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jeudi 1 juillet 2021

HELLFIRE GALA, CHAPITRE XII : X-FACTOR #10, de Leah Williams, David Baldeon, David Messina et Lucas Werneck


Le Hellfire Gala se termine avec le dixième (et dernier) numéro de X-Factor, écrit par Leah Williams et dessiné par David Baldeon, David Messina et Lucas Werneck.


Les membres de X-Factor arrivent au gala. Immédiatement, Prestige remarque la présence de Battlestar qui a survécu miraculeusement à son combat contre la déesse de la mort Morrigan pour le salut de Siryn. Elle se demande ce qu'il a dû lui céder pour cette victoire.


Cependant, Prodigy fausse compagnie à son équipe pour enquêter sur... Sa propre mort, survenu un an auparavant. Il remonte jusqu'à un producteur hollywoodien, serial-killer de jeunes hommes noirs et queers.Eye-Boy, Aurora et Daken le rejoignent pour récupérer son corps et livrer le tueur à la police.


De retour à l'île Mykines, Eye-Boy a une surprise pour Prodigy car il a invité Speed. Alors que les trois jeunes mutants traversent un pation ils tombent sur un cadavre : celui de la Sorcière Rouge ! Qui l'a tuée ?

Ainsi s'achève le Hellfire Gala. A l'image de l'event, cet épisode de X-Factor, qui est également le dernier de la série (annulée à cause de mauvaises ventes, malgré de bonnes critiques), paraît un peu de trop, fuyant la soirée organisée par Emma Frost pour y revenir après un gros détour n'ayant rien à voir avec les festivités, et se concluant par un énorme cliffhanger.

Leah Williams joue plutôt le jeu, en tout cas davantage que certains de ses collègues (comme Benjamin Percy ou Tini Howard ou Si Spurrier, qui on tout fait pour contourner l'event), mais le résultat est décousu, préférant souvent poursuivre des intrigues en cours dans la série X-Factor.

Pour qui, comme moi, n'a pas suivi ce titre, certains passages sont nébuleux comme lorsque Prestige évoque le combat mené par l'équipe contre Morrigan pour sauver Siryn et le sacrifice de Battlestar. Mais Leah Williams partait de toute façon avec un handicap : non seulement elle devait conclure l'event mais aussi sa série, ce qui était trop à l'évidence.

L'autre partie est un peu plus accrocheuse, même si là encore on manque d'informations. Prodigy enquête sur sa propre mort survenue un an plus tôt. Ressucité depuis mais sans souvenir de ce qui lui est exactement arrivé, il découvre qu'il a laissé des indices pour retrouver son assassin, sachant qu'il allait être ramené à la vie par les Cinq. C'est astucieux et rondement mené. De plus Leah Williams ne cède pas à la facilité avec des personnages comme Daken ou Aurora, prompts à exercer une justice expéditive contre les humains : le coupable sera remis aux autorités en bonne et due forme.

Quand l'épisode s'achève, l'introduction de Speed renvoie au run de Young Avengers de Kieron Gillen et Jamie McKelvie où il faisait équipe avec Prodigy. Dans la postface qu'écrit Williams et son dessinateur David Baldeon, on comprend que leur ambition était de composer une série avec de jeunes héros au ton léger mais abordant des thèmes parfois graves. Et c'est peut-être là, le vrai problème.

Car en voulant faire ceci, X-Factor doublonnait avec New Mutants, qui, sous la plume de Vita Ayala, est une des grandes réussites de la franchise X. Par ailleurs, comme pour Excalibur, qui n'a de vraiment commun avec la série originelle (de Chris Claremont et Alan Davis) que le nom, il y a un souci concernant l'incarnation de X-Factor. Même si elle n'avait pas non plus connu un succès fou en son temps, la version écrite par Peter David avec des mutants tels que Jamie Madrox, Malabar, Monet St. Croix, Siryn, Felina, Layla Miller (puis Longshot, Battlestar, Polaris, Havok, Darwin) est restée dans le coeur de nombre de fans comme la meilleure. Il s'agissait d'une série sur des détectives pris dans des enquêtes parfois dramatiques, parfois loufoques, où David brillait par son art de la caractérisation et de la dynamique de groupe. Son run, malgré des changements incessants de dessinateurs, conservait une qualité étonnante.

