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vendredi 7 octobre 2022

JANE FOSTER & THE MIGHTY THOR #5, de Torunn Gronbekk et Michael Dowling


La mini-série Jane Foster & the Mighty Thor s'achève sur une note mineure. En vérité, on découvre la raison d'être de ce projet qui était moins de surfer sur le dernier film consacré au dieu du tonnerre qu'à être le prologue de Thor #29, qu'écrira justement Torunn Gronbekk. Michael Dowling s'en sort honorablement même s'il paraît un peu à bout de souffle.


Aux prises avec la Reine des Rêves, Thor et Jane Foster découvrent ce qui se passe à Asgard, sous le feu de l'armée de Kurse et Tyr. Ruña, la valkyrie, se fait téléporter par Lady Sif aux forges de Nidavelir.


Comme ils rejoignent la cité céleste et que leurs compagnons d'armes ressucitent en chemin, Thor et Jane Foster se jettent dans la bataille à laquelle s'est joint Arès, le dieu de la guerre.


Ruña revient de Nidavelir avec une arme capable d'assujettir les Disir, les valkyries damnées par Bor, et elles les envoient détruire la flotte des elfes noirs. 


La victoire change de camp mais Jane Foster implore Thor d'être clément avec ses ennemis car trop de sang à déjà coulé. Arès échoue dans le royaume des rêves à son tour.

Lancée pour surfer sur le succès de Thor : Love and Thunder, dernier long métrage en date consacré au dieu du tonnerre, cette mini-série n'aura finalement vécu que pour servir de rampe de lancement au 29ème épisode de la série actuelle Thor. Ce sera d'ailleurs Torunn Gronbekk qui écrira Thor #29 en remplacement de Donny Cates.

D'où un léger sentiment de s'être fait rouler. Je m'étonnais, mais plutôt positivement, de l'ambition de la scénariste dans Jane Foster & the Mighty Thor, avec une intrigue très dense, sur deux niveaux (la bataille d'Asgard et la recherche de Jane Foster pour trouver Thor). En fait, c'est comme si ces cinq épisodes avaient été produits en parallèle pour quelque chose d'autre sans avertir le lecteur. La manoeuvre a de quoi laisser pantois.

C'est d'autant plus accablant que ce n'est pas la première fois au cours de ces derniers mois que Marvel lance des mini-séries dont le résultat est souvent frustrant avant qu'on retrouve le personnage principal ou des seconds rôles ailleurs : America Chavez : made in the U.S.A. (de Kalinda Vasquez et Carlos Gomez) a par exemple servi à préparer le retour de celle-ci dans le titre Thunderbolts de (Jim Zub et Sean Izaakse), et, si on remonte un peu avant, The Winter Soldier (de Kyle Higgins et Rod Reis) ressemblait déjà à un prélude au retour au premier plan de Bucky Barnes dans Captain America : Sentinel of Liberty.

Rien de répréhensible mais cette tactique interroge. Va-t-on avoir droit à encore beaucoup de choses de ce genre ? Faudra-t-il désormais interpréter chaque mini-série comme une mise en bouche pour la mise en scène d'un personnage dans une série plus vendeuse ? 

En outre, on voit bien qu'il y a deux poids, deux mesures. Car entre le Punisher qui a droit à une mini-série de prestige par un trio de créateurs renommé (Jason Aaron, Jesus Saiz, Paul Azaceta) et Jane Foster ou America Chavez ou Bucky, avec des équipes artistiques moins réputées (mais pas forcément moins talentueuses), Marvel adresse un message beaucoup plus clair au lecteur : les mini-séries consacrées aux seconds couteaux sont quaisment des bouche-trous ou des tests pour savoir si l'éditeur va promouvoir tel personnage.

Pour en revenir à Jane Foster & the Mighty Thor, la conclusion de cette histoire frustre plus qu'elle ne comble. L'apparition tardive de Arès en est la parfaite illustration, le dieu de la guerre n'ayant jamais plus récupéré la place qu'il avait du temps de Bendis (dans Dark Avengers jusqu'à sa mort dans Siege). Quant à Jane Foster désormais Valkyrie, elle a du mal à s'imposer à moi dans ce rôle après la mort gratuite qu'a infligé Jason Aaron à Brunhilde/Barbara Norris. Je trouve ce remplacement forcé, artificiel, juste imposé pour conserver à Jane Foster une place parmi la communauté super-héroïque.

Mais Thor Odinson aura été le personnage le plus transparent de cette mini-série, et même s'il occupe plus de place dans ce dernier numéro, on ne sent pas de la part de Torunn Gronbekk un grand intérêt pour lui. Il n'est décidément pas gâté en ce moment...

On peut faire la même observation sur le plan graphique car Michael Dowling n'arrive jamais à représenter le dieu du tonnerre avec le charisme, la puissance resquis. Le dessinateur a du mal en général avec les personnages imposants, c'était flagrant avec Beta Ray Bill puis S'ym, et ici avec Arès et Thor.

