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samedi 6 février 2021

AN UNKINDNESS OF RAVENS #5, de Dan Panosian et Marianna Ignazzi


An Unkindness of Ravens se termine avec ce cinquième épisode. Mais la conclusion laisse franchement perplexe tant elle ressemble à un cliffhanger pour annoncer une suite. En l'état, quoi qu'il en soit, ce n'est pas du tout satisfaisant. Dan Panosian a raté son coup et Marianna Ignazzi, si elle demeure la révélation, de cette mini-série, ne peut pas sauver ce ratage.


Wilma  reçoit la visite de sa mère, Melody, qu'elle a toujours crue morte.  Celle-ci lui explique avoir dû se cacher pour son bien et celui de son père car les Dansforth et leurs amis "Survivants" conspirent contre les Ravens auxquelles ils s'aprrêtent à donner le coup de grace. A moins que Wilma n'agisse...


Au même moment, la principale Andrews a réuni les Ravens dans son bureau après avoir obtenu leur libération grâce à son avocate. Elle leur explique que Wilma est en train de parler à sa mère. Mais les jeunes sorcières s'interrogent sur le potentiel de la jeune fille à pouvoir contrer les Survivants.


Le soir venu, les Dansforth reçoivent leurs invités, conviés pour coordonner leur attaque décisive contre les Ravens. Parmi eux, Ansel qui rejoint Scarlett dont la mère a elle aussi fait son retour surprise pour présider cette réception.


Wilma, elle, retourne auprès de la principale Andrews et des Ravens. Mise au défi, elle déchaîne ses pouvoirs, dévoilant son considérable potentiel et le déployant contre les Survivants... 

C'est interloqué que j'ai lu cet épisode. D'abord parce qu'il est censé conclure l'histoire, mais qu'en vérité, il ne le fait pas vraiment. Tout aboutit à un règlement de la crise pour le moins elliptique et confus avant un épilogue qui semble annoncer une suite inattendue.

Ensuite parce que, il faut bien l'admettre, on achève cette lecture en se disant "tout ça pour ça". Qu'a voulu raconter Dan Panosian avec cette (mini ?) série ? Quand An Unkindness of Ravens a débuté, cela ressemblait à un mix entre récit d'apprentissange et intrigue fantastique. Un cocktail accrocheur, mais qui, rapidement, semblait manquer de direction et surtout de consistance, au rythme mollasson, avec une héroïne assez insipide, subissant trop les événements.

Le défaut de ce projet, c'est d'être toujours resté trop superficiel. Les personnages manquent de profondeur, l'histoire manque d'intensité. La narration est trop elliptique, les dialogues abusent de non-dits ou d'allusions pour suggérer un grand mystère aguicheur qui ne tient jamais ses promesses. Il n'y a rien à sauver dans ce naufrage.

J'aime bien les mini-séries, elles n'exigent pas d'investissement trop lourd (que ce soit en argent ou en temps) et c'est un exercice comparable à la nouvelle littéraire pour des auteurs de comics (où le format feuilleton domine), qui testent leurs capacités à aller à l'essentiel. Mais il faut bien avouer que Panosian n'a jamais paru en mesure d'honorer cela, comme si le propos de son projet n'était pas suffisamment défini.

De ce scénario où des sorcières (les Ravens) sont persécutées depuis la nuit des temps par les notables d'une bourgade (les Survivants), Panosian ne tire rien, ou pas grand-chose. L'amorce de sa série n'était pourtant pas mal avec ce père et sa fille revenant dans ce coin perdu où planaient bien des secrets (le premier concernant la disparition d'une jeune élève ressemblant étrangement à Wilma). Mais ensuite, ces arguments ont été sous-développés, affleurés, d'où une frustration grandissante et un agacement croissant. Les allers-retours de Wilma entre la haute société de Crab's Eye et la bande des Ravens échouaient à créer la moindre tension - pire : l'héroïne provoquait une irritation chez le lecteur par sa passivité, semblant ne rien voir ni comprendre de ce qui se tramait quand tout était évident.

Cet ultime épisode accumule les invraisemblances : alors que le précédent chapitre s'achevait sur la découverte par la police du corps de Waverly Good et l'arrestation des Ravens (arrangée par les Survivants), celui-ci commence non pas comme le prolongement direct et évident, mais par une llipse qui nous montre Wilma réveillée par son père alors qu'elle reçoit une visite. Cette ellipse est culottée, mais surtout difficile à avaler car elle prive le lecteur de la réaction de Wilma. Au lieu de ça, Panosian préfère mettre en scène le retour de Melody, la mère de Wilma, et aligner de longues pages de dialogues, qui mènent au refus de Wilma de jouer les arbitres dans la guerre ouverte entre Ravens et Survivants.

