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dimanche 3 avril 2022

DES NOUVELLES NOUVELLES TOUTES FRAÎCHES (Rideau.)

Bonjour à tous ! Hé oui, d'habitude j'écris cette rubrique le Lundi et nous sommes Dimanche. Un Dimanche enneigé et froid qui voit la fin de cette rubrique justement. J'ai décidé d'arrêter pour de bon de poster ces news comics et j'explique pourquoi à la fin. Donc, en avant, pour cette dernière !

ABSTRACT STUDIOS :



Abstract Studios est la structure au sein de laquelle Terry Moore s'auto-édite. Il ne publie que ses oeuvres et s'occupe de tout, depuis la réalisation de ses comics jusqu'à leur impression et leur distribution. S'il existe vraiment un auteur indépendant dans le circuit US, c'est bien Terry Moore !


Et si je parle de lui cette fois, bien que je ne suis plus guère sa production (je le regrette mais je ne peux pas tout lire), c'est parce qu'il va donner une suite à son magnum opus : Strangers in Paradise. On sait peu de choses encore sur cette sequel, sauf qu'elle devrait se concentrer sur les Parker girls, une organsisation mafieuse dirigée par Darcy Parker, qui fut l'amante de Katchoo, et dont les agents sont toutes des filles usant de leurs charmes et de leur intelligence pour influencer des hommes de pouvoir. Rendez-vous en Juillet 2022 pour découvrir tout ça.

DC COMICS :


DC renouvelle son opération Round Robin qui avait débouché l'an dernier sur la publication de la mini-série Robins. Il s'agit d'un concours de synopsis pour des mini-séries et les fans sont invités à voter pour le pitch qui leur fait le plus envie. Cette année, pas de Batman en vue mais plus de variété dans les histoires proposées puisqu'on trouve notamment Hawkman & Hawkgirl (qui se découvrent un rejeton), Wildcat (où Ted Grant n'a plus qu'une vie à vivre - j'ai voté pour ce sujet car j'adore le perso et l'idée, mais je dois être le seul), The Question (version Renee Montoya), Constantine & The Demon (le premier devant servir d'hôte corporel à Etrigan), Suicide Squad Dark, Justice League : Green Arrow , Firestorm, Black Canary, Green Lantern, Madame Xanadu, Animal Man, Captain Carrot, Cyborg. J'aime bien le principe mais s'il y a des trucs nazes, certains mériteraient vraiment une publication dans le Black Label.


Ci-dessus, vous pouvez voir la couverture variante de White Knight presents : Red Hood #1 par Olivier Coipel. J'avais déjà évoqué ce projet de mini-série appartenant au "Murphy-verse", et on en a appris un peu plus à son sujet ces derniers jours.


Situé dans l'univers des comics Batman supervisés par Sean Gordon Murphy, Jason Todd y fera équipe avec une fille dans le rôle de Robin et alors que Bruce Wayne est en prison. Ce spin-off sera écrit par Murphy et dessiné par Simone de Meo, qui a fait pas mal de covers pour DC mais aussi les illustrations de la série We only found them when they're dead (écrite par Al Ewing, éditée par Boom ! Studios).

MARVEL COMICS :


Une semaine après avoir annoncé que Peach Momoko allait continuait à produire des histoires inspirées par le folklore japonais mais avec ses versions des héros Marvel, l'éditeur a levé le voile sur ce programme. Et ce projet s'intitulera Demon Wars : The Iron Samurai.


Il s'agira donc d'une adaptation de l'event Civil War, originellement écrit par Mark Millar et énorme succès en son temps. Un gros morceau donc que Peach Momoko va réinterpréter à sa manière, unique. Comme Sean Murphy chez DC, peut vraiment parler désormais de "Momoko-verse". Cette mini-série en quatre épisodes débutera en Juillet prochain.


La série Shang-Chi va s'arrêter ... Pour être relancée en Juillet sous le titre de Shang-Chi and the Ten Rings. La synergie cinéma-comics est totale chez Marvel (puisque c'était le titre du film de Destin Daniel Cretton).


On ne va pas se mentir : c'est de l'opportunisme. Mais l'éditeur semble croire que ça convaincra de nouveaux lecteurs d'acheter cette série. Ce changement dans la continuité restera réalisé par le dessinateur actuel de la série, Marcus To, et le scénariste aux manettes depuis le début, Gene Luen Yang.