En revanche, dès qu'il s'agit d'animer des personnages féminins, le trait délicat de Dowling fait merveille et il serait sans doute judicieux de le placer sur des histoires où son talent serait mieux employé (comme ce fut le cas quand il dessina Black Cat, écrit par Jed MacKay).

Toutefois, Dowling m'a paru un peu à court de souffle dans ce dernier épisode. Ses compositions sont moins soignées, les décors sont souvent absents, et il a des difficultés dans les scènes d'action car la valeur de ses plans est maladroite, manque de dynamisme. Les couleurs de Jesus Arbutov et Eric Arcienega sont aussi beaucoup trop pâles pour un final qui prétend être aussi explosif.

Je crois que je vais être plsu méfiant avec les mini-séries Marvel à l'avenir. 

samedi 24 septembre 2022

JANE FOSTER &THE MIGHTY THOR, de Torunn Gronbekk et Michael Dowling

 

Ce pénultième épisode de Jane Foster & the Mighty Thor déçoit un peu. Torunn Gronbekk semble un peu embarrasée au moment de (presque) conclure, comme si elle mesurait la (trop ?) grande ambition de son histoire par rapport au nombre d'épisodes dont elle dispose. Michael Dowling livre de belles planches, mais s'en sort mieux.



Transpercé par deux flèches, Thor gît dans les bras de Jane Foster. Le désespoir l'étreint et autour d'elle, tout la renvoie aux moments douloureux de son passé.


Asgard est à feu et à sang. La cité des dieux subit les assauts des elfes noirs menés par Kurse. Lady Sif perçoit en outre la présence du traître Tyr Odinson et en avise Beta Ray Bill.


Tandis que Jane Foster tente de se ressaisir face aux cauchemars qui l'assaillent, Thor se rétablit. Il la rassure et l'amour qui les unit a raison de l'environnement hostile du royaume des rêves où ils sont.
 

Tyr fait face à Lady Sif et invoque les esprits des morts pour terrasser la résistance asgardienne. Puis il s'avance sur le Bifrost à la rencontre de celui qui a conduit cette bataille et s'en est nourri...

Le rideau va bientôt se baisser sur cette mini-série et comme souvent dans le cas de celles produites par Marvel, on retrouve cette impression de précipitation et de manque d'espace. Contrairement à DC qui s'engage dans des histoires en huit, dix, douze chapitres, même si ce n'est pas toujours un calcul gagnant, mais qui laissent aux auteurs le temps de développer leurs arguments.

L'ambition, ce n'est pas ce qui a manquée à Torunn Gronbekk et on ne peut que la féliciter de ne pas nous avoir servi une intrigue au rabais, juste pour meubler et/ou surfer sur la sortie d'un film (en l'occurrence le très discutable Thor : Love and Thunder). Mais la scénariste aurait certainement préféré avoir plus de temps et donc de lattitude pour écrire ce qu'elle avait à dire.

Comme depuis le début, l'épisode utilise une narration parallèle : d'un côté, la guerre sur Asgard lancée par Kurse, les elfes noirs et Tyr, missionnés par un énigmatique personnage dont on ignore toujours l'identité et le mobile ; de l'autre, les retrouvailles de Jane Foster et Thor.

La bataille sur Asgard est sans doute celle qui souffre le plus du format de cette mini-série. Gronbekk n'a pas eu froid aux yeux en se lançant dans une entreprise pareille parce qu'elle a voulu que cette attaque soit vraiment épique et que Lady Sif, Beta Ray Bill et les Valkyries soient en réelle difficulté face à leurs ennemis. Pourtant, on sent bien qu'en plusieurs occasions, depuis quatre épisodes, la scénariste aurait aimé mettre en scène ce conflit comme une pièce plus importante, en lui accordant plus de pages.

Au lieu de ça, elle doit aller d'un personnage à un autre, d'un duel à un autre : Ruña contre Kurse, Lady Sif contre Tyr, Beta Ray Bill et Tori contre les elfes, et d'autres guerriers emportés par les bombes trous noirs lancés sur la cité céleste. Cela donne l'impression d'assister à une zapping où tout est survolé mais rien n'est creusé. Par exemple, il y a une scène où Tyr invoque l'esprit des morts, parmi lesquels celui qui a maudit jadis les valkyries : à ce moment, Kurse et Ruña s'affrontent sur un bâteau volant et Ruña se jette dans le vide en entraînant avec elle Kurse, autant pour le tuer que pour échapper à l'esprit qui fond sur elle.

Le souci, c'est que cette action spectaculaire et dramatique est noyée dans un ensemble d'autres actions et la dimension sacrificielle du geste de Ruña manque alors d'intensité. Idem quand Lady Sif se jette contre Tyr sans l'affronter vraiment, du couo il a la voie libre pour atteindre le Bifrost où l'attend un personnage important. Quant à Beta Ray Bill, il fait juste de la figuration, ce qui est un comble pour le ministre de la défense d'Asgard.

