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lundi 8 mai 2023

Charlie Cox change de masque dans EN TRAÎTRE


Mise en ligne à la fin 2022, En Traître est une création originale Netflix qui emploie à nouveau Charlie Cox, qui immortalisa Daredevil sur la plateforme de streaming. Les cinq épisodes de cette série d'espionnage l'oppose à une autre recrue du MCU, Olga Kurylenko. Pour un résultat un poil décevant...
 

Adam Lawrence est promu à la tête du MI-6, le service de renseignements extérieurs du Royaume-Uni dont le chef, Martin Angelis, est victime d'un empoisonnement. Tous les effectifs du service sont sur le coup pour trouver le(s) coupable(s) et très vite est identifiée une femme. Adam la reconnaît immédiatement, sans en dire un mot : c'est une espionne russe et son ancienne amante, Kara Yusova.


Adam retrouve Kara, prêt à la livrer aux autorités, mais elle le fait chanter car elle lui a fourni des renseignements précieux depuis quinze ans qui ont favorisé son ascension professionnelle. Elle veut qu'il fouille dans les dossiers du MI-6 pour savoir qui a trahi ses hommes lors d'une mission à Bakou.. Maddy, l'épouse de Adam, remarque vite que son mari n'est pas dans son état normal alors qu'il a été entraîné à la gestion de crise.


C'est alors que resurgit une amie de Maddy, Dede Alexander, avec laquelle elle a servie en Afghanistan et qui fait désormais partie de la C.I.A.. Celle-ci suspecte Adam d'être un agent double et obtient de Maddy qu'elle le surveille pour ne pas sombrer avec lui. Kara, se sachant traquée, contacte Anton Melnikov, le conseiller et mécène de Robert Kirby, prétendant au poste de Premier Ministre, pour lui fournir des papiers et une planque : en échange, il lui demande de trouver des éléments compromettants contre Audrey Gratz, la rivale de Kirby.


Refusant de croire Adam quand il lui explique n'avoir rien appris sur le responsable de la mort de ses agents à Bakou, Kara enlève sa fille et n'accepte de la lui rendre que contre des infos sur Gratz. Cependant, Martin Angelis sort de l'hôpital et reprend son poste. Adam remet un dossier sur Gratz à Kara qui lui explique en avoir besoin pour Melnikov et Kirby. Or, Adam sait que ce dernier est un ami de Angelis et soupçonne son chef de vouloir empêcher Gratz.


Angelis s'emploie déjà à accabler Andrew en passant un accord avec Dede pour les éliminer, lui et Kara, afin de couvrir ses traces...

Vous le savez certainement à cette heure-ci, mais actuellement une grève des scénaristes à Hollywood menace de paralyser l'industrie du divertissement. Les revendications portent sur une meilleure rétribution des auteurs pour leur travail mais concernent aussi la menace pour leur métier que représente l'Intelligence Artificielle.

Pourquoi commence-je par parler de ça ? C'est simple : avec ces cinq épisodes, En Traître incarne parfaitement l'évolution des séries télé. Il y a encore quelques années, pour une saison complète, une série comptait une vingtaine d'épisodes quand aujourd'hui la moyenne tourne autour de dix, ce qui constitue donc un sacré manque à gagner pour ceux qui les écrivent. Les habitudes des téléspectateurs ont changé et le streaming y a fortement contribué, en particulier avec le mode de diffusion popularisé par Netflix qui met tous les épisodes de ses créations originales en ligne le même jour, poussant au binge-watching et accélérant le demande des abonnés à leurs services.

Cinq épisodes, c'est peu, on est dans la fourchette basse d'une série. Pour les auteurs de fiction, c'est encore un défi supplémentaire car il faut alors écrire une histoire encore plus dense, encore plus efficace. C'est ce que fait En Traître, au risque de trop bien le faire...

Treason a été créé par Matt Charman et nous plonge directement dans le vif du sujet avec le patron du MI-6 qui est remplacé par son jeune adjoint. En traquant la femme qui a voulu tuer Martin Angelis, Adam Lawrence tombe sur son ancienne amante, une espionne russe, Kara Yusova, ce qui le met dans une position délicate. Et à mesure que l'intrigue se déploie, on se rend compte que tous les protagonistes sont dans ce cas.

Ainsi Kara, recherchée, cherche de l'aide auprès d'un compatriote, Melnikov, qui accepte de la dépanner si elle lui fournit de quoi compromettre une candidate rivale à l'homme qu'il soutient pour le poste de Premier Ministre. Lorsque Angelis, le patron du MI-6, sort de l'hôpital, les événements se précipitent car entre-temps Adam et Kara ont deviné un réseau de complices oeuvrant la désignation du futur Prime Minister et qui, pour couvrir leurs magouilles, doivent sacrifier un bouc émissaire. Ce sera Adam, candidat parfait car amant d'une agent russe, jeune, fragile car père de famille et marié à une femme amie d'une agent de la CIA.

Contrairement, toutefois, à ce que peut faire croire l'affiche de En Traître, ce n'est pas tant Charlie Cox qui est la vedette du show que Olga Kurylenko, qui incarne celle par qui tout démarre et se terminera. Si Cox est au coeur du récit, son personnage subit trop pour être le véritable héros de l'histoire, tandis que Kurylenko a droit aux meilleures scènes, dans le domaine de l'action physique ou des échanges avec les autres.

C'est ce qui rend l'ensemble un peu décevant car Cox est un remarquable comédien qui mérite mieux que ça. D'autant que En Traître convaincra ceux qui dénigrent les interprètes de super-héros Marvel qu'ils sont de bons acteurs : révélé aux yeux du grand public dans les trois saisons de Daredevil, co-produites par Netflix, Cox évolue dans un registre tout à fait différent ici et prouve qu'il peut porter un rôle dramatique sans avoir à se cacher derrière un masque. On a aucune difficulté à sympathiser avec son personnage, même quand on doute de sa loyauté et il fait face avec charisme à des partenaires aguerris comme l'imposant Cirian Hinds.

