dimanche 21 mai 2023
LES GARDIENS DE LA GALAXIE VOL. 3, de James Gunn
jeudi 2 février 2023
LE DCEU EST MORT ! VIVE LE DCU !
De la fin du DCEU au début du DCU...
James Gunn a également précis, pour les gamers, que les futurs jeux estampillés DC raconteraient des histoires complémentaires aux films et aux séries. Univers partagé au maximum donc.
Alors oui, il y a des personnages qui manquent, et oui, tout dépendra des succès commerciaux de ces projets pour que le plan prévu sur 8-10 ans de Gunn et Safran puisse être mené à bien. Mais il y a des motifs pour se réjouir car Gunn est un créatif aux commandes de ce gros paquebot qu'est le DCU, il est animé par un amour sincère pour cet univers, c'est un vrai fan de comics, et son plan est intelligent, varié. David Zazlav paraît lui avoir accorder sa confiance et des moyens à la hauteur.
Par ailleurs, comme l'a précisé le cinéaste, ce n'est pas un "Gunn-verse", chaque auteur aura les mains libres (tant qu'il respectera la cohérence du plan) - ça signifie surtout, pour tous ceux qui râlent en espérant le retour impossible de Snyder, que Gunn ne va pas écrire et réaliser tout (pour ceux qui craignent qu'il transforme le DCU en un MCU-bis, en important son humour, son esthétique, etc.).
Pour ma part, si ça intéresse qui que ce soit, j'ai confiance. Je n'ai jamais apprécié le DCEU, Zack Snyder, et surtout ses fans toxiques. J'ai juste envie de voir de bons films adaptés des comics DC, qu'il y ait une vraie émulation entre Marvel et DC (condition sine qua non pour que la qualité soit là des deux côtés). Gunn a tourné une page, chaotique, et si je peux comprendre l'attachement de certains fans, raisonnables, à ce qui a été fait, il faut admettre que Safran et Gunn veulent repartir sur de nouvelles bases, avec leurs idées au lieu de recycler celles des autres ou d'établir une sorte de multivers ciné-télé cacophonique sans vrais chefs d'orchestre.
Si vous aimez les super-héros, leurs films, leurs séries, les comics qui sont la base de tout, et DC en particulier, vous devez au minimum accorder sa chance au DCU. Question de fair-play.
mardi 29 novembre 2022
LES GARDIENS DE LA GALAXIE : JOYEUSES FÊTES !, de James Gunn
vendredi 13 août 2021
THE SUICIDE SQUAD, de James Gunn (Critique avec Spoilers !)
vendredi 5 septembre 2014
Critique 504 : LES GARDIENS DE LA GALAXIE, de James Gunn
En 1988, juste après avoir vu sa mère mourir sur son lit d'hôpital, le jeune Peter Quill s'enfuit en courant dans la nuit. Une fois dehors, un vaisseau spatial plane au-dessus de lui et il est aspiré à l'intérieur...
26 ans plus tard, Quill pille un sanctuaire dans l'espace, sur une planète apparemment abandonné. En s'introduisant dans une grotte, il y dérobe un mystérieux globe. C'est alors que des soldats, menés par Korath, surgissent et veulent l'arrêter. Mais celui qui se surnomme désormais Star-Lord réussit à s'échapper.
On le retrouve sur Xandar où il cherche à vendre le globe à un receleur. Mais celui-ci panique quand il apprend que la relique est également convoitée par Ronan l'accusateur, un Kree fanatique qui défie le Corps des Novas, dirigeant la planète.
En sortant de chez le receleur sans avoir pu vendre le globe, Peter Quill est attaqué à la fois par Gamora, une des deux filles du titan Thanos, allié de Ronan, et le duo de mercenaires formé par Rocket, un raton-laveur génétiquement modifié, et Groot, un arbre humanoïde, qui veulent respectivement récupérer l'objet et livrer Star-Lord (en sa qualité de membres des Ravageurs, des pilleurs galactiques) aux autorités contre une prime. Mais le Corps des Novas arrêtent toute la bande et les envoient dans une colonie pénitentiaire.
Gamora convainc Quill, Rocket, Groot et Drax qu'elle ne souhaite pas aider Ronan ni Thanos, et qu'elle connaît un homme intéressé pour acquérir le globe.
Gamora conduit ses acolytes jusqu'au Collectionneur, un excentrique fétichiste qui leur montre et explique ce que contient l'orbe : il s'agit d'une des six gemmes d'infinité, dont le pouvoir peut détruire une planète.
Une des servantes du Collectionneur tente de voler la gemme d'infinité et provoque une spectaculaire explosion dans la station spatiale.
