y a encore du talent dans "la maison des idées" , mais plus autant qu'il y a dix-quinze ans. On pouvait apprécier ou détester ceux qui étaient en place alors, mais au moins il y avait des personnalités fortes, des façons de raconter singulières. Aujourd'hui, j'ai surtout l'impression que les auteurs s'économisent, développent moins de concepts forts, osent moins. Toutes choses qui se traduisent concrètement dans les comics par des équipes de héros sans véritable dynamique de groupe, sans récits qui les marquent durablement.

Visuellement, ce n'est pas mauvais, mais si Kev Walker hérite d'histoires faibles, c'est un gâchis. Et CF Villa aurait dû être testé sur plus de titres, avec des difficultés progressives, pour être vraiment prêt aujourd'hui.

En lisant ces deux séries dont je parle ici, je mesure le malaise. Ce n'est que mon ressenti, peut-être que le Marvel actuel comble la majorité des fans de l'éditeur, et que je dois me contenter de quelques pépites et projets liés avant tout à des scénaristes et artistes stars. Mais quand on a grandi nourri au lait de Marvel, difficile de ne pas faire la moue. J'ignore si j'écrirai encore des critiques de The Avengers et Guardians of the Galaxy : j'ai trop le sentiment de perdre du temps et de l'argent et je n'aime pas noircir des pages pour me plaindre.

mardi 1 août 2023

DARK AVENGERS : THE END IS THE BEGINNING, de Jeff Parker, Kev Walker, Declan Shalvey, Gabriel Hernandez Walta et Neil Edwards


Suite directe de Thnderbolts #174, Dark Avengers : The End is the Beginning est le moyen qu'avait trouvé Marvel en 2012 pour tenter de conquérir de nouveaux lecteurs. Ainsi ce n'est pas un relaunch puisque ce titre (re)démarre au... N° 175, soit 159 épisodes après la fin du run de Brian Michael Bendis ! Jeff Parker se prête au jeu et poursuit ses intrigues, toujours en compagnie des fidèles Kev Walker et Declan Shalvey, avant que ce dernier ne soit ponctuellement remplacé par Gabriel Hernandez Walta, puis que Neil Edwards reprenne en charge toute la partie graphique.


Après avoir, avec l'aide de Hank Pym, installé dans les Everglades une sorte d'antenne relais destinée à localiser les Thunderbolts perdus dans le temps, Luke Cage rentre au Raft pour découvrir qu'il est relevé de ses fonctions et que la seconde formation des Dark Avengers, composé de Ragnarok (un clone de Thor), Trickshot (le frère de Hawkeye), Toxie Doxie (issue de Stark Industries) et Dark Spider-Man, remplace les T-Bolts. Mais Cage a un joker : il nomme son remplaçant et c'est Skaar, le fils de Hulk !


Les Thunderbolts ont remonté encore le temps jusqu'à l'ère pléistocène (2,5 millions d'années av. J.C.) ! Ils sauvent un autre voyageur temporel avant de remarquer qu'une brèche s'est ouverte dans leur Tour, laissant échapper les restes de Man-Thing qui se recompose et se révèle doué de parole mais incapable de se téléporter dans l'espace-temps. Le voyageur temporel rescapé va s'en charger, ce qui n'est pas une bonne nouvelle puisqu'il s'agit du Dr. Fatalis !


Luke Cage et Skaar reçoivent leur ordre de mission pour les Dark Avengers : ils doivent retrouver Erk Wender, un super-humain capable de générer de l'énergie et actuellement aux mains du maître du Sultan Magus, qui, grâce à lui, a érigé autour de son pays, le Sharzhad, un dôme impénétrable. Cependant, Fatalis a ramené les Thunderbolts dans le présent en Latvérie avant de les expédier dans un futur cauchemardesque !


Au Sharzhad, la situation dégénère rapidement quand le Sultan Magus s'en prend à Luke Cage et Skaar et que les Dark Avengers s'enfuient. Les Thunderbolts, eux, ont abouti 78 ans dans le futur, au milieu d'une guerre ouverte entre les mutants et Mondo City, dont les forces de l'ordre font régner la terreur. Leur Tour est détruite.


Boss Cage, le représentant des forces de l'ordre du futur, attaque les Thunderbolts avant que des mutants ne leur viennent en aide et n'obligent le policier à battre en retraite. Le Fantôme a eu le temps de collecter des informations sur ce futur dystopique et appris qu'une catastrophe au Sharzhad survenue 78 ans plus tôt en est la cause. Justement, dans le présent, les Dark Avengers franchissent le dôme du Sharzhad et récupèrent Erik Wender, mais pas pour l'exfiltrer...


Pour retourner à notre époque, les Thunderbolts comprennent qu'ils doivent atteindre la plus haute tour de Mondo City et ils décident d'aider les mutants à attaquer la ville pour y parvenir. De nos jours, John Walker, Songbird et Mach V découvrent que le comité de surveillance du programme Thunderbolts a fait construire une nouvelle prison qui bénéficiera du même système d'étanchéité que le dôme du Sharzhad, mais quand ils sont repérés, ils sont traqués. Le Sultan Magus, après avoir battu Luke Cage et Skaar, s'en prend aux Dark Avengers pour garder Erk Wender à son service.
 

John Walker arrêtent les responsables du comité de surveillance du programme Thunderbolts et les font passer aux aveux puis communiquent ce qu'ils ont appris à Luke Cage et Skaar pour qu'ils stoppent les Dark Avengers avec le renfort de Songbird et Mach V. Dans le futur, les Thunderbolts atteignent la tour de Mondo City et captent un message de Hank Pym. Le Fantôme et Man-Thing se préparent à téléporter le groupe lorsque Boss Cage surgit...


Boss Cage a compris qu'en réintégrant leur époque, les Thunderbolts éviteront la catastrophe qui a conduit à ce futur cauchemardesque et les laisse filer. L'équipe resurgit de nos jours, juste à temps pour prêter main forte à Cage, Skaar, Songbird et Mach V afin de neutraliser les Dark Avengers et rapatrier Erik Wender. La catastrophe est évitée de justesse et le futur dystopique n'aura pas lieu.


