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samedi 14 août 2021

DES NOUVELLES NOUVELLES TOUTES FRAÎCHES : SPECIALE SUBSTACK

J'avais initialement prévu de parler de Substack Lundi prochain, mais l'ampleur qu'ont prise les annonces de ce nouvel acteur de l'industrie des comics m'a incité à lui consacrer une entrée à part. Car c'est bel et bien une petite révolution à laquelle on est en train d'assister depuis quelques jours. Et comme chaque révolution, elle pose des questions : bouleversement visionnaire ? Ou miroir aux alouettes ?


Substack, c'est quoi d'abord ? Il s'agit d'une plateforme qui permet à des auteurs de publier leurs newsletters. C'est gratuit, mais on peut payer pour accèder à des contenus spéciaux. Cette semaine, Substack a fait beaucoup parler de lui en attirant plusieurs grands noms des comics dans un projet d'envergure.


Tout a en fait débuté lors du premier confinement consécutif à la pandémie du COVID-19 en 2020. A l'époque, les éditeurs paniquent : la crise sanitaire provoque un arrêt de la distribution des comics, le principal distributeur, Diamond Comics, cesse même son activité, tout comme certains imprimeurs. Chez certains éditeurs, on commande même aux artistes de poser leurs crayons le temps que la situation revienne à la normale. Durant cette période, le seul moyen de lire encore des comics consiste à utiliser les plateformes numériques, comme Comixology.
Mais les auteurs gambergent pour ne pas complètement perdre le contact avec leurs lecteurs, notamment quand ils produisent des titres en creator-owned. Nick Spencer (ci-dessus), le scénariste de The Amazing Spider-Man, pense déjà à l'après-COVID et discute avec Substack qui publie sa newsletter. 


Des échanges précis entre Spencer et Substack, on ne sait rien. Mais cette semaine, tout s'est brusquement accéléré. D'abord quand James Tynion IV (ci-dessus) annonce qu'il quitte DC et donc abandonne la série Batman, pour laquelle DC était prêt à lui donner carte blanche pour les trois prochaines années, afin de se consacrer exclusivement à ses propres créations. Il quittera Batman en Novembre prochain et The Joker en Avril 2022, terminera The Nice House on the Lake en 2022 (le titre fera un break de Novembre 2021 à Mars 2022). Mais Tynion ne veut plus écrire de comics de super-héros, conforté par le succès de Something is killing the Children.


Tynion annonce dans la foulée qu'il a signé un deal avec Substack, pour une collection de comics, dont le premier sera une série antholgique, Blue Book (ci-dessous), co-créée et dessinée par Mike Avon Oeming (ci(dessus). Cinq autres titres sont en prévision.


Nick Spencer, James Tynion IV, Mike Avon Oeming : c'est déjà pas mal. Mais ce n'est que le début d'une exode massive et spectaculaire. Car Substack a frappé très fort. Vraiment très fort.


Le prochain sur la liste n'est en effet nul autre que Jonathan Hickman, l'architecte du renouveau des X-Men chez Marvel depuis deux ans. Une sacrée prise, car le bonhomme n'arrive pas seul et pas pour n'importe quel projet. Il lance même ce qu'il appelle "une expérience inédite", intitulée 3W. 3M., soit 3 Worlds. 3 Moons. (ci-dessous)


Pour l'accompagner, il y a Mike Huddleston (ci-dessous), avec qui il signe Decorum (toujours pas fini au demeurant), chez Image Comics. Un artiste au style fou, qui colle donc bien à la démesure des ambitions de Hickman.


Si Hickman écrita le scénario et le script de 3W. 3M., il a confié à des complices le soin de compléter son projet :


- Tini Howard (scénariste de Excalibur et X-Corp) doit imaginer le système magique de cet univers.


- Ram V (Catwoman, Justice League Dark, Swamp Thing, Venom) se charge de l'économie.


- Al Ewing (S.W.O.R.D., Guardians of the Galaxy, Immortal Hulk, Defenders) réfléchit à la religion.


- Gerry Duggan (X-Men, Marauders) conçoit le modèle technologique et scientifique.


Que racontera exactement 3 Worlds. 3 Moons. ? On l'ignore encore, mais cela s'annonce hors normes. Un autre artiste a été réquisitionné pour la peine : Mike Del Mundo (ci-dessus) a posté les premiers characters designs de la série et c'est magnifique.




Mais la razzia n'est pas terminée ! Substack a dû lever des fonds énormes pour sa campagne de recrutement et le financement de ses futures publications. Car c'est une nouvelle manière de faire : en effet, Substack, pendant la première année de production, prend tout à sa charge. Puis la deuxième, il prélévera une commision de 10% sur les bénéfices générées par les oeuvres produites.


Saladin Ahmed (Miles Morales : Spider-Man, The Magnificent Ms. Marvel) sortira chez Substack Copper Bottle.


