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vendredi 28 avril 2023

ACTION COMICS #1054, de Philip Kennedy Johnson et Max Raynor, Dan Jurgens, Dorado Quick et Yasmin Flores Montanez


Ce n°1054 d'Action Comics a-t-il un editor (le type censé veiller à la qualité de la revue et à la correction d'éventuelles erreurs) ? On peut se le demander quand on s'aperçoit des erreurs de crédits sur la couverture, mais aussi de la médiocrité de son contenu. Mes craintes sur ce format se confirment et c'est sans doute le dernier exemplaire que je critiquerai car entre Action Comics et Superman, mon choix est désormais fait.


- ACTION COMICS (Philip Kennedy Johnson / Max Raynor) - Metallo enlève les Super-Jumeaux (Osul et Otho) que Jon Kent devait surveiller. Superman les retrrouve vite et affronte son ennemi avant de le convaincre de s'allier pour sauver sa soeur, Tracy Corben...


Est-ce que ça pouvait seulement fonctionner ? C'est la question qu'on se pose avec ce numéro d'Action Comics. Le format anthologique de ce mensuel avait quelque chose d'expérimental et prometteur, mais la proposition qui le portait, avec le titre animé par Philip Kennedy Johnson portait en elle les limites du concept.

En voulant mettre en scène toute la Super-famille, le scénariste faisait un pari ambitieux mais risqué car faire tenir tout ce monde sur une vingtaine de pages n'était pas une mince affaire. Il a, le mois dernier, blessé Kara, et éloigné Kenan et Connor, on pouvait deviner qu'il faisait de la place pour Kal et Jon, qui sont effectivement au coeur de cet épisode.

Du coup, Kennedy Johnson mise tout sur l'action et le grand spectacle et ferme le ban avec un cliffhanger qui remet en lumière un autre ennemi du man of steel. Hélas ! ce n'est pas, à mon avis, très judicieux tant cet adversaire est un des moins inspirés de la rogue gallery du héros. Du coup, l'intérêt pour la suite de l'intrigue s'en trouve fortement diminué.

Mais le vrai défaut de Action Comics est qu'elle trop peuplée, quasi-obèse. Là où Joshua Williamson avec Superman a adopté un parti-pris clair et basique (retour à l'aventure et le renouvellement dans la relation Superman-Luthor), Kennedy Johnson n'a pas su imposer le sien sinon en écartant une partie du casting et avec une histoire bien moins concentrée.

Ce mois-ci, contrairement à ce qu'indique la couverture, ce n'est pas Rafa Sandoval qui dessine, mais Max Raynor. C'est déjà gênant de constater que Sandoval ne peut pas aligner plus de trois épisodes consécutifs, mais Raynor évolue un bon cran en-dessous de lui, même si son travail reste très honnête.

Bref : je vais en rester là.


- LOIS & CLARK 2 (Dan Jurgens) - Ayant réussi à échapper au robot envoyée à ses trousses, la princesse Glyanna piège Jon Kent qui est recherché par ses parents, retardés par DoomBreaker...

Là aussi, pour la partie graphique, c'est la grande désillusion puisque Lee Weeks fait défaut. Comme l'artiste était le seul véritable intérêt pour lire Lois & Clark 2, autant dire que la motivation en prend un sérieux coup.

Dan Jurgens assume donc scénario et dessin. Sur ce dernier point, encré par son fidèle collaborateur Norm Rapmund, il ne fait pas d'étincelles : perso, je n'ai jamais été conquis par le style de Jurgens comme artiste, convenable mais sans plus. Ici, il réussit quelques planches (celles avec Glyanna et Jon) mais sa manière de croquer Superman reste très générique, loin de la classe de Weeks - même si les couleurs, magnifiques, d'Elizabeth Breitweiser atténuent le choc thermique.

Le récit en lui-même ne console pas : depuis le début, il ne casse pas des briques et le twist de fin d'épisode ne change pas grand-chose. Beaucoup de scénaristes vétérans sont condamnés, semble-t-il, à écrire des histoires situées dans le passé, mais pour un Mark Waid (avec World's Finest) qui en profite intelligemment, la majorité fait le strict minimum, sans inspiration.


- STEEL ENGINEER OF TOMORROW (Dorado Quick/Yasmin Flores Montanez) - Après avoir été attaqué par Amalgam,  John Henry Irons se rend à la conférence de presse pour l'inauguration de son complexe industriel SteelWorks...

Power Girl retirée du sommaire, Action Comics accueille donc Steel Engineer of Tomorrow qui s'intéresse au père et la fille Irons, proches de la Super-famille. Pas de quoi sauter de joie, sauf s'il y avait derrière ça un pitch accrocheur. Ce n'est absolument pas le cas puisque Dorado Quick (inconnu au bataillon) nous la joue encore ennemi caché dans l'ombre et préparant la chute de John Irons.

Côté dessin, c'est également insignifiant tant le trait de Yasmin Flores Montanez est impersonnel. DC n'a vraiment rien d'autre sous la main que cette back-up sans âme, et mise en images par une artiste aussi empruntée ? Faut croire que oui. Faut aussi croire que le format anthologique trouve ses limites quand en dehors de la série principale, le reste du programme fait aussi pâle figure.

Mais encore faudrait-il que la série Action Comics convainque, et ce n'est pas le cas. Je craignais bien qu'une des deux séries mensuelles avec le kryptonien ne soit pas à la hauteur et comparé au plaisir pris à la lecture du Superman de Joshua Williamson et Jamal Campbell, c'est sans regret que je laisse tomber Action Comics.

vendredi 31 mars 2023

ACTION COMICS #1053, de Philip Kennedy Johnson et Rafa Sandoval, Dan Jurgens et Lee Weeks, Leah Williams et Marguerite Sauvage


Ce mois-ci, Action Comics se déleste de sa première back-up story puisque c'est le dernier volet de Power Girl Reborn (qui reviendra dans un n° spécial) par Leah Williams et Marguerite Sauvage et qui sera remplacé le mois prochain par Steel Engineer of Tomorrow. La série-titre continue son intrigue sur un rythme toujours soutenu, tandis qu'on se régale surtout avec Lois & Clark 2 grâce au dessin de Lee Weeks.