Skaar et John Walker embarquent les Dark Avengers dans le quinjet prêté par Hank Pym mais Toxie Doxie envoûte Skaar pour provoquer le crash de l'appareil. Pour éviter cela, Man-Thing téléporte l'engin à Manhattan. Seul avec les Thunderbolts, Luke Cage décide de les laisser libres, estimant qu'ils se sont rachetés. Man-Thing les téléporte dans les Everglades où ils décident de rester ensemble.

Je ne vais pas revenir sur la manière, grotesque, dont Marvel a refusé de continuer Thunderbolts tout en faisant de Dark Avengers sa suite directe, au point de conserver la numérotation du premier titre. Il s'agit là d'une manoeuvre absurde pour visiblement tenter de séduire les fans des Dark Avengers, une équipe créée par Brian Michael Bendis durant le Dark Reign (le statu quo ayant suivi l'event Secret Invasion et précédé l'Heroic Age après l'event Siege).

La série de Bendis compta 16 épisodes (dessinés par Mike Deodato Jr. avec la participation de Greg Horn) et un Annual (dessiné par Chris Bachalo) et mettait en scène une équipe assemblée par Norman Osborn, devenu le grand héros national à la fin de l'invasion Skrull. Sous l'identité et l'armure de Iron Patriot, il grima plusieurs super-humains en Avengers : Bullseye devint Hawkeye, Moonstone Ms. Marvel, Venom Spider-Man, Daken Wolverine, et il ajouta à ces derniers le dieu Arès et Sentry. Marvel Boy quitta vite le groupe en comprenant que Osborn était fou.

Défaits lors de Siege, les Dark Avengers perdirent Arès et Sentry dans la bataille d'Asgard. Mais Bendis n'en avait pas fini avec cette équipe et lors du deuxième volume de New Avengers, il organisa la revanche de Osborn contre les amis de Luke Cage, recrutant Trickshot (Barney Barton), Toxie Doxie (June Covington), Dark Spider-Man et Ragnarok (le clone de Thor, apparu durant Civil War), en les déguisant à nouveau en Avengers (Toxie Doxie en Scarlet Witch, Trickshot en Hawkeye). Avec une nouvelle défaite à la clé.

A charge pour Jeff Parker de réutiliser ces méchants travestis en les intégrant aux intrigues en cours dans Thunderbolts. Ce n'est pas ce qui a gêné le scénariste, capable, semble-t-il, de s'adapter à toutes les excentricités éditoriales. Mais il n'abandonne pas pour autant les histoires en cours. Il va même faire mieux en les réunissant.

Il est remarquable de lire comment le scénariste réussit à construire un récit à même d'unifier deux projets dissemblables, mais c'est un vrai coup de génie qu'il a eu en envoyant les Thunderbolts toujours en cavale dans un futur cauchemardesque justement provoqué par la mission que doivent accomplir les Dark Avengers. Certes, avec un arc de neuf épisodes, on n'échappe pas à quelques longueurs et circonvolutions, comme quand par exemple, alors qu'ils sont remontés jusqu'au pléistocène, les Thunderbolts sont lestés de Dr. Fatalis.

Pour comprendre comment Fatalis s'est trouvé là, il faut avoir lu le run de Mark Millar et Bryan Hitch sur Fantastic Four, des épisodes mal aimés et il faut bien le dire peu réussis, dont le dernier arc confrontait Fatalis à son maître, un type surpuissant qui, pour corriger son ancien élève, l'expédia dans la préhistoire.

Graphiquement, on sent que les artistes ne sont plus aussi investis. Kev Walker, désormais encré par Terry Pallot, fait encore bonne figure, mais Declan Shalvey s'en va au n°78. Il sera remplacé pour l'épisode suivant par Gabriel Hernandez Walta, qui tente visiblement de l'imiter sans convaincre. Pourtant, la série utilisait Walker et Shalvey intelligemment, le premier dessinant les scènes avec les T-Bolts, le second celles avec les Dark Avengers.

Au n°80 c'est Neil Edwards qui va devenir l'unique artiste de la série (et ce jusqu'à la fin, au #190). Edwards est un dessinateur gallois qui a souvent servi de doublure pour Bryan Hitch dont il copie le style, mais sans autant de virtuosité. Il est encré lui aussi par Terry Pallot et ne se dégonfle jamais devant les scripts délirants et chargés de Parker. Mais bon, on sent clairement qu'une partie du charme a disparu avec les défections de Walker et Shalvey, et donc que la manoeuvre éditoriale de Marvel fera long feu.

Toutefois, Parker range ses jouets et s'il en était resté là, il aurait bouclé son run en beauté. Malheureusement, il s'est senti obligé d'écrire un ultime arc très laborieux, qui gâche un peu sa sortie. Mais ça, je vous en parlerai dans une entrée dédiée.

lundi 31 juillet 2023

THUNDERBOLTS : LIKE LIGHTNING, de Jeff Parker, Kev Walker et Declan Shalvey


Et nous voici arrivés au dernier recueil des épisodes de Thunderbolts écrits par Jeff Parker. Ce volume rassemble les épisodes 169 à 174 de la série lancée en 1997 et le n°172 marque d'ailleurs le 15 anniversaire du titre. Kev Walker et Declan Shalvey se partagent els dessins de ces six épisodes comme d'habitude tandis que Mark Bagley, l'artiste des débuts, revient pour les couvertures. Mais est-ce vraiment la fin des Thunderbolts historiques ?


Les Thunderbolts en cavale (Fixer, Satana, Mr. Hyde, Gunna la troll, Centurius, Moonstone, Bommerang) continuent à remonter le temps et arrivent en 537 ap. J.C. , en Grande Bretagne. Gunna s'aventure dans une forêt où elle rencontre et affronte Sir Percy/Black Knight qui est neutralisé par Boomerang qui le ramène à la Tour avec son épée d'ébène. Mais Merlin, le roi Arthur et ses chevaliers arrivent ensuite pour réclamer qu'on leur rende leur compagnon. La situation dégénère et Merlin envoie les Thunderbolts dans les oubliettes de Camelot.
 

Le Fantôme, aspiré dans les couloirs du temps, surgit dans les oubliettes et se manifeste devant ses anciens collègues. Il les guide jusqu'à l'observatoire de Merlin et Fixer peut voir Arthur tenter d'entrer dans la tour de Thunderbolts. Pour créer une diversion, Boomerang libère les monstres détenus par Merlin dans les donjons, ce qui mobilisent les chevaliers de la table ronde. L'équipe regagne leur tour et en utilisant la pierre de lune de Moonstone, effectuent un nouveau bond dans le temps... Pour arriver à l'époque où les premiers T-Bolts se sont formés !
 