Oona Chaplin est également parfaite en épouse dépassant son statut, avec un riche passé et un impact fort sur les situations. Malgré tout, c'est l'autre caillou dans la chaussure de la série car le personnage de Maddy est un peu trop beau pour être vrai : Adam a bien de la chance quand même d'avoir épousé une ex-soldat ayant servi en Afghanistan, sachant se servir d'un pistolet automatique, et dont la meilleure amie est opportunément agent de la CIA. On voit là les limites de cette compression scénaristique où tous les personnages doivent participer activement à l'intrigue, quitte à ce qu'aucun d'entre eux ne soit "normal", ordinaire.

Dès lors, on comprend mieux pourquoi Olga Kurylenko est le vrai moteur du show : habituée aussi bien du cinéma d'auteur que d'action, du grand comme du petit écran, celle qui comme Cox fait désormais partie de l'écurie MCU (elle a joué le Maître de Corvée dans l'épouvantable Black Widow) se saisit de son rôle avec autorité. Jamais on ne doute de sa crédibilité en espionne russe vengeresse (même s'il doit être douloureusement ironique pour elle de la jouer puisqu'elle est d'origine ukrainienne).

Un peu trop plein trop rapide, et finalement prévisible, tout en étant agréable, En Traître a les défauts de ses qualités. Avec un ou deux épisodes de plus, la série aurait gagné quelques respirations et se serait certainement permis des caractérisations un peu moins cadenassées.

vendredi 14 octobre 2022

SHE-HULK : AVOCATE (Disney +)


Le moins que l'on puisse dire, c'est que She-Hulk : Avocate laissera de nombreux regrets. Cette nouvelle série promettait beaucoup sur le papier mais sa créatrice, Jessica Gao, semble souvent s'être fixée comme objectif de rater copieusement ce qu'elle avait annoncé. Longue de neuf épisodes d'une trentaine de minutes, le projet a souvent sombré dans l'anecdote, le comique gênant, sans parler de ses effets spéciaux bâclés. Avant de se resaissir miraculeusement à deux longueurs de sa fin...


Avant d'aller plaider, Jennifer Walters s'adresse au spectateur pour lui raconter comment elle est devenue She-Hulk. Quelque mois auparavant, elle a eu un accident de la route avec son cousin, Brice Banner/Hulk. Blessés, leurs sangs se sont mélangés et elle a acquis les mêmes pouvoirs que Bruce. Après s'être entraîné à ses côtés, elle refuse cependant de devenir une super-héroïne et rentre retrouver son travail. Alors qu'elle défend un client, elle est interrompue par Titania et doit se transformer pour la stopper.


Cet outing lui vaut le surnom de She-Hulk dans les médias, mais aussi son renvoi du cabinet pour lequel elle travaillait. Heureusement, elle reçoit dans la foulée une offre de recrutement de GLK & H (Goodman, Lieber, Kutzberg & Holliway). Elle est embauchée à la condition de se présenter devant les tribunaux comme She-Hulk. Et son premier dossier consiste à représenter Emil Blonsky/l'Abomination, un ancien ennemi de Hulk.


Apprenant que durant sa détention, Blonsky a participé, grâce au sorcier suprême, à des combats clandestins, Jen contacte Wong, qui lui confirme cela. Il témoigne en faveur de Blonsky qui est libéré sur parole mais avec un bracelet inhibiteur à la cheville. On lui confie ensuite la défense d'un ancien collègue, Dennis Bukowski, souhaitant poursuivre Runa, une elfe métamorphe asgardienne qui l''a séduite en se faisant passer pour la rappeuse Megan Thee Stallion. De retour chez elle, Jen est agressée par la bande des Démolisseurs qui essaient de lui préveler du sang, mais elle leur inflige une raclée.


Wong fait appel à She-Hulk pour attaquer en justice Donny Blaze, un de ses anciens élèves à Kamar-Taj, pour usage dangereux de la magie. Se sentant seulle, Jen s'inscrit sur une application de rencontres et créé aussi un profil pour son alter ego. Elle s'aperçoit, dépitée, que She-Hulk a plus de succès qu'elle. Pour ne rien arranger, elle apprend que Titania a déposé le nom de She-Hulk pour un produit cosmétiques qu'elle vend et la poursuit pour fraude.


Chez GLK & H, on refuse que Jen se défende seule et Mallory Book est donc chargée de plaider la cause de She-Hulk. Jen suit son assistante Nikki chez Luke Jacobson, styliste des super-héros, afin qu'il lui confectionne une tenue plus appropriée de super-héroïne. Mallory réussit à gagner l'affaire contre Titania qui promet de ne pas en rester là.


Jen est invitée au mariage d'une amie mais débarque en She-Hulk. Titania est également présente et la défie en combat singulier. Elle se fait corriger mais cette bagarre attire davantage l'attention des invités sur She-Hulk que sur la mariée. De leur côté, Mallory aidée de Nikki défend Mr. Immortal qui a simulé sa mort plusieurs fois pour se marier avec différentes femmes. Aux noces, Jen fait la connaissance du séduisant Josh Miller avec qui elle finit la nuit chez elle.


Les jours suivants cette aventure, Jen est sans nouvelles de Josh. Elle rend visite à Emil Blonsky dans la retraite où il accueille des super-héros et vilains en thérapie. D'abord réticente, She-Hulk accepte d'y participer et se confie sur ses difficultés à mener une double vie et ses déboires amoureux. Josh, de son côté, remet à l'Intelligencia un échantillon sanguin de Jen et la copie du contenu de son téléphone.