Molly Knox Ostertag (Strong Female Protagonist, Tales of the Night Watchman, The Girl from the Sea) livrera In The Telling.


Chip Zdarsky (Daredevil, Sex Criminals) est le dernier à avoir cédé aux sirènes de Substack, mais pas encore de tprojet précis communiqué.


Substack devient aussi le nouveau foyer de Skottie Young qui plante Image Comics pour relancer sa série déjantée I Hate Fairyland (ci-dessous).


Mais alors, au fond, qu'est-ce qui motive cet exode ?

Hé bien, en fait, c'est assez simple : Les auteurs vont pouvoir développer leur propre gamme de comics chez Substack. Ils en auront la propriété intellectuelle et les droits de publications, autrement dits si dans un premier temps Substack aura l'exclusivité de leurs productions en ligne, en format numérique, les auteurs pourront ensuite faire publier en format physique leurs histoires chez l'éditeur de leur choix (Image, Dark Horse, IDW, Boom !). Ils deviennent de fait des publishers, et surtout, ça ne signifie pas la mort des comics en dur - d'ailleurs la majorité des auteurs ayant signé avec Substack restent attachés aux albums (les TPB), et même les floppies (les fascicules).

Comment lira-t-on ces comics ?

Comme c'est d'abord, dans un premeir temps, une offre numérique, c'est un système de suscription, d'abonnement. Le prix de base a été (jusqu'à nouvel ordre) fixé à 5 $, ce qui revient au prix d'un floppie chez Marvel ou DC. Mais ensuite il y a une échelle de tarifs supérieurs pour accéder à des bonus (scripts, croquis, etc). Il n'est pas exclu aussi, d'après ce que j'ai compris, que certains auteurs appliquent un procédé semblable à celui de PanelSyndicate (la plateforme créée par Brian K. Vaughan et Marcos Martin, le "pay what you want", donc virtuellement une offre gratuite.

Que penser finalement de tout cela ?

Il est indéniable que Substack a redistribué les cartes. Chez Marvel et, dans une moindre mesure chez DC, ça doit être un peu la panique. 

Le cas de Jonathan Hickman est particulièrement intéressant : cela signifie-t-il qu'il va totalement quitter Marvel et donc plaquer la franchise X qu'il revitalisée ? Ou va-t-il vouloir conserver au moins une place de showrunner ? On sait que Tomm Coker dessine actuellement le vol. 3 de Black Monday Murders, la série qu'il écrit pour Image Comics, donc ce n'est pas impossible que Hickman ait le temps et l'énergie de continuer à produire pour Marvel. On en saura certainement plus à la fin de la publication d'Inferno, car le scénariste a maintes fois expliqué qu'il s'agissait d'une histoire aussi importante que House of X - Powers of X, et à la lumière de ces derniers jours, on peut interpréter cela de deux façons : soit il entend par là que Inferno peut être la conclusion de son projet sur la franchise mutante et que les autres scénaristes se chargeront de la suite sans lui ; soit Inferno conduira au lancement d'un nouveau titre écrit par Hickman (puisqu'il a légué X-Men à Gerry Duggan).

D'autres auteurs, comme Ram V, Gerry Duggan ou Tini Howard, ont déjà prévenu qu'ils ne délaissaient pas les Big Two : Ram V continuera à écrire Catwoman et Justice League Dark (et finira Swamp Thing) pour DC, co-signera Venom avec Al Ewing pour Marvel ; Gerry Duggan ne lâche pas X-Men ; et Tini Howard - je reparlerai d'elle Lundi dans mon autre entrée consacrée aux nouvelles de la semaine.

Substack et son offre ont-ils un avenir ? 

Ou est-ce un coup d'éclat qui risque d'aboutir à une énorme désillusion ? Il est impossible de le dire. Mais on peut raisonnablement penser que si des auteurs comme Tynion, Hickman, Skottie Young se sont engagés, ils ont bien dû peser le pour et le contre, et les avantages ont dû l'emporter sur les désagréments. Substack a aussi l'assurance avec des auteurs de ce calibre que leurs fans les suivront dans cette aventure. 

Financièrement, Substack donne des conditions de travail qui feraient rêver n'importe qui (c'est même mieux que Image Comics où les auteurs ne reçoivent aucun argent avant la publication). Et puis il y a le précédent PanelSyndicate, cette initiative improbable et pourtant couronnée de succès, où Brian K. Vaughan et Marcos Martin avaient lancé The Private Eye en laissant le choix aux lecteurs de payer ce qu'ils veulent. David Lopez, Albert Monteys les ont rejoints, avec bonheur. Les fans comprennent que tout travail mérite salaire et pour ceux qui préférent lire de vrais livres, physiques, les récits de Vaughan et Martin ont été ensuite publiés en hardcover par Image puis Urban Comics, Black Hand & Iron Head de Lopez idem, Universe de Monteys pareil.

