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mercredi 19 septembre 2018

BLADE RUNNER 2049, de Denis Villeneuve


Trente-cinq après la sortie du film de Ridley Scott, Blade Runner 2049 a été l'événement de l'Automne 2017. Mais pourquoi donc donner une suite à ce qui était certes un chef d'oeuvre culte mais aussi un bide commercial retentissant ? Sans doute parce que, dans ce laps de temps, le long métrage original a été réhabilité, grâce à des remontages fidèles à la version de Scott. Et parce que Denis Villeneuve, en acceptant de relever ce défi insensé, a su faire sien ce projet... Même s'il n'a pas davantage rencontré le public !

L'agent K (Ryan Gosling)

2049. Los Angeles. L'agent K du L.A.P.D. traque des anciens modèles de "réplicants", des androïdes conçus à l'origine pour travailler sur des planètes colonisées par la Terre. Ce blade runner, lui-même un androïde de dernière génération, docile, consciencieux et efficace, se rend dans une ferme pour éliminer un de ces prédécesseurs. Il trouve en scannant le terrain une boîte enterrée près d'un arbre et la ramène avec lui. L'analyse médico-légale révèle qu'elle contenait des restes osseux d'une "réplicante" ayant subi une césarienne. 

Le lieutenant Joshi et l'agent K (Robin Wright et Ryan Gosling)

La supérieure de K, le lieutenant Joshi, lui commande alors de détruire toutes les traces liées à cette découverte, y compris l'enfant né à la suite de cette procédure. Elle pense que si cette information fuitait, cela déclencherait une guerre entre humains et "réplicants". Il faut agir vite mais discrètement. 

L'agent K et Luv (Ryan Gosling et Sylvia Hoeks)

K se rend au siège de la compagnie Tyrell qui conçoit les "réplicants" et il est reçu par Niander Wallace, le patron, et son assistante, Luv. Il identifie la morte comme étant Rachel, un prototype datant d'une trentaine d'années, qui a eu une liaison avec le blade runner Rick Deckard avant de fuir avec lui. K devine que Wallace veut aussi retrouver l'enfant car si les "réplicants" peuvent se reproduire, ils fourniraient une main d'oeuvre plus grande et moins chère à fabriquer. Une fois l'agent parti, il missionne Luv pour aller récupérer les restes de Rachel à la morgue du LAPD puis de suivre K.

Joi et K (Ana de Armas et Ryan Gosling)

Troublé par son enquête et ses ramifications, K se confie à Joi, un hologramme sophistiqué qui représente la compagne idéale et qu'il peut désormais transporter partout grâce à un générateur miniature. Ensemble, ils retournent à la ferme où K, en fouillant, trouve une figure d'un cheval en bois sur laquelle est gravée une date. Celle-ci lui rappelle une scène de son enfance bien qu'il sache que ses souvenirs sont faux puisqu'il s'agit d'implants. K pousse son investigation jusqu'à un dépotoir où on exploite des orphelins dans le recyclage, un lieu où il est persuadé avoir grandi. Le responsable de l'endroit lui donne accès à un registre et l'agent y découvre la naissance de jumeaux hétérozygotes en 2019 - mais seul le garçon a survécu.

Le Dr. Ana Stelline (Carla Juvi)/L'agent K (Ryan Gosling)

K a besoin de savoir si tout cela - les souvenirs, le garçon survivant - n'est qu'une coïncidence ou si cela le concerne vraiment. Il visite le Dr. Ana Stelline, spécialisée dans les implants mémoriels, qui examine la figurine et lui confirme que cela correspond à une mémoire réelle. Le lieutenant Joshi a deviné que K pense être le fils de Deckard et Rachel et le suspend : elle lui donne quarante-huit heures pour disparaître avant qu'il soit signalé comme "déviant" (et donc traqué par un blade runner pour être exécuté). K fait analyser par un technicien clandestin dans la rue le cheval de bois qui présente un fort taux de radiations, comme on en trouve à Las Vegas. 