Jen défend Leapfrog, un justicier masqué, contre Luke Jacobson qu'il accuse de lui avoir fourni un costume défectueux. Mais le styliste est représenté par Matt Murdock qui démonte les arguments de la partie adverse facilement. Leapfrog rappelle plus tard Jen en lui expliquant être poursuivi par le diable. Elle le rejoint et affronte Daredevil qu'elle démasque, découvrant qu'il est Murdock. Ce dernier lui révèle qu'il poursuivait Leapfrog car il a enlevé Jacobson. Ils sauvent le styliste et remettent Leapforg à la police. Matt et Jen finissent la nuit ensemble. Le lendemain, Jen assiste à une remise de récompenses mais quand elle reçoit son trophée, des images intimes d'elle sont diffusées par l'Intelligencia. Elle rentre dans une rage incontrôlée et se fait arrêter par Damage Control.


Enfermée dans l'ancienne cellule d'Emil Blonsky, Jen en sort rapidement grâce à Mallory Book et la pose d'un bracelet inhibiteur. Avec Nikki, elle remonte la piste de l'Intelligencia et se rend à leur repaire. Emil Blonsky est leur invité d'honneur avec Titania. Hulk surgit. Jen franchit el quatrième mur pour rejoindre la salle d'écriture des scénaristes de sa série puis l'antre du producteur K.E.V.I.N., une intelligence artificielle dont elle obtient qu'il modifie cette fin grotesque. Jen peut célébrer sa réhabilitation avec sa famille et Matt Murdock puis son cousin. Elle reprend son travail en tant que She-Hulk.

Adapter She-Hulk en déclarant d'entrée de jeu que la série allait s'inspirer des runs de John Byrne et Dan Slott représentait sans doute un défi impossible à relever. Mais Jessica Gao, la showrunner de She-Hulk : Attorney at Law (en vo) s'en est moquée et a eu le feu vert de Kevin Feige pour produire les neuf épisodes de cette saison.

Bon, ça partait bizarrement avec un premier épisode en forme d'origin story notoirement modifiée par rapport aux comics, mais passons. Jennifer Walters devenait She-Hulk en moins de trente minutes, s'entraînait avec son cousin, refusait de devenir une super-héroïne, et s'adressait directement au spectateur par moments, comme le personnage le faisait chez Byrne et Slott. Un début encourageant à défaut d'être parfait. Agrémenté d'une scène post-générique où on blaguait sur la virginité de Captain America.

L'intention était claire : on n'allait pas avoir droit à une série d'action mais plutôt à une comédie sentimentale et juridique dans la veine d'Ally McBeal, référence assurmée et affichée par les auteurs. Pourquoi pas ? Même si Ally McBeal date quand même d'il y a 25 ans et que ça ne parlera certainement pas à tout le monde.

Le souci cependant, au-delà de cette référence, c'est qu'il fallait être à la hauteur du modèle. Et on comprend vite que ça ne sera pas le cas, loin s'en faut. La comédie dans She-Hulk : Avocate aboutit à des résultats plus embarrassants qu'autre chose, avec des gags pas drôles tout simplement, mais surtout un manque terrible de ryhtme - un comble pour des épisodes qui durent à peine trente minutes.

En vérité, tout cela manque affreusement de consistance pendant une bonne partie de la saison. Les affaires défendues par Jen sont insignifiantes, et il faut quand même patienter jusqu'au septième épisode pour avoir un début de subplot qui se révélera dans le final. Les dossiers de Mr. Immortal, Dennis Bukowski sont aussi grotesques que gênants : on finit chaque épisode affligé.

Par ailleurs, il faut souligner que Marvel a communiqué sur l'apparition de Matt Murdock/Daredevil, sa deuxième après celle dans Spider-Man : No Way Home, et ce fut une terrible erreur. Car, alors, les fans de l'homme sans peur, plus nombreux et bruyants (sur les réseaux sociaux) que ceux de She-Hulk, se sont mis à ronger leur frein sans voir le bout des cornes du diable de Hell's Kitchen. Le sommet de cette frustration a été atteint à la fin de l'épisode 5 quand on aperçu un carton à chapeau chez le styliste Luke Jacobson contenant le amsque de DD. Finalement, il faudra attendre l'épisode 8 pour voir débarquer le héros !

Car, visiblement certains de leur coup, les auteurs de la série ont glissé à de multiples reprises des attaques en règle contre les trolls qui, sur les réseaux sociaux, attaquent régulièrement l'introduction de super-héroïnes ou de représentants de minorités visibles dans les comics et les films. Le problème n'est pas tant de se moquer de ces parasites qui n'ont de fans que le nom, c'est surtout l'insistance lourdingue avec laquelle cela est fait. A tel point qu'on a l'impression de lire une sorte de tract récurrent néo-feministe et raillant tous les fans, avec leur passion parfois excessive. Ce n'est jamais drôle, jamais piquant, juste indigeste (même si, au début, ça fait mouche).

Au passage aussi la série gâche complètement (lors de l'épisode 3) l'apparition des Démolisseurs, une bande de super-vilains outillés par Loki dans les comics et ici réduits à une bande de pieds nickelés soris de nulle part et y retournant aussitôt (sauf pour l'un d'eux qu'on revoit dans l'épisode 7). A force de tout vouloir tourner en dérision, She-Hulk ruine des opportunités dans son propre show, compme lui donner un adversaire physiquement à sa hauteur : Titania a droit à un traitement abominable et une interprétation calamiteuse (de Jameela Jamil), dont on se serait bien passé.

Quand arrive enfin l'avant-dernier épisode et donc Matt Murdock/Daredevil, on considère le gâchis de la série, qui, pour la première fois, nous gratifie d'un épisode bien plein, vraiment drôle, audacieux, rythmé, avec deux acteurs dont l'alchimie est miraculeuse. De plus le cliffhanger final est parfait, relançant la machine de manière formidable. 