Pendant ce temps, Songbird profite d'un congé bien mérité accordé par Luke Cage. Elle prend du bon temps en Polynésie française où elle rencontre un séduisant guide qui l'emmène visiter une île déserte. C'est un piège et voilà Melissa Gold prisonnière du Dr. Lorcas qui veut, grâce à elle, se venger de Namor. Elle réussit à se libérer et rentre au Raft.


Les Thunderbolts en fuite doivent éviter les Thinderbolts originels pour ne pas créer de paradoxe temporel. Mais leur tour trahit leur présence et la confrontation devient inévitable. Poursuivie par elle-même, Moonstone piège son double antérieur et lui propose un marché...
 

Alors que Satana réussit à mettre un terme à la bataille entre les deux équipes de Thunderbolts, Zemo/Citizen V propose l'aide de son groupe pour aider les fugitifs à regagner leur époque. L'idée est de voler la machine temporelle du Dr. Fatalis en Latvérie. Mais une dispute éclate entre les Fixer d'hier et d'aujourd'hui et Techno est assassiné par son double actuel !


En tuant son moi antérieur, Fixer plonge le monde dans un chaos temporel, la réalité s'effondre et menace de tout détruire. Fixer comprend qu'il ne reste qu'une solution pour éviter l'impensable : il décide de rester à cette époque tandis que les souvenirs des premiers Thunderbolts seront effacés pour que nul ne se souvienne de ces événements.

Ces six derniers épisodes de Thunderbolts par Jeff Parker résument parfaitement le style débridé du scénariste. On y trouve ce mélange de folie et de maîtrise dans le récit, les situations s'enchaînent à un rythme infernal sans perdre leur logique ni leur fil conducteur, et même quand un numéro s'intéresse à un personnage en dehors de l'intrigue à la manière d'une intermède, on a quand même droit à un one-shot totalement captivant.

A l'heure où Marvel a plusieurs scénaristes mis en avant sans qu'on puisse dire qu'aucun d'eux ne propose grand-chose de palpitant et attire les lecteurs sur une hype artificiellement créée par l'éditeur (un peu à la manière de ce qui est fait avec les dessinateurs et les promotions successives de "stormbreakers"), Jeff Parker, lui, anime la série dont il a la charge avec pour objectif unique de servir le titre et pas de se mettre en avant.

C'est ingrat parce que, aujourd'hui, personne ou presque ne se souvient de son run sur Thunderbolts (ni de ses autres travaux chez Marvel, sur Hulk, Agents of Atlas, etc.). Parker n'a jamais été une vedette, à la mode, il n'a eu aucun héritier (même si Jason Aaron a pu sembler marcher dans ses traces avec Avengers, mais avec beaucoup moins de brio). Marvel lui a fait confiance, certes, mais sans lui accorder plus de crédit que ça. Une fois que Parker a fait son temps, il a été oublié et remplacé. Souvent par des auteurs moins inventifs que lui.

Si vous en doutez, cherchez qui a écrit Thunderbolts depuis. Et plus encore ce qu'est devenu ce nom, cette marque, complètement dénaturé, une sorte de Suicide Squad sauce Marvel, interchangeable, et dont la prochaine itération (par Jackson Lanzing & Collin Kelly et Geraldo Borges, à la rentrée) sert à préparer le futur film du MCU.

Mais revenons-en à ces épisodes. Ils ne représentent pas la fin du travail de Jeff Parker. Mais en 2012, Marvel va décider, incompréhensiblement, de remplacer ensuite le titre par une relance de Dark Avengers, espérant sans doute retrouver les lecteurs de Bendis. Ce ne sera pas un relaunch au #1, mais une continuation grotesque avec un n° 175 ! Entre la série initiale de Bendis et sa reprise par Parker, il y a donc un troua béant de... 159 épisodes !

Pour le contenu des histoires de ce recueil, il apparaît clairement que Parker préfère les T-Bolts en cavale remontant le temps à ceux restés dans ce qui reste du Raft, avec Luke Cage, Songbird et Mach V. D'ailleurs, il va continuer encore un temps avec ce voyage dans le temps dans ses premiers épisodes de Dark Avengers. Pour l'heure, Moonstone, Bommerang, Centurius, Fixer, Gunna la troll, Mr. Hyde, Satana atterrissent en 537 ap. J.C. et rencontrent le premier Black Knight mais aussi Merlin, le roi Arthur et les chevaliers de la table ronde. Il y a aussi un dragon, pour faire bonne mesure. C'est très drôle, complètement échevelé. Et quand Centurius et Fixer cherchent à comprendre pourquoi ils continuent à dériver dans le passé, les explications sont totalement farfelues, mais comment pourrait-il en être autrement lorsqu'on a voulu se faire la malle en mélangeant magie et technologie ?

Parker rédige une sorte d'entracte où on suit Songbird en vacances. Celles-ci seront toutes sauf reposantes, mais on apprécie que le scénariste n'oublie pas une T-Bolt historique, une des rares aussi à avoir eu une longue carrière héroïque (parmi les Avengers - Kurt Busiek l'emploiera d'ailleurs dans sa mini-série culte Avengers Forever).

Puis ça repart de plus belle avec un bouquet final d'épisodes où Thunderbolts d'hier et d'aujourd'hui se croisent et manquent de peu de dévaster le continuum espace-temps. Parker, tel un chat, retombe sur ses pattes en "sacrifiant" Fixer au terme d'une succession de rebondissements cataclysmiques, avec une baston entre les deux formations et une énième tentative de Karla Sofen de mystifier tout le monde.

Kev Walker dessine les trois premiers épisodes (jusqu'à celui avec Songbird en vacances donc) et il est en feu. Suivant d'un script barré, il signe des planches explosives, avec des monstres, des chevaliers, un dragon, des péripéties incessantes. Son trait brut, son découpage aux cases de dimensions toujours généreuses, le retour du Fantôme, tout ici est un cadeau pour les amateurs de comics insensés.