Que serait une semaine de news sans Spider-Man ? Sans doute la même chose qu'une semaine sans news concernant Batman chez la Distinguée Concurrence. Commençons par le n°1 de la série The Amazing Spider-Man qui sortira le 27 Avril prochain : on sait que l'histoire se situera six mois après les événements du précédent volume - six mois au terme desquels Peter Parker a dû méchamment merder si on en juge par le teaser ci-dessus et les commentaires du scénariste Zeb Wells qui a prévenu que tout le monde a tourné le dos au héros (même tante May !).
Ensuite, Marvel, par la voix de son editor-in-chief, C.B. Cebulski, a expliqué qu'il avait sondé les fans du tisseur et que ceux-ci en réclamaient toujours plus (même avec un épisode quasiment chaque semaine ! Les fans de Spidey sont blindés, faut croire, parce qu'au final, ça finit par revenir cher, cette affaire). Donc, pour combler les fans, Marvel a décidé d'un Spider-Man's Month en Septembre ! Traduisez : Spider-Man apparaîtra dans (quasi) toutes les séries Marvel à la rentrée ! Paraît que les scénaristes sont tous ravis...

ZESTWORLD :


J'avais parlé de cette nouvelle plateforme (en Novembre dernier, si mes souvenirs sont bons) lors de l'annonce de son lancement. Chris Giliberti, fondateur de Spotify, affiche ses ambitions en espérant concurrencer Substack et ses vedettes en donnant carte blanche à des scénaristes et des artistes qui ne trouvent plus leur place chez les éditeurs traditionnels. 
 

Eric Canete se lance donc dans cette aventure avec Arc Athena, dont le pitch est très malin : une équipe de super-héros est composée via les réseaux sociaux et chaque membre est recruté en fonction de sa popularité. Problème : à force d'être plébiscités par le public, ces justiciers perdent toute retenue et font le show plus que leur job de redresseurs de torts. Canete écrit et dessine.


Blood Tree est un récit écrit par Peter J. Tomasi (ex-editor et auteur de DC). Le scénariste est associé à Maxim Simi au dessin pour ce thriller où deux agents du NYPD traquent un tueur en série dont les cibles sont des membres de familles influentes. Il entend ainsi purger la société.


C'est l'occasion de constater que Zestworld ne mise pas que sur du super-héros. Et comme Tomasi est un auteur très efficace et polyvalent, on peut parier que ce sera de qualité.


Boom Pow ! est un titre choisi par les fans de Jimmy Palmiotti sur Twitter qui les a sollicités pour déterminer l'ordre dans lequel serait placé ces deux onomatopées ! L'ancien encreur reconverti en scénariste et prosélyte des comics produits par le financement participatif entraîne dans cette aventure sa compagne, la dessinatrice Amanda Conner.
 

C'est un projet qui promet d'être le plus déjanté dans le lot des titres Zestworld puisqu'on suivra la fille d'un physicien nucléaire qui réveille accidentellement une divinité et l'entraînera dans de folles aventures pour faire le Bien sous les pseudonymes de Booty Pow Pow et Key Boom. Ah, et le dieu en question est... Une ogive nucléaire !


Jimmy Palmiotti, toujours, écrira aussi Found, que dessinera Juan Santacruz. L'action se situe sur une île déserte dont le volcan entre en éruption et éjecte un objet alien qui va changer la face du monde. Tout ça est couvert par une famille de scientifiques (et d'autres individus plus ou moins bien intentionnés).


Evidemment, cela ressemble à un pastiche de Lost. Espérons que ça finira mieux...


The Awakaned revient au super-héroïsme. Cette série écrite par Alex Segura sera dessinée par l'excellent Dean Kotz. Ce sera aussi un polar puisque le point de départ est le meurtre d'un justicier qui déclenchera une enquête par ses pairs, eux-mêmes tous suspects !


Alors, oui, par rapport à Substack, le casting d'auteurs est moins ronflant. Mais cette contre-programmation et ceux qui vont l'animer ne manquent pas d'allure. Surtout j'ai l'impression que les plateformes de comics n'en sont qu'à leurs débuts car la pandémie et les incertifudes des artistes vis-à-vis de l'édition traditionnelle ont rebattu les cartes et motivé certains à produire différemment. J'espère toutefois que, comme pour Substack, on aura droit à des versions physiques de ces BD au final avec des partenariats entre Zestworld et des éditeurs comme Image, Dark Horse ou autres.