Mais là encore, que de de regrets puisqu'il ne reste qu'un épisode. Pourtant, contre toute attente, comme s'ils écrivaient enfin un script en se lâchant franchement, tel qu'ils auraient dû le faire depuis le début, les auteurs osent enfin vraiment briser le quatrième mur, comme chez Byrne, et pas seulement pour un aparté minusucule de Jen. Celle-ci se fraie un chemin jusqu'à la salle d'écriture en passant par la page d'accueil de Disney +, puis poursuit jusqu'à rencontrer le producteur tout-puissant du MCU : K.E.V.I.N.. 

Le clin d'oeil à Kevin Feige est hilarant puisqu'il apparaît comme une Intelligence Artificielle intraîtable et infaillible, négociant pied à pied avec She-Hulk, les dialogues sont brillants avec des allusions savoureuses aux effets spéciaux cheap de la série (l'épisode s'ouvre d'ailleurs comme une parodie de la série Hulk de 1977) et d'autres productions récentes du MCU, des questions sur l'arrivée des X-Men, pour se finir sur une modification de la fin de l'épisode. Tout ce qu'aurait pu/dû être She-Huk : Avocate tient dans cet ultime chapitre.

Alors, bien entendu, la réussite de ce dénouement a déjà conduit pas mal de détracteurs du show à retourner leur veste pour encenser la totalité de la saison. Mais c'est hypocrite et malhonnête car, non, deux épisodes (les deux derniers) ne sauvent pas une série qui, avant ça, a accumulé les erreurs, a réussi à livrer des épisodes qui passaient trop vite sans rien raconter d'intéressant, souvent mal réalisé et moyennement inteprété.

Car, outre les effets spéciaux dégueulasses auxquels on a eu droit, le casting est franchement limite. Ginger Gonzaga (Nikki) est horripilante, Mark Ruffalo fantômatique, Tim Roth fait de la peine, et Benedict Wong lasse même carrément. Seul Charlie Cox s'en sort parfaitement, avec un charme indéniable et pour le plaisir de le revoir tout simplement.

Les producteurs ont beau dire qu'ils ne voulaient que Tatiana Maslany depuis le début, il faut se rappeler que l'actrice, révélée par la série Orphan Black, a beaucoup hésité à s'engager, et qu'en l'attendant, le nom d'Alison Brie avait circulé pour le rôle-titre. Elle aurait largement ma préférence. Maslany n'est pas mauvaise en soi, mais elle est beaucoup trop empruntée la plupart du temps et a vraiment du mal dans les scènes de comédie pure. Alors, non, je ne fais définitivement pas partie de ceux qui souhaitent la revoir ni supporter une sauson 2.

Décidément, le séries Marvel, ça fonctionne un coup sur deux : après le calamiteux Moon Knight, Ms. Marvel m'avait réjoui (grâce à Iman Vellani), puis patatras ! She-Hulk : Avocate s'étale lamentablement. C'est quoi la prochaine série ? Secret Invasion, si je m'abuse. Croisons les doigts !

lundi 4 octobre 2021

DES NOUVELLES NOUVELLES TOUTES FRAÎCHES

Bon, on va pas se mentir : cette semaine, ça a été calme côté news comics. Donc, je vais communiquer sur le peu que j'ai récolté et qui a retenu mon attention, en donnant une part plus large que d'habitude aux images de previews. J'espère que vous allez bien et que vous irez encore mieux après ça.

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METAL HURLANT :


Mercredi dernier, le 29 Septembre donc, un petit événement s'est produit dans la presse spécialisée française. En effet, après presque 34 ans d'absence (malgré une relance éphémère de 2002 à 2004), Metal Hurlant est revenu sous forme d'un "mook" (contraction de Magazine et de Book), épais de 288 pages.
Pour toute une génération, de 1975 à 1987, Métal Hurlant, c'était la référence en matière de culture pop et de sf. Fondé par Jean-Pierre Dionnet, Moebius, Philippe Druillet, Mandryla et l'homme d'affaires Bernard Farkas, il réunissait le gratin de la BD française et a inspiré l'imaginaire d'une quantité d'artistes dans le 9ème et le 7ème Arts.
Aujourd'hui, le titre est relancé par Vincent Bernière, après une campagne de financement participatif, qui a rencontré un énorme engouement. Pour son n°1, le magazine a réussi à attirer de grandes signatures et des nouveaux venus, mais aussi des américains comme Matt Fraction, Jacob Edgar, Brian Michael Bendis. Le prochain sera composé de matériel d'archives, sous la direction de J.-P. Dionnet.
Bref, si vous avez 19,95 Euros à investir, aidez Métal Hurlant !

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SUBSTACK :


C'est désormais une sorte de feuilleton : qui la plateforme Substack a-t-elle réussi à convaincre de pré-publier des comics ? Après avoir fait ses courses chez DC, c'est cette fois une scénariste en vue de chez Marvel qui a cédé aux sirènes de Substack : en effet, Kelly Thompson ( Hawkeye, West Coast Avengers, Captain Marvel, Black Widow) vient d'annoncer qu'elle écrit deux séries inédites pour ce service en ligne et par abonnement. Mais sans, jure-t-elle, que cela n'affecte ses comics en cours chez Marvel.


Le premier de ses projets s'intitule Black Cloak et se présente comme une detective story où sf et fantasy cohabitent dans un monde peuplé de créatures fantastiques. C'est Meredith McLaren (Adventure Time) qui dessinera cette histoire.