Si on considère que pour produire des oeuvres originales et de qualité, il faut qu'ils soient dans de bonnes dispositions, alors réjouissons-nous de l'offre de Substack. Ensuite, le temps fera son oeuvre et nous verrons bien l'ampleur du succès (ou du bide) de cette entreprise.

jeudi 9 août 2018

FANTASTIC FOUR #1, de Dan Slott, Sara Pichelli, Simone Bianchi et Skottie Young


Faut-il que Marvel ait culpabilisé ou cherche désespérement à créer l'événement pour avoir caler la sortie du n° 1 de ce nouveau volume de Fantastic Four un 8 Août, soit exactement cinquante-six ans après la création de la série écrite par Stan Lee et Jack Kirby ? En tout cas, il sera difficile de ne pas en entendre parler, après deux et demi d'absence dans les bacs. Mais cela suffit-il à produire un épisode de qualité ? C'est le périlleux défi de Dan Slott et Sara Pichelli (plus des invités)...


Ben Grimm se promène en ville avec sa fiancée Alicia Masters qui souhaite acheter un chaton comme animal de compagnie. La Chose ne se laisse attendrir qu'une fois les félins en train de ronronner dans ses bras.


Johnny Storm est au stade de New York pour assister à un match de base-ball des Mets en compagnie de son ami Wyatt Wingfoot. On les remarque vite dans les gradins et plusieurs jeunes filles réclament une photo avec la Torche Humaine. Lorsque, soudain, dans le ciel, se dessine le signal des Fantastic Four !


Hélas ! on découvre vite qu'il s'agissait d'un canular commis par deux garnements de Yancy Street qui avait volé le pistolet d'alarme de Ben Grimm dans son pied-à-terre. Il ne souhaite pas porter plainte et Jennifer Walters (alias She-Hulk) obtient des travaux d'intérêt général pour les deux gamins tandis que les proches des FF se désolent de cette mauvaise plaisanterie.


Cependant, ce petit événement a décidé Ben Grimm à rebondir dans sa vie privée et il demande Alicia en mariage. Elle accepte mais lorsque Johnny est sollicité pour être le témoin de la Chose, il s'emporte, affirmant que seul Reed peut mériter cet honneur. Ben est sur le point de se fâcher lorsqu'une lumière rayonne dans le ciel.


Le chiffre "4" luit et tout le monde, héros comme civils, comprend que cette fois-ci, c'est la bonne : Reed Richards, sa femme Sue et leurs enfants Franklin et Valeria sont de retour !

Ben Grimm qui broie du noir, Johnny Storm qui s'enflamme (au propre et au figuré) dès qu'il voit un signe familier... Mais toujours pas de signe de Reed, Sue et leurs deux enfants ! Tout ça vous rappelle quelque chose de récent ? Gagné ! C'était le résumé de Marvel Two-in-One #1 de Chip Zdarsky et Jim Cheung il y a quelques mois (à la nuance près que Johnny déprimait aussi parce qu'en plus il perdait ses pouvoirs).

Cette impression de "déjà-vu" est un curieux tour joué par Marvel et Dan Slott, comme s'il fallait encore éprouver la patience des fans qui attendent le retour de la first family de l'éditeur (rappelons, à toute fin utile, que les Fantastic Four furent les tout premiers héros de la firme... Quand bien même Jack Kirby dut souffler à Stan Lee l'idée qu'une version augmentée des Challengers of Unknown serait un bon départ).

Inutile de tergiverser, cet épisode va en frustrer un paquet, quand bien même des critiques diront qu'il s'agit de traiter du souvenir encore vivace de l'équipe, de l'espoir, et j'en passe. Pour ma part, j'attendais simplement de Slott, qui a eu par le passé, sur son run d'Amazing Spider-Man de témoigner tout son attachement aux FF, de présenter un chapitre aussi vif et enjoué que ce qu'il a réussi avec Tony Stark : Iron Man. Mais ce n'est pas le cas.

Certes, c'est mignon de montrer Ben Grimm céder au caprice d'Alicia Masters d'acheter des chatons, c'est sympa de voir Johnny Storm assister à un match de base-ball avec Wyatt Wingfoot, de convoquer le temps d'une case d'anciens membres provisoires du groupe - Luke Cage, Medusa, Crystal, She-Hulk... Mais vingt pages pour ça, même avec la demande en mariage de la Chose, le coup de sang de la Torche, deux sacripants de Yancy Street, et quelques brefs flash-backs, c'est tout de même pousser le bouchon un peu loin dans la décompression narrative et l'anecdotique. Et pour quel résultat ? Pour quelles raisons sinon celui d'annoncer que le prochain épisode va nous expliquer où étaient et ce que faisaient Reed, Sue et leurs enfants depuis tout ce temps... Avant la réunion au #3 ?!