- ACTION COMICS (Philip Kennedy Johnson/Rafa Sandoval) - John Henry Irons est attaqué par les nécro-drones de Metallo au siège de SteelWorks, mais l'un d'eux est capturé vivant après avoir blessé Supergirl. Metallo comprend, lui, que ce n'est pas sa soeur Tracy qui communique avec lui. Et Jon Kent doit composer avec Otho et Osul alors qu'une manif de Blue Earth a lieu...
 

On n'a pas le temps de s'ennuyer avec l'intrigue concoctée par Philip Kennedy Johnson, construite sur des scènes courtes et rapides, qui multiplient le problèmes pour Superman et sa super-famille, entre les assauts de Mentallo et ceux du mouvement Blue Earth. 

Toutefois, ce morcellement de l'histoire finit par devenir de plus en plus frustrant - est-ce parce que ce découpage rompt avec la tradition des épisodes de 20 pages/mois ? Sans doute. Mais aussi parce qu'on a l'impression d'assister un peu à une sorte de zapping où les personnages n'ont pas le temps d'être creusés, où les événements sont survolés. A surveiller.

En revanche, rien à redire concernant la partie graphique où Rafa Sandoval et son coloriste Matt Herms accomplissent un excellent boulot, très énergique, avec des scènes d'action très percutantes. Mais aussi des moments qui reposent davantage sur les ambiances (entre Metallo et "Tracy"), très intenses. 

C'est solide mais un chouia trop fragmenté.


- LOIS & CLARK 2 (Dan Jurgens/Lee Weeks) - Superman parti secourir Jon, revient en catastrophe à la ferme où Lois est surprise par Lloyd Crayton/Doombreaker. Jon, lui, a disparu avec la princesse Glyanna, reconduite sur P'luhnn par le robot lancé à ses trousses...

On ne va pas se le cacher : même si Lois & Clark 2 n'est pas désagréable à lire, c'est d'abord pour les dessins, somptueux, de Lee Weeks, superbement mis en couleurs par la géniale Elizabeth Breitweiser, qu'on lit ce titre. Encore une fois, la maîtrise de l'artiste pour la narration transcende un script très banal de Dan Jurgens.

L'idée même de revenir sur le séjour des Kent avec leur fils à la ferme (comme au tout début de l'ère Rebirth) donne le sentiment d'une histoire gadget, juste là pour nous rappeler l'adorable gamin que fut Jon Kent (avant que Bendis ne le fasse précocemment vieillir). Jurgens ajoute donc une historiette à cette période, en faisant référence à Doombreaker (créé à l'occasion des 30 de la parution de La Mort de Superman, écrite par... Jurgens - on n'est jamais mieux servi que par soi-même).

J'aurai préféré un exercice moins nostalgique et sentimental - surtout pour Weeks, dont je rêve que Tom King lui écrive une mini-série pour le DC Black Label.


- POWER GIRL REBORN (Leah Williams/Marguerite Sauvage) - Après avoir tenté de traiter Beast Boy et Supergirl, Omen a l'idée de faire appel à Jon Kent pour qu'elle et Power Girl sondent son cerveau. Elles vont y découvrir qui mène ses attaques contre leurs patients...

En revanche, j'aurai bien aimé que se poursuive Power Girl Reborn, modèle de back-up story fondée sur des personnages redéfinis de manière intelligente et une intrigue accrocheuse. Leah Williams a réussi en trois petits épisodes à me captiver avec le duo Omen-Power Girl reconvertis en thérapeutes pour super-héros. L'identité du méchant qui s'attaque à leurs patients pour atteindre PG fait son petit effet et renvoie aux meilleures aventures de la JSA.

Qui plus est, c'est toujours un plaisir de lire les planches merveilleusement belles de Marguerite Sauvage, qui représente les plongées dans l'esprit avec une imagination visuelle débridée et d'une élégance folle. Sauvage mérite vraiment plus de crédit, mais, je ne sais si c'est son choix de ne pas se fixer sur une ongoing ou un manque de confiance des editors qui la sollicitent, elle ne reste jamais suffisamment longtemps pour qu'on profite durablement de son talent.

Cette histoire se poursuivra dans un n° spécial Power Girl, par la même équipe créative, de 50 pages, à paraître fin Mai. Je serai au rendez-vous - en espérant que DC, Williams et Sauvage n'en resteront pas là.

mercredi 1 mars 2023

ACTION COMICS #1052, de Philip Kennedy Johnson et Rafa Sandoval, Dan Jurgens et Lee Weeks, Leah Williams et Marguerite Sauvage


Après un excellent début, la nouvelle formule d'Action Comics avec son collège d'auteurs et d'artistes confirme ses bonnes dispositions. L'ensemble des séries proposées est d'un très bon niveau, se lit tout seul, et s'avère un régal à regarder. Tout juste déplorera-t-on le côté un peu trop morcelé de la totalité...


- ACTION COMICS (Ecrit par Philip Kennedy Johnson, dessiné par Rafa Sandoval.) - Metallo vient de commettre son attentat contre le siège de SteelWorks, blessant au passage Connor Kent. Superman l'envoie dans l'espace. Mais qui détient vraiment la soeur de John Corben ?


Dans sa nouvelle formule, Action Comics accueille donc trois séries et celle qui porte le titre de la revue se taille bien entendu la part du lion. Philip Kennedy Johnson s'est embarqué dans une histoire qui a démarré pied au plancher, avec beaucoup de personnages à gérer. Sans doute trop car on peut déjà constater que la majorité de la Super-family fait de la figuration, s'exprimant peu, ayant peu de place pour agir. Superman, légitimement, occupe le devant de la scène.