L'autre titre est The Cull et c'est Mattia de Iulis, avec qui Thompson a déjà collaboré sur Jessica Jones (d'abord publié en format numérique avant d'être proposé en physique par Marvel), qui se charge des dessins. Le pitch est accrocheur : on suit une bande d'amis partis tourner un film dans un coin perdu et qui, lorsqu'ils en reviennent, découvrent que le monde a complètement changé, mais aussi que des années se sont écoulées.
Kelly Thompson a précisé le rythme de parution : cinq planches (sept pour The Cull) seront mises en ligne chaque semaine, un épisode complet par mois. Ces récits seront disponibles ensuite en physique, probablement édités par Image Comics.
 

Mais Substack a un gros appétit et continue de draguer les vedettes de l'industrie. Parfois en vain : Ed Brubaker a refusé (mais Sean Phillips, son fidèle partenaire, réserve sa réponse). Parfois, les auteurs hésitent : ainsi Matt Fraction et son épouse Kelly Sue DeConnick préfèrent encore réfléchir, conscients des avantages financiers mais soucieux de ne pas se couper du lectorat traditionnel et du format classique.


Et bien entendu, Brian Michael Bendis a été abordé aussi. Il a répondu que sa priorité actuelle était la relance et la création de titres en creator-owned chez Dark Horse Comics. Mais il ne ferme pas la porte à Substack dans l'avenir, ayant même une idée précise de ce qu'il aimerait faire pour la plateforme. Wait and see, donc...
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MARVEL COMICS :


Il est de bon ton d'affirmer que quand c'est calme chez Marvel, c'est valable pour toute l'industrie tant l'éditeur donne le "la". Et ça se vérifie cette semaine où "la maison des idées" n'a pas fait grand bruit côté annonces de comics. Tout juste a-t-on appris que le titre Non-Stop Spider-Man s'arrêtait au n°5.
Depuis son lancement, cette série a joué de malchance, accumulant les retards, ce qui a suscité les quolibets puisque le principe du scénario de Joe Kelly était d'enchaîner des épisodes sans temps morts. Mais Chris Bachalo a été atteint par le virus du COVID-19 et Marvel a retardé le plus longtemps possible son remplacement, pour finir par dépêcher sur le dernier n° Gerardo Sandoval et Cory Smith en soutiens.
Bachalo va mieux (il est actuellement en voyage en Europe avec son fils). Quant à Joe Kelly, il a promis que son projet reviendrait en 2022 sous un nouveau titre, Savage Spider-Man, mais sans doute avec un autre artiste.


Elle aussi reportée à plusieurs reprises, la nouvelle série Black Panther débutera finalement le mois prochain. On savait déjà que John Ridley, scénariste oscarisé de 17 Years a slave, écrirait ce run et que Juann Cabal le dessinerait. Mais Marvel a dû sentir qu'il fallait commencer à communiquer davantage pour donner envie aux lecteurs et a diffusé un trailer et quelques pages (non lettrées) du premier épisode :





C'est beau, hein ?
John Ridley s'est également exprimé au sujet du pitch : des secrets du passé de T'challa vont resurgir à la surface et brouiller ses rapports avec ses proches au Wakanda mais aussi avec ses partenaires au sein des Avengers. Bon, c'est moyennement original, mais quand même j'ai envie de tenter l'aventure, ne serait-ce que pour les dessins de Cabal, qui m'avait fait forte impression sur Guardians of the Galaxy (période Al Ewing).
  

On sort un peu des pages de comics pour s'intéresser au MCU avec la suite et fin du litige opposant Scarlett Johansson à Disney. L'actrice reprochait au studio sa stratégie concernant l'exploitation du film Black Widow, disponible à la fois en salles et sur Disney + lors de sa sortie. Cela l'aurait privé de revenus énormes (estimés à 50 millions de dollars) car elle était intéressée au pourcentage des recettes en salles. Le studio s'était défendu en expliquant qu'en temps de crise sanitaire, il était difficile de miser uniquement sur les salles pour rentabiliser le film. 
Une action en justice a été lancée par les avocats de Johansson, défendue dans les médias par plusieurs autres actrices et organisations féministes qui ont taxé Disney de machisme (!), sous-entendant que le studio refusait de rétribuer équitablement la star (dont le cachet atteindrait quand même les 20 millions).
Et puis, comme apr enchantement, cette semaine, un communiqué commun de Disney et des avocats de Johansson annonçait la fin des poursuites au terme d'un arrangement à l'amiable (on parle d'un dédommagement pour l'actrice d'un montant de 40 millions). Scarlett s'est dite très contente (tu m'étonnes !) et a déclaré être très fière de la collaboration fantastique entre elle et Disney durant ces dernières années (pas sûr que le studio soit aussi ravi et l'engage de sitôt).
 

Toutefois, moi, ce qui m'a davantage ravi, ce sont les déclarations récentes de Kevin Feige, le big boss du MCU, quand il a expliqué avoir de grands projets concernant Daredevil, impliquant l'acteur Charlie Cox, qui a incarné Matt Murdock pendant trois saisons pour la série alors diffusée sur Netflix. Il est vrai que les rumeurs circulaient sur sa présence tout à tour dans la prochaine série Hawkeye, puis Spider-Wan : No Way Home, la future série She-Hulk...
Reverra-t-on Charlie Cox en DD dans une série dédiée ou un film (Joe Carnahan a longtemps travaillé à une adaptation de Daredevil : Renaissance, d'après Frank Miller et John Romita Jr) ? Il semble en tout cas que Feige voudrait plutôt un reboot (qui effacerait donc l'historique de la série Netflix). Mais j'espère qu'il appelera Vincent d'Onofrio pour qu'il reprennen son rôle de Wilson Fisk, le Caïd, qu'il a génialement incarné.