La suite est aussi indigeste : on découvre que Ansel est en fait complice avec Scarlett Dansforth - un autre rebondissement improbable et artificiel - , la réception chez les Dansforth et le retour (encore un) de la mère de Scarlett ne produisent rien, et enfin Wilma déchaîne ses pouvoirs magiques... Mais bien malin qui comprendra à quoi ça sert, puisque Panosian boucle là son intrigue de la manière la plus nébuleuse possible. Wilma a-t-elle supprimé les Survivants et les Ravens ? L'épilogue le suggère, mais ça fait beaucoup de choses suggérées. Trop en fait. On aurait préféré que cette histoire dise et montre plus franchement ce qu'elle a à dire et à montrer au lieu de se complaire dans des allusions qui rendent le récit incompréhensible.

An Unkindness of Ravens aura été plaisant pour ses dessins et Marianna Ignazzi mériterait d'être revue avec un meilleur script à illustrer. Son travail qui utilise l'infographie est certes un peu léger, mais elle est à l'aise avec les personnages, parvient à croquer l'ambiance délétère de cette ville de province. C'est subtil mais élégant.

Malheureusement, un projet aussi mal fichu ne rend pas justice à ses mérites et risque même d'être un boulet pour la jeune artiste. Ce n'est pas là une série qui lui servira de carte de visite pour attirer l'attention d'une maison d'édition plus importante. En fait, comme Wilma, Ignazzi a du potentiel, mais le contexte n'est pas favorable à le mettre en valeur.

Parmi les bonnes résolutions que je vais essayer de tenir en 2021, il y a celle d'être plus sélectif dans les comics auxquels je donnerai leur chance. Je risque donc d'être beaucoup plus prudent envers les mini-séries, notamment publiées par des indépendants. 

lundi 28 décembre 2020

AN UNKINDNESS OF RAVENS #4, de Dan Panosian et Marianna Ignazzi


Le mois dernier, j'étais prêt à abandonner cette série si Dan Panosian ne produisait pas un effort conséquent dans la caractérisation de son héroïne et le rythme de son intrigue. Tout n'est pas encore palpitant, mais il y a du mieux. Suffisant pour poursuivre ? On verra. Mais An Unkindness of Ravens redresse la tête et reste joliment mis en images par Marianna Ignazzi.


Alors qu'elle franchit juste les portes du lycée en compagnie de son ami Ansel, Wilma est convoquée dans le bureau de la principale Andrews; Celle-ci la reçoit avec les Ravens qui n'apprécient pas qu'elle se soit rendue chez Scarlett Dansforth malgré leurs recommandations.


Mais, fatiguée de ces récriminations, Wilma s'emporte et exprime son ras-le-bol, estimant qu'on joue avec elle un jeu auquel elle ne comprend rien. Les Ravens lui expliquent que les Dansforth, lors de la réception qu'ils préparent, vont leur déclarer la guerre et elle en sera l'enjeu. Wilma, bouleversée, s'en va.


A la maison, son père s'étonne de la voir si tôt. Wilma, elle, exige des explications et en reçoit. Son père lui révèle que Waverly Good était sa soeur et que sa mère avait décidé de leur retour à Crab's Eye dans l'espoir de les protéger grâce aux Ravens, dernières d'une longue lignée de sorcières. 


Wilma rassemble les pièces du puzzle mais, s'estimant trahie par ses parents, ressort. Elle croise Ansel qui lui confie que la police vient de procéder à l'arrestation des Ravens. Puis, au lycée, Scarlett lui indique que d'autres policiers viennent de trouver un cadavre...

Dans le précédent épisode, je déplorai que l'héroïne de An Unkindness of Ravens subisse autant les événements et soit écrit comme une oie blanche constamment cueillie, passive. Wilma Farrington manquait cruellement d'épaisseur et semblait trop perdue dans une intrigue. Son égarement agaçait d'autant plus que le scénario  de Dan Panosian ne se pressait pas pour dévoiler ses secrets, se contentant d'allusions à une sororité de sorcières contre une riche famille de notables (tout cela était plus clairement indiqué dans les pages introductives de chaque épisode, narrées par le concierge de la Maison Abigail, et dessinées par Panosian lui-même).

La série semblait marcher tantôt sur une jambe, tantôt sur l'autre : ces prologues disaient une chose, établissaient une mythologie, tandis que les épisodes raconter quelque chose de beaucoup plus anecdotique, faute de tension, faute d'une héroïne dotée d'un tempérament plus fort. Cétait d'autant plus regrettable que les seconds rôles eux ne manquaient pas de piment, entre la bande des Ravens ou Scarlett Dansforth.

Est-ce que Panosian s'est rendu compte qu'il ne pourrait plus jouer la montre plus longtemps ? En tout cas, il fait preuve d'un louable sens du rebond avec ce quatrième chapitre qui voit Wilma se réveiller. Déjà le prologue souligne franchement qu'une guerre est en train de se préparer et que la Maison Abigail dispose d'impressionnantes archives sur les Ravens, qui existent depuis des lustres, et dont les notables de Crab's Eye, au premeir rang desquels se trouvent les Dansforth, cherchent à se débarrasser définitivement.