Vouloir relancer X-Factor sur un principe similaire (ici des mutants chargés de vérifier que leurs semblables étaient bien morts avant que les Cinq ne procédent à leur résurrection) n'était pas mauvaise, mais je pense que ça n'a pas fonctionné parce que les fans attendaient de retrouver les enquêteurs de la série écrite par Peter David, plus charismatiques, plus attachants. C'est d'autant plus un gâchis que Peter David n'a plus rien de vraiment excitant à écrire (après avoir, qui plus est, survécu à un AVC) et que son talent n'aurait pas gâché la vue dans cette refonte de la franchise. En l'état, qui pouvait bien vouloir suivre une série avec des mutants de seconde zone comme Daken, Aurora, Prodigy, Eye-Boy, malgré la présence de Prestige et Polaris (que Leah Williams avoue avoir laissé à la disposition de Gerry Duggan pour sa future série X-Men) ? Apparemment pas assez de monde.

L'épisode souffre aussi de son graphisme très inégal puisque pas moins de trois artistes se succèdent pour boucler l'affaire. David Baldeon a un style très cartoony, un peu à la façon de Humberto Ramos en plus rond. David Messina est un dessinateur de bon niveau et on lui doit les meilleurs planches (celles avec Prodigy). Enfin Lucas Werneck exécute le reste, histoire de se faire la main pour The Trial of Magneto, la mini-série en cinq n° écrite Par Williams, qui commencera en Août, et qui sera donc la suite directe de ce X-Factor #10.

Mais déjà le buzz autour de ce procès de Magneto me paraît bien maigre puisqu'on imagine mal, après la superbe dernière scène de S.W.O.R.D. #6, que Erik Lensherr ait assassiné Wanda Maximoff. Je ne sais toujours pas si je vais faire cette mini-série, qui m'excite beaucoup moins que Inferno et qui me semble donc déjà superflue.

Pour tirer un bilan plus global du Hellfire Gala, je dirai que l'idée de départ était séduisante avec son unité de lieu et de temps. Dommage cependant que tous les scénaristes n'aient pas joué le jeu, préférant ici poursuivre leur histoire en cours, là échapper à l'event. En comparaison X of Swords affichait une meilleure cohésion, peut-être parce que Hickman veillait davantage au grain. Sans doute aussi voit-on les limites de l'expansion qu'a connu la franchise depuis quelques mois, avec des séries qui s'arrêtent (volontairement comme Cable, ou faute de lecteurs comme X-Factor, Way of X et certainement Children of the Atom).

lundi 3 mai 2021

HELLFIRE GALA OFFICIAL GUIDE

 


Marvel vient d'éditer, gratuitement, en format numérique, ce guide officiel du Gala du Club des Damnés. Il s'agit du prochain event de la franchise X, qui va se dérouler dans onze numéros et autant de séries + un numéro spécial. A cette occasion, la composition de la nouvelle équipe des X-Men (la première formation officielle depuis l'ère Dawn of X-Reign of X) sera dévoilée, même si, si vous suivez mon blog, vous avez pu déjà la découvrir car j'ai relayé l'info communiquée par l'éditeur (qui, comme d'habitude, n'a pas pu s'empêcher de s'auto-spoiler).

Dans ce Hellfire Gala Official Guide, on a le détail des sorties des séries : les destivités démarreront dans Marauders #21 le 2 Juin et le même jour dans X-Force #20 et Hellions #12. Une semaine après, le 9 Juin, paraîtront X-Men #21 et Excalibur #21. La semaine suivante, on poursuit l'histoire dans X-Corp #2, New Mutants #19, et surtout Planet-Size X-Men #1. Le 23 Juin seront disponibles S.W.O.R.D. #6Wolverine #13 et Way of X #3. Enfin, le 30 Juin, on remballe avec X-Factor #10.

Tous les mutants de Krakoa seront donc de sortie, mais pas que puisqu'on sait que des invités extérieurs comme les Avengers seront présents ainsi que le Dr. Doom (!). 



Pour la peine, les mutants seront sur leur 31 et Marvel a mis les petits plats dans les grands en laissant les dessinateurs s'amuser à habiller les personnages pour la circonstance. Russell Dauterman avait déjà posté ses designs pour neuf protagonistes, mais ses collègues ont aussi eu l'occasion de laisser libre cours à leurs délires vestimentaires - et ils se sont bien lâchés. Voici la galerie de ce défilé de mode, dont les images serviront de variant covers pour les séries.