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DC COMICS :

Rien de neuf sous le soleil du côté de DC Comics. Mais j'ai tenu à partager avec vous quelques planches d'une mini-série que j'attends avec impatience, et qui débutera le mois prochain : The Human Target de Tom King et Greg Smallwood. Les deux hommes ont répondu aux questions du site ew.com (voici le lien pour que vous puissiez lire cet interview passionnante, car le scénariste autant que l'artiste y parlent et c'est pas souvent le cas : https://ew.com/books/human-target-preview-tom-king-george-smallwood/ ).
Vous apprendrez la genèse étonnante de ce projet (on peut dire "merci Twitter" pour le coup), l'évolution de l'histoire et de son graphisme depuis le début jusqu'à sa forme finale, et quelques autres secrets (mais sans spoilers).
Et donc, quelques pages (non lettrées) issues du n°1 (sur 12) :






Et en bonus, les couvertures des épisodes 2, 3 et 4, par Smallwood :




Si ça, ça donne pas envie, je ne sais pas ce qu'il vous faut !

Ce sera tout pour cette fois. Prenez soin de vous et de ceux que vous aimez. Et à bientôt pour de nouvelles critiques !

lundi 21 août 2017

DEFENDERS (Saison 1) (Netflix / Marvel Studios)


Comme pour les Avengers au cinéma, les héros Marvel dont les séries sont diffusées sur Netflix sont réunis pour la première fois dans un crossover en huit épisodes : Defenders. Le projet est ambitieux après les deux saisons de Daredevil et les premières années respectives de Jessica Jones, Luke Cage et Iron Fist (toutes ces séries ont été reconduites pour une 3ème et des 2èmes saisons).

La première question qui s'impose est : faut-il avoir vu les précédentes séries des quatre héros pour comprendre l'intrigue qui les réunit dans Defenders ? Pour en apprécier les nuances, les sous-entendus, les allusions, et la culmination ici, c'est évidemment préférable. Mais pas nécessaire car les scénaristes autour des showrunners Douglas Petrie et Marco Ramirez ont su, habilement, subtilement, glisser, au gré des dialogues, suffisamment d'éléments pour savoir qui est qui, qui connaît qui et comment (et depuis combien de temps), connaître l'origine des pouvoirs et leur nature.

Présentons quand même les protagonistes : 

- Jessica Jones (en haut, à gauche) est un détective privée qui, exposée à des produits radioactifs, durant un accident de voiture (qui coûta la vie à ses parents), est depuis doté d'une force surhumaine, capable de faire des bonds de plusieurs mètres de haut et aussi d'un caractère cynique (que n'arrange pas sa consommation d'alcool.
- Matthew Murdock (en haut à droite) est un avocat aveugle depuis que, enfant, il a sauvé un passant d'une collision avec un camion chargé de produits chimiques ayant éclaboussé ses yeux. L'accident a décuplé ses autres sens et, après la mort de son père (un boxeur qui a refusé de se coucher comme le lui avait ordonné la pègre), a été entraîné au combat et à l'acrobatie par Stick (un moine soldat aveugle comme lui). Juriste le jour, il fait régner l'ordre dans son quartier natal de Hell's Kitchen sous le masque de Daredevil. Son secret découvert par son associé, Foggy Nelson, et sa secrétaire, Karen Page, il exerce désormais sans eux bénévolement.
- Luke Cage (en bas à gauche)est un ancien repris de justice qui, de son vrai nom Carl Lucas, a subi des mauvais traitements en prison pour un crime dont il était innocent. Contre une remise de peine, il accepte de subir une expérience menée par le médecin du pénitencier, mais le test dégénère et le rend invulnérable. Il s'évade, change d'identité, se cache à Harlem jusqu'à ce qu'il décide de contrer les magouilles de la mafia et d'une politicienne corrompue. Reconnu, il est renvoyé en détention pour y purger la fin de sa peine (allégée grâce à ses actions héroïques).
- Danny Rand (en bas à droite) perd ses parents dans un crash d'avion. Mais, encore enfant, il est recueilli par les moines-soldats de la cité légendaire de K'un L'un qui en font une arme vivante, l'Iron Fist. Il est capable en se concentrant de rendre son poing droit dur comme l'acier et pratique les arts martiaux comme un maître de la discipline. Mais il fuit ce refuge pour rentrer à New York afin d'éclaircir les circonstances de la mort de ses parents et reprendre la direction de la compagnie Rand. Ce retour est aussi un prétexte pour traquer la Main, une organisation millénaire, formée par des dissidents de K'un L'un - sans savoir que son amie, Colleen Wing, en a été une protégée, et que Daredevil a eu affaire à eux avec Stick, et au prix de la vie d'Elektra, son amante et l'autre élève de son mentor.   
 Luke Cage et Claire Temple (Mike Colter et Rosario Dawson)

L'histoire démarre en présentant la situation des quatre héros : Luke Cage est libéré de prison pour bonne conduite, représenté par Foggy Nelson. Il rentre à Harlem où il renoue avec Claire Temple, une infirmière indépendante - dont il ignore qu'elle a, précédemment, porté secours aux autres héros de la ville (Daredevil et Iron Fist). L'inspecteur de police Misty Knight, une amie, l'interroge sur ses projets et il explique son intention d'aider la communauté de son quartier : elle évoque alors la disparition tragique de plusieurs adolescents impliqués dans le nettoyage de scènes de crime par un nouveau baron de la pègre.
Trish Walker et Jessica Jones (Rachael Taylor et Krysten Ritter)

Jessica Jones se remet d'un traumatisme récent (elle a affronté et vaincu Zebediah Kilgrave, un psychopathe manipulateur doué de pouvoirs suggestifs) en acceptant une nouvelle enquête privée : elle doit retrouver l'architecte d'un building dont sa femme n'a plus de nouvelles. Pour la détective, il ne s'agit certainement que d'un banal adultère, mais pour sa meilleure amie, l'animatrice de radio, Trish Walker, c'est l'occasion de rebondir. 
Colleen Wing et Danny Rand/Iron Fist (Jessica Henwick et Finn Jones)