Cette ambiance de veillée d'armes va se prolonger dans tout l'épisode, beaucoup plus intense que d'habitude, car prêt à distiller quelques précieuses informations à Wilma et donc à provoquer des réactions vives chez la jeune fille. Cela commence par une réunion avec la principale Andrews et les Ravens et se poursuivra avec une mise au point avec le père de Wilma. Deux scènes qui font considérablement avancer le récit.

En vérité, ce qu'on y apprend comme l'héroïne, c'est que trop de coïncidences ne peuvent qu'éveiller la méfiance. Pourquoi Scarlett Dansforth est-elle si curieuse au sujet de la mort de la mère de Wilma quand la sienne a également mystérieusement disparue ? Pourquoi Waverly Good ressemble à ce point à Wilma Farrington ? Pourquoi, enfin, les Farrington père et fille sont-ils revenus à Crab's Eye (où le père de Wilma ne cherche aucun nouveau travail contrairement à ce qu'il a prétendu pour justifier leur installation) ?

A ces interrogations, Panosian apporte des réponses. Pas toujours clairement formulées, ce qui reste énervant (car, à ce stade, il en dit à la fois trop dans le prologue et incompréhensiblement pas assez dans l'épisode). Mais tout de même claires pour l'essentiel. On sent bien que certaines des révélations sont maladroites car le scénariste les aurait voulues spectaculaires, étonnantes, alors qu'elles s'avèrent convenues, prévisibles (Wilma et Waverly sont soeurs, la mère de Wilma a été une Raven). Mais tout cela au fond n'est que la conséquence d'une histoire mal construite et qui a connu un démarrage poussif.

 En revanche, voir Wilma saisir les ramifications de l'intrigue et même s'emporter fait plaisir car enfin elle sort de cette apathie irritante et si son alliance avec les Ravens ne fait plus de doute, celle-ci se voit contrariée quand les jeunes sorcières sont, providentiellement, arrêtées au même moment où un corps est découvert (celui, selon toute vraisemblance, de Waverley. A moins que ce ne soit celui de Ruth Dansforth, la mère de Scarlett. En tout cas, il est certain que cela va être mis sur le dos des Ravens). Il ne manque plus qu'à donner un peu de relief à Ansel pour en faire autre chose qu'un faire-valoir...

Face à ses faiblesses narrartives, Panosian peut remercier Marianna Ignazzi car son dessin séduisant a permis de rester accroché. Non pas que les images soient époustouflantes : Ignazzi, on le voit, n'est pas une artiste accomplie, elle abuse un peu trop des gros plans sur les visages, des arrière-plans sans décors, et ses compositions sont un peu fades (elles ne cadrent souvent qu'à plat, sans recourir à des plongées ou contre-plongées) et son découpage est sommaire.

 Mais Ignazzi a un trait élégant et vif, spontané. Elle sait à merveiller représenter ses jeunes protagonistes, en particulier les filles à qui elle donne un physique crédible et varié à la fois. Le soin apporté aux looks de chacune est inspiré et finalement, ce naturel sert parfaitement une intrigue qui, elle, emprunte au registre fantastique, même si ça reste discret. La mise en couleurs est au diapason, un peu trop acidulée certes, mais restituant bien l'ambiance d'une petite ville de province américaine, où tout est plus charmant que la réalité.

Je vais donc encore donner au moins un épisode à An Unkindness of Ravens pour voir si c'est une série qui mérite qu'on s'y investisse sur la durée ou s'il s'agit d'un pétard mouillé.

dimanche 29 novembre 2020

AN UNKINDNESS OF RAVENS #3, de Dan Panosian et Marianna Ignazzi


En deux numéros, la série créée par Dan Panosian a diffusé un charme certain. Ténu certes, convenu aussi, mais tout de même accrocheur. An Unkindness of Ravens ressemble à un mélange entre la teen-story et le fantastique, ce dernier élement étant traité de manière élusive. Dessiné avec charme aussi, par Marianna Ignazzi. Tout ce charme est fragile et cette fragilité montre ses premiers signes dans ce troisième épisode.


Accompagnée par son ami Ansel, Wilma répond à l'invitation de Scarlett Dansforth. Elle les reçoit dans la luxueuse demeure familiale pour faire connaissance et Wilma découvre que, comme elle, Scarlett est à Crab's Eye depuis peu, ayant été éloignée comme le vilain petit canard.


Au collège, la principale Andrews apprend où se trouve Wilma grâce aux Ravens et elle leur commande de partir pour veiller sur elle, même si la jeune fille a plus de ressources que ce qu'elle pense.


Après avoir interrogé Wilma sur son passé, ses attaches, Scarlett l'entraîne avec Ansel dans le parc où le personnel de maison dresse des tables pour une réception donnée en fin de semaine. Excédé par les corbeaux qui volent dans les parages, Donald, s'empare d'un fusil pour les abattre.