Ce ne sont pas les back-up stories qui calmeront grand-monde : le segment consacré au retour sur le trône de Latvérie d'un Victor Von Doom à nouveau défiguré et revanchard (dommage après l'évolution intéressante imprimée par Bendis) est d'une laideur absolue (Simone Bianchi s'est une nouvelle fois surpassé).
  

Quant à la page finale dessinée par Skottie Young, avec l'Homme Impossible, elle dit très bien, par avance, ce que ressentiront beaucoup d'acheteurs de la revue (voir ci-dessous).


Pour l'épisode principal donc, c'est à Sara Pichelli qu'échoit le redoutable honneur de dessiner les héros (ou au moins deux des Fantastiques). J'aime beaucoup cette artiste mais il me faut reconnaître qu'elle ne livre pas son meilleur travail ici. La faute à l'épisode des Avengers qu'elle a dû illustrer avant (mais qui n'est pas encore sorti, un comble !) ? En tout cas, beaucoup de pages trahissent un manque de finitions, d'autant plus dommageable qu'elle est soutenue par une encreuse.

Néanmoins, parce qu'elle a de la ressource et du talent, Pichelli se sort habilement de l'exercice consistant à mettre en images un script un peu creux. Au test "savoir dessiner la Chose pour évaluer la capacité de l'artiste à produire les FF", l'italienne a quelque progrès encore à faire (mais elle s'en sort comparativement bien mieux que Esad Ribic sur la couverture). En revanche, elle anime de manière très vivante la Torche Humaine, en évitant le design d'Alex Ross (repris par Steve Epting - inspiré d'une silhouette sur un négatif de pellicule photo). Disons qu'il y a à la fois de la marge et du potentiel, donc le meilleur est certainement à venir.

Souhaitons que ce soit le cas pour la suite de la série. Rien d'inquiétant, mais tout de même un fâcheux retard à l'allumage. 

dimanche 5 août 2018

DEADPOOL #3, de Skottie Young et Nic Klein


Comme je l'avais prédit, le premier arc narratif du Deadpool écrit par Skottie Young et dessiné par Nic Klein se conclut rapidement, après trois épisodes. Cette concision, on le verra, est un pied-de-nez aux longues sagas événementielles que publie régulièrement Marvel tout en célébrant l'humour régressif du héros. 


Alors qu'il est face à Groffon pour le tuer avec son arme cosmique secrète, Deadpool constate que son pistolet ne fonctionne pas. Dans les rues alentours où les autres héros affrontent les sbires du géant venu d'ailleurs, les cris de rage du mercenaire confirment que la situation est plus compromise que jamais.
  

Groffon vomit sur Deadpool qui est alors propulsé à plusieurs blocs de là et atterrit avec fracas dans un terrain vague. Les soldats de son ennemi l'encerclent, prêts à l'achever, mais Negasonic Teenage Warhead, sa partenaire, intervient alors pour les faire exploser.


Revanchard mais attentif bien qu'il soit recouvert de glaire, de sang et de chair extraterrestre, Deadpool remarque que les sbires de Groffon utilisent la même arme que la sienne. Il demande à Colossus qui se bat à proximité de réaliser un "fastball special" comme ceux qu'il pratiquait avec Wolverine pour retourner défier Groffon.


Cette fois, pas de mauvaise surprise, Deadpool appuie sur la détente et pulvérise son ennemi. Ce qui entraîne l'auto-destruction de ses soldats. La foule acclame les Avengers et leurs renforts mais, beau joueur, Captain America invite les civils à saluer le vrai héros du jour, Deadpool.


Sa popularité après cet exploit attire de nombreux nouveaux clients à Deadpool mais il s'est mystérieusement absenté. Reçu par un Céleste, il s'avère que toute l'affaire était arrangé entre lui et le mercenaire pour que ce dernier jouisse à nouveau de statut de vrai héros. Renvoyé sur Terre, il est disposé à accepter de nouveaux contrats.

Résumer cet épisode est en soi une expérience car il est peu courant de devoir raconter qu'un héros est submergé par le vomi d'un extraterrestre géant désirant bouffer la Terre. Skottie Young offre un défi à celui qui s'emploie à transmettre son récit et à communiquer ce qu'il en pense.

Si on s'en tenait à cela, Deadpool serait au mieux un plaisir coupable, au pire un navet accablant. Je ne peux m'empêcher d'estimer que la série et son héros ne sont en vérité pas pour moi. Je comprends qu'on puisse se divertir avec ce genre de comics, d'humour, mais honnêtement, je mentirai en prétendant que j'apprécie vraiment cela. Difficile de ne pas passer pour un snob en ajoutant que favorise des comédies un brin plus subtiles que des mésaventures de mercenaire survivant au vomissement d'un géant, sauvant la Terre d'un coup de pistolet et se retrouvant nu devant tout le monde sans cesser de fanfaronner. C'est rigolo mais bon... C'est tout de même aussi très con.