Il faudra donc vérifier si le scénariste va rectifier cela sur la longueur, et si ce n'est pas le cas, sans doute le concept retenu risque de devoir être corrigé. Mais il n'empêche que c'est loin d'être désagréable à lire, car toujours mené avec beaucoup de tonus. L'intrigue tisse déjà des liens entre le mouvement Blue Earth (qui s'oppose aux aliens) et Metallo, et disculpe Luthor d'être derrière la détention de Tracy, la soeur de John Corben.

Au dessin, Rafa Sandoval fait un sans-faute. Son découpage est généreux et il est aussi à l'aise dans l'action que dans le dialogue. On distingue bien chaque personnage, et les couleurs de Matt Herms font le reste. C'est un comic-book qui a fière allure.
 

- LOIS & CLARK 2 (Ecrit par Dan Jurgens, dessiné par Lee Weeks.) - Jon Kent assiste à l'atterrissage de la princesse Glyanna de P'luhnn non loin de la ferme des Kent. Peu après surgit un exécuteur envoyé par le père de la princesse chargé de la ramener pour qu'elle soit jugée pour trahison...
 
Sans Lee Weeks et la coloriste Elizabeth Breitweiser, reconnaissons qu'on n'aurait pas de quoi s'émerveiller devant les quelques pages de Lois & Clark. Mais le dessinateur, si rare, nous régale avec son trait si élégant et sa collaboratrice habille chaque plan avec une palette d'une classe confondante.

Dan Jurgens nous sert un récit sympathique, qui n'est pas renversant avec sa princesse traquée. Mais le clifhanger final attise notre curiosité.


- POWER GIRL REBORN (Ecrit par Leah Williams, dessiné par Marguerite Sauvage.) - Omen et Power Girl reçoivent Supergirl qui a un trouble du langage. Le traitement va réveiller les tensions entre les deux Kara mais surtout l'origine de son mal..

J'aime le concept de cette deuxième back-up story et le nouveau cas traité par Omen et Power Girl ce mois-ci est savoureux puisqu'il implique Supergirl. Or, Kara Zor-L (PG) est en quelque sorte une variante de Kara Zor-El (Supergirl), et Leah Williams rappelle avec à-propos que Power Girl n'a jamais été vraiment admise dans la Super-family (puisqu'elle vient d'une Terre parallèle). In fine, on comprend surtout que quelqu'un cherche à s'en prendre à Power Girl via Supergirl et c'est accrocheur.

Marguerite Sauvage (tout comme Sandoval et Weeks) prouve que Action Comics est bien fourni en artistes de qualité puisque ses planches sont merveilleusement belles et entraînantes, avec une mise en couleurs qu'elle effectue elle-même et qui est absolument magique.

BIlan des courses : on aimerait que cette revue compte plus de pages pour que chaque série ait plus d'espace. C'est parfois frustrant, mais c'est aussi bon signe car lorsqu'on en veut plus, c'est que c'est bon. Et de ce point de vue, Action Comics confirme qu'elle est une excellente surprise, impeccablement pensée et éditée.

vendredi 27 janvier 2023

ACTION COMICS #1051, de Philip Kennedy Johnson et Rafa Sandoval, Dan Jurgens et Lee Weeks, Leah Williams et Marguerite Sauvage


On dirait bien que Dawn of DC, le nouveau statu quo mis en place après l'event Dark Crisis (on Inifnite Earths), va d'abord profiter à Superman. Avant le relaunch de la série qui porte son nom (par Joshua Williamson et Jamal Campbell), Philip Kennedy Johnson, qui s'occupe déjà de la série depuis un moment, inagure avec ce n° 1051 une nouvelle formule. Et le résultat est enthousiasmant.


- ACTION COMICS (Ecrit par Philip Kennedy Johnson et dessiné par Rafa Sandoval). - Superman a rassemblé toute sa famille à Metropolis en pensant au futur de la ville. Un mouvement de protestation anti-alien, Blue Earth, fait pourtant part de son mécontentement à ce propos.


Et pour ne rien arranger, Lex Luthor, depuis sa cellule de prison, fait chanter Metallo pour qu'il commette un attentat contre le siège de SteelWorks...

Depuis Mars 2021 et le n° 1029, Philip Kennedy Johnson écrit Action Comics et le scénariste a tout de suite marqué les esprits en s'engageant dans une très longue saga dans l'espace confrontant Superman à Mongul sur le Warworld, et l'intégration à son récit de ce que Grant Morrison avait écrit dans sa mini Superman and the Authority.

Le mois dernier, alors que s'achevait 2022, Action Comics #1050 établissait un nouveau statu quo en restaurant l'identité secrète de Superman (révélée lors du run de Brian Michael Bendis - on voit que DC fait vraiment tout pour effacer ce que ce dernier a pu apporter...). Pour ceux qui n'ont pas suivi : Lex Luthor a kidnappé le magicien Manchester Black (qui avait aidé Superman sur le Warworld) pour effacer le souvenir de l'identité civile de Superman des esprits, mais pour ceux qui voudraient quand même tenter de percer ce secret, le sortilège peut les tuer. En l'apprenant, Superman affronte une énième fois Luthor et l'envoie derrière les barreaux, même si son adversaire lui a expliqué avoir fait ça pour lui rendre service.

Avant de se faire arrêter, Luthor avait offert une nouveau corps à John Corben alias Metallo en échange de ses services futurs. Superman, lui, réunit toute sa Super-famille à Metropolis pour des initiatives plus pro-actives et faire de la cité la vraie ville de demain (the city of tomorrow pour the man of tomorrow donc). Il est désormais entouré de Jon, son fils, Kon-El, Kenan Kong (le Superman chinois), Kara Zor-El (Supergirl), Natasha Irons et son père John (Steel), mais également deux orphelins adoptés sur le Warworld, Osul-Ra et Otho-Ra. Et bien sûr Lois Lane, son épouse.