Il ignore qu'en en touchant un, il a blessé l'une des Ravens. Wilma et Ansel prennent congé. De son côté, Scarlett gagne la maison Abigail, un club où elle retrouve le détective Patterson, qui lui confie que l'enquête sur la disparition de Weaverly Good est sur le point d'être close...

La télé américaine nous montre régulièrement des teen dramas fantastiques en séries, c'est un genre en soi : ils ont pour titre Vampire Diaries, son spin-off The Originals, Sabrina the teenage witch, j'en passe et j'en oublie. Pendant longtemps, j'ai été un client de ces productions, même sans l'élément fantastique, comme Dawson, Les Frères Scott, etc.

C'est ce qui m'a plu en découvrant An Unkindness of Ravens : Dan Panosian évoluait dans un registre qui m'était familier et qu'il traitait sans mépris, en respectant les codes du genre, associé à une dessinatrice faite pour ça, Marianna Ignazzi.

Toutefois, le teen drama travaille une matière volatile : souvent interprété par des acteurs jeunes et au style de jeu maniéré, réalisé avec plus de compétence que de vrai talent, et rabachant volontiers les mêmes motifs avec des archétypes en guise de héros (l'héroïne ingénue, la peste, la rebelle, le garçon bienveillant, un autre plus mystérieux, des adultes en retrait mais souvent responsables des drames que vont vivre leur progéniture, etc), il est facile de s'en lasser aussi vite qu'on se passionne pour eux, justement à cause de ces effets répétitifs.

Hélas ! appliquées à la BD, les mêmes causes provoquent les mêmes conséquences comme le prouve ce troisième épisode, qui met volontiers les pieds dans le plat. Dès les premières pages, illustrées par Panosian (comme depuis le début), un mystérieux narrateur inscrit l'intrigue dans une longue généalogie, mais sans préciser en quoi elle est reliée aux jeunes héros qu'on suit ensuite. Cette façon de distiller une ambiance peut vite devenir agaçante car on a l'impression que la mythologie de la série est plus dense que l'histoire actuelle.

Et donc nous retrouvons Wilma et Ansel reçus par Scarlett, la gosse de riches de Crab's Eye, l'exemple type de la peste bourgeoise. Panosian manque tellement de nuance dans sa façon de l'écrire et d'enchaîner les scènes dans le manoir des Dansforth qu'on lève souvent les yeux, navré. Ce qui provoque aussi cette incrédulité irritée, c'est le manque de caractère dont fait preuve l'héroïne, Wilma, qui semble constamment tomber des nues et ne jamais avoir de ressort pour remettre quiconque à sa place. On l'a vu quand elle est avec les Ravens, on le revoit ici quand Scarlett l'interroge sans discrétion.

En parlant des Ravens, la principale Andrews n'est pas contente à l'idée que Wilma soit chez les Dansforth et elle envoie les jeunes sorcières roder près de leur propriété. On a vite la confirmation que les Ravens ne sont pas qu'un nom de bande car ces jeunes filles au look goth peuvent littéralement se transformer en corbeaux (en ravens donc). Cette révélation tombe à plat car elle est très mal amenée au terme d'une scène où Donald Dansforth tire sur ces oiseaux dont il craint qu'elle ne gâche la réception qu'il va donner dans son parc. Scène observée par Wilma et Ansel avec une passivité sidérante.

Marianna Ignazzi est une dessinatrice au style séduisant, c'est indéniable. Il y a une forme d'épure dans le trait qui convient à merveille à cette chronique, elle anime les personnages avec maîtrise. Ayant suivi son travail sur Instagram, je retrouve tout ce que j'y aimé. Mais en termes de narration graphique, elle semble bridée par un script qui ne lui permet pas d'exprimer tout son potentiel. A moins qu'elle n'affiche plus simplement ses limites.

Il est en tout cas flagrant qu'elle réussit mieux à représenter Scarlett que Wilma, visiblement plus inspirée par la première que par la seconde. Elle rend Scarlett plus aguicheuse, plus vénéneuse, la dote d'un look plus efficace et la fin de l'épisode, où on suit la jeune fille dans un drôle de club, est nettement plus aboutie que tout ce qui a précédé. La contrepartie de tout ça, c'est que Ignazzi comme Panosian ne parvient jamais à débarrasser Wilma et Ansel de ce côté exaspérant de spectateurs de leur aventure.

Alors que An Unkindness of Ravens semble conçue comme une ongoing, il est de plus en plus probable qu'elle aurait intérêt à n'être qu'une mini, ne serait-ce que pour qu'elle possède l'intensité qui lui manque tant et parce que je suis très dubitatif sur son potentiel sur le long terme. En tout cas, je vais tâcher d'aller jusqu'à la fin de ce premier arc, et j'aviserai ensuite pour savoir si je continue ou pas.  

dimanche 1 novembre 2020

AN UNKINDNESS OF RAVENS #2, de Dan Panosian et Marianna Ignazzi

 

Le premier épisode de An Unkindness of Ravens m'avait beaucoup plu. Dan Panosian avait su établir une ambiance prenante, avec des personnages bien campés. De quoi continuer l'aventure, d'autant que la partie graphique assurée par Marianna Ignazzi était également très séduisante. Toutes ces qualités se retrouvent dans ce nouveau numéro qui sait ménager suspense et révélations.