Puis Declan Shalvey prend la relève pour mettre en scène la rencontre entre les deux formations de Thunderbolts. Ses planches sont extraordinaires, d'une ampleur et d'une souplesse comme il n'en a plus beaucoup réalisées ensuite. Je le répète, je radote, mais Shalvey, en s'éloignant des super-héros, me semble avoir commis une erreur alors qu'il a un talent naturel pour les animer. Certes, son run sur Moon Knight (avec Warren Ellis, qu'il suivra ensuite chez Image pour Injection avant que le scénariste ne soit rattrapé par de sordides affaires) était excellent, mais je conserve une affection pour ses épisodes de Thunderbolts, j'adorai la manière qu'avait Shalvey de les illustrer.

Donc, actuellement, je suis en pleine relecture de Dark Avengers et je vous proposerai dès que possible les critiques de deux tomes (une quinzaine d'épisodes en tout) de cette reprise par Jeff Parker (avec encore Walker et Shalvey, mais aussi Neil Edwards), pour boucler la boucle. Ceux à qui cette rétrospective a donné envie pourront se procurer un omnibus collectant tout le run (Dark Avengers compris) de Jeff Parker le 5 Décembre prochain : commencez à économiser !

dimanche 30 juillet 2023

THUNDERBOLTS : VIOLENT REJECTION, de Jeff Parker, Kev Walker et Declan Shalvey

 

Après les sorties de la semaine, je reprends ce dimanche cette rétrospective consacrée aux Thunderbolts écrits par Jeff Parker au début des années 2010 chez Marvel Comics. Le recueil intitulé Violent Rejection est le premier à bénéficier d'une numérotation et rassemble les épisodes 152 à 157, illustrés par Kev Walker  et Declan Shalvey.

 


Crossbones écarté du groupe, Luke Cage a besoin d'un élément très puissant pour une nouvelle mission et il intègre Hypérion. Les Thunderbolts se rendent à Yokohama au Japon qui est menacée par des monstres gigantesques. Mais une fois sur place, l'équipe est sévèrement malmenée, seul Hypérion reste debout et il s'en prend alors Man-Thing...


Le Fléau affronte Hypérion qui avoue être issu d'une Terre parallèle où il était le chef de Sinister Squadron. Moonstone, sauvée par le Fantôme de la noyade, lui vient aide avant que le Fantôme, à nouveau, active les nanites libéranty de l'argonite dans le corps de Hypérion et le neutralise. Tandis que Luke Cage, Songbird et Mach V se débarrassent des monstres, Hypérion est livré à Man-Thing qui le brûle vif.


Mais ce fait n'échappe pas aux inspecteurs du Raft qui considère la créature comme un danger. Toutefois, avant de pouvoir s'en assurer, Man-Thing est enlevé par la sorcière Jennifer Kale qui le renvoie dans les marais des Everglades dont il est le gardien et qui sont le théâtre d'une invasion dimensionnelle. Luke Cage s'en mêle et jure à Jennifer Kale qu'aucun mal ne sera fait à la créature qui rentre volontairement au Raft. En contrepartie, il s'engage à engager un magicien pour y veiller.


Cage demande à Stephen Strange de l'aider dans cette démarche et Daimon Hellstrom les envoie tous les deux chez sa soeur Satana. Pendant ce temps, John Walker, la gardien du raft, obtient l'accord du gouvernement de former une seconde équipe, baptisé Underbolts, et il charge Songbird et Mach V d'en recruter les membres, ce qui vexe Fixer, écarté de la procédure.


Cage présente Satana, qui a accepté d'intégrer l'équipe par intérêt pour Man-Thing, aux autres membres et il les accompagne à Stuttgart pour une nouvelle mission dans un château hanté. Pendant ce temps, Songbird et Mach V enrôlent les Underbolts : Shocker, Boomerang, Centurius, Gunna la troll et Mister Hyde...


Les Thunderbolts toujours occupés en Allemagne, Fixer doit réquisitionner les Underbolts, à peine recrutés, pour une intervention urgente en Irak. Sur place, ils font face à des zombies et sont vite dépassés. Luke Cage arrive en renfort avec son groupe sans que la situation ne s'améliore...

Mine de rien, cela fait maintenant 23 mois consécutifs (quasiment deux ans donc) que Jeff Parker écrit  Thunderbolts. Marvel semble lui avoir accorder sa confiance pleine et entière, appréciant sa capacité à composer avec des histoires imaginées par d'autres (comme lors de l'event Shadowland) tout en remplissant le cahier des charges de la série (beaucoup d'action, l'utilisation de personnages historiques liés au titre et l'incorporation de nouvelles têtes).

Si, dans les faits, Thunderbotls n'a plus rien à voir avec le concept original de Kurt Busiek (des super-vilains se faisant passer pour des super-héros en l'absence de ces derniers), Jeff Parker tient quand même à respecter la dimension presque sociale puisqu'il s'agit de montrer que certaines crapules peuvent prendre goût à faire le bien.

De ce point de vue, avoir écarté Crossbones, le membre le plus antipathique et violent, a été un choix décisif. Mais le scénariste ne s'assagit pas pour autant. Le recrutement de Hypérion produit des étincelles et une paire d'épisodes plutôt radicaux. En effet, Parker joue sur le fait qu'il existe des Hypérion différents dans le multivers et bien entendu, Luke Cage ignore lequel est détenu au Raft. Pour corser l'affaire, ce sera celui qui dirigeait le Sinistre Escadron ! 

Ce recueil fonctionne par des arcs narratifs brefs, de deux épisodes chacun, centré sur un personnage en particulier. Après Hypérion, Parker se penche sur le cas de Man-Thing pour lequel il a un attachement évident. Même s'il ne répond pas à la question de sa détention au Raft (où il a atterri après avoir capturé par les Dark Avengers de Norman Osborn, mais d'où personne n'a pensé à le relâcher depuis le début de l'Heroic Age), il va quand même s'interroger sur le rôle et la puissance de la créature.

Comme il aime à le faire, le scénariste convoque un personnage de seconde zone, en l'occurrence la sorcière Jennifer Kale, soucieuse de ramener Man-Thing dans son environnement naturel et son rôle initial, de protecteur de la nature et de nexus dimensionnel. Le mutisme de Man-Thing en fait un membre des Thunderbolts fascinant et difficile à saisir mais qui n'est pas dénué de conscience, de libre arbitre. Il choisit de rentrer au Raft (et Parker glisse que Moonstone y est pour quelque chose, insinuant que la créature nourrit des sentiments pour Karla Sofen).