Marauders, Matteo Lolli


X-Men, Lukas Werneck


X-Force, Joshua Cassara


Hellions, Stephen Segovia


Excalibur, Marcus To


X-Corp, Alberto Foche


Planet-Size X-Men, Russell Dauterman


S.W.O.R.D., Valerio Schiti


New Mutants, Alex Lins


Way of X, Bob Quinn


X-Factor, David Baldeon


Et après ? Rendez-vous le 7 Juillet pour la sortie, très attendue, de X-Men #1 par Gerry Duggan et Pepe Larraz.

L'été sera chaud !

jeudi 1 octobre 2020

X OF SWORDS CHAPTER 2 : X-FACTOR #4, de Leah Williams et Carlos Gomez

 

C'est donc à la série X-Factor, récemment relancée, d'ouvrir le bal de X of Swords après les événements relatés dans Creation la semaine dernière. On entre dans le vif du sujet et dès lors, le récit va circuler d'une série à une autre. Leah Williams s'acquitte de cette tâche avec énergie, en devant gérer beaucoup d'informations, sans éviter le trop-plein. Carlos Gomez met cela en images sans génie, lui aussi un peu dépassé par la densité de l'histoire.



Le groupe de mutant qui a accompagné Apocalypse dans l'Outremonde rentre en catastrophe à Krakoa. Rictor se meurt, touché par une flèche de Pestilence. Apocalypse agonise, pourfendu par les quatre cavaliers et l'Invocateur. Rockslide est décédé.


Saturnyne scelle le passage entre l'Outremonde et Krakoa, ce qui fait perdre connaissance à Polaris dans l'esprit de laquelle elle a glissé des indices sur le tournoi à venir. Rachel Summers et Monet St-Croix tentent de les décrypter, sans succès. Polaris revient à elle et se rend auprès du Pr. X et des Cinq.


Apprenant ce qui s'est passé, Xavier ordonne aux Cinq de ressuciter Rictor et Rockslide mais l'opération se passe mal pour ce dernier car son esprit et con corps ont été corrompus en mourant dans l'Outremonde. Les différents casques Cérébro de Xavier sont grillés. Egg fait détruire ses oeufs.


Le conseil de Krakoa se réunit en urgence et il est décidé de suspendre les résurrections puis d'interdire les voyages dans l'Outremonde. Polaris entre en transe et se met à réciter une prophétie, suggérant quels doivent être les champions de Krakoa dans le tournoi qui va les opposer à ceux d'Arakko.


Magneto et Xavier au chevet d'Apocalypse lui reprochent ses manoeuvres qui ont mis tout Krakoa en danger. Polaris érige un autel avec les restes de Rockslide en suivant les instructions que lui a transmises Saturnyne. Magik est la première à prendre place pour le tournoi à venir tandis que Cypher et Krakoa déduisent les noms des autres champions de l'île.

On ne peut guère reprocher à Leah Williams de décevoir un peu après l'éblouissant premier chapitre de X of Swords, Creation. Il est difficile de passer après Jonathan Hickman et Tini Howard et de maintenir le niveau. A cet égard, on peut donc s'étonner que le crossover se poursuive avec une série aussi récemment lancée que X-Factor.

Dans la collection Dawn of X, X-Factor est un titre un peu curieux qui rassemble un groupe hétéclorite de mutants devant vérifier le décès de leurs semblables avant de procéder à leur résurrection. L'équipe travaille donc en étroite relation avec les Cinq et le Conseil de Krakoa. Parmi ses membres, on trouve Rachel Summers, Vega, Polaris, Daken, Prodigy et Eye-Boy : cela ressemble un peu/beaucoup à un fourre-tout pour des X-Men que personne n'utilise, c'est le problème d'une franchise que l'editor Jordan White et Marvel veulent à tout prix développer au risque de produire des titres gadgets avec des castings sortis d'on-ne-sait-où.

Cela se traduit très concrétement dans cet épisode où en effet X-Factor est peu présent, en dehors de Rachel Summers (une scène et demi) et Polaris. On assiste au retour des mutants ayant accompagné Apocalypse dans l'Outremonde et obligé de battre en retraite après le piège que leur a tendus l'Invocateur et des attaques des quatre cavaliers. Le bilan est très lourd : Apocalypse a été éventré, Rictor empoisonné, Rockslide tué. Et c'est le sort de ce dernier qui va totalement bouleverser la donne, de manière très habile.