Wilma a rencontré la bande des Ravens dans la forêt attenante au collège où elles étudient et a découvert qu'elles étaient apparemment de jeunes sorcières. Mais, encore réservée à ce sujet, elle ne le révèle pas à son ami Ansel. Et elle rentre chez elle, trouvant son père assoupi dans canapé devant la télé.



Après cette journée riche en émotions fortes, Wilma se réfugie dans sa chambre où elle s'endort en examinant l'avis de recherche de Waverly Good. Elle fait un rêve étrange où la disparue au milieu des Ravens lui demande de la retrouver.


Le lendeman matin, Wilma regagne le collège où Scarlett Dansforth lui donne rendez-vous dans la bibliothèque. Ansel l'y accompagne et Wilma découvre que Scarlett a mené son enquête sur ses parents tout en l'invitant à faire partie de sa propre bande, en commençant par venir faire ses devoirs chez elle.


La discussion est interrompue par la principale Andrews qui répéte à Wilma qu'en cas de problème elle se tient à sa disposition. Alors qu'elle rejoint son casier, la jeune fille est à nouveau abordée par les Ravens qui lui déconseille d'aller chez Scarlett.


Joignant leurs mains à celles de Wilma, elles font apparaître un pentacle et indique ainsi à la nouvelle venue qu'elle est des leurs, car elle possède visiblement aussi des pouvoirs magiques...

Ce qui fonctionne vraiment bien dans An Unkindness of Ravens, c'est que rien n'y est asséné. Le scénario est écrit de telle manière que l'histoire intrigue efficacement le lecteur tout en lui laissant de l'espace pour qu'il tentee de combler les trous. On est dans la même situation que Wilma, découvrant, incrédule, ce qui se joue à Crab's Eye, dans son collège, entre ces diverses bandes de filles.

C'est d'autant plus malin de la part de Dan Panosian qu'il met en scène ce récit en alignant des motifs proches du cliché. Avec sa joile héroïne blonde, la peste Scarlett, la bande aux airs gothiques des Ravens, et des adultes en retrait, on se croirait vraiment dans une série télé assez inoffensive, sur le modèle de Dawson, Les Frères Scott et autres programmes pour adolescents. Mais ce qui nuance cela, c'est l'atmosphère.

Jamais en effet Panosian n'asséne quoi que ce soit. Faut-il prendre cette histoire au premier degré ? Comme Wilma, on est souvent partagé entre deux sentiments, balloté entre deux parties. Les Ravens sont-elles d'authentiques sorcières ? Ou le collège où elles étudient n'est-il que le théâtre d'une rivalité entre filles issues de milieux sociaux différents, avec entre elles Wilma, objet de leur attention parce qu'elle ressemble à s'y méprendre à Waverly Good, portée disparue ?

Subtilement, Panosian glisse quelques indices : un rêve étrange ici, l'apparition extraordinaire mais discrète d'un pentacle formé par les mains jointes des Ravens et de Wilma. Mais rien de plus spectaculaire afin, toujours, que le lecteur s'interroge. Wilma est à cet égard un personnage parfait car on peut se demander si elle n'est tout simplement pas trop impressionnable. Elle vient juste d'arriver dans cette bourgade de Crab's Eye, elle n'y connaît personne, son père ne lui est d'aucun soutien (trop perdu dans son chagrin de veuf), et là voilà confondue avec une autre, harcelée par une fille de riches notables du coin et un groupe d'élèves qui évolue comme une meute autour d'elle.

Pas besoin de se forcer donc pour être captivé par ce récit, son ambiance, son héroïne, les intrigues dont elle est le coeur. Tout juste peut-on regretter que le personnage de Ansel ne soit pas plus exploité, plus creusé, mais nous n'en sommes qu'au deuxième épisode et rien n'est donc perdu. De même, la principale Andrews suscite la curiosité par son comportement très protecteur, donc suspect, envers Wilma.

An Unkindness of Ravens est aussi facile à aimer parce que c'est une série très joliment illustrée. Marianna Ignazzi n'est pas italienne pour rien : son dessin évoque le meilleur des fumetti, à commencer par son découpage qui privilégie les cases occupant toute la largeur de la bande et assurant une lecture très fluide. Il ne faut pas prendre cela pour une facilité graphique car ce genre de plan exige de l'artiste de soigner ses décors, la profondeur de champ, les compositions. Ignazzi brille par ailleurs par l'élégance de ces enchaînements (comme en atteste la scène du rêve de Wilma).

Pourtant, cette dessinatrice a un trait qui, étonnamment, ne m'évoque que peu de références avec la BD. Ici, tout est simple, raffiné, élégant, épuré, comme du dessin de mode. Je pense souvent au génial René Gruau quand je lis les pages de Ignazzi. Il y a de l'allure dans ce dessin, une absence d'effort, quelque chose de quasi liquide. L'artiste utilise les ressources de l'infographie moins pour créer des effets voyants que pour fluidifier la lecture, arrondir son trait, en conserver la spontanéité. C'est remarquable.