Enfin, un troisième récit va introduire une future vedette du run de Parker en la personne de Satan, la soeur de Daimon Hellstrom. Elle est recrutée par Luke Cage pour veiller sur Man-Thing mais sa personnalité affirmée et excentrique en fait un membre tout de suite haut en couleur. Le scénariste s'en amuse et quand elle est présentée à l'équipe, cela donne une scène hilarante où elle met tout le monde en émoi en révélant leurs désirs les plus profonds (des désirs tout ce qu'il y a de plus sexuellement explicite !). Parker a à l'évidence voulu Satana et il ne va plus cesser ensuite de l'exploiter comme l'élément incontrôlable, l'électron libre de la série, à la fois très puissante, complétement désinhibée et ambivalente, (jamais complètement méchante, mais pas franchement héroïque non plus).

Sur les six épisodes de ce tome, les n° 152-153 et 155-156 sont entièrement dessinés par Kev Walker. Comme toujours avec lui, l'efficacité est de mise et sa manière de composer des scènes d'action spectaculaires est mise à contribution. Il peut se défouler avec Hypérion, les monstres à Yokohama, le château hanté à Stuttgart et les zombies irakiens. Autant de morceaux de bravoure où l'influence de Mike Mignola est très manifeste (spécialement dans les scènes à Stuttgart).

Declan Shalvey signe les planches des épisodes 154 et se partagent celles du 157 avec Walker (qui fatigue quand même un peu). Seul, l'irlandais se montre très à l'aise, et le numéro consacré à Man-Thing est superbe, chargé d'une atmosphère très envoûtante. Quand il doit cohabiter avec Walker, le lecteur peut avoir du mal à passer du trait de Shalvey à celui de son collègue tant ils sont dissemblables, mais on comprendra ensuite que Marvel cherchait la bonne formule pour partager la charge de travail entre les deux artistes.

On va, après ces épisodes, arriver aux tie-in de Fear Itself puis à l'arc The Great Escape (soit les épisodes 158 à 168) présents dans l'album de la collection Marvel Gold disponibles chez Carrefour. Je vous renvoie à l'article dans lequel j'en parle :  Thunderbolts : Fear Itself / La Grande Evasiontion-marvel-gold-carrefour .

mardi 25 juillet 2023

THUNDERBOLTS : SHADOWLAND, de Jeff Parker, Declan Shalvey et Kev Walker

 

Comme l'indique le titre de ce recueil, la série Thunderbolts est impliqué dans l'event Shadowland de 2011. Du moins pour les deux premiers épisodes (# 148-149), écrits par Jeff Parker et dessinés par Declan Shalvey (qui va devenir le second artiste régulier du titre). Ensuite, Kev Walker revient pour le 150ème numéro anniversaire, avec les Avengers en guest-stars. Puis le n°151 raconte les origines du mystérieux Fantôme. Un programme copieux et varié.



Daredevil, de retour du Japon, est devenu le chef de la Main et il veut restaurer l'ordre dans le quartier de Hell's Kitchen, avant de s'attaquer au reste de New York, avec l'aide des ninjas de cette organisation. Plusieurs héros s'unissent pour lui faire entendre raison, mais Luke Cage confie aux Thunderbolts une mission spéciale : retrouver un jeune flic enlevé par la Main.
 

Assaillis par des ninjas, les Thunderbolts sont diminués quand Fixer est blessé et que Songbird l'évacue, confiant la direction des opérations à Moonstone. Le Fantôme, le Fléau et Crossbones livrent un combat où ils ont l'autorisation de tuer l'ennemi. Mais la mission s'achève par un drame tandis que le Fantôme découvre le secret de Crossbones : il a hérité de pouvoirs après avoir été exposé aux cristaux terrigènes lors de leur virée en Nouvelle-Guinéé.


Steve Rogers, Iron Man et Thor se rendent au Raft pour une tournée d'inspection. Luke Cage, excédé par la désobéissance des T-Bolts, songe à démissionner, mais doit d'abord montrer ses agents en action. Le Fantôme en profite pour pirater la téléportation de Man-Thing et avec Crossbones et le Fléau, ils sont séparés de Cage, Rogers, Thor et Iron Man. Perdus dans une dimension parallèle, ils finissent par se rendre après avoir affronté les quatre Avengers sauf Crossbones qui révèle au grand jour ses nouveaux pouvoirs. Finalement, de retour au Raft, Luke accepte de rempiler à la tête de l'équipe maintenant que Crossbones n'en fait plus partie.


En attendant que Luke choisisse un remplaçant à Crossbones et réfléchisse à une nouvelle façon d'opérer, les Thunderbolts sont consignés au Raft. Moonstone en profite pour questionner le Fantôme sur ses origines. Il se confie sur son passé de programmateur dans la société Omnisapient et son amour pour sa collègue Shana, vite éliminée par ses patrons qu'elle menaçaient de révéler leurs magouilles. Il se venge en expérimentant sur lui-même ses inventions puis en s'en prenant à d'autres patrons peu scrupuleux. Moonstone est réintégrée dans l'équipe où Luke a décidé de faire entrer Hyperion.

Quatre épisodes, c'est peu, mais notons quand même que ce recueil compte le 150ème numéro de la série depuis sa création. Pour l'occasion, on a droit à un chapitre avec une pagination augmentée, les Avengers (du moins sa trinité) en guest-stars, la réédition du premier épisode (par Kurt Busiek et Mark Bagley) et les Ghost's files (une série de planches revenant sur le passé des Thunderbolts).

Avant cela, ce tome s'ouvre sur une paire d'épisodes en lien avec l'event Shadowland. A cette époque (2011), Andy Diggle a succédé à Ed Brubaker comme scénariste de Daredevil et il lance une saga qui trouve ses racines dans la fin du précédent run. Daredevil s'est sacrifié pour prendre la tête de la Main, évinçant le Caïd et Lady Bullseye, il part donc au Japon avec le projet secret de réformer cette organisation criminelle de l'intérieur, mais la situation lui échappe et, envoûté, il bascule du côté obscur.