GARRY LEACH (1954-2022) :


Le dessinateur Garry Leach est parti pour d'autres contrées cette semaine. Il avait 67 ans. Il avait débuté à 24 ans dans le magazine culte 2000AD, où, comme tant d'autres, il s'est fait la main sur des histoires courtes et du Judge Dredd. C'est en signant des planches pour le titre Future Shocks qu'il rencontre Alan Moore. Ensemble, les deux hommes relancent Marvelman/Miracleman de Mick Anglo et contribuent à moderniser ce personnage de manière révolutionnaire.
Leach est aussi encreur à l'occasion, pour Chris Weston ou Pat Mills. Il refera parler de lui comme artiste sur Global Frequency, mini-série géniale écrite par Warren Ellis. Il sera récompensé par un Eagle award. 
Sa mort a provoqué une grande émotion bien que le bonhomme était discret. Marvel, qui a récupéré les droits de Miracleman, s'est même fendu d'un communiqué. Et s'il faut citer un héritier à Leach, alors on pensera à Liam Sharp, qui assumait l'avoir pris pour modèle.
Pour ma part, en dehors de Miracleman, je connaissais peu, je l'avoue, son travail, mais les artistes nous laissent en cadeau leur oeuvre. Et c'est cela qui, en somme, les rend immortels.


Et voilà, c'est fini ! Je vous avais promis une explication pour justifier l'arrêt de cette rubrique, la voici : j'ai débuté la rédaction de ces news comics sans savoir où cela me conduirait. Je cherchais un truc nouveau à insérer entre mes critiques, à un rythme hebdomadaire. A ma grande surprise, j'ai vu que cela intéresssait pas mal de monde qui passait par là par hasard ou de façon plus régulière. Je me suis alors fixé un objectif : 52 semaines, un an de news comics, et après j'aviserai pour savoir si je continuerai ou pas. Finalement, j'en aurai rédigé 45, ce qui ne fait pas le compte mais presque.
J'ai faili renoncer déjà une première fois il y a quelque temps, avant de me raviser, grâce à l'aide d'un ami (notamment pour trouver les photos des auteurs et des images d'illustrations). Mais malgré ce coup de main, j'ai travaillé à cette rubrique en tirant sur la corde, en devant me motiver chaque semaine. Quand je n'avais pas trop de critiques à écrire, ça passait encore, mais quand je devais couvrir beaucoup de lectures, je tirai la langue. Pourtant le plus dur, c'était de remplir cette rubrique quand les éditeurs faisaient peu d'annonces. Ou quand ils en faisaient beaucoup. Trop.
Après réflexion, et non sans une pointe de regret, j'abdique. Il faut savoir s'arrêter, surtout quand le devoir l'emporte sur le plaisir. Ce blog va retrouver sa fonction principale, des critiques de comics et parfois de séries audiovisuelles. Les sources d'infos pour l'actu comics ne manquent pas, en anglais comme en français, et je sais que ceux qui me lisaient ne dépendaient pas de ma rubrique pour se tenir au courant.
En attendant, continuez à prendre soin de vous et de ceux que vous aimez. 

samedi 22 octobre 2011

Critique 274 : ECHO - THE COMPLETE EDITION, de Terry Moore

Echo est une série complète en 30 épisodes, écrite et dessinée par Terry Moore, auto-publié par Abstract Studios de Mars 2008 à Mai 2011. The complete edition compile l'intégralité de cette production en un seul volume, publié en Août 2011.
 *
Commençons par présenter les protagonistes de cette histoire car le casting est fourni et ainsi les relations entre ces personnages et l'intrigue seront plus aisées :

- Julie Martin : c'est une jeune photographe, vivant à proximité du désert où elle est témoin de la destruction de la combinaison Beta Suit. Elle doit déjà faire face, avant cet évènement, à une situation complexe, en particulier une procédure de divorce qu'elle refuse d'accorder à son mari, convaincu que leur couple a encore une chance. Elle n'a pour seul compagnon que son chien, Max, qu'elle entretient avec difficulté, faute d'argent.
- Rick : c'est le mari de Julie, qui veut divorcer.

- Pam : c'est la soeur de Julie. Victime d'un accident de la route durant lequel son mari et ses deux enfants sont morts, elle est internée dans la clinique psychiatrique privée de Mont Genoit depuis deux ans.

- Ivy Raven : c'est une agent de la NSB (National Security Branch), appelée par Cooper pour trouver Julie Martin. Elle est la mère d'une petite fille prénommée Lulu.