L'autre partie du récit, avec Jane et Thor, est plus aboutie, simplement parce qu'elle s'éparpille moins. L'environnement du royaume des rêves et la façon dont il éprouve Jane donnent lieu à des scènes poignantes, où Jane revit les moments les plus douloureux de son passé, depuis la mort de sa mère jusqu'au cander qui faillit l'emporter elle-même.

Toutefois, ce qui est étrange dans cette histoire, c'est à quel point Thor en aura été absent. Quand il aura été recherché par Jane jusqu'au moment où elle le retrouve, le Mighty Thor du titre aura été transparent. Sans doute que son heure viendra dans le dernier épisode, mais c'est frustrant car j'avais imaginé quelque chose de plus tendu, axé autour du fait que Jane a été la Puissante Thor un temps et qu'elle semble regretter de ne plus l'être (même si elle a hérité de grands pouvoirs en sa qualité de Valkyrie).

Michael Dowling fait ce qu'il a à faire et ses planches conservent une belle allure. Ce n'est pas un artiste vraiment à l'aise avec l'action, le grand spectacle, son découpage manque cruellement de dynamisme. Mais son dessin est agréable à lire, toujours lisible, avec des compositions très étudiées.

Quand il doit mettre en images la bataille d'Asgard, il fait des efforts louables et là aussi, avec quelques pages supplémentaires, il aurait peut-être pu épater davantage. En tout cas, il y avait du potentiel. Il intègre par ailleurs bien les effets infographiques à ses planches et si son trait à quelque chose d'un peu froid, ce n'est pas trop dérangeant.

Mais on sent bien qu'il préfère les moments plus instropectifs comme en témoignent les pages dans le royaume des rêves. Car Dowling est inspiré par Jane Foster : il a du mal à la représenter diminuée, malade, il lui conserve une beauté même dans ses pires souvenirs, une sorte de noblesse, de dignité. Déjà, quand il dessinait des épisodes de Black Cat (écrits par Jed MacKay), il réussissait très bien à animer les personnages féminins, mieux que les masculins.

Les couleurs de Jesus Arbutov offrent des contrastes soignés, entre le bruit et la fureur asgardiens et la douceur du royaume des rêves. Son travail s'accorde très harmonieusement au trait de Dowling.

On va voir comment tout ça se termine, surtout en prenant en compte le personnage qui apparaît à la toute dernière page, qu'on n'a pas vu depuis longtemps (ce qui singifie peut-être que Marvel a des plans pour lui).

samedi 13 août 2022

JANE FOSTER & THE MIGHTY THOR #3, de Torunn Gronbekk et Michael Dowling


Ce qui distingue cette mini-série Jane Foster & the Mighty Thor des autres dans le même format (cinq-six épisodes), c'est que Torunn Gronbekk met le paquet et ne se limite à une petite histoire sympa pour passer le temps. Encore une fois, cet épisode est spectaculaire et palpitant et Michael Dowling réalise de superbes planches, à la hauteur du script.


Les elfes noirs de Kurse et les troupes d'Ulik le troll fondent sur Asgard. Dans les airs, les valkyries, dont Ruña et Hildegarde, tentent de repousser les assauts ennemis.


Dans les Limbes, Jane Foster affronte le démon S'ym. D'abord en difficulté, elle se sert du Promethium pour soumettre son adversaire. Puis elle reprend sa quête pour trouver Thor.


La situation devient vraiment critique à Asgard lorsque Tyr Odinson, aux côtés de Kurse, décident de larguer des bombes trous noirs sur la cité céleste.


Jane suit une piste dans les Limbes qui la mène à Thor. Celui-ci lui demande de lui envoyer son marteau Mjonir avant d'être touché par des flèches et de s'écrouler...

Je disais donc en préambule que les mini-séries de cinq ou six épisodes manquent souvent d'ambition. Les editors les commandent fréquemment pour surfer sur une actulaité parallèle (la sortie d'un film mettant en scène les personnages de la mini-série) et de fait les scénaristes acceptent de boulot de commande sans trop se fouler. 

Dans le cas de Jane Foster & the Mighty Thor, il s'agissait de redonner à Jane Foster l'espace de quelques épisodes son rôle de Puissante Thor comme dans le film (Thor : Love and Thunder) récemment sorti de Taika Waititi. Personne n'était dupe de la manoeuvre de Marvel, et encore une fois, cette mini-série a été confiée à un auteur et un artiste qui ne figurent pas parmi les plus renommés de l'éditeur.

Mais Torunn Gronbekk, la scénariste, n'a, semble-t-il, pas voulu qu'on croit qu'elle prenait ça à la légère et s'est mise en tête de livrer un récit qui en donne pour son argent au lecteur. Evidemment, elle avait un cahier des charges à respecter, mais pourquoi pas l'épicer un peu, lui donner du relief ?