Young est malin : à la fin de l'épisode, il offre un retournement de situation en révélant que Deadpool a orchestré ce combat pour regagner l'estime de la communauté super-héroïque et du public. Ce twist permet à l'histoire d'avoir un peu plus d'épaisseur. Mais c'est aussi, surtout, une astuce roublarde et in extremis qui ne saurait transformer une blague de potache en saillie spirituelle.

Le scénariste applique les mêmes recettes à Deadpool qu'à son run sur Rocket Raccoon où ça pétaradait de partout avant de conclure sur une morale malicieuse, pointant volontiers l'éditeur qui publiait la série et les clichés de ses productions (ici, Deadpool le dit clairement : il avait besoin d'un "big event"). Mais, curieusement, le raton laveur atrabilaire était un personnage plus intéressant que le mercenaire grande gueule car la colère inépuisable de Rocket cachait sa frustration par rapport à sa condition de monstre de foire et aux moqueries dont il faisait l'objet. Par ailleurs, il disposait avec Groot d'un partenaire plus original et complémentaire que Negasonic Teenage Warhead pour Deadpool, qui n'est au fond qu'un crétin absolu et vulgaire.

Dans ces conditions, on est à la fois ravi qu'un dessinateur d'un niveau aussi bon que Nic Klein illustre la série. La couverture confirme l'influence "Moebiusienne" de l'artiste, qui rend un hommage au récit complet Silver Surfer : Parabole écrit par Stan Lee et mis en image par le génie français. 

Mais tout le brio de Klein inspire au lecteur beaucoup de dépit car un talent pareil mérite mieux qu'une série comme Deadpool, même s'il paraît sincèrement s'amuser dans cet exercice.

Je doutais d'aller plus loin que le premier arc, m'étant embarqué dans la série juste pour un tour d'essai et pour  l'association Young-Klein. Ceci étant fait, je vais donc en rester là.    

mercredi 11 juillet 2018

DEADPOOL #2, de Skottie Young et Nic Klein


Bon, finalement, j'ai replongé et lu ce deuxième épisode de Deadpool par Skottie Young et Nic Klein - je pense faire au moins le premier arc, et j'aviserai pour la suite. Encore plus débile et drôle que le mois dernier (si, si !), c'est une lecture bien régressive, un vrai plaisir coupable.


Alors qu'il déjeune avec des amis, Deadpool reçoit la visite de Captain America. Mais le mercenaire pense alors que le héros est venu l'arrêter pour avoir repris ses activités de mercenaire et prend la fuite. Il ne va pas loin car tous les Avengers se sont déplacés et l'attendent dehors, mais cela n'arrête pas Deadpool qui engage le combat contre l'équipe.


Après avoir reçu une correction, Deadpool semble revenir à de meilleures dispositions et reçoit Captain America, Iron Man et Black Panther dans son bureau. Ils lui demandent de leur remettre l'arme capable de neutraliser Groffon the Regurger, lorsque Iron Man reçoit un appel des Champions.


Le Céleste est en effet déjà arrivé sur Terre et a commencé son oeuvre. Autre souci : Deadpool assure n'avoir aucun souvenir de détenir une arme susceptible d'éliminer une créature pareil, quoique Captain America lui assure qu'il l'aurait gagné au jeu sur la station spatiale Knowhere.


Iron Man s'impatiente et Deadpool abrège la discussion en dégoupillant une grenade fumigène. Il prend la tangente, direction : un garde-meuble gardé par un membre de l'Hydra... Dans lequel, au milieu d'un indescriptible capharnaüm, il retrouve l'arme !
  

Deadpool peut alors gagner le théâtre du combat engagé entre les héros de New York et les envahisseurs de Groffon the Regurger qu'il défie directement. Manque de chance : l'arme s'enraye !

S'il fallait encore se convaincre que Skottie Young envisageait Deadpool comme un cousin de Rocket Raccoon, dont il écrivit les aventures, un examen de la couverture de ce deuxième épisode suffirait à établir le lien : le mercenaire y déploie des armes aussi nombreuses que volumineuses directement pointées sur le lecteur à la manière du raton-laveur membre des Gardiens de la Galaxie.

Mais, évidemment, ce qui distingue les deux personnages, c'est leur intelligence : Rocket est un infatigable grincheux qui se débarrasse radicalement des fâcheux avec une pointe de contentement sadique, tandis que Deadpool est un crétin absolu qui cache à l'occasion son jeu.