Les premiers retours, critiques et publics, ont dû rassurer Panosian et Ignazzi sur l'attrait de leur projet. C'est mérité car très bien exécuté. Voilà une petite entreprise très plaisante et addictive.

mardi 29 septembre 2020

AN UNKINDNESS OF RAVENS #1, de Dan Panosian et Mariann Ignazzi

 

Parce que j'aime bien Dan Panosian, dont je suis le travail depuis qu'il participait au (défunt) site participatif Comictwart (où j'ai aussi découvert Chris Samnee, Evan Shaner, Tom Fowler...), j'ai acquis le premier numéro de An Unkindness of Ravens, la première série qu'il écrit pour Boom ! Studios. La présence à ses côtés, au dessin, de Marianna Ignazzi (que j'ai, elle, découverte sur Instagram) a fini de m'attirer. Je ne le regrette pas.



Wilma Farrington et son père s'installent dans la ville de Crab's eye pour y prendre un nouveau départ. Il la dépose au lycée et elle rencontre la principale, Diane Andrews. Puis en parcourant un couloir, elle tombe sur un avis de recherche concernant Waverly Good.


La ressemble entre Wilma et la disparue est saisissante, comme elle le remarque avec Ansel Friend, un élève qui l'aborde. Wilma apprend ensuite que le casier qu'on lui a donné était celui de Waverly. Curieusement, à l'intérieur, elle lit des inscriptions qu'elle seule voit.


La scène est observée par deux bandes de filles rivales, que lui présente Ansel : d'un côté, il y a Scarlett Dansforth, une chipie et ses copines ; et de l'autre, les Ravens, des marginales. Wilma et Ansel s'éloignent avant que la principale n'ait un échange à couteaux tirés avec Donald Dansforth, le père de Scarlett, chez qui Waverly a été vue pour la dernière fois.


Au réfectoire, Ansel déjeune avec Wilma lorsque Scarlett s'invite à leur table et interroge la nouvelle venue sur ses fréquentations et sa ressemblance avec Waverly. Ce sont ensuite les Ravens qui invitent Wilma à se joindre à elles et lui donnent rendez-vous après les cours.


Wilma décide de répondre favorablement à cette seconde invitation et demande à Ansel de l'accompagner. Mais les Ravens le congédient aussitôt. La chef de la bande interroge Wilma sur les inscriptions dans son casier et lui dévoilent leur secret...

Je l'avoue, parfois j'en ai assez des super-héros, de leur folklore, de la manière dont les Big Two (Marvel, DC) les publient. Comme tout fan de comics, je passe par des périodes d'abattement en me demandant si tout cela vaut la peine d'y consacrer autant d'argent et de temps. Par réaction alors j'ai envoie de me tourner exclusivement vers les creator-owned où les éditeurs pressent moins leurs équipes artistiques, explorent des genres différents, où on est libéré du poids de la continuité, des relauchs, etc.

Qui n'a jamais éprouvé ce sentiment est un fieffé menteur. 

Mais je sais aussi que c'est aussi récurrent qu'éphémère, comme une allergie saisonnière. Il n'empêche, je me suis plongé dans An Unkindness of Ravens après avoir lu Thor #7, Daredevil Annual #1 et Daredevil #21, dont je suis sorti découragé (au point d'avoir renoncé à écrire sur les deux derniers). Je n'ai pas aimé ces comics, ce qu'écrivaient leurs auteurs, la prestation des artistes. J'avais besoin d'autre chose - autre chose que du super-héros en tout cas.

Boom ! Studios a la manie, répandue, de promouvoir ses séries avec des références absurdes pour les rendre plus familières aux lecteurs : ici, étaient évoquées Sabrina the teenage witch et The Marked, pour suggérer que ça parlerait magie et adolescence. Heureusement, moi, ce qui m'intéressait davantage, c'était ceux qui réalisaient cette BD.

Dan Panosian est un artiste qui a été repéré très jeune, à quatorze ans, lorsqu'il a candidaté chez Marvel, et que son travail a été repéré par Walt Simonson et Neal Adams. Lorsque plusieurs talents quittent la maison des idées pour fonder Image comics, il les suit et se consacre à l'encrage, mais ces collaborations lui vaudront la réputation d'être un artiste moyen (ce qui est inévitable quand on assiste Rob Liefeld). Il se diversifie en réalisant des storyboards (sur King-Fu Panda notamment) puis en revenant aux comics humblement, après avoir perfectionné son style. Aujourd'hui, il est un auteur complet (sa série Slots) et un camarade apprécié (grâce aux vidéos du "Drink and draw club" où plusieurs dessinateurs se réunissent pour relever des défis).