C'est ainsi qu'elle narre un assaut d'envergure sur Asgard au moment où son roi, Thor Odinson, est absent et introuvable, même pour Lady Sif, devenue la remplaçante de Heimdall. Jane Foster, devenue membre des Avengers en qualité de Valkyrie, est appelée en renfort par Mjolnir lui-même, dans lequel se trouve maintenant l'esprit d'Odin. Tandis que la guerre fait rage à Asgard, Jane enquête sur la disparition de Thor.

Le mois dernier, elle gagnait les Limbes où le démon S'ym, d'habitude aux ordres de Belasco (familier des New Mutants puisque c'est lui qui retint dans son royaume Ilyana Rasputin/Magik), la défie. On va donc assister en parallèle à la débâcle des asgardiens contre les elfes noirs et à la poursuite de la quête de Jane Foster.

Le spectacle est au rendez-vous comme en témoignent les scènes de bataille dantesques à Asgard. Gronbekk n'y va pas par quatre chemins : Lady Sif, Beta Ray Bill, Volstagg, les valkyries Ruña et Hildegarde son vraiment dépassés par leurs ennemis, qui bombardent carrèment la cité des dieux avec des bombes générant des trous noirs. Comme je l'ai déjà souligné, on n'est guère habitué à cette débauche de moyens pour une mini-série traitée ici à la manière d'un blockbuster.

Du côté de Jane Foster, ce n'est pas beaucoup plus calme puisqu'on a droit à une empoignande musclée contre S'ym, qu'on voit écarter sans difficulté Mjolnir puis envoyer au tapis la Puissante Thor. Il faut qu'elle dégaine le Promethium, l'arme de toutes les armes (dont elle se sert normalement quand elle agit en qualité de Valkyrie) pour soumettre son adversaire.

Michael Dowling et le coloriste Jesus Arbutov font une paire parfaite. D'un côté, le trait élégant, de l'autre, des nuances superbes, pour, dans chaque partie du récit, mettre en valeur l'intensité des batailles livrées. 

Le découpage de Dowling est sobre, il taille des vignettes de dimensions généreuses quand il doit représenter des dégâts colossaux ou des démonstrations de force impressionnantes. Pas d'excentricités donc, mais des plans lisibles et efficaces. On devine bien que ce qui intéresse davantage le dessinateur, c'est de s'arrêter fréquemment sur les personnages et leurs visages en particulier pour saisir une expression, traduisant son état d'âme face au conflit.

Ainsi, Ruña, la valkyrie noire, est un peu notre personnage témoin, c'est par elle qu'on assiste, sidéré, à la chute d'Asgard sous les assauts de Kurse, Tyr et Ulik. C'est par elle qu'on comprend trop tard que le bombardement sur Asgard va déchirer la cité et emporter plusieurs de ses meilleurs guerriers.

En revanche, Dowling, de façon habile, procède différemment avec Jane Foster qu'il cadre en majesté lorsqu'elle lutte en qualité de Puissante Thor. Ce choix ne doit rien au hasard, il s'agit de montrer qu'elle reste en mesure de vaincre S'ym malgré leur différence de gabarit, de puissance, de conviction. De plus, l'action est plus aérée car elle compte moins de participants et il faut composer avec le fait qu'elle se développe dans un endroit clos (la bibliothèque des Limbes). Dowling s'en sert pour montrer les trajectoires sinueuses de Mjolnir, qui se déplace différemment que lorsqu'il est lancé par Thor Odinson (une règle établie par Russell Dauterman lors du run de Jason Aaron).

Surtout et enfin, Gronbekk et Dowling n'oublient jamais le titre de la mini-série : il s'agit bien autant de Thor que de Jane Foster, il n'est pas question de faire croire à un retour de Jane dans ce rôle (ce qui est dommage, mais bon...). Et donc, une fois le duel contre S'ym terminé, Jane redevient elle-même, philosophant un instant sur sa vision de l'univers, de sa place en son sein et du pouvoir dont elle dispose. Là encore un signe que cette production est sacrèment plus subtile qu'à l'accoutumée.

Je regrette vraiment que Torunn Gronbekk n'écrive pas la série Thor à la place de (l'exaspérant) Donny Cates. Ou alors que Marvel pense à la promouvoir en lui confiant Avengers (maintenant que l'on sait que Jason Aaron va achever son run). Quant à Michael Dowling, il serait aussi bon de ne pas le cantonner à des projets de ce type car il mérite plus.

samedi 9 juillet 2022

JANE FOSTER & THE MIGHTY THOR #2, de Torunn Gronbekk et Michael Dowling


Alors que le film Thor : Love and Thunder vient de sortir aux Etats-Unis, la parution de ce deuxième numéro de Jane Foster & the Mighty Thor tombe à point (l'opus de Taika Waititi sera visible chez nous Mercredi prochain). Néanmoins Torunn Gronbekk a son histoire à raconter et elle s'en acquitte avec talent, aidée avantageusement par le dessinateur Michael Dowling.