- Dillon Murphy : c'est un membre des Park Rangers de Californie, qui a servi durant six ans dans l'armée. C'est aussi le fiancé de Annie Trotter et il va aider Julie à échapper aux agents de l'HeNRI et de l'armée.

- Docteur Annie Trotter : c'est une scientifique employée à l'Heitzer Nuclear Institute (HeNRI) et une pilote d'essai qui meurt durant un test en vol dee la combinaison du Projet Phi, dont est témoin Julie. Elle était également la fiancée de Dillon.

- "Cain" : c'est un sans-abri, vagabond, mentalement perturbé au point de prétendre être la réincarnation du Caïn de la Bible (fils d'Adam et Eve, il tua son frère Abel car Dieu avait préféré son offrande à la sienne). Il a été lui aussi, comme Julie, exposé à la déflagration de la combinaison portée par Annie, sa main droite est couverte par le métal. Il s'en prend ensuite plusieurs fois à Julie dans le but de plus en plus évident de se suicider.

- Professeur Foster : c'est le responsable du Projet Phi Project au sein de l'HeNRI.

- Jack Cooper : c'est l'assistant du Pr Foster au sein de l'HeNRI, chargé de retrouver et stopper Julie.

- Dr William Dumfries : c'est l'un des collaborateurs d'Annie sur le Projet Phi. Il en expliquera les objectifs à Dillon et Dan, et leur révèlera que Foster compte l'utiliser comme une arme pour le compte de l'armée américaine.

- Vijay Narayanan : c'est un autre des collaborateurs d'Annie sur le Projet Phi. Il apporte son aide à Julie, Dillon et Ivy pour ensuite contrecarrer les projets de Foster.

- Hong Liu : c'est un chercheur de l'HeNRI qui réussit à construire une fusil capable de désactiver la combinaison Beta Suit. Sévèrement blessé lors d'une explosion, il survit et tente de se venger mais révèlera travailler pour la Chine, dont il est originaire.

- Dan Backer : c'est le propriétaire d'un bar, ancien militaire durant 24 ans dans l'Air Force. Avec ses amis, une bande de bikers, il aide Dillon et Julie à fuir les soldats à leurs trousses.

- Simon Zimmerman : c'est un "théoricien de la Conspiration" et un informaticien basé à Portland. Il crée un site internet, moonlakeconspiracy.com, avant d'être la première victime de Cain, en quête de réponse sur l'explosion, à Talupa.

- Tambi : (issue de la précédente série de Terry MooreStrangers in Paradise), c'est un contact d'Ivy qui a reçu la mission de localiser le site où Foster veut créer un trou noir pour le compte de l'armée en utilisant les recherches d'Annie sur le Projet Phi.