Rick Deckard et l'agent K (Harrison Ford et Ryan Gosling)

Luv s'adresse au lieutenant Joshi pour savoir où se trouve K mais elle refuse de lui répondre et se fait tuer par la "réplicante" qui, ensuite, consulte son ordinateur et a accès à la balise de la voiture de l'agent. Ce dernier atteint Las Vegas, devenue une ville fantôme. Dans un casino abandonné, il rencontre enfin Rick Deckard qui finit par lui révéler n'avoir pas assisté à la naissance de ses jumeaux car il avait confié Rachel à des "réplicants" bien cachés pour la protéger des blade runners. Luv et les sbires de Wallace surgissent alors et capturent Deckard. K est récupéré par les "réplicants" autrefois protecteurs de Rachel et qui lui avoue l'identité de sa fille - le garçon est mort mais le contraire a été enregistré pour tromper les autorités.

Un linceul de neige pour l'agent K

K part sauver Deckard des griffes de Wallace. Celui-ci tente de lui arracher des aveux sur son enfant, en vain, avant de le confier à Luv. En route pour une station spatiale où elle le torturera, la "réplicante" voit son véhicule abattu par celui de K. L'agent l'affronte dans un combat à mort au pied d'un barrage hydraulique. Puis il conduit Deckard jusqu'au laboratoire d'Ana Stelline, sa fille. Tandis qu'ils se retrouvent, K agonise dehors, en regardant tomber la neige.

Blade Runner a marqué toute une génération de cinéphiles et de cinéastes - quand bien même il ne faut pas oublier de rendre à César ce qui appartient car on a souvent oublié que le film de Ridley Scott était une adaptation d'un roman de Philip K. Dick et que le réalisateur britannique s'était beaucoup inspiré visuellement de la bande dessinée The Long Tomorrow de Dan O'Bannon et Moebius (1976) et de la série Valérian de Pierre Christin et Jean-Claude Mézières. (Rappel utile car Scott se plaint souvent d'avoir été plagié par ses confrères mais il a lui-même allègrement puisé chez les autres...)

Esthétiquement, grâce à la photo de Jordan Cronenweth, et narrativement, avec son mélange de polar et de romance sur fond de SF, le film a imposé de nouveaux standards sans pour autant être un succès commercial. Les producteurs remontèrent tout, ajoutèrent une voix-off et une happy-end : rien n'y fit. Mais le phénomène était en route et, progressivement, des versions remontées, plus fidèles à la vision de Scott, s'imposèrent et réhabilitèrent l'oeuvre.

Ce n'était plus qu'une question de temps avant que ne soit mise en chantier une suite. Mais peu de metteurs en scène avaient le courage de se frotter à pareil mythe, Ridley Scott lui-même se consacrant à d'autres projets n'avait pas le temps pour ça même s'il veillait au développement de l'affaire. C'est le scénariste du premier opus, Hampton Fancher, qui allait précipiter les événements en parlant à Scott d'une nouvelle qu'il avait écrite, à partir de laquelle on lui commanda un premier traitement puis un script. Le studio, séduit, en voulut plus et confia à Michael Green le soin de terminer le scénario (Fancher étant alors, ironiquement, de facto, écarté de sa propre idée !).

Cela ne réglait pas la question du réalisateur qui devrait filmer le résultat de ces efforts. Jusqu'à ce Scott contacte Denis Villeneuve alors en pleine pré-production de son superbe Arrival : le canadien accepta le challenge à condition de tourner son projet avant et d'avoir les mains libres (donc le director's cut) pour ce Blade Runner 2049.

"Pour le meilleur et le pire", comme il le présenta ensuite, c'est bien un film de Denis Villeneuve qui en est sorti. Surtout pour le meilleur quand même, même si ce fut un échec commercial - et que Ridley Scott, toujours aussi aimable, ne put s'empêcher d'en déduire que c'était la faute à sa durée "excessive" (deux heures quarante).