Asgard. Kurse donne l'assaut sur la ville des dieux. Les valkyries ripostent par les airs tandis que Lady Sif et Beta Ray Bill tentent d'organiser leurs troupes.


De son côté, Jane Foster, guidée par l'esprit d'Odin dans le marteau Mjolnir, sollicite l'aide du Dr. Voodoo. Il lui indique que la flèche qui a blessé Thor a une pointe en métal venant des Limbes.


Asgard. L'Enchanteresse usurpe l'apparence d'un soldat pour se glisser dans un palais où elle compte mettre la main sur les clefs de Hel. Lady Sif la repère et avertit Beta Ray Bill.


Jane Foster arrive dans les Limbes et pénètre dans une bibliothèque. Elle secoue l'individu qui s'occupe de l'endroit pour obtenir des renseignements quand elle doit faire face à un familier de cette dimension.

La construction de cet épisode est des plus classiques, c'est entendu, mais elle est très efficace. Torunn Gronbekk choisit de narrer les actions parallèlement et cela permet au lecteur d'apprécier les obstacles qui se dressent devant les héros.

On a donc d'un côté l'enquête menée par Jane Foster/Valkyrie et Odin, dont l'esprit est désormais dans le marteau Mjolnir. Ils trouvent l'endroit où Thor a été attaqué et comme indice la pointe métallique d'une flèche. Odin ne réussissant pas identifier l'origine de ce métal, Jane décide de faire appel à un spécialiste. Direction : la Nouvelle Orléans.

Gronbekk a l'idée brillante et angoissante de montrer que cette visite n'est pas la bienvenue : les habitants de Bourbon Street sont sous l'emprise du Dr. Voodoo et tentent d'intimider Jane Foster. Odin râle mais le sorcier finit par se montrer et autorise les visiteurs à le rejoindre au calme. Ce moment de tension est parfaitement mis en scène et suggère que les forces asgardiennes et la crise qu'elles traversent avec la disparition de Thor engendrent une situation sensible.

En parlant de crise, Asgard est sous le feu de ses ennemis, rassemblés par la mystérieuse femme masquée qu'on a vue dans le premeir épisode. Kurse, depuis un drakkar volant, et ses elfes noirs bombardent la cité céleste. Grâce à Michael Dowling, on vibre car son découpage est spectaculaire. La dimension généreuse des cases, les angles de vue très dynamiques, les compositions très claires permettent  d'apprécier à fond de la fureur du combat. Les dégats occasionnés sont impressionnants, notamment avec la chute d'une tour, mais aussi avec la riposte des valkyries qui évoluent dans les cieux comme des avions de chasse (avec des chevaux ailés en lieu et place des coucous).

Retour sur Terre avec Voodo qui, lui, reconnaît vite d'où vient la pointe de la flèche. Torunn Gronbekk va nous entraîner dans une direction séduisante : les Limbes. Pour ceux qui lisent actuellement New Mutants (par Vita Ayala et Rod Reis), c'est une zone dont la dangerosité n'est plus à expliquer. Bien que je ne sois pas un expert, je me demande si les asgardiens se sont souvent aventurés dans les Limbes pour y affronter des démons. En tout cas, c'est une idée ingénieuse, qui change un peu des ennemis traditionnels de Thor. 

Sur ce passage, on est ébloui particulièrement par les couleurs magnifiques de Jesus Arbutov, comme toujours. Il joue sur 'une source lumineuse réduite mais qui donne là encore une ambiance envoûtante. Associé au trait précis et élégant de Dowling, cela donne des planches de très belle facture, la preuve que cette mini-série est soignée par ceux qui la produisent.

La bataille en Asgard atteint une sorte de paroxysme (la chute de la tour précitée) mais aussi avec l'entrée en scène d'Amora l'Enchanteresse. Le moment où, passant devant un miroir magique alors que Lady Sif la localise, est impeccablement mis en scène. Il y a chez Dowling comme chez Gronbekk une volonté tout à fait louable de ne pas compliquer les choses, de proposer une lecture simple, sobre, qui a pour effet imparable de rendre ce genre de moment captivant. On le garde en mémoire alors même que ni le script ni le dessin ne cède à la facilité, mais respectent l'un et l'autre un tempo parfait.

Je n'ai pas voulu spoiler l'identité de l'adversaire contre qui, dans le prochain épisode, Jane Foster (qui revêt à nouveau le costume de la puissante Thor) devra se battre, mais si, là encore, vous lisez actuellement New Mutants, vous réussirez facilement à deviner de qui il s'agit. Et ça promet une belle baston.