Passons, maintenant que nous en connaissons les principaux acteurs, à un résumé de l'histoire proprement dîte.
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Tandis qu'elle prend des photographies dans le désert, Julie Martin est témoin d'une poursuite entre une femme équipée d'une curieuse combinaison métallique et d'un avion de chasse militaire, au terme de laquelle meurt le première. L'explosion qui s'ensuit disperse des fragments de la combinaison en une pluie de billes et oblige Julie à se réfugier puis à quitter les lieux à bord de son pick-up.
Les billes métalliques se collent à la peau de Julie et lorsqu'elle est revenue chez elle, dans un cabanon au milieu de nulle part, elle découvre dans le coffre de son véhicule un échantillon plus grand de la combinaison. Malencontreusement, elle le rapproche trop d'elle et il adhère aussitôt à son buste. Comme si cela ne suffisait pas, elle entend sur son répondeur téléphonique un énième message de Rick qui la relance pour qu'elle signe les papiers de leur divorce et les lui retourne.
Julie décide d'aller à l'hôpital voisin pour qu'on lui retire la pellicule métallique attachée à sa poitrine et ses épaules, et sur laquelle est gravé un symbole (celui de la lettre de l'alphabet grec Phi - désignant en physique la phase). Quand un médecin l'examine, en touchant la substance, il s'y brûle les doigts et croit à une mauvaise plaisanterie, renvoyant Julie. Cependant, les développeurs de la combinaison métallique, des chercheurs de l'HeNRI, ont la confirmation de la présence de Julie sur le lieu de l'explosion et appellent une certaine Ivy, malgré les protestations des militaires, pour la retrouver.
Julie fait la connaissance de Dillon Murphy, un park ranger qui a été le fiancée d'Annie Trotter, la conceptrice de la combinaison métallique. Ils sont rapidement localisés par Ivy qui, devinant que le Pr Foster, à l'origine de toute l'affaire avec l'armée, ne lui a pas tout dit sur leurs plans, prend leur parti et les aide donc à s'échapper.
Le projet de Foster se révèle progressivement, tandis que les fugitifs continuent de semer l'armée et un tueur à gages recruté par Cooper, l'assistant du Professeur : le savant veut en effet utiliser l'alliage conçu par Annie pour créer artificiellement un trou noir, un moyen d'affirmer la suprémacie scientifique et militaire des Etats-Unis sur la Chine, qui développe un projet similaire.
Durant sa cavale, Julie découvre que la combinaison possède diverses propriétés étonnantes : elle réagit à ses émotions et ainsi peut à la fois répondre offensivement (en produisant de terribles éclairs) quand elle est agressée mais aussi réparer des dommages physiques qu'elle endure ou soigner des personnes pour lesquelles elle éprouve une empathie profonde. Il apparaît également que la personnalité d'Annie Trotter a imprégné le métal et Julie perçoit désormais, comme un écho, des souvenirs et des sentiments de la chercheuse décédée. Enfin, alors que la combinaison enveloppe de plus en plus le corps de Julie à chaque fois qu'elle s'active, elle affecte également son métabolisme, la faisant grandir, la dôtant d'une force supérieure à la moyenne et augmentant sa puissance. A la suite d'un contact prolongé avec Ivy lors d'une nuit passée à la belle étoile pendant qu'elles fuyaient, Julie provoque aussi le rajeunissement de sa partenaire qui régresse jusqu'à l'adolescence mais sans perdre ses facultés intellectuelles adultes.
Devenue à la fois une arme vivante redoutable et un instrument curatif exceptionnel, Julie devra tout faire, avec l'aide de Dillon, Ivy et Vijay (un collaborateur d'Annie), pour empêcher Foster et ses commanditaires de l'armée de déclencher l'apocalypse, en traversant moult épreuves, comme affronter l'ire de Cain, la vengeance de Hong, et cela en perdant des amis en route...
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Terry Moore, après avoir consacré 13 années à sa série Strangers in Paradise, a créé la surprise en lançant sa nouvelle production intitulée Echo. Bien qu'on trouve des éléments communs aux deux titres (jusque dans l'apparition d'une des personnages de SiP, la tueuse Tambi, à la toute fin), cette série diffère sensiblement de la précédente en ayant été conçue en pensant son terme dès le départ et en empruntant à de nouveaux genres pour son auteur, en particulier la science-fiction.
Là où SiP s'appuyait fortement, quasi exclusivement, sur ses personnages et l'étude de leurs relations sur fond de polar et de mélodrame, Echo explore les conséquences d'un évènement extraordinaire, de nature fantastique, sur une héroïne ordinaire. Au trio Francine-Katchoo-David a succédé Julie Martin, autour de laquelle gravite une galerie de seconds rôles.
Echo est un récit de science-fiction qui utilise des motifs classiques comme la peur produite par la technologie dans les mains d'hommes inaptes à la maîtriser. Chaque chapitre s'ouvre d'ailleurs par une citation empruntée à une grande figure de la science, de la littérature ou de la Bible, mais la plus synthétique reste celle d'Albert Einstein (1879-1955), le père de la physique et des mathématiques modernes, prix Nobel en 1921, ayant déclaré que "le progrès technologique est comme une hâche dans les mains d'un psychopathe".

Pourtant, même si l'on n'est pas familier de ces grandes théories scientifiques, Echo reste une lecture très accessible et divertissante, d'une formidable efficacité. A l'instar de Strangers in Paradise, il semble évident que Moore n'a pas démarré l'écriture de son histoire avec un plan complet et totalement défini, d'aillleurs l'auteur a expliqué que, suite à un problème informatique, il avait complètement réécrit le quatrième épisode après avoir perdu la copie de son script. A quel point cet incident a-t-il impacté le développement de l'intrigue ? Cela, on ne le saura pas, mais il est étonnant de voir à quel point l'ensemble fonctionne, malgré cet impair et ce mélange entre une rédaction à la fois ciselée et improvisée. De la même manière que SiP, la mécanique feuilletonnesque se déploie avec une fluidité rythmique impressionnante. Moore parvient tout à la fois à produire des rebondissements inventifs et spectaculaires, à définir une caractérisation de ses personnages très subtile (avec comme toujours un soin inimitable apporté aux femmes, loin de tous clichés) et une ambiance qui passe de l'angoisse à la légèreté sans que jamais ni le suspense ni l'émotion n'en souffrent.