De retour à New York, il décide de nettoyer Hell's Kitchen avec ses ninjas avant d'étendre son action à tout New York. Lorsqu'il tue Bullseye, ses amis héros comprennent qu'il a franchi la ligne rouge et s'unissent pour le stopper. Bien entendu, Marvel va multiplier les tien-in de qualité très variable sur une histoire déjà peu convaincante sur sa trame centrale. Disons-le simplement : Shadowland est un des pires récits impliquant Daredevil, l'ultime étape dans la déchéance de l'Homme sans Peur, et il faudra le changement de direction radicale imprimé par Mark Waid pour que DD retrouve sa superbe.

Jeff Parker n'a cependant pas le choix : il doit composer avec Shadowland pour deux épisodes de Thunderbolts. Premier défi : il doit se passer de Luke Cage, accaparé par la saga centrale, même si c'est lui qui donne leur mission aux T-Bolts. Le scénariste invente une intrigue-prétexte (un jeune flic noir, fils d'un ami de Cage, capturé par la Main) pour entraîner ses anti-héros dans les égouts de Hell's Kitchen et y affronter une horde ninjas déchaînés. Evidemment, ça tourne mal très vite : Songbird évacue Fixer blessé et laisse donc seuls Moonstone, le Fléau, le Fantôme et Crossbones, qui va commettre un carnage.

Le vrai intérêt de ces deux numéros repose surtout dans le fait que la série accueille Declan Shalvey au dessin. Il va devenir le partenaire de Kev Walker sur le run de Parker. Même si j'apprécie toujours ce qu'il fait, car c'est un auteur complet, j'avoue que je préférai Shalvey à cette époque. Son trait était plus simple, plus épuré, plus dynamique. Son encrage, surtout, était merveilleux, avec un usage magnifique de trames, des effets d'ombres très expressionnistes. Et puis vraiment les T-Bolts lui allaient bien, tous les épisodes qu'il dessinera ont une sacrée classe, se complétant bien avec l'aspect plus brut de décoffrage de Walker.

La parenthèse Shadowland fermée, Parker a l'honneur (ou la charge, c'est selon) d'écrire le 150ème épisode du titre. Comme il n'est pas impressionnable, il préfère ne pas s'y arrêter spécialement pour une commémoration mais plutôt pour s'amuser. Il a le droit de convoquer la trinité des Vengeurs, Steve Rogers (alors dans son rôle de Super-Soldier, chef des Secret Avengers et de la sécurité nationale des USA), Iron Man (en pleine période Stark Resilient, suite au run de Matt Fraction où il a absolument tout perdu durant le Dark Reign) et Thor (qui vient d'assister à la chute d'Asgard et a contribué à la réconciliation entre Rogers et Stark dans Avengers Prime, de Brian Michael Bendis et Alan Davis). 

Mais ils ne viennent pas au Raft pour le plaisir de visiter leur ami Luke Cage : c'est une inspection pour vérifier que la réforme entamée sous la direction de Cage fonctionne. Parker orchestre dans un premier temps les retrouvailles de Iron Man et du Fantôme, puis de Steve Rogers et Crossbones, et la rencontre entre Thor et Gunna la troll (avec à la clé une scène hilarante). Puis Cage emmène tout ce beau monde (sauf Gunna mais avec Man-Thing) pour une mission-test. C'est là que le Fantôme décide de faire des siennes en organisant une évasion à laquelle il convie le Fléau et Crossbones. Mais la situation lui échappe et tous se retrouvent dans une dimension parallèle.

Cage et ses collègues découvrent le secret de Crossbones, qui, exposé aux cristaux terrigènes lors du voyage en Nouvelle-Guinée (dans le tome précédent), a développé d'effrayants pouvoirs. On a droit à une spectaculaire baston entre Thor, Cage et le Fléau, une explication troublante entre Iron Man et le Fantôme (qui apprend la situation financière de Stark et renonce à le tracasser), et surtout un face-à-face musclé entre Rogers et Crossbones. Parker va l'écarter du groupe définitivement, à raison (c'était le membre le plus discutable de la série), puis réintégrer Moonstone avant de recruter Hypérion.

Le dernier épisode de l'album est comme le n°150 dessiné par Kev Walker. On peut apprécier l'abattage de l'artiste qui enchaîne les épisodes avec une énergie assez folle, même si, comme à son habitude, il se débarrasse régulièrement des décors pour se concentrer sur les personnages en pleine action. N'empêche, c'est un régal car il excelle à animer ces crapules avec des gueules cassés et des psychologies tordues, comme donc, ici, Moonstone, la manipulatrice, et le Fantôme, le plus mystérieux des T-Bolts.

Parker retrace ses origines pathétiques avec efficacité et en fait un vilain avec des principes bien spéciaux, s'en prenant à des puissants industriels que leur pouvoir autorise au pire (malversations financières, crimes crapuleux). On sent que le scénariste adore le personnage, au moins autant que Man-Thing, et lui donne une place à part dans la série et l'équipe, de telle sorte que le lecteur partage cette fascination.

Curieusement, les deux premiers recueils des Thunderbolts par Jeff Parker ne sont pas numérotés. Cela débutera avec le prochain tome, Violent Rejection, tout aussi fou furieux et qui, surtout, marquera le début d'un véritable feuilleton.

lundi 24 juillet 2023

THUNDERBOLTS : CAGE, de Jeff Parker et Kev Walker

Le mois dernier, à l'occasion de la commercialisation de Collection Marvel Gold - Carrefour : Thunderbolts , j'évoquais le projet de consacrer quelques entrées retraçant le run de Jeff Parker sur la série Thunderbolts, une collection d'épisodes que j'adore par un auteur que je trouve sous-estimé. Je vais donc m'y atteler, en plusieurs étapes, en espérant que cela vous convaincra de (re)lire tout ça.



Thunderbolts : Cage rassemble les épisodes 144 à 147 de la série. S'il ne s'agit pas des premiers épisodes écrits par Jeff Parker, qui avait commencé à travailler sur la série durant l'event Siege avec des numéros tie-in, son run démarre vraiment à partir de ce tome jusqu'au #174, après quoi il continuera d'animer ces personnages sous le titre Dark Avengers (pour une quinzaine de chapitres). Il est accompagné au dessin par Kev Walker qui deviendra son partenaire le plus prolifique.