Danny Rand et Colleen Wing (qui a renié ses liens avec la Main par amour pour l'Iron Fist et ar dégoût pour leurs activités criminelles) rentrent d'un périple autour du monde pour savoir ce qu'est devenue la cité de K'un L'un, mystérieusement disparue et dont les derniers gardiens meurent les uns après les autres, victime d'une tueuse coriace. A peine posés en hélicoptère sur le toit de la Rand Tower, ils assistent à un tremblement de terre au coeur de Manhattan, provoqué par une énorme explosion. 
Misty Knight, Matt Murdock et Jessica Jones (Simone Missick, Charlie Cox et Krysten Ritter)

Jessica Jones a découvert en fouinant dans les plans de l'architecte qu'il a conçu le gratte-ciel du Midland Circle. Mais il l'a contactée pour qu'elle cesse son enquête, préférant se suicider devant elle que d'être tuée par une femme à ses trousses (la même qu'ont combattue Colleen et Danny). Arrêtée par Misty Knight, Jessica Jones est relâchée grâce à l'intervention de Matt Murdock que son ami Foggy Nelson, qui travaille pour le prestigieux cabinet Hogarth (employeur occasionnel de Jessica), a demandé de défendre. 
Elektra et Alexandra (Elodie Yung et Sigourney Weaver)

La responsable de l'explosion à l'origine du tremblement de terre et des assassinats des derniers gardiens de K'un L'un mais aussi de l'architecte est une femme d'affaires puissante, Alexandra. Co-dirigeant la Main avec quatre autres partenaires (chacun étant un membre influent d'un quartier de New York mais opérant partout dans le monde), elle a investi de colossales ressources pour ressusciter Elektra afin qu'elle soit l'hôte du "Black Sky", incarnation du meilleur tueur de leur organisation. Grâce à ce renfort, elle compte capturer l'Iron Fist, seul capable d'ouvrir l'accès au sanctuaire abritant la substance qui leur assure l'immortalité.  
Luke Cage et Danny Rand/Iron Fist

Justement, Luke Cage rencontre Danny Rand en remontant la piste du mafieux qui embrigade et sacrifie les jeunes de Harlem jusqu'à une cache des "Chastes", guerriers de K'un L'un traquant ceux de la Main, dont l'Iron Fist est le champion. Après s'être affrontés, croyant chacun l'autre responsable du massacre des "Chastes", Luke et Danny se réconcilient bon gré mal gré quand Claire, qui les connaît tous les deux, les réunit chez Colleen. 
Luke Cage, Stick (Scott Glenn), Danny Rand/Iron Fist, Jessica Jones et Matt Murdock

Suivant le conseil de Luke, Danny comprend qu'il doit employer toutes ses ressources pour abattre leur ennemi commun, et il apprend, en consultant la liste des entrepreneurs partenaires de la compagnie Rand, que la Main a tenté de l'infiltrer. Il se rend au building du Midland Circle et défie Alexandra. Luke Cage surgit en renfort puis Jessica Jones et Matt Murdock, qui a suivi la détective, elle aussi avide de réponses. Elektra affronte Matt qui la reconnaît, sidéré. Puis le groupe bat en retraite pour élaborer un plan d'attaque ensemble. Stick se joint à eux pour les convaincre qu'ils ne pourront gagner qu'en restant soudés - alors qu'aucun, à part Danny, ne veut faire équipe, estimant qu'il s'agit d'une affaire personnelle.  
Elektra

Attaqués par la Main et Elektra, les quatre héros réussissent à capturer un des chefs de l'organisation, mais Stick finit par le sacrifier, exaspéré par ses vantardises menaçantes. Danny est également neutralisé par ses acolytes pour lui éviter d'être capturé par leurs ennemis. Matt et Jessica partent inspecter le domicile de l'architecte dans l'espoir d'y trouver des indices sur l'édification de Midland Circle et la raison pour laquelle il voulait détruire l'immeuble : ainsi découvrent-ils que sous le bâtiment se trouve une structure (un dôme) dont leur défunt prisonnier avait dit que seul l'Iron Fist permettait d'en ouvrir la porte.  
Daredevil (Charlie Cox)

Entre temps, Elektra retrouve la planque de Stick qui, ayant drogué Luke, veut désormais tuer Danny pour éviter que la Main ne l'emploie. Elle tue son mentor et ramène l'Iron Fist à Alexandra... Avant de la supprimer et de s'imposer auprès des trois cadres restants comme sa remplaçante.
Matt, Jessica et Luke, ayant constaté la capture de Danny, et sachant que la Main n'hésitera pas, pour les décourager, à s'en prendre à leurs proches, confie Foggy, Karen, Trish, Claire et Collen au bons soins de Misty Knight. Puis ils gagnent le Midland Circle avec un plan insensé : le faire sauter pour se débarrasser de la Main, dont c'est le QG, mais aussi empêcher l'accès au dôme souterrain. L'un des quatre Defenders n'en sortira pas vivant, mais son sacrifice inspirera aux autres la protection de New York contre de nouvelles menaces.

D'habitude développées en saisons de treize épisodes, cette série n'en compte que huit. Mais c'est un régime profitable : en effet, souvent, les productions Marvel-Netflix souffraient d'une sorte de "ventre mou", à mi-chemin de leur déroulement. En resserrant les boulons, le show gagne en densité sans perdre en fluidité. C'est le premier bon point.