En effet, quel est l'élément le plus déterminant dans le nouveau statu quo des mutants depuis House of X ? Sans doute (en dehors du fait que Moira McTaggert a oeuvré en coulisses avec Charles Xavier et Magneto pour refonder la Nation X) le fait que la mort a été vaincue grâce à un protocole maîtrisé par cinq mutants et le Pr. X. Jonathan Hickman a expliqué qu'il avait imaginé cela parce qu'il considérait que l'astuce scénaristique qui consistait à tuer des héros qui seraient tôt ou tard de retour parmi les vivants avait fait son temps, les lecteurs n'y croyaient plus, et donc cela ne suscitait plus ni suspense ni  surprise.

A l'aube d'une bataille qui doit décider de qui gouvernera vraiment Krakoa réunie avec Arakko, le fait d'avoir à faire à des mutants par définition désormais immortels posait un problème semblable au fait d'avoir des héros mortels mais qu'on ramenerait d'une façon ou d'une autre à la vie. Il fallait à nouveau que les mutants soient en danger pour que le lecteur de X of Swords croient à la menace des quatre cavaliers et de la horde d'Amenth.

Pour cela, Leah Williams fait de Rockslide une victime "utile", c'est-à-dire un personnage dont la mort soit réellement irréparable et dont l'irrévocabilité serve le récit dans son ensemble. Concrétement : il a été tué par l'Invocateur mais surtout dans l'Outremonde, qui est le nexus de toutes les réalités. Cela corrompt le protocole de résurrection et empêche de le ramener parmi les vivants. Mais surtout en essayant de le ressuciter, les Cinq et Xavier voient toute la procédure "grillée" : les casques Cérébro sont court-circuités dans une réaction en chaîne au moment où le Pr. X tente de rendre son âme à Rockslide et Egg craignant que tous ses oeufs soient infectés demande à Elixir de les détruire. Conséqience directe : plus aucune résurrection n'est possible jusqu'à nouvel ordre et tout déplacement dans l'Outremonde prohibé (d'ailleurs Saturnyne a condamné le portail externel qu'avait ouvert Apocalypse).

La notion de vulnérabilité est restaurée parmi les mutants. Les voilà à nouveau fragilisés et ils vont le rester car le tournoi qui opposera leurs champions à ceux d'Arakko se déroulera dans l'Outremonde (en terrain neutre). On peut d'ailleurs dès à présent supposer que les champions d'Arakko sont également exposés et que si l'un d'eux est blessé ou tué dans l'Outremonde, il en périra pour les mêmes raisons que celles qui ont été fatales à Rockslide.

Sur ce point, l'épisode est exemplaire, très didactique certes, mais à bon escient. Le problème narratif est ailleurs.

Leah Williams doit composer avec un nombre important d'informations à communiquer entre les personnages et au lecteur, et on sent qu'elle y parvient au forceps. La faute à un vrai point de vue : pendant la majeure partie de l'épisode, l'auteur prend à l'évidence Polaris pour son relais, mais c'est, me semble-t-il, une erreur car, dans le même temps, Lorna Dane subit énormément les événements tout en culpabilisant beaucoup sur ce qui s'est passé dans l'Outremonde (en particulier la mort de Rockslide). Saturnyne ayant glissé dans l'esprit de la fille de Magneto des indices cruciaux concernant les champions de Krakoa, mais inacessibles aux télépathes, cela fait quand même beaucoup pour un seul individu.

A contrario quand elle délégue l'action à des personnages tiers, comme Charles Xavier, Leah Williams aère sa narration et permet au récit de conserver son intensité dramatique sans accabler la seule Polaris. On assiste alors à des scènes bien meilleures comme le moment où le Pr. X se rend compte avec les Cinq de la compromission du protocole de résurrection, l'échange tendue entre Xavier et Emma Frost lors du conseil de Krakoa, ou la visite de Xavier et Magneto au chevet d'un Apocalypse mal en point mais responsable de cette débâcle.