Pour An Unkindness of Ravens, il illustre les trois premières pages et la couverture, mais rédige surtout l'intrigue et le script. La série s'inscrit effectivement dans la veine du récit d'apprentissage, avec des éléments familiers : une jeune et jolie héroïne blonde, frappée par un drame familial (la mort de sa mère dans un accident), qui s'installe avec son père dans une petite ville, sa ressemblance troublante avec une élève récemment disparue, la rivalité de deux bandes de filles, un zeste de fantastique s'ajoutant à l'ensemble.

Panosian excelle, sans user de grands effets de manche, à poser une ambiance captivante. Le prologue (qu'il dessine donc) établit son histoire dans le sillage des histoires de sorcières persécutées, mais dont certaines auraient échappé aux châtiments des hommes et auraient des héritières aujourd'hui. Pas de mystère sur ce point : les Ravens sont ces descendantes de femmes maudites et il ne fait guère de doute que Wilma Farrington a elle aussi une connection avec cette dimension surnaturelle. Tout repose sur la nature de ce lien, en relation avec la disparition de Waverly Good - et la responsabilité des Dansforth, une riche famille de Crab's eye, chez qui la jeune fille a été vue pour la dernière fois ?

On est donc facilement accroché par la propositionde Panosian, même si, à ce stade, tout n'est qu'esquissé et finalement classique. Avec peu, l'auteur sait faire beaucoup : camper des personnages forts, élaborer une énigme, entretenir une atmosphère. C'est prometteur.

Je ne sais pas grand-chose de Marianna Ignazzi. je suis tombé par hasard sur ses dessins sur Instagram en croyant qu'elle était peut-être styliste ou une simple artiste amateur. Mais j'ai été séduit par son trait fluide, fin, aérien, et son sens des couleurs acidulées. Il n'y a pas à se forcer pour lui trouver des qualités. Mais que faisait-elle à part poster ses jolies images ?

En découvrant qu'elle signait les dessins de An Unkindness of Ravens, c'était l'occasion de voir ce qu'elle valait comme narratrice. Et c'est une divine surprise. Souvent quand on découvre comme cela une artiste sur les réseaux sociaux, le passage à l'art séquentiel peut s'avérer cruel car il ne s'agit plus seulement de charmer ses followers mais de leur prouver qu'on est en mesure de raconter visuellement une histoire, de camper des personnages, de bâtir des décors. Ignazzi réussit tout cela avec, qui plus est, une aisance confondante. Elle a sur conserver la beauté de ses images postées sur Insta tout en découpant des planches aux compositions solides, des personnages expressifs.

La comparaison avec Sabrina the teenage witch et sa dessinatrice Veronica Fish reste un peu inutile, bien que Ignazzi ait en commun avec sa collègue un style léger, lumineux. Il faudra maintenant voir dans quelle direction Panosian va orienter son histoire et la capacité d'adaptation de son artiste, mais j'ai envie d'y croire.

C'est un bon "pilote" pour une série : tout y est bien et rapidement posé, et très bien valorisé. De quoi consoler le lecteur parfois un peu fatigué des super-héros ou déçus par ce qu'en font certains auteurs surcôtés.

vendredi 3 juillet 2020

BATMAN, VOLUME 10 : KNIGHTMARES, de Tom King et Travis Moore, Mitch Gerads, Mikel Janin, Jorge Fornes, Lee Weeks, Amanda Conner et Yanick Paquette


Le dixième tome du run de Tom King sur Batman contient sans doute le matériel le plus controversé. Il s'agit d'une collection de one-shots reliés par le thème du cauchemar (nightmare en anglais : le titre du recueil est un jeu de mots sur knight, le dark knight-Batman, et nightmares, cauchemars). Leur qualité est très inégale et constitue une sorte d'intermède assez long et poussif, qui souligne que le plan du scénariste patine conséquemment.  


Avec Travis Moore, Tom King se demande d'abord ce qui se serait passé sir Bruce Wayne n'était pas devenu Batman mais que Batman avait enquêté sur le meurtre de Thomas et Martha Wayne et résolu l'affaire alors que Bruce était devenu un orphelin psychopathe. La démonstration est assez troublante et joliment mise en images par Moore, un artiste bizarrement peu exploité par DC. Il y a une ambiance qui rappelle les Elseworlds d'antan et qui renvoie surtout à Batman : Year One dans quelques pages superbes.


Avec Mitch Gerads, Tom King collabore avec le dessinateur qui sait sans doute le mieux traduire en images ses obsessions. Ce segment où Batman est prisonnier du sinistre Pr. Pyg avant de découvrir qu'il a à faire avec quelqu'un d'autre sous le masque est époustouflant. Les pages de Gerads sont extraordinaires, dans un déluge de couleurs saturées qui créent un malaise efficace à partir d'un découpage simplissime (un seul type d'image, une case occupant toute la largeur de la bande). La chute est désarmante.