Chercher à appréhender le mercenaire de manière rationnelle est assez passionnant car s'il est stupide, vulgaire, il n'est pas non plus complètement demeuré et loin d'être lâche. Disons, simplement, qu'il pense autrement. Par exemple, pourquoi, sinon parce qu'il culpabilise, fuit-il au début de ce numéro Captain America avant même de savoir pour quelle raison celui-ci demande à lui parler ? Captain America incarne tout ce que n'est pas Deadpool : un être droit, honnête, intègre et intelligent, visant le bien commun - son opposé absolu. Il prend à ses jambes à son cou parce qu'il pense qu'il va être arrêté pour avoir repris ses activités de tueur à gages.

Mais son illogisme monte d'un cran quand il affronte toute l'équipe des Avengers et l'humour utilisé par Young voisine alors avec l'absurdité hilarante des Monty Python puisque Deadpool ne se rendra qu'une fois mutilé, amputé d'un bras, éventré, tel le Chevalier Noir dans Sacré Graal ! qui, même privé de ses deux bras et deux jambes reste persuadé qu'il peut battre Arthur.

Derrière ce sommet de bêtise, Deadpool dissimule pourtant son jeu, mais ses raisons restent nébuleuses : pourquoi prétend-il avoir oublié qu'il a l'arme convoitée par les Avengers alors que Captain America lui rappelle dans quelles circonstances et où il l'a obtenue ? Pourquoi, surtout, sème-t-il Iron Man et Black Panther pour aller la chercher et affronter seul, directement, Groffon ? Deadpool veut-il être le seul héros de la confrontation, celui qui aura résolu le problème et se rachètera ainsi de ses mauvaises actions ? A moins qu'il ne soit mu par une volonté suicidaire en défiant un Céleste ?

Quoiqu'il en soit, malin ou abruti, sa geste est souvent drôle, même si elle ne vole pas haut, c'est un humour tout sauf sophistiqué - quoiqu'il interroge tellement le lecteur qu'on ne peut s'empêcher d'être ahuri par ce qui l'inspire. En revanche, point de mystère au moment de comprendre la signification réelle du titre the Regurger de Groffon : il vomit littéralement ses sbires !

Nic Klein doit quand même faire une drôle de tête en recevant pareil script puis en réfléchissant à la manière de le mettre en images. Mais le résultat est excellent : avant tout chose, parce que l'artiste ne cherche pas à en rajouter. Au contraire, il applique un dessin très premier degré qui donne du relief à ces pitreries, un choix payant.

Comme il a un style réaliste, l'effet est d'autant plus efficace qu'on est surpris par le choix d'un tel graphisme pour ce genre de récit. Klein soigne l'expressivité, les attitudes, bien cadrées dans un découpage sage mais fluide et tonique, comme s'il prenait très au sérieux ces bouffonneries. Et c'est pour cela aussi que c'est très drôle : Young se permet tout mais Klein ne lâche pas la bride, du coup le lecteur est comme les héros sérieux que rencontre Deadpool, médusé.

Un peu moins bavard, plus dynamique et spectaculaire, avec un cliffhanger accrocheur, j'attends désormais fébrilement le n°3.

mercredi 4 juillet 2018

DEADPOOL #1, de Skottie Young, Nic Klein et Scott Hepburn


A vrai dire, je ne savais pas à quoi je consacrerai une ent... Non, ça je l'ai déjà dit ! Mais, enthousiasmé par ma lecture du 801ème numéro d'Amazing Spider-Man, j'ai attaqué le premier de la nouvelle série consacrée à Deadpool. Parce que Skottie Young l'écrit. Et que Nic Klein le dessine. Sans garantie d'aller plus loin, mais pour le fun.


- Back in business. Deadpool est au cinéma lorsqu'il répond à un appel téléphonique de sa complice Negasonic Teenage Warhead qui lui remémore qu'il a un contrat à honorer. La conversation dérange un spectateur derrière le mercenaire qui coupe la communication. Puis il prévient la salle qu'il recherche un certain Rocko pour le tuer. Manque de bol : celui-ci se manifeste et c'est un colosse sur lequel les balles du pistolet de Deadpool n'ont aucun effet.  
  

Rocko inflige une sévère raclée à Deadpool jusque dans la rue et lui demande qui l'a payé pour l'éliminer. Mais le mercenaire ne dénonce personne et se relève, mal en point certes, mais résolu à en finir. Il réussit à ceinturer son adversaire avec une rangée de grenades.


Rocko pulvérisé par l'explosion (et le costume de Deadpool en lambeaux), son commanditaire, qui n'était autre que le spectateur mécontent, refuse de payer des pénalités au mercenaire. Ce dernier file donc avec la moto du mauvais client comme rétribution.


Cependant, les Gardiens de la galaxie avertissent les Avengers de l'arrivée imminente sur Terre d'un Céleste menaçant, Groffon the Regurger. Pour l'arrêter, il n'existe qu'une arme, qui, heureusement, se trouve déjà sur notre planète. Malheureusement, elle est en possession de Deadpool...  