L'histoire est étonnamment abordable même pour qui n'aurait pas vu le premier long métrage ou n'en aurait conservé qu'un vague souvenir. Le scénario tire admirablement parti de la mythologie de l'original et le cinéaste a raison en expliquant qu'il l'a abordé comme s'il racontait cela à la manière d'un explorateur ayant découvert une relique oubliée dont la première partie aurait été perdue mais qui possède son propre intérêt.

Dans Blade Runner, Rick Deckard était un flic chargé de traquer et éliminer des "réplicants" rebelles, ayant développé des capacités cognitives et émotionnelles, mais sa mission était contrariée par l'attirance qu'il éprouvait pour Rachel, une androïde séduisante travaillant pour le concepteur de ces créatures, et par la résistance farouche que lui opposaient ses cibles. A la fin, dépassé, on se demandait si Deckard n'était pas lui-même un "réplicant" qui s'ignorait - ou le découvrait sans se l'avouer.

Cette fois, la problématique est différente puisque le thème central est la filiation : l'agent K sait qu'il est un androïde mais une mission a priori banale va le conduire à penser qu'il est le fruit de l'union entre un humain et une "réplicante". Cette découverte le dérange autant qu'elle suscite la convoitise d'un riche concepteur de "réplicants" qui voit dans la possibilité que ces créatures se reproduisent une manne considérable. L'intrigue achève de prendre de l'ampleur quand K apprend que ses possibles parents seraient l'agent Rick Deckard et Rachel. 

Le film est effectivement long mais il n'est jamais ennuyeux. Il avance à la manière d'une rêverie sombre et violente, à la mélancolie poignante. K progresse dans des méandres mais son investigation aboutit à des résultats visibles pour lui comme le spectateur. Le trouble nous gagne comme lui mais, évidemment, le script ménage des surprises, rien n'est aussi simple, évident, que ça en a l'air. Quoi de plus normal quand l'action a pour cadre une Los Angeles encore plus labyrinthique que dans le film de 1982 et s'aventure dans un Las Vegas fantôme - paysage saisissant capturé splendidement par la photo sans trucage de Roger Deakins (un Oscar mérité à la clé pour le chef op' des frères Coen) comme si l'endroit était pris dans une tempête de sable orange (l'inspiration du technicien, puisée dans un souvenir personnel) - jusqu'au duel final dans un déluge titanesque et l'épilogue neigeux (merveilleusement triste).

Ryan Gosling était déjà impliqué dans le projet avant le recrutement de Villeneuve et partageait avec ce dernier la volonté de se confronter au monument même si c'était perdu d'avance, mais aussi, surtout, parce que le film de 1982 avait formé sa vision du cinéma de SF. Le jeu impassible et intense du comédien en fait un guide parfait dans cette enquête identitaire envoûtante. Il est la plupart du temps seul, ou presque : la sublime Ana de Armas joue un hologramme désirable mais par définition irréel. Robin Wright n'a que quelques scènes, brèves, où elle lui donne sèchement la réplique. Jared Leto ne fait que passer et Sylvia Hoeks est terrifiante en assistante prête à tout.

Puis le mythe rattrape la fiction quand, après plus d'une heure de film, Harrison Ford apparaît. On constate alors avec quelle intelligence Villeneuve a su préparer son entrée en scène (bien plus mémorable que dans Star Wars VI : Le réveil de la force). Désormais septuagénaire, l'acteur par sa seule présence inscrit Blade Runner 2049 dans une perspective vertigineuse qui permet au spectateur d'apprécier le temps passé effectivement entre les deux histoires.

Comme dans tous ses films, la figure du tunnel hante le Blade Runner de Villeneuve, à ceci près qu'il n'est plus simplement géographique (de Los Angeles sous la pluie et dans la nuit à Las Vegas dans un brouillard orange) mais temporel. La ballade est fascinante mais terrible et quand l'agent K rencontre son destin (qui est aussi son heure), sous la neige, ce voyage s'achève comme un songe, avec une infinie douceur et une déchirante émotion.       

lundi 11 décembre 2017

PREMIER CONTACT, de Denis Villeneuve


Je n'ai finalement pas été voir Blade Runner 2049, échaudé par des critiques partagées et la crainte d'abîmer le souvenir de la prequel de Ridley Scott, mais comme j'ai quand même beaucoup aimé Prisoners et Sicario de Denis Villeneuve, j'ai choisi de compléter mes connaissances à son sujet en découvrant son précédent opus : le remarquable et remarqué Premier Contact.