L'arc qui s'ouvre s'appuie sur les dessins de Rafa Sandoval, et les couleurs de Matt Herms, ce qui explique qu'ils aient tous deux quitté si vite la mini-série Black Adam de Christopher Priest. Le résultat est superbe, confirmant les progrès de Sandoval, en qui DC place sa confiance car dessiner Superman est une vraie promotion. L'artiste régale le lecteur avec un découpage dynamique, une gestion parfaite d'un casting étoffé, et une aisance aussi bien dans les scènes calmes que mouvementées.

Kennedy Johnson accroche le lecteur avec une entame nerveuse et dense où le danger vient de toutes parts (le mouvement Blue Earth, Luthor, Metallo). C'est très engageant et le fait de mettre en scène toute la super-famille est une idée enthousiasmante, qui transforme la série en un team-book qui ne dit pas son nom. Je n'avais pas lu la saga du Warworld (seulement des résumés et critiques, applaudissant l'ambition sans cacher son inégalité). Mais là j'ai envie de voir ce que ça donne dans cette configuration.


- LOIS & CLARK 2 (Ecrit par Dan Jurgens et dessiné par Lee Weeks). - Dans le passé, après le combat de Superman contre Doombreaker, Lois et Clark repartent d'installer dans la ferme des Kent avec leur fils Jon.


Alors que Batman avertit Superman qu'un éclat de Doombreaker a disparu, il s'avère que c'est Jon qui l'a récupéré pour protéger son père...

D'une certaine manière, il s'agit là encore d'un pied-de-nez adressé au travail de Bendis dont une des décisions narratives les plus controversées a été de vieillir Jon Kent, que tant de lecteurs adoraient comme super-son, partenaire de Robin/Damian Wayne dans la série du même nom et le run de Peter J. Tomasi sur Superman.

Dan Jurgens, qui sait qu'il ne peut revenir sur cet état de fait, désormais exploité par d'autres auteurs (Tom Taylor le premier), situe donc la suite de sa mini-série Lois & Clark dans le passé. Il renoue avec Lee Weeks, qui signait déjà les dessins, et  rien que pour ça, on est heureux de lire ce qui suit.

Pour le trentième anniversaire de La Mort de Superman, DC a publié un one-shot dans lequel il confrontait le man of steel au successeur de Doomsday, le Doombreaker. Je n'ai pas lu ce one-shot, mais j'ai quand même compris cet épisode qui y fait référence à travers un éclat perdu par le monstre et dont Batman craint qu'il tombe entre de mauvaises mains - ignorant que c'est Jon qui l'a récupéré en toute discrétion pour protéger son père.

Toutefois, Jurgens et Weeks introduisent un nouvel élément pour nourrir leur intrigue. Visuellement, soutenues par les couleurs splendides d'Elizabeth Breitweiser, les planches de Weeks sont un enchantement et rappellent que cet artiste n'a pas le crédit qu'il mérite (même si désormais il se consacre aussi à l'enseignement de la narration graphique à la Joe Kubert School).

Quant à Jurgens, s'il est un dessinateur que je n'apprécie pas beaucoup, c'est un auteur bien meilleur et qui dispose d'une marge de liberté avec ce type de récit.
 

- POWER GIRL REBORN (Ecrit par Leah Williams et dessiné par Marguerite Sauvage). - Suite aux événements de Lazarus Planet, Power Girl et Omen sont psychiquement liées et décident de travailler ensemble pour aider des héros.


Leur premier patient est Beast Boy que son combat contre Deathstroke a traumatisé... 

Action Comics #1051 permet aussi à Power Girl de revenir sous le feu des projecteurs - et c'est heureux puisqu'elle ne fait visiblement pas partie de l'histoire imaginée par Geoff Johns pour sa nouvelle version de Justice Society of America. La plantureuse blonde a souvent été considérée comme la cinquième roue du carosse kryptonien et c'est dommage.

Leah Williams, dont j'ai adoré X-Terminators (qui s'est achevé cette semaine), est aux commandes de cette histoire annoncée en trois parties (visiblement Action Comics va alterner les back-up stories). Il y est question de Lazarus Planet, l'event en cours piloté par Mark Waid et Gene Luen Yang, mais là encore, pas besoin de suivre ça pour comprendre ce qui se passe ici. Il suffit juste de savoir, comme on nous l'explique, que Power Girl, affectée par la magie déployée, et Omen, une membre des Titans, ont noué un lien psychique inattendu qui leur inspire une collaboration.

Ensemble, elles deviennent donc des espèces de thérapeutes pour super-héros traumatisés, ce qui rappelle l'idée initiale (mais hélas ! mal exploitée par Tom King) de Heroes in Crisis. Omen trouve le problème, envoie Power Girl dans le plan astral pour le résoudre. C'est ingénieux, et très bien écrit, avec un premier cas touchant.

Marguerite Sauvage met cela en image avec son style exubérant et si beau. Pour l'occasion, elle a redesigné les costumes de Power Girl (très élégamment, même si je regrette la cape et le body-suit)) et Omen (super classe). C'est toujours un plaisir de lire les planches de Marguerite Sauvage, ça ne ressemble qu'à elle, et elle embellit tout ce qu'ele illustre.

Ce n° est king-size (une cinquantaine de pages), ce qui signifie que la pagination sera réduite ensuite. Mais le sommaire avec une série principale et deux back-ups, embrassant toute la super-famille, avec des équipes créatives d'excellent niveau, rend la proposition très attractive.

vendredi 25 octobre 2019

ACTION COMICS #1016, de Brian Michael Bendis et Szymon Kudranski


Tristement prévisible : voilà comment résumer ce nouveau piteux numéro d'Action Comics. La bonne nouvelle, c'est qu'il marque la fin de cet arc et que le titre, comme Superman, s'apprête à connaître une onde de choc dès le mois prochain. Szymon Kudranski tire aussi sa révérence (John Romita Jr le remplace). Ouf !