Moore aurait pu se contenter de surfer sur l'évènement déclencheur en se concentrant d'abord sur les conséquences de l'incident de Moonlake sur Julie, mais il ne néglige aucun des membres de son "supporting cast", reliant les personnages de manière à la fois étonnante et naturelle (Julie "héritant" de l'invention d'Annie et du boyfriend de celle-ci, Dillon), exploitant chaque rencontre pour enrichir le récit et ses péripéties tout e n'hésitant pas à sacrifier quelques protagonistes afin de souligner la gravité de la situation.
De la même manière, il fait de ce qui est au début un accessoire narratif (la fameuse combinaison) un quasi-personnage à part entière, en dévoilant ses capacités, d'abord spectaculaires et offensives (l'occasion de scènes d'action impressionnantes, parfois aux conséquences horribles, inattendues chez Moore) puis plus surprenantes (revenant par là-même sur le danger que représente tout progrés s'il n'est pas utilisé à des fins humanistes). L'imagination de Moore n'a d'égale que l'intelligence avec laquelle il exploite les éléments qu'il dispose au long de son aventure, ne cédant jamais à la facilité, dans une structure particulièrement dense sans jamais être étouffante (car il sait faire respirer ses héros et donc ses lecteurs).
Il se permet même in fine une connection discrète mais complice avec Strangers in Paradise, suggérant l'idée d'un Moore-verse, où Julie Martin évolue bien dans le même monde que Katchoo et Francine alors que rien ne paraît rattacher les deux séries.C'est très fort, d'autant plus que ce n'est jamais appuyé (ainsi pas besoin d'avoir déjà lu SiP pour apprécier et comprendre Echo).

Le graphisme, enfin, est comme toujours d'une grande beauté, ne faiblissant jamais tout au long de ces 600 pages. Moore est passé maître dans l'art de dessiner des personnages, féminins comme masculins, aux physionomies variées, d'une richesse fabuleuse, très expressifs, chacun avec une gestuelle propre.
Son trait est épuré, en quelques traits il réussit à traduire une foule d'émotion, à composer des images puissamment évocatrices, à l'atmosphère intense aussi bien quand il s'agit de dépeindre des moments intimistes ou spectaculaires.
Chaque personnage possède la qualité d'une véritable personne, le réalisme de Moore n'a pas besoin de copier le réel, il le restitue en le stylisant de façon dépouillée, en quelques lignes. Il sait ainsi tirer de chaque décor ce qu'il faut pour le rendre à la fois remarquable et indentifiable.
Son noir et blanc est particulièrement lumineux, ce qui rend la lecture très agrèable, avec en prime un découpage classique, simple, sobre mais toujours juste et diablement efficace. Il n'abuse pas de tics si courants aujourd'hui dans moults comics, comme les splash-pages, si bien que lorsqu'il en use, l'effet a une vraie force. Il alterne des planches de plusieurs vignettes avec d'autres d'un ou deux plans, ou alors il a recours à une technique bien personnelle où une même image est cadrée plusieurs fois de manière concentrique, simulant un effet de zoom et suggérant une rupture narrative (comme lorsqu'il dévoile que la personnalité d'Annie fait partie de la combinaison et "co-habite" désormais dans le cerveau de Julie).

Il convient donc de ne pas lire trop vite, même si le récit est très entraînant, ces 30 épisodes, pour mieux les savourer, en apprécier l'écoulement mais aussi l'esthétisme discret. De ce volumineux pavé on peut déplorer qu'il ne comporte que peu de bonus (quelques esquisses, un exemple entre un dessin crayonné et sa version encrée, une courte explication de Moore sur le format de ses pages, une dédicace à son épouse Robyn qui lui a inspiré l'histoire, et une galerie de couvertures mal photocopiées. Une interview ou des commentaires illustrées auraient été passionnants).
Mais ne chipotons pas : une intégrale de 30 numéros pour une somme aussi modique (une vingtaine d'Euros en occasion) et une oeuvre d'une telle qualité, c'est déjà un cadeau. Et la confirmation que Terry Moore est un auteur/artiste absolument indispensable. Répondez sans hésiter à ce bel Echo en l'achetant, vous posséderez une des meilleures séries américaine récente.