Le vaisseau alien au-dessus du Montana

En douze points du globe, des extraterrestres débarquent sur Terre sans quitter leurs vaisseaux ovoïdes noirs suspendus au-dessus du sol. Cet événement mobilise aussitôt les forces armées des pays concernés. Aux Etats-Unis, le colonel Weber sollicite l'aide du Dr. Louise Banks, linguiste bénéficiant d'une accréditation secret défense, pour tenter de comprendre les raisons de la présence des visiteurs et leurs intentions (pacifiques ou belliqueuses) puis tenter d'établir un moyen de communiquer avec eux.
Le colonel Weber, Louise Banks et Ian Donnelly (Forest Whitaker, Amy Adams 
et Jeremy Renner)

Elle part donc pour le Montana où a été établi un camp militaire entourant un des vaisseaux, en compagnie de l'astro-physicien Ian Donnelly. Pour entrer à bord de cette immense coque les militaires passent par une trappe qui s'ouvre toutes les 18 heures et aboutit à une sorte de large baie vitrée derrière laquelle deux extra-terrestres ressemblant à des heptapodes (à cause de leur sept membres flexibles) les attendent. Donnelly les surnomme "Abbott" et "Costello", en référence au célèbre duo d'humoristes américains. 

Louise Banks

Les aliens tracent sur la baie des glyphes en projetant des jets d'encre et Louise les interprète comme un langage très synthétique où chaque signe peut exprimer aussi bien un mot qu'une phrase complète. Mais pendant ce temps la situation internationale se tend lorsque les experts chinois pensent avoir traduit un de ces logogrammes par le terme "arme". 

Un des étranges logogrammes des aliens

Deux soldats américains de la base du Montana, qui escortent Louise et Ian à chacune de leur visite dans le vaisseau, déposent, sans en aviser Weber, une charge explosive. "Abbott" sauve de la déflagration les deux scientifiques in extremis. Puis leur vaisseau change de position, s'élevant plus haut dans le ciel et devenant inaccessible. Les onze autres coques imitent cette manoeuvre partout dans le monde. 

Ian Donnelly

Ordre est donné d'évacuer la zone. Les chinois décident, eux, avec leurs alliés, de détruire les vaisseaux situés dans leur espace aérien. Louise, qui a compris que les appareils aliens forment une unité de la même façon que leur langage, quitte le campement pour se placer sous la coque dans laquelle elle est réintroduite via une capsule envoyée pour elle. 

Louise Banks

"Costello" communique alors avec la linguiste, lui apprenant que "Abbott" est mort après l'explosion, puis qu'elle peut lire le futur - c'est là en vérité le sens des flashes qui l'assaillaient depuis son arrivée sur le site et dans lesquels elle se voyait mariée, mère d'une petite fille et divorcée suite à la mort prématurée de celle-ci, des suites d'une longue maladie.

Le colonel Weber

Rendue aux siens, Louise parvient, en dérobant le téléphone-satellite d'un agent de la CIA, à contacter le général Shang, à la tête de l'armée chinoise, pour le convaincre de ne pas ouvrir les hostilités contre les extraterrestres. Progressivement, les alliés de la Chine stoppent leurs manoeuvres. Les vaisseaux disparaissent ensuite aussi subitement qu'ils sont arrivés.

Louise et Ian

Comme "Costello" l'avait dit à Louise, dans un lointain futur, comme ils ont permis à l'humanité de s'unifier, les humains aideront à leur tour les aliens le moment venu. Quant à la jeune femme, elle va vivre avec Ian, avec lequel elle aura une fille à qui, peut-être, ils épargneront une mort prématurée.