On pourra déplorer de peu voir Thor et que le peu qu'on en voit nous le montre dessiné avec un manque flagrant de gabarit. C'est le seul bémol que j'émettrai au sujet du dessin de Dowling. Mais il a le temps de rectifier cela, car il ne fait pas de doute qu'on verra, comme le promet le titre de la mini-série, Jane Foster et Odinson réunis d'ici la fin. Cependant, j'apprécie tellement de revoir Jane dans l'habit de la déesse du tonnerre que je me fiche un peu de la quasi absence de Thor. Pour moi, les épisodes où Jane endossait le titre étaient les meilleurs du run de Jason Aaron et j'aurai aimé que Marvel prolonge cela en publiant une série Mighty Thor (ce serait d'ailleurs encore possible maintenant que Odinson est devenu roi des Neuf Royaumes).

En attendant une telle éventualité, je savoure ce qu'offrent Gronbekk et Dowling. Et j'attends avec gourmandise la suite.

jeudi 9 juin 2022

JANE FOSTER & THE MIGHTY THOR #1, de Torunn Gronbekk et Michael Dowling


Cette semaine débute la parution de la mini-série en cinq épisodes Jane Foster & the Mighty Thor. Ecrite par Torunn Gronbekk et dessinée par Michael Dowling, ce projet ne sort pas de nulle part : à l'horizon, il y a le film Thor : Love and Thunder dans lequel Jane Foster fait son retour et brandit le marteau Mjolnir. Toutefois, il ne s'agit pas non plus d'une adaptation du futur long-métrage et si ce n°1 n'est pas parfait, il est prometteur et ambitieux.


Après avoir assisté les Avengers sur une mission, Jane Foster/Valkyrie rentre chez elle. C'est alors que le marteau Mjolnir de Thor brise sa fenêtre et se pose dans sa cuisine, couvert de sang.


Asgard. Sif prévient Beta Ray Bill d'une attaque imminente des elfes noirs conduits par Kurse mais aussi sur un autre front par Ulik le troll.


Jane se saisit de Mjolnir et découvre que le marteau renferme désormais l'esprit de Odin qui la prévient que Thor est en danger et qu'elle doit endosser à nouveau son rôle de déesse du tonnerre.


Ailleurs, l'organisatrice de l'attaque contre Asgard rejoint Amora l'Enchanteresse avec qui elle s'est alliée qui s'est chargée d'envoyer Thor à une mort certaine...

J'avais récemment beaucoup apprécié ce que Torunn Gronbekk avait écrit avec l'Annual 2022 de Captain Marvel avec les Starjammers en guest-stars. J'étais donc curieux de voir ce qu'elle allait proposé avec Jane Foster & the Mighty Thor, sachant que ce n'était pas la première fois qu'elle exploitait les personnages (elle avait co-écrit la série The Mighty Valkyries avec Jason Aaron).

Ce nouveau projet ne doit rien au hasard : c'est une initiative de Marvel Comics pour profiter de la sortie imminente (début Juillet) de Thor : Love and Thunder de Taika Waititi, dans lequel on assistera au retour de Jane Foster et où elle brandira Mjolnir en qualité de Mighty Thor, déesse du tonnerre.. Le cinéaste a promis que son scénario respectait le run de Jason Aaron tout en mixant plusieurs de ses intrigues (Gorr le boucher des dieux sera aussi présent alors qu'il est apparu bien avant Jane Foster en Thor dans les épisodes du scénariste).

A quoi s'attendre dans ces conditions ? Un comic-book opportuniste ? Ou un récit original ? Un peu des deux visiblement... Mais examinons de plus près le contenu de ce premier épisode. Une attaque massive est organisée contre Asgard par un mystérieux conspirateur qui recrute des ennemis puissants (Kurse, Ulik le troll, les elfes noirs). Thor est introuvable, invisible à Sif, 'devenue la remplaçante de Heimdall comme gardienne du Bifrost et premier rempart du royaume des dieux nordiques.

Pendant ce temps, Jane Foster/Valkyrie assiste les Avengers et l'agent du Wakanda Roz Solomon sur une arrestation étrange. Elle en profite pour escorter une femme au paradis, comme son rôle l'exige. Puis elle rentre chez elle où elle est surprise par l'apparition de Mjolnir ensanglantée...

Torunn Gronbekk rédige un épisode assez déséquilibré dans la mesure où il commence par une (trop) longue séquence avec les Avengers et l'agent Solomon, qui semble surtout destinée à montrer les pouvoirs, plutôt sinistres, de la Valkyrie (capable de lire le destin de tout un chacun et donc d'anticiper l'heure de leur mort). On se demande, à part cela, pourquoi elle y consacre autant de pages - peut-être que cette action a priori sans rapport avec la suite s'avérera pertinente plus tard, mais je suis perplexe.