Trish Q., la "commère" du "Daily Planet, enregistre les témoignage des civils qui ont assisté au combat titanesque entre Superman et Red Cloud - dont les pouvoirs ont été sérieusement augmentés par Lex Luthor.


L'affrontement a vu Superman en difficulté, mais surtout frustré et en colère car il retenait visiblement ses coups pour épargner les passants. Il n'empêche que Red Cloud l'a mis en difficulté, provoquant l'inquiétude des habitants de Metropolis.


Pendant ce temps, au Hall de Justice, l'examen de Naomi McDuffie touchait à sa fin lorsqu'une retransmission télé en direct montrait Superman contre Red Cloud. Batman appelle des membres de la Ligue de Justice, sans succès. Naomi se propose de l'accompagner.


Malgré le refus de Batman, l'adolescente passe outre et corrige Red Cloud, permettant à Superman de se ressaisir. Red Cloud riposte mais, en difficulté à son tour, préfère battre en retraite. Les civils apprécient ce retournement de situation.


Superman et Batman, avec une équipe de scientifiques de S.T.A.R. Labs, escortent Naomi chez elle où elle retrouve ses parents. A Metropolis, Red Cloud hors de leur contrôle, Mr. Strong et Mme Leone conviennent d'un changement de stratégie dans la conduite de leurs affaires...

Comme je l'avais anticipé le mois dernier, le contenu de ce 1016ème épisode d'Action Comics s'avère très décevant parce que sans surprise. Brian Michael Bendis fait preuve d'une paresse rare pour boucler cet arc, qui aura été une vraie purge.

Passons tout de suite sur la médiocrité graphique de Szymon Kudranski : il tire sa révérence pour aller illustrer Fallen Angels chez Marvel (une série "X"). Je ne le regretterai sûrement pas, ni se planches noircies et retouchées d'après des fichiers photos. La lisibilité de ses épisodes a été épouvantable. C'est John Romita Jr. qui le remplace et même s'il est très inégal, ce sera tout de même plus solide (d'autant qu'il sera encré par Klaus Janson), avec la promesse d'une histoire spectaculaire (son registre de prédilection).

Mais, de toute manière, le mal était plus profond que la qualité esthétique. J'ignore où a voulu en venir Bendis avec ces derniers épisodes, mais le résultat est affligeant. Le procédé ressemble beaucoup à ce qui s'est déroulé dans les numéros récents de Superman, avec l'introduction de la Légion des Super Héros. Sauf qu'ici l'intégration au récit de Naomi est nettement moins fluide, naturel, et le dénouement trop convenu, trop prévisible.

A la décharge de Bendis, on peut tout de même dire qu'il doit composer, comme d'autres de ses collègues sur d'autres séries, avec Year of the Villain, initiée par Scott Snyder, où on suit les manoeuvres corruptrices de Lex Luthor, devenu le sbire de Perpetua, la mère du Dark Multiverse. Des méchants voient leurs capacités de nuisance dopées pour l'avènement d'un règne du mal, et dans Action Comics, c'est donc Red Cloud qui en profite.

D'une certaine manière, Snyder a imposé à tous son agenda et contraint des séries à modifier leur course en tenant compte des vilains augmentés par Luthor. Red Cloud n'a plus à rendre de compte à Mme Leone et sa mafia invisible, et obligée de sortir du bois, celle-ci perd en route une bonne part de son originalité (car c'était bien trouvé, ces criminels ayant ingénieusement réussi à se cacher de Superman depuis des années, avec des moyens de fortune). On verra comment Bendis va développer cela, en espérant que ce sera inspiré.

Mine de rien, Action Comics a piqué du nez, après un démarrage canon sous la houlette de Bendis. Dommage. Même si rien n'est perdu.


dimanche 29 septembre 2019

ACTION COMICS #1015, de Brian Michael Bendis et Szymon Kudranski


La notion d'univers partagé est au coeur des comics super-héroïques. Mais si elle est acceptable généralement, il arrive aussi qu'elle encombre plus qu'elle n'améliore vraiment lesdits comics. C'est ce qui se passe avec les séries de Brian Michael Bendis en ce moment, où il doit composer avec des personnages qui se croisent - et ralentissent substantiellement ses intrigues en cours. Et, pour ne rien arranger dans le cas d'Action Comics, c'est visuellement moche.


Naomi McDuffie vient de se crasher à Metropolis. Superman arrive sur place et rassure la jeune fille en lui proposant son aide. Elle lui explique n'avoir découvert ses pouvoirs que depuis une heure et ne désire faire aucun mal autour d'elle.


Superman conduit Naomi au Hall de Justice pour qu'elle y soit examinée. Le Dr. Ray Palmer (Atom) se joint à eux tandis que la jeune fille révèle ses origines à Superman. Ainsi apprennent-ils leur point commun : tous deux sont des orphelins venus d'une autre planète.


Batmana arrive, sollicité parce qu'il a l'habitude des jeunes. Il teste Naomi sur ses pouvoirs, après qu'elle ait tenté, en vain, de situer sa planète natale sur une carte du Multivers. Batman l'écoute évoquer Zumbado, qui a détruit son monde et menace la Terre.
  

Superman doit s'absenter. Il s'interpose entre Red Cloud et Rose and Thorn dans un club attaqué par cette dernière. Mais Red Cloud a désormais des pouvoirs nettement augmentés grâce à l'intervention de Lex Luthor, lui-même investi d'une partie de la puissance cosmique de Perpetua.