- Good Night. Vexé par une remarque de Negasonic Teenage Warhead sur son absence de popularité, Deadpool entreprend de réécrire ses origines en s'inspirant successivement de celles de Hulk, puis Spider-Man, Superman et Batman...

Je n'ai jamais été fan du "Merc with a mouth" (soit le mercenaire à la grande gueule) qu'est Deadpool, même si j'ai dû composer avec sa présence dans de bonnes séries comme Uncanny X-Force de Rick Remender ou, plus récemment, Uncanny Avengers de Gerry Duggan (lequel a aussi longtemps écrit la série solo consacré au héros). Alors pourquoi lire ce nouveau numéro 1 ?

Un peu par désoeuvrement, je l'avoue. Mais aussi par curiosité. Parce que Skottie Young s'y entend pour animer les héros les plus déjantés avec un humour farcesque redoutable (cf. Rocket Raccoon). Et qu'il est, pour l'occasion, accompagné du mésestimé Nic Klein, qu'on n'attendait pas sur un tel titre.

Je ne prétendrai pas suivre à présent cette série, quoique ce premier épisode est très efficace. Le prétexte, plus que l'histoire, est vraiment accessoire, Deadpool se suffit presque à lui-même, il n'a pas besoin d'un ennemi spécial pour se distinguer, ce mercenaire particulièrement stupide mais coriace, totalement fou et incontrôlable qui dézingue ses adversaires sans sourciller. Du reste, Young ne cherche pas à rendre la série plus fine qu'elle l'a jamais été : le héros finit la bagarre entièrement nu (et ses parties intimes sont cachées par un logo à son effigie ou floutées), le motif de son contrat est passé à la trappe, il rentre à sa base avec ses attributs camouflés de manière grotesque. C'est con, très con, mais drôle.

Et délirant aussi car, dans sa dernière partie, le récit bifurque subitement en invoquant les Gardiens de la galaxie et les Avengers. Saugrenu ? Oui, mais pas innocent car Young introduit un cliffhanger "hénaurme" qui se moque, de manière irrésistible, du premier arc narratif de Avengers par Jason Aaron avec l'arrivée d'un Céleste que seul Deadpool serait capable de neutraliser.

Nic Klein fait son retour chez Marvel où personne ne lui a jamais accordé le crédit qu'il mérite pourtant. Technicien solide, au style évoquant étonnamment celui de Ralph Meyer (et plus généralement ce qu'on pourrait désormais appeler "l'école Jean - Moebius - Giraud), il n'a jamais pu s'installer sur une série alors qu'il fournissait des planches de qualité en respectant les délais (sur The Winter Soldier, Thor, Captain America). Alors il est parti s'amuser ailleurs, chez Image, avec la série Drifter (écrite par Ivan Brandon).

On l'imaginait mal sur une série aussi barrée mais Deadpool gagne son meilleur artiste, capable d'animer aussi bien les scènes d'action que la grosse comédie. Il modère le délire orchestré par Young et c'est pourtant précisément grâce à cela que les effets humoristiques sont plus toniques (le meilleur exemple est cette page où l'explosion de Rocko est montrée hors champ, le retentissement de la déflagration ne faisant même pas sursauter des passants - voir ci-dessus - , la situation devient plus décalée et savoureuse).

Young est généreux dans son appropriation du personnage au point qu'il propose aussi une back-up story à l'épisode, dans laquelle Deadpool veut, pour attirer la sympathie du public, réécrire ses origines - et plagie éhontément celles d'illustres super-héros. Le scénariste a l'intention de poursuivre là-dessus, ça promet. Scott Hepburn dessine cette partie, c'est moins bon que Klein, mais en même temps ça convient parfaitement car l'effet contraste avec la tenue de ce qui a précédé et souligne là aussi le côté blague du procédé.

Je vais donc voir si je persévère (je suis prudent quand même car si c'est marrant, c'est aussi excessivement bavard - même si on peut zapper quasiment tout le texte tellement la narration est efficace - et que je suis d'autres choses). 

mardi 19 décembre 2017

ROCKET RACCOON, VOLUME 2 : STORYTAILER, de Skottie Young, Filipe Andrade et Jake Parker


Suite et fin de la série (même si elle fut ensuite relancée sous le titre Rocket & Groot) avec ce deuxième recueil incluant les épisodes 7 à 11, toujours écrits par Skottie Young et dessinées par Filipe Andrade (#7-8) et Jake Parker (#9-11).


- The Cold. (#7-8) Echoués sur la planète Fron, dans le système de Thneed, Rocket et Groot se réchauffent grâce à un feu nourri par le bois de l'ami du raton-laveur. Ils sont alors surpris par l'attaque d'un monstrueux Nogu qui blesse gravement Groot en le mordant. Jink, une princesse guerrière de ce monde polaire, leur vient en aide et explique à Rocket que le seul moyen de sauver son compagnon est de voler un oeuf à la reine des Nogu dont le jaune servira d'antidote.