Après l'attaque contre Asgard menée par Iron Patriot (Norman Osborn) et ses Dark Avengers, Steve Rogers, en charge de la sécurité nationale, veut réformer le programme Thunderbolts. Il convainc Luke Cage d'être son homme sur le terrain en estimant que son passé de détenu servira d'exemple. Avec Songbird, Mach V et Fixer, il recrute le Fléau, Moonstone, Crossbones et le Fantôme et teste tout de suite leur loyauté...


Luke partage donc son temps entre les New Avengers, qui se sont établis dans l'ancien manoir des Avengers, et les Thunderbolts, dont les membres résident dans la super-prison du raft. Le gardien n'est autre que John Walker, l'ex-USAgent, lourdement handicapé. Mach V s'occupe de la sécurité, Fixer de la maintenance et Songbird des entraînements. La première mission des T-Bolts tombe : ils doivent récupérer trois trolls qui se sont enfuis lors de l'attaque contre Asgard à Broxton.


De retour au Raft avec les trolls, Luke Cage découvre que l'un d'eux est une jeune fille que Valkyrie identifie comme Gunna, une asgardienne enlevée et élevée par ces créatures. Jusqu'à nouvel ordre, elle restera là. Cage emmène ensuite les T-Bolts en Nouvelle-Guinée à la recherche d'agents du SHIELD dont on est sans nouvelles alors qu'ils cherchaient des cristaux terrigènes comme ceux qui donnent leurs pouvoirs aux Inhumains.


Sur place, l'équipe découvre que les agents ont été transformés en monstres par les cristaux. Ils sont tués pour abréger leurs souffrances. Revenus au Raft, une panne d'électricité provoque une émeute alors que les élèves de l'Académie des Avengers sont en visite sur place. Tous ensemble, les héros rétablissent l'ordre. Mais Man-Thing a disparu de sa cellule...

Nous sommes en 2010 quand Jeff Parker devient le nouveau scénariste régulier de Thunderbolts. Il a pris la relève de Andy Diggle durant l'event Siege (écrit par Brian Michael Bendis), qui clôturait la période Dark Reign durant laquelle Norman Osborn était en charge de la sécurité intérieure aux Etats-Unis. Il avait en effet gagné la confiance du Président au cours de Secret Invasion par son comportement héroïque mais ensuite il a travesti les Thunderbolts en Dark Avengers pour traquer les New Avengers de Luke Cage (dans la clandestinité depuis Civil War).

Osborn devient incontrôlable et lance ensuite un assaut sur Asgard, qui flotte au-dessus d'une plaine dans l'Oklahoma, près de la bourgade de Broxton. Mais la situation lui échappe à cause de Sentry qui tue sauvagement Arès avant d'être lui-même éliminé par Thor. Osborn est arrêté et le Président des Etats-Unis le remplace par Steve Rogers. C'est l'acte de naissance d'un nouveau statu quo : l'Heroic Age.

A cette époque, Marvel fait alors feu de tout bois et multiplie les titres Avengers (tandis qu'au cinéma on se prépare à l'adaptation de la première réunion de ces personnages, sous la direction de Joss Whedon) : Avengers et New Avengers (par Bendis), Secret Avengers (par Ed Brubaker), Avengers Academy (par Christos N. Gage), Young Avengers (le second volume par Allan Heinberg). Que faire de Thunderbolts dans ce nouvel âge des héros après un court mais explosif run par Warren Ellis et sa suite par Andy Diggle ?

Jeff Parker a une idée farfelue : poursuivre le postulat de Dark Avengers mais avec Luke Cage à la tête de l'équipe. C'est comme si on demandait à Jean Valjean de réinsérer d'authentiques criminels. Le scénariste impose de choix curieux, voire choquants, comme lorsqu'il recrute Crossbones, un assassin raciste, néo-nazi, ennemi de Captain America. Mais il va exploiter cette idée avec intelligence, sans complaisance.

Luke Cage accepte le job à contrecoeur : il est le chef officieux des New Avengers, marié et père de famille et la perspective de s'occuper de crapules pour des missions dangereuses ne le ravit pas. Jeff Parker souligne bien à quel point cela lui déplaît mais aussi qu'il rend un service à Steve Rogers, une autorité morale, auprès de qui il a travaillé depuis le début de New Avengers. Surtout, Cage va s'avérer un leader, un vrai, qui ne se cache pas derrière ce titre (comme dans New Avengers), intraitable. Il sait ce qu'est la prison, il en fait en ayant été condamné injustement et s'est battu pour être réhabilité et croit pouvoir remettre dans le droit chemin quelques-uns des T-Bolts, les "réparer".

L'équipe elle-même est composée en deux parties : d'un côté, il y a des membres historiques, qui se sont rachetés (Songbird, Mach V, Fixer), et de l'autre, de nouvelles recrues (le Fléau, Crossbones, le Fantôme, et Moonstone). Ces dernières sont des éléments imprévisibles et le lecteur se demande en permanence s'ils vont trahir Cage et ses adjoints (et si oui, quand et comment). 

Surtout, Parker y ajoute un dernier membre, en marge, avec Man-Thing. Celui-ci a été brutalement capturé par les Dark Avengers et enfermé dans une sorte de terrarium géant du raft : étant donné qu'il brûle ceux chez qui il ressent de la peur, personne n'ose l'approcher, sauf Hank Pym qui a réussi à sympathiser suffisamment avec lui et lui a trouvé une fonction peu ordinaire - celle de servir de moyen de transport pour les T-Bolts grâce à sa faculté à se téléporter à travers l'espace-temps. Jeff Parker va faire de Man-Thing la mascotte de l'équipe et l'exploiter de manière très originale, à la fois drôle et terrifiante.  

Le recueil Cage ne compte que quatre épisodes mais la narration est très animée. Parker ne perd pas de temps, les personnages sont tout de suite sous pression, envoyés en mission dans des endroits hostiles, contre des adversaires coriaces, placés dans des situations extrêmes. Le scénariste marie le délire au spectaculaire sans sacrifier la caractérisation et les ambiances, preuve qu'il a son affaire bien en mains et une vision claire de son projet.

Et il peut s'appuyer sur un dessinateur qui n'a pas froid aux yeux et s'adapte facilement à son écriture échevelée. En effet, ces quatre épisodes sont illustrés par Kev Walker, un artiste expérimenté qui peut se laisser aller avec ces anti-héros tenus en laisse mais imprévisibles. Le style de Walker convient parfaitement à ces aventures complètement barrés car il est doué pour animer ces gueules, ces forts tempéraments, et mettre en scène de l'action explosive.