Le combat qui s'engage entre Superman et Red Cloud se déplace ailleurs dans la ville. Mais l'homme d'acier est en sérieuse difficulté. Il subit et retient ses coups, espérant que son adversaire acceptera de se faire aider. Mais Red Cloud s'acharne et met Superman à terre...

Avec l'irruption de Naomi dans les pages d'Action Comics, c'est un peu la répétition de celle de la Légion des Super Héros dans Superman que semble nous rejouer Brian Michael Bendis. Mais autant les héros du futur ont rapidement justifié leur intervention (due à l'idée de Jon Kent d'unifier les planètes en une formation similaire aux Nations Unies), autant Naomi tombe comme un cheveu dans la soupe et son passage promet d'être pénible.

Je l'ai écrit à l'occasion de la parution de la série qui lui était consacrée, mais Naomi a été une déception. Copie peu inspirée de Miles Morales, et ersatz de Superman, la créature de Bendis manque singulièrement de relief et n'égale franchement pas ses modèles. Bien qu'une seconde saison de sa série soit prévue, on sait par ailleurs que la jeune fille va ensuite grossir les rangs déjà bien garnis de Young Justice, comme s'il fallait lui trouver un endroit où exister.

L'idée, ici, c'est qu'elle se crashe à Metropolis (coup de bol puisque c'est justement là où elle voulait aller) juste une heure après la découverte de ses pouvoirs. C'est donc la suite directe du dernier épisode de sa propre série... Qui date d'il y a quand même deux mois ! Mais, baste, passons sur ce léger décalage horaire.

Bendis est habile et consacre les trois quarts de l'épisode à l'examen de Naomi que Superman rencontre, puis emmène au Hall de Justice pour qu'elle soit analysée par Ray Palmer (Atom) puis Batman. Les scènes que le scénariste écrit sonnent très juste, on reconnait son talent pour faire vivre des personnages d'âges divers et tisser entre eux des liens naturels (Naomi est orpheline, comme Batman, et vient d'une autre planète, comme Superman. Mais elle traîne un adversaire potentiellement dangereux à sa suite).

Néanmoins, je me suis dit, en lisant cela, que tout aurait eu mieux sa place dans Naomi, la série. On s'en rend compte avec le dernier quart de l'épisode quand Superman doit subitement partir du Hall de Justice. "Leviathan ?" demande Batman (comme le lecteur). Non : Red Cloud (la méchante intermittente de la série). Comme elle a été upgradée par Luthor, elle flanque une raclée au kryptonien. Qui va l'arrêter ?

La réponse, évidente, puisqu'elle est en couverture, devient embarrassante. Peut-être est-ce une ruse, une fausse piste - et je l'espère. Mais ce serait bien pratique : Naomi neutralise Red Cloud, elle fait ainsi ses preuves devant Batman et Superman - qui se trouve débarrassé à bon compte, avant de pouvoir s'inquiéter à nouveau de Leviathan (dont on saura tout en Novembre).

Comme je le disais en préambule, l'univers partagé est un des piliers des comics de super-héros. En soi, ça ne me pose aucun problème. Mais je préfère quand ça n'implique pas ce genre de parasitage où un personnage est en transit dans une série où il n'a rien à faire, surtout au moment où le héros de la série en question ne manque déjà pas d'occupations.

Je préférerai aussi qu'on soit déjà en Novembre pour être débarrassé de Szymon Kudranski dont les planches me sortent par les yeux tant elles sont laides et mal foutues. Que DC attribue à Action Comics un vrai dessinateur, régulier, à ce titre !

Pénible à presque tous les égards.

dimanche 1 septembre 2019

ACTION COMICS #1014, de Brian Michael Bendis et Szymon Kudranski


A cause du report de la parution de Superman #14, l'autre série consacrée à l'homme d'acier, Action Comics, sort donc la même semaine. Et il est troublant d'y déceler les mêmes erreurs, les mêmes faiblesses (même si Superman bénéficie d'un meilleur dessinateur). Brian Michael Bendis est un peu fatigué en ce moment, et ce ne sont pas les planches de Szymon Kudranski qui aident le lecteur.


Au "Daily Planet", Perry White reçoit la visite de Marisol Leone, qui est la nouvelle propriétaire du journal. Elle est prête à mettre les moyens pour le soutenir à une condition : que les meilleurs reporters de la rédaction enquêtent sur Leviathan et le démasque.


A ce moment-là, la télé retransmet en direct une intervention de Superman qui neutralise un monstre en centre-ville. Les responsables sont les scientifiques de Star L.A.B.S., dont le héros découvre la dangerosité des travaux et l'absence de mesure de protection pour les civils voisins.


De retour au "Daily Planet", Clark Kent en tire un article lorsque Perry l'entraîne dans son bureau pour lui présenter Marisol Leone. Elle veut l'augmenter et rencontrer Lois Lane afin qu'ils mènent les investigations sur Leviathan.


Cependant, Red Cloud affronte Thorn avec ses pouvoirs augmentés par Lex Luthor. A Chicago, Superman retrouve Lois Lane à qui il explique la situation au "Daily Planet". Elle se montre méfiante envers Leone même si Clark tente de la rassurer.


Leur conversation est interrompue par une traînée lumineuse dans le ciel. Superman part à sa poursuite jusqu'à Metropolis où il évite de justesse une collision avec elle. C'est ensuite qu'il fait la connaissance de Naomi McDuffie, venue chercher son aide.

Tout comme Superman #14 semblait n'avoir été écrit que pour écarter (une fois pour toute ?) Rogol Zaar et (moins sûrement) Jor-El au profit de l'introduction de la Légion des Super-Héros, Action Comics #1014 n'a visiblement guère d'autre objectif que de mettre en scène l'arrivée officielle dans le DCU de Naomi McDuffie, après son éclosion au sein du label "Wonder Comics".