Ils s'aventurent dans la grotte où la reine se terre pendant que Groot est confié aux soins de la tribu de Jink. Rocket réussit à dérober un oeuf et, pour cet acte de bravoure, se voit honoré par le chef du clan de Jink. En quittant Fron, Groot et Rocket reçoivent un message de leur acolyte Yak qui les prévient que Groot représente une grave menace pour la Terre...


- Monster Mash. (#9) En 2046 à New York, Groot, parvenu à une taille gigantesque, dévaste la métropole. Iron Man, observant les échecs des plus grands héros de la Terre pour le maîtriser, en appelle à Rocket et lui explique la raison pour laquelle son ami est devenu fou : Tony Stark a voulu à partir d'un échantillon de Groot trouver une formule permettant de régénérer les cellules humaines et donc améliorer la durée de vie. Mais l'expérience a mal tourné... Rocket refuse d'abord d'intervenir puis se rend sur Terre mais pour aider son ami... Mais tout ça est-il bien réel ?


- Bookends. (#10-11) Pour dédommager la princesse Amalya et rembourser tous ses créanciers, Rocket continue de remplir diverses missions rémunératrices. Mais lorsqu'une de ses fréquentations, le trafiquant Klep, le prévient qu'il a localisé le Livre du Demi-Monde, le raton-laveur entraîne Groot dans un des détours dont il a le secret. 
  

Après bien des efforts, et avec la police lancée à ses trousses par un juge, Rocket est capturé par la capitaine Slade, issue de la même espèce que lui et qui détient le Livre. Elle demande à Rocket de le lire pour en découvrir les secrets mais il y renonce rapidement, estimant que les réponses qu'il contient ne le satisfont pas. Relâché, il est peu après arrêté par la police et envoyé en détention dans la prison de Devin-12 où il retrouve de vieilles connaissances... Pour lesquelles il a déjà un moyen de s'échapper.

La forme de cet album se distingue du précédent tome par la diversité de ses histoires et l'inégalité du résultat. Se cantonnant au rôle de scénariste, c'est comme si, curieusement, Skottie Young s'autorisait moins de folie que lorsqu'il cumulait textes et dessins.

L'exemple le plus frappant est le récit en deux parties qui ouvre le recueil : The Cold dispose d'une intrigue bien mince pour mériter qu'on lui consacre autant de pages et ne serait-ce que la scène émouvante où Rocket pleure la mort possible de Groot, mordu par un Nogu, il n'y a pas grand-chose à en tirer. En outre, la partie graphique est assurée par le portugais Filipe Andrade dont le style manque cruellement de lisibilité, même si son dessin a une audace certaine, une forme de radicalité étonnante.

Heureusement, les choses se redressent ensuite avec le retour aux illustrations de Jake Parker : le dynamisme de son découpage et la simplicité de ses images n'ont pas le côté débridé de Young mais combinent parfaitement avec la palette de couleurs de Jean-Marc Beaulieu, entre teintes douces et d'autres plus pimpantes. 

L'épisode 9 est une parodie bien sentie des films catastrophes, façon Godzilla (avec Groot dans le rôle du monstre), mais aussi, plus globalement et précisément à la fois, de sagas globales de Marvel. Young se moque ouvertement des aberrations stratégiques et scientifiques d'un personnage comme Tony Stark/Iron Man qui, en voulant faire le bien, provoque des ravages. Le scénario joue sur une ambiance de fin du monde avec des héros vieillis, usés, amers, tout en désamorçant l'ensemble quand cela risque de devenir trop sérieux. Le vaisseau de Rocket qui se transforme en ersatz de robot géant digne des Transformers produit une scène très drôle, aussitôt expédiée. L'idée est en tout cas si accrocheuse qu'elle aboutit à twist remarquable car inattendu, imprévisible.

Enfin, on termine par un double épisode dont le titre est un hommage à un album de Simon & Garfunkel, Bookends : Young y opère une superbe synthèse de tout son run en résolvant une intrigue secondaire du premier album - l'énigme du Livre du Demi-Monde et la vérité sur la légende qui veut que Rocket soit le dernier de son espèce - dans une course-poursuite échevelée où la placidité de Groot contraste toujours irrésistiblement avec la mobilité de Rocket.

Parker dessine cela superbement et transforme le script en un véritable tour de manège, un page-turner redoutable, avec un découpage très fluide et composé de bandes souvent obliques (une influence manga bien assimilée). La fin est roublarde à souhait, renvoyant là encore au début de la série (en particulier sur la manière dont Rocket prévoit de s'échapper de prison). Un régal.

Bien qu'inégales donc, ces péripéties garantissent une lecture plaisante. On regrettera juste quelques baisses de régime à mi-parcours et que Skottie Young n'ait pas dessiné davantage d'épisodes sur la totalité de son séjour sur le titre.