Tout démarre vraiment avec l'apparition de Mjolnir couvert de sang. Pour que le marteau enchanté ne soit pas rappelé par Thor et vienne jusqu'à Jane Foster, qui l'a brandi un temps, il faut que la situation soit gravissime. Mais là encore, Gronbekk déjoue nos attente (nos espoirs ?) car la Puissante Thor ne fait qu'un passage éclair quand Jane se saisit de l'objet... Avant de reprendre son apparence de Valkyrie. L'esprit d'Odin (qui vient de mourir dans les pages de la série Thor de Donny Cates) enfermé dans le marteau râle car Jane résiste à reprendre son ancien rôle dans un moment critique (c'est raccord avec la relation tumultueuse qui a toujours existé, de tout temps, entre la mortelle et l'ex-Père de Tout).

Pendant ce temps, Asgard est effectivement sous le feu des agents embauchés par la mystérieuse conspiratrice vue dans les premières pages. Et on découvre à la toute fin que Amora l'Enchanteresse est aussi de la partie.

Tout ça forme un ensemble un peu bizarre, comme si les éléments se mettaient place de manière anarchique (ce qui contredit ce qu'on lit puisque l'assaut contre Asgard et le sort de Thor ont été planifiés). Mais tout sera oublié et pardonné si Gronbekk rééquilibre son topo au prochain épisode - la mini-série en comptera cinq. Ce qui est certain en revanche, c'est que la scénariste marche dans les pas de Jason Aaron (avec Jane Foster, les elfes noirs, Kurse, l'Enchanteresse, Ulik, tous présents dans son run jusqu'à War of the Realms) et qu'elle a de l'ambition si on en juge par ce départ spectaculaire.

L'autre raison pour laquelle cette mini m'intéressait, c'était pour la présence au dessin de Michael Dowling. Voilà un artiste que je juge intéressant à suivre. Je l'avais remarqué sur la mini SFSX (Safe Sex) écrite par Tina Horn pour Image Comics, puis sur de récents épisodes d'Amazing Spider-Man (période Beyond).

Ici colorisé par l'excellent Jesus Arbutov, il se révèle encore une fois très bon. Son trait est élégant et posséde des textures superbes, presque minérales. Son usage de l'infographie est intelligent, notamment pour les décors (exigeants ici, surtout pour les scène sur Asgard avec des plans d'ensemble généreux). Mais ce sont surtout ses personnages qui séduisent le regard.

Il s'approprie Jane Foster après Russell Dauterman et Mattia de Iulis, sans s'inscrire dans les traces de l'un ou de l'autre. L'héroïne a une sorte de majesté naturelle fascinante, et les gros plans sur son visage sont remarquables. Le degré de détail apporté à des éléments comme Mjolnir est aussi assez bluffants et la dernière page révèle là encore une puissance évocatrice épatante (même si on peut chipoter en notant que le personnage qui s'y trouve manque un peu du muscle qui le caractérise).

L'un dans l'autre, tout n'est donc parfait, mais on peut espérer que les maladresses seront vite gommées et que l'histoire prendra un bel envol. Elle en a le potentiel en tout cas, et avec les dessins de Dowling, ce sera agrèable à lire.

samedi 9 avril 2022

CAPTAIN MARVEL ANNUAL 2022, de Torunn Gronbekk et Carlos Gomez


Bien que je ne suive plus la série Captain Marvel depuis un bail, j'ai jeté on dévolu sur cet Annual 2022 pour le plaisir de retrouver les Starjammers, un groupe de personnages que j'adore, fruit de l'imagination de Dave Cockrum, et dont l'histoire est liée à Carol Danvers. Ecrit par Torunn Gronbekk (et non Kelly Thompson) et dessiné par Carlos Gomez, ce numéro est régal.


Carol Danvers est arrêtée dans un casino du secteur K'rsak pour une bagarre. Jugée et condamnée rapidement, elle est envoyée dans la prison d'Ashmount. Mais tout cela fait partie d'un plan...


Sur place, elle retouve en effet les Starjammers qui veillent sur Bean, sa protégée d'origine Kree, traquée par les Quatre de Hala, des fanatiques eugénistes. Carol déclenche une émeute.


Le chaos qui s'ensuit permet l'évasion des Starjammers et de Bean. Une fois dehors, Captain Marvel doit encore se débarrasser d'une gigantesque méduse pour couvrir la fuite de ses amis.


Rejoignant leur vaisseau, les Starjammers voient Bean filer car elle refuse qu'ils se sacrifient pour elle. Les Quatre de Hala resurgissent. Mais pourquoi veulent-ils la tuer ?

Chaque fan de comics (et même chaque auteur) a des personnages qu'ils adorent et qui ne font pas partie des vedettes couvées par les éditeurs, des héros de second plan, qui n'ont jamais eu assez de reconnaissance publique pour avoir leur propre série régulière mais qui ont partagé l'affiche avec des stars lors de sagas cultes.