Brian Michael Bendis case donc sa dernière création originale, mais avec une visée un peu différente de la LSH. En effet, Naomi est désormais sans série fixe (une nouvelle salve d'épisodes est prévue, mais sans qu'on sache quand - pas avant un bout de temps puisque le dessinateur Jamal Campbell est désormais en train de travailler sur un nouveau titre, Far Sector, avec un nouveau Green Lantern, pour la collection de Gerard Way, "Young Animals"). Cela ne va pourtant pas durer car Bendis va l'intégrer à Young Justice (ce qui est assez logique vu que le groupe rassemble de jeunes héros).

On comprend d'autant moins alors ce passage par les pages d'Action Comics où le personnage va en quelque sorte être formée à son nouveau statut de super-héroïne par Superman (et Batman, qui se joint à la fête le mois prochain). Certes, faire de Superman le coach d'une jeune héroïne qui a été marquée par sa visite dans le bled où elle a grandi se tient, mais le timing paraît pour le moins maladroit puisque le kryptonien est en ce moment accaparé par Leviathan.

D'ailleurs, Bendis insiste lourdement à ce sujet en animant Marisol Leone, la patronne de la mafia invisible de Metropolis qui vient d'acquérir le "Daily Planet" et exige en contrepartie de son financement l'investissement des meilleurs reporters du journal pour démasquer Leviathan. Elle le réclame à Perry White puis à Clark Kent dans deux scènes répétitives.

Le scénariste, en revanche, ne fait que survoler un moment bien plus intéressant et pertinent quand Lois Lane affiche sa méfiance envers Leone et s'étonne que Clark Kent ne soit pas plus vigilant à ce sujet. Trop tard : Naomi débarque, littéralement, comme un boulet de canon et coupe court à la conversation. Vraiment, c'est très mal construit - étonnant de la part d'un narrateur expérimenté comme Bendis.

Normalement, après ça, je devrais dire du mal, une fois encore, de Szymon Kudranski, le pseudo-artiste de cet arc. Mais est-ce nécessaire ? Sa médiocrité parle pour lui et il suffit de voir avec quel toupet il se contente de reproduire le visage de Viola Davis pour personnifier Marisol Leone pour constater à quel point rien de tout ça n'est du dessin. Plus accablant encore : la dernière page montre l'usage paresseux d'images retouchées quand le pied normalement botté de Superman est représenté comme s'il avait un collant à la place. C'est hideux, grotesque. Vivement que ça se termine et qu'on passe à un véritable graphiste (si je ne me trompe, John Romita Jr. sera le prochain).

A tout prendre, Superman est quand même meilleur que Action Comics ce mois-ci, mais dans les deux cas, c'est un Bendis peu inspiré aux manettes. 
La variant cover de Ben Oliver.

samedi 27 juillet 2019

ACTION COMICS #1013, de Brian Michael Bendis et Szymon Kudranski


Action Comics va donc tourner au ralenti pendant quelques mois puisqu'il est désormais évident que Brian Michael Bendis fait du titre un tie-in à son Event Leviathan. Le scénariste compose aussi avec la"Year of the Villain" de manière conséquente. C'est un peu dommage, surtout qu'il faut aussi supporter les dessins médiocres de Szymon Kudranski.


Mme Leone reçoit la visite de l'hologramme de Lex Luthor venu lui remettre un de ses présents en vue de la guerre qu'il mène, au nom de Perpetua, la mère du Multivers, contre les super-héros. Mais la chef de la mafia refuse.


Tandis que Leone fuit sa maison et la détruit, son alliée au "Daily Planet", la reporter Robinson Goode, raconte l'histoire de Rose et Thorn, approchée par Leviathan. Mais surtout appliquant sa justice expéditive en toute impunité.


Comme elle a refusé de s'allier à Leviathan, elle est poursuivie par ses sbires. Jusqu'à ce que Superman s'en mêle. Il interroge un des agents de l'ennemi mais s'aperçoit que l'armure qu'il porte le protège et est peut-être piégée.


Pourtant elle n'explose mais téléporte Superman à New Dehli. De retour à Metropolis, Clark Kent soumet sa théorie à Perry White : Leviathan ne détruit pas les immeubles et ne tue pas ses occupants, mais les déplace on ne sait où.


Perry charge Clark d'enquêter là-dessus avec Robinson Goode. Mais celle-ci, à qui ses pouvoirs jouent des tours, est rentreé chez elle. Luthor l'y attend et lui offre son aide...

Qu'on ne se méprenne pas sur ce que j'écris en préambule : ce que Bendis raconte dans Action Comics demeure étonnamment efficace. La lecture de ce nouvel épisode en témoigne, où il se passe pas mal de choses intéressantes, et qui forme un complément à Event Leviathan.

Parfois, l'auteur rabâche un peu la même chose - on a bien compris désormais que Leviathan ne tue pas des centaines d'innocents en faisant disparaître des bâtiments, mais qu'il les téléporte. Parfois, il ajoute des précisions moins spectaculaires mais sont des indices supplémentaires sur ce méchant peu banal - les armures de ses agents sont impénétrables à la super-vision de Superman, ce qui suppose l'accès à une matière rare et donc des moyens conséquents.

En revanche, il ne faut pas cacher non plus que la série souffre sur d'autres points. En l'attachant si fort à Event Leviathan, Bendis en fait une extension un peu laborieuse, où tout ce qui concernait la mafia invisible est mis de côté. Le "dossier Rose and Thorn" n'est pas très passionnant non plus (et effectivement, on se demande, comme Robinson Goode, pourquoi la police de Metropolis et Superman ne l'appréhendent pas alors qu'elle tue sans sommation ceux qui la harcèlent.).