Le niveau est aussi élevé avec le chapitre suivant dont Mikel Janin assume le dessin. King convoque John Constantine en guest-star pour une introspection poignante sur la grande hantise de Batman (la mort de Catwoman). Janin produit des pages fabuleuses, hélas ! parfois noyées sous un texte envahissant (une tendance récurrente chez King, qui raffole de la voix-off pour souligner ce qui est déjà évident). Mais, baste ! c'est vraiment beau et tragique.


Bon, on descend d'un cran avec l'épisode suivant. Je ne veux pas paraître intolérant avec Jorge Fornes, d'ailleurs il sort quelques planches épatantes ici. Mais l'ensemble souffre d'un manque de consistance générale. King met en scène un dialogue entre la Question et Selina Kyle, purement théorique et fictif. Quand les deux personnages discutent, aucun décor et ce qui aurait pu être une idée graphique intéressante ne fait que souligner la mollesse du rythme et l'aspect pâlichon de Fornes. Dommage.


Dommage aussi que le segment suivant démarre aussi fort pour n'aboutir qu'à... pas grand-chose. On se réjouit d'abord en remarquant que Lee Weeks est au crayon et que King revient à lui au one-shot spécial Batman/Elmer Feud, mais cette fois avec une poursuite digne de Vile Coyote et Beep-Beep. Inexplicablement, le derniers tiers de l'épisode voit Weeks céder sa place à Fornes qui n'a décidément pas de chance car passer après son illustre collégue n'est pas de la tarte. Néanmoins l'identité de celui que chasse Batman a quelque chose de savoureux, malgré le côté cryptique du scénario.


Toutefois, cette déception n'est rien comparé à l'épisode 68 qui relève du grand WTF. Que vient faire là cet intermède comique où on suit en parallèle l'enterrement de vie de jeune fille (imaginaire) de Selina Kyle, conduite à la forteresse de solitude de Superman par Supergirl et Lois Lane, pendant que Bruce Wayne passe la soirée avec Clark Kent ? Pourtant, auparavant, King avait su merveilleusement animer les deux couples dans des chapitres dessinés par Clay Mann, mais ici, en voulant se frotter à la comédie, il rate complètement le coche. Pour achever le tout, Amanda Conner n'est pas fichue de s'acquitter des vingt pages, et John Timms et Dan Panosian ont été appelés à la rescousse. Mikel Janin signe la dernière page, la plus intéressante car elle révèle le dispositif derrière tous les cauchemars décrits : Batman est prisonnier d'une machine qui lui injecte des drogues hallucinogènes (concoctées par qui ? Et où ? Réponse dans le volume 11).


Enfin, l'album se referme par un bijou. Yanick Paquette avait souhaité collaborer avec King, en voulant se frotter au fameux "gaufrier" cher au scénariste. Sur ce plan, c'est loupé car le découpage a été visiblement laissé aux bons soins de l'artiste et le canadien s'est beaucoup amusé avec des effets d'ornements, de séparations ondulatoires, de pleines et doubles pages somptueuses. La danse qu'effectuent Bruce Wayne/Batman et Selina Kyle/Catwoman renvoie souvent au #50 avec les flash-backs sur les différentes rencontres entre le chevalier noir et la féline fatale, notamment par le jeu sur les costumes endossés par cette dernière au fil de sa longue carrière. Paquette éblouie souvent tandis que King rédige un dialogue quasi-rétrospectif sur ses (presque) soixante-dix premiers épisodes.

Aurait-on pu se passer de ces septs épisodes ? Oui. Mais ça aurait dommage car si certains sont dispensables, d'autres sont très inspirés et souvent, en même temps, superbement mis en images. Il est évident que, sur un plan strictement narratif, c'est la collection de chapitres la plus inégale écrite par King, le lecteur, même très fan, trouve le temps un peu long. Mais il sera récompensé avec l'arc suivant, le dernier avant le grand final de l'ère King.

samedi 22 décembre 2012

LUMIERE SUR... DAN PANOSIAN

Dan "Urban Barbarian" Panosian
Luke Cage, Iron Fist & the Daughters of Dragon
(illustration pour www.comictwart.com)

John Tiffany
(projet avec le scénariste Stephen Desberg)

Killswitch
(Couverture pour un comic-book de Justin Gray et Jimmy Palmiotti)

Operation : Redacted
(projet avec le scénariste Jonathan Ross)

Torpedo
(hommage à la série de Enrique Sanchez Abuli et Jordi Bernet)

The Deer Hunter
(hommage au film Voyage au bout de l'Enfer de Michael Cimino)
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Fan de la série télé Mad Men,
Dan Panosian a signé plusieurs illustrations inspirés par ses héros :

Don et Betty Drapper

Don Drapper

Don & Joan

Peggy & Joan

Joan
Meggan Drapper

Roger Sterling
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Et pour finir, cette belle illustration
intitulée The Window :

Et les characters designs studies
de la mini-série X-Factor Forever,
qu'il avait dessinée sur un scénario de Louise Simonson :


Naissance en 1969 à Los Angeles, Californie.
Dessinateur, encreur, lettreur, cover-artist, designer.
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