Ce chaos empire encore avec l'arrivée de Ronan que Drax a attiré ici par un message radio pour le tuer.
L'accusateur est accompagné par Nebula, la demi-soeur de Gamora, décidée à tuer cette traitresse.
Ronan récupère le globe avec sa gemme tandis que Quill est retrouvé par Yondu, son père adoptif qui, s'estimant doublé, veut se débarrasser de lui.
Mais Star-Lord réussit successivement à convaincre son mentor de l'épargner en lui promettant de récupérer le globe (et donc d'en tirer une forte somme) puis Rocket, Groot, Gamora et Drax de le suivre pour contrecarrer les plans de Ronan (au péril de leur vie, mais ils n'ont plus rien à perdre, n'ayant plus de famille).
L'équipe de Quill et ses compères, avec les Ravageurs en renfort, persuadent le Corps des Novas de leur prêter main forte pour stopper le Kree et ses troupes. Réussiront-ils cette mission dont dépend le sort d'une partie entière de l'univers ?
C'est déjà le 10ème film produit par Marvel Studios depuis Iron Man 1 en 2008, et Les Gardiens de la Galaxie est sans doute la plus belle réussite de Kevin Feige. Car, oui, on sort de la salle avec le sentiment d'avoir vu le film le plus abouti de la collection alors qu'il s'agit de celui qui, le premier, ne met pas en scène des super-héros (a fortiori des super-héros connus) et qui est le plus déconnecté des précédents longs métrages (même si les fidèles y repéreront des références).
On peut même affirmer que chaque film Marvel est le fruit de la ligne imposée par le producteur Kevin Feige et des tentatives d'émancipation du réalisateur qui a accepté d'être sous sa tutelle. A ce petit jeu, on a pu voir qu'un bon cinéaste n'est pas toujours le meilleur choix pour piloter une telle entreprise (le "Shakespearien' Kenneth Branagh s'y est cassé les dents, et Alan Taylor, emprunté à la série Game of Thrones, a aussi souffert). En revanche, ce sont souvent des metteurs en scène inattendus, novices ou revenants, qui s'en sont mieux sortis (Joss Whedon, les frères Russo, Joe Johnston, Jon Favreau).
Dans ce cadre-là, le choix de James Gunn, plus connu (quoique sa notoriété ne dépassait guère le cercle de quelques initiés) pour ses films indépendants comme Super ou Horribilis, était celui du parfait outsider : un geek déclaré, désireux de pouvoir disposer d'un tel budget, mais dont on ignorait s'il aurait les reins assez solides et la bonne inspiration. Mais, en fait, avec le recul, avoir élu James Gunn n'était pas plus surprenant que de monter un blockbuster à partir des Guardians of the Galaxy, comic-book plus que méconnu (même s'il a des mordus, et que son récent relaunch enregistre de bien meilleures ventes, grâce à une équipe artistique plus en vue - Brian Bendis au scénario et une flopée de dessinateurs côtés).
Hé bien, d'abord, et même avant tout, sa première qualité est qu'il vit très bien indépendamment des précédentes adaptations Marvel. Les quelques références qui subsistent sont discrètes et ne gêneront pas ceux qui n'ont pas tout suivi (au contraire même, puisque, pour la première fois, véritablement, on a droit à des éclaircissements sur les gemmes d'infinités, l'évocation des puissances primordiales que sont les Célestes, et une présence un peu plus nette de Thanos, entrevue à la fin de Avengers).
Ensuite, donc, il ne s'agit pas d'un film de super-héros, ce qui permettra donc à ceux qui apprécient plus ou moins ce type de personnages d'apprécier l'histoire et les personnages. Nous sommes ici dans la configuration d'un "space opera" teintée de comédie. Les héros sont des anti-héros, une bande de "misfits" au départ guère recommandables et aux actions peu honnêtes : un pilleur de reliques (Peter Quill), une tueuse (Gamora), deux chasseurs de primes (Rocket et Groot) et un veuf désireux de venger les siens (Drax). L'intrigue a le mérite de les présenter clairement, rapidement, mais surtout d'expliquer comment les évènements qu'ils traversent les changent en héros, en personnages abandonnant leurs mauvaises manières pour accomplir un authentique acte héroïque.