L'influence de Mike Mignola est évidente : Walker zappe souvent les décors au profit de grands à-plats noirs profonds et les cadres de l'action le lui permettent : on chasse des trolls dans une forêt, on recherche des agents du SHIELD dans une grotte, le Raft est situé sur une île loin de tout, cette prison a des intérieurs lugubres à souhait - que la colorisation froide de Frank Martin sert idéalement. Peu importe alors que tout ne soit pas détaillé, l'essentiel étant le mouvement, les coups, les destructions. Et ce n'est que le début ! 

Prochaine étape : un détour par Shadowland, l'event centré autour de Daredevil, et le 150ème épisode de la série depuis sa création (par Kurt Busiek et Mark Bagley) !

jeudi 20 juillet 2023

GUARDIANS OF THE GALAXY #4, de Collin Kelly & Jackson Lanzing et Kev Walker


Il ne faut jamais juger un livre à sa couverture et c'est particulièrement vrai pour ce 4ème n° de Guardians of the Galaxy qui suggère un duel entre Rocket Raccon et Star-Lord sous le regard médusé des autres membres de l'équipe. Et quelque part, c'est dommage qu'on n'ait pas eu droit à ça car ça aurait été plus consistant que ce que proposent Collin Kelly & Jackson Lanzing. Kev Walker est le seul à sauver les meubles.



Séparé des Gardiens de la Galaxie, Rocket Raccon officie comme shérif des étoiles, protégeant des populations dans les territoires du Manifold contre les attaques du Grootfall. Sur une de ces planètes refuges, il accueille un culte dévoué au monstre, persuadé que ses destructions aboutiront à une renaissance pour leurs adeptes...


C'est une grosse déception que cet épisode. D'ailleurs, pour parler franchement, depuis la relance de la série, je ne peux pas dire que j'ai été convaincu par la proposition des scénaristes Collin Kelly et Jackson Lanzing dont je me demande s'ils ne sont pas franchement surcôtés. Moi-même, j'avais placé beaucoup d'espoir en eux, après leurs épisodes sur Green Arrow...
 

Mais depuis, tout ce qui m'est passé entre les mains qu'ils ont signé m'a laissé sur ma fin. Captain America : Sentinel of Liberty valait essentiellement pour le dessin de Carmen Carnero car l'intrigue ne brillait guère par son originalité (et la perspective de les voir relancer Thunderbolts à la rentrée ne me ravit pas). Quant aux Guardians of the Galaxy...


Disons, pour faire simple, que je me demande ce qu'ils attendent pour démarrer vraiment leur histoire, décompressée au possible, et se reposant une fois de plus sur un artiste en feu, ici Kev Walker, et des artifices cosmétiques plus que des idées narratives.

Voilà quatre mois que Kelly et Lanzing parlent de Grootfall sans qu'on sache vraiment de quoi il s'agit, d'où ça vient, comment ça a commencé. Selon une formule répétitive chez Marvel depuis quelque temps, la série a redémarré avec les héros dans une situation de crise. Les Gardiens se sont désunis, l'ambiance est morose, et désormais ils sont déguisés comme un cowboy (Star-Lord), une chanteuse de saloon (Mantis), une chasseuses de primes (Gamora), un barbare (Drax) et Nebula est devenue un robot. Pourquoi ? Là encore : mystère.

Mais bon, après tout, pourquoi pas si l'histoire est prenante ? Sauf qu'elle ne l'est pas. Ces quatre épisodes sont trop décompressés, et abusent de scènes inutiles, sans enjeux, sans intensité, alors que, dans le même temps, les deux auteurs veulent nous convaincre qu'une menace terrible (et effectivement visuellement impressionnante) mobilisent les héros. Cette contradiction aboutit à une lecture laborieuse, ennuyeuse, sans nerf, sans rythme, totalement à l'opposé de qu'on est censé ressentir.

Star-Lord et compagnie vont ici et là pour prévenir de la menace du Grootfall sans éviter la catastrophe. Il faut dire qu'ils sont particulièrement mous, comme si la bataille était perdue d'avance, et leur côté badass n'y fait rien. On a l'impression qu'ils sortent d'un bal costumé et n'ont plus l'énergie pour convaincre les foules de les écouter.

Est-ce que ça allait un peu bouger avec Rocket Raccoon, son mauvais caractère, sa proximité avec Groot ? Pas vraiment. L'épisode n'est pas avare en splash-pages, grandioses, et Kev Walker tient la baraque avec un talent fou. Lui nous en donne pour notre argent, mais j'imagine que le script qu'il reçoit chaque mois ne doit pas l'assommer d'indications scéniques et qu'il a donc tout le loisir de meubler comme il en a envie. Tout ça ressemble à un pastiche  de la "Marvel's way" imaginée par Stan Lee où les artistes recevaient un vague plan que le dessinateur mettait en images avant que le scénariste ne revienne pour écrire les dialogues.

Mais Stan Lee, contrairement à Kelly et Lanzing, était un dialoguiste plein de verve, alors que là on a droit une voix off indigne de Rocket Raccoon, sans vitalité, avec des figurants fantomatiques (ce fameux culte) et une action (ou plutôt une inaction) exaspérante. Je ne spoile rien d'important en vous révélant qu'à la fin Rocket et les autres Gardiens sont réunis et vont devoir retravailler tous ensemble car la version de Groot avec laquelle Star-Lord a communiqué dans l'épisode précédent les a convoqués pour s'expliquer.

Ce sera donc un quitte ou double que ce cinquième et prochain numéro : soit Kelly et Lanzing sortent de leur chapeau de space cowboy quelque chose qui me motivera à poursuivre l'aventure, soit - et ce malgré Kev Walker - j'en resterai là parce que payer 3,99 $ pour si peu à lire, c'est vraiment abusé. Marvel file un mauvais coton : entre faire mourir des personnages pour les ressusciter (sous une nouvelle forme) à peine quelques mois plus tard, répéter ad nauseam les mêmes gimmicks pour relancer des séries, annoncer des refontes de franchises, confier des séries-phares à des auteurs moyens, tout ça n'est vraiment pas bandant.