Trop souvent, Polaris souffre d'être seule ou placée au centre de scènes où elle est instrulentalisée (comme quand elle entre, opportunément, en transe, en pleine réunion du conseil). Leah Williams aurait été mieux inspirée en entourant son personnage, notamment par Havok (qui a eu lui aussi récemment, dans la série Hellions, des différends musclés avec les leaders de Krakoa, et qui a été longtemps l'amant de Lorna Dane). Cypher aurait aussi pu être davantage exploité dans l'épisode puisqu'il délivre, in fine, des précisions bien utiles sur les champions supposés de Krakoa et leurs épées.

Ce déséquilibre narratif et dans la caractérisation n'est en plus pas rattrapé sur le plan visuel. je redoutais la lecture de X-Factor car les trois premiers épisodes de la série ont été dessinés par David Baldeon, un des pires artistes de la franchise (et de Marvel à mon avis). En voyant qu'il cédait la place à Carlos Gomez, j'étais à moitié rassuré car je ne connaissais pas ce dernier.

Il faut s'y attendre, par son envergure et le nombre de titres impliqués, X of Swords sera graphiquement très inégal. Et malheur à qui passera après les numéros illustrés par Pepe Larraz. Gomez en fait les frais ici car il est très, mais alors très en dessous de son confrère espagnol. Rarement ai-je eu autant l'impression de voir un dessinateur aussi dépassé par tout ce qu'il devait représenter.

Gomez donne régulièrement le sentiment de ne pas savoir comment cadrer les scènes et il opte abondamment pour les pires solutions, comme lorsqu'il utilise des contre-plongées au moment où les personnages sont pourtant en pleine panique (la contre-plongée suggère au contraire un ascendant du personnage sur la situation). Autre faiblesse révélatrice : l'emploi de plans en plein pied sans justification autre que l'intention manifeste d'émoustiller le lecteur avec la plastique féminine (voir la page ci-dessus où Polaris rejoint le Pr. X où l'artiste met l'accent sur les courbes de la mutante plutôt que sur son désarroi : on a l'impression qu'elle défile, un peu timide, pas du tout qu'elle va annoncer quelque chose de terrible).

Enfin, Gomez n'a de toute évidence pas un bagage technique fou comme en témoigne une autre scène vers la fin quand Xavier et Magneto sont au chevet d'Apocalypse pour lui expliquer séchement qu'il a mis tout le monde dans le pétrin. Ce moment dramatique, à la fois poignant (car Apocalypse est vraiment dans un sale état) et cruel (compte tenu de la dureté des paroles des deux leaders mutants), est découpé en cases occupant toute la largeur de la bande et avec une luminosité réduite, censée, je suppose, souligner sa théâtralité. Or, rien de de tout ça ne provoque une émotion adéquate chez le lecteur. Il aurait fallu oser des plans plus variés, sans doute aussi plus nombreux et rapprochés, comme un crescendo, sans doute sous la forme d'un "gaufrier", pour atteindre l'objectif visé.

Ces maladresses accumulées ruinent l'épisode visuellement. Heureusement, malgré quelques faiblesses dans la rédaction, tout n'est pas perdu. L'exercice était compliqué (gérer l'immédiat après-Creation, introduire la réalité de la vulnérabilité mutante, avancer sur le sujet des champions et du tournoi). Avec une salve de trois nouveaux chapitres la semaine prochaine, tout devrait être plus équilibré. A suivre donc, dans les pages de X-Force #13, Marauders #13 et Wolverine #6.




mardi 22 novembre 2011

Critique 285 : X-FACTOR, VOL. 11 - HAPPENINGS IN VEGAS, de Peter David, Sebastian Fiumara, Valentine De Landro et Emanuela Lupacchino