La qualité des héros se mesure aussi à celle de leur adversaire et de ce point de vue, là aussi, le film offre un méchant d'envergure, réellement menaçant, au caractère inquiétant et original (c'est un fanatique religieux, que la puissance qu'il acquiert en récupérant la gemme d'infinité ne fait que souligner), avec sa complice Nebula (Karen Gillan, venue de Dr Who, parfaitement flippante). Le décalage entre la démesure du pouvoir obtenu par Ronan (joué par un Lee Pace imposant, bien loin de son personnage dans Pushing Daisies) et les ressources dérisoires en comparaison dont disposent les Gardiens permet d'apprécier pleinement l'incertitude de l'issue de leur affrontement : on tremble alors vraiment pour les héros, et ce frisson est jubilatoire, il offre un vrai suspense.
Les Gardiens sont une équipe qu'on voit naître, de manière plus dynamique encore que les Avengers, et leur étrangeté ajoute à l'exotisme du projet sans empêcher qu'on vibre pour eux. Surtout, James Gunn a su trouver la bonne distance pour les traiter, toujours avec humour mais sans se moquer d'eux, en évitant la parodie. Il fallait ça pour, sinon croire, en tout cas suivre les aventures d'un arbre sur pattes (auquel Vin Diesel prête sa voix gutturale aussi bien en version originale qu'en français, réussissant à donner une grande variété d'intonations dans l'unique phrase que prononce Groot : "Je s'appelle Groot"), un raton-laveur enragé et sur-armé (avec la voix de Bradley Cooper - assurément le personnage le plus mémorable de l'année), un tueuse en quête de repentance mais redoutablement efficace (parfaitement incarnée par Zoe Saldana, qui peut composer ce personnage sans jouer sur la séduction), un guerrier mélancolique mais incapable de saisir le moindre second degré (campé par le catcheur David Bautista, dont la présence massive va avec un regard presque enfantin).
Cette troupe improbable, qualifié de "bande de trous du cul" par les flics de l'espace, confère au film une énergie et une bonne humeur communicatives : ils passent leur temps à se disputer, à se réconcilier, ils apprennent à s'apprécier, s'estimer, et même à nous émouvoir, après nous avoir fait rigoler (la génération de lucioles par Groot distille un vrai moment de poésie). En action, ils sont très bien mis en valeur, et James Gunn réussit là aussi à faire preuve de très bonnes idées, avec des séquences très efficaces (l'évasion de la prison, l'infiltration et l'attaque du vaisseau de Ronan).
Visuellement, le film affiche une contribution extraordinaire des designers, la plus aboutie de tous les films de la gamme. Le Knowhere est particulièrement impressionnant (même si son usage a été détourné par rapport à la BD : ici, il s'agit d'une station où réside le Collectionneur alors qu'il s'agit à l'origine du QG des Gardiens), et de manière plus générale, la dimension spatiale, avec des coloris parfois psychédéliques, atteste de l'ambition du projet. C'est la visualisation d'un pan entier du Marvel univers, après les aventures terriennes (Iron Man, Captain America) ou extra-dimensionnelles (Thor) - lorsqu'on sait que se prépare un film Dr Strange, et donc l'exploration des domaines magiques, cela offre un panorama très varié.
Quand on part dans l'espace se bagarrer avec des aliens durs au mal, on pense aussi immanquablement aux premiers épisodes de Star Wars de George Lucas, et Peter Quill renvoie aussi au anti-héros le plus cool de la fin des 70's, Han Solo (on aimerait alors que pour la suite, déjà annoncée, Marvel persuade Harrison Ford de jouer le père de Star-Lord, qui n'apparaît jamais ici mais dont il est dit qu'il appartient à une race très ancienne).
Le casting de Chris Pratt, qui n'avait rien d'une évidence puisqu'il vient de la comédie et qui a dû subir un régime physique intense pour convaincre la production, est une idée de génie, un de ces acteurs qui a compris qu'il tenait là le rôle et qui le joue avec un plaisir communicatif.
Ainsi donc, en se démarquant des précédents longs métrages Marvel mais en embrassant la mythologie d'un cinéma bien antérieur à la mode des super-héros sur grand écran, en empruntant aux genres du récit d'aventures, de la pulp fiction, du space opera, Guardians of the Galaxy parvient à cette synthèse jouissive qui comblera aussi bien les jeunes fans avides de sensations fortes et de cool attitude et les nostalgiques des films où les personnages n'étaient jamais éclipsés par les effets spéciaux.
Pour la première fois, peut-être, on sort d'un film des studios Marvel en ayant pris autant de plaisir qu'à une production ne se limitant pas aux références de son catalogue, surpassant même son comic-book d'origine, bref une histoire et des protagonistes aimables pour eux-mêmes et par tous (plus seulement des amateurs ou des initiés).
Si vous aviez des réserves : oubliez-les, ces Gardiens vont vous faire du bien.