L'autre, c'est que, durant les trois quarts de l'histoire, l'intrigue repose sur le principe, théorisé et popularisé par Hitchcock, du "Mac Guffin", c'est-à-dire une astuce narrative qui consiste à motiver les efforts du/des héros pour résoudre un problème qui l'incrimine personnellement ou représente une menace plus globale. Ici, le "Mac Guffin", c'est ce qui se cache dans les tréfonds du Midland Circle, quelque chose de suffisamment précieux pour être camouflé par un building mais aussi pour avoir nécessité qu'on creuse un gouffre de plusieurs kilomètres de profondeur pour y accéder et que convoite les cadres de la Main (au nombre initial de cinq, comme les doigts d'une main) pour continuer à contrôler le monde dans l'ombre - autrement dit pour rester immortels.

Si vous avez suivi les deux saisons de Daredevil, tout cela est déjà familier : dans la première, le démon de Hell's Kitchen découvrait qu'un certain Nobu avait acquis le terrain du Midland Circle ; dans la deuxième il avait trouvé, avec Elektra et Stick, le trou gigantesque et profond dans le sous-sol du futur bâtiment en construction. 

Au début de Defenders, l'épicentre du tremblement de terre est situé à Manhattan et, successivement, plusieurs personnages (secondaires, comme Trish, ou principaux) déduiront que l'explosion provenait précisément du gouffre sous le Midland Circle et comprendront qu'il s'agissait de forcer l'entrée d'un dôme, abritant la source d'une substance d'immortalité.

Pendant les 3/4 donc de l'intrigue, le secret des profondeurs du Midland Circle est le "Mac Guffin" de Defenders, une idée suffisamment excitante pour à la fois orienter les investigations des quatre héros (et de leurs alliés), motiver leur union et les pousser à une solution extrême (détruire le building pour ensevelir le dôme et enterrer ainsi la Main).

Tant que les héros et le spectateur ignore exactement ce que cache ce dôme et que convoite tant la Main, la série est une réussite exemplaire. Notre imagination est mise à contribution et les allusions d'Alexandra surtout restent suffisamment nébuleuses, fantasmatiques, pour que notre ignorance soit un atout dramatique. Il est dommage que les scénaristes aient préféré, in fine, nous révéler que le dôme était la tombe d'un dragon, semblable à celui dans le coeur duquel Danny Rand plongea son poing pour acquérir le pouvoir de l'Iron Fist, et dont la moelle osseuse est cette fameuse substance d'immortalité.

Néanmoins, Defenders ne saurait être sanctionné par cette révélation , ni être résumé à un réglement de comptes en forme de baston déchaînée dans les sous-sols d'un gratte-ciel (une convention du genre puisque sans bataille finale, on sort des codes super-héroïques, même quand il s'agit de "street-level heroes").

D'abord parce que la série parvient de manière très naturelle à former son équipe de justiciers - alors même qu'aucun ne veut s'encombrer de partenaires (chacun pour des raisons propres, même si Danny accepte, pour une fois, ce compromis). Les enquêtes croisées de Jessica, Luke et Danny avec Colleen convergent habilement (agglomérant projet architectural, sacrifices d'enfants et traque de la Main), puis Murdock s'y greffe de façon maline (lorsque Foggy lui demande amicalement de représenter la défense de Jessica que la police, incarnée par Misty Knight, la tracasse). Lorsque le quatuor se bat ensemble pour la première fois, c'est d'abord parce que leurs recherches les ont tous conduits au même endroit. Quand ils consentent à une union sacrée, c'est aussi logique, au terme de négociations houleuses, et avec le concours de Stick.

Ensuite, les personnages secondaires des diverses séries ne sont pas oubliés, même si, évidemment, le format ne permet pas de leur donner beaucoup de place pour s'exprimer. Mais la prime accordée à Claire, Colleen et Misty est là encore justifiée et quand, à la fin, elles rejoignent les quatre justiciers dans leur mission-suicide, chacune a un rôle précis et un impact sur l'issue du problème (quand bien même l'une le paie au prix fort, dans sa chair - et cela va inspirer aux fans des souhaits pour un spin-off avec les Daughters of Dragon, ce qui ne serait pas immérité).

Enfin, Defenders boucle, parfois définitivement, la storyline liant Elektra à Stick (et par conséquent Stick à Daredevil)... Et donne une idée probable de la saison 3 de Daredevil. Le sort de la Main se résume désormais à celui de Mme Gao... Mais confirme que l'état de K'un L'un n'est pas résolue et donc va certainement alimenter la suite d'Iron Fist. Luke Cage est désormais complètement réhabilité à Harlem aux côtés de Claire. Et la situation de Jessica Jones pleine de promesses (non seulement psychologiquement, puisqu'elle est réconciliée avec Luke, mais professionnellement aussi).

Il faut aussi saluer la qualité de l'interprétation, soulignée par celle de la caractérisation : Finn Jones conserve ce côté chien fou dont l'apprentissage n'est pas achevé mais enrichi par la fin tragique de la lutte du Midland Circle ; Mike Colter donne une rondeur bonhomme à son rôle (et sa complicité éclatante avec Jones fait rêver à une future série Heroes for Hire ou Luke Cage & Iron Fist, comme dans les comics où ils ont été souvent réunis) ; Krysten Ritter prouve qu'elle peut jouer au-delà du registre de la détective alcoolo et cynique en ajoutant détermination et fragilité à la fois à son personnage, et Charlie Cox confirme qu'il campe un Daredevil idéal incapable de résister à sa double vie et tourmenté par sa foi. Face à eux, Elodie Yung impressionne en Elektra dont la relation fille-mère avec Sigourney Weaver, magistrale en méchante (jusqu'au coup de théâtre vraiment imprévisible de l'épisode 6), possède une intensité fascinante.

En somme donc, Defenders commence très bien, se déroule superbement, mais se clôt en demi-teinte. Les scénaristes ont, pour le coup, manqué de confiance envers les spectateurs, mais le divertissement demeure globalement tellement entraînant, vif, et nuancé pour qu'on le quitte ravi.