X-Factor : Happenings in Vegas rassemble les épisodes 207 à 212 de la série écrite par Peter David et dessinée par Sebastian Fiumara (#207), Emanuela Lupacchino (#208-209, 211-212) et Valentine De Landro (#210), publiés en 2010 et 2011 par Marvel Comics.
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Madrox, l'homme multiple, accepte un étrange contrat sans deviner tout de suite qui est sa commanditaire : Héla, la déesse asgardienne de la mort, qui veut retrouver Pip le Troll, en cavale après lui avoir volé un pendentif magique.
La mission accomplie, le mutant est pris de remords et embarque son équipe à Las Vegas, où séjourne Héla, pour sauver le Troll. L'affaire se corse rapidement car la déesse prend ombrage de l'entêtement du détective. Mais Thor, le dieu du tonnerre, intervient... Pour mieux tomber dans un piège bien préparée ?
Cependant, restée à New York, Monet St-Croix reçoit la visite d'une ancienne militaire, Noelle Blanc, souffrant de cauchemars. Elle l'en soulage grâce à ses pouvoirs psychiques, mais ignore qu'elle a laissé repartir une meurtrière...
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Peter David est un vétéran des comics, qui a écrit aussi bien pour DC (entre autres sur Aquaman) que Marvel (un run de 12 ans sur Hulk !). Après avoir animé une mini-série sur Madrox, l'homme multiple (vu dans X-Men), il relance le titre X-Factor en lui donnant une toute nouvelle direction, faisant de ses héros mutants des détectives privés, fonctionnant en marge des X-Men.
Avec un casting élargi et des intrigues où se mélangent polar et fantastique, David renoue avec la tradition d'un Chris Claremont, privilégiant la caractérisation, la dynamique de groupe et l'aspect "soap opera", plutôt que le récit d'action pur. C'est ainsi qu'il aligne 50 épisodes d'affilée (réunis en 8 recueils), avec une vraie armée mexicaine d'artistes (de très bons comme Ryan Sook, Pablo Raimondi, mais aussi de très mauvais comme Larry Stroman, Ariel Olivetti).
Puis la série est renumérotée et reprend au numéro 200, avant un énième crossover mutant (Second Coming).
Happenings in Vegas marque un petit tournant car les héros croisent Thor, un autre personnage emblématique mais n'appartenant à l'univers mutant. La curiosité qu'engendre cette rencontre permet à l'histoire de souligner les qualités du scénariste dans une aventure où les répliques fusent et les connections entre les membres de l'équipe sont agrèablement exploitées.
Pour apprécier X-Factor, il faut, comme pour New Avengers de Bendis, accepter d'être entraîné dans un comic-book où les conventions sont malmenées : ici, guère de grandes batailles, mais un soin particulier accordé à l'ambiance et à l'humour, les dialogues servant de ressorts pour que le récit se déploie. L'important, c'est davantage qui couche (ou voudrait coucher) avec qui et les conséquences que cela provoque sur le déroulement de la mission que la mission elle-même.
David utilise un groupe bien fourni (pas moins de 10 membres, dont 7 pour le déplacement à Las Vegas) et les fait interagir en permanence : Madrox est un chef par défaut, souvent dépassé par les évènements et regrettant vite ses initiatives ; sa fiancée Banshee a un tempérament de meneuse mais est encore plus impulsive ; Layla Miller (une création de Bendis, lors de la saga House of M) est une manipulatrice ; Longshot et Shatterstar sont deux va-t-en-guerre vaniteux... Pour corser encore l'addition, Rictor et Shatterstar sont sur le point d'entamer une relation, au moment où Rhane Sinclair, l'ex de Rictor, enceinte, resurgit. Et Monet réveille mentalement mais à son insu une tueuse ! 
On ne s'ennuie pas une seconde en compagnie de cette formation improbable, qui reçoit le soutien providentiel de Thor, dépeint comme un dieu dont l'austérité provoque un effet comique imparable par rapport aux embrouilles dans lesquelles se sont fourrés les mutants.
On pourra être déroûté par les subplots (le cas Noelle Blanc, la parentalité de Rictor et Rhane) que David installe au milieu de l'aventure et auxquels il consacre un épisode entier. Mais le procédé, s'il n'est pas traîté très subtilement, donne indéniablement envie de savoir la suite.
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Comme depuis le début de son run, David compose son script pour plusieurs dessinateurs (mais les prochains épisodes vont apparemment se stabiliser à ce niveau, avec deux artistes en alternance), qui plus est avec des styles très variés.
Heureusement, la majeure partie (4 épisodes sur 6) est assurée par l'italienne Emanuela Lupacchino, dont le trait élégant et rond, au potentiel prometteur, est influencé par Adam Hughes : ses héroïnes possèdent une séduction irrésistibles, et son découpage est à la fois classique et dynamique.
Sebastian Fiumara réalise l'épisode d'ouverture : son travail est agrèable, avec un je-ne-sais-quoi qui le rapproche de John Cassaday (sans être aussi bon quand même).
Valentine De Landro, un habitué de la série, s'occupe de l'intermède de l'épisode 210, avec une utilisation parfois abusive du copier-coller. Ce n'est pas très vivant sans être mauvais.
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Un story-arc divertissant, sans grande consistance, mais avec du charme.