Enfin, et là on accordera des circonstances atténuantes à Bendis, il doit composer avec "Year of the Villain", donc avec ce que développe Scott Snyder depuis Justice League, et donc la présence de Luthor comme émissaire de Perpetua. Cette fois, il approche Mme Leone (en vain) puis Robinson Goode/Red Cloud (avec réussite). Ce qui suprend quand même, c'est que, à part Mme Leone, personne n'a l'air de se poser la question de ce qu'il devra à Luthor pour ses présents (Circé dans Justice League Dark, censée être très maline, accepte son aide sans discuter et Goode est trop heureuse qu'on vienne corriger ses pouvoirs déréglés).

Mais un épisode moyen, lesté comme celui-ci, pourrait mieux passer s'il était bien mis en images. Or ce n'est pas le cas avec Szymon Kudranski dont les planches sont pénibles à lire.

C'est le plus souvent affreusement sombres, donc à peine déchiffraches. Le nombre de cases copiées-collées atteint un score grotesque. le manque de dynamisme des scènes d'action est accablant. L'inexpressivité des personnages est affligeante.

Il va falloir supporter cela jusqu'en Octobre, et la fin de cet arc (après le dessianteur retournera chez Marvel). Le temps va être long... Et dire que pendant ce temps-là, Chris Samnee est disponible (et rêve de travailler pour DC)...
   
La variant cover "Year of the Villain" de Frank Quitely.

jeudi 27 juin 2019

ACTION COMICS #1012, de Brian Michael Bendis et Szymon Kudranski


Ce nouveau numéro d'Action Comics est un tie-in à Event Leviathan - mais dont la lecture n'apporte pourtant pas grand-chose, si ce n'est dans ses ultimes pages. Brian Michael Bendis meuble un peu, et même beaucoup, en attendant que Superman n'apparaisse vraiment dans sa saga. L'autre point noir de l'épisode est son graphisme : après un an en compagnie d'illustres artistes, Szymon Kudranski n'est vraiment pas à la hauteur.


Mr. Strong convoque ses associés dans son bunker pendant que son technicien surveille les allers et venues de Superman. Comme il est assez loin, la discussion permet de trancher sur le commerce d'une nouvelle drogue : l'Apocalypse.


Pendant ce temps, à la Forteresse de Solitude, Superman se prépare à rejoindre son père, Jor-El, en conflit ouvert avec plusieurs adversaires (voir Superman). Lois, elle, doit peaufiner la rédaction de son manuscrit et mettre à jour son dernier article.


Justement, au "Daily Planet", Perry White s'impatiente et confie à Robinson Goode un papier sur la destruction de l'Odyssée, le nouveau siège de l'ARGUS. Puis, alors que Trish lui montre des photos de Lois avec Superman, la reporter reçoit un coup de fil.


Rose Canton lui donne rendez-vous dans une serre pour lui raconter comment, sous son autre personnalité, Thorn, elle s'en prend aux dealers d'Apocalypse, sans être dérangée ni par Superman ni par la police.


Goode fait son rapport à Mme Leone qui compte en tirer profit pour dénoncer une corruption au sein des forces de l'ordre. Thorn, elle, est abordée par Leviathan pour intégrer son organisation.

Un an après avoir pris en main la direction d'Action Comics, c'est malheureusement le moment choisi par Brian Michael Bendis pour livrer son épisode le plus faible. On sent que le scénariste a clairement la tête ailleurs et qu'il essaie, poussivement, de rattacher ce qui se passe dans cette série au début récent de son Event Leviathan.

C'est que Bendis a préparé cette saga dans les pages d'Action Comics, donc avec Superman. Or l'homme d'acier n'est pas encore apparu dans Event Leviathan et cela créé un drôle de décalage, comme si l'acteur principal du récit n'était pas encore dans le cadre. Ce qui ne saurat tarder bien entendu, mais bon.

Une nouvelle fois, donc, Bendis construit son épisode en montrant très peu Superman (tout comme Clark Kent et Lois Lane). Il est mentionné la bataille dans l'espace représenté dans Superman #12, également les récents déplacements à Londres (dans l'épisode du mois dernier). Mais C'est tout.

Etrange impression donc que de lire une série sans son héros. Robinson Goode est aux premières loges : on remarque fugitivement qu'elle semble ne pas (plus ?) maîtriser complètement ses pouvoirs de Red Cloud, puis surtout elle rencontre Rose Canton alias Rose & Thorn. Cette schizophrène aux capacités semblables à celles de Poison Ivy (elle agit sur les végétaux) combat les dealers de Mr. Strong en toute impunité.

Bendis renoue alors avec le thème du premier arc - comment discréditer discrétement Superman - : par la voix de Rose & Thorn, on s'interroge sur le fait qu'une déséquilibrée puisse agir sans que l'homme d'acier ni la police ne s'interpose. Voilà la matière pour un scandale potentiel. Puis la jeune femme est abordée par Leviathan : celui-ci, pour l'instant, semble recruter des personnages de seconde zone (le Golden Guardian), mais sans trop d'effort pour les convaincre.

Sur un rythme assez pépére, l'épisode se déroule, sans ennui, sans captiver non plus. Mais le métier de Bendis aide quand même à rendre la lecture supportable car ce ne sont pas les dessins de Szymon Kudranski qui aident.

On a été gâtés en un an : Gleason, Sook, Paquette, Epting... La série n'a pas d'artiste régulier mais de sacrés invités. Quand on pense que, pendant ce temps-là, Chris Samnee subsiste en vendant des commissions arts, c'est quand même incompréhensible que DC ne le signe pas (alors qu'il est employé par l'éditeur pour des couvertures de Batman Beyond)... 

Quoi qu'il en soit, Kudranski produit des planches médiocres, visiblement le plus souvent composées de photos retouchées, auxquelles la colorisation de Brad Anderson n'apporte rien. C'est très sombre, à la limite du lisible même, affreusement chargé : pénible.

Un anniversaire raté donc. 

La variant cover de Ben Oliver.