Présenté à la 73ème Mostra de Venise l'an dernier, Arrival de Denis Villeneuve a créé la sensation en se démarquant du tout-venant des films de science-fiction. Précédé de ce buzz flatteur, le film a ensuite divisé la critique mais a été boudé par le grand public, désarçonné par son style.

Premier Contact s'inscrit dans une double lignée : c'est à la fois un prolongement narratif et esthétique de ce que Villeneuve a produit dans son précédent opus (l'excellent Sicario), avec une héroïne progressant à tâtons dans une (en)quête dont le sens ne se révèle vraiment qu'à la toute fin, et c'est aussi une nouvelle exploration cinématographique d'une tradition fantastique où les humains cherchent à communiquer avec des extraterrestres.

Le résultat est à la fois captivant et nébuleux. Les thèmes creusés ici, comme le langage, le temps, la mémoire, sont ambitieux et le scénario choisit, comme la nouvelle dont il s'inspire, de les traiter sans verser dans le grand spectacle, avec une certaine austérité. La majorité des scènes se déroule dans des tentes où militaires et savants débattent du déchiffrage de symboles, hypothèquent sur leur signification, ou dans la coque caverneuse d'un astronef avec deux créatures, à la physionomie à la fois inquiétante et gracieuse et au comportement énigmatique, ne s'expriment que par des logogrammes aléatoirement traduits).

Ce parti pris peut dérouter, voire décourager, mais si on l'accepte, le jeu en vaut vraiment la chandelle : il s'agit bien de faire ressentir la nécessité de prendre du temps pour comprendre l'Autre. Eric Heisserer nous dispense de bavardages techniques assommants et pseudo-réalistes au profit de scènes silencieuses, de creux dramatiques, correspondant aux recherches hésitantes de la linguiste. Villeneuve met cela en scène en soignant l'ambiance à la fois tendue et suspendue, le rythme volontiers flottant, et c'est souvent envoûtant. On pardonne du coup quelques clichés (comme le personnage du colonel joué par Forest Whitaker avec son air de Droopy massif, ou ces enfilades d'ordinateurs devant lesquels s'affairent des experts dont la contribution semble bien discrète comparée aux efforts déployés par l'héroïne). Mais au moins échappe-t-on à des vues sur des salles de réunion avec des présidents, entourés de généraux va-t-en-guerre opposés à de plus raisonnables scientifiques, ou à des scènes de combat entre des extraterrestres et l'aviation militaire.

La partie plus "cosmique" du film est aussi plus inégale : Premier Contact arrive après des longs métrages écrasants sur le sujet (parmi lesquels Rencontres du 3ème type de Steven Spielberg, Abyss de James Cameron, ou le chef d'oeuvre indépassable que reste 2001 : L'Odyssée de l'espace de Stanley Kubrick). La comparaison est inévitable. Mais Villeneuve s'en sort avec les honneurs, grâce au soin qu'il a apporté aux designs (qu'il s'agisse de ceux des vaisseaux ou des extraterrestres et de leur langage) et par sa volonté de coller à son héroïne hantée non pas, comme on le pense au début, par des flash-backs traumatisants par des flash-forwards anxiogènes, ce qui donne une perspective étonnante à l'ensemble, une dimension contemplative, méditative et troublante. Le twist final est habile dans l'opposition qu'il établit entre l'innocence de ce premier contact et l'expérience existentielle (naissance, vie, mort) qu'il provoque.

Amy Adams s'aligne sur la tonalité feutrée du récit et livre une interprétation dense et émouvante, d'une sobriété intense, qui éclipse ses partenaires. Un jeu intériorisé remarquable. Jeremy Renner confirme qu'il est un acteur d'une grande intensité tout en conservant un jeu minéral.

Premier contact à l'image de son sujet ne se livre pas facilement, et peut même frustrer, mais c'est aussi une apologie vertigineuse de l'inconnu et une métaphore brillante sur le destin.