Chez Marvel, j'ai un gros faible pour les Starjammers depuis la Saga des Broods dans les pages de Uncanny X-Men par Chris Claremont et Paul Smith au milieu des années 80. Menés par le père de Cyclope, Christopher Summers/Corsaire, ils ont été créés par Dave Cockrum qui les a conçus graphiquement, et animés par Claremont donc. On reconnaît immédiatement les designs, même aujourd'hui un peu modifiés, de Cockrum, cet artiste génial pour dessiner des personnages au look unique. On sait aussi que ce sont des personnages à lui parce qu'ils incarnent sa passion pour les films de pirates, de cape et d'épée (comme Diablo, avant que Claremont et tous les autres en fassent un elfe catholique). Les Starjammers sont des pirates de l'espace et non des super-héros.

Leur route a donc croisé celle de Carol Danvers lors de la Saga des Broods dans laquelle Ms. marvel devint Binaire (que Kelly Thompson s'apprête à remette au goût du jour). A cette époque, victime des pouvoirs de Malicia, Carol Danvers a subi un traumatisme mental et va se ressourcer auprès de cette bande de pirates tout en voyant ses pouvoirs évoluer à un niveau cosmique. Cockrum concevra aussi le design du costume de Binaire (un autre chef d'oeuvre, qu'a réactualisé sobrement Russell Dauterman).

La perspective des retrouvailles de Carol Danvers et des Starjammers a suffi à me faire craquer pour acquérir cet Annual, sans que je sache même ce qu'il allait raconter. Kelly Thompson, scénariste de Captain Marvel, a laissé passer son tour et Marvel a confié l'écriture de ce numéro à Torunn Gronbekk, auteur encore peu connue mais qui a plusieurs projets programmés dans les mois à venir, et qui, auparavant, a rédigé les scripts de Jane Foster : Valkyrie (#8-10) et The Mighty Valkyries (#1-5) d'après des idées de Jason Aaron.

Elle nous entraîne donc d'abord sur une fausse piste avec l'arrestation et le jugement express de Carol Danvers dans un casino. Incarcérée dans une prison terrifiante, on comprend alors qu'elle a tout fait pour y être envoyée car les Starjammers (du moins trois d'entre eux : Corsaire, sa compagne Hepzibah et le géant Ch'od - on ne verra pas Raza, qui figure pourtant sur la couverture de Lee Garbett) y sont déjà, veillant sur Bean, une adolescente Kree, traquée par des fanatiques eugénistes.

La suite est un régal, très rythmée, souvent drôle, pleine d'action, avec une évasion spectaculaire, des combats dans l'espace, et une révélation finale sur la raison pour laquelle Bean est pourchassée. Gronbekk maîtrise parfaitement tous les éléments de cette histoire alors qu'elle débarque juste pour cet Annual. Oserai-je dire qu'elle réussit là où Kelly Thompson a échoué auparavant ? Pas loin, même si ce serait injuste car, comme je l'écrivais plus haut, j'ai arrêté de lire Captain Marvel depuis un moment, mais justement parce que je n'étais pas convaincu par les histoires de Thompson.

En ce qui concerne les Starjammers, hormis le fait que Raza soit absent de l'histoire (sans qu'on comprenne pourquoi), ils sont parfaitement caractérisés. Leur dynamique de groupe est excellement exploitée, notamment la personnalité roublarde de Corsaire, la voix de la raison de Hepzibah, et la placidité de Ch'od. Leur complicité avec Carol est bien mise en valeur, avec quelques répliques bien senties. Tout cela sans sacrifier le sort de Bean, pour laquelle on a ressent une vraie empathie (bien évidemment en raison de sa jeunesse et la persécution qu'elle subit).

Pour ne rien gâcher, Marvel a adjoint à Gronbekk un excellent dessinateur avec Carlos Gomez. Celui qui s'est fait remarquer il y a quelques mois sur la mini-série America Chavez : Made in U.S.A. et ensuite sur des épisodes de The Amazing Spider-Man : Beyond brille encore sur cet Annual. Gomez est sans doute, je suis prêt à prendre les paris, une future star parce qu'il dessine bien, qu'il est ponctuel et que son style est ésudisant. Il aime les belles héroïnes, mais pas que, et il redonne de la féminité à Carol (dont je déplore toujours que Marvel lui ait retirée son costume de Ms Marvel, designé par... Cockrum - et je ne suis pas le seul puisque Kurt Busiek a déclaré récemment que s'il devait écrire le personnage, il exigerait qu'elle renoue avec ce look emblématique).

Gomez maîtrise parfaitement les Starjammers. Influencé (comme d'autres) par Stuart Immonen, il n'en est pas une pâle copie mais son découpage est plein de pep's, avec des compositions fournies et impeccables, des enchaînements fluides, des valeurs de plans variées et justes. Ses personnages sont expressifs, avec parfois un côté presque cartoon très sympa. Un plaisir.

Quand Marvel se rappelle de ses fondamentaux et utilise des personnages aussi chouettes, on ne peut plus rien leur reprocher. Cette semaine, l'éditeur nous aura gâtés. Et on espère revoir vite à l'oeuvre Gronbekk et Gomez, pourquoi pas ensemble.